SHARP TASTE

Rating : T, ça suffira amplement.

Résumé rapide : UA : Lavi Bookman mène une vie ordinaire à Santa Maria, une petite ville de Californie. Mais quand un beau japonais débarque de nulle part, son passé le rattrape. Yaoi. Lucky ; Yuvi ; LinkAllen ; CrossOC ; NéaAdam ; Wisky et autres

Donc, c'est un UA (ou AU, je confond tout le temps) situé au États-unis, en Californie, en 2001, bien avant le 11 Septembre.


Chapitre 21


21 Février 1997


Los Angeles

Manoir Noah


04:00 a.m.


Le Comte se redressa dans son lit et alluma sa lampe de chevet. Il se leva, enfila une robe de chambre sur son pyjama et sortit dans le couloir, pieds nus. Sheryl vint aussitôt à sa rencontre, ses cheveux attachés à la va-vite.

-Ah, monsieur, j'allais justement vous chercher.

-J'ai entendu du bruit. Qu'est-ce qu'il se passe ?

-Wisely et les jumeaux viennent d'arriver.

Le Comte fronça les sourcils.

-Ils devaient rejoindre le labo à South Central avec Néa.

-Oui, je sais. Mais il y eut… un petit contretemps. Je… Enfin, venez voir par vous-même, lança-t-il en faisant demi-tour.

Le Comte resserra les pans de sa robe de chambre et suivit le Noah jusqu'au salon. La pluie tambourinait sur les vitres et le ciel était noir comme du charbon. Le lustre en fer forgé qui pendait au plafond déversait une lumière crue et blanche dans la pièce. Les trois jeunes hommes étaient assis dans l'un des deux canapés en cuir brun. Leurs vêtements et leurs cheveux étaient trempés et le maquillage des jumeaux avait coulé, mais à part quelques égratignures et hématomes, ils ne semblaient pas être blessés.

Le Comte s'installa sur le deuxième canapé et croisa les jambes.

-Monsieur, on est désolé, commença David en levant les yeux vers le chef des Noah. On a fait ce que vous nous avez demandé, mais ça a royalement foiré.

-Je n'en doute pas une seule seconde, les enfants. Où est Néa ?

Les jumeaux se crispèrent et échangèrent un regard avec Wisely. Le jeune homme était étrangement calme et silencieux depuis que le Beau Mec les avait laissé partir.

-J'en sais rien, répondit-il néanmoins. La dernière fois qu'on l'a vu, il montait dans la camionnette avec Marian Cross.

Le Comte se figea et esquissa un sourire froid.

-Pardon ?

-Mais bon, ils ne sont peut-être pas sortis du Mexique.

Sheryl se racla la gorge en voyant le regard du Comte s'assombrir et prit la parole.

-Tâchons de ne pas faire de conclusion hâtive, je vous prie. Reprenons depuis le début.

Jasdero acquiesça d'un hochement de tête.

-On était avec Néa dans la camionnette, du côté de Tijuana. Il devait être minuit quand les Bitches nous ont barré la route.

-Elles étaient nombreuses ? ajouta Sheryl.

-Deux, plus le Beau Mec. Rabbit et une fille bien gaulée. Chomesuke, je crois.

-Et y'avait aussi des tireurs planqués, le mec avec une tronche de vampire et deux chinois qui bossent pour Mlle Anita.

-La patronne du bordel ?

-Ouais. Et aussi la sœur de Komui Lee.

Sheryl leur demanda de répéter, surpris.

-Enfin, y'avait. Je l'ai buté.

-…Tu as tué la sœur du chef des Exorcistes, David ?

-Ouais. Je me disais bien que ça allait être emmerdant.

Le Noah lâcha un soupir fatigué et se tourna vers le Comte.

-On verra ça plus tard, monsieur. Donc, vous êtes stoppés par Cross. Pourquoi ?

-La came, évidemment, reprit Wisely. Je sais pas comment il a appris ça, mais maintenant elle est à lui.

-Holy shit. Continuez, les mioches.

-Bah, on s'est mangé quelques beignes – je crois que j'ai une côté cassée, d'ailleurs – et Néa a commencé à négocier.

-C'est-à-dire ?

Wisely marqua un temps d'hésitation et croisa le regard vide du Comte.

-Il lui a demandé de nous libérer en échange de la drogue et des détails de fabrication. Apparemment, Néa et Cross se sont connus à l'époque où ils étaient chimistes dans le même labo.

