L'incident fut rapidement oublié. Stiles fit de son mieux pour faire le pitre afin que chacun soit rassuré sur sa santé. Lydia expliqua son malaise en affirmant qu'il n'avait pas laissé assez de temps entre l'heure du déjeuner et sa baignade dans la piscine.

A l'heure du goûter, le groupe se rassembla sur les bains de soleil pour partager une glace, profitant du soleil qui avait enfin repris possession du ciel. Jackson proposa ensuite une partie de basket, que Matt accepta aussitôt, soulagé de trouver une opportunité pour quitter la piscine. Stiles insista pour venir aussi, même si Scott s'inquiétait de son état.

— Il nous reste deux semaines au complexe. Si tu m'empêches d'en profiter sous prétexte que je me suis senti mal cinq minutes, autant que je rentre maintenant, fit mine de se fâcher l'adolescent.

Pour une fois, même Peter, Derek et les filles les accompagnèrent, ce qui leur permit de faire des équipes de six. Scott se mit avec Allison, Stiles, Boyd, Isaac et Derek, tandis que Jackson choisissait Peter, Danny, Erica, Matt et Lydia.

— L'équipe perdante paiera les pizzas ce soir ! annonça la jeune rousse en faisant voler ses longs cheveux dans son dos.

Ils jouèrent une petite heure et l'équipe de Scott perdit de deux points.

— Même pas juste ! se lamenta le loup-garou. On était handicapé par Stiles !

— Merci bien, grogna son meilleur ami.

— Désolé. Je voulais juste dire que tu n'étais pas au meilleur de ta forme suite à ton malaise de tout à l'heure, se reprit le brun.

— Aucune excuse ne sera acceptée ! railla Jackson. J'avais deux filles dans mon équipe !

— Ca veut dire quoi ça ? intervint Erica, un sourcil haussé.

Avant que la conversation ne prenne un mauvais tournant, Derek changea de sujet :

— Bon, qui va chercher les pizzas ?

Il eut la désagréable surprise de voir tous les visages de son équipe se tourner vers lui.

— Vous plaisantez ? grinça l'alpha.

— Il n'y a que toi, Allison et Stiles qui avez une voiture, expliqua Isaac.

— Tu ne vas quand même pas envoyer une fille sur la route à ta place ! poursuivit Boyd.

— Et Stiles pourrait faire un malaise sur la route, conclut Scott. Il ne reste donc plus que toi.

— Très bien ! soupira Derek. Mais à deux conditions. Vous vous débrouillez pour passer la commande par téléphone avant que je parte. Et j'emmène Stiles avec moi.

— Quoi ? s'insurgea le principal concerné.

— Pourquoi lui ? voulut le défendre Allison.

— Parce qu'il est hors de question que sois le seul à faire le trajet, donc j'emmène un souffre-douleur. Mais peut-être que quelqu'un va se porter volontaire à sa place ?

Tout le monde baissa les yeux, le sol devenant soudainement très attrayant.

— Je me sens vraiment soutenu aujourd'hui, c'est dingue ! ironisa Stiles.

# #

— Tu as vu ta mère ?

Derek était installé au volant de sa Camaro. Il tourna la tête vers son passager, qui boudait contre la vitre.

— C'est pour ça que tu m'as obligé à venir avec toi ? bougonna le jeune garçon, bras croisés.

— En partie. Tu n'aimes plus ma compagnie ? Tu préfères rester avec un de mes T-shirts ?

— Je n'aime pas ta compagnie quand c'est pour me parler de trucs dont je n'ai pas envie de parler.

L'alpha ne répondit pas et l'adolescent finit par lâcher :

— Oui, j'ai vu ma mère. Elle était dans les vestiaires, au niveau du pédiluve, et elle me regardait.

— Tu en es sûr ?

Stiles fit une grimace.

— Bien sûr que oui, j'en suis sûr ! Je sais encore reconnaître ma mère quand je la vois !

