Bonjour à tous ! Me revoici avec un nouveau chapitre de Harry Potter et les dix pouvoirs élémentaires. Bonne lecture à tous !
Spoiler : Les cinq premiers tomes de la série Harry Potter et les premiers chapitres écrits par Speedy-of-77.
Disclaimer : Harry Potter et tous les personnages ou lieux connus sont la propriété de la talentueuse J.K. Rowling et de la Warner Bros. Véla Wolf, Mirzam Herbert et la licorne Nalia appartiennent à Speedy et le reste est à moi.
Harry Potter et les dix pouvoirs élémentaires :
Chapitre 40 :
Narcissa referma la porte, tandis que Drago s'asseyait négligemment dans un fauteuil.
« Je ne peux pas dire que je suis surpris de vous voir ici, mère », commença-t-il d'un ton ennuyé. « À dire vrai, je suis plutôt étonné que vous ne soyez pas venue avant. »
« Je ne peux pas me permettre de t'en parler quand ton père est là à me surveiller. », répliqua Narcissa d'un ton empressé. « Mais heureusement, il est parti pour toute la journée. Son maître lui a paraît-il confié une mission. »
« Son maître qui est également le mien, mère, permettez-moi de vous le rappelez. Et il devrait également être le vôtre. »
« Comment pourrais-je considérer comme mon maître un monstre qui tue et torture pour le simple plaisir de voir les autres souffrir ? »
« Vous me l'avez déjà dit, mère, et je regrette que vous voyiez les choses ainsi. Pour ma part, je serais parfaitement heureux de le servir s'il voulait bien prendre connaissance de mon existence et de mon dévouement. »
« Écoute-moi, Drago. Il faut que nous partions. Si nous ne le faisons pas, il va me tuer, tu le sais bien. Et il va t'enrôler dans son armée de gré ou de force. Il faut que tu ailles à Durmstrang, tu seras plus en sécurité là-bas. »
« Encore une fois, mère, je ne partage pas votre point de vue. Et pourquoi donc aller à Durmstrang ? Les seules personnes que je connais sont ici, en Grande-Bretagne, et suivent les cours à Poudlard. »
« Je t'en conjure une dernière fois, Drago. C'est la seule possibilité pour toi de t'en sortir. Le Seigneur des Ténèbres sera vaincu, si ce n'est pas Harry Potter qui le bat, alors ce sera Dumbledore. Si tu fuis en Bulgarie, tu reviendras en Angleterre avec les honneurs. Si tu restes, si tu t'engages dans les troupes de ce monstre, tu perdras l'honneur de la famille dans le meilleur des cas. Dans le pire, tu mourras pour contenter ton maître ou dans un combat contre les Aurors. Tu n'as pas l'expérience, tu n'es pas suffisamment fort pour combattre un homme de vingt ans ton aîné qui a passé des années à pourchasser les adeptes de la magie Noire. »
« Eh bien, en ce cas, je mourrai sur le champ de bataille, mais je ne ternirai nullement l'honneur de notre nom. »
« Alors je n'ai donc aucune chance de te sauver, Drago ? », murmura Narcissa, la voix emplie de larmes.
« Me sauver de quoi, mère ? De mon destin ? De ma gloire ? Si je n'ai pas d'autre choix », continua-t-il d'un ton farouche, « je me battrais même contre vous pour vous en empêcher. »
« Puis-je au moins obtenir de toi que tu n'en parleras pas à ton père ? », supplia-t-elle, vaincue.
« Lui parler de quoi ? »
« De ce que je pars, moi. Le cœur lourd, c'est vrai, mais tu ne me laisses pas d'autres possibilités que de te quitter. »
« Et pourquoi lui en parlerais-je ? Outre le fait que je ne veux nullement le déranger si le Maître lui a confié une mission, le hibou portant ma lettre n'arriverait pas jusqu'à lui avant que vous ne soyez déjà loin d'ici. »
« Merci, mon fils. Adieu. Puisses-tu revenir un jour à la raison. »
« Adieu, ma mère. Puissiez-vous comprendre un jour où est votre véritable intérêt. »
Des larmes dans les yeux, Narcissa Malefoy sortit de la chambre de son fils et referma la porte. Alors c'était fini. Drago était définitivement perdu. Il allait rejoindre les rangs du Seigneur des Ténèbres et mourir en combattant des Aurors ou, dans le meilleur des cas, finir sa vie à Azkaban, rendu fou par les Détraqueurs. Perdue dans ses pensées, elle n'entendit pas le craquement caractéristique d'un Transplanage juste derrière elle.
