Chapitre n°21 : Avis de tempête
La nuit s'était couchée depuis plusieurs heures sur la forêt. Mais les oiseaux s'étaient tus bien avant. Seul le vent, parfois interrompu par des branches qui s'entrechoquaient, faisait encore du bruit. Des éclairs pourfendaient le ciel, qui semblait sur le point de se briser. Partout des nuages noirs se massaient et se préparaient à s'abattre sur cette forêt isolée. Plusieurs silhouettes apparurent. Le groupe de mangemorts qui venait d'apparaître pesta un instant contre les éléments. Ils se dispersèrent dans la forêt. Puis l'un s'écria, tentant de lutter contre le bruit assourdissant :
"Par ici !"
Les autres membres du groupe le rejoignirent, et se retrouvèrent face à deux cadavres. Un des mangemorts se baissa et enleva sa cagoule. C'était Bellatrix. Ses cheveux lui revenaient dans le visage à cause du vent, mais elle n'en avait que faire.
"C'est eux, Bellatrix ? demanda un des hommes.
-Il n'y a qu'un d'entre eux. Le deuxième cadavre est celui de Regulus.
-Tu es sûr ?
-Je sais reconnaître mon cousin quand je le vois ! Et il m'a l'air plus mort que vivant..."
Elle se dirigea vers l'autre cadavre et regarda son bras. Elle constata qu'il ne portait pas la marque.
"C'est le petit nouveau ! Mais où est passé Novgorod ?
-Il faut chercher d'autres cadavres ! S'il n'est pas revenu faire son rapport, c'est qu'il doit être mort aussi !
-Oui, dispersons-nous, ajouta un autre mangemort à la voix dur. Nous aurons plus de chance de trouver quelque chose. S'il y a quelque chose à trouver...
-Attendez ! fit Bellatrix. Regardez !"
Les mangemorts regardèrent ce qu'elle leurs montrait. Ils purent alors distinctement voir une dague en argent profondément plantée dans le dos de celui qui aurait du devenir mangemort. De toute évidence, il avait été tué dans le dos, par quelqu'un dont il ne se méfiait pas.
"Novgorod... Traite à ton sang... commença un des mangemorts.
-Ca explique qu'il ne soit pas revenu... Il a trahi le seigneur des ténèbres depuis le début.
-Il n'a même pas eu le courage de le tuer en face ! Il ne vaut pas mieux qu'un sang de bourbe !
-Silence ! cria Bellatrix. Ce sale bâtard va chèrement payer sa trahison... Croyez-moi, je le donnerai à manger à des chiens... Mais pour l'instant, le seigneur des ténèbres nous a confié une mission, et il faut la terminer avant d'aller faire notre rapport... En plus, avec les projets qu'a le seigneur des ténèbres pour cette semaine, on n'a pas le temps de courir après ce sale traître... S'il va voir du côté de l'Ordre du phénix, nous le saurons... Nous avons plus d'un espion..."
Au moment où Bellatrix prononça le nom de l'espion, un éclair gronda au-dessus de la tête des mangemorts. Fulminante, Bellatrix commença alors à porter le cadavre de Regulus, aidée par le mangemort à la voix rauque. Les deux autres mangemorts prirent l'autre cadavre. Puis ils transplanèrent tous ensemble.
Lorsque toutes les silhouettes eurent disparues, Regulus sortit de sa cachette.
"Un projet pour la semaine à venir... Qu'a t-elle voulut dire ?
-Je n'en sais rien, mais Voldemort semble vouloir frapper un grand coup.
-Il va falloir se renseigner... S'il parvient au pouvoir la semaine prochaine, ça ne servira à rien de s'embêter à détruire les horcruxes...
-Oui, mais si tu te préoccupes toujours de ce qu'il peut faire, tu n'avanceras pas...
-Je ne m'inquiète pas pour ça. Je dois éviter de tomber dans des pièges stupides, alors je préfère savoir où est Voldemort pour qu'il ne sache pas que je suis en vie. De plus, s'il a vraiment plus d'un espion dans l'Ordre, celui-ci risque de ne pas résister bien longtemps..."
