Parfois, je me demande si je ne devrais pas écouter un peu plus les conseils que les gens me donnent. Des exemples, j'en ai plein : Madge quand elle me conseillait de ne plus m'approcher de Gale, encore Madge quand elle me disait de pardonner à Peeta (et en repensant à celui-ci, j'ai encore le cœur gros, croyez-moi !) … Le dernier en date ne venait pas de ma Madgy mais de Johanna et il concernait … Clove ! Je ne sais pas si vous vous souvenez mais Johanna m'avait plus ou moins clairement dit de me méfier d'elle et limite, je lui avais ri au nez … Et bien, je n'aurais peut-être pas dû !

Quelques jours après l'incident entre Peeta et Cato, quelques bizarreries se sont mises à m'arriver. Des bizarreries désagréables s'entend, pas des bizarreries sympas ! La première fois que j'ai remarqué un truc chelou, c'est en sortant de mon cours de sport une après-midi : on avait crevé mes quatre pneus, écrit l'inscription « SALOPE » (encore !) sur mon pare-brise avec du rouge à lèvres et attaqué ma caisse avec des œufs … J'étais ravie cela va s'en dire ! Pourtant, ça, ce n'était que l'amuse-gueule ! Le lendemain, en ouvrant mon casier en fin de matinée, j'y ai trouvé un rat mort … De mieux en mieux ! Mais pas un rat mort de la veille, non, ça aurait été trop simple … Non, c'était un rat mort depuis quelques jours déjà avec l'odeur qui allait avec et qui imprégnait toutes mes affaires dans le casier ! Les autres élèves en sentant cette fragrance si délicate ne voulait plus m'approcher. J'en ai été quitte pour jeter mon déjeuner. Heureusement, Madge et Delly ont partagé le leur avec moi. Merci les filles ! En sortant des toilettes, plus tard dans la journée, je me suis retrouvée coincée dans la cabine, quelqu'un avait soigneusement bloqué la porte avec une calle. S'en était trop et je me suis mise à m'énerver comme une furie contre cette putain de porte. C'est Johanna qui est venue me sortir de là, hilare. Moi, j'étais furibarde et rouge de colère. Elle m'a calmé tranquillement en me disant que j'avais juste récolté ce que j'avais semé. Je l'ai regardé avec des yeux ronds. « A ton avis, qui serait assez cinglée, à part moi bien sûr, pour te faire des trucs comme ça ?! », je percute pas toute suite et mets quelques secondes à connecter les fils « Clove ?! », Johanna hoche la tête fièrement « je lui ai tout appris et je reconnais là mon œuvre ! ». Je tombe des nues, juste parce que j'avais fricoté avec Cato et qu'il ne s'en remettait pas, j'étais devenue celle à abattre ? « Elle est un peu psychotique sur les bords, t'as jamais remarqué ? » - à ce niveau-là, c'est plus psychotique, c'est carrément l'asile qui l'attend, faudrait qu'elle consulte ! Johanna a terminé sa petite tirade en me disant qu'en plus, depuis que Peeta avait défiguré son amoureux, elle partait un peu en vrille.

Bon, de un, déjà, est-ce que son amoureux est au courant qu'il est censé être son amoureux ? Et de deux, je ne sais pas si je vous ai révélés les conséquences physiques de l'incident sur ce cher Cato ? Et bien mon petit Peeta, en plus de lui avoir cassé le nez (bien fait na !), il lui a aussi pété deux incisives (re-bien fait na !), ce qui fait que son sourire carnassier l'est beaucoup moins, forcément ! Ça casse un peu le mythe tout ça d'avoir deux trous au milieu de sa dentition si parfaite !

Johanna m'a donc conseillé d'aller trouver mon « amie » Clove et de lui exposer ma façon de penser, et pourquoi pas, de la même manière que j'avais faite avec elle ou celle de Peeta avec Cato (c'est pour ça qu'on est fait l'un pour l'autre, on est identiques dans la manière de nous exprimer !). « Je vais peut-être essayer de discuter un peu avant avec elle, tu crois pas ?», j'ai proposé à Johanna. « Comme tu veux, mais tu sais, elle est parfois pire que moi ! » m'a-t-elle rétorqué. Je ne me voyais pas de nouveau me battre avec quelqu'un, surtout que ce que je ressentais à l'encontre de Clove n'avait rien à voir avec ce que je ressentais à l'égard de Johanna à l'époque. Par contre, ce qui me faisais un peu flippé, c'est que ce que pouvait ressentir Clove car c'est exactement la même rage que j'avais eu au corps il y a quelques semaines … Je devrais prendre des cours de lutte avant non ?

