Bonjour tout le monde… Par où commencer… Tout d'abord, j'ai conscience que ma longue absence peut être perçue d'une façon négative. Vous avez raison, c'est une mauvaise chose de ne pas avoir terminé cette histoire, c'est envers vous que ce n'est pas bien. Donc, pardon. Les choses ont fait que je n'ai pas su la finir, et puis le temps est passé et j'avoue l'avoir un peu oublié. Pourtant beaucoup m'ont laissé des messages pour m'y inviter, mais encore une fois j'ai vraiment éprouvé beaucoup de difficultés à finir cette histoire. Mais ce soir, allez savoir pourquoi, j'y suis parvenue. Depuis le temps, j'ai changé, mon regard sur les choses a évolué et les personnages que je m'imaginais au moment où j'ai écrit ma nonromantique sont tout à fait différents de ce qu'ils sont devenus dans ma tête aujourd'hui. Mon style d'écriture a aussi évolué je crois. Donc vous pourrez peut-être être perturbé par ce changement, quoi que je ne le pense pas si grand que ça. Je voulais juste, pour vous, et aussi pour moi, mettre un point final à cette fic. J'espère qu'elle vous plaira.
J'ai longtemps hésité à la reprendre, à la réécrire et puis je me suis dit que vous l'aviez aimé comme elle était et qu'il n'y avait donc pas de raison de la repenser. Voila.. A bientôt j'espère, pour de nouvelles aventures
"L'absence est le plus grand des maux."
Jean de la Fontaine
« Tu es bien trop pensif Malfoy, c'est Noël, il ne faut pas penser à tout ça ce soir ! »
La jeune fille encore un peu saoul tira sur le bras de Draco, le tirant de sa torpeur. Il rit gentiment en constatant qu'en y mettant toute sa force elle ne parvenait pas à le faire bouger.
Hermione dû s'en rendre compte puisqu'elle cessa et leva les yeux au ciel.
« Tu sais, dit-elle, je suis heureuse d'être là, ce soir, avec Harry, Ron, Gin', et toi. Surtout toi. » Elle ricana en tirant sur un fil de sa robe. Ce faisant, elle décousu une longue trainée. La jeune fille ouvrit grand les yeux essayant de dissimuler sa maladresse.
« Ginny va me tuer » Constata-t-elle en pouffant de rire.
Draco l'attira à lui et embrassa son front. La bouche encore contre sa peau, il murmura :
« Tu es une sorcière, tu peux facilement réparer le désastre… »
La jeune fille releva la tête et vint poser ses lèvres sur celle du garçon.
« Je ne sais pas ce que je ferais sans toi. »
Elle avait mis dans sa voix un brin d'humour, mais il comprit néanmoins qu'elle le pensait sincèrement. Aujourd'hui, ils étaient heureux, mais pourtant, tout n'avait pas été rose à son retour…
Draco trempa pensivement la plume dans l'encrier. Il écrivit : « Chère Hermione », puis barra. Un soupire franchit ses lèvres rougies d'avoir été tant mordillé. Habituellement, il ne faisait pas tant de manières, seulement, il ne savait pas trop ce qu'Hermione penserait de sa lettre. Voilà plusieurs mois qu'ils ne s'étaient pas donné de nouvelles tant et si bien que Draco doutait qu'ils se soient un jour connu. Pourtant, tous ces mois avaient bien existé… Peter Pan, la main tendue d'Hermione, le sourire d'Hermione, la peau d'Hermione… Il ne voyait qu'elle, dans ses rêves, dans ses pensées, elle ne le quittait jamais. Parfois même, il croyait sentir son parfum dans l'air, ou pensait l'apercevoir du coin de l'œil. Mais quand il tournait la tête, le mirage avait disparu. Il tournait en rond, imaginait devenir fou. L'été avait passé lentement tandis qu'il s'habituait à sa nouvelle vie. Le monde sorcier avait été en deuil, l'était encore, partout dans la rue, la guerre était dans toutes les bouches. Draco surprenait encore des sorciers longer le mur, comme s'ils devaient fuir quelque chose, se faire tout petit avant de se rendre compte que la terreur avait pris fin. Pourtant, peu à peu, à mesure que les murs étaient rénovés, le cœur des gens reprenait goût à la joie. On donnait des fêtes, on organisait des commémorations, parce qu'on se sentait coupable d'être à nouveau heureux alors que tant ont péri. On honorait les morts, on insultait les prisonniers.
Et parmi tout ce bazar, il y avait Draco. Le garçon était resté chez les Weasly parce que, même s'il ne l'avouerait jamais, il aimait bien l'endroit. Il y régnait un capharnaüm incroyable, un tourbillon de gens, de festins, de cris et de rires, mais au final il préférait ça que le silence froid d'une chambre d'hôtel. Il ne pouvait pas encore retourner au manoir qui avait été saisi par la justice puisqu'il avait servi de repère aux mangemorts. Et petit à petit, Draco avait su se faire moins mordant. Il avait arrêté de piquer au vif les personnes l'ayant accueilli, il avait mis de l'eau dans son vin. Il avait mûrit. Et malgré ça, malgré le changement qui s'opérait petit à petit en lui, une chose n'avait pas bougé : il voulait être avec Hermione. Mais le silence qu'elle lui imposait le rendait fou. Au début, il pensait que ce ne serait l'histoire que de quelques semaines, un mois peut-être, mais juillet, août étaient passés sans qu'il n'entende son prénom. Puis septembre était arrivé, octobre. Aujourd'hui, on fêtait halloween. Toute la tribu Weasley s'enthousiasmait pour cette fête, Molly avait préparé des gateaux pour tout un régiment, on avait des bonbons à foison pour accueillir les sorciers. Mais Draco n'avait pas le cœur en joie.
