Petit résumé : Alors on s'y attendait pas à celle-là !!! Hein !!!! Et oui, si Drago a été pendant quatre ans avec Charlie, Harry lui a vécu trois ans avec son ancien professeur de Potions et reste très, très, très proche de lui… Même si ce dernier sait parfaitement que notre beau brun aime aussi son filleul… Et là, arrive le charmant Dan, et ben, c'est pas gagné !!!! Bonne lecture à tous…

Harry Potter et le mystère du Langue de Plomb

Chapitre 21 : Entre deux

(POV Harry)

« SEVERUS ! Ouvre-moi ! ZIGGY ! Si tu n'ouvres pas tout de suite, je te préviens que je fais exploser cette porte sur le champ ! »

Apparemment, Dan était très légèrement énervé, ce qui somme toute était suffisamment rare pour être souligné ! J'étais confortablement serré dans les bras de mon ex qui s'apprêtait enfin à répondre à mes avances et me montait dans sa chambre et mon meilleur ami hurlait comme un possédé devant sa porte ! Merlin, pourquoi est-ce que tu ne m'aimes pas? Pourquoi t'acharnes-tu contre moi à ce point ? Je resserrais un peu plus mon étreinte contre Sev, je caressais sa nuque pour qu'il ne s'arrête pas malgré les vociférations de Dan, mes doigts dansant délicatement sur la surface blanche de sa peau douce. Sev soupira une première fois et semblait se détacher de moi, je ne voulais pas abdiquer aussi facilement et je mordillais la peau de sa nuque découverte au fur et à mesure que je repoussais le col de sa robe de sorcier.

« Harry, arrête, s'il te plaît…

- Sev, non, j'en ai envie, monte, s'il te plaît…

- Harry, c'est une bêtise, tu le sais, je le sais. Il faut s'arrêter où je finirais par t'en vouloir et un jour, tu me reprocheras aussi ce qui s'est passé. »

Je calais mon visage dans le creux de son cou, soufflant doucement, je le sentis frissonner, je jouais avec mes lèvres contre la jointure de sa clavicule, le mordillant délicatement, je sentais ses bras se desserrer et bientôt mes pieds se trouvèrent en contact avec le sol.

« Harry, ouvre la porte…

- Fais le toi-même !

- Je vais le faire puisque c'est le seul moyen de savoir ce qui s'est passé depuis que tu as quitté ton appartement, pour savoir si mon filleul est reparti maintenant pour Londres.

- Je n'y retournerais pas !

- Comme tu veux, tu sauras de toute manière où me trouver car je repars à Grimmaurd. »

Pendant quelques secondes, nos regards semblaient se défier de poursuivre, je le défiais de partir et de me planter là dans le corridor pour rejoindre l'ordre et il me défiait tout autant de l'empêcher d'agir selon ses convictions. Mais j'étais trop épuisé par cette nuit où j'avais dû me battre contre des mangemorts, repoussant les attaques de Lucius, sauvant par ma magie Drago du Sortilège du Froid des Enfers, et je n'avais plus la force de me battre, en tout cas pas contre lui, il était trop important à mes yeux, je le respectais infiniment pour tout ce qu'il avait fait pour moi, dans mon enfance et dans ma vie d'homme. Je sentis toute cette fatigue tomber d'un seul coup sur mon corps et je me sentis vaciller, mes jambes trembler. Sev me retint au dernier moment et me plaqua contre son torse, ses bras si puissants entourant ma taille comme si souvent :

« Et tu voulais faire quoi au juste avec moi ? Tu ne tiens même plus debout, Potter ! »

Il souriait ironiquement et murmura un alohomora juste au moment où mon meilleur ami semblait sur le point de mettre ses menaces à exécution :

« Vous en avez mis du temps ! Ziggy, il faut que je te parle ! Qu'est-ce… Qu'est-ce que tu as ?

- Daniel, tu te calmes! Premièrement, Harry est épuisé et je le monte immédiatement dans mon lit pour qu'il dorme quelques heures. Il a besoin de se reposer ! Ensuite, tu as de la chance de ne pas avoir pratiqué un quelconque sort sur cette porte vu les protections que j'ai posées, tu serais mort !

- Toujours le sens pratique, Severus !

