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SINCERELY, LIEUTENANT CULLEN
de
LuvCullens
- 21 -
Le pouce d'Edward appuya sur le bouton de la télécommande à plusieurs reprises en un mouvement rythmique. Différents programmes défilèrent sur l'écran, ses yeux fixaient les lumières clignotantes. Il ne regardait rien... il ne regardait jamais, non seulement à cause de la faiblesse de sa vision mais aussi parce que rien ne l'intéressait. Ses yeux verts rougis par le sommeil se tournèrent vers le tic-tac de la pendule. Dans une heure, le Dr Call arriverait pour leur rendez-vous quotidien.
Il regarda la télé une fois de plus tandis que le bruit d'une explosion résonnait. La réaction d'Edward fut exactement celle décrite dans les livres traitant du syndrome de stress post traumatique. La panique le submergea. Son estomac se tordit, il était haletant, la sueur perla sur son cuir chevelu, ses yeux fouillèrent désespérément la chambre à la recherche d'un ennemi. Mais ce qui le rendait encore plus hors de contrôle c'était tous ces sentiments qu'il retenait et qui commençaient à se libérer. Ce suintement d'émotions arrivait plus fréquemment depuis qu'il avait commencé à parler avec le Dr Call. Elle lui apprenait comment contrôler les souvenirs qu'il libérait et comment y faire face. Il ferma les yeux et inspira plusieurs fois en essayant de comprendre ce qu'il éprouvait et pas seulement de le repousser dans un recoin de sa tête. Après quelques minutes il avait retrouvé son contrôle.
L'explosion en Afghanistan était vraiment la seule fois où Edward avait eu l'impression d'avoir frôlé la mort. Il y avait même des moments où il se sentait comme ça, mort. Il avait raté sa mission, il avait laissé tombé son équipe, son général et son pays, c'était un échec. Son travail consistait à diriger une attaque pour débarrasser le monde du mal et à protéger son équipe. Peut-être que Yasin était encore dans le désert à planifier d'ignobles attaques. Et au lieu de diriger son équipe ils avaient dû trainer son corps et s'être peut-être mis en danger. Que s'était-il passé? Avait-il mal interprété la situation? Avait-il donné de mauvais ordres? D'autres hommes avaient-ils été blessés ou tués? L'attaque avait-elle été infructueuse par sa faute? C'était toutes les raisons pour lesquelles Edward essayait constamment de ne pas y penser. Le poids de ses actions était trop lourd à porter.
Il n'y avait que quelques sentiments ou pensées qu'il voulait laisser remonter, il pourrait les libérer c'était ses sentiments pour Bella. Juste avant que tout devienne noir cette terrible nuit, sa vie était passée devant ses yeux et il avait vu tout ce qui lui importait vraiment ... Bella. Cependant il savait que tout était lié et que s'il libérait une seule émotion toutes s'échapperaient. Edward connaissait des gens qui avaient été traités pour le stress post traumatique. Certains devenaient violents, d'autres alcooliques ou ils avaient des hallucinations, de l'anxiété et parfois pire parce qu'ils ne recevaient pas l'aide dont ils avaient besoin. Avec l'aide du Dr Call, il arrivait à gérer ces choses. Personne ne serait blessé. Il allait continuer à se rétablir et quand il serait en bonne santé et stable à nouveau, il irait retrouver Bella et verrait si elle voulait toujours de lui.
Un coup contre sa porte le tira de ses pensées. La pendule n'avait pas vraiment avancé depuis la dernière fois qu'il l'avait regardée. Le Dr Call était en avance.
"Entrez!" Sa voix était rauque de ne pas servir.
La porte s'ouvrit et Edward vit quelque chose auquel il ne s'attendait pas. Deux grands et forts gaillards.
"Quoi de neuf Cullen?" demanda Emmett, un immense sourire sur le visage. Seth Clearwater et lui s'approchèrent du lit, Seth était un peu hésitant et Emmett agissait toujours comme s'il était chez lui. Edward essaya de se calmer. C'était sa première interaction avec quelqu'un qui ne faisait pas partie de l'équipe soignante. Il ne put nier le frisson de plaisir que lui procura la visite de son ami et de quelqu'un de son équipe qui était parfaitement en bonne santé. "Tu as l'air d'une merde, Cullen," constata Emmett.
Ça n'était jamais bon de s'entendre dire qu'on était aussi mal que ce que l'on croyait, il y avait quand même un sentiment de confort de vivre des choses normales. Comme d'habitude Emmett agissait comme s'ils s'étaient vus hier. "Merci McCarty."
"Comment allez vous Capitaine? "demanda Seth avec un regard de compassion. Edward savait que cet homme à côté de lui avait toutes les réponses à ses questions lancinantes.
"Je tiens le coup. Je retourne aux Etats-Unis dans quelques jours."
"Je parie que Bella est en extase," dit Emmett en passant, il prit la télécommande et changea de chaine jusqu'à trouver quelque chose en anglais.
Edward pouvait presque entendre le son de sa protection qui se mettait en place rien qu'en entendant le nom de Bella. Ne voulant pas la laisser se fissurer il ne répondit pas à Emmett mais tourna son attention vers Seth. "Comment ça va?"
"Très bien, je suis en train de rentrer à la maison aussi."
Il hocha la tête. Cependant il ne posa pas la question qui le taraudait, est-ce que tout le monde avait survécu. Seth le regarda dans les yeux pour le rassurer : il avait compris ce que son capitaine voulait. "Tout le monde va bien."