Voldemort était assis sur le trône que Harry avait déjà vu en rêve, lorsque le lien qu'ils partageaient lui avait révélé que le rôle d'espionne de Véla avait été éventé par le traître. Il réfléchissait au prochain raid que ses Mangemorts allaient mener le lendemain dans un petit village au nord d'Oxford.
Rien de bien méchant, juste quelques Moldus à torturer puis à exécuter, histoire de garder la main en attendant de vraies batailles. Mais il fallait bien qu'ils s'entraînent un peu pour ne pas se retrouver démunis lorsqu'ils auraient à combattre des Aurors expérimentés.
Il était en train de se demander lequel de ses fidèles serviteurs se montrerait le plus zélé en tuant nombre de Moldus lorsqu'un coup frappé à l'immense double-porte de la salle interrompit ses pensées. Il se laissa désirer quelques secondes, puis il répondit d'une voix suffisamment forte pour être entendu de l'autre côté de la porte :
« Entrez. »
La porte s'ouvrit et un homme d'environ quarante-cinq ans aux longs cheveux blond pâle entra d'un pas vif avant de venir s'incliner d'un air respectueux devant le trône, attendant que son maître l'autorise à parler.
« Mon cher Lucius », le salua le Seigneur des Ténèbres. « Qu'y a-t-il de si important que tu oses me déranger sans avoir été invité à venir ici ? »
« Maître, je vous prie de me pardonner ce dérangement. J'ai l'honneur de venir quérir votre autorisation pour vous servir au mieux. »
« Je reconnais bien là ta flatterie, Lucius. Et en quoi cherches-tu à me servir ? »
« Je vous avais déjà dit que Narcissa, que j'ai eu, je m'en rends compte aujourd'hui, le malheur d'épouser sans la connaître assez, semble prendre le sort de Drago un peu trop à cœur et croit devoir s'arroger le droit de décider à votre place ce qui est le mieux pour lui. »
« Tu me l'as déjà dit, en effet, Lucius », répondit Voldemort, laissant la colère qui le gagnait transparaître dans les mots qu'il prononçait.
« Hélas, Monseigneur, j'ai voulu m'assurer de sa trahison et je lui ai fait croire ce matin que vous m'aviez chargé d'une mission pour votre compte. »
« Ce n'était point mentir, je crois ? »
« En effet, Maître. »
« Et qu'as-tu découvert en l'espionnant ? Car j'imagine que c'est ce que tu as fait, n'est-ce pas ? »
« C'est bien cela, Maître, et je l'ai vu se rendre dans la chambre de Drago pour lui parler. »
« Ton fils s'est-il montré sensible aux arguments de sa mère ? », demanda son maître d'une voix dangereusement calme.
« Nullement, Maître », s'empressa de répondre Lucius Malefoy. « Il a au contraire refusé de croire aux mensonges qu'elle lui racontait. »
« Mais cependant... ? Car j'imagine que tu n'es pas venu que pour me dire cela, Lucius. Je l'espère pour toi, du moins. »
« Cependant, elle projette de partir en Bulgarie afin de vous échapper, et elle prévoyait d'envoyer Drago à Durmstrang pour le soustraire à votre influence bénéfique. »
« Tu sais ce que j'attends de toi, Lucius ? »
« Je le sais, Maître. »
« En ce cas, pourquoi es-tu venu me voir ? »
« Pour vous en informer, Maître, car je pensais que vous souhaiteriez être au courant. Et pour vous laisser l'honneur de l'exécuter vous-même si tel était votre bon plaisir. »
« L'honneur, dis-tu ? »
« J'entends par là que ce serait un honneur pour moi de vous laisser tuer Narcissa si c'est là votre désir. »
Voldemort sourit. Lucius avait l'art de répliquer avec aplomb même lorsque la situation était dangereuse pour lui. Ce trait de caractère qui aurait écourté la vie de tout autre de ses serviteurs lui était agréable chez ce Mangemort. Il appréciait d'autant mieux son aplomb qu'il savait que Lucius le servirait sans faillir, tant que lui-même saurait lui prouver l'intérêt qu'il avait à rester à ses côtés.
