Ha'ge Ohasu [L'être lumière] ~ Partie V Kastik'Ek'tra [Planète végétale]
Chapitre 5 - Rehshih [Trouple]
oOo
Précédemment
Spock avait pensé que leur trio allait permettre à son ami de conserver sa sérénité, mais ce n'était vraisemblablement le cas. Devait-il en parler avec Ève? Après tout, c'était elle qui lui avait ouvert les yeux. Ou bien était-ce une forme de lien de même nature que celui qui provoquait l'état de manque lorsque Ève et lui étaient séparés?
ooo
Le Docteur McCoy entra sur la passerelle, l'air déterminé. Il se dirigea directement vers le fauteuil de Kirk d'un pas décidé. Son entrée interrompit les réflexions de Spock.
- Dites-moi, Capitaine. Demanda McCoy avec autorité. Sommes-nous sous la menace d'un danger quelconque?
Tout était parfaitement calme sur la passerelle, comme la veille, l'avant-veille et les jours précédents... Kirk leva le nez du pad que l'enseigne venait de lui donner. Il croisa les yeux bleus acier de son ami et ne cacha pas son étonnement face à cette question incongrue :
- Pardon ?!
- ...pas de moteur qui casse? De dossier urgent à rendre pour hier? Pas de vaisseaux remplis de Klingons agressifs? Ou de Romuliens vindicatifs? D'attaque de chatons extra-terrestre humanoïdophage? Que sais-je, d'invasion de plantes carnivores fantômes peut-être? Déclara le médecin d'une traite et d'une voix très premier degré
L'accumulation des propos surréalistes du docteur, prononcés avec le débit d'une mitraillette et un tel sérieux, était si stupéfiante que le Capitaine s'inquiéta presque de la santé mentale de son ami. Tous les membres de la passerelle s'étaient tournés vers eux, certains rieurs, d'autres se demandant si McCoy n'avait pas attrapé un mal de l'espace inconnu spécifique à cet univers parallèle.
- Vos questions sont incohérentes, Docteur. Intervint Spock, un sourcil relevé
Il percevait nettement le profond amusement de son épouse, ce qui lui permit de comprendre que le médecin était en train de formuler une plaisanterie
Une main devant sa bouche, Ève ne pouvait se retenir de pouffer de rire. Elle avait parfaitement deviné la raison de cette attitude bizarre. Cela faisait plusieurs jours que McCoy poursuivait Spock, mais que celui-ci déclinait poliment mais fermement toutes ses convocations, toujours avec de bonnes raisons logiques et rationnelles, discrètement encouragé en cela par Jim.
- Parfait ! Jubila McCoy. Donc rien ne vous retient ici, Spock. Vous allez me suivre fissa! Cette fois-ci, vous n'avez aucune raison de vous soustraire à cette visite médicale que vous je vous réclame depuis plus de ...hum, voyons...
Il consulta sa montre
- Histoire de vous faire plaisir en étant précis: depuis 5 jours, 2 heures et... 33 secondes!
On entendit nettement des rires étouffés, et Ève n'était pas la dernière à tenter vainement de se retenir. Le sourcil de Spock grimpa d'un étage.
Par contre, Kirk n'avait pas du tout envie de rire, il était même profondément mécontent. Mais cette fois encore, il se reprit. Il n'avait aucune raison objective d'empêcher Bones de faire son travail de médecin :
- Allez-y Commandant. Ordonna-t-il à contre cœur. Nous essaierons de survivre sans vous !
- Evidemment, puisque je ne vous l'emprunte que pour une heure tout au plus ! Promis je ne vous casserais pas votre officier en second!
La profonde amitié entre le Capitaine et son Commandant était de notoriété publique. A part Ève, personne ne comprit l'allusion, pas même Jim et Spock.
- Puisqu'il le faut. Se résigna Spock, tout en constatant la vive contrariété de Jim.
Il entra dans le turbolift avec le docteur, impassiblement agacé.
Kirk eut du mal à ne pas afficher un visage irrité. Ses yeux avaient virés au noir. Il remarqua que l'enseigne qui lui avait apporté un pad osait à peine lui adresser la parole ou le regarder. Il se força à lui sourire aimablement. Il signa le document et le lui rendit en le remerciant.
Il pensa qu'il fallait absolument qu'il se reprenne. Il était bien conscient qu'il y avait quelque-chose qui clochait dans son comportement, lui qui n'avait jamais été jaloux (ni amoureux à ce point d'ailleurs). Mais c'était trop violent-puissant-irrépressible pour qu'il parvienne à le contenir.
Même si tout en lui hurlait le contraire, il ne pouvait pas contraindre Ève et Spock à rester en permanence à ses cotés. Tous deux avaient fait un long et si douloureux travail sur eux-même afin d'assouplir leur Pon nala-kaunshaya'es telik, ce n'était pas pour qu'il leur en impose un nouveau! Il avait l'impression de se transformer en un monstre d'égoïsme. Il devait constamment se retenir de toucher Spock, de toucher Ève pour éviter les rumeurs. Et plus il se retenait, plus il en crevait d'envie. Tout en lui hurlait que Spock et Ève étaient à lui...
Et pourtant... si Ève et Spock étaient mariés, lui, il n'était que leur amant. Même si cela lui avait convenu au début, cela ne lui suffisait plus. Il aurait aimé que l'univers entier soit au courant de leur trio dont il était si fier, il aurait aimé pouvoir clamer haut et fort que les cœurs Spock et Ève lui appartenaient, étaient à lui et rien qu'à lui... même s'il comprenait le désir de Spock que cette information reste dans le domaine privé. Il respectait la pudeur de Spock.
Jim tata machinalement son médaillon caché sous son uniforme. La pierre était douce sur sa peau. Il revit le moment où ils avaient trouvé ce riche filon de dilithium. L'un des cristaux surnuméraires avait une forme vaguement triangulaire. Cela lui avait paru tellement évident. Il avait fait tailler ces pierres par Beyett. Cet enseigne de Scotty était si passionné en gemmologie qu'il n'avait posé aucune question, trop heureux de travailler ces précieux cristaux pour en faire des pendentifs. Beyett avait juste demandé l'autorisation d'en garder un pour lui (ce que Jim lui avait accordé sans hésiter), dans le but avoué de l'offrir à sa fiancée lorsqu'ils seraient de retour dans leur univers. Pour faire les colliers, Beyett lui avait suggéré d'utiliser des cordelettes noires en plasticuir, souples et solides, sans danger pour la peau puisque cela imitait la structure du cuir.