- Avec une armée de mangemorts en cavale qui ne rêvent que de me tuer depuis sept ans, au moins autant que Potter, certainement oui ! Installe-toi dans le salon ! Je reviens ! »

Je souriais à Dan, lui fis un léger signe de la main et me laissais porter comme si j'étais plus léger qu'une plume par mon amant. Il murmura et la porte de sa chambre s'ouvrit doucement sans qu'il n'ait besoin de me déposer au sol, ses bras m'entourant toujours aussi fermement. Il m'allongea délicatement sur le lit et se redressa légèrement ensuite.

« Bien maintenant tu dors ! Pas de discussion, Potter ! Je n'ai pas l'intention de te porter toute la journée ! »

Je ne pus m'empêcher de pouffer légèrement :

« C'est ça ! Et en plus, tu vas essayer de me faire croire que de me tenir tout contre toi a été une corvée ! Tu frissonnais à mon contact, il y a encore quelques minutes !

- Potter !

- Quoi ? J'ai tort, peut-être ?

- Tu sais très bien que j'apprécie beaucoup ton charmant petit corps mais ça ne change rien à ce que je t'ai dit. »

Je le regardais s'éloigner vers l'entrée de sa chambre lorsqu'au dernier moment, je l'interrompis :

« Sev, reste, s'il te plaît, jusqu'à ce que je m'endorme.

- Ton 'doudou'… Sans commentaire, Potter !

- Sev !

- Oui, je reste. »

Il s'assit alors à mes côtés, sur le lit, je calais ma tête sur ses cuisses et je sentis ses doigts passer délicatement dans mes cheveux en bataille. Je me sentais juste en sécurité ainsi, mes yeux me piquaient légèrement et je m'endormis profondément presque immédiatement…

Le soleil d'automne traversait les persiennes de la chambre de Sev où j'avais passé tant de nuits et la lumière irradiait les murs chaleureux de cette pièce aux couleurs bien trop gryfondoriennes pour mon ancien professeur de potions. Je m'étirais doucement, réalisant qu'il avait rabattu les draps et couvertures sur moi, il n'était plus à mes côtés et je ne pouvais m'empêcher de râler en réalisant que je n'avais plus sa chaleur tout autour de moi. Après avoir frotté un peu trop fort mes yeux encore rougis de fatigue, je gémissais légèrement.

« Sev, Sev ! »

Alors que je me redressais dans son lit, je vis sa silhouette haute sortir prestement de la salle de bain voisine et s'approchait à quelques pas de moi. Il souriait ironiquement, comme à son habitude.

« Alors Potter, réveillez !

- J'ai dormi longtemps ?

- Tout dépend, si j'avais dormi aussi longtemps que toi, j'aurais probablement cru que j'étais devenu un animagus et que je m'étais transformé en ours en période d'hibernation. Pour toi, disons que tu as récupéré, juste ce qu'il faut !

- Tu es hilarant… Où est Dan ?

- Reparti, tu t'es endormi comme une masse ce matin et je lui ai demandé de rentrer chez lui et de revenir un peu plus tard pour que tu puisses vraiment digérer tout ce qui s'est passé. Il avait l'air vraiment inquiet et il veut nous parler absolument le plus tôt possible. Je suppose que c'est en rapport avec l'attaque de Lucius.

- Sans doute, en tout cas, merci Sev.

- De rien ! Alors, tu es calmé ?

- C'est-à-dire ?

- Que tu es prêt à discuter sérieusement avec moi du retour de Voldemort ou tu continues à faire ton gamin capricieux ?

- Gamin capricieux ? Je veux juste qu'on me fiche la paix, je veux vivre tranquillement sans qu'un psychopathe me court perpétuellement après ! C'est trop demandé !

- Dans ton cas oui.

- Sev… »

Mon ton s'était fait plus suppliant et doux et je me tenais maintenant à genoux sur les draps défaits et emmêlés. Je tendis mon bras et attirais le corps de Severus contre le rebord du lit. Il me faisait face, il grimaça légèrement et je souriais :

« Tu comptes vraiment repartir à Grimmaurd ?

- Oui je vais rejoindre l'ordre que ça te plaise ou non ! C'est à toi de voir si tu désires m'accompagner et pas la peine de minauder comme ça !