-Ce connard nous a trahi, en clair.

-Sheryl, ferme-la, trancha brusquement le Comte.

-Enfin, monsieur-

-Je viens de te dire de la fermer. Va chercher un doc pour les enfants et va réveiller Tyki.

Le Noah acquiesça en silence et s'éloigna en pestant entre ses dents.

-Vous n'avez pas trop souffert ? ajouta le Comte d'une voix radoucie.

-Non, ça va. On a connu pire.

-Je crois que je vais avoir un œil au beurre noir, remarqua David.

-…Wisely ?

Le jeune homme leva les yeux.

-Ça ira. Mais on est vraiment désolé, vous savez.

-Oui, je sais. Vous n'êtes pas responsables. Il y a de quoi écrire dans mon bureau. Notez le nom des Bitches et de ceux qui étaient présents, ainsi que tout ce qui s'est passé cette nuit. Quand le doc vous aura examiné, allez prendre une douche et vous coucher. On en reparlera demain.

-D'accord. Bonne nuit, monsieur.

-Et pour Sheryl, il est juste en colère, hein ?

-Ne l'engueulez pas, s'il vous plait.

-Oui, évidemment. Bonne nuit, les enfants.

Le Comte se leva et quitta le salon.

Le silence revint, lourd, oppressant. Finalement, ce fut Jasdero qui le brisa.

-Pourquoi tu ne lui as pas dit, David ?

-Dit quoi ?

-Bah, pour ce que le lapin t'a fait après que la mort de la sœur Lee.

-Oh, ça ?

David desserra le col de son manteau, dont la fourrure blanche cachait son cou. Juste au dessus de la clavicule, des marques de doigts rouges sur sa peau hâlée.

Son jumeau les effleura doucement.

-Tu as encore mal ?

-Non, pas trop.

-Pourquoi est-ce que tu ne lui as pas dit, enfin ?

-C'est pas important.

-Il a failli te tuer, David ! Tu serais mort si le Beau Mec n'était pas intervenu !

-Je sais, répondit calmement son frère. Mais j'aurais fait pareil à sa place.

-C'est vrai, ajouta Wisely. Rabbit avait l'air désespéré.

-Il avait pété les plombs, oui ! J'ai du mal à vous comprendre, les gars.

-Il aimait vraiment cette fille, ça se voyait dans ses, heu, son œil. Imagine-toi à sa place. Un connard tue une personne importante pour toi, comme David ou un de nos frères. Qu'est-ce que tu fais ?

-Je le trucide, admit-il.

-Tu vois ? C'est pour ça que je n'ai rien dit au Comte. Je comprends ce que ressent le lapin, et ce serait foutrement cruel d'en rajouter une couche.

-Ouais.

-Il a quinze ans, comme nous. Et tout ce qu'il fait, c'est obéir aux ordres, comme nous. Au final, il n'est pas responsable, dit-il avec un faible sourire pour son frère.

-Comme nous.

-C'est ça. Des fois…

David ajusta le col de son manteau et s'enfonça dans le canapé en cuir.

-Des fois, j'ai l'impression qu'on ne maîtrise rien. Tu vois ce que je veux dire ? ajouta-t-il en se tournant vers Wisely.

-Franchement, oui. On obéit, mais on ne réfléchit jamais à ce qu'on fait. On suit le mouvement, sans se poser de questions.

Le jeune homme eut un sourire crispé et posa une main tremblante sur le turban qui couvrait ses yeux noirs.

-Je ne sais pas si c'est une bonne chose ou non, mais je pense qu'on devra le payer un jour ou l'autre.


3 Février 2001


Riverdale

Henson Avenue


02:00 p.m.


Kanda cala le combiné du téléphone contre son oreille et patienta.

-Le code ?

Soupir.

-Vous faîtes chier avec votre procédure à la con. Et puis c'est le téléphone de l'hôtel, et personne à part les Exos ne sont censés connaître le numéro.

-Un point pour toi, Kanda. Mais calme tes ardeurs ou je revois ton salaire à la baisse, menaça la voix joyeuse de Komui.

-Manquerait plus que ça, tiens, s'insurgea le japonais.

-Tu as parlé avec Lavi ?

-Non, j'appelle par plaisir.

-Reever, Kanda est méchant avec toi ! cria-t-il au blond.

