Bonjour à tous ! Je suis désolée, cela fait longtemps que je n'ai pas publié ... Pour me faire pardonner, voilà tout de même un petit chapitre


Chapitre 21 : Le dîner de blonds

Le métro s'arrêta brusquement, me prenant de court, et je m'étalai de tout mon long entre les sièges, sous les regards amusés des autres passagers. Si demain, je ne faisais pas le buzz sur Youtube, j'étais officiellement cocu. Me relevant en quatrième vitesse, j'attrapai mon sac et me jetai sur les portes afin de pouvoir descendre avant que le train ne redémarre. Ce n'est qu'une fois dehors que je pris le temps de frotter mes poignets et mon flanc, malmenés par mon acrobatie. Je grognai, avant d'étouffer un bâillement. Je n'étais absolument pas prêt pour affronter à nouveau le lycée, bien que l'on ne soit encore que dimanche matin. Je n'avais pas pu retenir Axel de repartir hier soir, bien que je me sois fermement opposé à cette idée. Axel prenait ses décisions seule, peu lui importait l'avis des autres. Elle avait simplement pris le temps de travailler sur notre devoir de philosophie le samedi, sans jamais faire allusion à ce qui s'était passé la veille. A croire qu'elle n'avait couché avec moi que par pur somnambulisme. Ce sujet avait été tout à fait inabordable, tout comme le sujet de ses soucis familiaux. En vérité, le seul sujet autorisé en ce samedi avait été notre devoir de philo. Et je me retrouvai donc en ce dimanche matin planté comme un con devant le lycée, sans la moindre idée de ce que j'allais dire aux autres, de ce que j'allais pouvoir lui dire à elle si seulement elle acceptait de m'adresser la parole, et de ce que j'allais me dire à moi même pour tâcher de me persuader que je n'avais pas fait qu'une connerie.

Je me pinçai l'arrête du nez en lâchant un profond soupir. Je nageais dans les ennuis. Et comme d'habitude, je finis par me répéter que j'aurais dû écouter les autres et arrêter une bonne fois pour toute de me mêler des histoires de cette fille.

- Roxas !

Je sursautai, et exécutai un demi tour maladroit, manquant à nouveau de m'étaler comme une crêpe. La voix qui venait de m'appeler m'était très familière, et pour cause, je tombai face au visage radieux de Naminé. Cela me fit ouvrir des yeux ronds.

- Nami ?!m'exclamai-je, surpris. Mais, enfin, qu'est ce que tu fais là ?

La jeune fille soupira, et croisa les bras contre sa poitrine, signe chez elle d'un petit agacement doublé d'amusement.

- Tu ne réponds plus jamais à tes appels, alors j'ai décidé de passer à la vitesse supérieure, répondit-elle en s'approchant pour me serrer contre elle.

Elle me colla deux bises sur les joues, et garda les mains plaquées contre mes épaules alors qu'elle s'écartait à nouveau pour lâcher un petit rire.

- Mais non, idiot, reprit-elle. Ma classe est ici pour visiter différentes écoles. Et comme nous avions du temps libre, j'ai décidé de te faire une petite surprise.

Je restai un instant la bouche entre ouverte, surpris, avant de secouer la tête.

- Et bien … bredouillai-je. Je suis vraiment très content de te voir, Nami, mais je m'y attendais pas du tout, et …

La petite blonde me jaugea d'un air légèrement inquiet.

- Tu as l'air bizarre, lâcha-t-elle. Tu m'as vraiment inquiétée, l'autre jour.

Je restai sceptique, avant de comprendre qu'elle parlait du sms que je lui avais envoyer après m'être disputé avec Xion et les autres. En effet, j'avais dû vraiment l'inquiéter, et je m'en voulais un petit peu, à présent.

- Oh, je suis désolé pour ça, m'excusai-je donc. Mais t'inquiète surtout pas, ça va mieux.