Jim fit remonter dans sa mémoire le plaisir qu'il avait eu à les offrir à ses T'hylara... tout ce bonheur qu'ils avaient partagés, oui, Ève avait eu raison, ce fut entre eux comme un mariage secret...
Lash'a vint bourdonner à coté de Jim. Il lui tourna autour dans un vol qui aurait pu être agaçant, mais qui le détourna de ses sombres ruminations. Il se posa sur son épaule en ronronnant un JJJrrr... affectueux. Jim caressa ses élytres tièdes et douces comme une pierre polie. Lash'a resta agrippé à lui pendant tout son quart, même après le retour de Spock. Il reprenait ses bourdonnements à chaque fois que ses idées sombres tentaient de revenir le tourmenter, permettant à Jim d'afficher une relative neutralité... et de ne plus impressionner les enseignes qui lui apportaient les pads à valider.
Ève vit le manège de Lash'a. C'était la première fois que Jim et elle étaient séparés de Spock. Elle comprit que quelque chose n'allait pas avec Jim, mais elle ne parvenait pas à comprendre quoi.
Elle n'avait jamais vécu en couple, et encore moins en trouple. Jamais elle ne s'était sentie autant aimée, respectée, désirée...
Spock était possessif, Jim l'était plus encore. Cela ne l'étonnait pas, ni ne la gênait, ni ne l'étouffait. Cela lui semblait même parfaitement normal. Elle non plus n'aimait pas quand Spock n'était pas là. Mais, elle, elle était reliée à lui via leur Kash-naf, ce qui n'était pas le cas de Jim. C'était sans doute pour cette raison que cet éloignement était si difficile pour Jim. Oh, comme elle aurait aimé pouvoir faire comme Lash'a, se poser sur son épaule et lui murmurer des mots tendres à l'oreille pour le réconforter.
En levant les yeux de Jim, elle remarqua certains regards perplexes qui allaient du Capitaine à elle. Elle se sentit rougir, mal à l'aise. Elle se souvint de sa discussion avec le Docteur à propos de leur trio secret, et de sa promesse. Peut-être allait-il en parler avec Spock.
ooo
- Parfait. Mon cher Spock, vous êtes en parfaite santé !
- Je vous l'avais dit, Docteur. Répliqua Spock imperceptiblement agacé d'avoir dû quitter son poste pour si peu.
Tout en étant conscient de l'irrationalité de cet affect, il était vivement mécontent d'avoir causé le mal-être de Jim par cette absence inutile.
McCoy soupira. Il avait tourné, retourné et ruminé le problème dans sa tête dans tous les sens depuis la révélation de Ève. Il s'inquiétait pour elle et pour Jim. Surtout pour Jim en fait, car Ève semblait parfaitement heureuse et Spock était tout à fait comme d'habitude, c'est à dire aussi expressif qu'un mur blanc. Comme tout le monde, McCoy avait remarqué les fréquentes sautes d'humeur de son ami, lui qui n'en avait jamais eue avant. Jamais Jim n'avait été versatile... ce n'était absolument pas dans son caractère.
Il avait aussi appris, atterré, que Spock délaissait ses recherches au laboratoire! Avant, même malade comme un chien, rien ni personne n'aurait pu être capable de l'en empêcher!
Le trio ne venait pratiquement plus au mess que ce soit pour les repas ou les moments de loisir. Ils s'enfermait dans leurs cabines dès la fin de leur quart... ce repli sur soi n'était pas sain du tout!
Mais McCoy devait commencer par le début: mettre fin à ce secret qui entretenait pernicieusement de plus en plus de rumeurs autours d'eux.
McCoy avait même décidé d'aller chercher lui-même Spock sur la passerelle, afin d'être sûr de pouvoir lui en parler en tête à tête. Il avait passé tout le temps de l'examen de santé à chercher un moyen d'aborder avec lui ce sujet avec délicatesse, sans parvenir à trouver par quel bout le faire.
- La Petite m'a tout dit. Avoua-t-il soudain avec une brutalité qu'il ne maîtrisa pas
Ce n'était pas du tout comme ça qu'il voulait amorcer cette discussion, mais tant pis. C'était fait.
- "Tout" est un terme imprécis, Docteur. Répliqua Spock par réflexe, imperceptiblement sur la défensive.
Il avait parfaitement compris à quoi le docteur faisait allusion. McCoy ne fut pas surpris par cette non réponse.
- Ne faites pas l'idiot, vous m'avez bien compris! Je vous parle de votre trio avec Jim et elle. Elle avait visiblement besoin d'en parler à quelqu'un. Elle sait que je ne le révélerai à personne.
Spock ne répondit pas.
Il se souvint que les Humains éprouvaient en effet ce besoin irrationnel de parler de leur intimité avec leurs semblables. Il ne ferait aucun reproche à son Épouse: il connaissait la discrétion de McCoy, elle avait eu l'intelligence choisi le confident adéquat.
Bien qu'il était extrêmement fier de son trouple, la pudeur de Spock se refusait à évoquer sa vie privée. Il se contenta d'observer le docteur avec son impassibilité habituelle. McCoy y eut un silence embarrassé.
- Il y a un élément que je dois porter à votre attention. Reprit-il avec son entêtement coutumier. Certains membres de l'équipage commencent à jaser à votre sujet, Spock.
- Ce que les membres de l'équipage peuvent supputer à mon encontre n'a aucune importance. Répliqua le Vulcain. Et cela ne vous concerne pas.
- Quand je dis vous, je parle aussi de Jim et Ève. Et d'une certaine façon, si, cela me regarde! S'emporta McCoy avec véhémence. Je vous considère tous les trois comme mes amis et...
Il se tut, et rougit brusquement, médusé par ces mots qui avaient franchi ses lèvres avant qu'il n'ait eu le temps de les censurer. Il n'était pas dans ses habitudes de crier son amitié sur les toits.
Spock ne put se retenir de lever un sourcil. Cet aveu le troubla brièvement. Effectivement, si le Docteur les considérait comme ses amis, il avait une certaine légitimité à se faire du soucis pour eux, car ainsi fonctionnaient les Humains.
