Hello mes ami(e)s ! Comment vous allez bien ?
Ayé, c'est l'hiver... sans passer par la case "Automne", c'est déprimant. Ressortons les polaires, les pilou pilou, les chocolats chauds !
Bref, place au clexa, à une pointe de Ranya et... à du mama Griffin dans toute sa splendeur !
ENJOY
Conséquences
Les jours passèrent et Lexa partit à New-York avec Anya, en convalescence. Anya s'était chargée des contrats de la jeune femme et cette dernière n'eut plus à se soucier de rien, si ce n'était de sa santé.
Dans l'immense appartement qui était le leur, elle vagabondait en regardant les heures tourner. Parfois elle sortait en ville avec Anya mais la plupart du temps elle restait dans son appartement, voyant le monde via les divers magazines ou à la télé. D'ailleurs, elle ne comptait plus le nombre d'articles sur son accident de voiture. Elle en apprit bien plus dedans que via les policiers qui avaient pris en charge l'incident :
Un camion avait perdu le contrôle et s'était encastré dans une pile de voitures qui attendaient à un feu rouge, dont sa voiture. Il y avait eu plusieurs blessés, et même un mort parmi les passants. Lexa avait eu beaucoup de chance quand on voyait l'état du taxi dans lequel elle était.
Il lui restait 10jours avant de retourner à Washington pour un contrôle, mais depuis 3 jours la douleur qu'elle ressentait dans sa main l'empêchait de dormir.
« Tu devrais y retourner maintenant. » lui conseilla Anya « Faut pas plaisanter avec la main… Ca serait con que tu restes handicapée. »
« Non, ça va aller… »
« Lexa… »
« Arrête, à mon avis c'est parce que le plâtre commence à peser… C'est tout. »
Anya fronça les sourcils alors : elle avait l'intime conviction que les choses n'étaient pas normales… Et la nuit suivante confirma ce fait : Lexa se réveilla plusieurs fois avec une douleur aigue dans la main, lui irradiant le bras. Il lui semblait que le plâtre la serrait bien plus qu'avant, comme si sa main avait gonflé dedans. Elle notait que le bout de ses doigts étaient un peu plus bleu que la normal, mais elle se garda bien de le dire à Anya. Elle se bourra de calmants mais sa nuit fut courte. Et le lendemain au réveil, Anya lui annonça qu'elle leur avait prévu une interview pour rassurer les fans.
Lexa, fatiguée, accepta néanmoins, sachant pertinemment que sans nouvelles, les fans pourraient vite faire des suppositions qui pourraient faire naitre des rumeurs. Exténuée par sa courte nuit, elle s'endormit dans la voiture… Pour se réveiller quelques heures plus tard.
« A… Anya ? On… On est où là ? »
« Ah, pile à l'heure. »
« Quoi, mais… On est où ? »
« A Washington. »
« Quoi ?! Mais pourquoi ? »
« Parce que ce qu'il se passe avec ta main n'est pas normal. J'ai appelé Clarke et… »
« Tu as quoi ? »
« J'ai appelé Clarke pour des renseignements, et elle m'a dit qu'il fallait qu'elle passe aux Urgences. Elle nous attend. »
« Mais pourquoi tu as fait ça ? »
« Parce que tu es une tête de mule ! Alors tu arrêtes. »
« … »
Et lorsqu'Anya se gara devant les Urgences, Clarke était là, les bras croisés, les attendant.
« Hey Griffin ! »
Clarke opina en un sourire avant de fixer son regard vers la porte passager qui ne s'ouvrit pas « Elle fait la gueule ? »
« C'était à prévoir. Elle vient à peine de se réveiller… »
« Lexa a toujours été grognon au réveil, mais là… » sourit la jolie blonde
« Bon courage. » Anya se tourna vers la voiture « Allez bouge Lex ! Arrête de faire la tronche ! »
Soupirant, agacée, Lexa finit par sortir de la voiture, tenant son bras. Au premier coup d'œil, Clarke vit que quelque chose n'était pas normal « Ok, je vais te prendre en charge. »
Lexa leva les yeux au ciel avant de suivre la jeune doctoresse. Anya se chargea des papiers pour son entrée tandis que Lexa s'engouffra dans un ascenseur avec Clarke.
Après quelques secondes de silence, Lexa le brisa « T'étais pas obligée tu sais… »
« Obligée ? »
« De faire ça… Me prendre en charge. »
« Tu es ma patiente. »
« Je sais mais… C'est peut-être rien… » dit-elle en posant sa main sur son plâtre
« C'est tout sauf rien. C'est pas normal que ça te fasse mal même sous calmant, et encore moins que tes doigts ressemblent à des saucisses cocktail bleues. »
Lexa aurait bien sourit à cette blague si sa main ne lui faisait pas atrocement mal. Elle réprima une grimace avant que les portes ne s'ouvrent et que Clarke ne la guide vers sa chambre « Tu vas rester là, j'appelle tout de suite une infirmière. Elle va te conduire à la radio. »
« Ok… Tu… Tu penses que je vais rester ici cette nuit ? »
« La radio nous dira ce qu'il en est, patience. » sourit Clarke « Je reviens. »
Lexa s'assit sur le lit alors avant qu'Anya n'apparaisse, un petit sac en main
« Tu savais. »
« J'ai pris au cas où. Tiens. » elle lui tendit le sac et Lexa l'ouvrit
« Je suis surprise. »
« Pourquoi ? »
« Parce qu'il ne semble rien manquer… » ironisa Lexa
« Ah ah, très drôle… Allez, installe-toi. »
« Ils vont me faire une radio… »
Soudain, l'inquiétude se lit sur son visage et Anya ne put qu'être terriblement impuissante face à la douleur de sa sœur « Hey… Tout se passera bien. Ils sont compétents. Et je suis certaine que Clarke ne laisserait rien t'arriver. »
« Clarke est docteur. »
« Et tu es sa patiente. »
« Miss Woods ? Je viens vous chercher. »
Lexa se leva alors et vit le fauteuil roulant « Pas besoin, merci. »
Anya leva les yeux au ciel en voyant sa sœur s'éloigner. Dans les couloirs, elle croisa Clarke « Alors, tu crois que ça craint ? »
« Il est évident que c'est pas normal… Peut-être une allergie aux plaques posées. »
« Ca peut arriver ? »
« Ca peut. Mais c'est rare, elles sont faites pour éviter cela. Mais ça n'est pas une science exacte. »
« C'est pas rassurant. »
« Si la plaque ne convient pas, on passera aux broches, c'est moins invasif. »
« Il va falloir réopérer alors ? »
« Pas de panique, tout ira bien. »
« Tu disais ça aussi avant la première opération… »
« Hey Anya, tout ira bien. » confirma Clarke en posant une main réconfortante sur son épaule
« … »
« Alors, verdict ? » lança Lexa allongée sur son lit, Anya à ses cotés, tandis que Clarke revenait avec les résultats
« Tu as une autre fracture. »
« Sérieusement ? Comment ne pas l'avoir vu avant ? »
« Elle était minuscule et cachée certainement par la plus importante. D'avoir mis la plaque n'a pas aidé. Nous allons donc l'enlever et rétablir les fractures. Tu auras des broches qu'il faudra enlever dans 6 semaines… »
