Voilà plusieurs jours que Clarke était dans le coma et que Lexa et Octavia était parties. Raven restée en «arrière» pour prendre soin de son amie commençait à s'inquiéter. Elle n'était pas médecin, bien sûr, mais elle savait qu'un coma prolongé avait toujours des conséquentes sur le patient. Elle avait la certitude que Becca devait gérer la chose, mais tout de même son inquiétude grandissait.
Elle venait s'occuper de Clarke tous les jours et chaque fois, elle espérait que Clarke ouvrirait les yeux. Son espoir se muait peu à peu en désespoir. Parfois, Bly, le vieil homme aveugle se joignait à elle.
- Ton amie a de la chance de t'avoir !
- Nous n'avons pas le choix, nous sommes solidaires. Notre groupe a vécu tant de chose, nous sommes plus que des amis, nous sommes une famille.
- Certains plus que d'autres, celle qui accompagnait Heda, ne semblait pas très «famille».
- Dans toutes les familles, il y a parfois des frictions, et puis elle a vécu un drame qui l'a profondément marqué et changé.
- Sa colère est grande. Elle a choisi un chemin sombre, c'est un chemin dangereux. Celui où la tristesse se change en haine, où la douleur devient une force et où la peur n'existe de plus.
- Quand tout ceci sera terminé, nous l'aiderons à guérir et à revenir près de nous...
- Crois tu seulement qu'elle veuille revenir ?
Raven regarda le vieil homme. Il est vrai que Octavia avait beaucoup changé. Elle était devenue aigrie, agressive, implacable, mais la jeune femme restait persuadé qu'il y demeurait du bon en elle.
- Et Clarke comment va t-elle ? Demanda Bly.
- Comme vous pouvez le voir, il n'y a pas beaucoup de changement.
Le vieil homme attrapa la main de Clarke avec beaucoup de douceur et sourit
- Elle va mieux...
- Vraiment ? Comment la savez...
- Sans mes yeux parfois, je vois mieux que les autres ! Dit l'homme en riant.
- Vous voyez autre chose ?
- Je sens qu'elle n'est pas seule, ça c'est une bonne chose !
- Pas seule ? Oui, je suis là...
- Non, non. Je veux dire dans sa tête. Il y a quelqu'un dans sa tête avec elle !
Le vieil homme se mit à rire à nouveau.
- C'est vrai que dit comme cela, ça peut paraître bizarre, mais je vous assure qu'il ...
- Je vous crois ! Il s'agit de Becca ! Le coupa Raven. Par la flamme, Clarke peut rentrer en contacte avec les esprits des Hedas précédentes.
- Du coup, elle n'est vraiment pas toute seule ! Ria encore Bly.
- Comme vous dites, ria aussi Raven.
Rire. Cela faisait tant de bien. Il y a longtemps, que cela ne lui était pas arrivée, elle avait presque oublié.
Le lendemain, alors que Raven venait à peine de rentrer dans la tente, Clarke papillonnait des yeux.
Raven se jeta sur son amie.
- Clarke tu es réveillée ! Comment te sens tu ? Tu as mal quelque part ? Tu peux bouger les pieds, les mains ?
- Raven s'il te plaît !
- Oups ! Pardon !
- Déjà , mets nous un peu de lumière, veux tu ?
- De la lumière ? Mais de quoi tu parles Clarke ? Il fait plein jour !
- Ce n'est pas possible ! Je suis dans le noir !
- Clarke ! Regarde moi !
- Où es tu ? Je ne te vois pas !
- Je suis là juste devant toi !
- Je ne vois rien Raven, dit Clarke d'une toute petite voix.
- Tu es... aveugle...
- Il semblerait... Becca avait dit, qu'il y aurait peut être des conséquences...
- Tu peux bouger tes bras, tes mains, tes pieds ? Bouge, s'il te plaît !
Clarke put bouger tous ses membres, elle n'avait visiblement aucune séquelle au niveau moteur.