- Je sais que les rumeurs vous ont toujours laissé indifférent, Spock. Reprit le docteur plus posément. Cependant, ça jase surtout à propos de Ève et Jim, si vous voyez ce que je veux dire. C'est pour eux que je me fais du souci. Cela pourrait nuire à Jim et blesser Ève. Je crois qu'elle est plus vulnérable qu'elle n'en a l'air. Pour quelles raisons tenez-vous tant à garder cette relation secrète ?
- C'est du ressort de notre vie privée. Répliqua Spock avec obstination
Il ne voyait pas en quoi de simples rumeurs irrationnelles pouvaient être blessantes. Ce n'étaient que des mots. Ève, Jim et lui étaient bien au-delà de ces futilités.
- De plus, s'il s'avère que ces rumeurs s'apparentent à des médisances, je ferai appliquer les sanctions réglementaires.
McCoy dût se contenir pour ne pas s'énerver à nouveau :
- Cela ne fera que les renforcer! Les rumeurs parlent d'adultère, Spock. Expliqua-t-il d'un ton sévère. Si j'ai bien compris cela n'est pas plus admis chez les Vulcains que chez les Humains
- Je vais prendre des mesures répressives pour faire taire ces calomnies.
-... mais? !
- Je vous précise par ailleurs que l'adultère n'existe pas chez les Vulcains.
Bon sang de bon sang, mais quel Vulcain borné ! Le docteur prit une longue respiration pour éviter de se laisser aller à la colère.
Il . devait . res-ter . cal-me.
S'énerver ne ferait que renforcer l'attitude butée de ce fichu Gobelin, lequel restait parfaitement, exaspérément impassible face à lui.
- Vous avez bien de la chance! Railla le médecin. Mais cela arrive chez les faibles Humains que nous sommes.
McCoy savait amèrement de quoi il parlait, lui qui avait été trompé par la mère de sa fille. Son ton s'adoucit alors qu'il parlait avec son cœur:
- Les amours secrètes peuvent être difficiles à vivre pour certains, Spock. Surtout pour des personnes comme Jim. Je suis sûr que cette situation lui est difficile à vivre. La preuve en est avec cette modification notable de son comportement! Ne me dites pas que vous ne l'avez pas remarqué.
En effet, Spock l'avait constaté. Il n'interrompit pas le médecin qui poursuivait:
- ...Mettez-vous un peu à sa place! A cause de ce secret que vous lui avez imposé, Jim est contraint de faire semblant de ne pas vous... aimer, et d'alimenter le mensonge que vous n'entretenez qu'une amitié. Mais Jim n'est pas du genre à se dissimuler, vous le savez autant que moi! C'est un homme franc et sincère qui déteste mentir, excepté quand il est prêt à tout lorsque nos vies ou celles de l'équipage sont en danger
McCoy vit que ses mots avaient fait mouche, Spock resta silencieux. McCoy fit un effort de patience pour laisser le Gobelin réfléchir... Sans doute en pure perte, car il allait certainement lui prouver par A plus B qu'il avait tord.
Les mots prononcés par le médecins se ré-assemblaient dans l'esprit de Spock... se dissimuler... faire semblant... mentir pour ne pas montrer ses sentiments pour Ève et lui... le mensonge était désapprouvé par les Vulcains...
Ils parlaient de Jim, son T'hy'la.
Veiller à son bien-être faisait parti de ses devoirs d'époux, et, surtout, de ses désirs profonds. Pour une fois, il suivit le conseil de McCoy. Exceptionnellement, il accepta de faire appel à son moi Humain afin de reconsidérer la situation et il extrapola les ressentit de Jim. Il se rendit compte que ce secret équivalait à lui interdire de les revendiquer, Ève et lui, comme siens aux yeux de tous... hors il était lui-même bien placé, en tant qu'époux Vulcain territorial, pour savoir à quel point il était important, vital, pour un/e époux/épouse Vulcain/e de pouvoir affirmer sa propriété sur sa femelle ou son mâle...
La pierre taillée qu'il portait sous son sous-vêtement était sensée représenter le symbole d'une relation équitable entre eux, mais ce n'était actuellement pas le cas puisqu'il avait contraint Jim à taire leurs liens intimes.
Soudain, Spock comprit la raison du mal être de Jim.
Il déduisit combien Jim devait souffrir de ce silence qu'il leur avait imposé. Il se devait impérativement d'y mettre fin. Il sut ce qu'il avait à faire, même si cela lui déplaisait. Il devait le faire pour le bien-être de son Sa-t'hyla.
- Je vous remercie Docteur. Dit-il tranquillement.
- Pardon ? S'étonna McCoy pris au dépourvu par ce brusque revirement.
Il s'était attendu à une lutte bien plus acharnée contre ce bon sang de fichu Vulcain entêté...
- Ce soir, lors du souper au mess, je mettrai fin à tous ces malentendus, définitivement.
Le docteur ne put se retenir d'arborer un grand sourire à la fois rassuré et satisfait. Mais il eut le triomphe modeste.
- Vous avez pris la bonne décision, Spock, pour vous trois.
Spock se contenta de hocher la tête, impassible.
McCoy était rassuré pour ses amis. Certains bavassaient dans le dos de Spock et de ses compagnons? Ils allaient être content : ce soir, ils allaient avoir une déconcertante information pour alimenter leur divagations...
ooo
Leur quart était fini, enfin.
Dans le turbofleet, Jim soupirait d'aise. Son Spock-à-lui lui avait été rendu. Sa Ève-à-lui était avec eux. Ils allaient enfin pouvoir se retrouver tous les trois sans interférence, il allait les avoir tous les deux pour lui seul. Il avait tant envie et tant besoin de...
- Je souhaiterai que nous nous restaurions au mess, ce soir. Dit Spock brisant involontairement les rêveries possessives de Jim
- Oh oui, quelle bonne idée! Renchérit Ève. Cela fait longtemps que nous n'y sommes allés!
Jim se rembrunit mais acquiesça. Cela faisait plusieurs soirs de suite qu'ils soupaient dans leur cabine à cause de ses exigences possessives. A aucun moment ses T'hylara ne s'étaient opposés à ces caprices immatures. Pour être honnête, plus ils cédaient à... son despotisme, plus il était difficile à Jim de le combattre, d'autant plus que ni Spock ni Ève ne semblaient en être incommodés. Il ne pouvait tout de même pas les priver de toute vie sociale au prétexte infantile qu'il voulait les garder tout les deux pour lui tout seul.
