Bonjour
Voici le chapitre 20 tout juste corrigé par Elyrine. Merci à elle et à vous comme toujours.
Bonne lecture et à lundi
Sydney8201
Musique du chapitre :
Uninvited d'Alanis Morissette
Chapitre 21 : Blessure
« Entre la vie et la mort, il n'y a qu'un pas, entre la tristesse et le bonheur, il y a
une route infinie » Michel Linh
Castiel avait toujours cru avoir ce dont il avait besoin pour être heureux. Il l'avait obtenu en se battant et en faisant tout ce qui était en son pouvoir depuis son adolescence. Il était riche à millions. Il était influent. Il était puissant et redouté. Il était respecté. Il avait un bel appartement et plusieurs voitures de luxe. Tout ce dont il avait toujours rêvé. Mais depuis quelques jours, il réalisait avec un grand étonnement qu'il s'était trompé. Il lui avait manqué quelque chose depuis le départ. Et ce quelque chose était Dean.
Castiel n'avait jamais voulu d'une histoire sérieuse. Il ne voulait pas d'une relation qui l'emprisonnerait et lui donnerait la sensation d'étouffer. Il ne voulait pas d'un petit ami ou d'un mari qui l'attendrait le soir chez lui. Il n'aimait pas la compagnie des autres. Il avait des associés et Gabriel. Pas d'attaches et pas de responsabilités familiales. C'était parfait.
Il avait vraiment cru que le sexe était la seule chose à attendre des hommes qu'ils rencontraient. Et c'était sans doute vrai pour tous ceux qui avaient croisé sa route jusque-là. Mais Dean était différent. Là où les autres étaient intéressants et stupides, Dean était brillant et fascinant. Il était intelligent, drôle et fort. Castiel ne s'était jamais imaginé vivre avec quelqu'un jusque-là. Il n'avait pas pensé une seule seconde trouvé la personne avec qui partagé son quotidien. Mais Dean était idéal pour ce rôle. Il pouvait le remplir à merveille. Il était suffisamment malin pour se faire une place à ses côtés et suffisamment solide pour supporter le poids des responsabilités que cela impliquait. Il était prêt à tout pour survivre. Il était prêt à n'importe quel sacrifice pour avoir ce dont il rêvait de son côté.
Il n'était peut-être pas encore prêt à accepter de devenir comme Castiel. Il n'était peut-être pas encore totalement d'accord pour ignorer sa conscience et devenir un tueur et un criminel. Mais il finirait par comprendre qu'il s'agissait là de sa meilleure opportunité. Il deviendrait alors quelqu'un d'au moins aussi puissant que Castiel. A eux deux, ils seraient en mesure de prendre le contrôle sur l'organisation le jour où Crowley choisirait de se retirer. Castiel s'en sentait capable seul. Mais avec Dean, il se sentait également plus fort et plus sûr.
Car le jeune homme lui avait prouvé par son conseil qu'il était suffisamment intelligent pour analyser une situation et en tirer le meilleur parti. Il n'avait pas eu peur de donner son avis. Et ses conseils avaient été brillants. Castiel n'aurait jamais songé à agir de la sorte. Pas parce qu'il était moins intelligent que Dean. Mais parce qu'il ne voyait pas nécessairement les choses sous le même angle que lui. Il avait tellement l'habitude des conflits et des situations tendues qu'il n'imaginait jamais qu'une telle situation puisse tourner à son avantage sans qu'il ne fonce dans le tas. Il était peut-être trop violent ou trop aveuglé par sa colère pour réfléchir différemment.
Dean était tout son contraire. Et c'était finalement ce qui faisait sa force. Il était plus réfléchi et parce qu'il n'était pas directement impliqué, il était capable de se montrer plus prudent également.
Discuter avec Alonzo s'était avéré une bonne chose. Comme Dean l'avait compris, leur partenaire n'attendait qu'une renégociation des termes de leur association. C'était pour le leur faire comprendre qu'il avait menacé de les quitter pour Alastair. En prenant le temps de parler avec lui franchement et calmement, il avait obtenu plus qu'il ne l'avait imaginé avant l'intervention de Dean.
Alonzo avait accepté de collaborer avec lui et de lui servir d'agent double auprès d'Alastair. Il était prêt à lui transmettre toutes les informations nécessaires à le faire tomber. Il avait juste exigé de toucher un peu plus à chaque transaction. C'était raisonnable. Et la chose la plus intelligente à faire.
Castiel avait alors transmis la nouvelle à Crowley et avait été soulagé d'obtenir son approbation. Il avait carte blanche pour négocier avec n'importe qui du moment que cela conduisait à la chute d'Alastair. Et à sa mort bien sûr.
Gabriel était aussi impressionné que Castiel par le talent visiblement inné de Dean. Il était également méfiant. Il semblait penser que le jeune homme leur mentait en disant qu'il n'avait jamais rien fait de ce type. Il ne pensait pas que Dean songeait à les trahir ou qu'il était lui-même un agent double pour le compte d'un de leur nombreux ennemis. Il était en revanche persuadé que Dean ne leur disait pas tout sur son passé. Il n'avait pas encore demandé à faire des recherches sur lui. Il attendait sans doute le résultat de celles de Raphael. Castiel, de son côté, avait une confiance aveugle en Dean. Il était convaincu que le jeune homme lui avait tout dit. Qu'il ne lui avait jamais menti sur son passé ou sur ce qu'il attendait de lui ou de la vie en général. Il l'aurait senti si le jeune homme jouait un jeu. S'il jouait un rôle.
