Chapitre 21 : Les 300 jours de Severus Rogue
La maudite potion…
Encore une journée ordinaire à Poudlard. Cela faisait 3 ans que j'y suis revenu, mais cette fois-ci, en tant que professeur.
Lorsque j'avais demandé ce poste à Dumbledore, j'étais un homme totalement brisé. Totalement perdu. Et revenir ici ne m'avait pas aidé à guérir. Bien au contraire. Chaque jour, les pierres de ce château me rappelaient ma solitude. Chaque couloir me rappelait des mauvais souvenirs. Le terrain de Quidditch me rappelait Potter et sa bande. Et la grande salle... Me rappelait Lily. Tous les matins, je devais revivre le jour où nous avions été séparés. Elle a Gryffondor, moi à Serpentard. Et j'avais ce souvenir en horreur.
Le seul endroit où je me sentais un peu moins mal, c'était mes appartements. Là au moins je n'avais aucun souvenir du passé. Je pouvais enfin ôter le masque froid que je portais en permanence devant mes élèves. Je pouvais enfin être libre de rire sans que personne ne puisse m'entendre ou se moquer de moi. Je pouvais enfin ôter ma cape et laisser mes bras nus sans avoir peur que quiconque voit cette horrible marque dont je m'étais affublé il y a des années. Je pouvais enfin être moi-même.
Mais jamais je ne me permettrais cela devant mes collègues, et encore moins devant de stupides adolescents. Même si certains d'entre eux ont réellement de grands talents en potions ou démontrent de grandes capacités intellectuelles, la plupart sont d'un ennui incroyable. Et d'autres sont au contraire totalement exaspérants.
Pour n'en citer qu'un exemple : Andréa Chatterton. Cette exaspérante Poufsouffle que je vais malheureusement devoir me coltiner d'ici à peine 20 minutes.
Lorsque je suis arrivé, elle était en troisième année. Et Merlin ce que je ne pouvais déjà plus la supporter à l'époque. Cette gamine est incapable de rester tranquille, incapable de rester en place, toujours en train de rire, très bruyamment avec sa copine, Céline Martins. Toujours en train de sauter, de s'esclaffer, de parler, de faire des gestes brusques. Incapable de respecter le silence que j'aurais aimé avoir dans ma salle de potions.
Régulièrement, elle me fait penser à un Sirius Black au féminin. Une joie de vivre à toute épreuve. C'est si aisé de rire lorsque la vie nous est facile.
S'ils avaient vécu tout ce que j'ai vécu. L'un comme l'autre, ils riraient beaucoup moins.
Déjà en troisième année cette gamine me gonflait. Mais alors, lorsqu'un jour, j'ai entendu qu'elle prétendait m'aimer… Là j'ai réellement commencé à la haïr. Elle se moquait ouvertement de moi. Déjà à Poudlard j'avais été le souffre-douleur de Potter et sa bande et là je me retrouvais le souffre-douleur d'une gamine ? Alors que j'aurais dû être son supérieur ? Je ne pouvais le supporter. Alors cette gamine, je la maudissais chaque jour. Chaque jour, je vomissais son nom en corrigeant sa copie. Chaque jour, j'étais intransigeant avec elle. Histoire de lui rappeler que j'étais le professeur, et elle l'élève. Et chaque jour, elle me répondait de sa répartie usante.
D'avance, je n'en pouvais déjà plus, l'idée de devoir passer deux heures coincées dans la même pièce que cette garce m'énervait déjà tellement.
- Allez Severus, courage. Plus qu'un mois et demi et après tu seras tranquille pendant deux mois complets.
-CCC-
Le cours n'avait même pas commencé que cette chieuse me tapait déjà sur le système.
Toujours à se moquer de moi. Comme si elle avait le droit de me saluer, comme si j'étais l'un de ses misérables amis.
Alors non. Elle ne me salue pas. Non elle ne me demande pas comment je vais. Moi, professeur. Elle, élève. Ce n'est pas difficile à comprendre !
-Miss Chatterton, quand allez-vous enfin réussir une potion ? Lui demandais-je.
Déjà rien qu'à voir la tête de Chatterton, je sens qu'elle prépare une connerie.
-Je vous propose quelque chose...
Qu'est-ce que je vous disais ? Irrécupérable cette gamine. Quelle enfant saine d'esprit irait faire des propositions à son professeur...
Mais avec Chatterton, c'est quasi quotidien. Elle me saoule.
-Donnez-moi des cours particuliers de potions. Ça pourrait m'aider, vous savez.
Mais elle se fout littéralement de ma gueule là ! Rassurez-moi, je suis dans mes droits si je lui lance un Avada Kedavra, là, maintenant ?