« Six semaines ? Je vais devoir revenir ici. »
Clarke sourit « Non, tu peux évidemment les enlever à Los Angeles. »
« Et pour l'avion ? »
« Si tu veux mon avis, tu devrais attendre… Mais maintenant je peux comprendre que tu ais besoin de rentrer chez toi. »
« Combien de temps ? »
« Pardon ? »
« Tu préconises combien de temps avant de reprendre l'avion ? »
« Personnellement, je dirais au moins 15jours… Pour être sûr. »
Lexa et Anya échangèrent un regard avant qu'Anya ne soupire « Bon bah on va prolonger notre séjour new-yorkais de quelques semaines… »
« Je suis désolée pour ce contretemps… »
« C'est pas de ta faute… » la rassura Lexa « On fera ce qu'il faut. »
« Bien. On va venir pour te préparer pour l'opération. »
« Ca va durer combien de temps ? »
« Ca risque d'être plus long que la première fois… »
« Les cicatrices ? »
« Malheureusement, tu en auras, mais elles resteront discrètes. Rien qui ne mette en péril ta carrière, rassure-toi. » sourit la jolie blonde « Bon, je vous laisse. »
Clarke sortit sans se retourner et Lexa soupira longtemps « Ok, c'était pas prévu ça… »
« Va falloir que je retourne à Los Angeles pour des fringues, on va être à court… »
« Tu es sûre que ça va pas jouer sur mon planning. »
« Tu n'as rien de prévu avant l'année prochaine, j'ai fais en sorte que tu puisses te reposer en cette fin d'année. Heureusement les Oscars ne sont qu'en Février, tu auras le temps de te rétablir complètement. »
« Oui… »
« En attendant, repose toi ici et quand tu sortiras, je serais revenue. »
« Tu… Tu t'en vas ? »
« Pas de panique, je vais prendre un vol express. Souviens-toi que j'ai des contacts partout. » lança Anya n un clin d'œil malicieux, ce qui fit sourire Lexa
Cette dernière n'eut pas le choix, et encore moins lorsque les infirmiers vinrent la chercher. Anya déposa un tendre baiser sur son front en lui disant de ne pas s'en faire, puis chacune partit dans une direction opposée : Anya vers la sortie, Lexa vers le bloc.
Anya était évidemment restée jusqu'à ce que l'opération de Lexa se termine. Clarke était venue elle-même annoncer à la jeune femme que tout s'était bien passée, qu'elle ne craignait plus rien. Puis la jolie doctoresse prit un moment dans son bureau afin de boucler quelques dossiers
« C'est vrai ? »
Clarke parafait les derniers dossiers en cours, quand elle leva le nez « Maman ? »
« Lexa est de retour ? »
« Oui… » soupira Clarke en se massant les tempes « On a failli aller droit dans le mur. Une célébrité qui attaque l'hôpital, ça aurait fait tâche dans le tableau. » ironisa la jeune femme
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
« Une micro fracture sous la première. Avec la pose de la plaque et du plâtre… Ca l'a ouvert. La compression a accentué la chose. Elle aurait pu voir des muscles et nerfs sectionnés. »
« Eh bah… » Abby s'assit en face d'elle et posa ses mains sur ses genoux « Comment va-t-elle ? »
Clarke haussa un sourcil et sourit « Tu te soucies de sa santé maintenant ? C'est nouveau… »
« Je ne suis pas sans cœur. Et tu avais raison : le temps a passé… »
« Ah oui ? » s'étonna Clarke
« Oui. Alors, comment va-t-elle ? »
« La convalescence sera longue et parfois douloureuse surement… »
« Va-t-elle repartir à Los Angeles ? »
« Pas pour l'instant. Elle a un appartement à New-York. » Devant l'étonnement d'Abby, Clarke précisa « C'est Anya qui me l'a dit. »
« Oh, je vois… Alors… Tu as eu l'occasion de lui parler ? »
« De quoi ? »
« De toi, de ta… vie… »
« Si tu veux parler de Madi, oui elle est au courant. Et non, ce n'est pas moi qui lui ai dit. »
« Tu lui as tout dit ? »
« Oui. Pourquoi lui cacher quelque chose ? »
« Je n'en sais rien… »
« Maman, Lexa était une part importante dans ma vie. Mais elle l'était. Ce n'est plus le cas maintenant, je suis passée à autre chose. Mes priorités sont ailleurs à présent. Lexa n'est plus qu'une connaissance du passé, ni plus ni moins. »
Abby la fixa, comme si elle essayait de sonder le fond des pensées de sa fille, peut-être à la recherche d'un semblant de vérité… ou de mensonge. Elle soupira alors « Bien, si tu es libre ce soir, je serais ravie de vous accueillir pour manger, Niylah, Madi et toi. »
« Hm Niylah n'est pas là en ce moment, elle est à un colloque sur je ne sais plus quelle nouvelle technique de kinésithérapie… »
« Ca va entre vous ? »
« Oui, évidemment. Pourquoi ? »
« J'en sais rien… Vous passez peu de temps ensemble… »
« Maman, tu le sais déjà : Niylah et moi c'est quelque chose d'assez… »
« … Léger ? »
« Quelque chose comme ça. » gloussa Clarke « Le fait est que nous sommes ensemble quand nous en sentons le besoin. Nous profitons de ce que cette proximité nous apporte. Et si on ne se voit pas durant des jours, voire des semaines, on fait avec. »
« Une amitié avec bénéfice… »
« Quelque chose comme ça, sauf que le sexe n'est pas non plus une donnée obligatoire. Parfois j'ai juste besoin de sa présence, de ses mots rassurants, de son regard. »
Abby ne répondit pas : elle savait très bien ce que sa fille faisait depuis quelques temps : elle ne s'investissait plus, du moins sentimentalement parlant. Elle le démentirait mais Abby savait que sa fille avait été beaucoup trop affectée par sa séparation d'avec Lexa, et qu'à présent, elle ne pouvait, et ne voulait, plus vivre pleinement une relation. Elle ne s'investissait plus que dans des relations sans risque, sans enjeu… Et peut-être sans réels sentiments.
Elle se souvenait de cette conversation qu'elles avaient eue au sujet de sa relation avec Roan, et le fait que Clarke n'envisageait rien de plus sérieux avec lui. Et finalement, lorsqu'elle leur apprit qu'elle était tombée enceinte, Abby avait espéré que sa fille se pose enfin. Mais quand elle lui avait annoncé dans la foulée qu'elle et Roan avaient décidé de se séparer mais de rester soudés pour l'enfant à venir, Abby était désespérée.
Lorsque Roan décéda, elle reconnut dans le regard de sa fille, ce désespoir et cette tristesse qu'elle avait elle-même revêtu lors du décès de Jake. Elle entoura alors sa fille d'amour et l'aida au mieux à passer cette grossesse en mère célibataire. La naissance de Madi fut difficile et Abby futun soutien inconditionnel. Dès lors, Clarke s'investit à 100% dans la maternité, se donnant ses trois mois de congés pour en profiter. Ce qu'elle voulait surtout, c'était de remettre le pied à l'étrier, et en profiter pour mettre Madi à la crèche de l'hôpital.
