Oui, je sais j'ai été portée disparue. J'en suis vraiment désolée d'ailleurs. Mais cette année à été juste... bref, je ne veux même pas m'attardée dessus. Je suis debout, c'est terminé et c'est tout ce qui compte. Oh, j'ai encore beaucoup de truc à gérer mais ça va mieux. La preuve, j'ai réussi à réécrire, si ça c'est pas magnifique xD
En toute sincérité, j'ai cru tout arrêté à un moment. Je n'avais plus le courage pour tout ça, plus la motivation, beaucoup moins de temps. Mais que voulez-vous, j'aime trop écrire pour m'arrêter maintenant. J'ai relu mes review et ça m'a donné envie de reprendre.
Je ne pense pas que ce soit le meilleur chapitre que j'ai pu pondre. Il est assez déprimant d'ailleurs, la faute à mon humeur et là où je m'étais arrêtée.
Je remercie tous ceux qui m'ont laissés des review, continuant à m'encourager alors que j'étais plus qu'absente du site. Que ce soit pour l'écriture ou la lecture. J'ai beaucoup à rattraper. Mais merci à ceux qui ont continué à lire et commenté. J'espère qu'il restera des personnes qui sont toujours intéressé par cette histoire...
Chapitre 19.
J'ai froid. Du moins, je crois que j'ai froid. Je devrais avoir froid ?
J'essaye d'émettre une pensée cohérente, sincèrement. De toute mes forces, je tente de former des mots, de les assembler pour former une phrase. Mais je n'y arrive pas. Tout revient en boucle, me heurtant de plein fouet et m'empêchant de respirer. Ce poids va de paire avec les pensées et les émotions alors, je coupe tout. Je referme les yeux et la bouche, je ne tente plus de parler, de communiquer, je reste juste là.
Il m'arrive de me demander où je suis exactement pourtant, cette pensée fugace s'envole dans la seconde et mon esprit repart aussi loin qu'il lui est possible.
Je retourne au terrier, entourée par ma famille. Cette famille qui m'aimait et j'aimais aussi. Je retourne à cet ancien Poudlard qui est également celui du futur. Je revois Harry et tout ces moments passés avec lui, avec Hermione, avec Luna, avec Neville et tant d'autres. Eux aussi je les ai aimés. Pourtant, combien survivront ? Cette guerre dont je ne connaîtrais jamais le dénouement les emportera peut-être. Tout comme Mary.
Des voix m'appellent, je voudrais répondre mais, je n'y arrive pas. Je me suis enfuie si loin que je ne suis pas sûre de pouvoir revenir.
Et cette question encore...
Où suis-je ?
Puis, il y a cette voix, celle à laquelle je me raccroche depuis si longtemps pour ne pas perdre la tête. Maintenant encore, il me préserve de la folie qui m'envahit peu à peu. Il m'appelle, me retient. Alors je tente de revenir, me raccrochant aussi fort que possible à sa voix.
Au début, c'est un bourdonnement. Juste un son continu sans aucun sens. Puis, je perçois ses intonations inquiètes, des mots et enfin, tout prend un sens et je comprends que je suis revenue.
-Lily, il faut que tu te réveilles, supplie-t-il. Fais un effort, tu es plus forte que ça !
Je force mon esprit à se concentrer sur lui et juste lui. J'obéis à sa voix, ouvrant lentement les yeux. La lumière vive les agresse mais, je les garde ouvert.
-Lily !
L'exclamation exhale un tel soulagement que la culpabilité me ronge à l'instant.
-James, je réponds simplement en retour, tournant difficilement la tête dans sa direction.
Je note directement ses cheveux plus ébouriffés encore que d'habitude, ses lunettes de travers, ses cernes qui semblent s'étendre à l'infini. Ensuite les détails. Son visage est poussiéreux et de légères entailles recouvre sa peau. La réalité me rattrape alors.
