Chapitre 21.
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*Sevy4eveR*
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Tous les regards, y compris le tien, se braquent tout de go sur le plateau ensorcelé où, en plus de ta corneille, vient d'apparaître un pion ayant pris l'apparence d'un chien.
Aucun de vous n'a le temps de commenter cette nouvelle apparition que dans le silence pesant, un glapissement étranglé suivit d'un 'BAM' retentissant se font entendre. Tu te retournes pour voir ce qui a causé tout ce raffut et ton regard tombe sur un Ron étendu sans grâce aux pieds d'une Hermione plus que passablement agacée.
- C'est pas vrai ?! Pouffe Drago en te jetant un regard visiblement amusé. Le brave petit Gryffondor s'est évanoui. Et vous qui parliez de courage ...
- Oh ! Ça va, la fouine... On verra ta réaction quand ce sera ton tour, commente Hermione en lui jetant un regard meurtrier et faisant déjà un pas dans sa direction, enjambant de ce fait le corps inerte de Ron, montrant ainsi qu'elle est prête à en découdre.
- Toi la sang-de –
- Suffit ! Siffle le professeur Snape avant que qui que ce soit n'ai le temps de réagir.
A cet instant, tu ne peux t'empêcher de ressentir une bouffée d'admiration et de désir face à l'autorité sans appel que dégage le sorcier et prie toutes les divinités que tu connais pour que vous sortiez vivants et surtout indemnes de cette terrible situation afin de pouvoir, pour un bon moment encore, te repaître de cette voix qui te fait tant d'effet.
- Granger, réveillez-moi... ça, ordonne le professeur en jetant un regard méprisant au tas informe qui gît et gémit affalé sur le sol.
Ne se le faisant pas dire deux fois, Hermione lance donc un salvateur Enervatum sur Ron, qui, peu à peu, reprend des couleurs... pour les perdre aussitôt, en réalisant que, non, toute cette histoire n'est pas qu'un mauvais rêve mais se passe bel et bien, ici et maintenant.
Aidé d'Hermione et Harry, le rouquin, la mine défaite et sous le regard impatient des autres, se redresse tant bien que mal.
- Qu... Qu'est-ce que je dois faire, maintenant ?
- J'ai bien peur qu'il ne vous faille lancer les dés mon jeune ami, lui indique Dumbledore par-dessus ses lunettes en demi-lune.
- Et bien ! Qu'attendez-vous ! s'impatiente déjà Ombrage tout en se retournant pour continuer ses multiples mais infructueux essais pour ouvrir cette satanée porte qui me résiste honteusement.
Prenant son courage à deux mains, il attrape les dés et les lance en fermant les yeux tout en repartant de plus belle dans une salve de jérémiades incompréhensibles assaisonnée d'une grimace dont lui seul - merci Merlin!- a le secret.
Comme pour le tour précédent, le pion de Ron, suivi de ta corneille, avance d'autant de cases qu'en a décidé le hasard. A peine se sont-ils arrêtés que la silhouette de Voldemort se redresse et pointe d'un long doigt blanchâtre : Harry Potter.
- Je pense que nous savons à présent qui sont les suivants, n'est-ce-pas Potter ? lance ton sarcastique Professeur de Potions. Nous allons enfin voir ce qu'il en est de ce légendaire courage des Gryffondor.
- Severus, je vous en prie... ce n'est ni le lieu ni le moment de se lancer dans de tels enfantillages, le réprimande Dumbledore. Face à l'adversité, nous nous devons d'être unis et solidaires. Et laissez donc vos griefs passés de côté !
Harry, fort du soutien de Dumbledore, ne peut s'empêcher de lancer un regard provocateur dans la direction du Maître des Potions, ce qui, évidemment, a le don de relancer la machine à sarcasmes qu'est le sorcier.
Mais celui-ci a à peine le temps d'ouvrir la bouche pour riposter qu'un bref coup d'œil exaspéré et un raclement de gorge du vieux Directeur suffisent amplement à le faire taire. Tu le connais suffisamment bien pour savoir, rien qu'en regardant la veine qui palpite sur sa tempe, qu'il est loin d'être calmé, la colère que tu devines en train de bouillonner en lui n'est apaisée qu'en apparence.