Heureusement que je peux encore me défendre en lui retirant des points parce que sinon... Ça fait longtemps que je serais à Azkaban à cause de cette conne.
Je tente misérablement de garder mon calme pour expliquer, au reste de la classe, la potion que nous allions réaliser ce jour même. Je préviens mes élèves que ce sera leur dernière chance de l'année et tente de capter le regard de chacun d'eux... Et malheureusement... Mon regard se pose sur elle ! Mais elle est incroyable cette gosse ! Elle doit être sado-maso, ce n'est pas possible !
-Ne prenez pas cet air suffisant avec moi, Miss Chatterton, lui rétorquai-je, mauvais, en voyant son sourire moqueur.
Merlin, Donnez-moi la force de tenir encore les 113 minutes restantes. Par pitié.
Avec elle, rien à faire, les points en moins ? Elle s'en fiche ! Les retenues ? Elle prend ça pour des propositions de rendez-vous. Comme actuellement.
Elle me fatigue.
Et la voir rire avec sa copine me fatigue encore plus. Ah bah tiens. Autant les séparer, au moins, loin de sa greluche, elle fera peut-être moins de connerie... Mais il vaut mieux que je la garde à l'œil quand même... Elle serait capable de me filer un philtre d'amour ou je ne sais quel sort en douce cette psychopathe.
-CCC-
J'ai enfin réussi à la faire taire pendant 20 minutes. Quel bonheur. 20 minutes sans qu'elle n'ouvre sa maudite gueule. Si seulement c'était possible de la désillusionner également, je crois bien que je jouirais sur place ! Oui, je sais, je suis dur. Mais je vous l'ai dit, cette fille me tape sur le système.
Je parcours la classe, zigzaguant entre les élèves. Certains avaient quand même du talent. Hulkins notamment. Dommage, que ce talent soit totalement gâché par le fait qu'il soit un lèche-botte arrogant et trop fier. Toujours à devoir exposer ses notes comme d'autres exposent leurs muscles. Qu'est-ce que je hais les Je-sais-tout !
Je lance un coup d'œil à Chatterton et je la vois diriger sa main vers son chaudron. Mais elle est totalement abrutie celle-là. Une lueur d'hésitation m'assaille... Qu'est-ce que je fais ? Après tout... Je n'y suis pour rien si cette andouille est stupide.
Si, tu es son professeur. Tu te dois de la maintenir en sécurité.
Elle est en sécurité. Si elle veut se brûler la main, ou même se suicider, je n'en serais aucunement responsable.
Si, tu te dois de protéger tes élèves, des dangers extérieurs, des autres élèves et également d'eux même.
Stupide devoir de professeur. J'attrape le bras de mon élève juste avant que celle-ci ne plonge sa main dans le chaudron. Totalement timbrée.
-Êtes-vous devenue folle ? Vous allez vous brûler !
- Mais mon bracelet est tombé dedans !
Un bracelet ? Dans un chaudron ? Mais quelle idiote. Ne sait-elle toujours pas, étant en sixième année, que l'on retire tous les bijoux avant de concocter une potion afin d'éviter que ceux-ci ne tombent dedans. Tant pis pour sa babiole, elle est maintenant perdue dans... Oh par Merlin... Potion de confusion...bijou... Oh non... Par merlin, non.
-Un bracelet fait en quelle matière ?
-Argent et or.
Mon regard scanne immédiatement ce qu'il y avait sur la table. Par Merlin, faites qu'elle n'ait pas encore mis l'hellébore. Par pitié. Pas l'hellébore.
Au diable. Elle l'a déjà mis.
-Sortez, tout de suite ! SORTEZ ! je hurle en poussant mon élève... Puis c'est le trou noir.
Lorsque je reprends conscience. Un mal de tête fulgurant m'envahit le crâne. Comme si j'avais passé mon vendredi soir à me saouler au whisky pur feu.
Je suis allongé au sol. Et malgré un sifflement dans mon oreille, je distingue la voix de ce cauchemar ambulant.
-… ai toujours eu cette tête-là tu sais ?
-Tu viens de faire exploser un chaudron t'as assommé le prof, t'es recouverte d'un truc mauve et t'arrive encore à faire de l'humour ?
-Apparemment... Comment ça ? Assommer le prof ?
Oh, mais ne vous inquiétez pas, Chatterton. Je ne vais pas rester à terre longtemps. Oh non. Vous allez souffrir. Lentement souffrir. Vous avez voulu me ridiculiser ? Vous allez payer.
-Miss Chatterton, vous venez de signer pour un mois de retenue.
-Mais ce n'est pas ma faute !
-Elle n'a pas fait exp..., tente de la défendre sa copine.