Derek se gratta la joue avant de murmurer :

— J'ai consulté le registre du personnel. Aucune des femmes qui travaillent dans cet hôtel ne lui ressemble. Pas au point que tu la confondes avec ta mère.

L'adolescent leva un regard douloureux vers le conducteur.

— Tu penses que je suis fou ?

— Non. Mais je pense que parfois, le cœur souffre tellement que le cerveau a besoin d'inventer certaines choses pour apaiser la douleur.

— Donc, tu crois que j'ai des hallucinations ? Que ma mère n'est pas réelle ? Qu'elle n'existe que dans ma tête ?

— Je n'en sais rien ! Mais comment expliques-tu que tu ne l'ai vue que trois fois et que personne d'autre ne l'ai jamais croisée ?

Les traits de Stiles se crispèrent tandis qu'il essayait de contenir les larmes qui lui brûlaient les paupières.

— Je te dis que je l'ai vue. Pourquoi tu ne veux pas me croire ?

Les trémolos dans sa voix firent soupirer Derek de lassitude. Il quitta la route des yeux pour répondre à l'adolescent et constata avec stupeur qu'il pleurait.

— Mais ... Stiles ?

— Laisse-moi tranquille !

Le garçon se tourna de nouveau vers la vitre, les joues humides. L'alpha retint un soupir agacé et se gara sur le bas-côté.

— Excuse-moi, Stiles. Je cherche juste à comprendre ce qu'il t'arrive.

— Il ne m'arrive rien ! Ma mère n'est pas morte et elle travaille dans ce complexe, un point c'est tout ! s'écria l'adolescent.

— Alors tu peux m'expliquer pourquoi elle n'est pas venue te voir tout à l'heure à la piscine ? Tu m'as dit qu'elle t'avait vu, elle aurait dû te rejoindre !

— Je sais pas ! Je sais pas pourquoi elle n'est pas venue ! Je sais pas pourquoi elle n'est pas morte ! Je sais pas, je sais pas, je sais pas ! Merde !

Les épaules secouées par les sanglots, Stiles enfouit son visage dans ses bras, qu'il avait posé sur ses genoux repliés contre lui. Derek faillit lui demander de retirer ses pieds de son siège mais se ravisa. Il se mordit la langue, s'apprêta à redémarrer sa voiture et laissa retomber sa main sur son genou.

L'alpha poussa un juron à voix basse avant de tendre le bras pour attirer l'adolescent contre lui.

— C'est bon, Stiles. Je te crois. Tu as bien vu ta mère.

— Tu crois que c'est ce qui va me consoler ? hoqueta le jeune garçon en levant des yeux rougis vers lui. Tu crois que je préfère savoir que ma mère ne veut plus me voir plutôt que de me dire que j'ai des hallucinations ? Tu crois que ça me fait moins mal ?

— Ecoute, je ne comprends rien à la situation, mais on va enquêter et on va découvrir ce qu'il se passe, d'accord ? Maintenant, arrête de pleurer. Ça ne sert à rien.

— Bien sûr que ça sert à quelque chose ! Ça sert à aller mieux. Tu devrais essayer des fois !

Derek serra plus fort l'épaule de Stiles.

— Si tu savais combien de fois j'ai pleuré ... chuchota-t-il. Et ça ne m'a jamais permis d'aller bien.

# #

Le groupe s'était réuni dans la chambre d'Allison pour manger. Les cartons de pizza se vidaient au fur et à mesure que les estomacs se remplissaient. Lydia eut alors une idée pour relancer l'ambiance, qui avait tendance à se relâcher avec le début de la digestion.

— Et si on faisait un « action vérité » ?

Sans laisser le temps à quiconque de protester, la jeune fille s'empara d'une bouteille de Coca vide et la fit tourner sur elle-même. Le bouchon s'arrêta en désignant Danny.