Il était à présent assis sur le canapé, les vestiges d'un cookie dans une assiette, il écoutait Harry lui parler de ses projets. Les deux garçons avaient fini par tisser un certain lien, la fierté mise de côté, ils s'entendaient même plutôt bien.. Si Draco avait pu imaginer, il y a quatre ans ce que serait devenue sa vie… Fort heureusement pour lui, même un chemin tout tracé peut être contourné. Et sans Hermione, il n'osait pas penser ce qu'il serait devenu aujourd'hui. Peut-être serait-il en prison, peut-être serait mort ?
Tout à ses pensées lugubres, on sonna une énième fois à la porte.
« Malfoy, c'est ton tour ! » S'exclama un Harry au bord de la crise de foie.
« Hors de question que j'aille filer des bonbecs à des morveux. »
Draco entendit Ginny ricaner de sa mauvaise foi.
Mais, comme personne ne bougeait et souhaitant échapper à ses pensées noires, Draco finit par s'extirper du canapé trop mou des Weasley pour se diriger vers la porte. Il saisit au passage le panier rempli de victuailles et ouvrit la porte avec nonchalance. Cependant, Draco fut surpris de ne pas trouver d'enfant. Non, sur le pas de la porte se tenait une personne, visiblement un adulte à en juger par la taille, portant un horrible masque représentant un serpent. Une poignée de seconde s'écoula avant que la personne ne dise d'une voix mal assurée :
« Un bonbon ou un sort… »
Draco frémit. Cette voix… C'était elle, Hermione. Son ventre se noua douloureusement, réaction pour le moins inattendue. Une bouffée de chaleur l'envahit et un frisson courut le long de son échine. Et là, hébété, il n'eut d'autre reflexe que de tendre le panier plein de bonbons.
Dans le salon, Hermione riait aux éclats aux blagues de Ron et Harry. Ginny était installée près d'eux, la tête sur les genoux d'Harry. Le tableau qu'ils formaient respirait la complicité et la joie de s'être retrouvé. Seul, Draco les observait, adossé au montant de la porte. Son cœur n'avait pas cessé de tambouriner férocement dans sa poitrine. Il n'en croyait toujours pas ses yeux, Hermione était revenue. C'est comme si elle n'était jamais partie et pourtant, il ne parvenait pas à effacer tous ces mois de silence. Il ne se l'était jamais avoué, mais en la voyant agir comme si de rien n'était, il se rendit compte qu'il lui en voulait. Il lui en voulait d'être partie après avoir réalisé tant de choses avec lui, il s'était senti abandonné, livré à lui-même. Il avait dû faire le deuil de son ancienne vie, le deuil de son père, de tous les morts, de la guerre. Seul. Et même s'il était entouré de nombreuses personnes au terrier, il ne s'était jamais senti plus seul.
Le garçon poussa un soupire avant de monter dans sa tanière. Et depuis la chambre, les lames de bois usées du parquet laissaient encore passer les rires joyeux des amis.
Ressassant, grognant, boudant, Draco ne se rendit compte que la porte s'était ouverte que parce que les bruits du salon lui apparurent plus forts et plus clairs. Il se tourna pour se trouver nez à nez avec une Hermione se balançant d'un pied à l'autre. Lentement, elle alla s'assoir sur le lit du jeune homme. Sa démarche était raide et mal assurée et quelque part Draco en fut heureux.
« Est-ce que… tu es en colère ? » Demanda-t-elle d'une petite voix.
Il voulait l'être. Mais par-dessus tout, il l'aimait.
« Un peu. » Répondit-il, mais le cœur n'y était plus à présent et il savait qu'à chaque battement de cil, elle faisait tomber une barrière. Mais elle n'en était pas consciente car elle se ratatina sur place.
« J'avais tellement peur de rentrer. J'aurais dû revenir plus tôt, mais je n'y arrivais pas. » Le silence s'imposa. Draco soupira, prêt à en découdre. Mieux valait crever l'abcès, mais elle continua :
« J'avais peur que tu ne veuilles plus me voir. Je sais que c'était stupide de m'enfuir loin du monde sorcier pendant si longtemps. Mais rester ici m'aurait étouffé. Tu n'as vraiment rien fait de mal, mais il fallait que je me retrouve moi-même et je n'y serais pas parvenue ici. »
Draco hésita, il mourait d'envie de la prendre dans ses bras et lui dire combien elle lui avait manqué, pourtant il lui asséna :
« Tu as préféré fuir plutôt que de faire face, très gryffondor. »
La jeune fille ferma les yeux quelques secondes, accusant le reproche à peine dissimulé.
« Je ne te demande pas de comprendre la raison de mon départ. C'est fait, je ne peux que m'excuser de t'avoir tenu éloigné de moi pendant tous ces mois… »
« Si tu ne me demandes pas de comprendre, qu'est-ce que tu es venue faire dans ma chambre ?! » Draco était fatigué de la tension qui régnait dans la pièce, il voulait crier mais ne pouvait cependant pas se résoudre à la blesser plus que nécessaire.
« Je.. Je voulais m'expliquer. J'en avais besoin Draco. J'ai conscience que c'était égoïste… » La jeune fille posa sa main sur celle de Draco qui la retira prestement. « J'espère que tu pourras trouver le moyen de me pardonner. » Continua-t-elle la gorge nouée de tristesse face à la réaction du garçon. Elle se leva et se dirigea vers la porte qu'elle ouvrit. Puis elle se tourna vers Draco avant de terminer : « Malgré tout, je voulais que tu saches que tu m'as manqué. »
Puis elle disparut.