Et il se sentait bien avec Dean. Il se sentait puissant et dominateur. Il se sentait complet. Et aussi bizarre que cela puise paraître, il se sentait heureux. Ce n'était pas un sentiment qu'il avait cherché à ressentir. Il trouvait l'idée de courir après le bonheur totalement absurde. Mais il l'avait pourtant trouvé sans la chercher. Et il voulait en profiter sans laisser qui que ce soit s'interposer entre le jeune homme et lui.
Il le remercia pour son conseil la nuit suivant sa discussion avec Alonzo. Il prit le temps de couvrir son corps de baisers – ce qui n'était définitivement pas naturel chez lui – et de le caresser longuement jusqu'à lui arracher un orgasme puissant. Il ne se priva pas ensuite de le prendre avec une certaine brutalité qui ne semblait pas déplaire à Dean. Le sexe avec le jeune homme n'était jamais décevant. Peu importait ce qu'ils faisaient ou ne faisaient pas. C'était toujours une expérience renversante.
Castiel avait eu une multitude de partenaires. Il avait expérimenté toutes les positions, tous les lieux – même les plus insolites – et même participé à quelques orgies. Il savait ce qu'il aimait et ce qu'il voulait. Il n'était plus le gamin inexpérimenté qu'il avait été à une époque et pour qui le sexe, même le plus décevant et monotone, était quelque chose de renversant. Il avait fini par se lasser des hommes qu'il rencontrait. Ils étaient tous similaires. Tous inintéressants et finalement bien peu satisfaisants au lit. Il avait eu peur que Dean soit comme eux. Juste un corps à user sans en retirer réellement du plaisir. Il était heureux de voir qu'il s'était trompé. Coucher avec Dean était bien mieux que tout ce qu'il avait connu jusque-là. C'était incroyable. Le jeune homme se donnait sans réfléchir. Il s'offrait sans se cacher et n'hésitait plus à exprimer ce qu'il ressentait. Il se soumettait avec une détermination incroyable. Il était réceptif et magnifique.
Peut-être était-ce dû à son expérience ou peut être juste au fait qu'il était unique. Castiel n'aurait pas su le dire. Et à vrai dire, cela n'avait plus vraiment d'importance. Il voulait Dean auprès de lui pour la fin de son incarcération. Il le voulait ensuite quand il serait dehors. Il voulait être le seul homme avec qui Dean coucherait à compter de maintenant. Il n'était pas sûr que cela soit possible. Mais il aimait l'idée.
Après avoir remercié Dean comme il estimait le lui devoir, Castiel s'endormit satisfait et heureux. Il se réveilla détendu et apaisé. C'était quelque chose qu'il n'avait pas l'habitude de ressentir. Il n'avait pas réalisé combien il avait été tendu durant toute son existence. Il était constamment sur le qui-vive, prêt à se battre pour sa vie et prêt à faire tout et n'importe quoi pour garder sa place. Il avait fini par s'y habituer. Mais se réveiller avec Dean dans ses bras lui faisait réaliser tout ce qu'il avait manqué jusque-là. Et combien il avait eu tort de penser que ce qu'il avait était suffisant.
Castiel n'était pas stupide. Il savait parfaitement ce qui était en train de se passer. Il était en train de tomber amoureux du jeune homme. L'idée aurait dû l'effrayer et le pousser à prendre la fuite. Mais il n'était pas inquiet. Ce qu'il ressentait lui semblait normal et logique. Il ne se sentait pas en danger ou sous une quelconque menace. Bien au contraire, il se sentait à sa place. Et il n'avait certainement pas l'intention de l'abandonner maintenant. Il ne laisserait personne – pas même Dean – lui dire qu'il devait partir maintenant.
Castiel observa le jeune homme dormir pendant de longues minutes. Il semblait tout aussi serein que lui. Après sa petite crise de panique due à sa réaction à la fessée, Castiel avait cru qu'il allait devoir à nouveau batailler pour le convaincre de rester. Il avait même eu peur de le perdre. Mais lui demander son avis et le suivre avait semblé apaisé le jeune homme. Il semblait avoir trouvé un sens à sa présence en prison. Un but à atteindre. Castiel devait maintenant le convaincre qu'il était fait pour ça. Ce ne serait sans doute pas simple. Mais il en était capable.
Il devait faire en sorte que Dean tombe amoureux de lui à son tour. S'il en croyait ce qu'il avait lu, cela nécessitait qu'il l'invite au restaurant, lui offre des fleurs et lui fasse des compliments. Il devait le séduire. Mais puisqu'il ne pouvait rien faire de tout ça en prison, il allait devoir se contenter de lui prouver qu'il était bien en sa présence. Que ce n'était plus uniquement une question de sexe et de sécurité. Qu'il avait envie de rester avec lui, même au-delà de leur incarcération.
Et il doutait de toute façon que Dean aime être séduit d'une manière traditionnelle. Il était tout sauf ordinaire. Ce qui arrangeait Castiel qui était tout sauf un homme comme les autres. Il ne pouvait pas promettre à Dean une relation normale et un mariage futur. Mais il pouvait lui promettre de vivre sa vie comme une aventure. De devenir un homme puissant et riche. Et de ne plus jamais se sentir seul.
