Chapitre 20
Jour 16 et 17, nuit
Sherlock et John coururent vers le lieu des tirs. La nuit était complètement tombée, et le calme était insupportable après les détonations.
Lorsqu'ils arrivèrent, une vision d'horreur les envahit.
Quelqu'un avait été touché.
- Sherlock, appelle les secours ! cria John en se précipitant vers le corps.
Sauf que Sherlock ne fit rien il resta planté au milieu de la rue, fixant une ombre. John suivit son regard et vit Mycroft, une arme à ses côtés, un portable dans une main. L'aîné Holmes était à genou, penché sur une jeune femme. Il lui souffla quelques mots et elle le remercia d'un hochement de la tête. Puis son regard se posa sur le docteur.
- John, je vous serais redevable de vérifier si j'ai bien prodigué les soins nécessaires à DS Donovan, lui demanda Mycroft.
John s'en voulut de ne pas avoir reconnu la B Alpha plus tôt. Il demeura silencieux et procéda à un état des dégâts rapide. Donovan avait été blessée au ventre par un des coups de feu.
Mycroft tentait de limiter l'hémorragie à l'aide de sa veste et avait laissé tomber son portable sur le côté. Les mains jointes, il appuyait de toutes ses forces sur la plaie. Le médecin se revit tout à coup en Afghanistan et se dépêcha de faire un examen entier. Pas de concussion le sergent était encore conscient et lucide, mais plus pour longtemps.
- J'ai déjà appelé les secours, ils ne vont pas tarder, lui souffla Mycroft.
A peine ces mots furent prononcés qu'ils entendirent le bruit d'une sirène, puis d'autres encore, qui se dirigeaient vers eux. DI Lestrade arriva en courant, suivit d'Anthea et d'une équipe d'urgentistes. Ces derniers se précipitèrent vers le sergent qui fut transportée rapidement sur un brancard.
John leur expliqua rapidement les soins déjà prodigués, avant de se tourner vers Sherlock qui parlait avec Mycroft. Gregory Lestrade les rejoignit peu après avoir dit quelques mots à Donovan avant que celle-ci ne soit transportée à l'hôpital.
- Le tireur est votre complice. Il a tiré un coup atteignant DS Donovan qui se trouvait malheureusement sur les lieux. La raison est évidente, elle a flairé la scène de crime qui se déroulait. Elle s'est approchée, il l'a remarquée puis a tiré. Je n'étais pas loin et j'ai accouru dès la première détonation. J'ai juste eu le temps de riposter avant d'assister le sergent, résuma Mycroft.
- Et comment se fait-il que vous soyez sur le lieux du crime ? demanda Lestrade tout en prenant des notes sur un calepin.
- Anthea m'a prévenu d'un éventuel meurtre à venir dans cette zone. Hypothèse qui s'est révélée juste grâce au contact de Sherlock, répondit Mycroft avant de se tourner vers son frère.
Gregory Lestrade regarda successivement les deux frères avant de soupirer. Il était temps, pensa John.
- Ecoute Sherlock... Si tu n'avais pas prévenu Anthea de cette information, nous aurions sans doute actuellement deux, voire trois nouvelles victimes sur les bras. En tout cas... Merci et désolé, bredouilla l'inspecteur se grattant l'arrière du crâne.
Fidèle à sa réputation, il était allé droit au but et n'avait pas cherché à contourner le sujet plus longtemps.
- Excuses acceptées, souffla Sherlock.
Les deux A Alphas se regardèrent et Sherlock rompit l'inconfortable atmosphère en souriant timidement. Sourire rendu par Lestrade avant de lui donner une frappe amicale sur le dos.
John sourit à la vue de ces deux hommes qui étaient devenus amis et formaient une merveilleuse équipe. A condition bien sûr qu'ils mettent leur fierté animale de côté !
*xXx*
Jour 17
A Saint Bart, Gregory Lestrade attendait anxieusement des nouvelles de son sergent, blessée au ventre par une balle. Elle n'avait jamais été touchée aussi fortement et il s'en voulait terriblement. Tout cela n'aurait pas eu lieu s'il s'était résigné à écouter les conseils de Sherlock. S'il l'avait fait, il aurait été allé à la place de Sally, aurait pu attraper l'homme, ou au moins, recevoir la balle à sa place. Il secoua la tête, passa sa main dans sa chevelure argentée une énième fois et soupira.
