Lorsque je pose le pied en Caroline du Nord, je me sens un peu stressée. C'est un étrange sentiment, mais cette venue me met face à la réalité. Nous sommes en couple et ça m'effraie toujours. J'aperçois Barri au loin, il ne m'a pas vue, j'avance et il finit par m'apercevoir. Il s'empresse de me rejoindre et me colle à lui pour m'embrasser.

- Bienvenue chez moi. Dit Barri.

- Merci.

- T'as mangé ?

- Non.

- J'ai préparé un repas vite fait au cas où. On va à la maison. Dit-il en me tenant par la taille.

Dans la voiture nous sommes assez silencieux, c'est étonnant. C'est limite pesant et je pense que Barri le sent.

- Ca va être silencieux tout le séjour ? demande Barri en rigolant.

- Je sais pas trop mais… Je suis bien d'accord avec toi c'est étrange. Y a une sensation de malaise.

- T'es stressée ?

- Oui je flippe.

- Si ça peut te rassurer, ce weekend c'est que nous deux. Pas d'amis ou de collègues à te présenter. C'est comme lors de ma venue à Miami, très simple, profiter de se retrouver. Y a pas de piège.

- Ok. Ca me soulage un peu.

- T'aurais dû me le dire que tu stressais… Tu sais ce qu'on a dit, faut parler pour se donner une chance. Si c'est moi qui suppose et que je loupe le coche…

- Je sais. J'ai des choses à te dire dans ce cas.

- Pas de soucis.

- Au repas ce sera plus simple. Dis-je en lui mettant la main sur la cuisse. Mais je suis contente de te voir oui, ça aurait été juste plus facile pour moi à Miami, dans mon environnement.

- Et oui ici tu ne maîtrises rien. Rigole Barri.

Apres 15 bonnes minutes de route, nous arrivons chez Barri. Il fait nuit je ne peux pas me rendre compte du quartier, mais la façade que j'aperçois me plait. Il y a un petit porche comme je les affectionne. Barri se dirige au coffre pour prendre ma valise et lâche un petit râle de douleur.

- Hé Barri ça va ?

- Oui c'est rien, c'est ma blessure.

- L'épaule ?

- Oui.

- Laisse-moi faire alors. Dis-je en souriant.

Il m'emmène dans sa maison, je découvre un intérieur cosy. Une maison grande pour un homme seul mais d'une taille tout à fait classique pour une famille je dirais. Il n'a pas fait d'excès en se logeant ici.

- Je te donne la chambre d'amis ? dit Barri en rigolant.

- Seulement si tu y dors. Rigolais-je.

Barri me fait visiter rapidement l'étage pendant que je range ma valise dans sa chambre. Je remarque des photos de famille.

- Tes parents et tes sœurs ?

- Oui, chez nous au Pays de Galles.

- Il faudra que je te parle de mes frères d'ailleurs, ça fait partie de la discussion qu'on doit avoir. Souriais-je.

- Pas de soucis.

Barri et moi redescendons pour manger. Je m'apprête à l'aider quand il me demande de m'assoir et me sers un verre de vin.

- Tu es blessé, laisse-moi t'aider.

- Tu viens de faire le voyage, repose-toi.

- Ok, dis-je en m'asseyant à table. Je voulais te parler de mes frères. Il y a David 15 ans et Tom 22 ans. Avant-hier David m'a téléphoné. Tu sais que je ne savais pas qui tu étais, c'est lui qui m'a aidé à comprendre qui est Mason Ryan.

- Oui je m'en souviens. Sourit Barri.

- Il te suit sur instagram et il a fait le rapprochement entre mes questions sur ton personnage et la photo que tu as mis de nous deux.

- Mince, je peux l'enlever si tu veux.

- Non, non on ne me voit pas. On peut pas deviner que c'est moi, c'est juste que David a fait le lien. Bref l'ado de 15 ans qu'il est a du mal à faire la différence entre ton personnage, l'homme que tu es et la relation qu'on a. Je… Si jamais il te contacte sur les réseaux sociaux, ne lui en veut pas.

- Il ne s'y connait pas juste un peu alors ? Il est fan de catch ?

A priori oui, il m'a parlé de ton personnage et de tes collègues. C'était assez gênant pour moi à vrai dire. Il m'a parlé d'autographe, de show, de Mason Ryan, de te dire qu'il t'aimait bien. Tu sais …

- Ca fait bizarre Lina je comprends. Mais déjà tu l'as dit David n'a que 15 ans donc c'est un ado, ensuite s'il aime cet univers, on représente avant tout un personnage pour lui. Et Tom ?

- Tom, 22 ans, il se prend pour le patriarche de la famille. Rigolais-je. Il ne veut pas que tu profites de moi juste parce que tu es connu.

- Je n'ai que des sœurs, je comprends.

- T'es comme ça aussi ?

- Oui. Rigole Barri. Et en plus vu ma carrure, des fois je fais rien je fais peur quand même.

Nous dînons tranquillement et nous apprêtons à aller nous coucher. Barri se met en caleçon et je découvre un bandage autour de son épaule.

- T'es sûr que c'est rien cette blessure ? demandais-je en lui caressant le torse.

- Oui mauvaise réception sur une prise. Je n'ai rien de cassé, j'en ai pour une semaine d'immobilisation puis retour aux entraînements.

- Ok. Je dois te parler d'autre chose…

- Vas-y. Ca a l'air important. Dit-il en me prenant la main pour nous diriger vers le lit.

Nous nous installons sur le lit, je suis allongée contre lui, il me serre dans ses bras.

- Je vais avoir un nouveau travail. Tu sais la nouvelle opportunité professionnelle dont je t'ai parlé, je vais accepter l'offre.

- Si c'est mieux pour toi n'hésites pas. Mais tu m'avais dit que ça t'obligerait à déménager. Ca serait où ?

- Atlanta.

- C'est encore plus près.

- Oui mais c'est un travail totalement différent. De gros horaires, pas de vacances à la demande, des déplacements pro.

- Fais ce qui te semble le mieux. C'est quoi comme travail ?

- Assistante d'un homme d'affaires. Je le connais par mon travail actuel, il sait comment je fonctionne professionnellement et je comprends comment il travaille aussi. Il a déjà une secrétaire, donc c'est plus que du secrétariat.

- Je comprends oui. Ca à l'air d'être une bonne opportunité. Félicitations.

- Merci, j'ai pas encore dit oui, je voulais en parler avec toi voir ce que ça fait de le dire en vrai. Comment je me sentais.