Regulus n'était pas vraiment sûr du nom qu'il avait entendu. Des vérifications allaient s'imposer...
"-Tu dois avoir raison... En tout cas, c'est un beau plan que tu as élaboré.
-On dirait qu'ils ont mordu.
-Oui. Ne t'inquiète pas, seule une étude approfondie du cadavre par un sorcier très puissant ou un spécialiste pourrait révéler que ce n'est pas ton cadavre... Je ne pense pas que cela arrive.
-Voldemort n'a pas de temps à perdre avec des sous-fifres... Quand au camp de Sirius, seul Dumbledore ou certains médicomages pourraient remarquer le subterfuge. Et je pense qu'ils ont suffisamment à faire, en ce moment...
-Nous sommes donc tranquille pour très longtemps...
-Oui. J'ai même eu le temps d'amener toutes mes recherches à la cachette... Il ne reste plus aucune trace de ce que je sais pour Voldemort. Il sera sûrement surpris d'ici quelques mois...
-Je suis capable d'attendre, si c'est ce qui t'inquiète... Tant que j'obtiens les résultats attendus au bout du compte, fit Grindelwald avec une rancune marquée dans la voix.
-Tes connaissances en nécromancies nous ont été très utiles... C'est en travaillant là-dessus que tu as trouvé le moyen d'entrer dans le corps d'un autre ?
-Tu veux toujours savoir ? Très bien, je vais tout te raconter, alors..."
Une fois de plus, Sirius se réveilla en plein milieu de la nuit. Mais cette fois, c'était un terrible mal de crâne qui l'avait obligé à se lever. Lui et les maraudeurs avaient un peu abusés de fire-whisky. Il ne se souvenait plus très bien comment s'était passé le reste de la nuit. En tout cas, il était chez lui, et la soirée semblait avoir été plutôt animée.
Il se prépara un thé, en priant pour que le mal de tête lui passe. Le soleil n'était pas prêt de se lever. Sirius regarda la pendule. Il était deux heures du matin. Il fallait qu'il retourne dormir.
"Vous êtes encore réveillé?"
Sirius se retourna. Barnabas, le journaliste, le regardait d'un oeil fatigué.
"Oui. J'ai l'impression que c'est devenu une habitude pour nous de nous rencontrer en plein nuit.
-Nous avons sûrement tous les deux des raisons de mal dormir..."
Barnabas semblait inquiet, comme si à tout moment, un mangemort pouvait surgir dans la salle et s'en prendre à lui.
"Vous en avez plus que moi de l'être, fit Sirius. Vous avez toute votre famille avec vous...
-... Oui, c'est vrai... Si j'avais su que les choses se passeraient ainsi, je n'aurais jamais écrit cet article. Je n'aurais peut-être même jamais fait ce métier."
Sirius put sentir une pointe de tristesse dans sa voix. Il comprenait ce qu'il devait ressentir.
"Nous devrions aller dormir. Nous morfondre ne nous sert à rien.
-C'est vrai. Bizarrement, à chaque fois, nous en arrivons à la même conclusion...
-Peut-être tout simplement parce que c'est la bonne..."
Et ils se saluèrent et allèrent dormir.
La cabane où s'était caché Regulus n'était pas bien grande, mais ce n'était pas grave. Il n'avait pas besoin d'énormément d'espace. Il fallait qu'il attende un peu que la nouvelle de sa fausse mort se soit répandue. Il ne devait pas contacter Andromeda tant que ce ne serait pas arrivé. Ses mouvements allaient être très limités dans les jours qui allaient suivre. Il avait donc tout le temps que Grindelwald lui raconte comment il avait fait pour s'introduire en lui.