A son retour à l'hôpital, elle retrouva Niylah, une connaissance de la fac. Avec l'absence de Raven partie à l'autre bout du pays pour son travail, Clarke était en manque de confidente. Niylah était la personne parfaite pour cela : attentive, douce, compréhensive, elle avait aussi une connexion avec Madi, ce qui facilita leur lien.
Et un soir, durant une de leurs nombreuses soirées dvd, Niylah resta, à l'initiative de Clarke. Niylah ne demanda rien de plus que ce que Clarke pouvait lui offrir : à savoir une relation sans enjeu, sans avenir. Niylah était une jeune femme censée qui avait bien compris que la mort de Roan et bien avant ça sa rupture avec Lexa avait rendu Clarke méfiante, voire même détachée de toute relation sérieuse. Quand Clarke se confia sur Roan, Niylah comprit qu'elle avait été affectée, mais que cela remontait à bien avant cela… Elle se souvint alors de cette actrice… Mais n'avait jamais pensé que cela avait été du sérieux : après tout, une future doctoresse de la côte Est et une actrice hollywoodienne…
Mais à chaque fois que le regard de Clarke croisa un article, des photos de la jeune actrice, elle pouvait déceler un léger voile de tristesse, de nostalgie. L'aimait-elle encore malgré toutes ces années ? Probablement. Etait-ce le même amour qu'il y a six ans ? Certainement pas. Et l'incapacité de Clarke à mettre des mots à présent sur ses sentiments envers Lexa avait conditionné toutes ses relations suivantes…
Abby était consciente de cela, et elle se demandait si le retour de Lexa dans sa vie allait débloquer en elle quelque chose : allait-elle lui faire face et se dire leurs 4 vérités ? Pour autant, il fallait que Clarke avoue qu'il y avait des vérités à dire… Et ça, ce n'était pas gagné.
Lexa avait une large part de responsabilité dans cette déchéance sentimentale de Clarke. Avait-elle conscience de ce que Clarke avait subis après leur rupture ? Comment le pourrait-elle…
« Maman ? Tu m'écoutes ? »
« Hm, pardon je… je rêvais. »
Clarke la fixa amusée « Okayyy… Je disais que je serais volontiers des vôtres ce soir. »
Abby lui sourit « Bien. Je vais retourner au travail. »
Clark opina et sa mère disparut. Elle soupira et referma le dossier en cours. Elle songea à Lexa qui devait être de retour dans sa chambre à présent. Devait-elle aller la voir ou attendre ? Ou ne rien faire du tout ?
« Et merde… » grogna-t-elle avant de se laisser tomber en avant et de cogner son front contre sa pile de dossiers.
Lexa était encore dans le coton. L'avantage était qu'elle ne ressentait aucune douleur au poignet, il fallait au moins voir le bon coté des choses. Elle était seule, Anya étant rapidement repartit pour régler ses affaires et prendre une valise de vêtements, pour revenir dans 2 jours.
Lorsqu'on toqua à sa porte, elle était loin d'imaginer la personne qu'elle verrait apparaitre derrière.
« Lexa ? »
Cette voix… Elle ne l'avait pas entendu depuis…
« A… Ab… Madame Griffin ? »
Abby s'avança, d'un timide sourire avant de vérifier d'un coup d'œil son poignet dans un plâtre tout neuf
« Comment ça va ? »
Lexa resta sans voix : elle n'avait pas revu la mère de Clarke depuis une éternité et la dernière fois qu'elle en avait entendu parler, Abby n'avait pas été des plus tendres avec elle. Et c'est pourquoi elle était tendue, à cet instant, tandis qu'Abby s'approchait.
« Je… Ca va… mieux. »
« Clarke m'a raconté. » Elle prit les radios de la jeune fille et les mit à la lumière « Effectivement… »
Lexa sourit tristement « Ouais… Je fais jamais les choses à moitié… »
« Ce n'est rien de le dire. »
« Miss Griffin, je … »
« C'est Griffin Kane à présent. »
« Oh… Je… Félicitations. »
Abby se souvint que Lexa, ainsi qu'Anya, avaient été là lors de la demande de Marcus. Elle sourit alors « Merci. » Elle se souvint aussi qu'elle avait préparé un faire part et une invitation… Elle se souvint qu'elle avait chargé Clarke de leur remettre et qu'elles avaient accepté de venir avec plaisir. Mais les choses furent toutes autres et Lexa et Anya n'eurent jamais l'occasion de venir.
« Je…. Je suis… »
Abby leva la main, la coupant dans son élan « Stop. Je ne veux pas entendre que tu es désolée. Ca fait 6 ans maintenant. »
« … »
« Je veux juste savoir ce que tu attends de Clarke. »
« Pa… Pardon ? Ce que j'attends ? Mais… Je ne comprends pas. »
« Tu n'es pas sans savoir que depuis ton retour impromptue, Clarke est quelque peu… déstabilisée. »
« Ah oui ? » Lexa était étonnée
« Oui. Lexa, si tu savais combien de fois je t'ai maudite. J'ai espéré que tu souffres autant que tu l'as fais souffrir à l'époque. »
« … »
« J'ai eu du mal à oublier, Clarke aussi. Puis le temps a passé et elle a oublié, elle est passée à autre chose… Chose que je n'ai pas pu faire. »
« Je sais que j'ai tout foutu en l'air, et si je pouvais retourner en arrière… »
« Mais c'est impossible. »
« Je sais. Et je vivrais avec ça sur ma conscience. »
Elles se jaugèrent un moment avant qu'Abby ne rejette un œil sur son dossier « Rendez-vous dans six semaines pour voir si on enlève les broches donc… »
« Oui c'est ce que Clarke m'a dit. »
Abby releva son nez et fixa Lexa : la jeune femme avait visiblement changé, elle ne saurait dire vraiment en quoi : elles emblait plus mature, le visage plus fin, les traits moins enfantins. Ses cheveux étaient un peu plus courts et quelques mèches plus claires trahissaient un balayage à rafraichir bientôt. Sans maquillage, elle paraissait visiblement plus fatiguée.
« J'ai cru comprendre que ta sœur était ici aussi. »
« Oui, enfin elle est repartie à Los Angeles pour régler quelques contrats et ramener quelques affaires. Nous séjournons dans un de nos appartements à new-York. »
« C'est bien. »
Et tandis qu'Abby allait quitter la pièce, Lexa se mordit la lèvre avant de l'appeler « Abby ! » Cette dernière se retourna « Tu… Vous… Comment ça : Clarke était chamboulée ? Que vous a-t-elle dit ? »
Abby soupira : devait-elle parler pour sa fille ? Devait-elle la préserver ? La défendre ? C'était il y a si longtemps… « Ma fille est heureuse à présent : elle a un travail dans lequel elle s'épanouit, une fille adorable, une compagne attentive, une belle maison. Je n'ai guère envie que des fantômes passés viennent tout balayer. »
Une compagne…
« Je comprends, et je n'ai pas l'intention de m'immiscer dans sa nouvelle vie. »
« Ah oui ? En allant la voir un soir chez elle ? »
Lexa, comme prise en faute, baissa le regard : Abby avait raison, elle n'avait aucun droit de vouloir savoir… Elle devait juste se dire que Clarke était heureuse, et c'était tout. Elle n'avait aucun droit d'imaginer la suite, de lui demander.
