Chapitre 21 : Caprices

Le jour suivant la répétition totalement ratée, les membres du groupe revinrent au studio comme leur avait demandé Klaud et, en essayant de mettre de côté leurs problèmes actuels, ils offrirent une prestation plutôt présentable à leur manager. Cependant, leur niveau était loin de celui qu'ils avaient quelques jours auparavant et ça, la jeune femme le savait très bien. Lorsqu'ils arrivèrent à la fin de leur répétition quelques heures plus tard et qu'ils s'installèrent sur les chaises et canapé de la pièce, Klaud décida de leur annoncer que la sortie de leur single était prévu pour la fin du mois et que d'ici là, elle espérait les revoir au meilleur de leur forme pour qu'ils fassent quelques apparitions afin de réaliser de la promo.
En entendant cette nouvelle, les Rainbow ne purent s'empêcher d'éprouver un sentiment de joie qui détendit un peu la tension qui remplissait la pièce depuis qu'ils s'y étaient tous retrouvés. Lavi oublia même, le temps de quelques secondes, qu'il était l'un des facteurs principaux de cette tension et se tourna vers Allen, comme à son habitude, pour s'extasier avec lui de la nouvelle. Néanmoins, lorsqu'il se tourna vers son cadet, il se figea totalement et réalisa que c'était sûrement la dernière chose à faire actuellement. Se ravisant, le rouquin garda sa joie pour lui-même, vraiment mécontent de cette situation et essaya de chercher un moyen de mettre fin à cette gêne entre eux le plus rapidement possible. Cependant, tout seul, c'était réellement impossible d'arriver à une solution utile et donc, il se décida de demander conseil à sa conseillère attitré.

Quelques heures plus tard, dans les alentours de 22 heures, une jeune femme rentrée chez elle joyeusement.

« Je suis rentrée, maman ! » lança t-elle en allant rapidement dans le salon.

« Oh. Tant mieux. Tu as un invité. » répondit la génitrice.

« Vraiment ?! » s'exclama la plus jeune en partant directement vers sa chambre sans attendre de plus ample informations.

Lorsqu'elle ouvrit la porte de sa chambre, la jeune femme se figea en voyant un rouquin avec une mine totalement dépressive allongé sur son lit. Elle écarquilla les yeux, surprise de voir son ami aussi désespéré.

« Lavi ? » prononça t-elle sur un ton de doute, pas très certaine que la personne qui était dans son champ de vision soit réellement son ami.

« Cho-chan… je crois que j'ai merdé. » grommela le rouquin en enfouissant son visage dans le cousin de son amie d'enfance.

Chomesuke lâcha un grand soupir puis rentra dans sa chambre, comprenant maintenant que la situation de Lavi allait entraîné une très longue discussion. Elle posa son sac de cours dans un coin de sa chambre puis alla s'asseoir sur le bord de son lit en posant une main sur la tête du rouquin.

« Qu'es-ce qu'il s'est passé ? » demanda t-elle tendrement.

« Tu te rappelles quand je t'ai parlé d'une personne que j'aimais ? » questionna t-il ;

« Bien sûr. » répondit la jeune femme.

« Je lui ai avoué que je l'aimais… » expliqua Lavi.

« Vraiment ?! Mais c'est super ! » s'exclama Chome.

« Sauf que depuis, on ne se parle plus. » continua le batteur d'une voix triste.

« Ah… » lâcha la jeune femme. « Elle t'a repoussé ? » demanda t-elle.

« Ce n'est pas ça. » répondit-il. « J'attends toujours la réponse… mais, ne plus pouvoir lui parler, ne plus voir son sourire, devoir être éloigné l'un de l'autre… ce sont des choses qui sont bien pires que la jalousie que j'éprouvais avant… » expliqua t-il.

« Je vois… » murmura Chomesuke. « Mais tu ne peux pas faire grand-chose non plus. Puisque tu attends une réponse de sa part, tu ne peux pas agir comme tu l'avais fait jusqu'à maintenant. Ca troublerait les sentiments de cette personne encore plus. » continua t-elle. « Tout ce que tu peux faire, c'est attendre. » finit-elle par dire.