-Miss Martins, sortez d'ici, la coupais-je. Quant à vous, vous allez me nettoyer ça tout de suite. Lançais-je à ce désastre ambulant.
Fier de moi. Je sors de ma salle afin de pouvoir au plus vite me débarrasser de cette maudite potion. Quand...
Oh putain ! Par Merlin ! Une douleur horrible me prend à la poitrine. C'est comme si l'on tentait de m'arracher la totalité du thorax en une seule fois. Comme si cette partie de mon corps cherchait à se séparer du reste. Cela touche la totalité de ma poitrine... Mais en son centre... La douleur est encore plus terrible. C'est comme si l'on avait transplané une boule de feu à l'intérieur de mon corps, et qu'elle cherchait à en sortir...
La douleur est si terrible que je ne réagis même pas lorsque Martins me pousse pour retourner dans ma classe... Et soudain, la douleur cesse. Mais bordel. C'était quoi ça ?
Essoufflé je relève la tête pour voir Martins soutenir Chatterton... Apparemment dans le même état que moi.
Non...Ce n'est pas possible.
- Vous... Vous pouvez recommencer ? Me demande-t-elle à bout de souffle.
Dans ma tête, je crie que non je ne veux pas ressentir à nouveau cette douleur... Mais apparemment elle a les mêmes doutes que moi. Très lentement je refais un pas en avant. Et aussitôt la douleur revient.
Oh putain de merde. Saloperie d'élève stupide. Ça ne lui suffisait pas de me pourrir la vie en cours... il fallait aussi qu'elle le fasse en dehors...
Mais mon regard croise celui de mon élève. Elle a l'air aussi paniqué que moi... totalement apeuré. Ce pourrait -il que ce soit réellement un accident ?
-Suivez-moi, Miss Chatterton.
À l'heure actuelle... seul Dumbledore pourra nous aider... Et m'empêcher de la tuer... Surtout si elle est vraiment innocente.
-CCC-
300 jours ! Non mais, 300 putains de jours. 7200 heures à devoir supporter cette greluche H24.
Quand Dumbledore m'avait annoncé ça, j'ai d'abord cru à une de ses blagues.
Ce n'était pas possible. Il y avait forcément un moyen de me débarrasser de ce parasite qui me collait comme Black collait Potter.
Alors j'avais tout essayé. Tous les sorts que je connaissais. J'avais même essayé quelques sortilèges de magie noire. Des sorts de ma conception...Mais rien à faire. Cette sangsue était toujours collée à moi.
Et à chaque échec. L'idée de me débarrasser d'elle en la supprimant me trottait dans la tête... Mais est-ce que je devrais traîner son cadavre ?
Ça serait assez gênant. Surtout pour mes rendez-vous mensuels.
Ensuite, Dumbledore avait cru bon de nous envoyer ce toutou de Lupin pour tenter de nous séparer... Comme si ce cabot était plus doué que moi.
Bon, je vous l'accorde, il y a eu un très bref instant où j'ai cru qu'il avait réussi. Mais malheureusement, non ! J'allais devoir me coltiner cette sangsue pour la soirée... Et l'amener dans MES appartements. Le seul endroit où j'avais encore la paix...
Arrivés dans la grande salle, tout le monde nous dévisage, nous pointe du doigt... et je ne peux m'empêcher de me revoir, plusieurs années en arrière, lorsque la même chose m'arrivait après que j'avais fait les frais des farces des Maraudeurs à la noix.
Je voudrais pouvoir courir vers ma table des professeurs, mais rien que le souvenir de la douleur me fait freiner, et je ne cesse de vérifier où se trouve mon boulet.
Elle s'installe au bout de la table des Poufsouffles et Dumbledore m'accueille à la mienne.
- Allons Severus, Ne faites pas cette tête. Cette expérience va certainement se révéler horripilante, me glisse-t-il avec un sourire.
Dépité, je ne cherche même pas à lui répondre et me contente de lever les yeux au ciel avant de rejoindre mon siège.
-CCC-
Et voilà, pour la première fois de ma vie, une fille passe la nuit dans mes appartements... Et jamais je n'aurais cru que ce serait de cette manière. Je sais qu'elle n'est qu'une élève, que je suis son professeur, mais être obligé de l'inviter chez moi... ça m'a mis extrêmement mal à l'aise. Je me suis senti comme... violé. À partir de l'instant où elle a franchi le seuil je ne me sentais plus chez moi... et lorsque j'ai trouvé sa brosse à dents dans MON gobelet... J'ai rapidement balancé ladite brosse à dents. Elle a volé dans la douche. Et encore c'est parce que la lunette des toilettes était fermée sinon je l'aurai envoyé directement dedans.
Après ma douche j'ai repris contenance, ai ramassé l'ustensile et l'ai reposé à sa place : sur le bord du lavabo.