"Ce n'était pas du tout prévu que j'entre dans un autre corps, ou que je me mutile comme le faisait et le fait encore Voldemort, pour parvenir à être immortel. C'est pourquoi j'ai fait un nombre incalculable de recherches sur le sujet. J'ai pendant un temps tenté d'obtenir la pierre philosophale, mais l'alchimiste Nicolas Flamel est quelqu'un de très prudent... En plus, il était hors de ma portée, j'étais recherché et beaucoup trop de gens voulaient me trouver.
J'ai donc continué très longtemps les recherches. Jusqu'à la date de ma "défaite", en faites. Quand j'ai su que Voldemort avait dit à tous mes ennemis où l'on pouvait me trouver, j'ai pris les mesures qui s'imposaient. J'ai caché mes effets personnels les plus importants dans ma cachette, et j'y ai placé un grand nombre de sorts de protections.
-Je l'ai trouvée assez facilement, pourtant.
-Tu avais la puissance de la magie noire en toi, c'est pour ça que tu as réussi à la voir. Je n'ose pas imaginer le nombre de mes ennemis qui ont du passer devant sans la voir. De plus, les sorts ont du perdre de leur puissance au fil des années. Même avec tes faibles pouvoirs en tant que mage noir, tu es parvenu à y pénétrer.
Mais ce n'est pas à ce moment-là que je suis rentré en toi. C'est lorsque tu as voulu utiliser la pensine. Tu avais vu tellement de signe de magie noire que tu n'as pas du prêter attention aux signes que j'avais rajouté dans l'armoire...
-J'imagine que ces signes ne pouvaient pas marcher sans la pensine ?
-Si, ils le pouvaient, mais il aurait été inutile de placer ces signes seuls. Les symboles que j'avais gravés partout dans l'armoire avaient plusieurs fonctions. Il y avait ceux qui faisaient office de verrous magiques, que seul de la magie noire pouvait ouvrir.
-Ce n'était pas un peu risqué ? Quelqu'un aurait pu vouloir passer de force.
-J'y avais pensé. Je n'avais pas beaucoup de temps, alors j'ai inventé un système suffisamment efficace pour parer au problème. J'ai relié tous les symboles et j'en ai rajouté quelques-uns sur la pensine. Jusqu'à un certain stade, la puissance magique de tous les éléments de la pièce peut s'unir pour lutter contre l'attaque. Il faut une puissance magique énorme pour arriver à briser cette défense. En cas que cela arrive - bien que je pensais que c'était impossible - j'ai rajouté un sortilège de disparition temporelle.
-Un sortilège de disparition temporelle ?
-Oui. Si l'attaque pompait trop d'énergie à l'armoire, celle-cidevait disparaître avec son contenu du monde connu, pendant un certains temps. Il fallait en effet que les symboles restent actifs.
-Tu as réussi à faire tout ça en très peu de temps...
-Les verrous existaient déjà sur l'armoire. Ce sont les nouveaux symboles que j'ai du graver avec ma baguette, qui ont été très long à faire. Je devais y insérer une partie de mon essence, mais une partie seulement. Je n'étais pas sûr de ma défaite. Il fallait que j'évite de me tuer bêtement... Puis j'ai du reproduire tous mes souvenirs à l'identique dans la pensine. A ce moment là, tout était en place... Si je venais à mourir, le système s'activerait.
Et c'est ce qui est arrivé quand tu es venu.
Tu étais l'hôte idéal. Il me fallait quelqu'un remplit de magie noire, mais qui n'était pas trop puissant.
-Pour pouvoir prendre le dessus en cas de problème...
-Oui, exactement... Mais je dois admettre que je t'ai un peu sous-estimé. Mais je n'allais pas attendre que quelqu'un d'autre vienne à moi. J'ai saisi l'occasion. Lorsque tu as voulu voir mes souvenirs, tu ne les a pas seulement vus, tu les as fait fusionnés avec mon essence. Séparément, ces deux éléments ne valent pas grand chose. Mais ensemble, ils font ce qu'est une personne. Tu m'as donc entièrement recréé, en quelque sorte. Quand tu regardais mes souvenirs, j'ai pénétré en toi, et je me suis fondu dans la magie noire qui était en toi. La présence de magie noire était essentielle, c'est pourquoi j'ai tout fait pour que la personne qui ouvrirait l'armoire s'en soit servie.