Tu te dis qu'il est grand temps pour Severus d'oublier un peu le passé et de commencer à vivre et à profiter du présent. Tu te fais d'ailleurs la promesse que si vous sortez de ce merdier en vie, tu t'appliqueras à faire en sorte que ce soit le cas le plus souvent possible et de toutes les façons possibles. Avant d'aller plus loin dans ces pensées, qui, il faut bien l'avouer, s'égarent un tantinet, tu t'obliges à reporter ton attention sur ce qu'il se passe autour du plateau de jeu.
Cette fois, aucune voix à glacer le sang ne sort de la bouche du terrible Maître du Jeu. Au lieu de cela, celui-ci se dissipe peu à peu et la fumée grisâtre qui formait un corps il y a encore quelques secondes se met à danser et onduler, formant petit à petit une lettre, suivie d'une autre puis encore une autre pour au final devenir une suite de mots fantomatiques flottants au-dessus du plateau de jeu et formant la fameuse énigme tant redoutée.
Tu es la première à réagir et pour te donner du courage, d'une voix ferme et déterminée, tu entames, tout haut, l'énoncé de l'épreuve :
Trois sont assis dans un lieu clos,
Dans ce lieu, un trône dans un coin sombre repose,
Une table dressée pour une armée de morts vous contemplez,
Une bougie seul signe de vie présente en ses lieux maudits,
Et un poignard seul te délivrera.
Kes ki fon seul dans cette pièce ?
- Mais qu'est-ce que c'est...
-... que ce charabia, termine Ron alors que vous apparaissez subitement dans une pièce à peine éclairée et hermétiquement close.
Tu en fais le tour et t'aperçois rapidement que la seule issue est une énorme porte en chêne massif qui, naturellement, est fermée à clé.
Quelques Alohomora et coups d'épaules plus tard lancés sur la porte qui n'a décidément aucune envie de s'ouvrir, vous vous rendez à l'évidence... vous êtes tous les trois enfermés et isolés. Trois sont assis dans un lieu clos.
- Oh, mais merde, se lamente Ron, qu'est-ce que c'est que cet endroit ! On n'arrivera jamais à sortir, cette porte est mieux fermée que la bourse de ma tante Muriel, et il se jette pour la quatrième fois, tête la première, contre celle-ci.
- Mais arrête, espèce d'idiot, il suffit de réfléchir, lui lances-tu en le tirant vers le halo de lumière ténue qu'émet la petite bougie déposée sur la table. C'est ce que ferait Severus, réfléchir avant d'agir, penses-tu pour toi-même en lâchant le col de la robe de Ron.
- L'énoncé parlait d'un poignard, non ? Peut-être, que c'est ça la solution, propose Harry, qui jusqu'ici n'a fait aucun commentaire, et se décide à enfin ouvrir la bouche.
- Et que proposes-tu, le bigleux ? Que nous tailladons les vingt-cinq centimètres de bois brut de cette porte avec ce poignard à deux mornilles pour faire un trou suffisamment grand par lequel nous pourrons nous faufiler ? Tu ne te rends même pas compte que tu imites à la perfection le ton acerbe d'un certain professeur de Potions, tant la colère et la peur face à cette situation, qui, tu le sens, n'est pas prête de s'arranger, pis, ne fait que s'aggraver, te possède.
- N..n..non, bien sûr que non, riposte Harry sans hausser le ton afin de ne pas envenimer la situation qu'il sent déjà explosive, je pensais, que peut-être, nous pourrions tenter de... eh bien, de... je ne sais pas moi, de faire levier peut-être ou alors –
- Et c'est toi qui es censé nous délivrer de Voldemort ?! Lui lances-tu, un peu moins énervée cependant face à son air malheureux qui a le mérite de faire retomber ton énervement aussi vite qu'un soufflé à la citrouille trop cuit.
- Bon eh bien, vas-y toi, propose, puisque tu es si maligne !
Piquée au vif mais reconnaissant que tu l'as bien mérité, tu te mets immédiatement en mode réflexion.
- Bon, nous avons fait le tour de cette pièce, la solution est forcément quelque part soulignes-tu en jetant un regard à la ronde. On est forcément passé à côté de quelque chose.