- A quoi vais je servir, si je ne vois plus rien ? Dit tristement Clarke.
- Ne dis pas ça Clarke ! Je ne veux pas t'entendre dire ça !
- Tu sais que j'ai raison ! Comment vais je me battre contre Roan, sans mes yeux !
- Une chose à la fois d'accord ? Tout d'abord, rien ne dit que ta cécité soit permanente...
- Mais...
- Laisse moi finir, s'il te plaît ! Ensuite même si elle l'est et bien tu apprendras à vivre avec ton handicap. Tu es en vie Clarke ! Tu aurais pu mourir ! Être paralysée ! Enfin, en ce qui concerne la bataille qui se prépare, et bien, tu as perdu la vue, pas la tête, tu es capable de réfléchir, d'élaborer une stratégie, de donner des conseils. Ton savoir, tes connaissances, tes aptitudes, tes qualités, tout cela sera utile !
- Et Lexa ?
- Quoi Lexa ? Tu crois que parce que tu es aveugle, elle ne t'aimera plus ! Cette fille t'aimerai même s'il te poussait un troisième œil sur le front !
- Quelqu'un est venu me dire que tu étais réveillée Clarke, tu m'en vois ravi ! Dit Bly en se glissant dans la tente.
- Oui, Bly, ça y est, elle est sortie du coma...
- Mais à ta voix, je sens qu'il y a un problème.
- En effet, elle a perdu la vue !
- Ah ! C'est dommage... Définitivement ?
- Nous ne savons pas...
- Alors, peut être, il y a t-il une chance !
- Oui, peut être..., dit tristement Clarke.
- Clarke, ne sois pas triste...
- Pourquoi ? Vous voulez que je me réjouisse ? Dit Clarke sur un ton amer.
- Peut être que oui..., tu as faillit mourir mais tu es en vie !
- Vivre dans le noir ! Ce n'est pas une vie !
- Oh Clarke ! Je ferai un jeu de mots et je te dirai que c'est ton point de vue ! Que devrais je dire ? Tu peux te réjouir «d'avoir vu» ! Je suis né avec le handicap qui est le mien, je n'ai jamais vu les couleurs, les nuages, le vent dans les feuilles. Je n'ai jamais pu voir le visage de ma femme, de mes enfants, de mes petits enfants. Je n'ai jamais eu le plaisir de lire un bon livre. Mais ce n'est pas pour autant que je n'ai pas pu profiter de la vie ! Manquer d'un sens, ou en perdre un, a une conséquences sur les autres. Ton ouïe, ton odorat, ton touché et même ton goût, vont compenser ta vue. Tu vas pouvoir entendre des choses que tu n'entendais pas avant, sentir des choses qui seraient passées inodore antérieurement. Sous tes doigts, tu vas découvrir, des variances de températures, des aspérités différentes, des sensations, dont tu n'imagines même pas l'existence. Avant tout ou presque passait par tes yeux, tu vas découvrir que tu peux «voir» avec tes autres sens !
- Tu as eu toute une vie, vieil homme, moi je n'ai pas le temps..., dit amèrement Clarke.
- Il faudra le prendre, et cela ira plus vite que tu ne le penses ! En attendant, mange, bois, reprend des forces, car ce sommeil t'as rendu plus faible que jamais. Je vais te faire apporter ce qu'il faut ! Dit Bly en quittant la tente.
- Tu vois tout espoir est permis !
- Raven... Peux tu me laisser seule un moment, s'il te plaît ?
- Bien entendu Clarke ! Je vais voir ce qu'ils te préparent à manger !
Aussitôt Raven partie, Clarke ferma les yeux et attendit Becca.
- Je suis désolée pour ta vue..., dit Becca.
- Désolée ! Tu es désolée ! Qu'est ce que je vais faire, maintenant ! Hein ! Comment vais je guider mon peuple, si je ne vois rien !