Ensuite, j'ai tranquillement attendu, en évitant de trop me révéler. J'attendais le moment propice. Mais il a fallu que je lutte contre la force que tu as absorbée en touchant la porte, au ministère. J'ai alors découvert quelque chose qui m'a convaincu de te laisser le contrôle de ton corps.
-Et qu'est-ce donc ?
-Un corps humain ne doit pas contenir plus d'une âme, Regulus... C'est contraire aux lois de la nature. Mais sais-tu ce qui se passe si cela arrive, et que les deux âmes parviennent à s'entendre ?
-J'ai compris... Un pouvoir démesuré en résulte.
-En effet. Les sorts que je t'ai montré pendant certains combats sont normalement extrêmement difficiles à réaliser, même pour les plus puissants des sorciers. Mais comme tu l'as vu, tu n'as pas eu beaucoup de mal à lancer ce sort...
-Tu penses que nous pourrions rivaliser avec les plus grands des sorciers ?
-Je n'en sais rien. Et je ne préfère pas essayer. Je ne fais qu'émettre des hypothèses, même si elles ont l'air juste... Ne prenons aucun risque. Je pense que si nous affrontons Voldemort, il parviendra à nous vaincre sans difficulté, s'il nous prend au sérieux.
-Tu le trouves dons si puissant ?
-Vu ce qu'il faisait avec une baguette à 20 ans, ne prenons aucun risque..."
Deux jours plus tard, Sirius attendait James au Q.G de l'Ordre. Même s'il avait renoncé à sa tristesse, il restait néanmoins beaucoup plus au Q.G. Il ne laisserait plus aucun de ses amis être tué par les mangemorts. Et il allait faire ce qui était nécessaire pour cela. James n'arrivait toujours pas, et Sirius patienta en jouant aux échecs contre les pièces elles-mêmes. Les pièces étaient assez habituées à jouer, mais s'entendaient rarement sur celles qu'il fallait accepter de sacrifier. La partie traîna donc en longueur, certaines pièces adverses refusant de se déplacer.
Sirius entendit un transplanage, et se retourna pour voir qui était arrivé. C'était Fabian. Il fut rapidement suivit par Gideon. Les deux frères semblaient assez en forme.
"Bonjour, Sirius. Tu ne perds pas tes habitudes, fit Fabian.
-Bonjour, Fabian. Non, mais là, j'attend James.
-Tu joues au échec seul ? demanda Gideon."
Et sans que Sirius ait le temps de faire le moindre commentaire, il commença à donner des ordres aux pièces adverses. Pris au dépourvu, Sirius vit sa stratégie être détruite par Gideon, alors qu'il avait l'avantage avant que ce dernier n'arrive. Dépité, Sirius se leva pour laisser Fabian commencer une partie avec son frère, qui serait sûrement capable de lui résister.
"Au fait, tu sais pourquoi nous sommes ici ? demanda Fabian.
-Non. Je pensais que c'était le tour de garde de James, alors j'ai été surpris quand vous êtes arrivés.
-Le ministère de la magie a décidé de rencontrer des émissaires des géants. La rencontre va se dérouler quelque part sur le territoire britannique. Beaucoup d'aurors sont mobilisés, et on craint une attaque des mangemorts.
-Où ça ? Pendant la rencontre ou à un autre endroit, pendant que les aurors sont occupés ?
-On ne sait pas, avoua tristement Gideon. C'est pour ça que Dumbledore a demandé à ce qu'un maximum de membres de l'Ordre soient présents au Q.G. Il n'a pas du t'envoyer de courrier, puisque tu y passes ton temps, en ce moment."
A peine eut-il finit cette phrase, que James apparut en transplanant.
