Chapitre 21
Estime

Dès qu'il avait remarqué les lèvres de son cousin sur celles de son humaine, Nuada n'avait pu se retenir d'attraper l'elfe par les cheveux pour le lancer brutalement vers le feu, sans pour autant le brûler vif. Ce dont il se serait tout de même senti capable. Sans tarder, il dégaina sa lance pour en placer la pointe contre la gorge de Tanai.

« It's the second time you try to take a woman who is rightfully mine away from me. And Nuala is not here to save you.

- Nuada, don't do that.

- Get up and fight me, coward. You dishonor the name of our clan !

- Whatever you think happened, you're wrong. Let me explain...

- What I saw is enough for me !

- But it's not my fault : when I came in she didn't reject me and she even threw herself into my arms. »

D'un coup, une imperceptible lueur de doute s'alluma dans les yeux du prince qui, jusqu'à présent, ne brulaient que de colère et de répulsion. Il jeta un bref regard à l'humaine et vit son expression désespérée. Il l'avait cru sous le charme de Tanai qui l'aurait incité à se venger de Nuada en le rendant jaloux. De toute évidence, elle ne semblait pas aussi innocente qu'il le pensait. D'ailleurs, comme pour confirmer ses soupçons, son cousin en rajouta.

« We talked as if we were close friends, sharing personal things. And then she looked at me with such eyes... I couldn't resist her. And with this dress on she was so bewitching. Anyone would have kissed her in my place. Besides, you saw she didn't push me away.

- Non !, hurla Meliell de toutes ses forces. »

Ce cri résonna dans la pièce comme un appel au secours. Allant de choc en choc, la jeune fille, toute tremblante, ne souhaitait plus qu'une chose. La fin de ce cauchemar. Au bord du désespoir, elle voulut prier Tanai d'avouer tout ce qu'il avait volontairement omis et qui donnait un tout autre sens à ses actes. Toutefois, comme il évitait soigneusement son regard, elle comprit à quel point il s'était joué d'elle. Naïvement, elle avait cru voir en lui un ami sincère. Lui, de son côté, n'avait vu en elle qu'un vulgaire passe-temps... Bientôt, la tristesse de la trahison se transforma en accès de rage. Lui voler son premier baiser ne lui avait donc pas suffi ? Fallait-il aussi qu'il anéantisse le peu de considération que Nuada lui avait accordée ? À n'en pas douter, sa ruse n'égalait que sa lâcheté. Et si Tanai n'avait pas le courage d'assumer ses actes, elle, au moins, l'avait. Peu lui importait à quel point le prince s'emporterait. Finalement, elle fixa ce dernier. Leurs regards brûlants se jaugèrent.

« Tanai, clear off, ordonna Nuada sans pour autant quitter Meliell des yeux. »

L'elfe ne se fit pas prier deux fois et détala la queue entre les jambes. Maintenant qu'elle était seule avec le prince, la jeune fille se leva en prenant son courage à deux mains, prête à affronter les fausses accusations de Nuada.

« I knew you were like any human being, a disgusting creature who has no honor.

- Prince, you're mistaken.

- I'm not ! I saw on your face Tanai wasn't lying, you can't deny that. And I ordered you to stay away from him. Will you deny that too ?

- I deny nothing, but...

- Osgar nearly...

- Please, let me talk, le coupa-t-elle, redoutant avec chaque pas qui le rapprochait d'elle qu'il ne la laisse pas s'exprimer.

- He nearly fooled me, but now I know...

- Nuada !

- You're just a whore ! »

À la seconde où il eut prononcé ce dernier mot, la main de Meliell se retrouva brusquement projetée contre la joue de Nuada. Des larmes d'indignation perlant dans ses yeux, la jeune fille ne regrettait en rien cette gifle retentissante.

Calmement, le prince porta sa main à sa joue rougie par la commotion. Arrêter ce coup aurait été un jeu d'enfant pour lui. Cependant, il ne l'avait pas pensé capable de le frapper, et avait dû le voir pour le croire. Ce soir, elle ne ressemblait nullement à l'humaine qu'il côtoyait depuis trois jours. Une colère noire commença à bouillonner en lui.

« No woman ever dared to slap me, déclara-t-il d'une voix menaçante par sa douceur.