Et puis même en dehors de cette brosse à dents... avoir toutes ces odeurs féminines autour de moi... C'est perturbant.
Heureusement, j'ai pu ruser, j'ai pu trouver un moyen pour éviter qu'elle ne dorme dans ma chambre.
J'avais très mal dormi, constamment je me réveillais et aussi incroyable que cela puisse paraître, je la « sentais » à travers le mur qui nous séparait. Je sentais sa présence. M'empêchant de dormir convenablement, trop effrayé à l'idée qu'elle n'entende quelque chose durant mon sommeil et qu'elle s'empresse de le raconter à toute l'école le lendemain.
Le premier matin, je m'étais levé un peu plus tôt et m'étais empressé d'aller dans la salle de bain... Foutu problème matinal. Foutu problème masculin. Il était hors de question que Chatterton me voit dans un état pareil.
Après avoir réussi à régler ce problème à coup de douche froide... (J'avais essayé la manière agréable mais la présence de la potiche dans la pièce à côté m'avait totalement bloqué) j'étais ressorti pour réveiller ladite potiche.
Et elle était là, allongée sur mon canapé, ses boucles brunes désordonnées entouraient son visage et de sa bouche ouverte je pouvais voir une petite goutte de bave qui se frayait lentement un chemin vers son menton. Elle est mignonne…
QUOI ?!
Stop ! Alerte ! Stop, Severus ! La potion a dû te griller un neurone ou alors c'est la frustration sexuelle, mais Chatterton n'est PAS mignonne. C'est une élève. C'est de la pédophilie. Reprends-toi !
- Chatterton, Réveillez- vous, lançais-je pour la réveiller en la secouant.
Je la vois se relever et de sa paume de main essuyer le filet de bave... c'est bon. Elle avait réussi. Elle était beaucoup moins mignonne à présent.
Mais malgré tout elle ne semblait pas décidée à coopérer. Elle semblait décidée à rester couchée. Et j'avais une nouvelle fois envie de la tuer.
- Ma baguette me démange tellement, Miss Chatterton.
-Ah bah si vous voulez on peut s'occuper de votre baguette avant d'y aller, s'empresse-t-elle de me répondre. Pleine de sous-entendus.
Complètement sous le choc. Je ne réagis pas tout de suite. Assise devant moi, moi debout, l'élève devant moi prend d'autres traits, d'autres vêtements. Et j'étais emporté dans un autre lieu.
Avant elle, seules les filles de "Sweety Witch" et "Magical Luxury" m'auraient parlé de la sorte. Et je les avais payés pour.
Alors inconsciemment je me mis à rougir face à cette jeune fille qui visiblement en savait beaucoup plus que moi sur le sexe. Moi qui n'avait jamais couché qu'avec des prostituées.
Mais mes yeux tombèrent sur l'écusson de Poufsouffle sur la cape de la jeune fille qui traînait sur ma table, et je repris violemment mes esprits. Oh par Merlin ! Il s'agit d'une élève Severus. Reprends-toi bon sang.
À présent j'étais furieux. Furieux contre cette gamine qui m'avait trouvé un point faible. Qui avait souri lorsque j'avais rougi. Trop heureuse de pouvoir m'humilier encore une fois.
Je hais cette gosse !
-CCC-
Au petit déjeuner, Dumbledore m'avait demandé comment se passait la cohabitation avec ma sangsue... et je ne lui avais pas menti... c'était l'enfer. Elle était insouciante et prenait toute cette histoire totalement à la légère. C'était insupportable.
-Je n'en peux déjà plus je vous dis, lui confirmais-je lorsqu'elle traîna pour nous suivre dans l'arrière-salle afin d'organiser ses futurs cours. Elle n'en a absolument rien à foutre. Moi je galère, je trime comme un dingue et elle, elle ne pense qu'à s'amuser et bouffer ! Quelle idiote !
Idiote et Sadique ! Juste pour pouvoir m'humilier à longueur de journée elle a été jusqu'à appeler son animal de compagnie Sev ! Peut-être que je deviens parano... Mais je suis certain que cette gamine veut ma mort !
-CCC-
Se comprendre…
- Je ne sais pas comment je vais survivre ces 300 jours. Comment vous allez survivre, lui avais-je dis en lui rendant son stupide reptile ce jour-là.
- Moi ? Je le vis bien. Je suis avec vous.
Ces mots m'avaient brisé. Et j'avais haï cette idiote encore plus. Parce que ces mots j'avais toujours rêvé de les entendre mais pas de sa bouche. Pas pour se moquer. Non ces mots... On les dit avec le cœur. Et j'aurais tellement aimé que Lily me les dise. Ou quelqu'un d'autre, mais une femme qui m'aurait réellement aimé… Pas elle.