Je me revois au-dessus du corps de ma meilleure amie, pleurant, la secouant pour la réveiller. Puis, il y a eu ces bras pour m'en éloigner. L'hystérie a pris le dessus et j'ai hurlé jusqu'à ne plus avoir de voix. Puis, tout est devenu noir, la dernière image subsistant est celle de Mary que l'on emmène à l'instar des autres.
-James, je répète d'une voix cassée alors que les sanglots m'étouffent.
-Je sais, répond-t-il simplement, me prenant dans ses bras alors que je pleurs.
J'ai perdu tellement de personne que j'ai cru m'y être habituée. Pourtant, la douleur qui me paralyse et me déchire est aussi vive que s'il s'agissait de la première fois.
Je m'accroche à James comme si ma vie en dépendait et, quelque part, c'est le cas. Il faut qu'il me retienne, il doit m'empêcher de sombrer dans cette souffrance qui se ravive, plus intense encore. Il n'y a que lui qui possède la force pour me maintenir la tête hors de l'eau.
-Je les hais, j'éructe avec douleur. Je les hais tellement.
-Je sais, se contente-t-il de répéter.
Alors qu'il s'allonge près de moi, me serrant, je reconnais enfin l'infirmerie qui est pleine à craquer. Mais je ne réussis pas à m'y attarder.
La seule chose qui importe, ce sont ces bras serrés autour de moi et cette image de ma meilleure amie ensanglantée.
-Aujourd'hui est un triste jour pour chacun d'entre nous. L'attaque de Pré-au-Lard a fait beaucoup de victime. Des êtres chers ont été perdu. J'ai conscience de la difficulté que vous rencontrerez, chacun à votre façon, ces prochains jours. J'ai conscience également, que certains d'entre vous auront du mal à se relever et à continuer d'avancer.
Une larme glisse sur ma joue alors que James resserre sa prise sur ma main. J'attrape celle de Remus, à mes côtés alors que celui-ci tente de rester impassible. La grande salle a été changé. Il n'y plus de table, juste des rangées de chaises, suffisamment pour accueillir tous les élèves. Cette scène m'en rappelle une autre, lointaine. La mort de Cédric Diggory. Le professeur Dumbledore a parlé également ce jour-là, tentant de proférer des paroles réconfortantes. Et quelque part, ça avait marché.
Mais je doute qu'il puisse réconforter qui que ce soit aujourd'hui. Je doute également qu'il puisse apaiser les esprits échauffés, coléreux qui réclame vengeance pour les pertes subies. Pourtant, derrière son pupitre, il essaye et ses paroles me semblent si vide de sens.
-Je doute de pouvoir trouver les mots grâce auxquels vous vous sentirez mieux, poursuit-il. Il n'en existe pas. Je pourrais vous dire que le temps arrangera les choses mais... J'ai peur que ce ne soit que le début. Voldemort continuera d'attaquer, nous savons tous qu'il ne s'arrêtera pas là. Le plus important est donc de rester uni.
Il y a un silence entrecoupé par des pleurs alors que je suis incapable de bouger. Je n'ai jamais vu les maraudeurs aussi sérieux ou James aussi inquiet. On dirait qu'il a peur que je craque d'un moment à l'autre.
Dix élèves. Dix élèves sont mort. Quatre sont encore à Sainte-Mangouste. Et trois à l'infirmerie. Et je ne parle même pas des pertes civiles. Des magasins détruits, cinquante morts en plus des dix élèves. Une vraie boucherie. Le premier réel massacre de cette guerre. La nausée m'envahit mais je me force à rester stoïque.
-Dix élèves ont trouvés la mort dans cette attaque, enchaîne Dumbledore et je me retiens de le supplier de se taire. Des élèves courageux qui n'ont pas hésité à se battre. Nous honorerons leur mémoire.
Alors, le directeur commence à les nommer et je fais le point.
Peter Craft. Un pauvre gamin de douze ans, Poufsoufle de son état. Se battre ? Ce gosse s'est juste fait tuer ! Je l'avais déjà croisé quelque fois, un enfant toujours souriant mais, d'une timidité maladive. La dernière fois que je l'ai vu, il se cachait derrière une poubelle pour ne pas se faire tuer. On peut dire que ça a marché !