- Alors c'est que tu n'en as accusé aucune de se prostituer juste après que Nessa t'ait sifflé et que tu accoures chez elle en remuant la queue. »

Outré et hors de lui, Nuada répliqua en envoyant un violent coup de poing dans le ventre de l'humaine. Le souffle coupé, elle tomba lentement au sol près de l'elfe.

« I've been too nice with you lately, and if I have to beat you everyday to make you respect me, that's what I'll do !, hurla-t-il en donnant puissant coup de pied à la jeune fille au sol. »

Cette fois, Meliell cracha un filet de sang. Certes, elle ne s'était pas attendue à ce qu'il soit tendre, surtout après l'avoir insulté, mais là, il ne retenait même pas ses coups, et la frappait de toutes ses forces. Haletante, elle se redressa tant bien que mal, une main sur son ventre lancinant, pour s'affaler sur le fauteuil le plus proche. Injurier Nuada ne l'avait mené à rien, au contraire, cela n'avait servi qu'à empirer les choses. Néanmoins, elle ne pouvait nier le bien fou que lui dire ce qu'elle pensait de son échappée lui avait procuré. Par contre, ce qui allait venir la réjouissait moins. Expliquer son innocence au prince qui la fusillait d'un regard fulminant ne s'annonçait pas de tout repos. D'autant plus qu'elle doutait fortement de sa volonté à l'entendre. Toutefois, elle trouva une manière d'entrer en matière.

« Je suis désolée, je me suis laissée emporter, s'excusa-t-elle en essuyant l'hémoglobine qui lui restait au coin de la bouche. Mais Tanai vous a autant embobiné que moi.

- Impossible ! Il a dit vrai, tu l'as avoué, rappela l'elfe avec impatience.

- Mais il n'a pas tout dit. Il a présenté les faits de telle sorte à ce qu'il puisse partir sain et sauf en me laissant payer les pots cassés.

- Même si c'était le cas, tu n'es aucunement irréprochable ! Je vous ai surpris en train de...

- Je n'étais pas consentante ! Ce baiser... il me l'a volé, lui confia-t-elle en baissant la tête, pleine d'amertume. »

Ce nouvel élément n'étonna pas Nuada qui se doutait qu'elle essayerait de se disculper par ce subterfuge. Mais en était-ce vraiment un ? Tanai lui aurait-il enseigné l'art du mensonge ? Il n'y avait qu'un moyen de le savoir : reconstituer la scène. Et le prince n'était que trop heureux de jouer le rôle de son cousin. Sans le moindre avertissement, l'elfe se saisit promptement du menton de l'accusée, puis il se pencha vers elle, et captura fiévreusement ses lèvres.

Affolée par un geste si brutal, Meliell eut cette fois le reflex de repousser son assaillant. Cependant, dès qu'elle posa les mains sur les épaules de Nuada, ses forces l'abandonnèrent. Il avait attaqué son point faible. Les doigts fins qu'il avait glissée langoureusement dans sa chevelure sombre accrut la tentation qui la pétrifia et l'empêcha de penser à autre chose que les frissons de plaisir qui la traversèrent.

Le prince pressentait qu'elle allait mordre à l'hameçon : ses mains agrippaient de plus en plus fermement ses épaulent, ses lèvres tremblaient, et sa respiration s'accélérait. Il y avait fort à parier qu'elle ne tarderait pas à lui céder. Auquel cas il ne se gênerait pas pour assouvir ses bas instincts avant de la traiter de trainée et de lui faire payer le prix de son infidélité.

Soudainement, Meliell sentit les lèvres de l'elfe s'étirer en un sourire narquois contre sa bouche. Ce signe de dédain la ramena à la réalité. Celle où Nuada la méprisait. Rien n'était plus évident... Tout cela n'était qu'un beau piège doré. Une fois encore, il s'amusait d'elle. Désillusionnée, elle baissa la tête et lâcha les épaules du prince pour sécher ses larmes naissantes.

« You're... crying ?, questionna Nuada, étonné. »

La jeune fille braqua sur lui un regard empli de rancœur pour lui répondre.