-Démerde-toi, Komui, répliqua la voix lointaine de l'intéressé.

-Mais-euh !

-Chef Lee ? J'ai pas toute la journée devant moi.

-Hm hm. Je t'écoute, mon petit Yuu.

Le japonais soupira à nouveau mais parvint à garder son calme.

-Lavi est prêt à rencontrer les Noah. Sous protection, bien sûr.

-Tu penses à quelqu'un en particulier ?

-Link, Allen, vous et Reever.

-Je vois. Tu veux pas être présent ? ajouta Komui.

-Je ne sais pas…

-Ce serait une bonne chose, je pense. Le Comte n'a pas franchement apprécié ton intervention.

-D'accord. Quand ?

-Bonne question, répondit-il en fouillant dans ses papiers. On prendra contact avec les Noah dès notre retour à L.A. Appelle-nous le… le douze. Oui, le douze février.

-Entendu. Ah, et dîtes au moyashi que le truc qu'il m'a confié hier est bien arrivé.

-Compte sur moi. Qu'est-ce que vous trafiquez, tous les deux ?

-Mêlez-vous de vos affaires, chef.

Kanda raccrocha et sortit de la cabine téléphonique.


Lemoore

Ru Villa


02:30 p.m.


Mikhaila fit la moue, indécise. Elle écrivit un mot, puis le barra, et le réécrivit. Puis elle demanda au rouquin de répéter.

-The tastes of the duke were peculiar...

La jeune femme soupira et ratura à nouveau le mot.

-Tu veux qu'on fasse une pause ? proposa-t-il gentiment.

-Hm, non, ça va aller. Continue.

Lavi jeta un coup d'œil au livre et reprit la dictée :

-…were peculiar – period. He had a fine eye for colors and effects – period.

Mikhaila se mordilla la lèvre inférieure et se remit à écrire. Le rouquin suivait du regard la pointe de son stylo qui griffait le papier avec un certain plaisir. Il s'était pris au jeu, un peu malgré lui, et se sentait bêtement fier de pouvoir aider la jeune femme. Il s'autorisa un sourire amusé quand elle ratura un autre mot. Son air concentré était tout simplement adorable, et il la trouva une fois encore d'une beauté hors du commun.

Sa bouche prit un pli boudeur, presque enfantin, et il se demanda brièvement ce qu'elle vécut à son arrivée aux États-unis.

-Continue.

-...He disregarded the decora of mere fashion – period. His plans were bold and fiery – comma...

La mélodie du stylo reprit. Lavi étira ses muscles engourdis et bâilla. L'horloge de la cuisine indiquait deux heures et trente cinq minutes. Il avait accepté la proposition des Exos sans trop y réfléchir, puisqu'il sentait bien qu'il n'avait pas le choix.

-Continue.

-...and his conceptions glowed with barbaric lustre – period.

L'idée de rencontrer les Noah ne l'enchantait guère. Il connaissait déjà Road, Wisely, les jumeaux, Sheryl et, évidemment, Tyki – c'était ce dernier qui le gênait. Leur relation allait vraisemblablement faire partie des discussions. Et puis, le portugais avait-il parlé au Comte au sujet de leur dernière altercation ? Il avait tout de même frappé et menacé de mort un membre de la famille Noah, et beaucoup de fils de la rue avaient été exécutés pour moins que ça.

De plus, Kanda n'avait pas manifesté l'envie de venir.

Lavi, lui, aurait aimé qu'il soit à ses côtés. Mais le japonais n'avait même pas cherché à se justifier.

-On peut faire une pause ?

Le rouquin jeta un coup d'œil au livre - The masque of the red death.

-Oui, si tu veux. Le paragraphe était terminé, de toute façon.

-Tant mieux.

Mikhaila lâcha son stylo et passa une main dans ses courts cheveux blonds en soupirant.

-Moi volosy snova vyros.

-Nié ?

-Je disais : mes cheveux ont encore poussé.

-Ah. D'ailleurs, je me demandais pourquoi tu les coupais si court, glissa-t-il.

Elle esquissa un sourire nostalgique sous le regard surpris du rouquin.

-Quand je vivais en Russie, ils étaient un peu plus longs que ceux de Kanda.

Lavi la dévisagea et tenta d'imaginer à quoi elle ressemblait.