« Reste loin de Clarke, loin de sa vie. Elle a beaucoup souffert, tu n'as aucun droit de revenir dans sa vie, pas après ce que tu lui as fait. »
« … »
« Bon rétablissement miss Woods. »
Sur ce, Abby disparut, et Lexa ferma les yeux, laissant s'échapper quelques larmes tièdes et lourdes de sens. Elle serra le draps de ses poings, si fort que ses phalanges blanchirent. Oui, elle devait souffrir, souffrir de la voir, souffrir de devoir s'occuper d'elle alors qu'elle avait été celle qui l'avait torturé des années auparavant… Que cela devait être dur pour Clarke. Elle ne pouvait pas lui imposer cela, plus maintenant.
Lorsque Clarke revint le lendemain matin, elle trouva la chambre de Lexa vide. Pendant un bref instant, son cœur s'arrêta et son sang se glaça. Elle regarda rapidement le tableau des patients et ne vit plus le nom Woods inscrit : avait-elle demandé à changer de chambre pour éviter les curieux ? Avait-elle demandé à prendre un pseudo pour ne pas attirer les paparazzis dans les couloirs de l'hôpital ?
Et lorsqu'elle croisa une infirmière, elle l'arrêta « Excuse-moi, tu peux me dire où se trouve la chambre de Lexa Woods ? »
« Hm, si j'ai bon souvenir, elle a demandé un transfert. »
« Un transfert ? Quand ? Et pour ou ?! »
« Hier soir, une ambulance est venue la chercher. Je crois qu'elle a dit New-York. »
« Oh… Merci. »
Oui, Clarke avait souvenir que la jolie brune lui avait parlé d'un appartement à New-York. Il était certainement plus simple pour elle. Elle regarda une nouvelle fois la chambre vide et ne put s'empêcher de ressentir un petit pincement au cour indéfinissable. C'était peut-être mieux ainsi après tout : Lexa n'était amenée qu'à n'être un passage furtif dans sa vie, peut-être une épreuve de plus pour savoir si elle était passée définitivement à autre chose… Elle se demandait si elle avait réussi ou échoué cette fois-ci…
Elle referma alors la porte et soupira : oui, c'était définitivement mieux ainsi.
Lexa et Anya attendaient patiemment dans la salle d'attente des urgences. La jolie brune tapotait nerveusement sur son plâtre, défraichit de six semaines déjà. Anya y avait fait quelques dessins absurdes : ici une grenouille dont des bulles en forme de cœur sortaient de sa bouche, là une fleur dont les pétales étaient des plumes de pan, quelques mots d'encouragements, des mots affectueux… Elle sourit alors en passant son index sur un cœur avec un "A" calligraphié avec élégance dedans.
« C'est à nous ! » lança sa sœur en se levant d'un bond
Une fois dans la salle des radios où Lexa s'allongea, son bras tendu sur la plaque, face à l'énorme objectif, elle ferma les yeux : elle détestait cette odeur d'éther qui flottait dans les couloirs des hôpitaux. Elle détestait les hôpitaux tout court.
« Voilà c'est fini. » lança l'infirmier qui l'aida à se relever « On va vous faire attendre dans le bureau du chirurgien. »
« J'aurais la réponse quand ? »
« Dans son bureau. » sourit-il
Et ce n'est qu'une vingtaine de minutes plus tard qu'un homme assez corpulent, dont le visage pompon semblait amical. Son nez en trompette était surmonté par une paire de lunettes rouge vive.
« Bien miss Woods, désolé de l'attente. »
« Ce n'est rien. Alors ? »
Il regarda les radios attentivement. Une puis l'autre, pour revenir à la première et finalement les remettre dans leur enveloppe. Il remonta ses lunettes sur son nez et fixa Lexa « Bien. Les fractures se sont bien résorbées. »
« Vraiment ? »
« Vraiment. Nous allons envisager d'enlever les broches sous peu. J'imagine que vous souhaiteriez le faire à Los Angeles ? »
« Hm… Tout dépend quand une opération est envisagée. »
Il consulta son agenda alors et sourit « En fin de semaine. »
« Qu…. Sérieux ? Nous sommes mercredi déjà ! » s'étonna Lexa
« Oui. Disons que vous appeler Lexa Woods peut aider à trouver des créneaux plus rapidement. »
Lexa fronça les sourcils « Est-ce que je prends la place d'un autre patient ? » demanda-t-elle d'un regard noir et d'un ton sévère
« Quoi ? Non, bien sur que non ! » se défendit le chirurgien
« Bien alors… » elle se tourna vers sa sœur « Peut-être que nous allons prolonger notre séjour de quelques jours… Combien de temps de repos avant de pouvoir reprendre l'avion notamment ? »
« Hm, c'est bien plus rapide que lorsqu'on vous les a mises. Disons, pour être sûr, 15 jours. »
Elle échangea un regard avec Anya qui opina « Bien, je resterai ici. »
« Bien, je vous prépare les papiers pour l'opération et l'admission. »
Lexa sourit faiblement : bientôt cet accident et tout ce qui en avait découlé ne serait plus qu'un souvenir…
« Ok, je ne te mettrais plus jamais au défi aux échecs ! » lança Niylah, amusée et complètement essoufflée dans le lit, tandis que Clarke se leva, nue comme un vers, pour aller dans la salle de bain
« Ah ah, tu n'as pas d'endurance. » sourit la jolie blonde
« La ferme Griffin ! »
« Tu n'avais qu'à pas perdre. Tu n'aurais pas été sauvagement agressée. » ironisa Clarke
« Je prendrais ma revanche ! » et en entendant les ricanements de Clarke dans la salle de bain, Niylah se recoucha en maugréant quelques menaces fictives.
Lorsque la jolie blonde revint quelques minutes plus tard, elle enleva la couette du visage de sa compagne « Ray ne va pas tarder. Tu es sûre de ne pas vouloir venir ? »
« J'ai terriblement envie de venir, mais tu sais que je suis de garde ce soir… Mais je te promets de t'accompagner ce week-end. »
« Promis ? »
« Promis. Je ne raterai pour rien au monde ce moment ! »
Clarke lui sourit avant de se pencher et de l'embrasser « Tu as un double des clés ? »
Niylah haussa un sourcil « Wow, on en est là. »
« On en est ou ? »
« A ce que j'ai un double des clés. C'est super symbolique ! »
Clarke haussa à son tour un sourcil « Un oui ou un non m'aurait suffit comme réponse. »
« J'adorerais avoir un double oui. » sourit Niylah
« Bien. Je te laisse, je suis à la bourre. Le double est sur le comptoir de la cuisine. Tu rentres après ta garde ? »
« Surement, si tu veux de moi. »
« Hm… Faut voir… »
Niylah lui sourit « Tu as de la chance d'être mignonne. »
Elles s'embrassèrent juste avant que la sonnette de la porte d'entrée ne résonne « Sauver par le gong. »
« Tu as de la chance d'avoir une mère qui peut s'arrêter comme bon lui semble pour garder sa petite-fille. »
« Elle ne l'a pas vu depuis au moins trois semaines… C'est limite elle qui a insisté. » pouffa la jolie blonde
Clarke se leva, enfila sa veste, attrapa son sac et sortit de la chambre non sans envoyer un dernier baiser vers sa compagne. Lorsqu'elle ouvrit la porte, Raven était là, tout sourire « Alors prête la vedette ! »
« Arrête… » sourit la jolie blonde en levant les yeux au ciel « Allez, on va être en retard. »
Clarke avait souvent été dans les galeries d'art, c'était un de ses passe-temps favori, du moins avant que Madi ne vienne au monde. Même si Abby adorait jouer les grands-mères idéales, Clarke ne pouvait laisser constamment sa fille sous sa garde. Alors, les rares moments de détente qu'elle s'octroyait, elle les passait avec sa fille.