Castiel sourit en imaginant rentrer chez lui et retrouver Dean dans son appartement. De pouvoir passer la soirée à ses côtés à parler de leur travail et de tout et n'importe quoi. Il imaginait dormir à ses côtés après avoir couché avec lui et se réveiller pour pouvoir le regarder assoupi à côté de lui. Il en avait envie et il était impatient que cela puisse se concrétiser.
Mais pour le moment, il devait avant tout régler son problème avec Alastair et remplir la mission que Crowley lui avait confié. Alonzo était maintenant de son côté et avec lui, ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'ils aient les informations nécessaires pour faire échouer son plan. Il pourrait ensuite le faire tuer et envisager sa libération plus sereinement. Avec Dean bien sûr.
Le jeune homme finit par ouvrir les yeux et s'étira longuement sans s'écarter de Castiel. Il lui adressa ensuite un petit sourire ensommeillé avant de bailler longuement contre sa main. Castiel le trouvait adorable quand il était encore un peu endormi. Il ne le lui dirait pas bien sûr. Il savait que le jeune homme n'apprécierait pas ce compliment.
Les gardes n'allaient pas tarder à venir les chercher et Castiel aurait aimé avoir un peu plus de temps pour profiter du moment. Il s'était rapidement habitué au rythme imposé en prison. Mais depuis que Dean dormait dans son lit, il avait appris à le détester. Le jeune homme avait beau être constamment avec lui, ils n'étaient que trop rarement seuls ensembles. Cela frustrait considérablement Castiel, sans qu'il ne puisse faire quoi que ce soit pour y remédier. C'était la première fois qu'il se sentait aussi impuissant en prison. Il détestait cela.
- On devrait se lever, déclara t-il en regardant Dean enfouir son visage dans son oreiller.
Le jeune homme n'était pas du matin. Il avait toujours beaucoup de mal à émerger et ne semblait réellement réveillé qu'une fois son café avalé. Castiel avait appris à s'adapter à son attitude. Il avait même appris à l'apprécier. Car Dean était adorable et charmant quand il était encore à moitié réveillé. Et parce que ses défenses étaient baissées dans ces moments, le rendant vulnérable.
- Ou on pourrait faire mine d'être malades pour rester couchés, suggéra Dean.
- On nous conduirait à l'infirmerie et ce n'est pas ce que tu souhaites.
- Il y a des lits à l'infirmerie.
- Il y a aussi des gardes et d'autres détenus. Désolé bébé mais c'est non.
Dean grogna quelque chose contre son oreiller mais finit tout de même par se tourner sur le dos. Il s'étira à nouveau longuement avant de se redresser. Il avait les cheveux qui pointaient dans toutes les directions sur la tête et la trace de son oreiller sur la joue. Castiel ne put s'empêcher de rire en le voyant ainsi. Le jeune homme le dévisagea presque aussitôt, visiblement vexé.
- Je peux savoir ce que tu trouves drôle ? demanda t-il.
- Toi Dean. C'est toi qui me fait rire. Tu es absolument adorable à cet instant précis.
Dean fronça les sourcils avant de grimacer et de quitter le lit. Castiel le regarda se diriger vers ses vêtements. Il avait ordonné au jeune homme de dormir nu maintenant. Et Dean avait accepté sans protester. Cela offrait un spectacle à Castiel chaque matin. Un spectacle dont il ne se lassait toujours pas. Le corps du jeune homme était absolument parfait.
- Il pourrait monter le chauffage la nuit. Franchement, n gèle le matin. Hé ... tu ne pourras utiliser ton influence pour exiger qu'ils augmentent la température de quelques degrés ? demanda Dean en enfilant son tee-shirt.
Castiel sourit en secouant la tête.
- Je pourrais oui mais je ne le ferais pas. Je préfère utiliser mon influence comme tu dis pour les choses réellement importantes. Et puis j'aime quand il fait froid. Cela te pousse à te blottir contre moi et tes tétons sont ...
- Ok, j'ai compris. Espèce de pervers, le coupa Dean.
Castiel rit, amusé par la gêne du jeune homme. Comment pouvait-il encore être mal à l'aise parfois après tout ce qu'ils avaient fait ensemble ? C'était un mystère pour lui. Et quelque chose sur lequel il allait devoir travailler dans l'avenir. Car si Dean venait à vivre avec lui, il allait exiger qu'il soit nu en permanence.
- Je sais juste apprécier les belles choses. C'est différent.
- Généralement, c'est ce qu'on dit d'un tableau ou d'une photographie ... on ne parle pas de chose quand on parle d'un être humain.
- Peut être que le mot était mal choisi mais c'est l'idée générale qui compte. Je te trouve incroyablement beau et j'aime admirer ton corps. Tu devrais être flatté.
Dean ne répondit rien et Castiel n'en fut pas surpris. Il savait à présent que le jeune homme n'était pas à l'aise avec les compliments. Il ne savait pas comment réagir quand on lui en faisait. Il n'avait pas appris à les accepter. C'était une autre chose sur laquelle Castiel allait devoir travailler avec lui dans le futur. Car il ne comptait pas s'arrêter de le complimenter. Pas quand chacun de ses mots était sincère.
- Tu m'as dit de bouger mais tu ne sembles pas décidé à te lever toi, l'accusa Dean après quelques minutes.