Un gobelet apparut dans son champ de vision. Il redressa la tête et vit Mycroft s'installer à ses côtés, lui tendant un verre de thé. Il l'accepta volontiers.
- Je suis désolé de n'avoir pas pu intervenir plus tôt. Le sergent Donovan est un de vos meilleurs éléments, quoi que Sherlock puisse en penser, lui dit Mycroft.
- Il n'y a pas de quoi. Sans vous elle ne serait pas là, vivante, répondit Lestrade après avoir bu une gorgée.
- J'ai donné les informations à Anthea et elle devrait avoir des pistes rapidement. L'homme sur lequel j'ai tiré ne pourra pas s'en remettre sans aller voir un chirurgien. Il a été touché à la jambe gauche ce qui entrave lourdement ses capacités motrices. Comme nous avons une surveillance sur toutes les cliniques légales et illégales de la région, nous devrions avoir de plus amples informations sur ce fameux complice très prochainement.
Lestrade regarda l'aîné Holmes. Soudain, la porte s'ouvrit et le médecin sortit de la chambre de Donovan.
- Elle s'est réveillée incroyablement rapidement. Elle souhaite parler à M. Mycroft Holmes, leur annonça le médecin en charge.
- Si vous voulez bien m'excuser, prononça l'homme concerné à Greg.
La jeune B Alpha était allongée sur le lit d'hôpital. La couverture blanche et la taille du lit lui donnaient l'air plus frêle encore. Mycroft s'approcha de la femme et s'installa à son chevet, prêt à l'écouter.
- Je vous remercie encore, lui souffla-t-elle tentant de garder ses paupières ouvertes. Je vous dois ma vie. Merci.
- Il n'y a pas de quoi, j'étais là tout simplement. Contentez-vous de vous estimer chanceuse et de vous reposer.
- J'ai maintenant une dette envers un Holmes ! plaisanta Donovan avant de se replonger dans les bras de Morphée.
Mycroft resta un peu à l'étudier avant de quitter la chambre. Il invoqua Anthea et lui dicta les procédures à suivre par la suite.
On commence enfin à voir le bout du tunnel, songea le politicien avant de quitter l'hôpital.
*xXx*
Jour 18
Dans le QG improvisé à New Scotland Yard, Gregory Lestrade s'impatientait. Ils n'avaient toujours pas eu de nouvelles ni d'Anthea, ni de Mycroft Holmes qui était revenu sur le devant de la scène. S'ajoutait à cela une panique générale dans les milieux de la prostitution de luxe et la nécessité de protéger les trois personnes qui auraient dû mourir la veille.
Seul avec Dimmock, il ne pouvait qu'attendre les nouvelles des frères Holmes. Sherlock était parti aussitôt Donovan dans l'ambulance et John l'avait rejoint après s'être assuré que le sergent était sain et sauf. Gregory se leva de son siège et commença à zapper les informations sur l'écran plasma.
La dernière innovation technologique avait atterri dans leur salle de réunion : ils pouvaient accéder à toutes les informations sur les différents ordinateurs connectés, faire des vidéos-conférences, aller sur Internet, traquer un suspect sur GPS, et même faire des dessins sur l'écran à distance avec des gants spéciaux !
Outre l'équipement digne d'un film James Bond, on leur avait fourni une équipe d'hommes qualifiés pour espionnage, protection rapprochée des témoins... Enfin, Sherlock leur avait apporté son réseau de sans-abris et Lestrade ne se priva pas de remarquer que jusqu'alors, avec l'écran plasma, c'était la seule chose de vraiment utile qu'ils avaient eu en leur possession.
Vers quinze heures, l'inspecteur reçu un SMS du détective consultant. Au même moment, un lieutenant courut vers lui.
- Detective Inspector, on m'a chargé de vous prévenir que le complice a été localisé et qu'il va arriver dans dix minutes dans nos locaux, dit-il, ravi.
Le message de Sherlock donnait exactement la même information.
Enfin une excellente nouvelle !