"Salut ! Je vois qu'il y a plus de monde que d'habitude... Qu'est-ce qui se passe ? Sirius se fait de nouveaux meilleurs amis en cachette ? demanda James en faisant un clin d'oeil."
Fabian ré-expliqua ce qui se passait. Le visage jovial de James devint rapidement sérieux. Sachant qu'ils pouvaient recevoir un ordre de Dumbledore à tout moment, les différents membres s'équipèrent en potion, que Sirius se félicita d'avoir préparé. Bientôt, les membres de l'Ordre commencèrent à affluer au Q.G. Frank fut le premier à arriver, suivit de peu par Remus. Peter et Caradoc Dearborn arrivèrent quasiment au même instant. Elphias Doge arriva une demi-heure plus tard, en portant son chapeau ridicule à la main. Apparemment, on annonçait des orages sur toute la Grande-Bretagne.
Emmeline Vance arriva en dernier, trempée des pieds à la tête. C'était une des rares fois où presque tous les membres de l'Ordre étaient réunis. Maugrey devait faire parti des aurors mobilisés pour la rencontre. Sirius put alors voir combien les membres de l'Ordre tués manquaient...
"Tu prend un très gros risque, Regulus...
-Oui, et c'était aussi un risque d'aller acheter le journal et de m'abonner à un faux nom...
-Tu tiens vraiment à l'échec ? J'ai l'impression que tes sentiments ne t'ont pas encore quitté, finalement...
-Je ne vais pas me battre pour ne rien obtenir. Ce serait stupide.
-Tu finiras bien par comprendre que j'avais raison."
La petite plaine devant Regulus semblait être éloignée de toute civilisation. Regulus se demanda même si on n'avait pas agrandi magiquement la zone pour que les moldus ne remarquent rien, comme si on ne faisait pas totalement confiance au sort repousse-moldu. Le ministère avait encore eu des fuites, et la nouvelle d'une rencontre avec les géants était écrite en grandes lettres dans la gazette du sorcier. Avec ses pouvoirs, Regulus avait pu facilement déduire le lieu de la rencontre. Les énormes silhouettes des géantslui confirmait qu'il ne s'était pas trompé.
Regulus observait l'endroit depuis un moment déjà. Il s'était caché dans un petit amas rocheux, qui surplombait la plaine. Au-dessus de sa tête, un orage était sur le point d'éclater. De l'autre côté de la plaine, il pouvait voir une grande forêt. Regulus était inquiet. Ce paysage ne ressemblait pas à la Grande-Bretagne, mais plutôt à un endroit où l'on pouvait se battre à couvert.
"Nous devrions partir. Il est évident que la situation va dégénérer, mangemort ou pas.
-C'est l'occasion idéal de trouver un des traîtres du camp de Dumbledore... Je suis sûr que ce dernier va intervenir, s'il se passe quelque chose. Il n'y a que Dumbledore qui est capable d'organiser une telle rencontre.
-Et si les traîtres ne viennent pas? Nous serons venus pour rien... Et ton plan échouera peut-être à cause de ça. Partons d'ici, avant qu'il n'y ait un sort anti-transplanage.
-Une occasion comme celle-ci ne se représentera pas...
-Tes sentiments t'aveuglent."
Regulus ne répondit pas. Grindelwald et lui auraient du mal à s'entendre éternellement... Un bruit sourd sortit Regulus de sa rêverie. Les géants s'étaient mis en mouvement. "Ca commence", pensa Regulus. Il y avait cinq ou six géants. Regulus eut le sentiment désagréable que les géants n'étaient pas venus pour négocier, vu leur nombre. Une délégation de sorciers sortit de la forêt. A vue de nez, ils devaient être une vingtaine.
"C'est l'heure."
Ces paroles de Fabian avaient résonnés dans le Q.G. de l'Ordre comme une sentence de mort. A partir de cet instant, tout pouvait arriver. La pendule sembla faire plus de bruit qu'à l'accoutumée. Voldemort et ses mangemorts allaient probablement agir aujourd'hui. Sirius serra sa baguette. Tout ses amis étaient présents, et il comptait bien les protéger...
