Bonjour !

Je fais mon petit discours et la réponse aux reviews avant le chapitre, afin de ne pas gâcher l'ambiance de la fin…

Je dois bien avouer que ça me fait bizarre d'avoir terminé cette fic, d'en publier le dernier chapitre… Je tiens à remercier infiniment toutes les personnes qui ont reviewés, les fidèles, les moins fidèles. Merci également à ceux qui ont lus, même sans rien dire, vous êtes bienvenues sur ce dernier chapitre afin de me donner un avis global, c'est important pour moi.

Merci pour tout ce que vous m'avez apporté, pour votre soutiens, particulièrement à Cleo McPhee, Pilgrim67, Cricket32, Molly59, Whyle, Taka-chan, brigitte et 77Hildegard.

Plus d'un an et demi après avoir commencé cette fic, voila que je la termine et j'espère que ça vous plaira. Je me doute que ce dernier chapitre va faire hurler certains lecteurs, sachez toutefois que cette fin était prévue depuis très longtemps, je ne la voyais pas autrement. J'ai eu du mal à l'écrire, j'en ai tremblée pendant un moment, j'en ai pleuré. Ça parait peut être bête, mais j'espère que tout ce que j'ai voulu mettre comme émotion ressortira… Merci à tous !

Merci à Yuuya, toi qui m'a poussé à écrire cette fic, merci aussi pour les corrections.

Merci à Taka-chan qui m'a donné une fois de plus son feu vert pour la publication, puisque Yuuya est ensevelie sous les cartons et n'a pas pu corriger les 3 derniers chapitres…

Cette fic sera éditée par la suite afin de corriger les fautes qui restent, j'ai fait de mon mieux mais je me doute qu'il en reste…


Réponse aux anonymes :

Saoru25 : Merci pour ta review. Oui, Hermione n'est pas nette. Fin mot de l'histoire dans ce chapitre ;)

Brigitte : Vivement que Hermione retrouve ses esprits ? Réponse un peu plus bas. Merci de ta fidélité et de tes reviews, en espérant que cette fin te plaise.

Taka-chan : Je ne sais plus quoi te dire à part simplement merci. Merci de m'avoir suivi, merci pour tes encouragements, pour tes compliments. Merci de m'avoir assuré que cette fin est belle. Merci pour tout.


Merci une fois de plus à tous de m'avoir suivi dans cette aventure. Je précise que je n'écrirais plus sur Harry Potter, du moins, pas avant très longtemps (ne jamais dire jamais…). J'ai mis trop d'énergie dans cette histoire, même si ça ne se voit pas forcément. J'ai mis trop de moi…

Bonne lecture.


Chapitre XX : Quelle vie me sauvera

Je reste totalement sidéré à ces paroles. Tous morts ? Je ne comprends pas. Ou plutôt, j'ai peur de comprendre. Je m'approche des deux Gryffondors, tremblant. Granger tourne son regard sur moi, un sourire que je ne lui connaissais pas, accroché aux lèvres. Harry se retourne et me regarde médusé, comme pour me demander de lui expliquer le plus grand mystère du monde : les femmes. Je lui fais rapidement comprendre que je ne comprends pas plus que lui et il se repositionne devant son amie, tel un automate.

« Tu peux t'expliquer ? » S'élève craintivement sa voix.

Elle lui lance un regard torve et son sourire s'agrandit.

« J'ai pourtant été claire. Vous êtes piégés. »

« Expliques-toi, bang sang ! » S'énerve Harry.

« Et bien, Harry… Comment crois-tu t'être retrouvé dans les pattes du Seigneur des Ténèbres aussi souvent ? » Dit-elle, pas décidée à abréger nos interrogations.

« Comment ça ? Il y a toujours eu des Mangemorts dans le coup ou bien Voldemort venait lui-même à moi. » Répond-t-il, pas certain de comprendre où elle voulait en venir. D'ailleurs, moi non plus je ne comprends pas.

Elle pousse un long soupire, comme fatiguée à l'avance de devoir s'expliquer.

« Harry, Harry, Harry… franchement, jamais je ne te croyais pas aussi crédule. La pierre Philosophales, la Chambre des Secret, Le ministère et, oh ! La coupe de feu ! Tu crois que cet idiot de Croupton Junior aurait réussi tout seul ? Il fallait quelqu'un qui te connaissait, quelqu'un qui avait un influence sur toi, sinon, comment faire ? » Sourit-elle.

« Qu'est-ce que tu es en train de me dire Hermione ? » Demande-t-il, comme s'il refusait de comprendre ses paroles.