Mais Il ne fallait pas que je tombe dans le piège. Chatterton ne disait cela que pour se moquer de moi. Pour m'humilier. Pour me rabaisser. Par tous les moyens. Et tous les moyens étaient permis avec elle.
Mais elle ne gagnera pas !
-CCC-
J'avais enfin trouvé un moyen de faire taire. Un bon vieux sortilège de Silencio. Quel bonheur ! J'avais enfin la paix. Vu que j'étais obligé de me la coltiner, j'avais décidé de l'ignorer. De la laisser graviter autour de moi sans m'occuper d'elle. De faire comme si elle n'existait pas. J'avais même été étonné que mon parasite accepte son sort aussi facilement. Elle ne s'en plaignait pas tant que ça. Se contentant de me suivre, où que j'aille. Mais même muette ou coopérante elle trouve le moyen de me rendre fou... Ne serait qu'en trouvant le moyen de communiquer avec sa copine avec ses mains !
S'il y a bien un truc que je ne comprends pas, c'est ces deux-là. Enfin deux trucs. Comment Andréa Chatterton et Céline Martins sont-elles devenues amies et comment font-elles pour communiquer avec leurs mains ?
Tout sépare ces deux jeunes. Martins est une élève très studieuse et, très calme, totalement le contraire de Chatterton. Alors qu'est qui as bien pu les rapprocher ? Et cette façon de communiquer, c'est fascinant... et perturbant.
Fascinant parce que visiblement c'est un langage à part entière. Une toute nouvelle façon de communiquer. Et perturbant parce que je n'ai aucun moyen de savoir ce qu'elles se disent.
Autre chose qui me rend dingue, c'est ce stupide reptile qu'elle réussit toujours à introduire dans mes cachots. Note à moi-même. Se méfier encore plus de cette gamine. Sous ses airs stupides elle est plus intelligente qu'elle n'y paraît.
Et son stratagème a bien fonctionné. Car elle a réussi à me faire passer pour un irresponsable devant Minerva. Elle a prétexté vouloir aller aux toilettes. J'ai refusé pour ne pas entrer dans son jeu. Et McGonagall m'a réprimandé comme lorsque j'étais moi-même élève. Elle arrive à me faire perdre toute crédibilité. Et cette vieille était venue constater par elle-même comment j'avais installé ma « colocataire » et m'avait ordonné de lui offrir un couchage décent.
Il faut vraiment que je me débarrasse d'elle.
-CCC-
Ce que j'allais faire… quand je fus perturbé pour la deuxième fois… cette fois-ci, par son dessin. Alors que je m'apprêtais à tenter de nous séparer par une potion, j'avais aperçu le dessin de mon élève. Une fiole d'où s'échappait visiblement de la fumée... mais j'aurais juré que la fumée formait des lettres. Les lettres S et R pour être précis. Mes initiales. J'en étais quasiment certain. Et ce dessin m'avait fait douter. Tout comme la réaction de ma colocataire... Elle s'était contentée de hausser les épaules.
Était-ce réellement possible ? Était-ce réellement possible que cette gamine fasse des dessins en pensant à moi ? Est-ce qu'il serait possible qu'elle soit sérieuse lorsqu'elle disait…NON ! Impossible ! Ce n'est pas possible ! Qui le pourrait ? Qui pourrait m'aimer moi ? Severus Rogue, l'ancien mangemort. Je suis loin d'être beau ni gentil ni riche ni séduisant ni célèbre. Ce n'est pas possible.
Personne ne serait jamais capable de m'aimer.
-CCC-
Elle m'avait tellement fait douter. Tellement fait douter de ses sentiments envers moi. Le lendemain matin, au moment de la réveiller, je l'ai trouvé là, endormie. Dans son tout nouveau lit.
Alors je m'étais assis dans le fauteuil à côté d'elle et l'avais observé dormir. Et sans m'en rendre compte, une heure était passée. Une heure où je n'avais cessé de me questionner. Une heure où je n'avais cessé d'inspecter chaque parcelle de son visage. De compter chaque respiration. Mais à présent elle commençait à remuer et n'allait pas tarder à se réveiller. Rapidement je fis léviter un livre près de moi et fis semblant de le lire.
Idiot ! C'est son livre de potions à elle que tu as dans tes mains... et à l'envers qui plus est.
Je fais appel à tous mes talents d'acteurs pour faire semblant d'être concentré dans ma lecture alors que je sens clairement son regard, que dis-je, son sourire sur moi.
-Bonjour Professeur, me sourit-elle la voix encore endormie.