J'ai quand même pris mon courage à deux mains et j'ai été trouvé Clove le lendemain, qui était entourée de ses chers amis débillos, à savoir Glimmer, Marvel et ce cher Cato. Elle m'a vu arrivé de loin et un large sourire s'est dessiné sur ses lèvres. Nous étions dans la cour et ils étaient tous avachis sur un banc. Elle était en train de se curer les ongles avec son couteau suisse (qui a l'idée d'apporter un couteau suisse au bahut ?! A part les psychopathes ?!). Elle a commencé à sous-entendre que ça puait le rat crevé, les deux crétins se sont marrés comme des baleines mais Cato, lui, n'a rien dit et s'est contenté de baisser les yeux. Il a peur de moi ou je rêve ? Elle lui a lancé un regard noir mais il a fait comme si ne rien était. Pas une remarque salace, pas une allusion à nos ébats avinés … C'est étrange tout ça, il allait falloir que je mène mon enquête plus tard à moins que je ne laisse tomber, après tout, j'en avais soupé du Cato … Glimmer a renchéri à la remarque de Clove en rajoutant que ça sentait même la salope, je n'ai pas pu me retenir et je lui ai donc rétorqué « Ca ma chérie, c'est parce que tu sens ton propre parfum ! ». Clove s'est levée et s'est plantée devant moi en jouant avec son canif. Elle me toisait, je la toisais en essayant de garder mon calme. Je lui ai demandé à ce qu'on se parle en tête à tête, requête qu'elle s'est empressée de refuser en arguant qu'elle n'avait rien à cacher à ses amis « ELLE ! », okay, elle l'avait bien cherché. « C'est toi qui t'amuses à me faire toutes ces crasses ces derniers jours ? », elle s'est contentée de me sourire comme une névrosée - Vraiment pas nette celle-là. « Je peux savoir ce que je t'ai fait au juste ? », elle a ri comme une cruche en regardant ses compères. Exaspérant était bien le mot. « Everdeen, c'est tout ce que tu mérites ! » - « Pourquoi ? Pour avoir osé coucher avec le mec que tu kiffes mais qui le sait même pas ! ». Oups … Je venais de savoir que j'avais fait une bourde en voyant son regard changer du tout au tout : de je-suis-une-véritable-psychopathe, on était passé à Mais-tu-peux-pas-fermer-ta-grande-gueule ! Elle est devenue rouge écarlate, a regardé rapidement Cato qui avait les yeux ronds comme des soucoupes genre « hein ?! Quoi ?! C'est de moi que vous parlez ? » et s'est enfuie en courant suivie de Glimmer. Bon, ben je crois que ça s'est bien passé non ?

Note pour moi-même : en amour, même les ados qui ressemblent à des Dexter au féminin peuvent se transformer en de véritable boule de guimauve.

Marvel et Cato se sont lancés des regards intrigués et m'ont dévisagé. Je me suis sentie obligée d'expliquer à Cato ce qui venait de se passer : « Ben oui abruti, elle est amoureuse de toi ! », je me suis contentée de ça et je suis repartie d'où j'étais venue … Quelle bande de crétins ceux-là franchement … Je vous jure …

C'est marrant, après cette « discussion », je n'ai plus eu droit à d'autres surprises sur ma route et quelques temps plus tard, un nouveau couple a fait son apparition. Je vous laisse deviner lequel. C'est un peu grâce à moi non ? Bon, ils terrorisent encore plus le lycée en couple que seul, mais bon, au moins, cet idiot ne me harcèle plus et cette peste a son attention focalisée sur quelqu'un d'autre que moi au moins ! Pour l'instant ?

Je pouvais donc me reconcentrer sur les cours et quelle ne fût pas ma surprise quand, juste à la fin du cours, notre chère professeur d'Anglais, mademoiselle Effie Trinkett, toujours à l'affût d'idées toutes plus saugrenues les unes que les autres, a décidé que nous allions faire des exposés sur des écrivains anglais. Elle nous mit par groupe de trois et devinez avec qui je suis tombée pour faire un exposé sur William Shakespeare ?! … Bravo ! Johanna et Peeta ! Quel super projet qui s'annonce là ! J'ai lancé un rapide coup d'œil vers Peeta qui ne semblait pas ravi ravi de se retrouver sur ce projet avec moi. Johanna, elle, semblait amusée « On va s'éclaté ! » m'a-t-elle glissé en sortant du cours. Moi, je restais dubitative. Certes, je n'en voulais plus vraiment à Johanna d'avoir couché avec Peeta, j'avais passé l'éponge et, je crois qu'on pouvait appeler ça comme ça, j'étais devenue amie ( ?) avec elle. Peeta, lui, en avait encore gros sur la patate après moi et étais encore terriblement distant.