Mais cette fois-ci était différente : Raven était dans les parages. Et elle avait 3 jours de repos. C'était la parfaite combinaison pour passer quelques jours tranquille. Elle demanda à sa mère de prendre Madi, ce qu'elle accepta avec plaisir, et Clarke put enfin assouvir un de ses plaisirs : l'art.
S'il y avait bien une chose qui n'avait pas changé depuis toutes ces années, c'était son amour pour le dessin. Lorsqu'elle avait un moment, elle dessinait : sur le coin d'une feuille, sur une serviette en papier, sur un post-it, sur une toile nichée dans l'atelier qu'elle s'était aménagée dans sa maison. Sa mère avait ardemment participé à cet atelier : achat de chevalet, de peintures, d'aquarelles, de pinceaux, de tout le matériel.
Cet atelier ressemblait à peu de chose à celui qu'elle avait chez elle lorsqu'elle vivait encore chez sa mère. Mais lorsqu'elle déménagea à New-York, cela lui manqua. A son retour à Washington et après avoir annoncé son désir de partir du nid familial, elle avait cherché une maison qui pouvait, si elle le souhaitait, abrité un futur atelier.
Elle trouva tout d'abord un petit appartement sans grande prétention, mais cosy et proche de l'hôpital. Puis lorsqu'elle tomba enceinte, Abby lui demanda de trouver une demeure plus confortable. Et Clarke débloqua les fonds économisés pour s'acheter une maison assez spacieuse pour accueillir au moins un, voire deux enfants, des salles de bain annexes, un jardin de taille honorable disposant d'une petite tonnelle au milieu, d'une véranda et… d'une pièce qui se transforma en atelier donc.
Abby avait vite décidé de mettre sa pierre à l'édifice : non seulement elle avait participé financièrement à la nurserie, mais elle acheta à sa fille : chevalet et autres peintures… Clarke ne lui avait rien demandé, elle pouvait largement subvenir à ses besoins, mais Abby avait insisté, certainement une manière pour elle d'aider sa fille maintenant, là où elle s'était trouvée presque incapable de l'aider à sa rupture avec Lexa.
« Hey, y'a du monde ! » s'étonna Raven en arrivant à l'intérieur
Un homme les interpela alors « Mesdames. Vos noms ? »
« Raven Reyes et Clarke Griffin. »
L'homme haussa un sourcil avant d'esquisser un sourire « Evidemment. Mesdames, bienvenue. »
Clarke s'avança dans l'immense hall vitré, laissant passer les derniers rayons du soleil. De grandes sculptures trônèrent ça et là, attirant le regard des curieux. Raven était parfois dubitative sur certaines œuvres, peu encline à comprendre les subtilités artistiques, pour le plus grand amusement de Clarke. Elles vagabondèrent d'œuvre en œuvre, de tableau en sculpture, commentant avec plus ou moins d'objectivité. Quand soudain, fendant la foule et se retrouvant devant elles…
« Le… Lexa ? » s'étonna Clarke en voyant apparaitre devant ses yeux Lexa dans une magnifique robe courte de couleur rose pâle, et Anya dans une robe noire élégante.
« Clarke mais… Qu'est-ce que tu fais ici ? »
Soudain l'air sembla plus pensant, plus lourd, comme avant un orage. Cette électricité dans l'air qui jaillissait entre elles et ce silence pesant.
Clarke se souvint soudain que Raven se trouvait à ses cotés et qu'elle faisait face à Anya qui, elle aussi, semblait encore plus embarrassée qu'elle-même.
« Hm… Je… Je ne savais pas que tu… vous seriez ici. » lança Lexa, gênée
« A vrai dire, je… j'expose ici. »
Lexa la fixa « Sérieusement ? »
« Oui, tous les… »
« Bon, je vais aux toilettes. » lança Raven qui s'éloigna, Lexa ou Anya remarquant sa jambe raide et sa marche boitillante. Et si Anya s'abstint de tout commentaire, elle se tourna néanmoins vers sa sœur « Je vais nous chercher du champagne. » avant de s'éloigner, laissant Lexa et Clarke seules.
« Eh bah… Soit elles ne sont pas assez subtiles, soit elles ne peuvent pas nous voir en face. » ironisa Lexa
« Ou alors c'est à cause de leur passif. » répondit Clarke
« Leur passif ? »
« T'es pas au courant ? Anya ne t'en a jamais parlé ? »
« Parlé de quoi ? »
Clarke hésita soudain : si Anya ne lui en avait pas parlé, peut-être était-ce parce qu'elle ne désirait pas étaler sa vie privée avec sa sœur qui, à l'époque, en avait une assez tumultueuse.
« Que me caches-tu ?! »
« Rien c'est juste… Que si Anya ne t'en a pas parlé… »
« Comment le sais-tu ? »
« Raven m'en a parlé, assez récemment à vrai dire. »
« Pourquoi Raven ? Quel est le rapport ? »
« Hm… Elles… »
« Oui ? »
« Elles ont… Elles ont eu une histoire… en quelque sorte. »
« Une histoire ? Quoi ? Elles sont sorties ensemble ? » s'étonna la jeune femme
« Disons que c'était assez fugace… Elles ont juste couché ensemble, une fois… Enfin je crois. »
« Mais quand ça ?! »
« Ironie du sort : peu de temps avant notre rupture. Raven n'a pas voulu m'en parler avant parce que j'étais quelque peu… remuée de notre séparation… Et puis les choses en entrainant d'autres, le temps a passé. Elle m'en a finalement parlé il y a deux mois, lorsque tu es revenue dans le paysage. »
« Oh je vois. Anya ne m'en a jamais parlé. D'ailleurs, elle me parle très peu de sa vie privée. Je n'imaginais pas une seule seconde qu'elle ait pu… avec Raven. »
« Ah ? Pourquoi ? »
« Elles sont si différentes. »
« Nous l'étions aussi. »
« Et vois où ça nous a mené. »
« … »
Lexa soupira alors « Tu ne m'as toujours pas dis comment tu t'es retrouvée dans cette galerie. »
Clarke sourit « Tous les six mois, la galerie donne sa chance à des novices pour se faire connaitre. Et j'ai eu de la chance : un de mes collègues est un des fils du patron de cette galerie. Il a montré quelques dessins à son père et ce dernier a bien voulu me céder un mur de son expo pour y mettre mes dessins. »
« Je vois. C'est génial ! Je viens d'arriver alors je ne les certainement pas encore vu. »
« Je peux te les montrer. »
« Et pour Raven et Anya ? »
« Elles sont grandes, majeures et vaccinées. Elles trouveront de quoi s'occuper. » sourit Clarke « Viens. »
Lexa suivit la jolie blonde, zigzaguant entre les convives, certains se retournant sur le passage de Lexa, pensant la reconnaitre, ce qui ne manqua pas à Clarke.