Naminé eut l'air un instant peu convaincue, puis haussa finalement les épaules. Naminé n'insistait jamais lorsque je n'avais pas envie de parler de quelque chose, et c'était une chose pour laquelle je l'aimais encore plus. Nous étions proches, mais nous respections néanmoins l'intimité de l'autre. Pas que je tenais à tout prix à lui cacher ce que j'étais entrain de vivre avec Axel, mais j'avais simplement besoin de temps pour trouver le moyen de lui résumer la situation sans passer pour un fou. Parce que je m'étais fait persécuté par une fille dont j'avais fini par tomber amoureux, avant de coucher avec ce vendredi. Bordel, j'avais couché avec Axel. Et je commençais à peine à pleinement le réaliser. J'avais couché avec Axel. Mais qu'est ce qui m'était passé par la tête, bon dieu ? Je ne pus me retenir de me pincer l'arrête du nez, ne prêtant même pas attention à l'air surpris de Naminé, qui me regardait faire l'état de mes dernières actions sans en avoir conscience.

- C'est pas possible, marmonnai-je. Il faut que je …
Je me stoppai en voyant au loin l'ombre furtive d'une chevelure gélifiée et blonde, ouvrant grands les yeux.
- Demyx !criai-je alors, un espoir de fou dans les lieux. Demyx, viens là !

Le rockeur tourna sa drôle de tête vers moi, et m'adressa un sourire à faire peur, avant de tout naturellement dévier son cap pour parvenir jusqu'à nous, Naminé penchant curieusement la tête sur le côté en découvrant cet étrange personnage. Il avait une housse de guitare dans le dos, et les mains fourrées dans les poches.

- Hello mon chou, lâcha-t-il en parvenant à ma hauteur, avant de me claquer deux bises particulièrement bruyantes sur les joues.

Cela ne me choqua même pas, et avant même que Naminé puisse exprimer quoique ce soit, le blond lui saisit la main pour y déposer ses lèvres tel un gentlemen.

- Enchanté ma douce, murmura-t-il en lui adressant un regard langoureux. Vous êtes un délice pour ce monde.

- Je … bredouilla ma pauvre amie en reprenant sa main, gênée et confuse.

Je secouai la tête en repoussant un peu Demyx.

- Laisse tomber Nami', soupirai-je. C'est lui que tu as eu au téléphone. Il est un peu siphonné.

Naminé pinça les lèvres peu convaincue, alors que Demyx continuait de papillonner des cils comme un sombre attardé. Jusqu'à ce que je l'attrape par les épaules et l'oblige à me regarder dans le blanc des yeux.

- Demyx, j'ai couché avec, je sais pas pourquoi, enfin si, mais je sais pas quoi faire, là !

Le rockeur pencha la tête en haussant les sourcils un peu plus à chaque mot que j'ajoutais.

- T'as couché avec qui ?s'écrièrent en coeur Demyx et Naminé.

Je me tournai vers mon amie d'enfance.

- Oublie, c'est …

- Non !s'énerva-t-elle, ce qui me fit sursauter. Tu ne me dis plus rien !

Je me frottai calmement le visage, tenant toujours mon colocataire par les épaules.

- Tu ne pourrais pas comprendre ça, même si je t'en parlais, tu n'es pas là tout le temps, m'expliquai-je maladroitement. Et … et d'ailleurs, je comprend même pas non plus !

La jeune fille se renfrogna, alors que je revenais à Demyx.
- Fais pas l'idiot !grondai-je, impatient et à bout de nerfs. Je me suis farci cette espèce de diablesse !

- Enfin, qui t'as appris à parler comme ça !s'offusqua le rockeur, outré.

Je levai les yeux au ciel, le lâchant enfin.

- Raaaah, mais on s'en fout de mon langage pour l'instant, m'agaçai-je. Ce qui importe là, c'est que j'ai couché avec Axel ! Et puis d'abord, où sont les autres ?

Demyx ne sembla pas choqué par la révélation, et commença à réfléchir. Je finis par conclure que pour choquer Demyx, il fallait au moins trois ogives nucléaires et un manchot en tong.

- Ils sont tous rentrés chez eux ce weekend, à l'exception de moi, et de notre chérie commune, finit-il donc par répondre.

- Larxène est ici ?m'écriai-je, remplit d'un espoir de fou furieux. Il faut que je la vois.

Puis je regardai tour à tour Naminé et Demyx, ne cherchant pas à freiner les idées qui me venaient actuellement.