Johanna me prit par la main et on attendit Peeta qui discutait avec Effie. Malheureusement pour moi, je captais quelques bribes de la conversation : « changer de partenaire », « pas possible », « incompatibilité d'humeur » … Mon cœur se serra de nouveau alors que Johanna me pressait le bras pour me consoler. Par contre, j'entendais assez clairement la réponse d'Effie, avec sa voix qui portait comme personne: « Hors de question monsieur Mellark, c'est encore moi qui décide et mes décisions sont irrévocables ! ». Peeta sortit de la pièce, visiblement dépité. Il fut surpris de nous voir à la porte de la salle et une ombre de culpabilité passa sur son visage, pourtant, très vite, il retrouva son visage fermé. Je ne croyais pas ça possible mais mon cœur se brisa encore un peu plus … Johanna, avec sa douceur habituelle, brisa la glace qui s'était formée tout à coup « Hé bien ! On va se marrer tous les trois dites-moi ! Ca va être fun ! Et plus si affinités ! ». En disant ces derniers mots, elle nous adressa un clin d'œil complice, pleins de sous –entendus qui me rendit extrêmement mal à l'aise. Je commençais à apprécier Johanna mais elle restait vraiment zarbi ! Peeta semblait aussi mal à l'aise que moi. « Mouais … Bon … Je pense qu'on pourrait se retrouver quelque part ce week-end pour commencer à y travailler … ». Johanna s'éclatait visiblement, surtout quand elle sortit ces derniers mots d'un ton amusé : « Super idée ! On se retrouve chez Katniss samedi matin ! » - Bon, ben apparemment, on allait se retrouver chez moi ! Peeta fit la moue en entendant cette proposition mais moi, je haussais les épaules, en tentant de maîtriser les émotions qui me tenaillaient le ventre.

Depuis cette après-midi-là, je dors très très mal. Je n'arrête pas de penser à Peeta qui va venir ici, chez moi … Au fait que je vais de nouveau me retrouver en tête à tête avec lui et tout ça … Des souvenirs me reviennent régulièrement en mémoire maintenant. Je vais avoir du mal à devoir rester distante avec lui, distante comme une amie lambda. Sans pouvoir passer ma main dans ses boucles blondes, sans pouvoir lui toucher la main, ou simplement le toucher lui … Je repense à la dernière fois où il est venu à la maison et je sens les larmes qui montent … Il était venu me rapporter mon collier que je touche machinalement. Je ne sais pas si je vais arriver à supporter de travailler avec lui comme ça.

La veille de sa venue, je fais un rêve des plus étranges. Il sonne à la porte. Je l'accueille, heureuse comme jamais de le voir. Il me sourit, ce sourire qu'il me réservait quand on se voyait avant que je ne gâche tout. Il est absolument magnifique, ses yeux brillent d'excitation, son sourire éclaire son visage. Ca fait des semaines que je ne l'ai pas vu avec ce visage rayonnant et je me sens enfin sereine. Un état qui m'habitait régulièrement quand j'étais avec lui mais que je ne ressentais plus depuis … Cato. Il ne dit que quelques mots « Je t'aime Katniss » et m'embrasse avec fougue, une fougue qui me fait que je me ressens enfin revivre. Je suis vivante que quand je suis dans ses bras, que quand il m'embrasse et m'étreint … Il m'emmène dans ma chambre tout en continuant à m'embrasser de partout. Des picotements des plus agréables me parcourent alors que nous arrivons dans la pièce. Il me détache les cheveux et joue avec quelques mèches en plongeant son regard dans le mien. Mes poils se hérissent doucement de plaisir tandis qu'il se met à me couvrir la nuque de doux baiser, tout en caressant mes avant-bras. Cette sensation est tellement agréable que je sens des soupirs de plaisirs s'échappés de ma bouche malgré moi. Et, alors, qu'il remonte vers mon visage, ce n'est plus les yeux de Peeta que je croise mais ceux de Cato et son fameux sourire carnassier. Il me pousse vers mon lit et se met à califourchon sur moi, m'entravant les mains de ses bras puissants. Bizarrement, je n'ai pas peur et suis plutôt excitée. Je me réveille en sursaut, haletante parce que ce rêve commençait à prendre des allures des plus inquiétantes.

On est au petit matin, samedi, et Peeta doit passer aujourd'hui travailler avec moi … Et je viens de faire un rêve pseudo-érotique avec lui et Cato … Je crois que je n'arriverais pas à le regardais dans les yeux, ce n'est pas possible, je deviens vraiment grave là. J'ai très envie d'en parler à Madge mais elle a d'autres soucis en tête en ce moment et Delly, j'ai peur qu'elle lui en parle. Johanna ? Pas assez confiance en elle …

Putain, j'en ai marre de tout ça ! Au secours ! Quelqu'un aurait-il un remède miracle pour que j'arrête de cogiter ?