Un autre bruit lui parvint de sa poitrine et en même temps il sentit un énorme poids quitter ses épaules. Bien qu'il ait été blessé et que sa mission ait été un échec, il pouvait gérer tout ça sachant que tout le monde dans son équipe était vivant. Il voulait désespérément demander à Clearwater ce qu'il s'était passé cette nuit-là mais il ne savait pas s'il pourrait en gérer les conséquences. Ce débat intérieur lui tapait sur les nerfs. Il se détourna de Seth et remarqua qu'Emmett faisait les cent pas dans la chambre. Le gars n'aimait pas rester tranquille.
"A quoi pensez-vous Capitaine?"
L'invitation de Seth était le seul encouragement dont il avait besoin pour laisser échapper ce qu'il voulait désespérément savoir. "Qu'est-il arrivé à Yasin, à la mission?" Son pouls augmenta rapidement et il essuya ses mains moites sur la couverture au-dessus de ses genoux. Etait-ce une erreur de demander? Voulait-il vraiment le savoir? Il commença à céder à la panique mais il se rappela les instructions du Dr Call et fit ce qu'il devait pour se calmer.
Seth approcha une chaise près du lit et s'assit. Il réfléchissait profondément, les coudes posés sur ses genoux et les yeux fixés sur ses mains jointes. Quelques secondes plus tard, il regarda son capitaine couvert de bandages et de plâtre. Edward hocha la tête pour qu'il partage les détails avec lui. Seth prit une profonde inspiration et ensuite lui raconta ces heures qui avaient changé sa vie. Pendant qu'il lui parlait de l'attaque à la grenade alors qu'ils battaient en retraite, Edward revit les images qui le hantaient - les bruits, la peur, la souffrance. La douleur dans sa poitrine était très forte, presque insupportable. Cependant il était soulagé que Seth lui parle de tous les membres de son équipe, qu'ils soient tous remontés dans l'hélicoptère indemnes.
Après leur départ l'autre équipe, qui attendait que celle d'Edward en ait fini, passa à l'action. Ils attaquèrent en surprenant leurs cibles en quelques secondes. Une autre équipe arriva par les airs pour assurer leurs arrières alors qu'ils encerclaient la cache de Yasin. Son cœur se remit à accélérer. Son équipe était rentrée saine et sauve mais il ne savait pas ce qu'il en était des autres. Seth commença à lui donner les détails sur les autres équipes et comment ils demandèrent à Yasin et à deux de ses complices de se rendre. Les trois lâches se suicidèrent avant d'être vaincus par les américains. Tous sauf Edward et un autre Marine étaient rentrés sains et saufs. Pas de mort, Yasin avait été éliminé, la mission avait été un succès.
Edward travaillait sur sa respiration pour contrôler ses souvenirs, il sentit un autre lourd fardeau qui pesait sur sa conscience s'en aller. Un sourire glissa sur son visage, le premier depuis qu'il avait été blessé. "Je te remercie de m'avoir raconté, Clearwater."
"De rien Capitaine." Il y eut une pause et Edward regarda Seth qui prit une profonde inspiration en agitant nerveusement ses doigts. "Merci à vous d'être un si bon chef, nous n'y serions pas arrivés sans vous," dit-il doucement et ensuite il regarda ses mains à nouveau.
Voulant le remettre à l'aise Edward détourna ses yeux de cet enfant qui était devenu un homme à présent. "Et toi Emmett?" Comme il ne répondait pas, Edward tourna la tête pour voir le côté gauche de la chambre. Emmett était à son chevet, les yeux fixés sur quelque chose, il semblait en colère. Les yeux d'Edward se tournèrent vers ce qui retenait l'attention d'Emmett et il vit la pile d'enveloppes bleues. Le soulagement et le bonheur qu'Edward avait commencé à ressentir en entendant le compte-rendu de Seth commencèrent à disparaitre.
Emmett prit une enveloppe mais d'un ton calme mais sévère Edward lui dit, "Ne les touche pas."
La main d'Emmett se retira mais son expression ne s'adoucit pas. "Hey Seth pourrais-tu nous laisser une minute?"
Les yeux de Seth allèrent de l'un à l'autre. L'expression d'Emmett était impassible mais la colère rayonnait de lui. La tension était palpable et elle était suffisante pour que Seth ait envie de s'éloigner le plus loin possible du géant. Mais quand il regarda Edward, il vit de la douleur, une douleur qui le consumait et il n'était pas sûr de savoir s'il devait laisser les deux hommes tous seuls.
Comme il ne répondit pas Emmett fit un pas en avant pour l'intimider. Dans un réflexe il bondit sur ses pieds et fixa son ami. Edward savait qu'il allait devoir affronter cette situation avec Emmett. Il n'était pas optimiste quant au fait de pouvoir supporter les émotions suffocantes qui allaient arriver avec cette discussion mais il allait libérer Seth de la colère d'Emmett.
"Tu peux y aller Seth. Emmett et moi avons besoin de parler de questions personnelles."
"D'accord," dit-il avec hésitation. Il remit la chaise à sa place puis se retourna vers l'homme dans le lit. "C'était bon de vous revoir Capitaine. Je suis heureux que vous alliez mieux."
"Merci, Seth. Je suis sûr qu'on se reverra au pays."
Seth acquiesça puis regarda Emmett. "Je descends, je vais chercher quelque chose à manger. Je t'attends là-bas."
"Parfait," dit Emmett.