- Y a plein de bouffe sur la table, observe finement Ron qui, malgré la situation, n'a pas oublié que l'heure du repas approche à grand pas. Peut-être qu'il faut manger un truc. Rappelez-vous : Une table dressée pour une armée de morts vous contemplez, il y a peut-être un jambonneau ou une quiche ensorcelés ? Qui sait ?
- Heu... Ron, tu as bien regardé ce qu'il y a sur la table? demande Harry.
- Ben ouais, rétorque Ron, l'air de prendre Harry pour le dernier des imbéciles. Il y a du jambon, des pommes de terre et aussi des tartes aux fruits et des ... asticots et des vers! Berk !
Détendant l'atmosphère malgré lui, Ron se détourne d'un air dégoûté, ignorant de la nourriture sans doute pour la toute première fois de son existence.
Reprenant ton sérieux, tu te remets à passer en revue les indices nébuleux fournis par l'énoncé de cette fichue énigme, lorsque tout à coup, quelque chose te saute aux yeux et tu te fustiges mentalement pour ne pas l'avoir remarqué plus tôt.
- Comment ai-je pu être aussi bête !
- Qu'est-ce que tu as trouvé, te demande Harry, plein d'espoir.
- Les Gryffondor ne se servent donc jamais de leurs yeux ? T'exclames-tu, triomphante. Lorsque l'énigme nous a été donnée, vous ne vous êtes pas demandé pourquoi elle était écrite plutôt que récitée par le Maître du Jeu ?
- En fait, non, répond Harry. Tu penses que ça a de l'importance ?
- Mais bien sûr que ça a de l'importance ! Harry, repense à la dernière phrase et concentre-toi : Kes ki fon seul dans cette pièce, qu'est-ce que ça t'évoque ? Et pourquoi en avoir délibérément déformé l'orthographe ?
- ... La bougie bien sûr ! Qu'est-ce qui fond ! S'exclame Potter après quelques secondes de réflexion, un éclair de compréhension passant dans son regard.
- Mais de quoi est-ce que vous parlez, tous les deux ? Demande Ron, complètement largué.
Tu te rues sur la bougie, après tout, une démonstration vaut mieux que tous les plus longs discours du monde, et bousculant Ron au passage, tu t'empares sans cérémonie de la chandelle qui brûle toujours tranquillement sur la table. Incendio ! Tu as à peine prononcé le sort que la bougie s'enflamme et fond complètement dans ta main, ne laissant dans le creux de celle-ci qu'une petite clé argentée qui brille à la lueur du Lumos que Harry vient de lancer.
- Oh... mais... bégaie Ron.
- Eh oui, lui expliques-tu patiemment, il fallait se concentrer sur la fin de l'énoncé. Kes ki fon seul dans cette pièce faisait référence à la bougie qui se consume et fond lentement et dans la cire de laquelle se trouvait cette clé. Tu n'es pas vraiment certaine que Ron ait assimilé le concept, au vu de son air idiot, et pendant une seconde, l'image d'un poisson hors de l'eau te viens à l'esprit, mais tu as vite fait de la chasser pour te concentrer sur ta tâche du moment : entrer cette fichue clé dans sa serrure.
Tremblant légèrement d'appréhension, tu t'exécutes et entends avec satisfaction le clic caractéristique signifiant que la porte est bien déverrouillée; sans plus attendre, tu actionnes la poignée, qui grince légèrement sous la pression de ta main...
... et te retrouves au milieu de la Salle sur Demande, Harry et Ron sur tes talons.
Ton premier réflexe est de chercher Severus du regard. Il est juste là, devant toi, légèrement dissimulé derrière Dumbledore. Tu remarques immédiatement son air tendu et d'un simple coup d'œil, le rassures sur ton état. Voyant que tu es saine et sauve, c'est imperceptiblement, qu'il se détend un peu et reprend cet air renfrogné, qui lui va si bien.
A peine avez-vous le temps de reprendre votre souffle, que le jeu se remet à bourdonner et la fumée grisâtre qui, jusqu'à présent n'avait plus donné aucun signe d'activité, se remet à tourbillonner et pour le plus grand déplaisir de chacun, un nouveau pion fait son apparition.
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Lance les dés.
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