- Je comprend que tu sois en colère, c'est normal ! Les nanites ont fait leur travail, ils ont éliminé l'hématome... mais il y a eu pression sur les nerfs optiques... Je t'avais dit qu'il pouvait y avoir des séquelles..., tu aurais pu avoir bien pire !
- Oui, alors vu comme ça évidemment ! Et pourquoi je vois très bien ici ?
- Et bien parce qu'ici, rien ne passe vraiment par tes yeux... Écoute. J'ai renvoyé les nanites vers tes nerfs optiques, pour voir si ils sont «réparables».
- C'est possible ?
- Je ne sais pas, c'est complexe, mais si il y a une chance...
- En attendant, je développe mes autres sens ! Dt Clarke sur un ton ironique.
- Oui, les conseils de Bly étaient très bons !
- Pfff !
Le lendemain, elle avait mangé un peu, elle se risqua à se lever, Raven et Bly la tenant chacun d'un coté.
- Ouh ! J'ai la tête qui tourne !
- C'est normal, tu veux te rallonger ?
- Oui, on réessayera tout à l'heure si tu veux bien !
- Pas de soucis Clarke !
La blonde reprit sa position horizontale.
- Tu crois que Arthus est arrivé à Delphes ? Qu'il a comprit ton message ?
- J'ai confiance en lui, il est intelligent...
En effet Arthus et Niels étaient arrivés sans encombre à Delphes.
Le jeune garçon avait retrouvé sa mère, qui avait pleuré en le voyant.
- Qu'est ce que tu as grandit mon fils ! S'étonna sa mère.
- Maman, je suis parti presque un an, c'est normal ! Dit Arthus en soulevant sa mère et en la faisant tourner.
- Arrête tu vas me donner le tournis !
Arthus posa sa mère à terre délicatement.
- Dis moi qui est ton ami ?
- C'est Niels, maman, on s'est rencontré à Polis...
- Tu as été jusqu'à la capitale ?
- Oui maman !
- Oh comme je suis fière de toi, mon fils ! Dit la mère d'Arthus en le serrant dans ses bras.
- Maman tu m'étouffes !
- Oups ! Pardon mon fils ! Ton ami restera bien manger...
- Oh non madame, c'est gentil... mais je ne veux pas déranger...
- Voyons vous ne dérangez pas ! Vous êtes l'ami de mon fils, vous êtes donc le bienvenu !
- Alors dans ce cas volontiers !
Arthus raconta ses exploits pendant les veillées qui suivirent. Il lui fallut quatre soirées pour tout raconter dans le détail. Sa rencontre avec Vanheda et comment il l'avait sauvé, tout le monde fut impressionné par ces capacités de guérisseur ! La bagarre dans la taverne à Polis, sa fuite avec Niels et Abel, ce récit fut plus qu'édulcoré, mais là encore, le public resta captivé, les plus jeunes restaient persuadé, qu'Arthus était un puissant guerrier. Enfin, il évoqua l'attaque de la meute de loups et là sa mère manqua de s'évanouir. Il passa cependant sous silence, l'existence de la puce et les raisons réelles de son retour.
A la fin, Arthus était devenu la vedette du village et le chef en personne le reçu à sa table.
- As tu pu rencontrer Heda ?
- Non, malheureusement, elle n'était plus là, le roi Roan...
- Oui, cet usurpateur..., oh si j'étais plus jeune, je... je lèverai une armée et je...
- Vous en aurez peut être l'occasion !
- Ah bon ! Explique toi...
- Vanheda, je crois qu'elle fait le tour de tous les clans de la coalition pour reverser Roan, justement...
- Je n'aime pas beaucoup cette Skaikru...
- C'est parce que vous ne la connaissez pas...
- Ce n'est pas elle en particulier, mais vois tu, ces gens sont tombés du ciel, ils sont différents de nous...
- Moins que vous le pensez. Lorsqu'elle arrivera, vous pourrez discuter avec elle et vous serez surprit d'apprendre les choses qu'elle vous révélera !