Amandine Denin. Sixième année, Serdaigle. Cette fille passait son temps à aider les autres. Elle est morte en tentant de sauver un quatrième année.
Ce qui nous amène à George Flyer. Un Serpentard né-moldu. Est-il utile de préciser que sa maison l'a moyennement bien accueilli ? Il passait plus de temps avec les élèves des autres maisons et je le soupçonne d'avoir même squatter d'autres dortoir pour échapper au sien...
Alicia Kettleburn. Septième année de Serdaigle. Elle m'a aidée pour un devoir de rune.
Marissa Clark. Quatrième année de Gryffondor, elle faisait partie de la chorale et avait une voix digne d'un ange.
Jennifer Macpherson. Une Serdaigle avec qui je ne me suis jamais entendue. Un look de barbie, le professeur de sortilège a du nous remonter les bretelles pendant son cour. Pourtant, sa mort me touche plus que je ne l'aurais cru.
Adam, Yoan et Joshua Laurent. Des triplés inséparables. Je ne les connaissais que de vue mais, il souriait tout le temps.
Et Mary MacDonald, ma meilleur amie, Gryffondor.
Toutes ces personnes, je les connaissais, je savais qui elles étaient. Je n'en étais pas vraiment proche mais... je sais mettre un visage à chaque nom. Et c'est horrible, juste atroce. La nausée m'envahit et je me lève d'un bon, la main sur la bouche. Je me précipite hors de la grande salle et cours vers les toilettes les plus proche. J'ai juste le temps d'ouvrir la cabine et de tomber à genou avant de vomir.
Mon estomac est presque vide, si bien que je comprends pas ce qu'il espère rendre et pourtant, il continue de se révulser, de se contracter alors que les larmes coulent sur mes joues. Je sens bientôt une main rassurante caressant mon dos alors que je me calme petit à petit.
Je m'assieds finalement à même le sol, les jambes repliées contre ma poitrine et le dos contre la paroi pour faire face à James. Il est également assis et me regarde avec inquiétude.
-Je suis désolée, je soupire. Je déteste me donner en spectacle comme ça.
-Soit pas stupide, grogne-t-il en fronçant les sourcils. C'était ton amie.
-Et tout le monde en parle au passé alors qu'elle n'est même pas enterrée, j'éructe en fermant les yeux mais je les ouvre ne supportant pas ces flash permanent. Si tu savais ce que je vois en fermant les yeux, je souffle en secouant la tête. Tous ces morts, James. Ils étaient là hier et aujourd'hui il sont juste... mort.
-Ça va aller, Lily, tente-t-il.
-Non, non ça ne pas aller, je le contredis en le regardant dans les yeux. Tout ça ne fait que commencer. Ce monstre vient de déclarer la guerre et d'autres attaques auront lieu, d'autres personnes vont mourir et à partir d'aujourd'hui nous allons tous trembler à la perspective d'apprendre que les personnes qu'on aime ont fini par être tuées.
James me regarde avec tristesse. Il ne semble pas savoir quoi dire mais, je n'attends rien.
-J'ai perdu ma famille, mes amis, je viens de perdre ma meilleure amie, j'énonce. Qui sera le prochain ? Ma famille d'adoption ? Toi ? James je... je sais pas si je peux gérer de perdre encore quelqu'un d'autre. Je ne suis pas sûre d'être capable d'encaisser encore plus.
Il se rapproche, se place à côté de moi et me prend dans ses bras. J'inspire profondément et je me sens tout de suite mieux. La douleur reste évidemment mais, la panique, la détresse et les tremblements se calme. C'est James après tout. Qui peut me réconforter mieux que lui en me prenant simplement dans ses bras ?
Je me retrouve dans la salle commune des Gryffondors sans savoir comment j'y suis arrivée. Mon cerveau semble s'être mis en mode pause encore une fois, s'endormant paisiblement pour fuir la réalité.
Mais personne ne peut fuir éternellement ses propres sentiments, je l'ai expérimenté avec James.