Castiel jeta un coup d'œil à sa montre. Il était effectivement temps pour lui de se lever. Il sourit au jeune homme puis quitta le lit et attrapa ses vêtements sur la chaise. Il s'habilla rapidement avant de reporter son attention sur le jeune homme. Il ne fut pas surpris de constater qu'il l'observait. Il pouvait le nier autant qu'il le souhaitait. Il savait que Dean le trouvait attirant.
- Quand est-ce qu'Alonzo doit revenir vers toi ? demanda ensuite Dean sans doute pour ne pas entendre Castiel lui faire une réflexion sur le fait qu'il le regardait s'habiller.
Castiel haussa les épaules.
- Sans doute pas avant quelques jours. Alastair acceptera de travailler avec lui mais il ne va certainement pas lui faire confiance immédiatement.
- Est-ce qu'il va utiliser vos armes pour le convaincre ?
Castiel n'était plus surpris par l'intelligence de Dean. Mais il continuait d'être étonné de sa capacité à trouver des solutions et des idées brillantes.
- Comment ça nos armes ? demanda t-il alors.
Dean se racla alors la gorge et jeta un coup d'œil au couloir par les barreaux de leur cellule. Il semblait craindre qu'on les écoute. Castiel lui laissa quelques minutes avant de l'attraper par le bras et de le forcer à le regarder et à lui répondre.
- Je ne veux pas vous donner l'impression de vous dire ce que vous avez à faire mais ... vous parliez avec Gabriel du fait qu'ils ont vos armes non ?
- Ils ont nos armes oui et ils vont nous les rendre.
- Justement, vous devriez le leur laisser. Ils pourront les utiliser pour convaincre Alastair de leur faire confiance. Ce sera un peu comme ... une offrande. Ils le rejoignent et avec une cargaison d'armes qui vous appartiennent. Il ne pourra pas refuser une telle opportunité de vous priver de votre argent.
- Dean, c'est ...
Castiel ne termina pas sa phrase et prit quelques secondes pour réfléchir à la proposition de Dean. Alastair travaillait dur pour tenter de prendre leur place. Il voulait contrôler le trafic d'armes et le trafic de drogue. Avoir la marchandise de Crowley était un sacré avantage pour lui. Un moyen de se faire de l'argent facilement et de tenter de leur voler un client ou deux. C'était effectivement le meilleur moyen pour Alonzo de gagner sa place auprès de lui.
- C'est brillant, finit il par dire après quelques secondes.
Dean lui sourit alors, visiblement fier de son idée. Il avait toutes les raisons de l'être d'ailleurs. Cette idée était géniale et Castiel aurait aimé l'avoir par lui- même.
- C'est juste une suggestion. C'est vous qui prendrez la décision, rappela Dean en baissant les yeux.
Castiel l'attrapa alors par le visage et l'embrassa passionnément sur les lèvres. Il ne perdit pas de temps avec un baiser chaste qui ne pourrait pas symboliser l'admiration et la reconnaissance qu'il avait pour le jeune homme. Il plongea sa langue dans sa bouche et la pressa contre celle de Dean avec violence. Il voulait le posséder et lui rappeler également qu'il l'avait choisi. Et pas uniquement parce qu'il était séduisant.
- Oh euh ... de rien alors, souffla Dean quand il le relâcha.
Castiel hocha la tête mais n'eut pas le temps de rajouter quoi que ce soit. Les gardes arrivaient dans le couloir et leur moment à deux était terminé. Il était temps de rejoindre les autres détenus et de se concentrer sur tout ce qu'ils avaient à faire.
On les conduisit au réfectoire pour le petit déjeuner et Castiel admira à nouveau Dean jusqu'à ce que Gabriel les rejoigne et ne l'interrompe. Ils discutèrent d'Alonzo et d'Alastair puis d'Abaddon que Lucifer avait commencé à suivre. Castiel n'avait strictement aucune confiance en lui mais il avait besoin de savoir s'il avait tort ou non. Et lui confier une tâche aussi importante était le meilleur moyen de le démasquer s'il était du côté d'Alastair lui aussi.
Dean partit ensuite travailler et Castiel le regarda s'éloigner sans parvenir à cacher sa déception. Il allait devoir faire en sorte que le jeune homme change de poste pour le faire travailler avec lui. Cela ne nécessiterait pas beaucoup de travail de sa part. Il avait juste peur que le jeune homme n'apprécie pas. Il avait sans doute besoin de ces quelques heures loin de lui pour se changer les idées. Castiel ne voulait pas le priver de ça. Et le fait qu'il soit à nouveau prêt à faire des concessions pour le jeune home était une preuve de plus de ce qu'il savait déjà. Il était réellement en train de tomber amoureux de lui. Et cela lui convenait très bien.
Il partit travailler de son côté avec Gabriel puis retrouva finalement le jeune homme pour leur heure de thérapie. C'était un miment que Castiel trouvait totalement inutile puisqu'il ne souffrait d'aucune addiction et n'avait aucune culpabilité qui le rongeait. A ses yeux, écouter les autres discuter de leur problème était du temps de perdu. Mais il se pliait à la règle. Parce qu'il voulait être un détenu modèle.
Quand la séance fut terminée, ils rejoignirent le réfectoire pour le déjeuner. Castiel remarqua aussitôt Alonzo qui discutait avec Alastair dans un coin. Ils mirent fin à leur conversation dès qu'il entra dans la pièce mais Castiel ne put s'empêcher de sourire. Leur plan fonctionnait à merveille.