- Alors on va faire avec ce qu'on a, déclarai-je donc. Vous serez mon équipe de choc. Et on va régler ce problème.

Demyx hocha amicalement la tête, puis se mit à rire.

- Enfin là, c'est même plus un problème !s'exclama-t-il d'une voix suraiguë. C'est une déclaration de guerre !

Je poussai un profond soupire.

- Demyx, n'en rajoute pas, s'il te plaît, grognai-je en attrapant Naminé par la main pour la traîner vers le réfectoire, où, vu l'heure, Larxène devait se trouver.

La petite blonde me suivit sans trop rechigner, bien que son visage trahisse clairement son désire d'explications et sa petite colère. Je la comprenais, bien entendu, mais il fallait avant tout que je m'explique les choses à moi même avant de les lui expliquer à elle.

ooo

- Larxène, ô toi amour de ma vie de mon coeur que j'aime comme un fou comme un soldat, pourrions nous siéger à tes côtés afin de partager cette copieuse assiette de petit poids ainsi que ce somptueux yaourt au fruit ici présent, ma douce ?

Je levai les yeux au ciel. Demyx ne s'arrêtait jamais. D'ailleurs, Larxène en lâcha sa fourchette, qui tomba droit dans son assiette, manquant de projeter du jus de légumes sur son impeccable chemise au col ouvert et aux manches fleuries. L'expression de Naminé ne fut pas réellement différente, et j'en fus admiratif. Bien qu'elle ne voyait Demyx que pour la première fois, elle se contenta de le regarder de côté, devant sincèrement songer qu'il s'était évadé d'un quelconque établissement psychiatrique. D'autres n'avaient pas cette chance. La légende disait même qu'au mieux, Demyx provoquait chez les gens des crises d'angoisses et d'urticaire, et au pire, il leur inspirait de graves tendances suicidaires.

- Qu'est ce que vous me voulez ?finit par lâcher la blonde en reprenant sa fourchette d'un air assez dédaigneux.

Je poussai un soupire, et posai mon plateau à côté du sien sans attendre sa permission.

- J'aurais besoin de tes avisés conseils, ô grande prêtresse du fond de teint, soupirai-je en me laissant lourdement tomber, invitant une Naminé timide à faire de même.

La pauvre fut contrainte de se placer face à Demyx, qui, en plus de parler sans arrêt de choses que lui seul comprenait, avait la fâcheuse tendance de projeter de la nourriture.

- Va te faire foutre, Rox', grogna Larxène en arrachant nerveusement la croûte de son pain.

- Oui, alors justement, ce dont on vient te parler s'en rapproche plutôt bien !s'exclama le rockeur, amusé, en engloutissant une énorme cuillère de petits poids.

Je me pinçai l'arrête du nez, alors que Larxène haussai les sourcils, passant de Demyx à Naminé d'un air déconcerté.

- C'est qui, elle ?demanda-t-elle sans aucune amabilité en désignant la petite Naminé. Ta nouvelle conquête ?

- Oui, alors d'ailleurs, ce dont on vient te parler se rappro…

- Demyx, la ferme, le coupai-je immédiatement, déjà épuisé de la tournure que prenait les événements.

Je me massai un instant les tempes.

- Larxène, voici Naminé, mon amie d'enfance, présentai-je aussi calmement que possible. Elle est ici pour quelques jours, et est simplement passée me voir ce soir à l'improviste.

Larxène grommela un « je vois » peu convaincue, avant de se servir de l'eau, ignorant superbement le verre que Demyx lui tendait, les yeux aussi écarquillés que ceux d'un chiot qui réclame une caresse. Je commençais sincèrement à le croire capable de mourir pour elle.

- Bon, je ne vais pas y aller par quatre chemins, me lançai-je finalement lorsque tout le monde fut à peu près calme. J'ai couché avec Axel.

Larxène recracha son eau sur son plateau, m'en envoyant la moitié sur le t shirt. Elle toussota un moment en se tapant contre la poitrine, alors que j'épongeai ses postillons, assez peu surpris de sa réaction, attendant qu'elle reprenne conscience et se décide à m'engueuler.