Une fois qu'il eut quitté la chambre il y eut un silence assourdissant. Pour une fois Edward fut content de ne plus avoir de vision périphérique. Il fixait le pied de son lit comme s'il n'y avait rien d'autre dans la pièce. Jusqu'à ce qu'Emmett se mette face à lui, les bras croisés sur le torse attendant des réponses. "Peux-tu m'expliquer ça?"
"Quoi?"
"Les lettres de ma sœur ne sont pas ouvertes. Voilà quoi!" cracha-t-il, son bras se tendit pour montrer le tas d'enveloppe bleues.
Il y eut une longue pause, Edward ne voulait pas parler de ça bien qu'Emmett soit déterminé à obtenir des explications.
"Est-ce qu'elle sait?" souffla-t-il tout juste.
"Que tu es blessé?" Il hocha a la tête. "Oui, elle m'a envoyé un mail me disant qu'elle n'avait plus aucune nouvelle de toi et elle m'a supplié de trouver si tu allais bien. Tout ce que j'ai pu lui dire c'est que tu avais été blessé et que tu étais ici. J'ai pensé qu'elle n'avait pas eu de nouvelles parce que tu n'étais pas en état de lui en donner, pas parce que tu avais décidé de l'ignorer." La grosse voix d'Emmett résonnait contre les murs. Quelqu'un qui ne le connaissait pas aussi bien qu'Edward aurait pu s'inquiéter pour sa vie. Emmett passa ses mains sur son visage montrant sa frustration.
Edward tourna la tête dans une autre direction et ne répondit pas. Son estomac était complètement sens dessus dessous. Il était conscient de la boule qui se formait dans sa gorge. Quelques instants plus tôt il lui semblait qu'il avait fait plusieurs pas en avant, en écoutant ce que Seth avait à lui dire et y faisant face parfaitement. Ses craintes avaient été levées et maintenant les mots d'Emmett le faisait à nouveau reculer de plusieurs pas. Il prit soudainement conscience de son cœur douloureux et finalement il préférait le sentiment de vide dans sa poitrine. Le mur qu'il avait si soigneusement construit était en train de s'écrouler en une seconde.
Emmett se caressa la tête et alla vers la fenêtre. "Pourquoi Edward? Pourquoi tu l'abandonnes?"
Edward grinça, il n'aimait pas ce mot 'abandonner' pour décrire ce qu'il faisait. "Ce n'est pas de sa faute. Je ne... Je ne peux pas... je ne peux rien ressentir en ce moment."
Se retournant vers son ami dans le lit, Emmett dit : "Ecoute mec, je comprends. Tes mécanismes de défense sont normaux. C'est ta façon de faire face. Je fais des blagues quand la vie ne va pas bien et toi, tu replies sur toi-même mais je pense vraiment qu'elle pourrait t'aider." Edward ferma les yeux, une partie de lui voulait croire qu'il avait raison.
"Est-ce que tu parles à quelqu'un?" Edward hocha la tête.
"C'est le syndrome de stress post traumatique?" Il opina.
"Et ça va mieux?" Il opina de nouveau.
Il souffla d'exaspération et regarda Emmett. "Je ne me suis pas perdu quand Seth m'a raconté ce qu'il s'était passé. Je pense que si ça avait eu lieu quelques semaines auparavant, je serai tombé en catatonie." Il essayait de plaisanter et de rendre tout ça plus léger. "Ça avance d'accord?"
Emmett le regardait gravement. "Que dit le médecin?"
"Elle me fait travailler sur différentes choses... j'ai été capable de les utiliser aujourd'hui. Ça plus les médicaments ça me permet de me sentir moins effrayé. Elle pense que je serai assez sous contrôle pour repartir dans ma vie quotidienne avec le traitement, les médicaments et la rééducation."
"C'est bien. Que dit-elle à propos de Bella?"
Edward regarda par la fenêtre. Il ne voulait pas en parler. Il voulait faire de petits pas à la fois et il avait déjà écouté les évènements qu'il avait traversés et l'avaient conduit ici.
"Est-ce que le docteur sait seulement?" demanda Emmett frustré.
"Bien sûr qu'elle sait," cracha-t-il les dents serrées. Il sentait les briques se détacher une par une des barrières qu'il avait érigées. Il pouvait imaginer les émotions s'écouler librement, des trombes d'eau qui balayaient tout sur leur passage. Il y eu un grondement dans sa tête qu'il essaya d'absorber avant qu'il n'éclate à travers la paroi affaiblie.
Quelque chose en lui dit : "Elle sait tout de la façon dont Bella est la seule personne à m'avoir jamais vraiment aimé." Ses mains se serrèrent en un poing.
"Que je n'arrive pas à dormir parce que mes cauchemars concernant Yasin l'emmènent loin de moi."
La respiration d'Edward devint haletante. " Je lui ai dit concernant les projets que nous avions elle et moi et maintenant je n'ai pas la moindre idée de comment je vais pouvoir entretenir une famille."
Il hurla pratiquement. "Je lui ai dit que j'étais terrifié d'être près d'elle avant d'être en meilleure santé parce que je pourrais la blesser durant une de mes crises."
Les larmes remplissaient ses yeux. "Je lui ai dit que mon cœur, mon âme et mon corps me faisaient mal pour elle tout le temps mais je ne peux pas la mettre en danger et la détourner de tout ce qu'elle veut dans la vie. Elle mérite tout et je ne sais pas si je pourrais de nouveau redevenir moi-même pleinement."