-Ils ont une couleur magnifique, tu sais. C'est dommage, tu devais être belle à mourir avec.

Mikhaila éclata d'un rire sec, aigre. Le rouquin le trouva un peu crispé, presque mauvais.

-Tu as trouvé la réponse tout seul, Lavi, dit-elle alors, et son accent écorcha son prénom avec la sensualité glacée qui la caractérisait si bien. Dans le bateau qui me conduisait aux États-unis, il y avait un homme qui parlait russe. Je lui ai dit que j'allais avoir besoin de trouver du travail rapidement, et il m'a répondu qu'une fille comme moi risquait de finir sur le trottoir. Et ça, c'était hors de question. Alors je me suis coupée les cheveux et j'ai porté des vêtements d'hommes pendant un long moment.

-Pas bête. J'imagine que ça a fonctionné.

-Plutôt bien, oui.

Lavi ajouta néanmoins en désignant ses collants et sa jupe noire :

-Mais tu as gardé les cheveux courts ?

-C'est plus pratique.

-Tu es vraiment une femme étonnante, Mika. Je vais regarder ce que tu as fais.

Il tendit une main vers le cahier et commença à relire. Il barra quelques lettres et réécrivit certains mots.

-C'est un peu mieux qu'hier, mais tu fais encore beaucoup de fautes.

-Je sais, maugréa-t-elle.

-Enfin, le contraire m'aurait étonné. À ton âge, c'est difficile d'apprendre une langue.

-…à mon âge ? J'ai vingt trois ans, jeune homme.

Il sourit.

-Je ne disais pas ça pour te vexer, Mik. Mais un enfant apprend plus rapidement qu'un adulte. En fait, tu te débrouilles bien en anglais, dans la mesure où tu ne le parles que depuis quatre ans.

-Hmm, si tu le dis, répondit-elle simplement en se tournant vers l'horloge de la cuisine. Bon, il rentre quand, Kanda ?

-Bientôt, je pense. Pourquoi, tu dois sortir ?

-Oui, plutôt loin. Et comme il a pris ma Buick, je suis coincée.

-Il n'a pas pris la moto ?

-Il craignait la pluie.

Lavi glissa un regard vers la fenêtre. Le ciel était couvert de nuages grisâtres.

-Qu'est-ce que tu vas faire, au juste ? demanda-t-il encore.

Mikhaila eut un demi-sourire énigmatique.

-Oh, disons que… j'ai un petit problème à régler.


02:50 p.m.


Kanda tendit les clefs de la Buick à Mikhaila et s'écarta pour la laisser passer. Ses cheveux mouillés avaient ondulé avec l'humidité et, d'un geste brusque, il rejeta les mèches de sa frange qui gênaient ses yeux en arrière. Sa chemise blanche collait à sa peau et son manteau n'était pas en meilleur état. Mikhaila enfila le sien et prit son parapluie.

-Il pleut toujours, alors ? lança-t-elle avec un sourire amusé.

-Tu rigoleras moins quand j'aurais trempé toute ta foutue maison, répliqua-t-il sur le même ton.

-Tu oserais faire une chose pareille, baby love ?

-On parie ? Et oublie ce surnom, tu veux.

Lavi les observa, souriant. Ils se fixèrent un instant, puis la jeune femme conclut dans un soupir vexé :

-Bien, Kanda. Mais si je trouve une seule tâche, je te rase la tête et je vends tes cheveux.

-Ah non, pas les cheveux ! protesta le rouquin.

-J'y vais. Pas de bêtises, les enfants.

Elle ferma la porte derrière-elle, sous le regard noir du japonais.

-Elle nous prend vraiment pour des gosses, des fois.

Le rouquin haussa les épaules.

-Bah, Mika est comme ça. Mais dis donc, Yuu…

-Hmm ?

Lavi se leva et s'approcha à pas lents du japonais. Il posa ses mains sur ses hanches et esquissa un sourire charmeur.

-Tu sais que tu es foutrement sexy comme ça ?

-Calme tes ardeurs, lapin crétin. Je vais crever de froid dans la minute si je ne me change pas.

Le rouquin fit la moue.

-T'es pas marrant.

-Mais oui, mais oui. Je vais prendre une douche.

-J'ai rien dit, s'empressa-t-il d'ajouter avant de jeter un coup d'œil à l'horloge de la cuisine. Tu crois que Mika en a pour longtemps ?