Ils s'installèrent. Étonnement, Spock choisit une table au milieu du mess.
Jim remarqua des regards soupçonneux sur Ève et lui, ce qui l'agaça prodigieusement et acheva de le mettre de très mauvaise humeur. L'expression buttée de Jim n'était guère avenante et faisait le vide autour d'eux-trois
Ève considéra son bien-aimé avec étonnement, elle l'avait jamais vu ainsi, c'était encore pire que lors de l'absence de Spock. Elle s'en alarma. Elle regarda Spock, elle le trouva légèrement tendu. Leur Kash-naf ne lui révéla rien de son état mental, il était parfaitement contrôlé. Son sourire se fana, elle qui était si contente de souper au mess, et elle commença à ressentir de l'inquiétude. Spock le perçut et posa sur elle ses si beaux yeux calmes, mais déterminés. Il avait pris une décision, comprit-elle, mais laquelle?
Nul n'osa prendre place à leur table. McCoy fut le seul à se joindre à eux, il s'assit en face d'eux, avec un petit sourire goguenard et satisfait qui exaspéra davantage Jim, et étonna profondément Ève. Elle devina qu'il allait se passer quelque-chose. Spock attendit patiemment que la salle se remplisse.
Spock se leva avec sa grâce habituelle. Il dit d'une voix forte:
- Madames et Messieurs, je vous prie de m'accorder votre attention.
Un silence surpris s'installa, intense et immédiat. Ève rougit, mal à l'aise en raison de tous les regards qui pesaient sur eux. Jim le regarda avec étonnement, sa mauvaise humeur presque oubliée. Il n'était pas dans les habitudes de Spock de prendre la parole ainsi. Il se dégageait de lui une prestance que Jim et Ève trouvèrent majestueuse.
- Depuis que nous sommes partis de Kastik-ek'tra [planète des Plantes], certains membres de l'équipage ont propagé des rumeurs voire des médisances à l'encontre du Capitaine et de mon Épouse. Exposa-t-il froidement, droit comme un i, les mains croisées dans son dos.
Nul ne pouvait le nier. Nombreux dans cette salle étaient ceux qui s'y étaient adonnés, sans réelle malveillance, cependant. Plus par étonnement vis à vis du comportement du Capitaine et de Miss Ève, et de l'incompréhensible indifférence du Commandant face à celui-ci, alors que Spock avait maintes fois laisser transparaître sa possessivité d'époux. Beaucoup pensaient que la profonde amitié du Vulcain à l'égard du Capitaine ainsi que ses sentiments vis à vis de son Épouse le rendaient aveugle à leurs comportements et attitudes discrètes, mais équivoques et ils étaient déçus par l'attitude du Capitaine...
- Ces rumeurs sont inacceptables car elles concernent notre vie privée...
Étrangement, énoncés avec cette voix impassible, ces propos n'en avaient que plus de poids.
- ...Celle-ci ne concerne aucune autres personnes que nous. Cependant, les Humains étant ce qu'ils sont, je me trouve contraint de rétablir les faits afin de mettre fin à ces comportements inappropriés.
Spock haussa sa voix d'un demi-le ton sans se départir de son calme. Autour d'eux, l'attention, pour ne pas dire la tension, monta d'un cran
- Il n'y a aucune relation adultère entre mon Épouse et le Capitaine puisque le Capitaine, Ève et moi sommes en trouple.
Spock ne leur déclara pas qu'il considérait Jim et Ève comme ses Époux, il ne pouvait pas se permettre de revendiquer Jim comme son Adun. Selon les lois en vigueur, aussi bien celles des Terriens, que celles des Vulcains, ou de la Fédération, un mariage liait deux personnes, quels que soient leurs genres, leurs sexes ou leurs origines ethniques à la condition d'être des personnes adultes et consentantes. Un mariage n'unissait jamais trois personnes. De toute façon, quand bien même cela avait été possible, aucune cérémonie officielle n'avait eu lieu pour sceller leur hyménée. Spock dut contenir énergiquement la puissante émotion de son Épouse, transmise via leur Kash-naf.
L'annonce eut l'effet d'une bombe. Il y eut des murmures étonnés que Spock laissa courir quelques instants, le temps que les personnes présentes puissent mémoriser correctement cette information.
- Dorénavant. Reprit Spock sévèrement. Nous ne tolérerons aucune médisance au sujet de notre vie privée, que ce soit à mon encontre ou à celle de mes conjoints...
Chacun perçut nettement sa possessivité suinter dans sa façon de dire "mes conjoints", en tout point identique à celle qu'il laissait involontairement transparaître vis à vis de Ève
-...Sachez en outre que les instigateurs des prochaines médisances seront sanctionnés comme prévu au règlement intérieur de ce bâtiment sur la calomnie, paragraphe 354G alinéa B87. Je vous remercie pour votre attention.
Spock se rassit, et prit une cuillère de soupe de plomeek comme si de rien n'était.
Il avait agi à l'encontre de sa pudeur, mais, étonnement, il n'en ressentait pas moins à présent une profonde satisfaction. La vérité avait été dévoilée et elle n'avait rien de honteuse. Il croisa le regard étonné et brûlant de Jim. Il vit le sourire heureux, lumineux, de Ève. Il identifia nettement les émotion qu'elle lui transmettait comme du bonheur et de la reconnaissance. Il remarqua l'expression approbatrice de McCoy. Oui. Il avait, cette fois encore, pris la bonne décision.
Jim plongea avec provocation sa petite cuillère dans le bol de Spock qui ne protesta pas, même si ce n'était pas des manières acceptables en public
- ... en trouple... mm? Vous faites des néologismes maintenant ?
- Je ne vois pas d'autre mot pour décrire cette situation, Capitaine. Répondit impassiblement Spock. De plus ce néologisme existe depuis le vingt-et-unième siècle
- Je le confirme. Approuva Ève avec du soleil dans la voix. A une époque, il y en avait même plein les magazines féminins, c'était presque le must-have à la mode !
Miss Chapel vint s'asseoir à coté du docteur. Autour d'eux, tous les convives étaient toujours silencieux de stupeur
- Pardonnez-moi, monsieur Spock... Je ne suis pas sûre d'avoir bien compris. Est-ce que... Que voulez-vous dire par... trouple?