Emmett regarda son ami se balancer au bout d'un fil. Il faisait tout ce qu'il pouvait pour lutter contre ses larmes, il les sentait dans les siens aussi. Son cœur se déchira pour Edward. Beaucoup de ses amis étaient passés par là. L'homme le plus fort se décomposait devant tes yeux.
Emmett se sentit béni et reconnaissant d'avoir été si chanceux. Ne voulant pas emporter la dignité d'Edward il se détourna lui permettant d'avoir un moment pour se reprendre. Il ne voulait pas le quitter parce qu'il voulait des réponses et il se sentait comme s'il devait être l'avocat de sa sœur en ce moment. Le minutes de silence s'étirèrent avant qu'ils ne retrouvent leur sang-froid tous les deux.
Alors qu'Emmett regardait par la fenêtre, Edward prit de grandes inspirations pour se reprendre. Il commençait à se sentir dépassé par toutes ces émotions. Subtilement pour ne pas attirer l'attention d'Emmett, il tendit la main et saisit le flacon de médicaments pour contenir la panique. Il avala la pilule puis commença à chanter à plusieurs reprises qu'il n'allait pas perdre le contrôle. Il revenait de si loin, il refusait de faire marche arrière. Fermant les yeux il se concentra sur la réparation du mur qui avait été endommagé en lui. Il devait remettre ses meilleures défenses en place immédiatement.
Emmett se racla la gorge et dit, "Je suis désolé Edward. Je ne devrais pas te pousser alors que tu es encore en convalescence."
"Ça va. C'est ta sœur. Je comprends que tu veuilles la protéger."
Emmett put entendre le changement dans la voix d'Edward. On aurait presque dit un étranger. Rapidement il se tourna pour s'assurer qu'il allait bien. Ce qu'il voyait le gênait. Son visage avait changé. Il était stoïque. Il ne trouvait plus aucune once d'émotion ni aucune trace de l'Edward qu'il avait connu. Il sentit qu'il devait gérer cela avec prudence.
"Tu es un homme bon Edward. Je n'aurais jamais voulu que tu sortes avec ma sœur si je ne le pensais pas vraiment." Comme il ne répondait pas il continua. "Tes blessures puis la thérapie - tu as survécu au pire des cauchemars imaginable mais ça n'empêche que tu es toujours le même homme que tu étais avant cette mission. Je connais Bella. Ses sentiments pour toi ne changeront pas. Elle t'aime et tu vas lui briser le cœur si tu la repousses."
Edward sentit une douleur dans sa poitrine comme si elle avait été percée et il fit rapidement de son mieux pour l'ignorer. "Bella est si gentille et si affectueuse et elle ne voudrait jamais me blesser même si ça signifie mettre en péril son propre bonheur. Même si moi et mes problèmes ne sont pas ce qu'elle veut elle le supportera pour éviter de me faire du mal."
Emmett ne connaissait pas la façon de procéder face à quelqu'un qui souffrait du SSPT. Devait-il le dorloter, le rendre heureux ou lui dire la vérité? Il n'en avait aucune idée et Emmett fit ce qu'il faisait de mieux. "Je vais être un âne de première en te disant cela mais bien que je comprenne parfaitement ta situation ... arrête d'être désolé pour toi," demanda-t-il d'un ton désespéré.
Les sourcils d'Edward se haussèrent jusqu'à la racine de ses cheveux, un regard choqué sur le visage. "Ce n'est pas pour moi que je suis désolé, je le suis pour Bella."
"Non, ce n'est pas parce que tu te méprises maintenant que tout le monde fait de même. Alors pour éviter plus de douleur tu la repousses parce qu'elle ne veut pas le faire." Emmett était prêt à ce qu'Edward se déchaine mais il ne le fit pas.
Dans un moment de faiblesse il resta bouche ouverte. Ses pensées essayaient de saisir ce que voulait dire Emmett. Avait-il raison? Edward était en mode d'autoprotection et ça ne pouvait pas être autrement. Peut-être que son subconscient ne pouvait pas supporter d'avoir le cœur brisé une fois de plus et si Bella choisissait de le laisser ça le détruirait pour le reste de sa vie. Emmett interrompit ses pensées. "Ne penses-tu pas qu'elle devrait pouvoir choisir : rester avec toi ou partir?"
"Tu crois que je suis idiot, Emmett," dit-il du venin dans la voix. "Supposons que je veuille continuer et que j'aille vers elle? Que se passera-t-il si je me laisse aller et que ma condition empire? Que faire si la crainte, la rage et l'anxiété me consument? Je peux finir par la blesser physiquement ou émotionnellement. Tu sais c'est la réalité à laquelle je suis confronté. Tu voudrais vraiment mettre ta sœur en danger?"
"Je suis sûr à cent pour cent que tu ne porterais jamais la main sur elle alors commence à te fourrer ça dans le crâne dès à présent." Emmett arpentait la pièce en grommelant. Edward le regardait. Il n'avait rien à dire. "Merde Edward, ne mérite-t-elle pas un effort?" plaida-t-il.
Edward aurait voulu crier. 'Si bien sûr que si. Je marcherai dans le feu pour elle. On dirait que je ne peux pas respirer quand je pense que je vais la perdre.' Quoiqu'il en soit tant qu'il ne serait pas sûr, sans aucun doute, que Bella serait heureuse avec lui et en sécurité il ne ferait rien.