- Ça va ! J'ai compris !

- Effectivement, tu n'es pas un gamin capricieux qui tempête dès qu'on ne lui accorde pas toute l'attention qu'il réclame. Tu sais que je déteste quand tu joues à Harry Potter, l'idole du monde sorcier.

- Je ne joue pas !

- Ah bon ! Et comment appelles-tu le fait de tout faire pour m'attirer dans ce lit depuis que tu as débarqué cette nuit ?

- De la persévérance. »

Je me redressais brusquement pour plaquer mes lèvres contre sa bouche et comblait cet espace qui nous séparait. Il grognait et tenta une première fois de se détacher de mon éteinte en détachant mes mains du col de sa robe mais je serrais presque convulsivement le tissu pour l'entraîner vers le lit. Il s'écroula au dessus de moi et je me tortillais sous lui pour laisser ses jambes glisser entre mes cuisses. Il se souleva alors dans le but de se relever mais je forçais un peu plus les barrières de ses lèvres et m'engouffrais dans sa bouche chaude. Il cédait peu à peu et répondait enfin à mon baiser. Ses caresses étaient devenues au fil du temps, douces et empreintes de tendresse, ses mains passaient dans mes cheveux et descendaient finalement le long de mon corps. J'étais si apaisé dans ses bras, serré contre son torse, il disait souvent que je le prenais pour un doudou comme le fait un jeune enfant avec un bout de tissu ou une peluche fétiche et honnêtement, il y avait un peu de cela. C'était différent avec Drago, toujours si intense, si incontrôlable, si passionnée. Ma relation avec Sev était autre, je me sentais juste bien, heureux, détendu, cajolé et aimé et en ce moment, avec Voldemort qui revenait dans ma vie, l'attaque de Lucius, j'avais besoin plus que tout de me sentir si protégé. Alors que j'interrompais mon baiser, pour laisser ma langue glisser le long de sa mâchoire, il gémissait un peu plus fortement et finit par articuler péniblement :

« Harry, s'il te plaît, non...

- Pourquoi ? Tu en as envie autant que moi ?

- Ce n'est pas la question et tu le sais parfaitement.

- Tu as tort. C'est tout ce qui compte et je te veux. »

Alors que je le regardais plus attentivement, je vis ses deux perles noires me scruter comme pour lire en moi et s'assombrir de désir. Je savais à cet instant que j'avais gagné sur la volonté de Severus. Je voulais tellement qu'il me fasse l'amour, pour oublier, pour tout oublier avant de devoir repartir dans cette guerre, car je n'avais malheureusement plus d'espoir pour la suite. Même si je me refusais à entrer dans ce nouveau conflit, Voldemort ne me laissait pas d'autre choix. Comme Sev l'avait judicieusement évoqué cette nuit, je n'allais pas attendre qu'il vienne jusqu'à moi sans rien faire, pour qu'il m'envoie un avada. Ne voulant penser qu'aux doux baisers et caresses tendres de mon amant, je murmurais un sort qui nous déshabilla tous les deux en une fraction de secondes. Il grogna encore, sans doute plus par habitude que par conviction. Nos deux corps entrèrent dans une danse d'abord lente, puis de plus en plus frénétique. La sueur de nos corps s'harmonisait, j'aimais l'odeur de nos ébats, du sexe qui emplissait cette pièce, j'entendais à peine nos gémissements qui se faisaient écho. Lorsque finalement, Sev s'enfonça encore plus loin en moi, touchant cette zone de plaisir brut, je me répandais entre nos deux corps, épuisé, gavé et ce vide en moi était enfin comblé, pour combien de temps ? Il me percuta encore plusieurs fois, et je le sentis se contracter, son corps se tendre entre mes bras, avant qu'il ne retombe contre mon torse. Sa respiration était saccadée, il soufflait à la jointure de mon cou et de mon épaule pendant que mes doigts caressaient presque machinalement son dos.

« Harry…

Chut ! Ne dis rien, s'il te plaît, c'était parfait, Sev. »

Pendant de très longues minutes, nous restâmes, l'un sur l'autre, nos corps, nos jambes inextricablement emmêlés. Je sentais qu'il reprenait doucement une respiration plus calme, il releva légèrement la tête, ses yeux d'ébène se fixèrent à mes iris. J'avançais alors mes lèvres et embrassais son front, encore maculé des gouttes de sueur. Il se releva, un léger sourire ironique sur le visage.