« Mais c'est dur… » murmura le rouquin.

« Tu sais, étant une fille, je n'éprouves peut-être pas les mêmes sentiments qu'un homme pendant l'attente de la réponse alors, tu ne crois pas que tu devrais demander conseil à un autre homme ? » proposa Chome.

« … a qui ? » demanda Lavi en tournant la tête vers son amie.

« Ben… Kanda ? » proposa t-elle. « Après tout, il avait la côte au collège et je me rappelle qu'il était sortit avec plusieurs filles plutôt intéressantes. » expliqua t-elle.

« C'est vrai que maintenant que tu le dis, je me rappelle l'avoir vu avec des filles différentes aux bras. » constata le rouquin. « A l'époque, on était pas dans la même classe donc on se parlait moins mais il m'avait présenté l'une de ses copines une fois… » continua t-il. « Ouais ! Je vais lui demander son avis ! » s'exclama Lavi en se levant du lit.

« Attends ! Il est super tard, tu ne vas pas aller l'ennuyer maintenant quand même ?! » s'empressa de dire la jeune femme.

« Ah .. c'est vrai. » remarqua t-il, calmant immédiatement ses ardeurs. « Pfff. C'est parce que tu es revenu super tard que je ne peux pas aller le voir immédiatement. » lança t-il en repartant s'asseoir sur le lit de la jeune femme.

« Hey, si tu m'avais prévenu, j'aurai écourté mon rendez-vous. » se justifia Chome. « C'est de ta faute pour être venu à l'improviste. »

« Oh, tu étais en rendez-vous ? Et tu reviens aussi tard ? » demanda Lavi, un léger sourire amusé sur ses lèvres. « Je me demande bien ce que vous avez pu faire. » dit-il sur un ton taquin.

« Arrêtes ton esprit pervers tout de suite. » ordonna Chome en lui faisant une petite frappe sur le front. « On est juste aller manger un morceau et fais un karaoké. » expliqua t-elle d'un ton las.

« Et ben, ça a pas l'air d'être la joie. » remarqua le rouquin.

« Ca fait des mois qu'on sort ensemble et il ne m'a même pas embrassé. » expliqua t-elle en s'allongeant sur son lit. « C'est trop bizarre. » finit-elle par dire dans un soupir.

Le batteur resta silencieux quelques secondes puis s'allongea aux côtés de son amie tout en regardant son visage.

« Tu veux que je le fasse à sa place ? » demanda t-il.

Chomesuke tourna vivement son visage vers celui de son ami, surprise mais soupira immédiatement en voyant le sourire amusé du rouquin.

« Idiot. » lâcha t-elle en se levant. « Concentres-toi plutôt sur la personne que tu aimes, moi, je m'occupe de la mienne. » répondit-elle en se dirigeant vers son armoire.

« Je sais… » murmura le rouquin. « Je voulais juste rigoler une dernière fois. » finit-il par dire. « Tu sais, si ton copain ne t'as pas encore embrassé, je pense qu'il a une bonne raison. » expliqua t-il en se relevant du lit pour aller vers son amie.

« Laquelle ? » demanda t-elle.

« Il t'aime réellement et il n'as pas envie de te blesser. » dit-il en souriant amicalement. « Il t'aime tellement qu'il en est devenu trop prévenant. » continua t-il. « Fais le premier pas pour lui faire comprendre que tu n'es pas fragile et tout ira bien. » finit-il par dire.

Chomesuke sourit légèrement avant de poser son front sur le torse de son ami, cachant ainsi son visage.

« Tu viens pour des conseils et au final, c'est toi qui m'en donne… désolée de ne pas t'être assez utile. » chuchota t-elle.

« Ce n'est pas vrai. » répliqua Lavi en mettant une main derrière la tête de la jeune femme. « Tu es la meilleure conseillère que je connaisse. »

« Merci. » finit-elle par dire en s'écartant de son ami pour lui offrir son plus beau sourire. « Reviens me voir quand tu en sauras plus ! » ajouta t-elle.