— Action ou vérité ? demanda la jeune rousse la bouche en cœur.

— Action ? choisit le gardien de l'équipe de crosse sans paraître très sûr de sa réponse.

— Embrasse un des garçons !

— Quoi ? Mais c'est n'importe quoi ! protesta Jackson avant même que son meilleur ami ait eu le temps de réagir. T'en as d'autres des comme ça ! Court-circuit !

Le blond attrapa la bouteille et la fit tourner.

— Hé ! Ce n'est pas dans les règles du jeu !

— Dans les miennes, si ! On a le droit de court-circuiter le jeu quand on trouve que l'action ou la question est débile.

La bouteille s'arrêta en face de Peter, qui sembla ravi.

— Vérité !

Jackson leva des yeux agacés au ciel. Lui qui pensait que le plus âgé de leur bande serait le plus raisonnable, il s'était lourdement planté. Avant qu'il ait eu le temps de poser la moindre question, Lydia reprit possession de la bouteille.

— Court-circuit !

— Mais je n'ai encore rien demandé ! protesta son petit ami.

— Pourquoi on court-circuite mon tour ? se vexa Peter, l'air terriblement déçu.

— Dans mes nouvelles règles, on peut court-circuiter n'importe quand.

La jeune fille posa la main sur la bouteille vide dès qu'elle se fut arrêtée pour empêcher Jackson de la reprendre.

— Erica. Action ou vérité ?

— Action.

— Hmmm ... Va faire des couettes à Scott !

— Quoi ? Je suis pas d'accord ! refusa le brun en posant deux mains protectrices sur sa tête.

— Accepte ou elle ne va pas nous lâcher, soupira la blonde en enlevant l'élastique qu'elle avait au poignet et en l'enroulant dans les cheveux du loup garou.

— Ça te va bien ! assura Peter, un sourire narquois sur le visage.

Scott lui lança un regard noir pendant qu'Erica faisait tourner la bouteille.

— Matt. Action ou vérité ?

— Vérité, hésita le photographe.

— Est-ce que tu as des sentiments pour quelqu'un ?

— C'est quoi ces questions de merde ? s'agaça Jackson.

Matt baissa les yeux et secoua la tête.

— Ca n'a pas l'air sincère, insista Erica.

— Mais tu vas devoir le croire ! fit Boyd. Tourne la bouteille, Matt.

Avant que le photographe ait pu s'exécuter, Lydia s'écria :

— Court-circuit !

— Mais c'est pas vrai ! râla son petit ami.

Le bouchon s'arrêta en face d'Allison. Sa meilleure amie lui fit un grand sourire charmeur :

— Action ou vérité ?

— Lequel sera le moins terrible ? soupira la jeune brune avant de choisir « vérité ».

— Dis-nous un peu ce que représente l'amour pour toi.

— Oh mon dieu, faites la taire !

Jackson avait levé les bras au ciel et avait voulu court-circuiter la partie mais sa petite amie s'était emparée de la bouteille.

— Même pas en rêve, cracha-t-elle.

— C'est bon ! Je vais répondre à la question, assura Allison.

La jeune fille se mordilla la lèvre avant de prendre la parole :

— L'amour. C'est ... Ça fait du bien. Savoir que quelque part, il y a quelqu'un qui pense à nous. Qu'on peut compter sur cette personne quand ça ne va pas. Etre impatient de rejoindre la personne qu'on aime, avoir l'impression que les secondes n'avancent pas lorsqu'on est séparé et qu'au contraire, elles filent à toute vitesse lorsqu'on est réunis. Se sentir ultra-protégé quand on est dans ses bras et être prêt à faire n'importe quoi pour que jamais rien de mal ne lui arrive. Etre hypnotisé d'un geste, d'un son, d'un regard. C'est rire à des blagues pas drôles, se vexer à la moindre remarque ... Enfin, je vais pas vous faire un roman, vous m'avez tous comprise. Je suis sûre que vous aviez tous quelqu'un en tête lorsque je parlais !