Emmett pouvait voir la lutte dans sa tête. "Je te le dis dès à présent Edward. La laisser tomber maintenant comme si elle n'avait jamais existé l'anéantirait plus que n'importe quelle blessure que tu pourrais lui causer plus tard."
Edward continuait à contrôler sa respiration. Il se sentait comme s'il avait plusieurs personnalités. D'un côté il savait que ce qu'Emmett disait était la voix de la sagesse. Et l'autre côté il était trop conscient de cette possibilité et il ne voulait même pas l'envisager.
"Tu dois prendre une décision Edward et tu as besoin de la lui faire connaitre. Tu ne peux pas simplement la laisser se demander si elle a fait quelque chose de mal et la laisser se faire des reproches. Mais... fais-moi une faveur avant de faire quoi que ce soit." Il se dirigea vers la table à côté du lit et prit le tas de lettres qu'il laissa tomber en pluie sur lit, Edward les récupéra et en fit une pile sur ses genoux. "Lis les d'abord."
Les yeux d'Edward refusait de regarder vers le poids sur ses jambes. Une pile de lettres qui pesait si peu en réalité mais qui était très lourde sur ses genoux et dans son âme. Emmett marcha vers la porte et posa sa main sur la poignée.
"Edward ça va la dévaster si tu y mets fin et je serai très en colère de voir qu'elle a le cœur brisé mais tu fais toujours partie de la famille et je serais toujours là si tu as besoin de moi." Sans attendre de réponse il passa la porte.
Les émotions d'Edward remontèrent en surface comme un volcan prêt à exploser.
Ses mains glissèrent sur les couvertures. Le bout de ses doigts caressant le bord des enveloppes toujours fermées. Un courant électrique traversa ses doigts vers son cœur, son cœur qui battait sauvagement dans sa poitrine, il pouvait l'entendre résonner dans ses oreilles. L'humidité envahissait ses yeux, il s'autorisa finalement à regarder vers la pile de bleu sur son genou et son cœur tomba en morceaux.
OOo°oOO
"Je viens en paix."
Bella rit en voyant Jacob debout de l'autre côté de la porte avec un soda géant et un drapeau blanc. Un sourire éclatant recouvrit son visage en réponse et il commença à entrer. Bella se redressa autant que ses un mètre soixante-huit le lui permettaient et elle tendit son bras pour le bloquer.
"Arrête!" Les sourcils de Jacob se froncèrent, signe de confusion. "Lève ta main droite!" ordonna Bella. Il commença à rire et Bella lui jeta un regard de défi.
"Bien, je vais jouer alors," dit-il. Il fit passer les deux objets dans sa main gauche et leva la droite.
"Répète après moi : Moi Jacob Black je promets de ne JAMAIS parler d'Edward Cullen ou de sa relation avec Bella." Elle hocha la tête puis il répéta les mots.
Elle continua. "Je promets de ne JAMAIS faire de geste romantique envers mon AMIE Bella et le seul contact physique que je pourrais avoir avec elle sera un 'tope là'!"
Jake souffla.
Bella croisa ses bras sur sa poitrine. "Si tu ne veux pas et bien tu peux partir."
Jake répéta, ressemblant à un chien la queue entre les pattes : "Je promets de ne JAMAIS faire de geste tendre envers mon AMIE Bella et le seul contact que je pourrai avoir sera un tope là."
Bella sourit pour approuver et continua. "Je n'entrerai dans la chambre de Bella sous aucun prétexte."
En roulant des yeux il promit à Bella ne pas entrer dans sa chambre.
"Et je promets de lui emmener du soda sans sucre à chaque fois que je viendrai la voir."
Une fois qu'il eut fini son serment, Bella s'empara du soda qu'il tenait à la main et alla dans le salon avec son ami sur ses talons.
Jake se laissa lourdement tomber dans le canapé et lui demanda : "Qu'est-ce que tu faisais? Ça fait une semaine que je ne t'ai pas vue?"
"Je sais. Pourquoi tu te planquais?"
"Non, J'ai été... occupé."
"Avec?"
Il rougit mais il ne rougissait jamais, Bella était intriguée. Elle fit un mouvement de la main pour qu'il continue.
"Rien de particulier." Il passa sa main dans ses cheveux et laissa tomber sa tête en arrière contre le canapé. "J'essayais juste... j'ai besoin d'espace pour me remettre de ce qu'il s'est passé entre nous."
Bella ne pouvait pas décrire le soulagement qu'elle ressentit. Elle était reconnaissante que ses mots aient eu l'effet escompté. D'un l'autre côté elle était déçue qu'à cause de cela leur amitié ait été mise entre parenthèses. "Oh d'accord. Et ça a marché?"
"Cela ne va pas arriver du jour au lendemain, Bella."
L'expression de Bella se fana, pour une raison qu'elle ne comprenait pas elle se sentait coupable. "Ecoute Jake, je suis désolée que les choses ne puissent pas se passer comme tu le souhaites. Je suis désolée d'avoir été si dure la dernière fois que nous avons discuté. Mais je suis vraiment très contente que tu essaies, parce que tu es l'un de mes meilleurs amis et je ne veux pas te perdre."
Le visage de Jake changea d'expression et plusieurs options apparurent dans sa tête. En premier il regarda vers la porte comme s'il allait partir en courant. Puis il regarda Bella et un éclair de malice passa dans ses yeux. Avant que Bella puisse comprendre ça avait disparu. Enfin il secoua la tête dans une expression de défaite. "Il me semble que la meilleure chose à faire pour moi est de laisser tomber... mais je ne peux pas. Je ne veux pas perdre notre amitié non plus. En même temps je me fais du souci pour toi. Tu n'es plus toi-même depuis quelque temps."