Assise sur le fauteuil devant la cheminée, les flammes qui m'ont autrefois réchauffées me semblent aussi froide que la neige d'un rude hivers. J'avais oublié ce que ça faisait, cette froideur à l'intérieur de soi qui empêche n'importe quelle flamme de vous soulager. La dernière fois, Severus avait atténué cette sensation et Mary est venue l'aider par la suite jusqu'à prendre la relève lorsque mon meilleur ami a laissé la place au Mangemort.
J'aperçois Remus sur un divan, seul, la tête dans les mains. Sans comprendre d'où ce besoin me vient, je me relève et le rejoins. Je m'assieds à côté de lui et il sursaute avant de me regarder avec des yeux vides.
Je me trouve instantanément égoïste dans ma douleur. Si quelqu'un doit souffrir, c'est lui. Je sais qu'il l'aimait et qu'il l'a repoussée par peur d'être rejeté. Évidemment, j'ai entendu la théorie du « Il s'est rendu compte qu'il n'était pas assez amoureux pour tout partager avec elle » de James. J'ai compris ce qu'il sous-entendait. Remus a prétendu ne pas l'aimer suffisamment pour tout lui avouer mais, je n'y crois pas. Pour moi, c'est justement le contraire, il l'aimait trop pour risquer que le regard que Mary lui portait ne change. Il a eu peur qu'elle finisse par tout découvrir et le déteste. Pauvre fou, s'il savait que Mary n'a jamais voulu que lui peu importe sa nature. Il aurait pu avoir un troisième œil ou une jambe en moins, ça n'aurait rien changer.
Et aujourd'hui, il l'a perdue. Remus ne pourra jamais arranger les choses s'il se décide à se laisser aimer. C'est terminé. Toutes ses futurs années, Remus les passera seul avant que Nymphadora Tonks ne débarque tel un ouragan et brise toutes ses convictions. Et ensuite, il sera tué. J'essaye toujours de trouver une solution pour les sauver, tous mais... Le futur ne m'a jamais paru aussi sombre. La mort de ma meilleure amie ressemble à un coup de poignard, une piqûre de rappel. C'est comme un orage qui éclate alors que le ciel s'éclaircit après des heures de pluie.
Je ne sais pas si je suis assez forte pour les sauver. Évidemment, je donnerais tout ce qu'il faut pour ça mais, j'ai peur. Ce n'est pas arrivé depuis un moment, je croyais que mes convictions me protégeaient de cette peur dérangeante qui vous donne le sentiment que vous allez échouer. Pourtant, je suis morte de trouille.
Remarquant que je repars sur une lamentation personnelle, je me secoue et en reviens à mon ami. Je lui prend d'abord la main, entrelaçant nos doigts avant de poser ma tête sur son épaule. Ce n'est pas grand-chose mais, la chaleur humaine m'a toujours réchauffée quand j'étais prise d'un froid polaire dû au chagrin. J'espère l'aider un peu de cette façon.
Il se laisse aller contre moi et je sens une de ses larmes atterrir sur mon front alors que ma peine semble s'endormir légèrement. Alors, je me dis que l'aider est peut-être la clé. Si je me concentre suffisamment sur sa peine, j'en oublierais la mienne. De plus, j'ai James qui veille sur moi de l'autre côté de la salle. Son regard plein de tendresse me caresse la nuque et me rappelle que je ne suis pas seule.
Et ça, c'est déjà beaucoup.
Le reste de la semaine se passe plutôt rapidement. Les Maraudeurs et moi sommes autorisés à aller à l'enterrement de Mary.
Nous arrivons au cimetière bien trop rapidement à mon goût et j'inspire fortement pour me donner du courage alors que James effleure ma main du bout des doigts. La mère de Mary, comme sentant notre présence, se tourne vers nous. Quand elle me voit, elle avance d'un pas rapide. Rachel MacDonald est une belle femme, sa fille tient tout d'elle. Pourtant, ses yeux bleus sont rougis de larmes et elle semble sur le point de s'effondrer.