Allison conclut en riant, rapidement imité par tout le groupe. Scott passa un bras autour de ses épaules et lui vola un baiser. Erica posa sa tête sur l'épaule de Boyd tandis que Lydia et Jackson échangeaient un coup d'œil amoureux.

Stiles avait un sourire un peu crispé. Il jeta un regard en coin à Derek. L'adolescent se sentait très mal à l'aise.

Pourquoi n'avait-il pas cessé de penser à lui pendant qu'Allison parlait ?

# #

Une fois que le groupe se fut lassé du jeu de Lydia, chacun partit se coucher. Stiles fut le premier à déclarer être fatigué, rapidement suivi par Matt. Isaac avait accompagné Danny jusqu'à sa chambre et les deux garçons étaient allongés sur le lit du gardien, des oreillers plaqués contre leur visage pour étouffer leur hilarité. Le loup garou frisé venait encore de raconter une blague et ils n'arrivaient pas à s'en remettre.

— Tu vas me tuer un jour, finit par réussir à articuler Danny en se tenant les côtes.

— Peut-être, répliqua Isaac d'un air songeur.

— Quoi ? Tu vas m'avouer que tu es homophobe et que tu t'es rapproché de moi dans le seul but de pouvoir m'éliminer ?

— Mais non ! s'exclama le garçon frisé en envoyant son polochon sur la tête du gardien. Qu'est-ce que tu peux être bête !

Isaac regarda longuement son ami avant d'avouer :

— J'ai un secret à te dire.

Danny se redressa un peu dans le lit.

— Je t'écoute.

— Si je te le révèle, il faut que tu me promettes de ne jamais en parler à personne. Sous aucun prétexte. Ça doit absolument rester entre nous, quoiqu'il arrive.

— Ca a l'air drôlement sérieux. Mais tu peux me faire confiance.

Le garçon frisé leva la main devant ses yeux et fit apparaître ses griffes.

— Woh ! s'exclama Danny en ayant un mouvement de recul. T'es un genre de superhéros dont le pouvoir est de contrôler le taux de kératine dans son corps ?

— La kératine ? s'étonna Isaac. Ce n'est pas un truc qui se trouve dans les cheveux ?

— Si mais ça compose aussi tes ongles, lui apprit le gardien.

— Ah bon ? Euh ... Enfin, peu importe !

Les yeux du jeune garçon prirent une teinte ambrée tandis que ses crocs sortaient de sa bouche. Il acheva de se transformer en attendant une réaction de la part de Danny, dont les sourcils s'étaient levés jusqu'au milieu de son front.

— Donc ... Tu es quoi exactement ? Un mutant ? finit par questionner son ami., une fois la surprise passée.

— Un lycanthrope. Ou ce qu'on appelle plus couramment un loup-garou.

— Ah ouais. Je me disais aussi que contrôler la kératine, c'était vraiment un pouvoir nul ! A moins que tu veuilles faire pousser les ongles de tes ennemis, mais je ne pense pas que ça soit une très bonne idée. Ils pourraient tenter de vouloir te crever les yeux après.

— C'est tout ce que tu trouves à dire ? s'effara Isaac.

— Euh ... Tu n'es plus obligé d'acheter un costume pour Halloween ?

Le garçon frisé éclata de rire et reprit forme humaine.

— N'importe quoi, toi ! Tu ne pourrais pas paraître un peu effrayé ? Je viens de t'avouer que j'étais un loup garou !

— Ce n'est pas parce que je suis gay que je m'enfuis en hurlant comme une gamine hystérique dès que quelque chose me surprend. Evidemment, si tu t'étais jeté sur moi avec l'intention de me dévorer, j'aurais peut-être été un peu plus réactif. Mais tu m'as appris la nouvelle très calmement.

— Justement. Ça ne t'effraie pas, que je puisse avoir envie de te croquer un bout de jambe ?