Ne pas se laisser prendre au piège. Elle ne cherche qu'à m'affaiblir. Me faire croire qu'elle a des sentiments pour moi pour mieux m'humilier plus tard.
Alors j'avais trouvé la plus pathétique des remarques et lui avais fait croire qu'elle ronflait... ce qui était faux.
-CCC-
Une lettre de sa mère…
Jamais je n'aurais cru voir une personne blanchir autant à la vue d'un hibou. Et pourtant ce jour-là, lorsque Chatterton fit tout son possible pour éloigner le volatile de la fenêtre, je vis en direct la totalité de son sang quitter son visage. Et je me demandais instantanément pourquoi elle ne voulait pas recevoir ce hibou ? Mon esprit parano se disait déjà que c'était un de ses plans qui arrivait au mauvais moment. Jamais je n'aurais pu m'attendre à ce qui allait suivre.
Lorsque Pomona avait ouvert la fenêtre, j'avais vu mon condisciple se décourager totalement, voire carrément tout abandonner. Et son absence de réaction face à la violence de la beuglante ne pouvait signifier qu'une chose... Elle y était habituée. Trop habituée. Résignée. Résignée comme je l'étais, face à mon père.
Conne, boulet, Et qu'est-ce que c'était que cette histoire de dettes ? Comment un enfant peut-il avoir des dettes envers ses parents ?
Je voyais bien la jeune fille loucher sur mon verre d'alcool. Par Merlin... Elle est trop jeune pour déjà noyer ses problèmes dans l'alcool, bien trop jeune.
Je fus saisi et écœuré, lorsque la beuglante se calma et se dirigea vers moi.
- Professeur Rogue, je suis vraiment désolée, ma fille est encore une enfant, un peu perdue et très difficile. Si vous saviez ce qu'elle m'a fait traverser... Si vous avez besoin de quoi que ce soit pour vous rendre cette épreuve plus facile, contactez-moi ou mon mari, nous serions ravis de vous aider.
Mais elle se foutait de ma gueule celle-là ? Elle n'espérait quand même pas me mettre dans sa poche ? Elle n'espérait quand même pas que je la plaigne ? Certes Chatterton était peut-être loin de la fille modèle mais il ne fallait pas pousser le bouchon trop loin... Au vu de la beuglante cette femme était loin d'être la mère parfaite également.
Après cette épreuve, je vis une Chatterton brisée… Je vis aussi mes collègues tout autour, tous prêt à la soutenir. Tous prés à l'assaillir de leur pitié. Je vis bien qu'elle n'en voulait pas et m'empressai de la sortir de là au plus vite.
Je ne sais pas pourquoi je m'inquiétais pour elle, tout d'un coup… Je sais seulement que son image dans ma tête changeait.
Arrivé dans nos appartements, je ne pus m'empêcher de la scruter. Je n'arrêtais pas de me poser une seule et unique question. Et si sa constante bonne humeur était factice ? Si elle faisait simplement semblant d'être heureuse tout le temps ?
-CCC-
Établir ses…règles…
Le jour de son épreuve de Défense Contre les Forces du Mal, Chatterton fût particulièrement pénible, soupirant pour un rien. Ne se préoccupant pas de moi. Voire carrément m'ignorant lorsqu'elle était avec sa copine.
Je pensais qu'elle m'en voulait pour je ne sais quelle stupide raison, jusqu'à ce que je remarque qu'elle était tout aussi froide avec mes collègues.
-Qu'est-ce qu'il vous arrive, bon sang ?! Lui lançais-je une fois dans nos appartements alors qu'elle passait ses nerfs sur ses gribouillages.
-Bah... rien, me répond -elle.
-Vous avez été insupportable toute la journée, j'insiste.
-Comment ça ?
Quoi « Comment ça ? ». Oh là ! Je vois clair dans son jeu maintenant. Elle veut que je détaille sa journée pour qu'elle puisse se faire croire que c'est parce que je m'intéresse à elle.
Oh non, tu ne m'auras pas ma petite.
- Si vous avez un problème il faut le dire professeur, me lance telle en retournant à ses gribouillages.
-Je n'ai pas à supporter vos sautes d'humeur, Chatterton.
-Je n'ai pas à supporter les vôtres non plus.
Je bloque un moment. Là il y a vraiment un problème. Que Chatterton soit usante ou provocante c'est normal. Mais insolente… Ça c'est nouveau.
-Vous...
-Je veux bien que c'est ma faute qu'on en soit là. Mais par Merlin ça vous tuerait de faire des concessions de temps en temps ?
Des concessions ? Moi faire des concessions ? Mais bordel, elle ne se rend pas compte d'à quel point elle a déjà totalement chamboulé ma vie ? Et elle trouve encore que je n'en fais pas assez ?