Bella mâchonna sa lèvre. Elle savait pourquoi elle n'était plus elle-même. Malheureusement elle ne pouvait pas discuter de ses préoccupations avec Jake. "Je vais bien. Je suis juste fatiguée, c'est tout."
"Tu sais, même si je ne suis pas fan de... je peux quand même écouter si tu as besoin de parler de quelque chose qui le concerne... lui." Bella inspira prête à sermonner Jake à nouveau mais il poursuivit. "Je ne dirais pas un mot, je te laisserai juste parler. Alors nous n'aurons pas besoin de considérer que c'est une entorse à notre accord."
Bella sourit en entendant Jake faire référence à leur accord. Incertaine de sa capacité de parler d'Edward sans craquer, elle était réticente à parler de l'énorme quantité de problèmes induits par sa relation. Elle ne lui faisait pas non plus entièrement confiance concernant ses motivations. Elle savait malgré tout que Jake était son ami et qu'il était vraiment inquiet à son sujet ... et elle pouvait lui donner quelque chose pour qu'il puisse comprendre. "Edward a été blessé."
Il se redressa sur le canapé et se tourna vers elle. "C'est grave?"
"Nous n'allons pas parler de ça Jake. Je t'ai dit pourquoi je n'étais pas comme d'habitude ces derniers temps et tu n'as pas besoin de savoir autre chose," lui dit-elle.
"Décidément, allez calme-toi Bella."
"Je suis désolée. Je suis... vraiment inquiète et je n'ai pas besoin que tu me poses des questions faisant comme si tu étais concerné alors qu'en réalité tu es ravi qu'il puisse avoir été éjecté de ma vie."
On aurait dit qu'il y avait un éléphant dans la pièce, sa trompe se balançait entre eux.
"Bella," le voix de Jake avait baissé d'une octave quand il murmura son nom. "Peu importe combien je souhaiterai que tu sois libre, je ne pourrai jamais me réjouir qu'un soldat soit blessé." Bella ne répondit pas. "Je pensais que tu me connaissais mieux que ça."
"Je le sais, je suis désolée." Bella se massa les tempes. L'un des effets secondaires de la grossesse était qu'elle disait tout comme ça lui venait, elle ne filtrait plus rien. Ça plus la paranoïa constante qu'elle avait concernant Edward, ce n'était pas une bonne combinaison.
La tension était montée en flèche et Jake ne voulait pas que ça redevienne maladroit, il essaya donc de changer de sujet de conversation et de parler de quelque chose qui ne les mettait pas mal à l'aise. "Nous devrions aller courir alors," dit-il avec enthousiasme.
Bella secoua la tête. "Je suis très fatiguée en ce moment."Je me couche à vingt heures ces derniers temps. Entre l'enseignement, le travail et les cours, je ne peux pas gérer grand-chose de plus."
"Si tu ne t'entraines pas tu ne seras jamais prête."
"Ouais... à ce sujet... Je ne pourrai pas faire le marathon."
"Pourquoi?"
"Simplement, je... je n'ai pas... " Bella se sentait horrible de lui mentir mais elle ne pouvait pas lui dire qu'à ce moment là elle serait enceinte de plus de trois mois. "Je suis très loin d'être prête, je suis si fatiguée. Ça n'est plus du tout amusant." Elle haussa les épaules. Jake commença à dire quelque chose mais elle le devança. "Ne t'inquiète pas, je paierais ma part si vous ne trouvez pas un remplaçant, je viendrai quand même pour vous encourager."
Il tenta d'étouffer un rire et lui jeta un regard entendu.
Elle leva les yeux et répondit. "Oui je ne serai jamais une pompon girl mais je viendrai vous féliciter quand vous terminerez."
"Je vais voir si l'un de mes copains veut prendre ta place. Ne t'inquiète pas à ce sujet."
"Merci." Bella bailla trois fois de suite. "Je suis désolée."
Jake regarda l'heure. "On dirait que ton heure est passée de toute façon. Je m'en vais."
Bella regarda l'horloge et vit qu'il était presque vingt et une heure. "Je suis contente que tu sois venu, Jake. Ça me manquait que tu me taquines."
"C'est ce que je fais?" Il attrapa la poignée de la porte. "A plus tard."
Bella ne manqua pas son air de chien battu, elle le vit sur son visage quand il se leva pour partir. "Salut merci pour le soda."
"De rien."
OOo°oOO
Bella s'immergea dans un bain moussant chaud dans l'espoir de se détendre. Elle ferma les yeux et appuya sa tête contre la faïence de la baignoire et laissa divaguer ses pensées. Quand elle se laissait rêver il était toujours question d'Edward et d'elle. Elle s'imaginait dans une maison à eux, une bague en or au doigt, Edward sur le canapé avec le bébé endormi sur sa poitrine. Plus important encore elle se sentait toujours heureuse et épanouie.
Bella fut tirée de sa rêverie quand elle sentit des larmes chaudes couler sur ses joues. Lentement ses doigts disparurent sous l'eau et glissèrent pour se poser sur son ventre encore plat mais ferme. Rien n'était visible pour les autres mais Bella pouvait sentir la différence dans son corps. Un rappel du merveilleux plaisir la traversa.