« Tu fais partie des Mangemorts ? » Je demande de but-en-blanc. Autant être clair, sinon ce petit jeu risque de durer une éternité.

« Un point pour le Serpentard. »

« Comment ? » S'offusque Harry en me regardant. « Qu'est-ce que tu dis ? »

« Ce n'est pas moi qui le dis, elle le confirme elle-même. » J'explique calmement.

« Franchement, ça commençait vraiment à me saouler cette situation. »

Harry se retourne si vite vers elle que j'en entends presque son cou craquer.

« Mais je ne comprends pas ! Tu es née de parents moldus ! Comment peux-tu te joindre à la cause de ce malade ? » S'étonne-t-il, la voix tremblante.

« Je ne suis pas modue, tu devrais t'en douter… » Commence-t-elle.

« J'ai vu tes parents ! » S'exclame Harry en la coupant.

Elle le regarde, de plus en plus amusée. « Tu ne lâche jamais le morceau, hein ? C'était des moldus qui ont dut jouer ce rôle pour rester en vie. Tu ne trouve pas que j'étais très libre de mes mouvements ? Toute l'année à Poudlard, et une bonne partie des vacances avec Ron et toi… Des parents dignes de ce nom ne m'auraient pas autorisé à rester éloignée tout ce temps. »

« Alors tout ce temps… Tu as joué la comédie ? » Demande Harry, dépité.

« Je crois qu'on aurait pu être amis. En fait, non, j'ai trop de mal à supporter ton caractère emporté et ta manie de te jeter dans la gueule du loup, même si ça m'a bien servi. »

Le brun la regarde, à présent complètement dégouté.

« Alors tu as été à Poudlard dans le but de me manipuler, de te servir de moi pour atteindre l'Ordre. » Achève-t-il à sa place.

« Oui, ça a bien été mis en place, tu ne trouve pas ? J'étais une Sang-de-Bourbe, personne ne pouvait me soupçonner. Par contre, j'ai eu du mal à me faire accepter dans ta petite bande. Surtout à cause de Ron. Je peux remercier le Troll en première année pour ça. Et pour aller à Gryffondor, un simple sort à ce stupide Choixpeau et le tour est joué ! » S'amuse-t-elle. J'ai l'impression d'être en présence d'une autre personne, c'est assez déstabilisant, mais soudainement, ses paroles troublantes me reviennent en tête.

« Tu n'as pas répondu ? Pourquoi sommes-nous tous morts ? » Je demande. Son sourire me répond presque et je conclus. « Tu as vendu l'Ordre à Voldemort. Si tu te permets de le dire, j'imagine que les Mangemorts sont en route et qu'il est impossible de sortir du manoir. »

« Tu as toujours été très intelligent Draco, dommage que tu ne sois pas resté avec nous. » Termine-t-elle.

Mon sang ne fait qu'un tour alors que je réalise que mes craintes son réelles. Je tire Harry par la manche, l'arrachant à la contemplation de la brune.

« Viens, dépêche-toi. » Je lui souffle en me faufilant dans le couloir, laissant derrière nous la personne qui nous a trahit.

« Tu as ta baguette ? Harry ! Tu l'as sur toi ? » Je lui demande, paniqué en lui tirant un peu plus son pull. Il me regarde, complètement perdu, comme refusant de croire les paroles pourtant très claires de Granger. Je crois qu'il est choqué de s'être fait tromper ainsi durant cinq ans, mais ce n'est vraiment pas le moment. Il relève la tête vers moi et la hoche positivement, se mordant la lèvre inférieure. Je lis une tristesse infinie dans ses yeux et mon cœur se serre. Il n'était pas préparé à ça. Il n'était tout simplement pas prêt à encaisser un malheur de plus.

Je déboule dans la pièce où s'est réuni l'Ordre, trainant toujours Harry à ma suite. Certains membres me lancent un regard courroucé de les avoir interrompu, d'autres semblent juste étonnés.

« Professeur ! » Dis-je à l'adresse de Dumbledore d'une voix pressée. « Les Mangemorts vont arriver, il faut trouver un moyen de partir, tout de suite ! »

Je le vois se lever et stopper le flot de discussion que ma déclaration à engendrée, d'un geste de la main.

« Expliques-toi. » Me dit-il calmement. Beaucoup trop calmement. Il est bouché ou quoi ? J'ai pas le temps de lui faire un exposé détaillé !

« Pour faire rapide, Granger est un Mangemort et elle vient de nous annoncer qu'une attaque allait avoir lieue. »

« Quand ? » Me demande-t-il.