- Mais en enfin, Miss Chapel, Spock a pourtant été clair! Protesta aussitôt McCoy
Spock haussa un demi sourcil. Il avait pourtant cru avoir été explicite dans ses propos,par l'utilisation additionnelle du mot "conjoints". Mais Miss Chapel semblait vraiment, sincèrement, décontenancée. Il était probable qu'elle ait entendu mais pas vraiment écouté, comme le font parfois les Humains face à une information trop déroutante.
- Ce n'est pas grave, Bones. Intervint Kirk en portant la cuillère de soupe à sa bouche.
Il réprima une grimace, le goût de cette soupe de plomeek était vraiment étrange. Il avala la gorgée.
- Spock, Ève et moi sommes en "cou-ple-à-trois". Expliqua-t-il presque calmement, mais avec un sourire rempli d'orgueil. En trouple.
-... en trouple... tous les trois... Répéta Miss Chapel son regard allant du Capitaine, à Spock et Ève.
- Voilà. Confirma Jim qui souriait toujours, plus charmant et charmeur que jamais, ses yeux luisaient de satisfaction.
Oooh, bordel de bordel!
Comme cela lui faisait du bien de le dire !
Un bien fou!
Jim se sentait revivre.
Que leur relation de trouple soit ainsi officialisée calmement et sans esclandre, au vu et au su de tous, lui donnait une légitimité. Que cette révélation émane de Spock renforçait son bien-fondé. Un Vulcain n'agit jamais à l'encontre de la logique et de la raison, et Spock n'était pas vraiment réputé pour sa fantaisie.
Jim ressentait un puissant sentiment de fierté qui trouvait écho dans celle qu'il devinait dans le regard de son Vulcain, (maintenant, tout le monde savait qu'il était légitimement à lui) dont le beau masque stoïque était si bien en place.
Il perçut aussi assez distinctement la joie profonde de Ève, qui ne s'exprimait pas seulement sur les traits de son visage et ses yeux brillants, mais en lui, comme si son cœur avait été connecté à celui de la jeune femme (c'était comme si, pour la seconde fois, Spock lui avait donné le droit d'aimer Ève: le droit de l'aimer au grand jour)
Pourtant, Jim n'avait absolument pas l'intention de modifier son comportement en public, il n'en avant jamais eu le projet, sa conduite resterait strictement professionnelle. Il savait que ses T'hylara feraient de même. Mais il se rendait compte à quel point il lui était indispensable que l'on sache pour Spock, Ève et lui, que ce soit officiel et sans sous-entendu. C'était comme si cette officialisation lui avait ôté un poids qu'il n'avait pas eu conscience d'avoir sur le cœur, lui permettant de retrouver un équilibre harmonieux.
- Félicitation, Capitaine ! Intervint Scotty sincèrement ravi en lui tendant une main que Jim serra en lui rendant son sourire. Ça on ne peut pas dire que vous faites les choses à moitié en choisissant vos moitiés, pardon vos tiers !
Scotty rit de bon cœur de sa bonne blague, et certains membres de l'équipage avec lui. Il ajouta :
- Vous avez de la chance, ma p'tite dame, ce sont les deux meilleurs hommes de la flotte !
Ève rougit et répondit, un peu mal à l'aise d'être au centre de l'attention. Mais il y avait aussi beaucoup de fierté dans ses yeux brillants de bonheur.
- Oui. Je le sais.
Elle émit un doux halo de lumière irisée. Sans qu'elle ne le contrôle, celui-ci se répandit de façon à entourer Kirk et Spock qui était assis à coté d'elle. Jim eut un sourire satisfait, et le regard de Spock se fit discrètement approbateur. Ève n'était pas de nature possessive ou jalouse, et pourtant... inconsciemment, elle aussi, elle avait besoin d'affirmer aux yeux de tous les précieux liens qui les unissaient tous les trois. Elle ignorait comment un tel miracle avait pu être possible, mais ces deux Hommes exceptionnels étaient à elle, et maintenant tout le monde le savait
Ce rayonnement amoureux ne dura qu'une demi minute avant qu'elle ne s'en rende compte et y mette fin en rougissant... 37 petites secondes, mais amplement suffisantes pour faire passer le message.
Pour les membres de l'équipage les choses étaient claires à présent, cette révélation expliquait tout : les sautes d'humeurs du Capitaine lorsque Spock ou Ève s'absentaient de la passerelle; la possessivité du Commandant vis à vis de son épouse et sa contradictoire absence jalousie quand Kirk déployait ses charmes autour d'elle; cette façon si particulière que Ève avait de les regarder l'un et l'autre, avec fierté et admiration.
Le Capitaine Kirk n'avait jamais été un homme ordinaire, pas plus que le commandant Spock ou cette jeune femme qui détenait un étonnant pouvoir de lumière. Il n'y avait donc rien d'étonnant à ce que leurs vies sentimentales et privées ne le soit pas non plus...
Le repas se déroula dans la bonne humeur...
ooo
Sur le chemin du retour, Jim insista pour qu'ils rentrent par la porte de l'ancienne cabine de Spock et Ève approuva. Spock ne put que céder à cette exigence irrationnelle.
À peine la porte de leur chambre s'était-elle refermée derrière eux que Spock se retrouva plaqué contre le mur, sa nuque accrochée par la main implacable de Jim, et ses lèvres solidement accrochées aux siennes, conquérantes. Décontenancé, Spock ne lui opposa aucune résistance. Il avait déjà vu Jim agir ainsi avec Ève, il savait ce que cela signifiait et ne s'y opposait pas (bien au contraire)
Quand Jim lâcha enfin sa bouche, ce fut pour le pousser, l'entraîner vers le lit. À chaque fois qu'il essaya de parler, sa bouche fut close par les lèvres de Jim.
Lash'a s'éloigna en bourdonnant contre cette agressivité amoureuse et alla se mettre à l'abri. Il se fit un nid dans les larges feuilles d'une plante, dans le coin réservé à la méditation et n'en bougea plus.
Un Vulcain était trois fois plus fort qu'un Humain, Spock aurait pu le repousser d'un geste. Mais le désir et la volonté de Jim étaient si puissants qu'ils envahissaient son esprit par vagues à chaque contact de leurs peaux, et neutralisaient ses pensées. Il ne lui opposa qu'une sorte de résistance passive. Dans un même temps, il était fasciné par l'attitude conquérante de Jim.