Il s'installa à une table avec son plateau puis attendit patiemment que Dean le rejoigne. Il était à peine assis quand une dispute éclata non loin d'eux entre deux détenus d'ordinaire plutôt calmes. Castiel fut surpris en premier lieu avant de remarquer qu'Alastair semblait particulièrement amusé par la situation. Il y avait quelque chose d'étrange. Quelque chose qui inquiétait Castiel. Il n'eut toutefois pas le temps de prévenir Gabriel ou d'avertir Dean du danger. La bagarre semblait dégénérer à côté et bientôt, d'autres détenus se joignirent aux premiers. Il y avait des cris et les gardes avaient du mal à intervenir.
Castiel se leva de sa chaise, convaincu à présent qu'il s'agissait d'un coup monté. Il fut bousculé par un détenu qu'on avait projeté contre lui et bascula sur le côté. Son flanc heurta une table avant qu'il ne puisse se redresser. Il n'avait aucune intention de participer à la bagarre. Il devait juste se mettre à l'abri dans un coin, les bras en l'air pour qu'on ne l'arrête pas lui aussi. Il devait également attraper Dean pour le protéger lui aussi.
Il repéra le jeune homme qui semblait avoir du mal à échapper aux coups. Il avait visiblement été frappé au visage. C'était souvent comme ça quand il y avait une bagarre générale. Les coups volaient et les gens touchés n'étaient pas forcément ceux qui étaient ciblés.
Quand il vit Dean porter une main à son visage en criant, il sentit la colère monter en lui. Quelqu'un avait fait du mal au jeune homme et Castiel ne pouvait pas rester sans réagir. Il ne voulait pas être enfermé pour avoir participé à la bagarre. Il était presque sûr qu'il s'agissait d'un coup monté pour le faire arrêter. Sans doute l'œuvre d'Alastair qui continuait à observer la scène en souriant.
Mais il ne pouvait pas non plus laisser les détenus s'en prendre à Dean sans raison. Il allait devoir voler à son secours une nouvelle fois.
Il tenta de se frayer un chemin entre les détenus. Il prit un coup dans le bas du dos au passage et bascula à nouveau en avant. Il se retint de justesse à une table, donna un coup de coude à un détenu à sa gauche pour le forcer à s'écarter puis il se propulsa en avant en direction du jeune homme. Il tendit la main dans sa direction et l'avait à peine effleuré quand il sentit une vive douleur dans son dos, quelque part à gauche de sa colonne vertébrale, juste à la hauteur de ses reins.
Il pensa pendant une seconde qu'il s'agissait juste d'un coup de poing mais la douleur était trop intense. Il cria et serait probablement tombé si Dean ne l'avait pas retenu en l'attrapant sous les bras. Il l'entraîna sur le côté, loin de la bagarre. Les gardes criaient et plusieurs détenus étaient au sol, inconscients ou blessés. Castiel pouvait sentir quelque chose couler dans son dos. Du sang. Il tenta de se contorsionner pour toucher sa blessure et s'assurer qu'elle n'était que superficielle mais Dean l'en empêcha aussitôt. Il le fit s'allonger sur le sol et Castiel ouvrit la bouche pour protester. Il fut surpris quand aucun son ne franchit le seuil de ses lèvres. Il avait atrocement mal dans le dos et la douleur se propageait doucement jusqu'à ses épaules et son ventre. Il voulait croire qu'il ne s'agissait que d'une égratignure. Mais il n'était pas stupide. Il savait que c'était plus grave que ça. Il n'avait qu'à voir l'inquiétude sur le visage de Dean pour en être convaincu.
- On a besoin d'aide, cria le jeune homme.
C'était inutile. Les gardes ne pouvaient pas les entendre avec le bruit de la bagarre. Et ils se fichaient probablement qu'il soit blessé et soit en train de se vider de son sang. La seule chose qui les préoccupait pour le moment était d'arrêter la bagarre. De reprendre le contrôle sur les détenus qui continuaient à échanger des coups. Les blessés passaient ensuite. Même si cela devait signifier que plusieurs meurent dans leur coin.
- Ok Cas, ça va aller d'accord, assura Dean en le faisant se tourner sur le côté.
Castiel cria à nouveau sous l'effet de la douleur. Il vit du coin de l'œil Alastair faire un geste dans sa direction. Il se promit alors de le faire souffrir si toutefois il s'en sortait. Il doutait d'avoir la moindre chance mais c'tait une idée à laquelle il avait envie de se raccrocher.
Dean observait probablement la blessure dans son dos. Castiel le sentit soulever son tee shirt puis jurer entre ses dents. Il reporta son attention sur lui et l'observa retirer son tee shirt pour venir le presser contre sa blessure. Sans doute pour tenter d'arrêter l'hémorragie. Castiel doutait que cela change quelque chose.
Il avait passé des années à apprendre à quel endroit du corps il était préférable de frapper quand on voulait tuer quelqu'un rapidement. Les reins étaient la meilleure option quand on voulait rapper son adversaire par derrière. Si l'organe était touché, il y avait très peu de chance de survie. Et il était presque sûr que c'était le but recherché par l'homme qui l'avait poignardé. Ce n'était pas un coup manqué. Il n'était pas juste une victime malencontreuse. C'était lui qu'on avait ciblé. C'était évident.