Une plume de phénix pouvait apparaître à tout moment. Et à ce moment-là, ils seraient une dizaine à se retrouver sur un champ de bataille. Les membres de l'Ordre se regardaient tour à tour. La tension était palpable chez chacun d'entre eux.
Soudain, une plume de phénix apparut. Sirius sentit son coeur faire une embardée. Puis, quelques secondes plus tard, tous les membres de l'Ordre transplanèrent.
L'inévitable était arrivé... Des mangemorts étaient apparus un peu partout, et avaient commencé à lancer des sorts sur les négociateurs. Les géants avaient alors laissé exploser leurs colère, et s'étaient mis à frapper tout sorcier qu'ils croisaient. Les hommes du ministère tentaient de se défendre comme ils pouvaient contre les deux types d'assaillants, mais ne pouvaient pas faire grand chose, et commençaient à se replier vers la forêt. Mais ils avançaient lentement : les mangemorts les encerclaient.
Des éclairs colorés fusaient de partout. Regulus était content d'être suffisamment éloigné de la bataille, qui était loin d'être une bataille organisée. Les géants frappaient au hasard, cherchant à tuer le plus d'humain possible. Certains sorts ricochés sur leurs protections magiques, de sorte qu'on ne pouvait pas savoir d'où les sorts pouvaient arriver. Les mangemorts étaient éparpillés, mais c'était bien eux qui contrôlaient la situation. Ils étaient beaucoup plus nombreux, et avaient bien réussis à profiter de l'effet de surprise.
Les sorciers du ministère ne parvenaient pas à atteindre la forêt. Regulus pesta contre leur faiblesse. De plus, un des géants se rapprochait dangereusement de leur groupe. Soudain, des éclairs colorés supplémentaires commencèrent à apparaître, depuis la forêt. Les mangemorts qui empêchaient les aurors de passer furent alors balayés, et ceux-ci parvinrent à se mettre à couvert juste à temps pour que le géant les perdent de vue. Il commença alors à arracher des arbres pour essayer de trouver les proies qui lui avaient échappé.
Depuis la forêt, les membres de l'Ordre bombardaient les mangemorts de sorts. Sirius tentait tant bien de mal de comprendre ce qui se passait autour de lui. Des aurors commençaient à apparaître un peu partout, alors que le nombre de mangemorts ne cessait d'augmenter. Sirius regarda un instant autour de lui, et s'aperçut très vite qu'il ne voyait plus les autres membres de l'Ordre. Ceux-ci avaient du s'éloigner le plus vite possible pour éviter qu'on découvre leurs identités. Sirius décida de faire de même et commença à courir, en tentant de s'éloigner le plus possible de la bataille, pour pouvoir retrouver ses amis tranquillement.
Mais ils eut à peine fait cent mètres qu'un éclair bleu le frôla et alla exploser contre un arbre. Sirius s'arrêta immédiatement, et se cacha derrière un arbre. Le mangemort qui l'avait attaqué se retrouva rapidement au prise avec un auror. Autour de Sirius, les cris des sorciers se mélangeaient aux hurlements des géants, et à présent, l'orage semblait beaucoup moins bruyant. Des traits colorés partaient dans toutes les directions. Sirius ne savait plus où il en était. Il sentit le contact de l'eau sur sa joue. Il commençait à pleuvoir.
Où les membres de l'Ordre avaient-ils pu partir ? Ils ne devaient plus être dans la forêt... Ils devaient s'être dirigés vers les rochers que Sirius avait entre aperçu lorsqu'ils étaient arrivés. C'était risqué pour Sirius de faire autant de chemin seul, mais il n'avait pas le choix. Il recommença à courir en se dirigeant vers la sortie de la forêt. La pluie commençait à tomber drue, si bien qu'il devenait difficile de savoir qui était qui.