-Chatterton. Je vais vous laisser une chance de retirer ce que vous venez de dire.
-Retirer quoi ?
-Ne me parlez pas de concession quand vous vous attendez toujours à avoir ce que vous voulez, Chatterton. Vous feignez la gentillesse et vous avez ce sourire stupide qui manipule les êtres faibles autour de vous. Mais avec moi, ça ne marche pas !
Voilà, au moins maintenant, c'est dit !
-Mais je ne vous ai rien demandé ! Et je ne feins rien et ne manipule personne. C'est vous qui êtes parano !
Qu'est-ce que je vous avais dit ? Une manipulatrice. Maintenant, c'est moi le parano ! Mais bien sûr. Mais qu'elle me foute la paix. Elle qu'elle me lâche enfin ! Qui diable lui as permis de se rapprocher autant de moi ?
-10 points en moins à Poufsouffle.
-Merde.
-15 points en moins à Poufsouffle. Et lâchez-moi !
Au moment où la phrase sort de ma bouche, elle baisse les yeux sur son bras et tente de s'éloigner. Et dans son regard, je lis tout de suite qu'elle n'y arrivera pas. Le « lien » qui nous lie s'était réduit, et à présent nous ne pouvions plus nous séparer que de quelque 40 petits centimètres.
Alors sans aucune retenue, je laisse exprimer ma rage et ma frustration en hurlant avant de me laisser tomber au sol. J'en ai marre de cette malédiction !
J'avais longtemps cru que je n'arriverais jamais à trouver le sommeil en ayant une fille dans la même pièce. Aussi j'avais été moi-même étonné de la facilité avec laquelle je m'étais endormi avec Andréa à mes côtés. Et étonnamment j'avais très bien dormi, un sommeil paisible et réparateur...
Mais quelque temps plus tard, je fus lentement tiré de mon sommeil. Je pouvais distinctement entendre le stupide gecko de ma colocataire pousser des cris dans ma direction... et au-delà de ça... presque étouffé, de toutes petites plaintes de douleurs.
J'ouvris lentement les yeux pour voir ma compagne, roulée en boule au sol... se tenant visiblement le ventre et se retenant à grand peine de pleurer.
Au départ j'ai cru qu'elle se moquait à nouveau de moi... mais les spasmes que je voyais sur son visage... et l'état de panique de son gecko me firent rapidement comprendre que sa douleur était sérieuse... et qu'elle tentait par tous les moyens de la cacher.
Mais pourquoi ? Pourquoi cacher sa douleur ? À quoi cela sert-il ?
-Qu'est-ce qu'il vous arrive encore ? Et je vous ai dit quoi à propos de cet animal ?
Pas de réponse. Silence total. Mais cependant je la vois se renfermer sur elle-même et mettre sa tête entre ses jambes. Elle souffre. C'est évident.
-Chatterton ? Tentais-je d'une voix plus douce. Inquiet. OK elle est insupportable. OK, je la maudis tous les jours. Mais je me suis habitué à sa présence visiblement… en revanche je ne suis pas habitué à la voir souffrir. Et bizarrement, je n'appréciais pas non plus.
- Il faut que j'aille voir Pomfresh, me lance-t-elle rapidement.
-Pourquoi ? Vous êtes malade ?
-Si on veut.
- J'ai quelques potions ici. Vous avez quoi ?
Je sais, je ne suis pas médecin ou infirmier... Mais la voir souffrir... c'est insupportable. Et apparemment elle sait elle-même de quoi elle souffre. Et le remède adéquat. Et vu que c'est moi même qui fournis l'infirmerie en potions. Au pire, elle peut prendre un truc en attendant qu'on arrive à l'infirmerie, s'il y'a besoin.
Alors lentement je lui attrape le bras et l'incite à se relever. Je l'amène jusqu'à ma boite à potions personnelles et l'ouvre face à elle.
Quand je la vois hésiter, je me dis tout d'abord que je m'étais peut-être trompé... Qu'elle ignorait elle-même l'origine de sa douleur et que nous allions devoir faire appel à Pomfresh. Mais lorsque je l'ai vu prendre le flacon d'antidouleur, je voulais lui dire de faire très attention car trop dosé cette potion peut se révéler dangereuse.
Mais visiblement, Andréa savait parfaitement ce qu'elle faisait. Vu la maîtrise avec laquelle elle avait secoué le flacon avant de prendre les 5 gouttes à un endroit bien précis de sa langue. Elle avait l'habitude de cette potion. Et cette nouvelle information ne me rassurait guère.
De quoi cette fille pouvait-elle bien souffrir pour être autant habitué à prendre cette potion ?