Le batteur des Rainbow lui rendit ce sourire sincère et lança un petit « ok » avant de partir de chez son amie, l'esprit un peu moins embrouillé et un nouvel objectif en tête : demander plus de conseils à une personne qui pourrait sûrement le comprendre mieux que quiconque – son meilleur ami.

Pendant ce temps-là, chez Kanda et Allen, les deux jeunes hommes étaient dans la salle insonorisée de l'appartement – celui où le compositeur créer la totalité de ses musiques et où il entreposait tous ses instruments différents : une dizaine de guitare étaient installé au mur – de la guitare seiche à la guitare électrice tout en passant par la basse ; un piano électrique était installé dans un coin de la pièce et quelques instruments et accessoires sans trop de valeurs étaient éparpillés sur des étagères. Sur un côté de la pièce se trouvait un petit bureau où Allen avait prit place pour écrire les paroles d'une nouvelle chanson dont Kanda était en train de créer la mélodie. Lorsqu'il était entré quelques minutes plus tôt pour prévenir son aîné qu'il allait se coucher, il avait entendu une partie de la nouvelle mélodie et avait immédiatement eut une idée pour les paroles : Kanda lui avait donc proposé de les écrire tout en l'écoutant créer la partition petit à petit – proposition que le blandinet accepta avec joie.

Mais alors qu'ils étaient tous les deux concentrés dans leur petit monde musical, une légère remarqua de la part du bassiste fit immédiatement sortir Allen de ce monde-là.

« A ce moment-là, la batterie commencera. » avait dit le compositeur sans faire attention à ses paroles.

En entendant le mot « batterie », le chanteur pensa immédiatement à Lavi et encore une fois, son esprit s'était retrouvé troublé – incapable de savoir comment formuler sa réponse à son aîné. Ce ne fut que quelques secondes plus tard que Kanda se rendit compte de la petite erreur qu'il avait commise – en voyant que le blandinet n'écrivait plus et que son regard s'était totalement figée.

« Pardon. Je n'avais pas pensé à la situation actuelle. » s'excusa l'aîné.

« Tu n'as pas à t'excuser. C'est moi qui y fais trop attention. » répondit le plus jeune en affichant un petit sourire qui démontrait sa gêne.

« Si tu y penses tant, tu devrais lui donner ta réponse le plus rapidement possible. » conseilla Kanda.

« C'est bien ce que je pensais mais… je ne sais pas comment formuler ma réponse… sans le blesser. » répondit le blandinet.

En entendant cette phrase, Kanda resta silencieux quelques secondes – les derniers mots d'Allen étaient révélateurs : s'il voulait lui répondre sans le blesser, tout ce qui attendait Lavi serait une réponse négative. Le compositeur réfléchit quelques secondes avant de reprendre la parole.

« Tu es sûr de ton choix ? » demanda t-il.

« Comment ça ? » s'interrogea Allen en se tournant vers son aîné, surpris.

« Il n'en a pas l'air comme ça mais, Lavi prendra vraiment soin de toi si tu le choisis. Il ne te laissera jamais souffrir et fera toujours attention à tous les petits détails qui t'entourent. Avec lui, tu pourras vivre tranquillement et dès que tu auras un soucis, il sera là pour t'épauler. » expliqua l'aîné.

Devant les mots du bassiste, Allen déglutit et sentit son cœur se serrer légèrement. Pour une raison qu'il ignorait encore, le simple fait d'entendre les encouragements de Kanda pour qu'il choisissent Lavi, lui faisait mal : il avait l'impression qu'à cet instant même, le bassiste voulait se débarrasser de lui, qu'il en avait marre de s'occuper de lui. Pourtant, même si ces sentiments envahissaient le cœur d'Allen, le baiser qu'il avait échanger avec Kanda lui restait en mémoire. Même s'il avait pensé que c'était une bonne idée de laisser passer ce petit accident et de ne plus en parler, à cet instant même, il regretta sa décision de la veille – ça aurait peut-être était une meilleure décision de demander ce que signifier ce baiser… mais maintenant, il était trop tard – il avait rater sa chance et il le savait bien.