« Voilà. »
« Wow… » lâcha la jeune femme devant 3 immenses tableaux « Ils sont… magnifiques. »
« Ouais, je suis pas totalement satisfaite mais j'ai été prise au dépourvu lorsqu'il m'a demandé si je voulais exposer… Alors j'ai finis un tableau commencé y'a des années et j'ai fais les deux autres lors de mes temps libres, qui sont peu nombreux lorsqu'on est médecin et mère d'une petite fille d'un an. » gloussa-t-elle
« Oui j'imagine. » Lexa s'approcha de l'un d'eux et le contempla avec un peu plus t'attention « Celui-ci me rappelle… » Elle se tourna vers Clarke « Tu te souviens de ton bal de promo ? Juste après nous sommes allées à cette fête foraine dans ce bled paumé… Y'avait pas un chat et on a fait tous les manèges de la fête. »
« Oui je m'en souviens… » Clarke fixa la toile « A vrai dire, maintenant que tu le dis… Ca y ressemble oui. »
Lexa sourit aux souvenirs de cette nuit passée avec Clarke, une tendre soirée où rien ne comptait, juste elles deux… Oui, c'était un temps où elle était heureuse, pleinement heureuse.
« Celui-ci est plus abstrait, plus coloré aussi. » Lexa pointait alors un tableau semblant représenter des fleurs sauvages entremêlées
« Oui, c'est le dernier que j'ai fais… »
« Et celui-ci ? »
« C'est Madi. » Lexa la regarda, demandant silencieusement un complément d'information « Lors de mon congé maternité, pour m'occuper je peignais beaucoup, des babioles parfois, j'ai surtout décoré les murs de sa chambre. Et la première vraie toile que j'ai peinte, c'était celle-ci… Elle représente Madi. »
Lexa la fixa alors, détaillant chaque nuance de couleur, chaque trait, chaque courbe : c'était implicite mais, oui, cette peinture représentait la joie de la maternité, la joie d'avoir donné la vie aussi.
« C'est très joli. Félicitations. »
Clarke ne put s'empêcher de sourire « Merci. » Elle vaqua son regard vers la foule « Je ferais mieux de retrouver Raven… »
« Oui, je devrais retourner près d'Anya aussi… »
« Au fait, j'ai vu que tu n'avais plus ton plâtre… Tu as enlevé tes broches ? »
« Oui, la semaine dernière. Nous repartons pour Los Angeles dans quatre jours. »
« Bien… C'est bien… »
Et tandis qu'elles allaient se séparer, Lexa la retint « En parlant de santé… Pourquoi Raven boite-t-elle ? »
« Oh c'est… une longue histoire. »
« Un café ? »
« Hm pardon ? »
« Autour d'un café peut-être. Avant que je m'en aille définitivement de ta vie. » sourit tristement Lexa
Et si la première idée de Clarke fut de dire non, elle repensa alors qu'à présent, Lexa n'était plus celle qu'elle était avant et qu'elle ne représentait plus non plus la même chose : ce n'était plus un flirt, ce n'était plus une compagne, ce n'était plus qu'une ex… parmi tant d'autre. Pouvait-elle envisager une quelconque amitié avec elle ? Elle l'avait trahi au moment l plus vulnérable pour elle : lorsqu'elle était heureuse
Aujourd'hui, il fallait montrer patte blanche pour accéder au territoire très fermé qu'était la vie de Clarke, et encore plus son cœur. Alors prendre un café avec Lexa, que risquait-elle ?
« Ok, pourquoi pas. Je suis en congés demain. »
« Cool ! Alors… On se tient au courant… Je… Je n'ai pas ton numéro… »
« Mais j'ai le tien. »
« Huh ? »
« Ton dossier médical. »
« Oh ok… Alors à demain. »
« A demain… Oh et tu m'expliqueras comment tu t'es retrouvée dans une galerie d'art à Washington alors que tu habites à New-York… »
Lexa sourit malicieusement, Clarke fit de même. Un sourire complice… Il y avait bien longtemps…
Raven s'agrippait au lavabo des toilettes comme si elle avait peur de tomber dans un précipice. Elle haletait, se regardant dans le miroir : elle détestait cette réaction, preuve d'une faiblesse qu'elle pensait avoir dépassé… Finalement, six ans ce n'était pas encore assez.
« Et merde… » grogna-t-elle en tapant du plat de la main sur la céramique
Et soudain, la porte des toilettes s'ouvrit et lorsqu'elle tourna son regard par réflexe, elle se figea. Devant elle, Anya était là, aussi impassible que dans ses souvenirs.
« C'est pas vrai… » soupira la jeune fille
« Raven… »
« Stop. » lança la belle latino en levant la main devant elle « T'as rien à dire, j'ai plus rien à entendre, ni à attendre, de toi. »
« Vraiment ? »
« Je crois que tu as été assez claire à l'époque. » Et alors qu'elle se dirigea vers la sortie, Anya lui bloqua le passage « T'es sérieuse là ? »
« Raven, y'a pas une minute depuis ce jour où je n'ai cessé de me maudire pour t'avoir fait souffrir de la sorte. »
Raven gloussa sarcastiquement « Si tu savais ce que je m'en fous. J'ai oublié depuis… »
« Ah oui ? C'est pour ça que tu t'es enfuis ya cinq minutes ?! »
« Va te faire foutre Anya, j'ai plus de compte à te rendre ! »
Elle ne pouvait retenir les larmes qui lui montaient, elle ne pouvait contenir sa colère, sa rage, sa frustration. Et quand Anya posa ses mains sur ses épaules, le coup partit tout seul. Une gifle comme jamais elle n'en avait donné, et certainement comme elle n'en avait jamais reçu.