« Bien sûr, tu ne peux pas comprendre ce que ça fait quand une personne qu'on estime joue avec toi comme une vulgaire peluche, tu n'as pas de cœur ! Mais moi, j'ai des sentiments, figure-toi, et j'aime pas qu'on joue avec ! »

Elle voulut lui asséner une seconde claque, mais cette fois, il lui attrapa le poignet.

« Je ne me laisserais pas faire deux fois.

- Et moi je ne leurrerais plus sur toi ! Sale monstre insensible ! »

Presque inconsciemment, le prince envoya l'humaine au sol d'une violente gifle. Son orgueil l'interdisait de laisser une insulte impunie. Pourtant, ce cri, ce sang, et maintenant ces larmes... La déception qu'il voyait dans ses yeux était la même que celle qu'il avait ressentie en la surprenant avec Tanai. Comment pouvait-elle mentir avec des yeux pareils ? Bien vite, il détourna le regard. Il n'en pouvait plus. Cette discussion n'en finissait plus de s'aggraver. Il n'y avait plus qu'un moyen de l'arrêter. Lancer un sort de sommeil à Meliell.

Encore une fois, Nuada n'y était pas allé de main morte. Mais plus encore que sa joue, c'était son cœur qui souffrait. Son cœur qui pleurait. Elle ne se sentait plus la force de regarder l'elfe. Et malgré cela, lorsqu'il prit délicatement son visage entre ses mains, elle ne put s'empêcher de plonger son regard dans le sien. Aussitôt, tout devint noir. La dernière chose qu'elle vit fut Nuada murmurant inaudiblement, ses yeux dorés remplis de... regret ?

À son réveil, la jeune fille se retrouva sur la paillasse qu'elle partageait avec le prince au Troll Market. Étrangement, mis à part un léger mal de crâne, rien ne différait d'un matin normal. Nuada était déjà dehors en train de s'entraîner et ne lui prêta pas attention alors qu'elle le fixait de son regard empli de ressentiment. Dès qu'elle s'aperçut que ce dernier s'adoucissait, elle plaqua violemment ses mains contre son visage pour sortir de sa rêverie. Rien n'y fit. Son admiration ne faiblissait pas. Néanmoins, la jeune fille s'y refusait catégoriquement. Plus que jamais elle se devait d'étouffer ce qu'elle ressentait pour lui. Elle ne pouvait définitivement pas lui sauter au cou après la manière infâme dont il l'avait traité. Se rangeant du côté de la raison, elle décida de mettre l'objet de son trouble hors de sa vue et d'aller se changer.

Bien qu'il soit concentré sur son entraînement, Nuada ne manqua pas d'observer sa captive du coin de l'œil. Le regard qu'elle posa sur lui, dans un premier temps, l'inquiéta. Cependant, il fut soulagé de constater son changement et la lutte intérieure qu'elle semblait mener à propos de lui. Mais ce soulagement ne dura pas. L'humaine traversa la pièce principale en trombe, sa robe bleue serrée contre elle, en prenant soin de passer aussi loin de lui que possible et d'éviter de le regarder. C'était à prévoir qu'elle ne lui pardonnerait pas de si tôt. Et pourtant, il avait bêtement imaginé qu'avec un caractère aussi doux que le sien, elle aurait rapidement passé l'éponge... Une fois encore, elle l'empêchait de s'entraîner ! Depuis quand une simple humaine... Subitement, son irritation montante redescendit en entendant des sanglots.

À pas feutrés, il se dirigea vers la salle de bain où il vit la jeune fille vêtue de bleu assise près du lavabo, recroquevillée sur elle-même, le front appuyé contre ses genoux. Il commençait à véritablement s'en vouloir d'avoir aussi mal agi. Car après y avoir réfléchi calmement, il était persuadé de la culpabilité de Tanai. De plus, aussi improbable que ce soit, il devait admettre qu'elle était une des rares personnes restantes en qui il avait confiance. Il la rejoignit discrètement, résolu à dissiper le malentendu.

« Meliell..., lui murmura-t-il en posant une main sur la sienne. »

Immédiatement, elle la retira et s'éloigna de lui.

« Laisse-moi !, s'exclama-t-elle en se dirigeant vers la porte.

- Écoute...