A peine eut-il replacé son téléphone dans la poche que la porte s'ouvrit à nouveau sur Sherlock Holmes et John Watson. Ces derniers étaient visiblement très fiers de la nouvelle.
- Au boulot Lestrade, nous devons interroger cet homme sur Jim et ses pions ! cria Sherlock, le tirant par le bras vers la porte.
Il le dirigea ainsi jusqu'à la salle d'interrogation. Arrivé, il trépigna, sautilla et même sauta littéralement sur place !
Dix minutes pile après l'annonce de la nouvelle, Lestrade, Sherlock et John virent arriver deux officiers escorter un homme correspondant à la description du complice. Anthea les suivait, la tête enfouie dans son Blackberry. L'instant de vérité était proche.
John s'installa au fond de la salle d'interrogation avec Anthea. Dimmock avait jugé préférable de se mettre dans la salle témoin afin de les informer d'éventuelles interruptions. Sherlock et Lestrade allaient conduire l'interrogatoire et l'Oméga trembla à la vision de deux A Alphas affrontant le suspect.
On fit entrer le suspect dans la salle. Il fut aussitôt invité à s'asseoir par Greg qui s'installa de l'autre côté de la table. Sherlock resta debout. John n'eut aucun mal à distinguer les rôles : Sherlock jouerait le méchant flic tandis que Lestrade tempérerait la situation. Anthea ferait un excellent scribe et John servirait à... à observer tout simplement et à prodiguer les premiers soins si la situation l'exigeait.
- Anthony Freeman, vous êtes ici parce que vous avez assisté aux meurtres de seize personnes, à la tentative de meurtre de trois personnes et tiré sur un membre des forces de l'ordre. Ajoutons à cela l'assistance à la fuite de deux des suspects. Je pense que cela suffira pour vous faire écrouer au moins deux cent ans, commença DI Lestrade.
Il étala les photos des victimes sur la table.
L'accusé se tut.
- Bon, procédons ainsi. Nous voulons connaître les noms de vos complices ainsi que la situation géographique de votre chef, à savoir Jim Moriarty, continua Lestrade.
L'accusé ne se prononça toujours aucun mot. Il croisa les bras et toisa l'inspecteur du regard.
- Les victimes étaient jeunes, avaient la vie devant eux et ne faisaient rien de mal à part gagner leur pain. Ce que nous faisons tout, n'est-ce pas ? dit Lestrade tout en gardant son air détaché.
Il plaqua ses mains devant lui, présentant ses paumes en signe de confiance.
Ce dernier geste déconcerta l'accusé. Mais il resta silencieux.
- Je sais qu'il n'est pas facile pour un bêta de se mettre en avant dans une société qui, malgré les dernières lois sur l'égalité des dynamiques, continue à favoriser les B Alphas. Mais il est encore plus difficile pour un Alpha, qu'il soit de classe A ou B, de se frayer une place dans la position qu'il souhaite réellement avoir, et non pas celle qu'il est censé avoir. Vous, bêtas, avez cette possibilité...
- Non, vous ne comprenez pas. Vous vous lamentez sur votre sort alors que vous avez tout ce qu'il est possible de désirer. Physique, longévité, intelligence, respect. Vous, les Alphas, ne nous comprenez pas. Nous avons également notre fierté. Mais ces C Bêtas... ils constituent une nuisance à l'ordre qui devrait être établi. Une honte !
Lestrade avait enfin réussi à faire parler le bêta. Un fanatique, cette affaire prend également des caractéristiques idéologiques, déduisit John.
- Dans ce cas, pourquoi ne pas s'en prendre aux prostitués Omégas et aux Alphas qui les consomment ? provoqua Lestrade avec un haussement d'épaules.
- Vous ne comprenez pas. Nous n'avons rien à faire des Omégas et des Alphas. Ils ne comptent pas par nous, insista Anthony.
Ses yeux étaient vides d'expression.
- Et que penser de votre associée B Alpha ? N'est-elle pas également une nuisance à vos yeux ? demanda Lestrade, continuant dans la provocation.
- Elle est une repentie. Elle a appris ses fautes et son pêché. C'est pour se racheter qu'elle agit de cette façon. Elle n'est pas une des nôtres, attesta le complice d'une voix monotone.