Et le Seigneur des Ténèbres devait bien avouer qu'il ne détestait pas la flagornerie dont Lucius savait faire preuve, même s'il ne doutait pas que l'homme retournerait sa veste et se placerait du côté de Dumbledore s'il estimait que rester chez les Mangemorts était une erreur pour sa réputation et sa situation financière, ainsi qu'il l'avait déjà fait seize ans auparavant.
« Ce n'est pas là mon désir, Lucius. Mais veille à me rapporter son corps, que je puisse voir de mes yeux que tu as obéi à mes ordres. Quant à son état quand tu me l'apporteras, cela n'a aucune espèce d'importance pour moi. »
« Bien, Maître. Il sera fait selon votre volonté. »
« Va, maintenant, et accomplis ton devoir avec diligence. »
« Je n'ai aucun devoir envers vous, votre Seigneurie, tout ce que j'accomplis à votre service m'est un plaisir et un honneur. »
Voldemort sourit de nouveau, signe d'un grand honneur qu'il donnait à son serviteur, car rares étaient ceux qui l'avaient vu sourire même une seule fois, puis il congédia le Mangemort d'un geste.
Étant donné ce qu'il venait d'entendre, Lucius était sur le point de détrôner Bellatrix dans son tableau des serviteurs le plus zélés du lendemain. Car il ne doutait nullement que le Mangemort redoublerait de cruauté afin de tenter de se faire pardonner la trahison de son épouse.
Dans le salon du Square Grimmaurd, où Harry dégustait un délicieux pudding préparé par Mrs Weasley, aucun cri ne vint troubler la fête. La seule chose qui eût pu avertir le jeune homme de ce que manigançait le mage noir était la légère démangeaison passagère qu'il avait ressentie au niveau de sa cicatrice mais à laquelle il n'avait prêté aucune attention, persuadé qu'il était d'avoir à faire à une simple indisposition physique. Après tout, à chaque fois que le mage noir avait eu quelque chose de grave en tête, sa cicatrice l'avait brûlé, pas seulement légèrement démangé.
Il ignorait que l'Occlumencie qu'il pratiquait inconsciemment le protégeait bien souvent des pensées de Voldemort. Cependant, quand bien même il aurait su ce qui venait de se passer à plusieurs centaines de kilomètres de Londres, il aurait été incapable d'être d'une quelconque utilité envers Narcissa Malefoy, car Maximilian Johnson, qui se trouvait en ce moment-même devant le manoir du Mangemort, n'eut pas la possibilité d'intervenir et dut se contenter d'observer la terrible scène en spectateur muet.
« Enervatum ! »
Narcissa Malefoy ouvrit les yeux, réveillée par le sortilège de son époux. Lucius l'avait prise sur le fait quatre heures plus tôt alors qu'elle s'apprêtait à quitter la maison et avait esquissé un sourire mauvais avant de la stupéfixer. Trop surprise pour réagir, elle n'avait pas pu éviter le sortilège et avait passé les quatre dernières heures inconsciente, tandis que le maître des lieux préparait la grande salle de réception pour l'acte qu'il avait l'intention de commettre.
'Je vais mourir', comprit-elle.
Comme s'il avait deviné ses pensées, Lucius répondit :
« Oh non, ma chère, vous n'allez pas mourir. Ou plutôt si, mais pas tout de suite. »
Il sourit et se délecta du regard empli de terreur et de haine mêlées que lui envoya son épouse.
« Voyez-vous, Narcissa, les années que j'ai passées à côtoyer le Maître m'ont appris beaucoup dans le domaine de la torture, et Bellatrix m'a elle-même enseigné bien des choses. Savez-vous qu'elle est capable de garder ses victimes en vie pendant cinquante-sept heures ? Elle n'a jamais été capable de faire mieux, car elle manque de patience, mais je suis sûr qu'elle en aurait les facultés, dans le cas contraire. Bien sûr, les Londubat sont devenus fous bien avant, mais à l'époque, elle était moins raffinée dans cet art, et elle n'était pas seule. Je crois savoir que le fils Croupton avait eu la main un peu trop leste avec la jeune Alice. »
Il s'assit dans un fauteuil qu'il avait fait venir d'un coup de baguette magique, tandis que Narcissa, rendue muette par un sortilège, regardait par la fenêtre pour voir si quelqu'un était caché dans le jardin, comme il lui avait semblé ces dernier jours.