Surprise, Anya lâcha prise et fixa la jeune femme « Rav… »
« J'ai tellement souffert ! » hurla Raven « Merde, c'était certes pas une histoire romantique comme celle que partageait Clarke et Lexa, peut-être même que ça n'aurait pas tenu sur la longueur… Mais j'avais le droit à une chance… Parce que je t'aim… Je tenais à toi… Et coucher avec toi était loin d'être un coup de tête. »
« … »
« Même si, finalement, pour toi, je n'étais qu'une conquête de plus dans ton lit. »
« C'est faux. »
« T'en avais rien à foutre de moi. Tu voulais expérimenter une jeunette. Et une fois fait, tu as pris l'excuse de la rupture de Clarke et ta sœur pour t'éloigner, me planter là et couper tout lien. J'estime que j'avais droit à au moins une explication. Je valais pas plus que ça pour toi ? »
Anya soupira avant de fermer brièvement les yeux « C'est tout le contraire justement. Tu valais bien trop… pour moi. » Raven la fixa, attendant un semblant d'explication « J'ai jamais vraiment été douée en déclaration et tout ce bordel romantique. Alors quand on a couché ensemble, je pensais que ça serait assez explicite. »
« Loupé. »
« Totalement. Et puis Lexa et Clarke ont rompu et j'ai vu dans quel état était ma sœur… J'ai eu peur que ça nous arrive. Alors j'ai tout stoppé avant. »
« Tu as été égoïste. Généralement dans un couple, on est deux… »
« Je sais. »
Raven recula alors, boitillant, attirant ainsi le regard d'Anya sur sa jambe « Qu'est-ce que… »
« Ca ne te regarde pas... Ca ne te regarde plus… »
Anya semblait triste : oui elle avait certainement loupé le coche avec Raven. La jeune fille méritait bien plus que l'indifférence et la violence avec laquelle elle l'avait repoussé. Et si aujourd'hui elle pouvait changer les choses…
« Je m'en vais dans quatre jours, nous repartons à Los Angeles. »
« Qu'est-ce que tu veux que ça me foute ? »
« Raven, on pourrait peut-être parler et… »
« Non. C'était il y a six ans qu'il fallait parler, plus maintenant. » aboya Raven « Désolée, mais c'est fini. Tu n'es plus rien… Nous… non, y'a jamais eu de nous. »
« Raven, si ma sœur et Clarke sont amenées à… »
« A rien ! Elles se sont quittées, y'a plus rien à dire ! »
Anya esquissa un sourire « Ah tu crois ça ? Elles ont encore des sentiments l'une pour l'autre… »
« Certainement pas. Clarke est plus intelligente que ça, plus intelligente pour ne pas retomber dans les filets de Lexa. »
« … »
« Maintenant pousses-toi. J'ai beau avoir une jambe en moins, j'peux quand même te botter le cul ! »
Elle la poussa d'un coup d'épaule violemment et sortit des toilettes, laissant la jeune femme seule, et déçue.
« Ah ! Je te cherchais ! »
« On rentre. » lança Raven, agacée
« Quoi déjà ? Mais t'as même pas vu mes dessins, et tu es venue surtout pour ça. » sourit Clarke en lui prenant le bras « Allez viens. »
« Mais… »
« Raven, s'il te plait. »
La jeune femme soupira alors et capitula, suivant Clarke dans les allées de la galerie, espérant ne plus croiser le regard d'Anya.
Pour son plus grand soulagement, Raven ne recroisa pas la sœur de Lexa. D'ailleurs, elle n'en reroisa aucune et évita bien volontiers le sujet avec Clarke, qui, peut-être, s'en rendit compte, et préféra se tourner vers ses œuvres et les autres.
« Hey Ray, tu rêves ? »
« Hm ? Quoi ? »
« On est arrivées. » gloussa Clarke lorsqu'elle vit la tête de Raven regarder par la fenêtre pour s'apercevoir que la voiture était effectivement garée devant la maison de son amie. Elle sortit alors et la suivit jusqu'à l'intérieur, où elle avait élu domicile durant son passage à Washington.
« Je devrais peut-être reprendre cette idée de customisation du service pédiatrique. » songea Clarke tandis qu'elle déposait sa veste dans le vestibule et qu'elle se dirigeait vers la cuisine « Un verre ? »
« Une bière si tu as. »
Clarke revint alors avec 2 bouteilles de bière et s'affala sur el canapé, suivie de Raven. Elles restèrent un moment silencieuses, repensant à ce qu'il venait de se dérouler une heure plus tôt : Clarke avait revu Lexa, et Raven avait revu Anya. Et pour chacune d'elle, des sentiments enfuis depuis des années ressurgirent, pour l'une de manière surprenant, pour l'autre de manière plus violente.
Clarke jeta quelques regards furtifs vers sa meilleure amie qui restait le nez dans le goulot de la bouteille, pensive. Elle décida alors de crever l'abcès.
« Ca va ? »
« Pourquoi ça n'irait pas ? »
« Hm, j'en sais rien… T'es pas très bavarde depuis qu'on a croisé Lexa et Anya… »
« … »
« Quand on connait votre passif à toutes les deux. »
« Y'a pas de passif, y'a rien entre nous, y'a jamais rien eu. »
« Vous avez couché ensemble quand même. Et, faut pas le nier, ça faisait un moment que vous vous tourniez autour. »
Raven la fixa d'un œil noir « T'es dingue ou quoi ?! »
« Ray, fallait être aveugle pour ne pas le remarquer. Lexa et moi, on… »
« Ah Lexa… » pouffa-t-elle d'un rire ironique
« Quoi ? »
« Non rien, continue… »
« Je disais juste qu'on l'avait remarqué toutes les deux bien avant que vous ne finissiez par coucher ensemble. »
« On l'a fait sur un coup de tête, rien de plus. La preuve ça ne signifiait tellement rien pour elle, qu'elle m'a jeté comme une merde par la suite, sans scrupule. »
« … »
« Bref, j'ai pas envie d'en reparler. La revoir a déjà été assez pénible. » Elle soupira avant de se tourner vers Clarke « Et j'espère que c'est pareil pour toi avec Lexa. »
« Pardon ? »
« Que tu ne vas pas la revoir, pas après ce qu'elle t'a fait. »
Clarke haussa un sourcil « Quand bien même cela ne te regarderait pas, en quoi est-ce un problème ? »
« Non mais t'es sérieuse là ? Elle t'a trompé ! »
« C'était il y a six ans. Maintenant c'est du passé. Et ça ne me pose aucun problème parce que mes sentiments envers Lexa ont changé. »
« Ah oui ? »
« Oui. Ce n'est plus de l'amour… C'est plus un sentiment de nostalgie, comme lorsqu'on revoit un ancien camarade de classe. »
« … Avec qui tu aurais couché et avec qui tu serais sortie durant un an ? » ironisa Raven « Mais bien sur… C'est tout à fait naturel. »
« Y'a certains ex qui sont restés en bons termes… »
« Mais vous, c'est différent. Merde Clarke, elle t'a trompé et tu l'as appris via les journaux ! Ca a été une rupture violente et tu as mis des mois à t'en remettre. Tu veux que je te rappelle les moments où tu faisais une crise de larmes rien qu'en croisant du regard un magazine avec Lexa en couverture ? »
« … »
« Alors non, c'est pas normal de vouloir renouer le contact avec son ex ! »
« Pourquoi tu es si hargneuse ? »
« Parce que Lexa a failli te détruire ! Et toi tu sembles l'avoir oublié et, pire, lui avoir pardonné ! »