Le chanteur baissa la tête quelques secondes puis, prit ses affaires et partit de la salle sans jeter un seul regard à son aîné et lui adressant une dernière phrase sur un ton plutôt énervé.

« Je sais ce que je fais, je n'ai pas besoin de tes conseils ! »

Une fois Allen partit de la pièce, Kanda lâcha un gros soupir et s'affala sur sa chaise. Il avait sortit ces mots sans même les penser et au final, il avait simplement réussi à énerver et blesser Allen. A cet instant même, le compositeur réalisa qu'il n'était pas simple de mettre ses propres sentiments de côté et d'encourager ceux de quelqu'un d'autre – c'était à la fois dur et douloureux… une douleur qui restait ancré en lui pendant de longues, de très et trop longues heures…

Le lendemain matin, alors que Kanda rentrait tranquillement dans sa salle de classe en compagnie de Link, il aperçut Lavi assis à sa table et complètement perdu dans ses pensées. Le bassiste et le pianiste se dirigèrent vers lui et s'assirent à ses côtés, permettant ainsi à leur camarade de revenir à la réalité.

« Oh ! Vous tombez à pic ! » s'exclama le rouquin.

« Comment ça ? » demanda le compositeur.

« J'avais un truc à te demander. » répondit Lavi. « Je peux venir t'en parler chez toi ce soir ? Comme on n'a pas répétition, je pensais venir après les cours. »

« Ce soir ? » répéta Kanda en réfléchissant. « J'ai des courses à faire donc, si tu viens un peu plus tard, aux alentours de 19 heures, ça ne devrait pas poser de problèmes. » expliqua t-il.

« Super ! » répondit joyeusement le rouquin. « T'es vraiment le seul sur qui je peux compter, merci ! » continua t-il.

« Mais oui, mais oui. » répondit Kanda ironiquement en esquissant un sourire d'amusement.

« Et moi, je sers de déco, c'est ça ? » demanda Link, légèrement mis à l'écart.

« Hum… » réfléchit le batteur.

« Et t'as besoin de réfléchir en plus ?! » s'exclama le blondin en lui donnant une petite tape derrière la tête.

Lavi rigola légèrement, engendrant des sourires sur les visages de ses deux amis jusqu'au moment où la cloche sonna et le professeur rentra dans la pièce, mettant ainsi fin à leur petite discussion matinale. Mais alors que Kanda et Link reprenaient correctement leur place, une pensée commune leur traverser l'esprit : ils allaient devoir en informer Allen le plus rapidement possible – il ne fallait pas que Lavi découvre qu'il vivait chez Kanda, c'était une affirmation plus que certaine pour eux deux.

Bien des heures plus tard, Allen était dans l'appartement en train de faire un sac avec quelques vêtements : Kanda et Link lui avaient appris que Lavi allait passer dans la soirée et ils avaient décidé que Allen irait dormir chez son ami d'enfance – mieux valait prendre quelques précautions et lui apprendre la vérité un autre jour et sans le surprendre de trop.

Mais alors que le chanteur était en train de finir son sac, la sonnette de l'entrée retentit. Allen regarda sa montre et remarquant qu'il n'était que 18 heures 30, il en déduisit qu'il s'agissait de Kanda qui avait les mains trop rempli pour sortir sa clé – après tout, ce n'était pas la première fois que ça arrivait. Le blandinet partit donc en direction de la porte d'entrée pour l'ouvrir avec nonchalance.

« Qu'es-ce que tu aurais fait si j'étais déjà par- » s'arrêta Allen en remarquant que la personne qui se trouvait en face de lui n'était pas la personne qu'il croyait.

« Allen ? » dit le rouquin, surpris par la présence de son ami.

Complètement figé, le chanteur resta muet une bonne minute, se demandant ce qu'il devait faire maintenant que ce qu'ils avaient essayé d'éviter… était arrivé. De son côté, le batteur restait muet pour une toute autre raison. Mais cette raison, il ne la garda pas secrète très longtemps, trop surpris pour éviter de laisser échapper ses pensées.