- Je prend en compte ta remarque, jeune homme et puis entre les deux malgré tout, je préfère cette jeune femme !
Après le repas, Arthus rejoignit sa mère.
C'était une petite femme, d'une cinquantaine d'années, assez ronde . Elle était aussi brune que son fils, le même sourire. Elle était généreuse, on devinait sans peine d'où venait ce trait de caractère, chez le jeune homme. Arthus ressemblait beaucoup à sa mère, et il avait une grande tendresse pour elle. Et la voir si fière de lui, valait toutes les richesses du monde, rien ne le rendait plus heureux.
- Je suis tellement fière de toi mon fils !
- Maman ! Tu me l'as déjà dit une bonne centaine de fois ! Dit Arthus en riant.
- Vraiment ! Tu es sûr ? Ce n'est pas grave !
La femme prit soudain un air grave. Arthus s'en inquiéta.
- Maman? Tout va bien ?
- Arthus, je voulais te parler de quelque chose...
- Parle sans crainte...
- C'est à propos de ton ami...
- Niels ?
- Oui !
- Et bien ?
- Je n'ai pas confiance en lui...
- Pourquoi ?
- Et bien, je ne sais pas, une impression... Tu sais que j'ai un don, pour «sentir» les gens, et lui, je ne sais pas, j'ai une sensation étrange.
- Maman ! Je sais que tu as la capacité de lire comme dans un livre ouvert chez les gens, mais parfois tu te trompes !
- Oui, cela m'est arrivé, rarement...
- Maman cela fait un bon moment que je suis avec lui, je le connais bien ! En plus même Nook l'aime bien !
- C'est ton point de vu ! Tu crois le connaître, mais certains hommes sont habiles dans la duperie !
- Mais alors, si tu n'avais pas confiance en lui, pourquoi l'avoir invité chez nous dans ce cas ?
- C'est le meilleur moyen de connaître ton ennemi...
- Si tu dis vrai, c'est dangereux !
- Je te demande, juste, de l'observer, d'un œil différent.
- D'accord, mais je suis sûr, que tu te trompes...
- Peut être, mais fais le pour ta mère, s'il te plaît !
- Oui maman ! Finit par dire Arthus.
- Et quand doivent arriver tes amies ?
- Je n'en ai aucune idée ! Mais j'espère qu'elles arrivent bientôt. D'une part parce que j'ai hâte de les revoir mais j'ai surtout envie de me débarrasser de l'objet.
- De quel objet veux tu te débarrasser Arthus ? Tu sais, je suis marchand, je pourrai te l'échanger ou te l'acheter ! Dit Niels qui venait d'arriver.
- Non, je te remercie, mais cet objet n'est ni vendable, ni échangeable, il attend sa nouvelle propriétaire.
- Tu es certain ? Avoir la garde de cet objet semble être lourd à porter, insista Niels.
- Inutile d'insister Niels ! Dit gentiment mais fermement Arthus.
- Comme tu voudras, si tu changes d'avis, tu sais où me trouver ! Dit Niels en disparaissant dans la chambre que la mère de Arthus avait mis à sa disposition.
Le doute s'installa dans l'esprit du jeune garçon. Soudain, il trouva l'insistance de l'homme, légèrement suspecte. Arthus regarda sa mère qui était restée silencieuse pendant son échange verbal avec Niels, elle lui sourit.
- Je sais maman ! Dit Niels résigné.
Le lendemain le mère d'Arthus lui demanda d'aller chasser quelque chose pour le repas. Elle partie au marché, chercher quelques légumes pour accompagner.
Le garçon partit avec son loup vers la forêt. Après un quart d'heure de marche, le loup repéra la trace d'un chevreuil. Les deux amis pistèrent l'animal et finirent par le découvrir dans une petite clairière.
Arthus attrapa son arc, arma une flèche et tira. La trajectoire du dard fut nette et précise, elle transperça le cœur, tuant le chevreuil sur le coup.
Le garçon marcha jusqu'à la bête, s'agenouilla et le caressa respectueusement.