« Oh, non, non... vous n'aurez aucun secours de ces combattants pitoyables de l'Ordre du Phénix. Vous vous souvenez que père était assez paranoïaque, n'est-ce pas ? Eh bien figurez-vous qu'il avait lancé sur cette pièce un sortilège qu'il m'a appris à activer. J'ignore comment le lancer, car il ne m'a jamais appris la formule et toutes les recherches que j'ai pu mener n'ont rien donné. Néanmoins, je sais à quoi il sert : nul ne peut entrer ici s'il n'y est pas invité par moi-même, sauf, bien sûr, si je décide de lever le sortilège. Nul non plus ne peut en sortir vivant sans mon autorisation. Aussi, l'espion de ce vieux fou de Dumbledore aura l'immense honneur de voir tout ce qui se passera mais ne pourra en aucun cas vous aider. J'ose espérer que le spectacle lui sera agréable. »
Incapable de parler, Narcissa lui cracha au visage de toute sa force. Lucius se leva, fit un pas vers elle et la gifla violemment, avant de s'essuyer d'un air supérieur avec un mouchoir qu'il tira de sa poche.
« Je n'accepte pas que l'on me traite comme cela dans ma propre maison, Madame. Je l'accepte encore moins de la part d'une traîtresse comme vous ! Mais il suffit. Il est temps pour vous d'apprendre ce que vous ignoriez jusqu'à présent. Il est temps pour vous d'apprendre ce que signifie le mot souffrance. Drago ! »
« Père ? », demanda le jeune homme en s'approchant, le visage impassible.
« Je crois qu'il faut que tu me montres tes progrès dans l'apprentissage du Doloris. »
« Voulez-vous que je m'exerce sur Mère ? »
« En effet. »
« Vos désirs sont des ordres », répliqua le garçon en tirant sa baguette.
Narcissa leva un regard implorant vers son fils mais celui-ci mit sur son visage une expression résolue. D'une voix froide et calme, il prononça le mot qu'il avait déjà dit à plusieurs reprises lorsque sa baguette était pointée sur des souris ou des araignées mais qu'il n'avait jamais utilisé sur un être humain :
« Endoloris. »
Sous l'effet de la douleur, le hurlement de Narcissa brisa le sortilège de silence que lui avait imposé son mari et résonna si fort qu'on aurait pu l'entendre à l'autre bout du manoir. Cependant, la main de Drago ne trembla pas et son esprit resta concentré sur la haine qu'il éprouvait. Après une minute qui parut interminable à Narcissa, Lucius Malefoy fit signe à son fils de lever le maléfice. Drago releva sa baguette et se recula de quelques pas, observant sa mère d'un regard froid et impénétrable. Un léger sourire étira les lèvres du Mangemort.
« Je dois te féliciter, Drago », dit-il après avoir lancé un nouveau maléfice de silence sur son épouse, « tu as parfaitement maîtrisé le Doloris. Si tu as été capable d'appliquer tes connaissances théoriques sur ta mère, je n'ai aucun doute quand au fait que tu sauras t'en servir face à des Aurors ou à des Moldus. »
« Je vous remercie de votre compliment, père », répondit le jeune homme en s'inclinant légèrement.
« J'ai cependant un reproche à te faire. »
« Je vous écoute. »
« Il m'a semblé que tu n'as pas su maîtriser la puissance que tu mettais dans ton sortilège. Tu as fait souffrir ta mère bien plus que je ne l'aurais imaginé. »
« L'ai-je plus fait souffrir que vous ne le désiriez, père ? Si c'est le cas, je vous en demande pardon. »
« La jeunesse est parfois un peu trop vive. Vois-tu, mon cher Drago, l'un des principes de la torture est qu'il faut savoir doser la souffrance que l'on donne à sa victime. Mais ne t'en fais pas, c'est un défaut qui te passera avec un peu de pratique. »
« Je tâcherai d'y remédier, père. »
« Et maintenant, regarde et apprend. Il est temps pour toi de savoir ce qui est nécessaire pour être un bon Mangemort. Le sujet de ta première leçon est : comment agir lorsque l'on se trouve face à un traître. »
Et c'est ainsi que débuta l'enfer pour Narcissa Malefoy, née Black, sœur de la tristement célèbre Mangemorte Bellatrix Lestrange. Et c'est ainsi que Lucius Malefoy mit en pratique pour la première fois depuis des années les leçons que lui avait données sa belle-sœur.