- Mais non mais qu'est ce qui t'as pris ?s'écria-t-elle donc, comme je m'y attendait. Mais non mais t'es complètement con, ma parole !

Les quelques autres élèves présents dans le réfectoire tournèrent des têtes curieuses vers nous, et Naminé rentra un peu plus la tête dans les épaules.

- Dites moi, vous êtes sûrs que c'est le bonne endroit pour parler de ce genre de chose ?demanda-t-elle à voix basse. Je veux dire, c'est quand même assez intime, et …

- Quoi, tu veux qu'on parle ailleurs des histoires de croupes de Roxas ?s'exclama Demyx, presque outré. Allons, ma douce !

Naminé le regarda d'un drôle d'air, mis agacée mis choquée.

- Mais, enfin, quand même, je …

- Naminé, ce n'est vraiment pas grave qu'on en parle ici, la rassurai-je en posant une main sur son épaule.

La jeune fille hocha négativement la tête. Naminé était une personne assez réservée. Pas timide, mais plutôt fermée.

- Si c'était mes histoires, je n'aimerais pas qu'on les étale de la sorte, répliqua-t-elle en daignant picorer un bout de pain.

- Oui, mais voilà le problème, finis-je par lâcher, épuisé. Tu n'as jamais couché avec personne, et moi, je viens de m'envoyer le diable. Alors franchement, ça n'a pas d'importance que tout le monde soit au courant. Par exemple, tout le monde sait que Demyx passe sa vie à mater les jumeaux de Larxène, et qu'elle même a des boutons sous son maquillage. Et tu sais quoi ? Et bah, tout le monde s'en fout de le savoir !

Naminé rougit violemment, et je regrettai immédiatement ce que je lui avais dit, alors que Demyx fit une fois de plus usage de son tact naturel pour claquer dans ses mains, applaudissant ma jolie tirade.

- Bien parler !renchérit-il.

- Bon, alors...et bien… occupons nous du problème, bredouilla lamentablement ma meilleure amie.

Elle venait de perdre tous ses moyens par ma faute, et cela me serra le coeur. Je n'eus cependant pas le temps de rester sur elle bien longtemps, car déjà, Larxène prenait un air d'inspecteur de police.

- Bon, examinons un peu le dossier, soupira-t-elle, désespérée d'avance. Tu as couché avec la fille qui te martyrise depuis des semaines. Déjà, ça, ça relève de la psychiatrie, mais tu es déjà au courant. La question est donc, pourquoi t'as fait ça, sinon par pur désir de te faire interner ?

- C'est elle qui en avait envie, répondis-je calmement. Je veux dire, c'est elle qui l'a engagé.

Les yeux de Larxène et Demyx s'agrandirent au point de presque leur sortir du crâne.

- J'ai passé du temps avec elle ce weekend, repris-je. Quand je l'ai suivi jusqu'à chez elle, il y a eu un problème, et j'ai dû l'accueillir chez moi. C'est là que ça à déraper. Et le pire c'est … qu'elle n'en a pas parlé le lendemain. Elle ne m'a même pas fait la bise quand elle est repartie.

- Mais alors, vous avez fait quoi le samedi ?me demanda Naminé, semblant s'intéresser de plus en plus à la situation.

- De la philo, répondis-je. Notre devoir de philo. Et rien de plus. Elle n'a pas parlé d'autre chose que de philo.

Larxène s'essuya les lèvres avec sa serviette, et croisa lentement les bras contre sa poitrine.

- A mon avis, la seule chose à faire est d'attendre, lâcha-t-elle. Là, tu as un vrai problème, mais Axel n'est pas une fille avec qui il faut faire le premier pas. Je ne pense pas que tu puisses le faire après l'avoir poussé à sortir de sa carapace.

- Donc tu veux que j'attende ?éludai-je, étonné.

Larxène hocha gravement la tête, suivie par Demyx.

- Tu vas attendre, répéta-t-elle. Mais …

- Mais tu peux nous croire, la coupa Demyx, ayant visiblement deviné ce que la jeune fille allait déclarer. Elle ne te fera pas le moindre mal. Elle ne te touchera pas d'un cil, parce que nous, on sera derrière.