- Merci, dit il. Grâce à toi, nous allons manger ce soir.
Il attacha les pattes de l'animal et le chargea sur ces épaules, Nook le suivait de près, très intéressé.
- Ne t'inquiète pas Nook, il y a largement de quoi manger pour nous, et même pour toi !
Le loup sautait de joie autour de son ami.
De retour au village, il posa l'animal sur une table en pierre qui servait à préparer le gibier. Il découpa un cuisseau et le tendit à Nook. Le carnassier ouvrit la gueule et referma sa mâchoire sur le morceau de viande.
- Régale toi mon ami ! Dit Arthus en voyant son loup partir à la recherche d'un coin tranquille pour déguster ce morceau de choix.
Il découpa l'autre cuisseau qu'il mit de coté pour lui, sa mère et Niels.
Ensuite, il dépeça le chevreuil avec méthode. Lorsqu'il eut terminé de découper toute la viande, il héla un garçon qui passait.
- Awan !
- Oui, fit le garçon surprit.
- Fait savoir à ceux qui en ont besoin, qu'il y a de la viande. Ils peuvent se servir !
- Tu n'en veux pas toi ?
- J'en ai bien assez !
- Merci Arthus ! Dit le garçon en s'en allant en courant.
Arthus attrapa le cuisseau et se dirigea vers chez lui.
Il déposa la viande sur la table et entendit du bruit à l'étage, au niveau de sa chambre.
Il monta en silence et ouvrit doucement sa porte, là il vit Niels de dos, en train de fouiller dans ses affaires.
- Tu peux me dire ce que tu es en train de faire ?
Niels surprit, sursauta, se leva d'un bond et se retourna vers Arthus.
- Ce n'est pas ce que tu crois..., commença Niels.
- Si, c'est exactement ce que je crois ! Comment ? Comment as tu pu ? Je te considérais comme mon ami ! Nous t'avons accueilli dans notre famille, comme nous l'aurions fait pour l'un des nôtres !
Niels avait son sourire habituel, puis d'un coup son visage changea. Il affichait toujours un sourire, mais ce n'était plus le même. Un mélange, de mépris, de haine et de victoire.
- Enfin, je suis libre, plus la peine de jouer mon rôle...
- Mais qui es tu ?
Niels se mit à rire.
- Tu devrais voir ta tête ! Pauvre petit garçon ! Oh, mais ne t'en veux pas, j'ai joué un rôle et je suis très doué, mes victimes ne voient rien venir... Cependant, je crois que ta mère, a sentit quelque chose, je me trompe ?
- Non en effet, dès qu'elle t'a vu, elle s'est méfiée de toi !
- Elle est intelligente ta mère... dommage...
- Si tu lui fais du mal, tu vas le payer !
Niels se mit à rire encore une fois.
- Ne profère pas de menaces petit, tu n'es pas de taille !
Arthus se souvint d'un coup que Nook, n'était pas dans la maison, il ne pourrait pas le sauver cette fois ! Il fallait gagner du temps.
- Mais je ne comprend pas..., dans la taverne..., les soldats...
- Des pions sacrifiables, il fallait que je gagne ta confiance !
- Mais... et Abel ?
- Il est devenu trop curieux. Il a comprit le jeu auquel je jouai, et voulait sa part, alors je l'ai persuadé de prendre un autre chemin, pour te prendre par surprise. Je savais qu'il s'enfoncerait dans la neige et surtout que la meute le suivrait ! Une pierre deux coups ! Je me débarrassai d'Abel et des loups ! Bien joué, non ?
- C'est horrible, le pauvre a été dévoré !
- Oh, il n'a pas souffert longtemps ! Dit Niels fier de lui.
- Tu es un monstre !
- Oui, je sais ! Mais je suis doué !
- Et que veux tu à la fin ?
- Tu n'as pas encore deviné ? Tu es bien naïf ! Réfléchi, cherche un peu...
- Roan !