Sa tunique fut déchirée sans ménagement, son pantalon arraché avec violence, il ne se débattit pas. Spock pensa soudain à sa douce épouse, si dénuée de toute forme d'agressivité. N'allait-elle pas être choquée par tant de brutalité ? Jim le poussa et Spock accepta de tomber sur le lit. La petite main de Ève se posa sur sa joue. Le temps qu'il tourne son visage vers elle, elle s'était à son tour emparée de ses lèvres. Sans la pugnacité de Jim, mais tout de même de façon exigeante, dans un baiser possessif qui disait "t'sa-nash-veh, t'sa-nash-veh..." [mien, mien...] Spock décréta qu'un époux se devait de se donner entièrement à ses conjoints...
Spock était nu sur le lit, soumis par de puissantes vagues de plaisirs, provoquées par les mains, les lèvres, les souffles de ses T'hylara sur sa peau. Ils était partout à la fois et c'était presque trop. Spock leva la main vers Ève, il voulait la serrer contre lui. Il rencontra sa peau nue. Elle l'enlaça contre sa poitrine. Un univers de douceur tiède et moelleuse se referma tout autour de son visage. La bouche, les mains de Jim continuaient leurs suaves tortures, chérirent et firent durcir ses tétons, descendirent lentement le long de son buste, son ventre, son pubis, provoquant des ondes de plaisir. Elles s'emparèrent de son pénis. Jim le cajola, le dévora, alors que les lèvres de Ève couvraient son visage de baiser en murmurant ... Taluhk, taluhk, taluhk [précieux...]
Et, submergé par ces délices, Spock se sentit chéri comme l'être le plus précieux au monde.
Jim se redressa, lui offrant un peu de répits. Tandis que Spock tentait de retrouver un peu de pensée rationnelle, Jim rampa sur son corps, vers Ève et lui quémanda un baiser. Elle fut étonnée par le goût de sa bouche
- Vesht-spa'ra du potau-slor-tukh? [Tu as mangé une sucrerie ?] S'étonna-t-elle naïvement
- Nam-tor ish-veh zahvan t'Spock [C'est le goût de Spock] Répondit-il d'une voix rauque. Viens...
Ève comprit où il voulait en venir, ce qu'il espérait d'elle. S'émerveiller en contemplant Jim choyer Spock avec sa bouche était une chose, le faire elle aussi appartenait à une toute autre dimension. Malgré tous les yaoï qu'elle avait lus, elle n'en restait pas moins extrêmement pudique (trop pudique? se demandait-elle parfois, mais jamais ses T'hylara ne lui en avait fait le reproche)
Ève savait que Spock n'aimait pas étaler sa vie privée et l'effort que cela lui avait demandé d'en parler ainsi. Spock l'avait fait pour eux. Elle aussi avait fini par remarquer les regards torves sur elle et Jim. Il y aurait toujours des regards bien sûr. Mais plus personne pour la soupçonner de trahir son époux. Et cela parce que Spock avait accepté d'aller au-delà de sa pudeur. Alors, elle allait elle aussi surmonter la sienne. Elle aussi, elle allait lui donner son amour de cette façon.
Elle libéra le visage de Spock de son emprise, et prit la place de Jim entre ses cuisses. Elle commença par goûter du bout des lèvres le pénis suintant, légèrement vert, comme pour se tester elle-même. Elle constata qu'il avait vraiment un goût de fruit. Elle sentit Spock frémir à son contact, physiquement et mentalement. Cela lui plut beaucoup. Elle le goûta une seconde fois, plus franchement, comme pour vérifier.
Spock sentit sa petite langue humide et presque fraîche martyriser sa chair par la brièveté de son contact.
Il gémit et dut se contenir pour ne pas supplier "encore". Il fit un immense effort pour retenir cette supplication. Il ne voulait pas forcer Ève à faire quoi que ce soit, il ne voulait pas qu'elle accomplisse des choses pour lui faire plaisir, il voulait qu'elle donne selon ses propres désirs à elle.
Car malgré cette frustration, Spock respectait la pudeur de son Épouse. Il voulait la laisser aller à son rythme, qu'elle prenne le temps de s'approprier ce qui lui appartenait de droit. Mais il avait beaucoup de mal à s'abstenir de se cambrer à la recherche de plus de contact.
Spock entendit Ève murmurer ce même "...huuum" gourmand que lorsqu'elle dégustait un carreau de chocolat, et cela lança dans ses reins une étrange décharge de plaisir. Oh, comme il aimerait être son carreau de chocolat à elle et fondre dans son adorable petite bouche... peu importait l'irrationalité de ces pensées si peu Vulcaines, il n'était plus qu'un homme éperdu de désirs.
... par tous les anciens dieux de Vulcain, qu'il était difficile de ne pas lui supplier de l'accueillir entièrement dans sa bouche!
La main de Jim se posa sur sa poitrine, détournant Spock de ses sentiments de frustration. Ses lèvres parcoururent son buste, s'attardèrent délectablement sur ses tétons, elles remontèrent le long de son cou, s'emparèrent de ses lèvres...
Ève se rendit compte que le simple fait de savoir qu'elle pouvait offrir du plaisir à Spock de cette façon était follement excitant, et son cœur s'accélérait dans sa poitrine à cette pensée. Toute à sa concentration et son désir de bien faire, elle ne l'entendait pas gémir. Elle dardait le bout de sa langue en de petites léchouilles pointues, à la fois agréables et frustrantes pour sa "victime"
Jim s'appuyait sur son coude, et son regard alla de Spock, dont le beau visage était tendu par le plaisir, et Ève. Il se dégageait d'elle quelque chose... d'adorablement innocent (?) dans cette façon de... butiner Spock, cela l'étonnait autant que cela l'émerveillait. Un nouveau gémissement de Spock, particulièrement plaintif et sensuel, fit naître un frisson entre ses reins, mélange de plaisir et de satisfaction profonde d'avoir suggéré à Ève d'offrir cette caresse-là à leur amant.
Ève s'enhardit soudain, et promena plus franchement sa langue le long de sa hampe, de bas en haut, elle enroula l'une des vrilles autour de ses doigts. Le profond soupir de Spock provoqua en elle un plaisir troublant. Alors elle recommença, et Spock sentit le frôlement de ses petites dents.