Quand Rachel me fait face, elle me prend dans ses bras et me sert si fort que j'ai presque mal. Mais je ne dis rien. Elle en a besoin.
-Oh Lily, souffle-t-elle d'une voix tremblante.
-Je suis tellement désolée, je réponds.
Rachel se relève et me prend le visage entre ses mains délicates.
-Tu n'as aucune raison de l'être, affirme-t-elle alors. Mary t'aimait énormément et elle ne voudrait...
Elle s'arrête, semblant retenir les sanglots qui menacent d'éclater.
-Tu étais son amie, enchaîne la femme après une minute. Et tu seras toujours la bienvenue quoi qu'il puisse arriver.
-Merci, je réponds en tentant de sourire.
-J'aurais aimé... que tu dises quelques mots, réplique Rachel, hésitante. Tu n'est pas obligée mais, tu étais sans doute celle qui la connaissait le mieux.
-Je le ferais, j'affirme, incertaine.
Il y a beaucoup de monde. Évidemment, il y a toute la famille de Mary proche et éloignée. Mais des élèves de Poudlard, des parents avec lesquels Rachel avaient sympathisé. Quelque part, j'entends la voix de ma meilleure amie, moqueuse « Dire qu'il y a plus de gens à mon enterrement que je n'aurais jamais pu en faire venir pour une simple fête ! ». Je souris tristement au cercueil, passant délicatement ma main dessus comme si elle pouvait le sentir. Mary.
Un homme, qui apparemment serait un prêtre, parle un moment sans que je ne l'écoute, les yeux fixés devant moi. Remus, à mes côtés, sers fermement ma main, comme s'il était sur le point de perdre le contrôle. James, de l'autre côté, me tient par la taille, sa tête sur la mienne. Une attitude douce et réconfortante. Sirius et Peter, derrière, sont très silencieux. La dernière fois que je les ai vu ainsi, c'était pour la mort de Charlus Potter, le père de James. Aujourd'hui, les rôles sont inversés, c'est lui qui me soutient.
-Lily, m'appelle doucement Rachel.
J'acquiesce et m'éloigne un peu sous les yeux inquiets de James. Je prends la place de l'homme qui a parlé et inspire profondément avant de me lancer.
-Mary est...était ma meilleure amie. C'était aussi une personne exceptionnelle. Très forte. Douce et aimante également. Quand je suis arrivée au collège, je ne connaissais personne ou presque. J'étais seule et, elle est arrivée. Mary m'a aidée plus que n'importe qui. Elle ne m'a jamais forcée à me confier mais, elle m'écoutait quand je le faisais. Elle m'a toujours soutenue peu importe ce que j'entreprenais. Elle me connaissait mieux que personne et me comprenait, elle ne m'a jamais jugée. C'était une élève exemplaire aussi. Je n'ai jamais connu une personne aussi... solaire. Quand elle vous souriait, c'était comme si la pluie s'arrêtait d'un seul coup et que le soleil éclairait l'espace d'un instant l'obscurité de vos soucis. Avec elle... tout devenait facile. Mary... Mary était...ma meilleure amie. C'était ma meilleure amie, ma meilleure amie...
Je baisse la tête alors que les larmes dévalent encore mes joues, mes épaules secouées par des sanglots que je n'arrive pas à retenir. James apparaît à mes côtés, me soutenant. Je puise alors la force nécessaire pour terminer.
-Je voudrais la remercier, j'enchaîne difficilement. Merci, Mary pour avoir illuminé ma vie pendant une magnifique et bien trop courte année. Je ne t'oublierais jamais et je t'aimerais jusqu'à la fin. Merci.
Il y a ensuite le silence alors que James m'aide à reprendre ma place parmi les autres. Silence heurté par nos sanglots.
Quand c'est enfin fini, Rachel vient me voir et me prend la main.
-Merci à toi Lily, sourit-elle tristement. Elle aurait été très touchée. Tout comme je le suis. J'espère... que tu reviendras me voir quand même, de temps en temps.
-Soyez courageuse, je réponds simplement.
Et je m'éloigne pour rentrer à Poudlard.
-Je refuse !