« Maintenant, dans peu de temps en tout cas, je n'en sais pas plus. Ils ont dut bloquer les accès, il faut trouver un moyen de partir d'ici au plus vite. »

« Tu es certain de ce que tu avances, Draco ? »

Non mais il me prend pour un idiot ou quoi ? Il devient sénile avec l'âge ou simplement sourd ?

« Faites ce que vous voulez, j'ai pas l'intention d'attendre qu'on se fasse tuer. » Je souffle à son attention en me retournant, prêt à de nouveau embarquer Harry à ma suite.

Je tente de transplaner, impossible. Je le savais mais ça valait le coup de vérifier. J'accélère le pas vers la porte de sortie. Impossible d'utiliser la poudre de cheminette, la cheminée n'est pas reliée au réseau pour une question de sécurité. Je tente par tous les moyens de garder mon calme. Je ne dois pas perdre de vue mon objectif, à savoir, rester en vie et protéger Harry. Mais il faut qu'on sorte d'ici et au plus vite. Tant pis pour les autres, je les ai prévenus, à eux de choisir de m'écouter ou non.

Le peu de raison qui me restait déserte complètement mon cerveau et je me mets à courir vers la porte d'entrée, entrainant Harry avec moi. Je me sens mal, un sentiment indéfinissable que tout va déraper… qu'ils arrivent. J'ai l'impression de ne pas avancer, pourtant à quelques mètre de cette fichue porte, le couloir semble ne pas en finir. Mon cœur accélère, ma respiration se saccade, je panique. Je cours. Toujours. J'ai l'impression que le temps s'est arrêté mais pas mon cœur. Les mètres n'en finissent pas, comme si je faisais du sur-place.

Et je comprends.

Nous sommes piégés.

Le Gryffondor se résigne avant moi, stoppant sa course alors que je tente toujours de m'approcher de la sortie. Je cours. Encore. Mais pas lui. Pourtant, il est toujours juste derrière moi.

Il pose sa main sur mon épaule. Je ne veux pas me résigner. Il y a forcément un moyen de sortir. Forcément. Ils vont bien rentrer, donc on il faut juste trouver comment.

« Arrête Draco. »

« Quoi ? » Je demande interloqué.

« C'est trop tard. Tout est prévu depuis longtemps, il ne doit y avoir aucune sortie. »

« Ils veulent sans doute qu'on pense ça. On ne va pas attendre de se faire tranquillement tuer sous prétexte qu'ils doivent avoir considérés toutes les options de fuite ! »

« Il arrive. » Dit-il, le regard dans le vague.

C'est à ce moment que je comprends qu'il est toujours lié à Voldemort par cette cicatrice. Il doit le sentir arriver, il doit sentir sa joie de nous avoir piégés, sa joie de notre prochaine mort.

« Sauves-toi. » Je lui souffle, des larmes d'accablement me montant aux yeux.

Son regard se durcit.

« Je ne peux pas, tu le sais. Avec cette prophétie… »

« Mais tu n'es pas prêt ! Peut importe la prophétie ! Sauves-toi, je les retiendrais le plus longtemps possible ! » Je le coupe, au comble du désespoir.

« T'as d'autres âneries de ce genre à me sortir ? » Me hurle-t-il.

« Qu'est-ce que tu comptes faire contre une armée de Mangemorts ? Leur demander d'attendre sagement que je trouve une cachette ? Arrête de dire n'importe quoi ! C'est à toi de partir, ce n'est pas ton combat. » M'assène-t-il.

Je ne sais pas quoi lui répondre. Je sais qu'il a raison, mais d'un autre côté, je ne peux pas me contenter de regarder et fuir. Je dois le protéger, c'est dans mes gènes, au plus profond de mon être. Je ne veux pas perdre de temps en discussions, il ne changera pas d'avis et moi non plus. Je lance de nouveau un regard vers la porte.

« Ça ne sert à rien, ils ont jetés un sort pour qu'on ne puisse pas plus s'approcher. »

« On dirait. Mais je ne savais pas qu'un tel sortilège existait, je n'ai aucune idée de comment l'annuler. » Je réponds, tentant de faire taire la peur qui hurle à plein poumon dans ma tête.

« Harry ! Draco ! » Appelle Dumbledore. « Ne restez pas là, je vais trouver un moyen de nous faire sortir. » Ajoute le vieil homme.

« Trop tard. » Souffle la voix résignée de Harry alors qu'un malaise sans nom s'empare de moi.

Je me rapproche plus de lui si c'est possible alors que le directeur de Poudlard reste figé, tout comme une partie de l'Ordre qui nous a rejoint à l'entrée du couloir.

Une explosion dévaste l'entrée, nous assourdissant quelques secondes alors que les Mangemorts se postent devant nous, profitants de notre aveuglement momentané pour refermer la brèche derrière eux.