« Qu'es-ce que tu fais chez Yuu ? » demanda Lavi d'un ton plutôt méfiant et surprit.

« Je…J'habite ici… » répondit doucement Allen, hésitant.

« Tu…habites… » répéta le rouquin, surpris et complètement perdu. « Qu'es-ce que ça veut dire… ? Vous… »

« Je vais tout te dire alors entre à l'intérieur, ça sera mieux pour parler. » décida le blandinet en s'écartant de l'entrée pour permettre à son aîné de passer.

Lavi entra par automatisme dans l'appartement mais son esprit rester bloqué sur l'information suivante : Allen et Kanda vivaient ensemble.

Les deux adolescents allèrent s'installer dans le salon où Allen, voyant bien que Lavi était complètement perdu, décida de lui raconter tout ce qui s'était passé depuis leur rencontre… tout ce que le groupe avait caché à Lavi sans vraiment le faire exprès et sans mauvaises intentions.

« Tu te rappelles que j'avais des problèmes de famille, n'es-ce pas ? » demanda Allen. « Et bien, pour faire court, ma mère ne me considérait pas comme son fils et les seuls gestes qu'elle avait à mon égard… étaient des gestes de violence. Cela dure depuis que je suis enfant et c'est pour cela que Link et Lenalee sont au courant de cette histoire. » commença t-il. « Vers le début de mes années de collège, ma mère s'est trouvé un compagnon qui, tout comme elle, ne faisait que me dénigrer. Son seul but… était de me chasser de la maison… » continua t-il en jetant un coup d'œil à son aîné pour voir que celui-ci l'écoutait attentivement et sans sourciller. « Et… il a réussi. » ajouta le chanteur. « Il y a environ trois mois, ma mère m'avait mis à la porte et lorsque je suis rentrée quelques jours plus tard, elle avait accepté une demande en mariage de la part de ce type. Vu la situation, la seule solution qu'il me restait, c'était de partir de chez eux. »

« Et tu es venu chez Yuu de toi-même ? » demanda Lavi, les sourcils fronçaient par le sérieux qui l'habiter.

« Oui et non. » répondit le plus jeune. « En fait, lorsque ma mère m'a mis à la porte, Kanda a assisté à la scène, si je puis dire. Et donc, il a découvert mon secret à ce moment-là. Je lui ai donc tout raconté et il m'a proposé de venir cohabiter avec lui. » expliqua t-il. « Je n'étais pas très sûr de ce que j'allais faire alors je ne lui ai pas répondu tout de suite mais, après avoir appris que ma mère allait se marier et sachant très bien que je ne pouvais pas ennuyer Link en lui demandant de me loger, j'ai accepté la généreuse proposition de Kanda. » finit-il par dire.

« Ca fait donc environ trois mois que vous vivez ensemble et que je suis le seul à ne pas savoir tes problèmes… » fit remarquer le batteur. « Pourquoi… ne pas me l'avoir dis alors que tout le monde était au courant ? » demanda t-il devant un Allen légèrement surpris.

« Ce n'est pas une chose facile à dire… » répondit le cadet en baissant le regard. « Je ne l'aurai jamais dis à Kanda s'il n'avait pas été témoin de cette scène entre ma mère et moi… » expliqua t-il douloureusement.

« Pourtant, tu me l'as bien dis aujourd'hui. » répliqua l'aîné en tournant la tête vers son cadet pour le regarder.

« C'est-C'est parce que le plus dur est passé et que cette histoire fait maintenant partit de mon passé… d'un passé dont je ne veux pas me souvenir… » expliqua le blandinet en jouant nerveusement avec ses doigts.

« Ca… je veux bien te croire… » commença Lavi doucement. « Mais… cela signifie que tu ne me faisais pas assez confiance pour me le dire…tout comme le fait que tu vives sous le même toit que Kanda. » continua t-il.

« Mis à part Link et Kanda, personne n'est au courant que je vis avec Kanda – ce n'est pas une question de confiance ! » répliqua Allen en relevant la tête pour faire face à son aîné.