« Je ne pardonne pas, je fais avec. C'est la vie, les couples se font et se défont… J'ai su avancer, elle aussi. Aujourd'hui j'ai Madi, et Niylah. »
« Niylah parlons-en. Vous en êtes ou vous deux : vous sortez ensemble ? Vous êtes juste un plan cul ? Juste des amies ? »
« Pourquoi tu tiens tant à le savoir ? »
« J'en sais rien : faut bien le reconnaitre, depuis Lexa, tu as pas eu d'histoire vraiment sérieuse : tu as eu des conquêtes d'une nuit, parfois avec un peu de chance d'une semaine, tu as eu un enfant avec ton ami et collègue… Et là, tu sors, en fait on sait pas trop, avec une de tes collègues. Mais on ne sait pas trop ce que vous êtes finalement. Tu sais quoi ? Je crois que Lexa t'a tellement bousillé, que t'es même plus capable d'avoir une relation saine et normale avec qui que se soit. »
« … »
« Et tout ça, c'est à cause d'elle. Alors, tu vas pas me dire que tu as oublié, que tu as passé l'éponge. Tu es une mère célibataire avec un sérieux problème relationnel quand on en vient à évoquer la stabilité d'une famille, tu fuis en ayant des prétexte bidons… »
« T'es sérieuse ? Roan est mort ! »
« Mais vous étiez déjà séparés parce que tu es incapable d'avoir une relation avec quelqu'un autre que des proches, et donc des relations sans risque émotionnel. »
« … »
« Clarke, je t'aime, tu es certainement la personne que j'aime le plus au monde d'ailleurs… Mais durant des mois, tu as fait le deuil de ta relation avec Lexa, puis tu t'es plongée dans le travail, et puis les petites relations sans importance… Puis y'a eu Roan, c'était bien mais tu t'es dis qu'il n'y aurait pas de risque parce qu'il s'apparentait plus à un ami qu'à un amant. Mais y'a eu Madi, ma princesse. Ensuite tu as eu une période creuse et finalement Niylah, là encore une femme qui pourrait être bien plus une amie qu'une amante. Ca fait des mois que vous sortez ensemble et pourtant y'a rien de nouveau, ça stagne… Simplement parce que tu as peur de l'engagement. Et tu sais pourquoi ? Parce que Lexa t'a fait souffrir ! Parce que tu t'étais engagée avec elle, tu avais tout donné dans cette relation, et finalement, elle t'a tout pris. Et aujourd'hui… »
Clarke fronça les sourcils alors « Tu as raison. »
« … »
« Et je le sais. Je ne suis certainement pas faite pour la vie à deux. L'avantage c'est que je le sais. J'ai envie de liberté, de… »
« Des conneries Clarke ! Tu es faite pour la vie à deux, du moins c'est ce que tu pensais du temps où tu étais avec Lexa. Maintenant, les choses sont différentes n'est-ce pas ? »
« … »
« Tu peux pas dire que tu es passée à autre chose. Le fantôme de Lexa et du couple que tu formais avec elle plane toujours au dessus de toi. Tu dois la laisser. Elle, elle vit certainement sa vie à Los Angeles… »
« Raven, je comprends tes inquiétudes, sincèrement je les comprends. Mais avant de balayer devant ma porte… fait de même devant la tienne. »
« … »
« Tu parles d'un manque d'implication émotionnelle dans mes relations, ce qui est probablement vrai, mais regarde un peu ta vie : tu t'es réfugiée dans le travail. Toi aussi tu as enchainé des relations sans lendemain, sans enjeu… Maintenant je sais pourquoi. Anya… »
« N'importe quoi. »
« Ah oui ? Je ne connais que deux sentiments pour déclencher de telles réactions : l'amour et la haine. Et généralement, ces deux là sont étroitement liés. »
« Elle m'a jeté, comme une merde ! Faudrait être stupide ou complément aveugle pour revenir ! »
« Tout le monde a droit à une seconde chance. »
« Tu parles pour qui là ? »
« Pardon ? »
« Ce qui vaut pour moi, vaut pour toi ? »
« Lexa et moi c'est différent. »
« Ah oui ? »
« Lexa m'a trompé, et j'ai rompu. Anya a eu peur et elle est partie… »
« Elle m'a fait du mal Clarke, tu peux comprendre ça ?! »
« Evidemment. Mais la raison pour laquelle tu ne veux plus lui parler aujourd'hui est différente. Parce que tu n'as jamais cessé de penser à elle, tu ne l'as jamais oublié… Avoue-le. »
« … »
« Raven, ce n'est pas une preuve de faiblesse que d'éprouver encore des sentiments pour quelqu'un. »
« Même si ce quelqu'un t'a fait souffrir et t'a traité comme une merde ? Je crois pas non… Faut être sado. »
« Ou amoureuse… » sourit Clarke « J'ai toujours su que vous deux, vous seriez un couple d'enfer. »
Raven ne répondit pas, préférant esquisser une grimace « Tu comptes revoir Lexa hein… »
« On doit se voir pour un café. »
« Toi aussi tu l'aimes encore… »
« Disons que le sentiment est différent. Je l'apprécie parce qu'elle a été une part importante de ma vie. Mais sans notre séparation, je n'aurais probablement jamais eu Madi… »
« … »
« Lexa reste un souvenir agréable, même si sur la fin ça a été un peu chaotique. »
« Tu serais prête de nouveau à ce qu'il se passe quelque chose ? »
« Non. Tout cela est derrière moi. » sourit Clarke « Au mieux, nous pourrions être amies. »
Deux jours plus tard, Clarke donna rendez-vous à Lexa dans un café près de l'hôpital où elle officiait. Elle ne cessa de repenser à sa conversation avec Raven, et ses paroles se tournèrent et retournèrent dans son crane jusqu'à ce qu'elle voit Lexa à l'horizon, tout sourire, s'approcher.
« Hey, salut ! » s'enjoua la jeune femme
« Hey. Pile à l'heure. » sourit Clarke « Installe-toi. »
Lexa commanda un capuccino et soudain, une petite gêne s'installa. Soudain, Clarke pensa que cette petite entrevue n'était peut-être pas une bonne idée.
« Hm alors… Comment va Madi ? »
« Oh, elle va bien. Elle passe quelques jours chez ma mère. Elle a peu l'occasion de s'en occuper, alors quand je lui en laisse l'occasion… Elle est ravie »
« Je veux bien te croire. J'ai souvenir d'une Abby très famille. Elle doit être ravie d'être grand-mère. »
« Même si ça a été dur à envisager au début. » sourit Clarke
« Alors… Comment va… ta vie ? »
« Hm, pas si mal que ça. Et toi, ton poignet, mieux ? »
« Mieux oui. On repart dans 2 jours. Je vais certainement lever le pied sur les possibles tournages, histoire de me ménager un peu… »
« C'est sage en effet. »
« C'est étrange hein ? »
« Quoi donc ? »
« De se retrouver ici, toutes les deux, après tout ce temps… »
« Oui, c'est étrange en effet. Qui l'aurait cru ? Je veux dire… On a vécu une belle, histoire, tu m'as trompé, on a rompu… Et la vie continue. » sourit tristement la jolie blonde.
« Clarke… »
« T'inquiète, j'ai passé le cap y'a très longtemps. De l'eau a coulé sous les ponts. »
« Clarke… »
« Et puis, à présent on a nos vies… »
« Clarke… Je t'ai menti. »
La jolie blonde s'arrêta à et la fixa « Pardon ? Menti sur quoi ? »
« Il y a six ans. »
TBC