-J'en sais rien, pourquoi ?

Le regard du rouquin s'assombrit et son sourire s'évanouit.

-…Lavi ?

-Je te rejoins plus tard.

-Hein ?

Kanda le regarda s'éloigner, perplexe. Le rouquin s'accroupit à la hauteur du plan de travail et commença à tâter le sol.

-Qu'est-ce que tu fous ?

Il ne répondit pas. Il venait de trouver ce qu'il cherchait. Il tira sur le morceau de métal qui dépassait du carrelage et la trappe s'ouvrit en grand. Tout était là – sauf les bouteilles de Vodka –, l'enveloppe jaunie par le temps, la petite cassette audio et le paquet de cigarettes Lucky Strike. Le rouquin s'apprêtait à prendre l'enveloppe quand le japonais saisit son poignet.

-Mikhaila te tuera si tu fais ça.

-Lâche-moi, répondit-il froidement. Elle est payée pour me protéger, elle ne pourra pas me tuer.

-Alors elle t'en voudra à mort. C'est vraiment ce que tu veux ?

-Elle s'est excusée.

Kanda relâcha la pression sur son poignet et haussa un sourcil.

-Mikhaila ?

-Oui, ce matin. Elle m'a dit qu'elle était désolée pour moi et le patron, que les choses n'étaient pas aussi simples qu'elles en avaient l'air.

-Qu'est-ce qu'elle voulait dire ?

-Aucune idée. Mais elle a prononcé le prénom du Beau Mec, d'une façon un peu… étrange, un peu triste, un peu tendre. En fait, elle l'a déjà appelée par son prénom plusieurs fois. Sauf que d'après ses dires, elle n'a travaillé qu'un mois pour lui, ajouta-t-il. Ils étaient sûrement plus proches qu'elle ne le prétend.

Kanda lâcha enfin son poignet.

-Et alors ? Cross a toujours eu des tas de maîtresses.

Lavi prit l'enveloppe sans répondre.

-Oh, je vois. C'est parce qu'elle ne t'a rien dit.

-…Elle sait que je connais cette espèce de planque bizarre, puisqu'on a sifflé sa Vodka. Mais elle ne m'en a pas parlé, elle ne m'a pas demandé de ne pas fouiller.

Il n'y avait rien d'inscrit sur l'enveloppe.

-Quel hypocrite tu fais, Lavi…

-…

-Tu te cherches des excuses mais au fond, tout ce que tu veux, c'est fouiller dans ses affaires en espérant découvrir quelques détails croustillants.

-C'est vrai, admit-il en ouvrant l'enveloppe.

Le rouquin en sortit une feuille blanche pliée en trois.

-Encore une lettre, hein ? murmura-t-il pour lui-même.

-Tout ça ne te mènera à rien.

-Tu devais pas aller prendre une douche, toi ? demanda-t-il avec pointe d'agacement.

-Tu crois vraiment que les réponses que tu cherches se trouvent là ?

Lavi se tourna vers lui, la lettre dans une main. Il déposa un baiser léger comme une caresse sur sa joue et un sourire triste se dessina sur ses lèvres.

-Si je ne cherche pas, je ne trouverai jamais.

-Alors tu ferais mieux de ne pas chercher, répliqua-t-il sur un ton amer en se levant. Il y a des questions que tu pourrais simplement ignorer.

-Je sais, baby love.

Lavi déplia la lettre tandis que le japonais s'éloignait vers la salle de bains.


Note :

Holy shit : anglais, litt. sainte merde.

Riverdale : petite ville au nord de Lemoore.

The tastes of the duke were peculiar. He had a fine eye for colors and effects. He disregarded the decora of mere fashion. His plans were bold and fiery, and his conceptions glowed with barbaric lustre. : anglais, extrait de The masque of the red death d'Edgar Allan Poe.

Traduction française par Baudelaire : Le goût du duc était tout particulier. Il avait un oeil sûr à l'endroit des couleurs et des effets. Il méprisait le décorum de la morde. Ses plans étaient témémraires et sauvages, et ses conceptions brillaient d'une splendeur barbare.

Comma : traduction incertaine, ponctuation anglaise : virgule.

Period : traduction incertaine, ponctuation anglaise : point.

Moi volosy snova vyros : russe, approx. mes cheveux ont encore poussé.

Encore un chapitre où il ne se passe pas grand-chose...