Danny haussa les épaules.

— On s'est retrouvé assez souvent tous les deux, ces derniers jours. Je pense que si tu avais eu envie de me goûter, tu l'aurais déjà fait depuis longtemps.

Un sourire se dessina lentement sur le visage d'Isaac.

— Tu es vraiment génial, tu sais ?

Le gardien ne répondit pas et le loup garou reprit.

— J'ai encore autre chose à te dire.

— Ne me dis pas que tu as faim ! le prévint son interlocuteur.

Le garçon frisé rigola et secoua la tête.

— Non. Ça n'a rien à voir. C'est que ... Je voulais te dire ... Tu sais, quand Allison a fait son grand discours sur l'amour ? Elle a terminé en disant qu'on avait tous eu quelqu'un en tête. Et bah moi, j'ai pensé à toi.

Danny parut surpris.

— Euh ... Et si jamais je dis que moi, je n'ai pas pensé à toi ?

Le regard d'Isaac se teinta de tristesse mais il se força à sourire.

— Je te croquerai un bout de fesses pour me venger !

— Bon, bah alors, heureusement que moi aussi, j'ai pensé à toi ! J'aime bien mes fesses.

— Moi aussi, je les aime, répliqua le garçon frisé, tout content de la réponse du gardien.

— Parce que tu les as déjà regardées ? fit semblant de se fâcher Danny en lui mettant un coup d'oreiller.

— Euh ... Juste quand on allait à la piscine !

Les deux garçons se sourirent et Isaac finit par se rapprocher du gardien, jusqu'à ce que leurs nez se frôlent.

— Je peux t'embrasser ?

— Je suppose que si je refuse, tu vas t'en prendre à mes fesses ...

Le garçon frisé rigola avant de poser ses lèvres sur celles de Danny.

# #

Cette nuit-là, lorsque Derek rejoignit Stiles dans son lit, l'adolescent ne put s'empêcher de se sentir incroyablement gêné. Avait-il réellement des sentiments pour l'alpha ? N'avait-il pas pensé à lui simplement parce qu'ils étaient devenus assez proches et partageaient un secret ?

Après tout, le loup garou était celui qui lui avait sauvé la vie plusieurs fois, en réussissant à stopper ses crises de panique. Cela devait créer une sorte de lien entre eux, non ?

— Désolé pour le retard, bailla Derek. Lydia m'a tenu la jambe pendant vingt minutes pour savoir si je t'avais remonté les bretelles pour être parti te coucher avant elle hier soir. J'ai essayé de lui faire croire que je t'avais sévèrement engueulé mais elle n'avait pas l'air convaincue. Et après, Allison et Erica discutaient dans le couloir.

— Pas de souci, marmonna Stiles.

— Ça va ?

— Ouais. C'est juste que je me demandais ... Quand Allison a donné son interprétation de l'amour ... Tu pensais à qui toi ?

L'alpha se cala contre l'oreiller avant de répondre.

— J'ai pensé à ma sœur, Laura.

Devant le silence de l'adolescent, le loup garou chuchota :

— Tu as pensé à ta mère ?

— Hein ? Ah euh ... Ouais. C'est ça. Et à mon père aussi.

— Tu veux en parler ?

Derek bailla à nouveau.

— Non, t'en fais pas ! affirma Stiles d'une voix qu'il espérait assurée. Ce n'est rien. Dors, tu as l'air fatigué.

— Bonne nuit, Stiles.

— Bonne nuit, Derek.

L'adolescent roula sur le côté droit. Il s'était clairement senti déçu lorsque l'alpha avait déclaré avoir pensé à sa sœur. Le garçon avait secrètement espéré que le loup garou avoue avoir pensé à lui. Il se serait senti beaucoup moins mal à l'aise.

— Bordel ... Ne me dîtes pas que je suis amoureux de Derek Hale, supplia-t-il intérieurement.