-Miss Evans...
-C'est hors de question !
Je regarde le Professeur McGonagall et le Professeur Dumbledore avec effarement. Comment osent-ils me demander une chose pareil ? Mary n'est plus là depuis une semaine à peine et ils tentent déjà de la remplacer ?
-Miss Evans, commence le Professeur McGonagall avec douceur. Il faudra de toute façon trouver quelqu'un d'autre pour le poste de Préfète-en-Chef, qui conviendrait mieux que vous pour ça ?
-Personne ne devrait reprendre ce poste cette année, voilà ce que je pense ! je grince avec rage.
-Ce n'est pas possible, soupire-t-elle.
-Miss, intervient Dumbledore . Je sais ce que vous pensez, je sais que vous souffrez et que vous pensez que nous tentons de la remplacer. Je n'essayerais pas de vous faire changer d'avis sur ce point. Néanmoins, pensez à Mary MacDonald. Si elle avait pu désigner une autre personne pour prendre la relève, qui aurait-elle voulu d'après vous ?
Je grimace. C'est bas, très bas. Et bien pensez. Effectivement, Mary m'aurait choisie, moi. Elle me l'a déjà dit.
Si tu avais fait toute ta scolarité ici, c'est toi qui aurait été Préfète-en-Chef. Tu as toute les qualités requises pour ça.
-Vous pouvez au moins y réfléchir un peu, soupire-t-il. Nous attendrons demain et si vous ne voulez toujours pas, je chercherais quelqu'un parmi les Préfets actuels. Mais j'aimerais autant que ce soit vous.
J'acquiesce et pars vers la Grande Salle après les avoir salué. Les garçons m'attendent inquiets et je m'assieds, regardant un instant la place en face de la mienne, vide à présent avant de me détourner.
-Alors, qu'est-ce qu'ils voulaient ? s'enquit Sirius.
-Que je prenne la place de Préfète-en-Chef, je crache en serrant les mâchoires.
Un silence tendu apparaît, ils se regardent tous sans rien dire. Qu'est-ce qu'il y a dire de toute façon ? Ils évitent de me regarder moi et aussi Remus. Ce dernier lève des yeux fatigués vers moi et sa tristesse me fait l'effet d'un coup de poing dans l'estomac.
-Accepte, s'il te plaît, dit-il et j'écarquille les yeux. Ils vont trouver quelqu'un d'autre de toute façon et... quitte à choisir... je préfère que ce soit toi.
Je me mords la lèvre, indécise. Ce n'est pas que je ne veux pas, c'est que j'ai l'impression de la trahir. C'est comme masquer toute les preuves de son absence parmi nous. Comme mettre un peu de ciment dans les trous des murs. Le mur est toujours cassé mais s'il est bien couvert, on arrive à l'oublier. Moi, je suis le ciment qu'on fout dans le trou laissé par ma meilleure amie. Et faire ça, c'est comme accepter de l'oublier. Et je ne suis pas prête à ça. Il y a une semaine, Merlin ! Une toute petite semaine.
D'un autre côté, Remus et les professeurs ont raison. Ils trouveront quand même quelqu'un pour le poste. Et je crois que Remus serait bien mieux avec l'idée que ce soit moi qui prenne place dans ses quartiers. Et moi aussi. Imaginer quelqu'un d'autre prendre la chambre de Mary, dormir là où elle a dormi, utiliser sa salle de bain, ses armoires.
C'est ridicule, je le sais. Après tout, l'année prochaine quelqu'un d'autre le fera. Mais cette année, tout ça est à elle. Ou était. Je ne sais plus trop. Mais moi au moins, je respecterais ce fait si j'emménage.
-Ok, je soupire finalement. C'est d'accord.
-Merci, souffle Remus visiblement soulagé.
James me prend la main et la sert doucement. Alors, mon cœur se réchauffe un peu.
Je me réveille en sursaut et en sueur, le souffle court. Les cauchemars sont revenus. Sauf qu'en plus des morts habituels, vient s'ajouter Mary. Ma meilleur amie. Morte.