« Et Lenalee ? » demanda le rouquin.

Allen écarquilla les yeux à cette question, baissa la tête une nouvelle fois et se mordit la lèvre inférieure.

« Elle-Elle l'a appris ce week end… » chuchota t-il.

« Donc, j'étais encore le seul à ne pas le savoir… alors que tu es parfaitement au courant de mes sentiments. » en déduisit le batteur.

« Tu… Tu n'as pas le droit d'utiliser ça comme excuse. Je ne connais tes sentiments que depuis quelques jours. » répondit Allen sans regarder son ami.

« Je n'ai pas le droit ? » répéta Lavi d'un ton légèrement ironique. « Tu ne vas pas me faire croire que tu ne les as pas deviné avant quand même ? »

« Bien évidemment que je n'étais pas au courant de ce que tu ressentais pour moi avant que tu me le dises ! » répliqua Allen en relevant la tête, regardant son ami dans les yeux et en haussant le ton. « Je ne peux pas deviner les sentiments des autres, tu sais ! »

« Ne dis pas n'importe quoi ?! » cria le rouquin, visiblement irrité par les paroles de son cadet. « Quand tu étais bourré, tu me l'as bien fait comprendre ! Même si tu ne veux pas l'admettre, tu le savais depuis longtemps ! » continua t-il. « Et pourtant, même en sachant cela, tu m'as caché le fait que tu vivais avec Kanda… mon meilleur ami ! »

« Je ne vois pas en quoi ça devrait te déranger ! » répliqua Allen. « Ce n'est pas comme si j'entretenais une relation avec lui ! »

« Alors tu peux m'affirmer qu'il ne s'est jamais rien passé entre vous ?! » questionna l'aîné.

« Evide- » s'arrêta le blandinet en écarquillant les yeux, se remémorant le baiser du dimanche dernier.

Devant l'hésitation de son cadet, Lavi serra les dents, fronça les sourcils encore plus qu'ils ne l'étaient et serra les poings, frustré de voir que la personne dont il était amoureux ne répondait pas à cette simple question.

« Tu-Vous… tout en sachant ce que je ressentais… » commença à murmurer le rouquin.

« Je n'étais pas au courant ! » le coupa Allen, comprenant très bien que son aîné était assez intelligent pour deviner que s'il n'avait pas répondu, c'était parce qu'il s'était passé quelque chose entre eux.

« Mais Kanda l'était, lui !! » s'écria le batteur en relevant la tête rageusement et en permettant ainsi à Allen de voir des yeux rempli de colère et de frustration.

Ce regard surprit tellement Allen que celui-ci ne répondit pas à son ami et resta pétrifié pendant plusieurs secondes : c'était la première fois qu'il voyait un autre sentiment que la joie dans les yeux de son aîné et ça l'effrayait un peu. De plus, ce ne fut pas les évènements qui suivirent qui le rassurèrent d'avantage.

Toujours envahit par la colère, Lavi se leva de sa place pour se rapprocher d'Allen : il attrapa les poignets de son amis et les plaqua contre le dossier du canapé tout en regardant son cadet dans les yeux, surprenant celui-ci qui encore surpris par le regard de Lavi, n'avait pas eut le temps de réagir.

« La-Lavi ? » fit Allen en essayant de se dégager de l'emprise de son aîné. « Qu'es-ce qu'il y a ? » continua t-il. « Lâches-moi. »

« Je ne veux pas. » répondit le batteur sur un ton sérieux « Je ne te lâcherais pas. » continua t-il en montrant une détermination et un désir à travers son regard émeraude.

« Att- » commença Allen en se crispant légèrement lorsqu'il sentit que la tension sur ses poignets se faisait plus forte.

« Maintenant, je n'attends plus. » murmura le rouquin en rapprochant son visage de celui de son cadet.