« Je descends, je préviens Dan par le réseau de cheminée, dépêche-toi. Il voulait te parler de toute urgence et je doute qu'il tarde à débarquer ici.

- Sev, tu m'en veux ? Je veux dire… On avait décidé qu'on arrêtait nos bêtises et…

- Bien sûr que non, jamais je ne pourrais t'en vouloir, c'est bien mon problème. »

Je souriais bien malgré moi à cette déclaration de Sev. Alors qu'il refermait la porte de la chambre, je m'écroulais sur le lit serrant presque convulsivement un oreiller contre ma bouche pour étouffer la plainte de douleur, de rage, de colère qui s'échappait de ma gorge. Quelques minutes plus tard, je me levais et me dirigeais vers la salle de bain. Je me glissais sous la douche, la température de l'eau presque brûlante couler sur ma peau. Je lavais consciencieusement les traces de sperme sur mon bas-ventre, me remémorant ce moment avec Sev. C'était si bien avec lui. Ce serait juste parfait, si seulement, il n'y avait pas Drago, dans ma vie et irrémédiablement, il revenait, puisque j'allais forcément suivre Sev à Grimmaurd. S'il repartait combattre Voldemort et les autres mangemorts, je repartais aussi. Je ne pouvais même pas envisager de rester loin de lui. Je me séchais et m'habillais ensuite, après avoir fouillé dans son armoire, pour retrouver un vieux jean élimé et un pull noir que j'avais laissé lorsque j'habitais encore ici. Il ne s'était pas passé un quart d'heure lorsque je pénétrais dans le salon, Dan n'était pas encore là. Sev s'était assis dans son fauteuil, face à la cheminée, ses yeux fixaient intensément les bûches de bois qui se consumaient doucement, il tenait dans sa main gauche un verre de whisky-pur-feu et ne semblait pas m'avoir entendu entrer. Je m'approchais du vieux fauteuil et avant même qu'il ne le réalise, je m'installais sur ses cuisses, calant ma tête contre son épaule gauche. Il murmura un sort qui fit disparaître le verre d'alcool et me serra dans ses bras, contre son torse. Mes yeux fixaient les mouvements lents de sa poitrine pendant plusieurs minutes, dans un silence monacal.

« Je t'aime, Sev…

- Ha…

- Chut… Laisse-moi finir »

Je plaçais presque immédiatement mon index contre ses fines lèvres dessinées et caressait ensuite sa joue tout en reprenant :

« Je t'aime, Sev… Je t'aime quoi que tu en penses… Et je l'aime aussi. »

Sa respiration se bloqua quelques secondes, il ne quittait pas les flammes du regard mais je savais qu'il n'avait jamais été autant concentré sur mes paroles.

« Tu avais raison, c'est vrai que j'éprouve des sentiments pour Drago mais j'ai toujours trop mal quand je suis avec lui. C'est si difficile. Tu sais, c'est la première fois que je le dis à haute voix, enfin, je veux dire sauf si tu exclus la fois où je l'aurais dit à Dan deux mois avant ton procès, mais cette nuit-là, j'étais tellement ivre que je n'en ai aucun souvenir.

- Je vois… et que comptes-tu faire ?

- J'ai déjà fait mon choix. C'est avec toi que je suis, il me semble et c'est vers toi que je reviens toujours depuis quatre ans, non ?

- C'est vraiment ce que tu souhaites ? »

Je ne répondais pas à sa question, je déposais de tendres baisers derrière son oreille, mordillant son lobe et je sentais que sa respiration se faisait difficile. Sa main avait glissé le long de mes jambes et atteignait la fermeture à glissière de mon jean quand Dan apparut dans la cheminée face à nous. Sev se redressa légèrement, ôtant immédiatement sa main de mon corps et Dan nous dévisageait tous les deux, l'air totalement ahuri, ce qui n'était pas une expression très fréquente sur son doux visage.

« Je croyais que… Mais… Désolé de vous déranger…»

A suivre…