Ce ne fut que vers quatre heures du matin que la baguette du Mangemort se leva une dernière fois et que sa bouche prononça les paroles létales. Il y eut un éclair de lumière verte, un bruit semblable à un souffle de vent et le corps de Narcissa s'éleva avec grâce dans les airs avant de retomber à terre, aussi mou qu'une poupée de chiffon. Elle ne verrait plus jamais le soleil se lever.
Ayant accompli ce que lui avait commandé son Maître, Lucius Malefoy se permit un sourire satisfait avant de se retourner vers son fils, qui regardait le corps de sa mère sans manifester la moindre émotion.
« Une dernière question, Drago. »
« Oui, père ? »
« J'ai écouté votre conversation, quand cette traîtresse s'est rendue dans ta chambre. J'ai entendu que tu n'avais nullement l'intention de l'arrêter ? Pourquoi donc aurais-tu laissé partir quelqu'un qui était sur le point de désobéir au Maître ? »
« Ne vous souvenez-vous pas du principe que vous m'avez enseigné, père ? 'Fais ce que tu veux, tout ce que tu veux, même si quelqu'un doit en souffrir. Si tu es pris, ne compte pas sur moi pour me montrer compatissant. Si tu réussis à ne pas te faire prendre, alors ce que tu as fait était forcément juste'. C'est bien ce que vous me disiez, n'est-ce pas ? »
« Effectivement, mais quel est le rapport ? »
« Je savais que je n'étais pas de taille à lutter contre mère, car elle était puissante, vous le savez aussi bien que moi. J'ai donc décidé de laisser le destin choisir si sa cause était juste ou non. Si elle avait réussi à fuir, je serais parti du principe qu'il n'y avait aucune raison de la poursuivre, puisqu'elle serait parvenue à ne pas se faire prendre par vous. Puisqu'elle s'est fait prendre, c'est bien la preuve que je n'avais pas besoin d'intervenir, malgré le fait que sa cause était de toute évidence mauvaise. »
Lucius Malefoy regarda son fils pendant quelques secondes d'un air incrédule, puis il éclata de rire.
« Un vrai Serpentard, voilà ce que tu es. Tu ne respectes pas les règles, tu les forces à respecter tes volontés. Et moi-même, je ne peux rien trouver à redire à ta logique, étant donné qu'elle est celle que je t'ai donnée. Tu iras loin, mon fils, j'en suis certain. Tu iras loin. »
« J'espère que vous avez raison, père », sourit le jeune homme.
« Je n'ai aucun doute là-dessus, Drago. Et maintenant que tout cela est terminé, il faut que nous allions nous coucher, demain sera une longue journée et nous aurons de nombreuses choses à faire. »
« Bonne nuit, père. »
« Bonne nuit, Drago. »
Et tous deux partirent dans leur chambre respective, conscient qu'ils étaient d'avoir bien accompli leur devoir. À ceci près qu'ils n'avaient pas tous les deux la même conception du terme.
Harry se réveilla tôt, le lendemain matin, et c'est ainsi qu'il se retrouva dans la cuisine du 12, Square Grimmaurd vers six heures et demie, en même temps que Maximilian Johnson, qu'il avait déjà croisé presque trois mois plus tôt dans le bureau du professeur Dumbledore. Celui-ci était en pleine discussion avec le pro... avec Mirzam.
« Et tu n'as pas pu intervenir ? »
« C'était impossible. Je suis déjà allé au manoir Malefoy, et Lucius m'a parlé de ce système de sécurité qu'il pouvait mettre en place. Et malheureusement, je ne me suis rendu compte que trop tard de ce qu'il allait faire, ce qui fait qu'il avait déjà enclenché le système. Et à partir de là, je ne pouvais plus rien faire d'autre que regarder. »
« Et il a utilisé des méthodes moldues pour la torturer ? »
« Je me souviens encore d'une fois où je l'avais vu face à un membre de l'Ordre qu'il avait réussi à capturer. Je crois qu'il s'agissait de Benjy Fenwick, si je me souviens bien, et Bellatrix Lestrange était avec lui. Fenwick refusait de parler et il a fini par dire que Lucius devait bien reconnaître que les Moldus étaient meilleurs que nous. Et là, il a répliqué qu'il était effectivement bien obligé de reconnaître que les Moldus nous étaient supérieurs, mais uniquement dans le domaine de la torture, où ils avaient su inventer des méthodes bien plus raffinées que les nôtres. Là-dessus, il lui a brisé une phalange à mains nues. Fenwick a hurlé, mais il n'a jamais rien dit sur l'Ordre. C'est pour cela que Bellatrix et Lucius se sont à ce point acharnés sur lui. »
« Vous voulez dire », intervint Harry, « que vous êtes un Mangemort ? »
« J'en étais un, mais je me suis repenti lorsque j'ai compris ce que faisait réellement Voldemort. »
« Et Malefoy a torturé sa femme ? »
« C'est exact, en utilisant un mélange de méthodes moldues et sorcières. Et ensuite, il l'a tué. »
Harry s'effondra sur une chaise, se sentant soudain faible.