- Non ! Tu ne m'écoutes pas, alors je ne vois pas pourquoi moi, je le ferais. Maintenant, fous-moi la paix ! »

Voyant bien que la retenir ne mènerait à rien, il la laissa filer en larmes. Effectivement, elle n'était pas prête de lui pardonner. Il n'y avait plus qu'à espérer qu'elle s'apaise avec le temps. Après s'être assuré qu'elle ne commette pas l'idiotie de s'enfuir, il se déshabilla pour se doucher.

Si elle continuait comme ça, le tourbillon d'émotions dans lequel elle était prise la noierait. Elle avait besoin de réfléchir. Seule. Loin de Nuada. Alors, sur un coup de tête, elle lui écrivit un message dans son cahier, lui expliquant qu'elle rentrerait avant le déjeuner. Aussitôt fait, elle partit en laissant son sac, rassurée par le bruit de l'eau qui signifiait que sa disparition ne serait pas remarquée avant au moins dix bonnes minutes, ce qui lui donnerait le temps de trouver une cachette au calme.

Néanmoins, sur son chemin, elle ne vit pas Bibi et ses frères, perchés sur une habitation. Eux, par contre, aperçurent d'emblée la jeune fille qui se promenait seule. Immédiatement, Bibi prit la situation en main, mut par son devoir de servir son prince ainsi que d'éviter problèmes et dangers à son amie. Il envoya la moitié des siens prévenir Nuada, pendant que l'autre s'occuperait de suivre Meliell.

Au bout d'un moment, elle trouva dans une ruelle sombre une volée d'escaliers menant au toit encombré d'un bâtiment. Ces cartons, meubles et objets divers, lui permirent de boucher l'accès à la toiture après son passage, réduisant la probabilité d'être dérangée par des visiteurs non désirés.

Lorsqu'elle fut allongée sur un canapé à moitié éventré, elle se mit à réfléchir. « Par où commencer ? Sa conduite d'hier ? Je reconnais qu'il avait de quoi être fâché vu le nombre de fois où il m'a ordonné de ne pas m'approcher de Tanai. Mais pas au point de réagir aussi violemment et cruellement... Est-ce vraiment l'homme que j'aime ? Pourrais-je faire ma vie avec un homme qui me bat, m'insulte, me méprise, et avec lequel je ne peux même pas parler librement ? Je pensais que seule ma race le poussait à agir ainsi, mais depuis hier c'est différent. Ce qu'il me reproche, c'est personnel. Pourtant, malgré tout ce qu'il me fait subir, je me sens si bien avec lui. Je me sens vivre. Il me laisse plus ou moins courir le danger avec lui, et ne me surprotège pas. Quant à sa mauvaise humeur constante, si j'osais plaisanter avec lui, j'adorerais m'en occuper...

Si seulement je pouvais téléphoner au B.P.R.D., ma famille de substitution me conseillerait. Enfin, elle me dirait surtout que c'est de la folie furieuse de vouloir flirter avec Nuada, et à juste titre... Car, si elle savait de quelle manière il me traitait, Liz le menacerait de le brûler vif, Red, de lui casser chacun de ses os, quant à Abe... Abe rappellerait avant tout aux deux autres le lien entre le frère et la sœur. Mais après il m'aurait aidé. Peut-être même qu'il aurait pu me dire comment faire comprendre mon point de vue au prince sans me retrouver avec un membre en moins et surtout sans devoir m'excuser. Car la seule chose dont je suis sûre, c'est que jamais je ne m'excuserais. Ce sera dur de supporter le silence et la tension, mais je n'ai pas le choix. Et s'il essaye de faire comme si de rien n'était, une ou deux remarques bien senties lui rappelleront le tort qu'il m'a fait.

Au moins, si lui, il commençait par s'excuser, ce qui n'est pas près d'arriver, cela faciliterait les choses, je pourrais faire selon... une minute. Tout à l'heure, il ne m'aurait pas appelé par mon prénom ? Il m'a appelé par mon prénom pour la première fois depuis quatre jours de vie commune et je l'ai envoyé chier ? Mais quelle conne ! Et maintenant que je me suis barrée, j'ai tout foutu en l'air... Comment vais-je rattraper ça ? »

À peine eut-elle le temps de pleurer sur son sort que tout à coup, une silhouette sombre surgit de derrière le dossier du canapé. Le cri de surprise et d'effroi que la jeune fille aurait voulu pousser resta dans sa gorge.