Mes yeux regardent James un instant, endormi à mes côtés. Sans ses lunettes et apaisé comme il l'est, il ressemble à un enfant innocent. Le pauvre. Au moins, je n'ai pas crié en me réveillant cette fois-ci. Je m'en serais voulue de le réveiller encore une fois. Il dort souvent avec moi ses derniers temps, pour me soulager quand je me réveille suite à un mauvais rêve, criant et pleurant.
C'est plus facile maintenant pour nous de dormir ensemble puisque j'ai pris les quartiers de Mary. J'ai accepté de la remplacer. Les professeurs ont été content, les élèves partagés. Les autres Préfets n'ont pas bien pris la chose. Ils se sont demandés pourquoi ce n'était pas l'un d'entre eux qui avaient été pris. Je peux comprendre leur indignation, moi-même je ne comprends pas trop.
Soupirant en comprenant que je ne me rendormirai pas, je m'éloigne de James et sort du lit pour rejoindre la salle commune des appartements privés. Je ne suis qu'à moitié étonnée de retrouver Remus devant le feu, lisant un livre. Il sourit en me voyant arriver et je le lui rends en m'asseyant près de lui.
-Cauchemars ? me demande-t-il.
-Oui, je souffle. Et toi ?
-Oui, soupire-t-il en fronçant les sourcils.
Je lui prends la main, une nouvelle habitude qui nous soulage autant l'un que l'autre.
-Comment tu vas ? je lui demande avec sérieux et il baisse la tête.
-Je ne sais pas, avoue-t-il. Ça fait mal. Et en même temps je me dis... que je n'ai pas le droit de la pleurer comme ça. Je devrais la pleurer comme une amie et pourtant...
-Tu l'aimais, je lui fais remarquer avec douceur. Et elle t'aimait aussi. Chaque personne à une façon bien à elle de gérer la perte d'un être cher. Alors pleure-là comme tu en as besoin et ne laisse personne critiquer.
-Elle n'aurait pas dû m'aimer, souffle-t-il d'une voix pensive et mon cœur se sert. Elle ne l'aurait pas fait si elle avait tout su.
-Si elle avait su quoi ? je souris. Que tu es un loup-garou ?
Remus se fige, blanchît et me regarde comme si une deuxième tête venait de me pousser. Je pouffe légèrement.
-Allez Lupin, tu savais que je savais, je le taquine.
Il grimace légèrement.
-Je m'en doutais mais... je me suis dit que tu ne l'accepterais pas si facilement et que je devais me tromper, avoue Remus.
-Pourquoi pas ? je réplique. Tu reste toi. Je devrais me fixer sur ce que tu deviens une fois par mois en oubliant qui tu es le reste du temps ? C'est ridicule. Et Mary penserait comme moi.
Remus me regarde avec effarement et je lui souris doucement. Il secoue la tête, amusé tout à coup.
-Mais qui es-tu donc, Lily Evans ?
Je suis Ginevra Weasley et Lily Evans. Je suis le passé et le futur. Je suis le futur femme de James Potter, le futur mère de Harry Potter, le survivant. Je suis celle qui essaye de vous sauver. Je suis celle qui devra mourir quoi qu'il arrive. Et surtout, je suis une femme forte.
Parce que même si je suis brisée à l'intérieur, même si ma vie est un combat sans pause, je reste là, debout et droite. Et je n'abandonne jamais.
Je vivrais Mary, pour toi, je me battrai et jusqu'au bout.
Voilà on finit en douceur et avec plein de promesse malgré la déprime de ce chapitre. J'aimerais dire que ça va s'améliorer mais que voulez-vous, c'est le temps de la guerre et Voldy ne va pas faire de cadeau (notez ça dépend à qui, ses petits toutous sont contents eux). J'espère que ça vous a plu malgré tout.
J'essayerais d'aller plus vite pour les publications mais je ne promets rien, on ne sait jamais. Non je déconne, j'essayerais de ne pas mettre un an pour le prochain... Hum.
Hésitez pas à laisser une review surtout.
Bisous.