Les gestes et les baisers de Ève étaient de moins en moins maladroits au fur et à mesure qu'elle gagnait en assurance. Mais surtout, c'était elle lui offrait ce plaisir en surmontant ses inhibitions, et, pour Spock, cela n'avait pas de prix.
Jim se rapprocha davantage de Spock, ils emmêlèrent leurs doigts. Tous deux regardèrent Ève découvrir et s'approprier le pénis de Spock, et, surtout, surtout, y prendre goût. Cette vision était à la fois si belle et si érotique. Sans même que Spock ne l'initie, leurs esprits vinrent à la rencontre l'un de l'autre, et Jim ressentit ce que Spock éprouvait physiquement, ce mélange de plaisirs, de désirs, de délectable frustration
...oooh bordel, comme c'était bon!
Ève appréciait ce qu'elle faisait, et cela se sentait. Elle grignotait sa hampe avec gourmandise, par petits bouts, mutine. De sa petite bouche chaude, elle suçotait le gland hypersensible, il était délicieusement plus sucré que le reste du membre. Elle le caressait de sa langue. Soudain elle le prit entièrement entre ses lèvres et remonta jusqu'à la base de la hampe. Spock eut un soupir rauque, et ne put cette fois-ci retenir sa supplication "...ha! [oui!]", presque aussitôt suivi du "Bordel, oui!" de Jim
Ève frissonna en comprenant que les esprits de ses T'hylara avaient fusionné, elle adora ces gémissements
Ève se débarrassa définitivement de toutes ses inhibitions et préjugés: Spock, son Spock-bien-aimé, si puissant, si protecteur, Jim, son Jim-adoré, si fort, si indomptable, Ses Hommes-rien-qu'à-elle, s'abandonnaient entièrement à elle, ils se soumettaient à son bon vouloir... alors, elle initia de longs va et vient, en enserrant le phallus entre sa langue et son palais, pour le plaisir de les entendre gémir encore...
Spock t'nash-veh! Jim Ashayam! Ko-t'nash-vehlar [mon Spock. Jim-amour. Miens!] Se répétait-elle en boucle
La peau du membre tendu était si douce, si délicatement sucrée... les ondes de plaisirs qui parcouraient le corps frémissant de Spock se répandaient en elle via leur lien, elle savait exactement ce qu'elle devait faire pour les faire fondre de bonheur... toute à sa volupté de faire vibrer ainsi ses Hommes-à-elle, elle se sentait la femme la plus puissante du monde...
Jim crocheta soudain le visage de Spock. Leurs yeux aux pupilles dilatées se noyèrent les uns dans les autres. Leurs bouches se scellèrent en un baiser passionné. Ève leva les yeux vers eux et frémit. Comme elle pouvait adorer les regarder s'embrasser! Elle continua à les cajoler de sa bouche tout en les couvant des yeux. Jim croisa soudain son regard
- Oh, Ève, mos-ashalik t'nash-veh [ma douce chérie]. Soupira-t-il mort de désirs. Nem'uh n'etek [Prends-nous!] Nem'uh n'etek!
Ève leva les yeux vers eux. Elle hésita une demi seconde.
Oui. Oui. Oh oui! elle le voulait elle aussi!
Elle enjamba les hanches de Spock et lentement, presque timidement, elle l'accueillit en elle. Les deux hommes eurent un même soupir, si délicieux que cela lui envoya des décharges électriques d'excitation et de désir dans le creux de ses reins. Ils étaient ses hommes. Ses hommes à elle.
Elle bougea doucement, pour s'approprier cette nouvelle position, se déhancha, soupira. C'était vraiment très agréable, Spock l'emplissait toute entière. Ils posèrent leurs mains sur ses hanches, mais la laissèrent évoluer à son rythme à elle. Ils s'abandonnaient à elle, gémissant de plaisir. Alors, à nouveau, elle prit confiance en elle. Le plaisir prenant de l'ampleur, elle se fit plus volontaire, plus possessive. Elle se pencha sur Spock, prit appui sur sa poitrine, ils levèrent leurs mains sur elle pour la caresser. Leurs mains étaient partout, délectables, sur ses seins, ses hanches, ses cuisses, son ventre...
- Sasular t'nash-veh ! [Mes hommes...] Gémit-elle en haletant. Mes hommes-à-moi... Ashayamlar t'nash-veh... [mes bien-aimés...]
Son corps émit une lumière suave qui se répandit entre eux, telle une caresse supplémentaire. Son esprit rejoignit celui de ses amants, et ils crièrent presque lorsque leurs sens s'enflammèrent dans un orgasme insensé.
Ève s'affaissa lentement. Mais Spock la retint contre lui après s'être retiré d'elle. Elle resta à califourchon sur ses hanches, et s'allongea sur lui. Elle l'enlaça et enfouit son nez dans le creux de son cou, Spock sentait si bon!
Ils reprirent leur souffle.
- Ko-taluhk t'nash-veh [ma précieuse] Murmura Spock
Jim se redressa, et ses lèvres parcoururent le dos de Ève. Il embrassa longuement ses reins, ses hanches, ses fesses, se délectant des frissons que cela faisait naître sur sa peau. Il se coucha sur elle, présenta son pénis entre ses cuisses :
- Aitlu du ish-veh isha ha? [le désires-tu aussi? ]
Cette voix...
...rien que cette voix était en elle-même la plus sensuelles des caresses et réveilla instantanément le désir en elle:
- Ha, Jim. Sarlah-uh [Oui, Jim. Viens.]
Il se glissa en elle d'un long coup de rein et elle gémit. Jim savait qu'elle était prête à le recevoir, qu'il ne risquait pas de lui faire mal, aussi il fut passionné.
Ève s'abandonna en toute confiance
Elle sentit qu'elle n'allait pas tenir longtemps avant de craquer. Son intimité était hyper-sensible. Le corps de Spock était si brûlant sous elle, elle sentait ses muscles à chacune de ses respirations essoufflées, ses mains chaudes s'attardaient sur son corps, sur celui de Jim, son pénis brûlant glissait tout contre son ventre à chacun des va et viens de Jim en elle, et elle trouvait cela terriblement excitant. Le corps de Jim la couvrait de toute sa force. Son agressivité possessive, sa douce violence étaient délectables...
- Oui, Jim... oui! Va'ashiv! [encore!]