Puis après elle m'avait expliqué. M'avait expliqué ses problèmes menstruels. Bien sûr j'étais parfaitement au courant de ce que c'était, ne serait-ce que par ma mère. Mais j'ignorais que la douleur pouvait être aussi terrible. Et si elle souffrait autant, j'en excusais presque son caractère d'hippogriffe qu'elle avait eu toute la journée.
Presque, j'ai dit.
-CCC-
Le foutu baiser…
Foutue cérémonie des diplômes. Stupides parents d'élèves. Je n'avais qu'une envie en cette « merveilleuse » soirée : me saouler la gueule pour passer au plus vite au lendemain. Mais non. JE suis un professeur, je me dois de rester présentable. Et de plus de ça, je dois éviter de me retrouver ivre devant une élève. Parole de mon cher directeur !
En tout cas, une qui ne s'est pas gênée, c'est Chatterton. Elle est complètement ivre. Elle croit que je ne l'ai pas vu finir mon verre et accepter tous les autres, mais au contraire, j'ai totalement remarqué. Et j'ai remarqué aussi qu'elle a un problème avec l'alcool. Elle ne sait pas gérer sa consommation !
Elle est à présent en compagnie de Samuel Fontfour, élève de 7ème année de Serdaigle, tandis que je me retrouve coincé en compagnie des parents de quelques anciens élèves et les professeurs Sinistra et Sibylle. Génial !
Je me retrouve à devoir écouter deux pères débattre de qui des Faucons de Falmouth ou des flèches d'Appleby avait le meilleur attrapeur quand je vois Fontfour s'avancer vers mon binôme et poser ses lèvres sur les siennes.
Et cette idiote qui ne réagit même pas. Qui se laisse faire totalement. Pire encore. Elle le laisse reprendre possession de ses lèvres une seconde fois.
Alors c'est comme ça… Cette garce dit partout qu'elle est amoureuse de moi mais dès que l'occasion se présente elle me trompe avec le premier venu ? Si ce n'est pas une nouvelle preuve qu'elle se fout de ma gueule !
Elle s'était endormie à cause de l'alcool. Et je dois l'avouer, j'étais furieux ! Furieux contre cette gamine. Furieux contre moi-même.
Car je m'en rendais bien compte... Ce que j'avais ressenti tout à l'heure en voyant Fontfour poser ses lèvres sur Andréa c'était de la jalousie. Or, si j'étais jaloux de ce connard de Fontfour, ça ne pouvait signifier qu'une seule et unique chose, mais je ne voulais pas l'admettre... Est-ce que je commençais à avoir des... sentiments pour cette idiote ? Elle n'était tout de même pas en train de gagner ? Si ?
Même si c'était le cas… je savais pertinemment qu'elle ne partagerait jamais ces sentiments. Pas réellement.
Alors j'étais furieux contre elle. Furieux de me sentir trahi. Furieux de m'être trahi, encore une fois, en ressentant des choses pour la mauvaise personne.
Et je voulais qu'elle ait mal. Qu'elle ait mal autant que j'ai mal actuellement.
Alors j'ai profité de son sommeil profond et m'éloigna, m'éloigna jusqu'à ce que cette boule de douleur m'arrache la poitrine. Et avec cette douleur, j'ai l'impression que c'est mon cœur qui tente de sortir de mon corps.
C'était comme-ci elle m'avait arraché le cœur. Comme elle l'avait fait, autrefois. Lily.
Je sais que certains d'entre vous sont déçus de ne pas avoir la suite du baiser entre nos deux petits protagonistes, pour ça faudra attendre le chapitre 23.
Mais voilà, pour vous, la première partie du POV Rogue, écrit entièrement par ma Célinou.
A la base, il y'a 5 ans, cette histoire on devait l'écrire ensemble. Mais la vie en a décidé autrement.
Malgré tout, je tenais à ce qu'elle y mette sa pâte… Et quoi de mieux que d'écrire sur ce qui se passe dans la tête de Rogue ?
Personnellement, après moultes essaies, je n'y arrivais pas, je ne sais pas écrire sérieusement.
Et elle m'a sauvé.
J'espère que cela vous aura plu, et j'attends vos reviews, dîtes à la petite Célinou ce que vous en avez pensé, je vous avouerais qu'elle est un peu nerveuse, hein ma Lillyths d'amour ?
Je vous remercie d'ailleurs pour vos review sur mon précédent chapitre (Nameless- Merci pour tout ces beaux compliment et de mettre 300 au même niveau que mcfly et Carlito - Lauriana, je te remercie beaucoup - Le singe, tu m'a refais ma journée avec ta review, merci !) et des follows, ainsi que les favoris :3
Sur ce, j'espère que vous passer un bon début d'été ! A dimanche prochain ?
Prenez soin de vous,
Silou & Lillyths