En chuchotant elle parla à son bébé pour la première fois. "Quand est-ce que je vais te sentir bouger bébé? Je sais que tu grandis et j'en suis tellement excitée. C'est étrange mais je t'aime tellement sans t'avoir jamais rencontré. Je ne sais pas si je vais être une très bonne mère mais je vais essayer d'être parfaite pour toi. Ton père ne sait même pas que tu existes encore. Je sais qu'il t'aime. C'est un Marine ce qui signifie qu'il peut tout sacrifier pour protéger notre pays, tu auras un endroit merveilleux et sûr pour y vivre une fois que tu seras né. J'espère que lorsque papa reviendra nous serons une famille et nous..." La voix de Bella se brisa.
Elle s'étira pour atteindre la serviette posée par terre et la mit contre sa bouche et se laissa pleurer. Vraiment pleurer sans résister. Les minutes passèrent tandis qu'elle se délestait pour toute cette tristesse et cette inquiétude qu'elle gardait en elle. Quand elle eut retrouvé son sang-froid elle sortit de la baignoire et s'enroula dans la serviette mouillée par ses larmes et retourna dans sa chambre.
Elle s'assit à son bureau, sortit une feuille bleue et écrivit rapidement à Edward.
Edward,
Je t'aime!
Tu me manques!
Je nous ai besoin de toi!
A toi
Bella
Elle ne savait même pas s'il recevait ses lettres ou s'il les lisait mais jusqu'à ce qu'il lui dise d'arrêter elle lui en enverrait encore. Elle plia le papier et le glissa dans l'enveloppe et la ferma. Elle griffonna rapidement l'adresse et la posa sur un coin de son bureau. Sans même prendre la peine de s'habiller elle se glissa entre ses draps et s'endormit.
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"Je suis fière de vous Edward. Vous avez parfaitement géré la visite de vos camarades. Comment vous sentez-vous maintenant? Quel est le programme pour la suite?" lui demanda le Dr Call.
"Je me sens très soulagé maintenant que le sergent Clearwater m'a dit que tout le monde était sain et sauf et que Yasin a été éliminé. Toute la culpabilité que j'avais par rapport à ma mission s'est envolée."
"Et qu'en est-il de la conversation avec le Lieutenant McCarty?"
Il haussa les épaules.
"Pensez-vous qu'il y ait du vrai dans ce qu'il a dit?" l'incita-t-elle.
"Oui un peu."
Avez-vous fait ce qu'il a demandé?"
"J'en ai ouvert une."
"Voulez-vous me dire ce qu'il y a dedans?"
Edward secoua la tête. "Je ne l'ai pas lue."
"Pourquoi?"
"J'ai commencé à sentir que je ne pouvais plus respirer quand j'ai sorti la feuille de l'enveloppe."
"Est-ce que ça vous aiderait si c'était moi qui lisais ou si je restais avec vous?"
Il se demanda si cela ferait une différence. "Je ne sais pas."
"Edward je pense vraiment que c'est une question qui doit être résolue avant que vous ne rentriez aux Etats-Unis dans deux jours. Ça me semble être la dernière chose qu'il reste à remettre en place sur la voie de la guérison." Il ne répondit pas à son argument.
"D'après ce que vous avez bien voulu me dire, il me semble qu'elle vous aime bien. Elle prévoit que vous viviez ensemble. Vous pouviez la tenir loin tant que vous étiez ici mais je suis convaincue qu'elle va vous chercher quand elle saura que vous êtes rentré. Ne pensez-vous pas qu'il serait sage de faire cela maintenant, avec moi, que d'être pris au dépourvu une fois qu'elle se présentera à votre porte?"
L'esprit d'Edward vacilla. Bien sûr qu'elle avait raison. Surmonter ses peurs et ses préoccupations serait plus facile avec le Dr Call et sans avoir à regarder les si beaux yeux bruns de Bella mais il était terrifié. Par quoi? "Dr Call... je ne sais pas pourquoi j'ai... si peur."
"Edward vous vous protégez de tout à cause de ce que vous avez subi. C'est une réponse naturelle. Le sergent Clearwater vous a soulagé de votre plus grand stress. Les flashbacks, les cauchemars vont rester avec vous et ce n'est pas de retenir vos sentiments qui va arranger cette situation. Vous ne retenez vos sentiments qu'envers Bella maintenant et je crois que ... votre ami a raison. Vous êtes toujours en mode de protection parce que vous pensez qu'elle ne voudra plus de vous. Faisons-y face maintenant comme vous avez fait face au résultat de votre mission."
Edward se sentait comme si on lui avait donné un coup de poing dans l'estomac. Emmett avait raison. Il était égoïste. Comment pouvait-il faire du mal à Bella de cette façon? Ce n'est pas ça l'amour, l'amour est censé être désintéressé. Que faire si une de ces lettres lui disait qu'elle ne le voulait plus. Il n'était pas sûr de pouvoir s'en remettre. Que ferait-il une fois rentré chez lui?
"Prenons-en une seulement à la fois."
Il hocha la tête.
Le Dr Call prit celle qui était en haut de la pile et qui avait déjà été ouverte et la tendit à Edward. "D'après le timbre, elle a été envoyée la semaine dernière, le 5 février."
Edward l'avait vu. Il n'arrivait pas à croire que ça faisait plus de deux mois qu'il n'avait pas vu Bella. Il y avait trop longtemps qu'il ne l'avait pas eue dans ses bras mais il pouvait encore se rappeler son odeur comme si elle était venue dans sa chambre aujourd'hui. Il prit de lentes respirations pour déplier le papier.