- On va te conduire à l'infirmerie et tout ira bien Cas, lança Dean.
Il semblait chercher avant tout à s'en convaincre lui-même. Castiel était surpris de lire autant d'inquiétude sur son visage. C'était la preuve qu'il était réellement attaché à lui. Et même s'il se sentait sur le point de mourir, il ne put s'empêcher d'être heureux en le constatant. Dean était inquiet et triste pour lui. Il ne voulait pas le voir mourir. Il comptait donc au moins un peu pour lui.
- Si personne ne fait rien, je te conduirais moi-même à l'infirmerie, ajouta le jeune homme après quelques secondes.
Castiel doutait qu'on le laisse faire mais il ne dit rien. Il était de toute façon incapable de parler dans son état. Il avait trop mal et il se sentait incroyablement faible. Probablement à cause du sang qu'il continuait à perdre malgré le tee shirt que Dean pressait contre son dos.
Gabriel finit par apparaître à son tour dans son champ de vision. - Castiel, l'appela t-il en se jetant à genoux devant lui.
Castiel tenta de faire un petit signe de la tête pour lui signifier qu'il l'avait entendu mais il ne fut pas sûr d'y parvenir. Il avait la sensation qu'on serrait son crâne dans un étau et qu'on avait enfoncé du coton dans ses oreilles. Il n'avait jamais été blessé jusque-là. Il n'était pas médecin non plus. Mais il en savait suffisamment sur l'anatomie humaine et sur le fonctionnement du corps pour savoir qu'il vivait là ses dernières minutes. A moins d'un miracle, il ne s'en sortirait pas. Il avait tellement de choses à dire et pourtant il ne parvenait pas à parler. Il aurait aimé pouvoir donner des dernières instructions à Gabriel pour l'encourager à prendre sa place. Il était le mieux placé pour remplir son rôle. Il voulait également dire à Dean qu'il tenait plus à lui qu'il ne l'avait pensé. Peut être lui dire qu'il aurait aimé avoir une chance avec lui à l'extérieur.
- On doit faire quelque chose. On ne peut pas le laisser se vider de son sang sans rien faire ! jeta Dean.
- Ok je ... on ...
Gabriel semblait lui aussi à court de mots. Il paniquait et jamais Castiel ne l'avait vu comme ça. Jamais il ne l'avait vu aussi inquiet et démuni.
- Gabriel, ressaisis toi ! ordonna alors Dean.
Castiel fut surpris de voir son bras droit relever la tête aussitôt pour regarder Dean dans les yeux. Une minute s'écoula durant laquelle ils se fixèrent sans bouger. Castiel devait reconnaître que le ton de Dean le surprenait lui aussi. Mais il semblait bien plus calme que Gabriel et peut être plus à même de prendre des décisions. Une nouvelle fois, il faisait preuve d'une force et d'un courage que Castiel admirait. C'était très certainement inutile mais c'était tout de même fascinant.
- Libère moi un passage. On va le conduire à l'infirmerie maintenant et on va faire en sorte qu'il survive. Mais pour ça, j'ai besoin que tu m'aides. Je ne peux pas y arriver seul !
Gabriel finit par hocher la tête. Il posa sa main sur la joue de Castiel une seconde avant de se relever. Dean s'accroupit alors puis passa un de ses bras sous les genoux de Castiel et un autour de son torse. Il se redressa ensuite en grognant. Castiel était réellement impressionné. Il savait que Dean était musclé et fort. Mais il n'avait pas imaginé une seconde qu'il soit capable de le soulever ainsi.
Il laissa sa tête tomber contre l'épaule du jeune homme. Il n'avait plus la force de la tenir droite. Dean lui jeta un rapide coup d'œil avant de commencer à marcher. Ça ne devait pas être facile pour lui. Castiel n'était pas gros mais il était musclé et par conséquent relativement lourd. Dean semblait toutefois ne pas être gêné puisqu'il marchait sans s'arrêter et plutôt rapidement.
Gabriel marchait devant eux pour leur frayer un chemin parmi la cohue des détenus qui se battaient toujours. Les gardes ne prêtaient pas attention à eux. Castiel fut surpris qu'on ne tente pas de les arrêter. Qu'aucun détenu ne s'interpose. Il n'y avait qu'Alastair qui semblait les avoir vu. Et la situation semblait toujours autant l'amuser.
Ils atteignirent les grilles qui conduisaient au couloir dans un temps record. Castiel luttait pour ne pas perdre connaissance. Même s'il doutait de pouvoir s'en sortir, il avait envie de s'accrocher et de se battre. Il voulait croire en un miracle. Car il avait un nouvel objectif. Faire payer à Alastair ce qu'il venait d'ordonner. Il allait avoir sa peau et il allait le faire souffrir. Bien sûr, pour cela, il devait avant tout survivre. Ce qui n'était pas gagné. Il pouvait sentir le sang continuer à couler de son dos contre Dean.
Une fois devant la grille, deux gardes s'interposèrent devant eux. Castiel reconnut Garth et fut soulagé qu'il soit là. Il le connaissait bien et il savait qu'il ne le laisserait pas mourir. Il tenterait de l'aider. Gabriel parlait avec eux et agitait ses mains comme pour appuyer ses propos. Castiel ne pouvait pas entendre ce qu'il disait. Il était totalement assourdi par les bruits de son propre cœur qui résonnait dans ses tempes. Il aurait pu être gêné d'être ainsi vu vulnérable et dans les bras de l'homme qu'il était sensé dominé et possédé. Mais il en ressentait que de la fierté pour la force et le courage de Dean. De l'admiration pour son calme malgré son inquiétude évidente.