Et alors que le chanteur s'apprêtait à dire autre chose, ses lèvres furent scellées par celles de son aîné. Allen écarquilla les yeux et tenta de se dégager rapidement mais lorsqu'il sépara leurs lèvres, le rouquin, envahit par la colère et le désir, réunit les deux poignets dans une seule de ses mains et de sa main libre, prit le visage d'Allen et le ramena en face de lui, le forçant ainsi à l'embrasser. Le plus jeune fronça les sourcils et tenta de faire relâcher la prise de Lavi sur ses poignets une fois de plus mais, comprenant très bien l'intention de son cadet, le batteur détacha rapidement sa cravate et attacha les poignets de sa proie ensemble, lui permettant ainsi d'utiliser ses deux mains pour partir à l'exploration du corps de son cadet. Le rouquin déboutonna rapidement la chemise d'Allen, permettant à celui-ci de tourner la tête pour cesser d'embrasser son aîné et d'émettre quelques objections.

« Lavi !! » cria Allen, tentant de faire reprendre conscience à son aîné. « Arrêtes ça ! » continua t-il alors que sa chemise était maintenant ouverte, permettant à Lavi d'utiliser ses lèvres sur une autre partie du corps de l'objet de son désir.

L'aîné déposa ses lèvres sur l'un des tétons d'Allen et commença à jouer avec en sortant sa langue de temps à autre.

« Lavi ! » répéta Allen en serrant les dents, fronçant les sourcils et se retenant de faire apparaître quelques larmes. « A-Arrêtes ! » continua t-il.

Cependant, le rouquin n'était pas enclin à écouter son ami et tout en continuant à s'amuser avec l'anatomie de ce dernier, il entreprit de détacher le pantalon d'Allen. A peine eût-il défait le bouton du vêtement et de descendre la fermeture qu'il faufila une main dans le caleçon du blandinet, faisant lâcher un gémissement de surprise de la part de celui-ci.

« La-Lavi… » tenta une nouvelle fois Allen, des larmes aux coins des yeux. « S'il te plaît, arrêtes… » demanda t-il, complètement effrayé et prêt à pleurer.

Cette fois-ci, le rouquin releva la tête pour voir le visage de son cadet : lorsqu'il vit le visage de son ami légèrement rouge et les yeux remplis de peur et de tristesse, il caressa doucement la joue de celui-ci de sa main libre et, tout en le regardant dans les yeux, prononça les mots qui annonçaient le début de l'irréparable.

« Ne t'inquiètes pas, je ne te ferais pas de mal. »

Allen écarquilla les yeux en entendant cette phrase sortir de la bouche de son ami : il était sérieux ! A ce moment-là, le cadet ne pu retenir ses larmes plus longtemps et lorsqu'il sentit la main de Lavi sur son entrejambe, il ramena ses bras sur son visage et fondit en larmes, réalisant qu'ils avaient dépassé le point de non-retour. Cependant, dans un dernier espoir, le chanteur cria une nouvelle fois son objection… une dernière fois…

« ARRÊTES !!! » hurla t-il, le visage caché par ses bras mais totalement ravagé par les larmes, la peur et le désespoir.

Dans les secondes qui suivirent le cri, la porte d'entrée s'ouvrit dans un claquement bruyant qui stoppa Lavi à cause de la surprise. Celui se tourna vers l'entrée du salon, surpris par le bruit et Kanda arriva rapidement dans son champ de vision. Le compositeur écarquilla les yeux de terreur devant la scène qui se trouvait en face de lui et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, il accourut vers ses amis, prit Lavi par le col de sa chemise et le projeta quelques mètres plus loin, l'écartant ainsi du cadet.

« CA VA PAS LA TÊTÊ !? » s'écria t-il en regardant le rouquin au sol qui se frotter la tête à cause du choc qu'il venait de recevoir.

« Ah. » lâcha Lavi ironiquement. « Le prince charmant est arrivé à temps. » continua t-il en relevant la tête pour ancré son regard plein de haine et de reproche dans celui de Kanda.

« Qu'es-ce que tu racontes ?! » répliqua Kanda. « Qu'es-ce qui t'a pris ?! »

« TU OSES ME DEMANDER CA ?! » hurla le batteur, laissant exploser toute sa rage. « TU ETAIS AU COURANT DE MES SENTIMENTS POUR ALLEN ET POURTANT, TU L'AS HEBERGE SANS ME LE DIRE ET TU AS MÊME OSE LE TOUCHER !!! » explosa t-il.