"Bon Edward. Respirez bien quand vous commencez à sentir que ça ne va pas. Allez lentement et vous pouvez vous arrêter à tout moment."
Ses yeux s'accrochèrent à la calligraphie bouclée de Bella alors qu'il essayait de lire les mots qu'elle avait écrits pour lui. Son œil lui faisait mal et il y avait trop de taches floues. Il lui tendit la lettre.
"Pouvez-vous lire pour moi?"
"Bien sûr," dit-elle la voix pleine de compassion. Elle s'éclaircit la gorge et se mit à lire à voix haute.
Edward,
Comment vas-tu? J'espère que chaque jour tu te sens un peu mieux. Je demande à Dieu, dans mes prières quotidiennes, que tu guérisses rapidement pour pouvoir me rejoindre. Je ne peux plus attendre d'être la personne qui prendra soin de toi à la place de n'importe quelle belle infirmière blonde allemande.
Dr Call étouffa un rire mais Edward ne le remarqua pas. Il se perdait dans sa façon absurde de voir les choses. Toutes les femmes qu'il avait rencontrées pâlissaient si on les comparait à elle.
Rosalie et Tessa vont venues me rendre visite pour le week-end. C'était tellement agréable de la tenir... Je parle du bébé pas de Rosalie.
Il sourit, il aimait son humour.
Nous l'avons promenée au zoo, pas que ça l'intéressait particulièrement mais c'est toujours amusant. Ensuite nous sommes allées à l'observatoire et je me suis assise là, à regarder les étoiles et la lune. Ça m'a réconforté de savoir que quelque part tu es sous le ciel toi aussi. Et ça m'a fait sentir que finalement tu n'étais pas si loin de moi.
Une larme roula sur visage d'Edward et son pouls accéléra. Cette lettre avait été écrite il y avait seulement une semaine et elle voulait encore de lui. Il n'avait pas répondu depuis deux mois. Si elle avait voulu, elle aurait pu arrêter de lui écrire et personne ne l'en aurait blâmée. Mais elle avait continué. Avant d'être trop excité il se rappela qu'elle ne connaissait pas l'étendue de ses blessures.
La St Valentin est dans un peu plus d'une semaine. Alice me rend dingue en me demandant ce qu'elle doit faire avec Jasper. Elle est obsessionnelle dans ses préparatifs et c'est une pause bienvenue dans ses interférences avec mes vêtements. Elle est très enthousiaste à l'idée de remplacer ma garde-robe dans un mois ou deux... pour la robe pour mon diplôme et des vêtements pour aller au travail.
Pauvre Bella. Alice était pénible mais il était juste reconnaissant qu'elle l'ait.
Ma vie est assez ennuyeuse pour le moment. Je travaille tout le temps, je vais en cours, j'apprends et je dors. Je suis trop fatiguée pour quoi que ce soit d'autre. A cause de ça je me sens comme si je n'avais rien d'intéressant à te raconter. Mes lettres doivent te paraître bien ennuyeuses.
Jamais.
Oh je vais aller voir un médecin.
Pourquoi allait-elle chez le médecin? Etait-elle malade?
Je veux que tu saches que j'ai grossi. C'est toute cette nourriture réconfortante que je mange depuis que tu n'es plus là. Donc tu n'auras qu'à te blâmer toi-même si quand tu rentres je pèse vraiment 250 kg.
Il éclata de rire au premier souvenir fort des premières lettres qu'ils avaient échangées. Elle lui avait vraiment fait penser qu'elle était une très grosse femme. Edward se figea en se rendant compte que c'était la première fois qu'il riait en deux mois.
Ses yeux allèrent vers le Dr Call et son visage souriait fièrement.
Eh bien je ferais mieux d'y aller. Je t'aime Edward. Je suis là si tu veux parler ou écrire. Je sais que tu traverses des choses que je ne peux pas vraiment comprendre mais je serai là pour toi, à quel titre que ce soit. Je veux juste t'aimer. Edward. Je suis faite pour ça.
Je pense à toi plus que je ne devrais.
Elle utilisait l'expression qu'il avait utilisée pour elle.
A toi pour toujours,
Bella.
Le mur qu'avait construit Edward avait disparu. Il ne s'effritait pas ou n'éclatait ou n'explosait plus, il avait disparu tout simplement. Edward était rempli de tout l'amour qu'il avait ressenti pour Bella avant l'accident. Sa tête avait effacé tout à coup le nuage morne qui pesait sur lui. Il se sentit plus fort physiquement, pas abattu. Il regarda le Dr Call avec une nouvelle détermination.
Elle sourit et demanda. "Vous êtes prêt à affronter cela?"
"Ouais."
"Alors commençons."
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"Alice viens, nous allons être en retard."
"Juste une minute, j'essaie juste de trouver les bonnes chaussures."
"Oh mon dieu nous allons voir la gynécologue. Ce n'est pas les pieds qu'ils regardent. Je refuse d'être en retard à ce rendez-vous."
"Ok, ok bon sang tu t'es vraiment transformée en une maman pas vrai?" gémit Alice en arrivant dans le salon.
Bella sourit à cette pensée. Son téléphone vibra dans son sac et elle le sortit. Elle regarda l'identifiant, ses yeux s'agrandirent et les larmes commencèrent à remplir ses yeux. C'était un numéro de téléphone allemand...
La conversation téléphonique ce sera pour la prochaine fois ainsi que ... vous verrez bien...