Cette fois-ci, plus de retour en arrière possible. J'agrippe convulsivement le bras du Gryffondor, tout en reculant, mes yeux ne lâchant pas les silhouettes masquées nous faisant face. J'ai l'impression de sentir l'angoisse et la peur des membres de l'Ordre émanées d'eux comme s'ils les transpiraient à grosses gouttes. Ou bien est-ce simplement ce que moi je ressens ? Penser que les autres sont aussi terrorisés que moi me rassure dans un sens, alors que ça devrait plutôt accentuer mon inquiétude que je tente, par tout les moyens, de garder latente.

« Je savais que je te trouverais ici, Draco. » Annonce une des silhouettes en s'avançant vers nous. Je reconnais immédiatement cette démarche, cette voix froide et hautaine, ces cheveux blonds qui apparaissent timidement sous le capuchon, cette façon de tenir sa baguette en avant, signe de menace. Mon père.

Je ne réponds pas, à quoi bon ? Je ne suis pas du genre à parler pour rien et je ne vois pas en quoi confirmer cette fatalité nous avancerait. Et je ne fais absolument pas confiance à ma voix en cet instant précis. Ah oui… c'est peut être pour ça en fin de compte… Ok Draco, respire. Et lâche la prise sur le bras de Harry avant qu'il soit bon pour l'amputation.

En fait, non. Je ne peux pas. Mes muscles sont bandés à bloque et mon corps entier réclame grâce. Pas un bruit, à peine le souffle des dizaines de personnes présentes se fait entendre, seule chose qui prouve que nous ne sommes pas de simples pantins dans une mise en scène.

De la chair à canon, voila ce que nous allons devenir.

Les quelques secondes qui s'écoulent me paraissent une éternité et c'est comme si tout se passait au ralenti autour de moi. Comme si je n'avais plus conscience de rien, comme si mon cerveau refusait d'analyser les mouvements qui prennent forme à mes côtés.

Je sens ma main quitter le bras de Harry pour se saisir de ma baguette alors que mes yeux regardent avec terreur l'armée de Mangemorts s'élancée droit sur nous.

Nous ne faisons pas le poids.

Nous allons mourir.

Harry va mourir…

Mon instinct prend le dessus alors que des adorateurs de Voldemort se ruent sur moi, beaucoup passant à côté de moi pour attaquer les autres.

Les sorts fusent de part et d'autre. Je perds rapidement de vue le Gryffondor alors que j'évite au mieux les sortilèges qui tentent de m'atteindre. J'en lance, tentant de protéger ma vie. Tentant de protéger celle des autres.

Je blesse.

Je tue.

Je suis un assassin.

Je cesse de penser, de réfléchir alors que j'arrache le plus de vies possible.

Pour ne pas mourir.

Pour ne pas qu'il meurt.

Je les tuerais tous s'il le faut.

J'ai promis de le protéger. Je refuse d'échouer une fois de plus.

Du sang, giclant, répugnant. Cette odeur métallique, entêtante, écœurante.

Des corps qui s'amoncèlent. Par ma main. Par celles des autres.

Des cris. De souffrance, de rage, de désespoir. De peur. De peine.

Des corps qui tombent, s'écroulent.

Ma vue est brouillée. Je ne vois plus que moi.

Moi et ceux qui m'attaquent.

Moi, et ceux que je tue sans pitié.

Le nombre de combattants diminue. L'Ordre tombe rapidement sous le nombre et la surprise.

J'aperçois alors Voldemort. Droit, souriant. Il regarde le massacre avec fierté. Il ne bouge pas, il se contente d'observer, son regard si étrange rivé sur Harry qui est en prise avec des Mangemorts qui l'ont saisit.

Mon sang ne fait qu'un tour. Ils ne comptent pas s'en charger. Ils l'amènent simplement au Seigneur des Ténèbres, alors qu'il se débat comme un diable pour tenter d'échapper à leur prise. Je fais un pas pour aller l'aider quand une violente douleur me percute à l'épaule, me faisant tomber, un genou à terre.

« Debout ! » Ordonne la voix de mon père.

Je tourne mon regard orage dans sa direction. Alors il veut m'empêcher de le protéger ? Il doit penser que je n'oserais pas lui porter de coup fatal. C'est bien mal connaitre la nature d'un Veela que de croire qu'il privilégiera sa famille plutôt que son compagnon. Même si la cause parait perdue d'avance. Je ne le laisserais pas m'en empêcher !