Je n'ai jamais vu quelqu'un dont le cerveau a été lavé de cette manière, pas même chez les terroristes pro-islamistes ! pensa John.
- Si elle n'est pas une des vôtres, rien ne vous empêche de nous donner son nom.
- Rien ne m'empêche d'agir pour le bien de notre organisation, répliqua aussitôt Anthony Freeman.
- Pour quelqu'un dont le nom signifie homme libre, vous êtes très dépendant de cette fameuse organisation, n'est-ce pas ? continua Lestrade.
Il se rapprocha de son interlocuteur et lui sourit. Un sourire très prédateur.
- Vous faites erreur. J'ai participé à la construction de l'organisation et cette femme constitue un élément essentiel. Elle nous sert de relayeuse d'information avec le monde des dynamiques déviantes ! dit le bêta d'un ton déterminé.
Lestrade demeura immobile et son sourire s'agrandit. Ses yeux prirent une expression machiavélique. L'inspecteur n'était, en fait, pas le moins du monde le gentil flic.
- Je suis sûr que vous arriverez à remettre dans le droit chemin un autre membre des dynamiques déviantes, n'est-ce pas ?
L'accusé hocha la tête en signe d'acquiescement.
- Je suis intéressé par cette organisation. Voyez-vous, je suis moi-même en conflit avec mes instincts. Les autres personnes ici présentes ont également le même doute, voilà pourquoi elles ont tenu à venir vous rencontrer. Je sais que mon devoir est de vous remettre au gouvernement et de rendre justice aux familles des victimes. Mais, entre nous, nous avons insisté pour participer à cette enquête afin de connaître davantage vos motivations. Voyez, la caméra ne fonctionne plus depuis une bonne dizaine de minutes. Ce qui se passe ici ne se saura pas, énonça Lestrade.
- Je ne vois pas pourquoi je devrais vous croire.
- Ma mère était une Bêta femelle. Elle avait été abandonnée par mon père dès que ce dernier a flairé un Oméga en chaleur. Vingt ans de mariage partis comme cela. Je n'avais que quinze ans et ne m'étais pas encore révélé. J'aurais voulu être un bêta, mais la nature en a voulu autrement. Depuis, je vis comme un bêta, allant jusqu'à en épouser une.
- Mais vous êtes divorcé, la trace de l'alliance le montre.
- Bonne observation. Elle m'a quittée parce que je n'agissais pas comme un Alpha le devrait. Mais j'ai refusé ses avances pour mes convictions.
Il est excellent comédien. John continua d'observer l'inspecteur qui prenait ses aises devant le complice. Les gestes, son regard, ses acquiescements sur la suite du discours de Freeman... Tout portait à croire qu'il était un pro-bêta convaincu et qu'il attendait l'occasion rêvée pour se repentir sur sa nature Alpha. John frissonna.
- Et j'imagine que vous voulez avoir le nom de mon associée pour en discuter avec elle, non ? s'enquit l'accusé, convaincu de la motivation de Lestrade.
Après une heure de discussion, l'inspecteur avait réussi à persuader le complice de son inclination pour la cause Bêta. Il avait même enjoint Sherlock et John à la discussion. Ces derniers participèrent de bon cœur, tantôt s'écriant sur l'injustice faite durant des millénaires aux Bêtas, tantôt se lamentant sur leur malchance.
Anthea pleura à chaudes larmes. Sherlock ajouta qu'il admirait et enviait son frère, arrivé à un poste à responsabilité tout en étant B Bêta, la normalité incarnée. Il invoqua sa neutralité, son détachement par rapport aux choses du corps : ce dont les Omégas et Alphas étaient prisonniers.
- Elle s'appelle Kate McGiwan et vit à Soho. C'est une artiste peintre.
- Merci, nous vous devrons cela.
Lestrade se leva et alla prendre Anthony dans les bras. A cet instant, deux policiers en uniforme entrèrent et procédèrent à l'arrestation officielle du complice.
- Ce n'est que la procédure. Je n'ai pas le choix, mais je promets de faire ce que je peux pour vous sortir de là, lui souffla Lestrade avant de faire signe aux policiers de l'emmener.