« Quand j'ai ressenti une démangeaison à ma cicatrice, hier midi, c'était ça ? », murmura-t-il.
« Il n'y a aucune raison de te sentir coupable, Harry », répliqua fermement Mirzam Herbert. « Tu n'es pas un baromètre du cerveau de Voldemort, tu es un être humain qui doit être protégé au maximum. Je sais ce que tu vas me dire », continua-t-il comme Harry ouvrait la bouche d'un air farouche, « tu n'as pas besoin d'être protégé et tu voudrais combattre avec nous. Mais tu n'es pas prêt, pas encore, et tu le sais très bien. »
Harry passa une main sur son visage, las de ne pas pouvoir être utile à l'Ordre créé par le professeur Dumbledore. Il savait bien qu'il n'était pas encore prêt à faire face à Voldemort, mais il aurait tellement voulu faire quelque chose : pouvoir prévenir le vieil homme des attaques du mage noir, ou même se battre contre les Mangemorts tant que Voldemort lui-même n'était pas là. Après tout, il savait bien et Dumbledore aussi savait et tous ceux qui connaissaient la prophétie savaient que seul Voldemort pouvait le tuer, alors pourquoi ne pas le laisser combattre ?
« Je sais ce que tu penses, Harry, et je comprends que tu voudrais te sentir utile, mais c'est toi qui aura le rôle principal, au bout du compte, et tu le sais. »
« Mais comment est-ce que je pourrais faire face à Voldemort si on ne me laisse pas affronter ses Mangemorts ? »
« Rappelle-moi ce que tu as fait il y a un peu plus d'un an, lorsque tu croyais ton parrain en danger de mort ? Tu n'as pas hésité à partir pour le sauver, tu étais prêt à combattre Voldemort lui-même pour le libérer. Malheureusement, il t'avait trompé, mais tu as réussi à sauver chacun des camarades qui t'accompagnaient, tu te serais sacrifié pour eux s'il l'avait fallu et tu as combattu des Mangemorts qui avaient trente ans de plus que vous, pour certains, pour les empêcher de leur faire du mal. Tu as déjà fait beaucoup pour l'Ordre, Harry, et nous t'en sommes infiniment reconnaissants. »
« Pour ce que ça a apporté », dit Harry d'un ton amer. « À cause de ça, Sirius est mort. »
« Non, Harry. Non. Je refuse que tu dises une chose pareille. J'étais avec ton parrain, ce jour-là, car je venais d'être intégré à l'Ordre, et quand Dumbledore est venu nous prévenir que tu étais parti pour le sauver lui, j'ai vu son regard briller d'une immense fierté et d'une joie tout aussi grande. Tu ne l'as pas tué, contrairement à ce que tu crois. Tu lui as rendu la vie, à lui qui mourait à petit feu de ne rien pouvoir faire et de devoir rester cloitré dans sa maison. Crois-tu qu'il aurait vécu beaucoup plus longtemps si tu n'étais pas allé au Département des Mystères dans le but de le sauver ? »
« Oui », répondit le jeune homme avec obstination.