Spock recevait dans son esprit les sensations physiques de Ève, son plaisir était indescriptible. Parfois, Jim cessait ses mouvements pour échanger avec lui un long baiser, faisant frémir Ève de ravissement... puis Ève se réappropriait sa bouche
Leurs trois esprit se rejoignirent. Ils n'avaient plus besoin que Spock initie le contact, il leur suffisait à présent de le désirer. Et tout trois désiraient ardemment cette union psychique autant que ce partage physique... et ils exultèrent ensemble dans une flamboiement de lumières irisées...
Pour la première fois depuis qu'ils étaient en trouple, Jim se sentit assouvi par leurs étreintes. Il se laissa glisser dans une sorte de bien être flottant...
Ève était tout simplement heureuse...
Spock perçut leurs émotions, leurs esprits étaient encore liés. Il en ressentit une puissante satisfaction.
Ève reprit son souffle. Elle était couverte de sueur. Elle trouva la force de sortir du lit et se dirigea lentement vers la salle de bain. Son corps était lourd, ses muscles incertains, mais son esprit débordait de fierté et de bonheur. Elle prit une douche rapide. Elle revint revêtue de son pyjama, les cheveux humides, sentant délicatement le savon. Ses deux hommes avaient changé les draps, et l'attendaient en s'embrassant tendrement.
- ...niii vakayaing vaksuriklar ! [...siii adorablement beaux!] S'émerveilla-t-elle.
Elle ne se laisserait jamais de les admirer en train de s'embrasser...
Dès qu'ils se tournèrent vers elle, elle exigea sa part, qu'ils lui accordèrent avec délectation. Puis ils allèrent à leur tour se laver. Tandis que Spock prenait une douche ionique, Jim préféra sa version traditionnelle. Ève somnolait déjà lorsqu'ils la rejoignirent dans le lit. Spock avait mit un pantalon de pyjama, mais Jim avait préféré rester nu (ce que Spock ne désapprouva pas)
Jim et Ève s'endormirent rapidement.
Implacablement cloué sur le futon par les bras et les jambes possessifs de ses T'hylara, Spock n'eut pas le courage de s'en dégager. Il avait pourtant besoin d'une profonde séance de méditation.
Il se laissa porter par la douceur d'être ainsi choyé. Il se concentra et amorça la phase de respiration préparatoire. Malgré le peau à peau avec ses T'hylara, il parvint à atteindre le Wh'ltri [état de méditation]. Leurs légers mouvements, leurs souffles tièdes sur sa peau, la respiration de leurs âmes endormies et heureuses tout contre son esprit, lui parvenaient comme autant d'informations douces, apaisantes ...satisfaisantes
Ces deux Humains étaient à lui, rien qu'à lui, et tout le monde le savait à présent. À lui. Finalement, Bones avait raison. Même lui ressentait les effets positifs de la levée de ce secret.
Il médita longuement, analysa les événements de la journée et ses propres émotions. Il combattit énergiquement sa Os-shidik-ma'es [possessivité atavique] de plus en plus à l'affût de la moindre de ses faiblesses pour s'exprimer. Il nettoya son esprit de tous ses affects indésirables et classa les autres, précieusement.
Lorsque son esprit fut enfin purifié, il se laissa lui aussi aller au sommeil.
ooo
.
Fin de la cinquième partie
à suivre...
Sixième partie : EpsylonPrime
Nos amis vont découvrir une nouvelle planète... et ses habitants surprenants...
.
Un petit commentaire ?
Désolée pour ce looong chapitre. Mais vous ayant promis ce lemon, je ne pouvais pas le reporter à un prochain chapitre...
Ces étreintes vous-ont-elles plues?
*Le coin vocabulaire :
Le néologisme trouple n'est pas de mon invention. Il a été très employé par certains magasines féminins pour décrire cette nouvelle "mode" sentimentale. Certains parlent aussi de polyamour...
Quelques articles : slate(point)fr/story/99439/trouple
elle(point)fr/Love-Sexe/Sexualite/Dossiers/Apres-le-couple-le-trouple-1970926#
ce sont les premiers article qui ressortent lorsque je lance la recherche sur le trouple, mais il y en a tout plein d'autres...
ooo
Ce que Maman-poule-Bones doit à son acteur, DeForest Kelley
J'ai appris au détour de mes promenades sur le net que l'acteur qui joue Bones, Jackson DeForest Kelley , (20janvier1920 Atlanta-11juin1999) était un vétéran de la seconde guerre mondiale.(respect!)
(pour info William Shatner est né le 22mars31 à Montréal et Leonard Nimoy le 26mars31 à Boston)
Jeune homme, il aurait aimé devenir médecin, mais ses parents n'avaient pas les moyens de lui payer ses études, alors il a fait du théâtre
Il a épousé Carolyn Dowling et seule la mort les a séparés, 54 ans plus tard
Ses amis et les acteurs de Star trek le décrivent comme un homme chaleureux et bon, il y a beaucoup de lui en Bones.
Avant Star trek, il était abonné à des rôles de méchants dans des séries TV et des westerns, rôles dans lesquels il excellait.
DeForest Kelley a joué dans une foultitude de films et séries.
Il a reçu deux récompenses : une étoile sur le Walk of Fame et un Award d'Honneur aux Golden Boot Award.
Il a failli jouer le rôle de Spock
Il a failli ne pas avoir le rôle du Docteur McCoy, parce que "trop vieux". Mais Gene Roddenberry le voulait pour jouer dans Star trek
La personnalité du Doc ne devait pas être ainsi au départ, mais Gene Roddenberry avait confiance dans la justesse du jeu d'acteur de DeForest Kelley, tout comme pour Leonard Nimoy. C'est aussi cela qui a donné son âme à cette série TV.
Il y a un passionnant article sur DeForest Kelley et la façon avec laquelle il a enrichi et donné son âme au personnage de McCoy sur ce site. startreksansfrontiere(point)org/pages/echo/hommages/deforest-kelley(point)html
Extrait : "Très ému par la façon dont McCoy inspira une jeune génération de médecins, DeForest déclara : « De nombreux fans m'ont écrit au fil des années pour me dire que le personnage du Docteur McCoy les avait incités à embrasser une carrière médicale ou scientifique. Croyez-moi, quand je reçois des lettres comme ça, je me dis que ça en valait la peine. »...
ooo