« Well, well, well. What have we here ? A B.P.R.D. agent, huh ? Oh, I'm really scared. So you're the one everybody's talking about ?, demanda l'inconnu avec un accent russe très prononcé avant d'éclater d'un rire funeste. »

Effrayée comme jamais, elle utilisa le peu de calme qui lui restait pour remarquer la ressemblance entre cette introduction et celle d'Oogie Boogie. Après, elle n'osa pas répondre. Elle osa à peine respirer. Et pour cause, elle reconnut cette peau gris foncé, ces petits yeux orange profond, ces longs cheveux noirs tâchés ça-et-là de rouge dont on disait être le sang de ses victimes, et ce sourire machiavélique. Bien qu'elle ne l'ait vu que dans les rapports du B.P.R.D., sa réputation l'avait tant horrifiée que Meliell l'avait identifié au premier coup d'œil. Entre autres, cet elfe sombre, appelé aussi un drow, avait avancé l'heure de son règne sur Crimson Snow, en Sibérie orientale, en tuant son propre père par empoisonnement, son domaine de prédilection. Calculateur et sans merci, il exerçait la tyrannie sur son peuple terrorisé. Par ailleurs, il détestait le B.P.R.D. contre qui il menait une lutte acharnée chaque fois que l'occasion se présentait. Meliell avait donc de bonnes raisons de le craindre même si elle ne voyait pas d'explication à sa présence. Elle eut du mal à déglutir alors qu'il la détaillait de la tête aux pieds d'un regard critique.

« Did I kill so much agents that the B.P.R.D. now has to employ fearful wimps ? Well, can't you talk ?

- You're Lorcan, aren't you ?, parvint-elle à articuler.

- I'm pleased you recognize me. »

Le roi Lorcan vint s'asseoir sur l'accoudoir en face de Meliell tout en la jaugeant une fois encore. Puis il reprit.

« In this case, you must be wondering why I came to you, don't you ?

- Indeed, I do.

- Then I will reassure you. I will not kill you. Not if you cooperate. »

Il la fixa droit dans les yeux un instant, puis, satisfait de son effet, il se leva pour faire les cent pas.

« What I need from you is... the location of the B.P.R.D., annonça-t-il en se retournant brusquement vers Meliell. »

Rapidement. Il lui fallait une réponse rapidement à la question : comment diable pourrait-elle se tirer de ce pétrin en vie ? Les autres fois, Nuada l'avait aidée, mais là... Il n'y avait plus qu'à compter sur ses talents de chasseur, et prier pour qu'il ne la retrouve pas en pièces détachées. Dès lors, il ne lui restait plus qu'à gagner du temps.

« Why ?

- Don't you know ? Oh, you disappoint me. I thought even a stupid creature like you could guess that I want to put an end to the war between my kingdom and the B.P.R.D., and therefore I must give a decisive blow. It's quite simple.

- And you think I will help you to kill my friends ?

- If you do not, then you will force me to first kill your dear prince Nuada. »

Malheureusement pour Lorcan, ses visions de victoires s'effacèrent temporairement avec de nombreux bruits de pas provenant du bas des escaliers. Bientôt, des voix vinrent s'y ajouter, et l'elfe sombre, visiblement contrarié, s'éloigna de plus en plus de la jeune fille en direction du bord du toit.

« We'll met again very soon. And this time, I won't be friendly if you do not tell me what I want. And if you talk about me to anyone, be sure you'll regret it. See you soon, miss Meliell Sîdhdur Lecomte. »

Sur ces sinistres promesses, il disparut en sautant du toit. Meliell, à son grand dam, n'eut que peu de temps pour savourer sa délivrance, et encore moins pour réfléchir à ce qui avait été dit et décider si oui ou non elle devait le partager avec Nuada. En effet, un coup d'œil dans les escaliers l'assura qu'elle ne devait pas son sauvetage à des alliés. Trois soldats identiques à ceux qui l'avaient attaquée au conseil gravissaient lentement les marches. Décidément, les ennuis n'en finissaient pas.