« Eh bien moi, je te dis que non. Il serait allé se tuer dans la première bataille venue entre l'Ordre et les Mangemorts. Il n'avait plus goût à rien, il se sentait mort à l'intérieur de lui. En lui montrant que tu te faisais du souci pour lui, tu lui as donné une raison de se battre. Tu lui as redonné cette étincelle de vie qu'il avait perdue dans cette maison si sombre. Crois-moi, il était courbé comme un vieil homme, ce jour-là, et quand Dumbledore nous a annoncé ce que tu étais allé faire, je l'ai vu se redresser et j'ai vu ses yeux briller de joie. Ce jour-là, tu lui as rendu la fierté qu'il avait perdue, tu lui as donné une raison de se battre et tu lui as sauvé la vie. Et s'il n'en a pas beaucoup profité, c'est simplement parce qu'il était un peu trop sûr de lui. C'est un défaut qu'il avait toujours eu et contre sa cousine, ça lui a été fatal. Mais je suis sûr qu'il valait mieux pour lui qu'il meure comme cela, en combattant pour toi, qu'en allant se suicider dans un raid organisé par les Mangemorts. »
Harry regarda son ancien professeur et il ne vit dans ses yeux que douceur et tendresse. Cet homme avait été l'un des meilleurs amis de son parrain et de son père, se souvint-il, et il devait avoir raison. Et c'était une confirmation de ce que lui devait faire : il devait s'entraîner pour devenir plus fort et il devait attendre patiemment que les Pouvoirs viennent à lui. Pour ses parents. Pour Sirius. Et pour Peter.
Mirzam avait raison, il avait déjà beaucoup fait pour aider l'Ordre, ne serait-ce qu'en annonçant à Dumbledore le retour de Voldemort, puisqu'il avait permis au directeur de se préparer dans les meilleures conditions possibles, lui donnant la possibilité de rappeler les anciens membres de l'Ordre et d'en recruter de nouveaux.
Un peu rasséréné mais toujours amer de ne pas pouvoir aider l'Ordre en permanence, il se leva pour chercher une assiette et une tasse et se servit. Lorsque Véla arriva une heure plus tard pour prendre son propre petit-déjeuner, Maximilian Johnson était déjà parti et Harry et Mirzam étaient en tête-à-tête, parlant tranquillement de la jeunesse du second et des farces de plus ou moins bon goût faites par les Maraudeurs mais aussi de leurs dignes successeurs, qui avaient quitté Poudlard environ un an et demi plus tôt, les jumeaux Weasley.
« Je crois qu'ils ont réussi à former la prochaine génération de fauteurs de troubles avant de partir, parce que l'année dernière, j'ai vu quelques mauvais tours à la Weasley », dit Harry.
« Ça pourrait très bien être plusieurs farceurs qui ont agi par hasard pendant la même période, mais ce n'est pas forcément la relève de Fred et George », nota Mirzam.
« Je sais, mais quand je leur en ai parlé hier, ils ont eu un sourire entendu, comme s'ils savaient qui avait joué ces tours. »
« Je crois que c'est un groupe de Serdaigle, qui a fait ça », dit Véla. « Ils étaient un peu timides, l'année dernière, mais il y a fort à parier que cette année, ils se montreront plus audacieux. »
« Qu'est-ce qui te fait penser cela ? », demanda Mirzam.
« J'étais dans les couloirs près de la salle commune des Serdaigle, une fois, et j'en ai entendu trois ou quatre qui parlaient de la dernière farce, une dizaine de Serpentard qui s'étaient retrouvés avec des cornes sur la tête et des pieds fourchus. »
« C'était une farce diablement ingénieuse », rit Mirzam. « Mais n'importe qui pouvait en parler sans être forcément les auteurs des farces. Je me rappelle que les élèves parlaient beaucoup des tours joués par les Maraudeurs, quand j'étais moi-même à Poudlard. »
« C'est vrai, mais l'un d'entre eux a dit qu'il avait envoyé une lettre à un certain 'Fred' et que celui-ci n'avait pas été content de ce qu'il lui annonçait. »
« Pas content ? Ça ne pouvait pas être Fred Weasley, alors ! », s'exclama Harry.
« Si, parce que la raison qu'il donnait était qu'ils n'avaient pas frappé suffisamment fort et que la prochaine fois, il faudrait que d'autres maisons ou encore plus de Serpentard soient touchés ! »
« Voilà qui promet pour l'année prochaine ! », dit Mirzam avec un grand sourire. « Dommage que je n'y enseigne plus. Ou plutôt, tant mieux, je n'aurais pas à punir ceux qui sont peut-être les dignes successeurs des Maraudeurs. »
Tous trois sourirent, puis Véla redevint sérieuse et demanda :
« Dites-moi, professeur, est-ce que vous savez si le professeur Dumbledore doit venir dans les jours qui viennent ? »
« Maximilian m'a dit qu'il allait venir ici aujourd'hui, il a certaines choses à régler. Pourquoi ? »
« J'aimerais faire quelque chose mais j'ai besoin de son autorisation. »
« Et j'imagine que tu ne m'en diras pas plus ? », demanda Herbert tout en connaissant d'avance la réponse de la jeune fille.