- Exact ! Bravo ! Roan a des espions partout, et l'un d'entre eux t'a vu avec Clarke, le roi a saisi l'opportunité et m'a envoyé.
- C'est la puce que tu veux, n'est ce pas ?
- Encore exact ! Alors maintenant que tout est dit, donne la moi ! Dit Niels fermement.
- C'est hors de question ! Tue-moi si tu veux, de toutes façons tu n'auras rien ! Hurla Arthus.
- Arthus ! C'est toi qui crie là haut ! Dit la mère du garçon.
Les deux hommes se regardèrent. Niels, mit à sourire. Arthus comprit de suite ce que le colosse avait en tête.
- Maman, sauve toi, sauve toi ! Hurla le garçon.
Niels fonça sur Arthus et le projeta contre le mur. Il dévala les escaliers et attrapa par le bras la pauvre femme qui tentait de s'enfuir.
Arthus entendit sa mère crier puis plus rien, alors il se releva encore étourdit et descendit les marches. Lorsqu'il arriva en bas, il vit sa mère étendu sur le sol, et Niels debout devant elle avec un couteau.
Les yeux du garçon s'emplirent de larmes, il sentit la douleur, la peine, et la colère monter en lui. Sans réfléchir, il se rua sur Niels. Le géant n'eut aucun mal à arrêter le garçon. Il le bloqua d'une main et le repoussa si violemment, que le jeune se retrouva par terre.
- Elle n'est pas morte, mon garçon, mais elle gueulait si fort que j'ai du la faire taire, tu comprends, j'ai eu peur qu'elle ameute tout le village ! Par contre, si tu ne me donnes pas la puce, dit Niels en attrapant la mère du garçon par la gorge, je me verrais dans l'obligation d'abréger sa vie !
- Je ne peux pas te la donner..., pleurait Arthus.
- Alors ta mère va mourir ! Dit Niels en installant la femme sur une chaise et en passant le couteau sous sa gorge.
- Non, non, je t'en pris, je t'en supplie...
- Je n'ai que faire de tes supplications, je veux la puce !
Tout se brouillait dans la tête du jeune homme.
- OK, OK, je te la donne ! Dit Arthus résigné.
- Eh bien, voilà, je savais que tu reviendrais à la raison.
Le garçon fouilla dans sa poche et en ressortit un petit objet rectangulaire frappé du symbole de l'infini.
Niels tendit la main, tout en gardant l'autre sur le cou de la mère de Arthus.
- Allez sois un bon garçon et donne la moi !
- Je t'en pris, elle te sera d'aucune utilité...
- C'est là que tu te trompes ! C'est parce que tu ne vois pas mon point de vue ! Je me fous de ce qu'il y a dessus, ni même à quoi elle sert, tout ce que je sais c'est que Roan l'aura et que Lexa ne l'aura pas ! Allez dépêche toi, je pers patience !
Le garçon se résigna et déposa la puce au creux de la main de Niels. L'homme referma ses doigts sur l'objet et eut un sourire de satisfaction.
- Au fait, je suis désolé, dit il en riant.
- Quoi ?
- Je veux être sûr de pouvoir m'enfuir...
La dessus, il trancha la gorge de la mère de Niels.
Le garçon vit tomber sa mère comme l'aurait fait une poupée de chiffon. Arthus mit quelques secondes a réaliser ce qu'il venait de se réaliser. Soudain, l'horreur de la scène lui sauta au visage, alors un cri de douleur sortit de la gorge. Sans même prêter attention à la fuite de Niels, il se jeta sur sa mère, avec désespoir il plaça ses mains sur son cou, pour essayer de contenir le flot de sang. La femme jeta un dernier regard sur son fils, Arthus y vit tant d'amour, de fierté, que cela lui brisa le cœur.
- Je t'aime mon fils..., parvint à murmurer la mère de Arthus.
Ce fut ses dernières paroles, aussitôt, l'âme quitta la corps de la femme, sous les yeux impuissant de son fils.