« ARRÊTES DE DIRE DES CONNERIES ?! MÊME SI CA S'AVERE VRAI, CA N'EXPLIQUE PAS UN TEL ACTE !! » répliqua Kanda, le regard remplit de colère.

« NE JOUE PAS AU SAINT AVEC MOI ! TU N'ES QU'UN SALE TRAITRE !! S'IL Y A BIEN UNE PERSONNE QUI EST RESPONSABLE DE CE QUI S'EST PASSE, C'EST TOI !! » hurla Lavi.

En entendant cette phrase, Kanda fronçant les sourcils encore plus et serra les dents avant d'offrir un regard plein de pitié à son ami.

« Tu n'es vraiment qu'un idiot. » finit-il par dire sur un ton ferme et froid. « Sors d'ici. » ordonna t-il.

« Tu crois sérieusement que je vais partir d'ici comme ça ? » demanda le rouquin, toujours envahit par la colère.

« ON EN REPARLERA QUAND TU AURAS REPRIS TES ESPRITS ALORS, SORS D'ICI !! » s'écria Kanda en regardant son ami avec tant de haine que même celui-ci en fut surpris.

Lavi déglutit légèrement puis pesta avant de se lever et de partir en direction de la sortie. Kanda n'attendit même pas de le voir sortit de la pièce pour se retourner vers Allen pour lui détacher les poignets et le rhabiller rapidement. Au pas de la porte, Lavi risqua un dernier regard vers le chanteur : En voyant son visage en larmes, son corps tremblant à cause de la peur qui ne l'avait pas encore quitté et son regard apeuré, le batteur partit en courant de l'appartement, réalisant enfin qu'il avait fait la plus grosse connerie de sa vie et que rien n'y personne ne pourrait lui pardonner d'avoir commis un tel acte… en commençant par lui.

Du côté d'Allen et Kanda, ce dernier venait de rhabiller le cadet complètement mais voyant bien que celui-ci était toujours pris de spasme engendrés par la peur et les pleurs du blandinet, il tenta de le calmer en le prenant avec prudence et délicatesse dans ses bras. Dans un premier temps, encore un peu sous le choc, Allen le repoussa vivement mais, lors d'une énième tentative pour le calmer, Kanda commença à lui parler doucement et d'un ton rassurant – action qui permit au chanteur de se relaxer légèrement et de s'endormir de fatigue dans les bras de Kanda, complètement épuisé à cause de l'épreuve qu'il venait de traversé.

La colère engendre souvent des réactions excessives mais qui dévoilent les véritables pensées de celui qui est atteint par ce péché. Ces réactions donnent naissances à différents résultats :

les premiers sont les résultats bénéfiques – des révélations qui aident à éclaircir une situation difficile et qui permettent aux concernés d'avancer.

Les seconds sont les résultats qui n'apportent que tristesse aux concernés – des révélations et des actes irréversibles qui n'entraînent que le vide et le cassement d'un lien important…

Quelques soient le résultat, il y aura des changements : bénéfiques ou non, seul la personne touché par ce sentiment peut le choisir… si elle a assez de sang froid pour se contrôler un minimum…


(en larme) J'y suis arrivé ! J'ai réussi à faire ce put**n de chapitre ! Ma joie ne peut pas être plus intense qu'à ce moment-là ! lol

Bon, redevenons un peu sérieux. ^^ Je suis vraiment soulagé que ce chapitre soit enfin en ligne. Ca aura été long mais je suis plutôt contente du résultat. J'espère que ça vous plaira autant qu'à moi. Et j'espère aussi que je ne me suis pas fais trop d'ennemis - mais n'oublier pas une chose : je suis aussi une grande fan du Laven et pourtant, j'ai sacrifié ça pour écrire cette scène : quand même, si c'est pas un cadeau pour tous les lecteurs S, je sais pas ce que c'est.^^

Prochain Chapitre : Rainbow en Stand by