Cependant, celle-ci n'eut pas le temps de lui dire non, car au même instant, ils entendirent la porte de l'entrée s'ouvrir et quelqu'un descendit les escaliers d'un pas rapide. Quelques secondes plus tard, le directeur de Poudlard faisait son entrée dans la cuisine, les traits tirés, paraissant bien plus âgé que d'habitude. Des cernes apparaissaient sous ses yeux et il semblait évident qu'il avait dû veiller une bonne partie de la nuit.
« Professeur Dumbledore ! », s'écria Harry.
« Bonjour, mon garçon », répondit le directeur. « Je vois que tu es debout assez tôt aujourd'hui. »
« Professeur, Lucius Malefoy... »
« Je le sais, Harry. Maximilian Johnson m'en a informé ce matin. Il m'a envoyé un Patronus d'alerte à dix-huit heures hier soir mais il savait déjà qu'il ne pouvait plus rien faire. »
« Qu'est-ce qui s'est passé ? », demanda Véla, qui n'était encore au courant de rien.
« Malefoy a tué sa femme », répliqua sombrement Herbert. « Elle était sur le point de partir en Bulgarie et d'emmener Drago avec elle. »
« Oh, Merlin ! », murmura la jeune fille. « C'est terrible. »
« Malheureusement, Maximilian Johnson ne pouvait pas intervenir à cause d'un sortilège créé par Abraxas Malefoy il y a cinquante ans et qui permet au maître des lieux d'empêcher quiconque de pénétrer dans la salle de réception du manoir sans son autorisation. Si Lucius Malefoy n'avait pas mis en place le sortilège, j'aurais envoyé une dizaine de membres de l'Ordre pour la sauver. Cependant, il l'a mis en place et nous n'avons rien pu faire pour l'aider. »
« Mais vous auriez pu stupéfixer Malefoy et lui lancer un Imperium pour qu'il lève le sortilège ? »
« C'est impossible, Harry, il empêche également quiconque se trouvant à l'extérieur de la salle de réception d'atteindre une personne se trouvant à l'intérieur. Si j'avais pu faire quoi que ce soit, je l'aurais fait, crois-moi. Mirzam, je dois vous parler, si vous avez cinq minutes. »
« Bien sûr, professeur, j'arrive. »
« Attendez ! », s'écria Véla, tandis que le directeur de Poudlard s'éloignait pour remonter dans le salon. « J'avais une chose à vous demander. »
« Oui, Miss Wolf ? »
« Je sais que nous devons rester ici pour des raisons de sécurité, mais je souhaiterais quand même aller en France. »
« Pour quelle raison ? », demanda Dumbledore en haussant un sourcil.
« C'est par rapport au rêve que j'ai fait en début d'année. A chaque fois que j'ai fait un rêve prémonitoire, le Chaman que je connais, celui qui habite dans la montagne, m'a aidé. Il m'a permis de comprendre ce que je voyais. Et comme vous n'étiez pas certain, je pense qu'il pourrait confirmer ce que vous m'avez suggéré. Et puis, ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu et il me manque. »
« Le danger est grand, Miss Wolf. »
« Mais moins en France qu'en Angleterre, professeur », répliqua Harry. « Et Véla a raison, il pourrait peut-être nous aider. »
« Et cela permettra aux deux jeunes gens de passer un peu de temps ensemble, Albus. Rappelez-vous votre jeunesse... Ou la mienne, si la vôtre était trop sage. »
La barbe du vieil homme frémit lorsqu'il sourit, et finalement, il donna son accord pour que Harry et Véla partent vers la mi-août en Portoloin, promettant de s'occuper des formalités administratives pour qu'ils aient l'autorisation officielle dans la semaine qui suivrait.
La jeune fille eut un sourire de gratitude. Cependant, ce ne fut pas au professeur Dumbledore ou au professeur Herbert qu'elle sourit. Ce fut à Harry.
Et voilà, un chapitre de plus de terminé. Dans le prochain chapitre, les quinze jours séparant le meurtre de Narcissa du départ des jeunes gens pour la France et sans doute aussi le début de leur voyage, qui sera sans nul doute très riche en enseignements. A bientôt, j'espère !