- Bravo Greg, bien joué ! s'écria Paul Dimmock en lui tapotant l'épaule.
Lestrade ne dit rien et s'affala dans un des fauteuils de leur QG. L'interrogatoire l'avait éreinté.
Sherlock, John et Anthea évitaient soigneusement de l'approcher. Sans doute pour lui laisser le temps de se remettre les idées en place.
C'était la première fois qu'il entrait ainsi dans un personnage.
Il se savait bon acteur il était été dans la troupe de théâtre de son collège, de son lycée, puis avait un peu continué à l'université. Son aptitude à rentrer dans des personnages improvisés avait tapé dans l'œil de ses supérieurs lorsqu'il avait rejoint les forces de l'ordre. Rapidement, il avait eu droit à des enquêtes sous couvertures.
Il avait été gangster, musicien, homme d'affaire, cuisinier, et même escort ! C'était la première fois qu'il improvisait en présence d'un suspect, la première fois qu'il impliquait autant ses amis, la première fois qu'il entrait autant dans la peau d'un personnage. Il pouvait encore ressentir l'adrénaline de l'échange, la subtilité avec laquelle il avait joué sur les mots, comment il avait incité discrètement les autres membres de l'équipe à l'épauler. Il ne savait pas d'où cette énergie lui était venue.
Tout devint froid. Il frissonna.
- Tiens, entendit-il dire John.
Il sentit une couverture sur ses épaules et une tasse de café lui être tendue. Il releva la tête et vit John, Sherlock ainsi qu'Anthea à ses côtés. Ces derniers lui souriaient.
Il leur rendit un sourire maladroit.
*xXx*
Ils n'eurent pas de difficulté à trouver Kate McGiwan avec les informations obtenues. Cette dernière ne fut pas non plus surprise de les voir arriver. Elle se présenta à Dimmock qui lui mit les menottes. Aucun mot ne fut prononcé durant le trajet vers la salle d'interrogatoire. Cette fois-ci, c'était Dimmock qui s'en chargerait. Lestrade s'était endormi peu avant d'épuisement.
- Detective Inspector Paul Dimmock. Vous êtes ici pour les meurtres et la complicité des meurtres de seize victimes et tentative de meurtre sur deux victimes. Qu'avez-vous à dire pour votre défense ?
- Rien, j'accepte les accusations. Et je veux un avocat.
- Vous n'en aurez pas.
- Pardon ?
- Vous n'en aurez pas. Voici la motion qui le prouve. Maintenant, j'ai une série de questions à vous poser. Qu'est-ce qui vous a poussé à agir ainsi ?
- Je me suis repentie.
- Ça, nous le savons, et quoi d'autre ?
- Parce que j'avais voulu me rendre utile à l'organisation. Si je me comporte bien, je serais promue à un poste important. J'ai envie d'avoir leur confiance. Je suis un membre dédié et acquis au projet.
Regard vide, dénué de vie. La jeune femme n'était plus que l'ombre d'elle-même, toute conscience aspirée par un lavage de cerveau qui avait déjà fait trop de dégâts.
- Et qui sont ces personnes dont vous désirez la confiance ?
- Anthony. C'est lui qui m'a tout appris. Ainsi que notre chef.
- Qui est-il ?
- Je ne sais pas. Il me communiquait tout à travers Anthony. C'était lui mon relais. Puis je servais d'intermédiaire pour les deux autres membres de l'équipe. A quatre, nous étions chargés de cette mission dont le but était d'alerter les politiciens du G8 sur nos intentions.
- Qui sont les deux autres membres ?
- Mark Philips et Jack Hammer. Ils ne sont que des pions en formation. Vous ne saurez rien d'eux.
- Et pourquoi me dites-vous cela ?
- Parce que j'ai échoué et qu'on m'avait ordonné de le faire dans le cas où je serais capturée.
- Que pouvez-vous nous dire sur l'organisation ?
- Rien.
Ce furent ses dernières paroles. Dimmock ne réussit pas à lui soustraire d'autres informations. Ce dernier resta planté dans la salle après l'épisode, déstabilisé par tant de froideur et de... vide.