- Cas, reste avec moi. Ne t'endors surtout pas, souffla alors le jeune homme.
Il semblait avoir compris que Castiel avait du mal à rester éveillé. Ce dernier tenta de lui sourire pour le rassurer mais il ne fut pas sûr, une nouvelle fois, d'y parvenir.
- Laissez nous passer. Vous ne voyez pas qu'il est blessé ? S'il meurt, ce sera de votre faute. Et je peux vous promettre que je vous le ferais payer ! jeta alors Dean.
Castiel ne voyait pas comment le jeune homme pourrait mettre ses menaces à exécution mais il espérait tout de même qu'elles auraient un impact sur les gardes qui se tenaient toujours devant eux.
Le temps sembla alors se suspendre pendant quelques secondes avant que Garth ne se tourne vers son collègue.
- Je les accompagne. Toi, tu surveilles la grille.
- Je ne suis pas sûr qu'il ... commença son collègue en fronçant les sourcils.
- Tu sais de qui il s'agit ? S'il meurt, on aura un très gros problème. Crois- moi, le coupa Garth déterminé.
Son collègue finit par hocher la tête et par s'écarter. Garth lu adressa un signe de la tête avant de se tourner vers Dean.
- Suivez-moi. Gabriel, tu restes ici.
Castiel savait que son bras droit n'allait pas apprécier d'être ainsi tenu à l'écart. Mais il était convaincu qu'il accepterait. Car il savait que c'était le seul moyen pour sauver Castiel. Il était prêt à tout pour lui. Il en eut la preuve quand Gabriel recula pour les laisser passer. Dean se remit alors en route. Il grimaçait à présent, sans doute fatigué de supporter le poids de Castiel. Mais il ne faiblissait pas et marchait toujours rapidement. Castiel était incroyablement fier de lui.
Ils remontèrent le couloir derrière Garth et en silence. Le trajet sembla à la fois long et bizarrement court pour Castiel. Il avait de plus en plus de mal à garder les yeux ouverts. Il n'avait jamais été aussi épuisé de sa vie. Il avait également la nausée et une affreuse migraine. Il n'avait en revanche plus réellement mal dans le dos. Ce qui était à la fois une bénédiction et une très mauvaise nouvelle pour lui. Il inhala pour inspirer l'odeur unique de Dean et se raccrocha à la chaleur du corps du jeune homme pour ne pas sombrer.
Quand ils entrèrent dans l'infirmerie, Garth interpela aussitôt le docteur. Dean put enfin le déposer sur un lit mais ne s'éloigna pas. Il resta planté à côté alors que le médecin appelait une infirmière à la rescousse.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda le médecin en l'observant.
- Il a reçu un coup de couteau dans le dos. Il ... il a perdu beaucoup de sang, expliqua Dean d'une voix qui tremblait.
Lui qui avait semblé si fort jusque-là ne paraissait plus avoir aucun contrôle sur ses émotions à présent. Il avait les yeux brillants de larmes contenues et le visage incroyablement pâle. Castiel bougea la main pour effleurer la sienne et sourit doucement quand Dean saisit le message et joignit leurs deux mains sans hésiter.
- Est-ce que vous êtes blessé ? demanda une infirmière en contournant Dean pour le regarder sous toutes les coutures.
Le jeune homme sembla surpris par sa question avant de regarder son propre torse et de grimacer. Il était couvert de sang. Mais il ne s'agissait que de celui de Castiel. Ce dernier était amusé par le fait qu'il soit toujours torse nu et ne semblait pas gêné d'être ainsi exposé à la vue de tous. C'était paradoxal pour un homme qui continuait à avoir du mal à se tenir nu devant celui avec qui il couchait.
- Non, je ... ce n'est pas mon sang, répondit t-il finalement.
- Parfait alors dans ce cas, je vais devoir vous demander de partir. Nous devons nous occuper de votre ami et vous ne n'êtes d'aucune aide, lança le médecin.
Dean le dévisagea alors. Des larmes avaient roulé sur ses joues mais il paraissait avoir repris le contrôle. Et il ne semblait pas prêt à partir. Il était évident qu'il voulait être là pour Castiel.
- C'est hors de question. Je veux rester avec lui, répliqua t-il.
- Vous allez nous gêner plus qu'autre chose en restant ici. Si vous voulez que nous le sauvions, vous allez devoir vous écarter.
- Je veux être sûr que vous ferez le maximum !
Le médecin écarquilla alors les yeux, visiblement surpris et choqué par l'accusation de Dean. Il n'avait sans doute pas l'habitude qu'on doute ainsi de son engagement et de son intégrité. Mais Castiel pouvait comprendre que Dean soit méfiant. Il suffisait de voir avec quelle facilité Castiel avait réussi à s'attacher les services de la majorité des gardes pour avoir des doutes. Rien ne leur garantissait que le médecin n'avait pas été soudoyé par Alastair. Et Dean avait toutes les raisons d'exiger de rester.
- Je suis médecin ici depuis plus de dix ans et j'ai toujours fait mon maximum pour sauver mes patients. Je ne vous permets pas de m'accuser de la sorte.