"Nous devrions partir, ce groupe se rapproche dangereusement, Regulus !
-Hors de question ! C'est justement dans ce groupe qu'il y a un traître. J'ai vu l'un d'entre eux ne faire que lancer des sorts de protection, alors qu'il aurait pu s'occuper de beaucoup de mangemorts...
-Et tu penses que sa constitue une preuve ? C'est stupide ! Tout risque d'échouer à cause de toi !
-Ce n'est pas encore une preuve, mais nous allons créer la situation pour en avoir une...
-Et comment comptes-tu reconnaître ce pseudo-traître, avec toute cette pluie?
-J'espérais bien que tu m'aiderais, Grindelwald..."
Sur ces mots, Regulus se désillusionna et sortit de sa cachette. La pluie allait beaucoup le désavantager, mais il fallait qu'il prenne des risques. Il commença à courir entre les rochers.
Sirius était sorti de la forêt, et se demanda immédiatement s'il n'aurait pas dû y rester. Un géant avait arraché un arbre et s'en servait pour balayer les sorciers qui tentaient de s'en prendre à lui. Des aurors et des mangemorts courraient de tous les côtés, cherchant un abri ou tentant de toucher une cible qu'ils apercevaient à peine. Sirius s'aperçut qu'il ne sentait plus les gouttes d'eau tomber sur lui, alors que pourtant, la pluie continuait de tomber. Il se retourna et aperçut au-dessus de lui l'énorme silhouette d'un géant qui se penchait vers lui. Il vit alors la main du géant se lever, haut vers le ciel...
Il était temps qu'il recommence à courir. Sans réfléchir, Sirius se précipita entre les jambes du géant en évitant la terrible claque qui creusa le sol. En voyant qu'il n'avait pu attraper qu'un tas d'herbe et de terre, le géant hurla de rage. Il se retourna pour assouvir sa soif de sang. Mais Sirius n'était plus là. Il était en train de courir au milieu du champ de bataille, en essayant d'éviter les sorts et les géants. Le géant s'élança alors à sa poursuite, sans se soucier des sorts qui tentaient de l'atteindre. Il voulait sa proie.
"On dirait qu'on est en sécurité, ici, fit James."
Plusieurs membres de l'Ordre du phénix s'étaient rassemblés dans l'amas rocheux. Beaucoup avaient des écorchures, et ils étaient tous en train de reprendre leur souffle.
"Il manque Sirius, annonça Remus.
-Il n'a pas dû entendre quand on a dit que l'on devait partir. Il faut le retrouver. On doit retourner le chercher !"
Regulus était à quelques mètres d'eux, et il attendait patiemment l'occasion pour prouver ses dires. Il tentait de faire taire la voix de Grindelwald qui lui martelait qu'il fallait qu'ils s'en aillent. Sirius n'étant pas avec eux, se serait plus facile que prévu pour Regulus.
"Tu es fou ! fit Fabian. On n'est même pas sûrs qu'il soit encore là-bas ! Puis avec toute cette pluie, impossible de reconnaître quelqu'un à moins de dix métres !
-Tu veux l'abandonner ?
-Non ! Mais je ne suis pas suicidaire. Envoyons un patronus pour le trouver, mais je n'irais pas là bas avant d'être sur qu'il y est..."
James se calma un peu, et ne répondit rien. Il agita alors sa baguette et une grande chouette argentée apparue. Elle commença alors à voler en direction de la bataille.
"On risque d'être repérés. Il vaudrait mieux se préparait."
Tous les membres de l'Ordre hochèrent la tête et se cachèrent derrière des rochers, attendant de voir si un ennemi arrivait. Regulus ne bougea pas d'un pouce. Cependant, il espérait que la pluie ne le rendait pas plus visible qu'il devait l'être. Il sentait la pluie dégouliner sur lui, mais il ne s'en souciait guère. Depuis que les membres de l'Ordre étaient arrivés, il ne cessait de le fixer, celui qu'il pensait être le traître...