- Je ne suis pas stupide et je sais parfaitement comment ça fonctionne ici ... vous travaillez pour le plus offrant et je sais que ce n'est jamais l'administration pénitentiaire. Alors je me fiche que vous soyez vexé mais je ne partirais pas. Je vais rester ici et vous surveiller. Et si vous ne le sauvez pas, je vous le ferais payer.
C'était la deuxième fois que Dean prononçait de telles menaces. Castiel le trouvait absolument magnifique à cet instant précis. Torse nu, couvert de sang, le visage baigné de larmes et le ton ferme et sûr. Il avait quelque chose de sauvage. D'indomptable et de terrifiant. Il était à la hauteur de la situation et l'égal de Castiel à cet instant précis. Il était le prédateur et non plus la proie.
- Ecoute Dean ... Je sais que tu es inquiet. Mais le médecin a besoin d'espace pour travailler. On ne va pas quitter l'infirmerie mais on va s'écarter pour le laisser travailler d'accord ? suggéra Garth.
Castiel était réellement soulagé qu'il soit là. Car il était un des rares gardes honnêtes de cette prison et il était suffisamment malin pour savoir qu'il était inutile de forcer Dean à partir. Il avait donc trouvé un compromis pour satisfaire le jeune homme. Le médecin ne semblait pas apprécié que l'homme qui l'avait accusé ainsi soit autorisé à rester mais il ne dit rien.
- Je vous surveille, jeta Dean en pointant son indexe en direction du médecin.
Ce dernier l'ignora et commença à couper le tee shirt de Castiel pour le lui retirer. Dean se pencha alors en direction de Castiel.
- Ecoute moi bien Cas ... tu ne vas pas mourir. Je te l'interdis. J'ai encore besoin de toi. Tu ne peux pas abandonner au moment où je commence à envisager de ... au moment où je commence à penser qu'il y a plus entre nous que du sexe d'accord ?
Castiel aurait aimé pouvoir l'embrasser. Il aurait aimé pouvoir lui dire qu'il pensait la même chose. Qu'il en avait pris conscience récemment mais qu'il en était absolument convaincu à présent. Il voulait pouvoir lui dire qu'il n'avait pas peur de ce qu'il commençait à ressentir et que Dean ne devait pas en avoir peur non plus. Mais il était incapable de parler. Incapable de bouger non plus.
Dean posa alors une main sur sa joue avant de déposer un rapide baiser sur son front. Il semblait se ficher de se montrer aussi affectueux devant autant de témoins. C'était la preuve de ce qu'il ressentait pour Castiel. De sa sincérité. Castiel aurait aimé que Gabriel et Raphael puisse le voir. Ils n'auraient plus eu aucun doute sur le fait que Dean tenait à lui et était capable de tout pour lui.
- Dean, s'il te plait, souffla Garth pour l'encourager enfin à s'écarter.
Le jeune homme ne semblait pas prêté attention à ce que le garde disait. Il avait les yeux rivés dans ceux de Castiel.
- Je vais rester là et je ne partirais que quand tu seras en état de partir avec moi. Je ne vais pas te quitter. Mais tu dois te battre d'accord ? Si tu le ne le fais pas pour toi alors fais le pour moi. On a beaucoup de choses à se dire. Ce n'est que le début. J'ai réfléchi Cas et j'ai pris ma décision concernant mon avenir. Si tu veux la connaître, alors tu dois survivre à tout ça.
Castiel sourit alors. Dean déposa ensuite un rapide baiser sur ses lèvres avant de reculer enfin. Garth le prit par le bras pour le conduire à un lit non loin d'eux. Castiel le regarda s'éloigner avant de fermer les yeux et de soupirer longuement. Il sentit qu'on le manipulait et qu'on le tournait sur le côté. Il avait la sensation de flotter. Il n'avait plus mal. Les mots de Dean continuaient de résonner à ses oreilles et il avait encore la sensation de sentir la douceur de ses lèvres contre les siennes. Il voulait se raccrocher à tout ce que le jeune homme avait fait et dit depuis qu'il avait été poignardé. Il voulait absolument connaître sa décision. Il était presque sûr qu'elle serait positive. Il avait toutefois besoin de l'entendre de sa bouche. Plus encore que connaître sa réponse, ce qu'il voulait avant tout, c'était vivre la suite avec le jeune homme. Le voir s'épanouir et devenir un partenaire pour Castiel. L'aperçu qu'il avait eu aujourd'hui en disait long sur tout ce qu'il était capable d'accomplir. Et cela ne faisait que renforcer ce que Castiel savait déjà. Dean était fait pour être à ses côtés. Il était fait pour devenir son égal.
Le médecin donnait ses ordres aux infirmières mais Castiel ne l'écoutait pas. Il avait les yeux fermés et lâchait doucement prise. Il n'était pas sûr que ce soit uniquement due à la perte de sang ou si on lui avait donné quelque chose pour l'endormir. Il regretta de ne pas pouvoir ouvrir les yeux et regarder Dean une dernière fois. Il n'eut toutefois pas réellement le temps de se lamenter. Car à peine l'idée lui avait-elle effleuré l'esprit qu'il s'endormit finalement. Il emporta avec lui l'image de Dean et se raccrocha à ce qu'il ressentait pour le jeune homme en espérant se réveiller bientôt et le voir sourire à nouveau.