Dans un regain de désespoir, je me relève pour lui faire face alors que le Gryffondor se retrouve devant Voldemort. Les Mangemorts le relâche alors que je vois son regard apeuré tenter de défier le Lord. L'homme le salue comme il se doit avant de commencer un combat. Il garde ses bonnes manières pour tuer un enfant. Je trouve ça lamentable.

J'esquive de justesse un sort de mon père. Je me concentre sur mon combat. Je ne dois pas mourir si je veux l'aider. Malgré la prophétie, je ne le laisserais pas seul. Je ne peux empêcher mon regard de dériver rapidement sur Harry, ce qui me vaut quelques entailles et un bras complètement invalide, gracieusetés de mon paternel.

C'est alors que je le vois à terre. Voldemort a réussi à le toucher, le Gryffondor git au sol, l'homme le dominant de toute sa hauteur, baguette pointée sur lui. Je vois avec horreur le Seigneur des Ténèbres commencer à prononcer le sortilège de mort. Sans même que je me contrôle, mon aura s'étant si brusquement que plusieurs combattants s'en retrouvent déstabilisés.

La vision de cette horrible scène se fait étriquée, tout se saccade, tout s'embrouille. Je regarde tétanisé les lèvres de l'homme finir de prononcer l'Avada Kedavra alors qu'un filet vert sort de sa baguette pour se ruer droit sur Harry. J'oubli totalement la douleur physique qui m'assaille violement, mon sang qui coule, mon membre inutile. Seul cette atroce lumière verdâtre m'obnubile, m'hypnotise complètement. Il ne doit pas mourir.

« Nooooooooooooooon !!! » J'hurle de toutes forces alors qu'une lumière aveuglante sort de moi pour envahir la pièce, comme un flash, provoquant une terrible onde de choc.

Alors que cette étrange lumière l'entoure, comme un halo protecteur, Harry s'écroule pour de bon sous le choc du sortilège qui rebondit comme une balle pour se jeter à toute vitesse sur Voldemort.

Il tombe lourdement à terre, percuté de plein fouet par sa propre magie.

Il est mort ? Comme la première fois ? Comme quand Harry était bébé ? Cette lumière qui venait de moi à fait office de bouclier. Je comprends rapidement que ma magie instinctive à reprit le dessus pour protéger mon amour, comme sa mère l'a fait quatorze ans plus tôt.

Je le vois bouger, commencé à se relever, un peu étourdi, mais bien vivant. La joie me submerge un instant mais est vite remplacée par une douleur vive. Mon père revient à la charge en hurlant de rage. Beaucoup de Mangemorts semblent complètement secoués par la mort de leur maître.

La douleur cuisante que je ressens dans ma jambe ne m'empêche pourtant pas de me relever, la perspective de notre mort semblant s'envoler au loin. Pourtant, rien n'est fini et je riposte rapidement, sachant que quoiqu'il en soit, il me tuera. Mon sort le frappe, je le vois se tenir la gorge des mains, une quantité incroyable de sang se déversant sur elles. Je regarde complètement médusé mon géniteur se vider de ce liquide vital alors qu'il suffoque de manière effroyable. Par ma faute. Par ma main.

« Sectusempra ! » Cri une voix nasillarde alors que je sens ma peau se trancher soudainement.

Mon corps se tord et rencontre le sol, croisant le regard assassin de ma tante. Bellatrix.

Alors c'est comme ça ? C'est ça mon destin, ma vie ?

Je croise le regard affolé de Harry alors qu'il s'élance vers moi en m'appelant. Je lui souri. C'est tout ce que je peux faire tandis qu'un liquide chaud et nauséabond s'échappe de mon corps.

Je me sens mal.

J'ai mal.

Ma vue devient complètement floue.

Mes oreilles sifflent, mes membres tremblent violements.

Mon cœur ralenti.

Harry est proche, très proche. Mais pas assez encore…

Je t'aime.

Je pleure. Je ne veux pas que ça se finisse comme ça.

Je t'aime.

Dépêches-toi Harry.

Sauves-moi.

Je t'en supplie.

Vite.

Ne me laisse pas partir.

Je t'aime !

Retournes-toi ! Je t'en prie ! Retournes-toi, entends-moi !

« Harry. » Souffle ma voix sans un murmure inaudible alors que les larmes ravagent mes joues.

Bellatrix surgit derrière lui, armée de sa baguette qu'elle pointe dans son dos.

« Tu vas payer pour avoir tué notre maître ! » Lance-t-elle avant de lui jeter un sort que je n'entends pas à cause des cris de panique des quelques membres de l'Ordre encore vivants.

Il tombe. Lourdement, son corps percute le sol. Il tourne difficilement sa tête vers moi, me mimant quelques mots alors qu'il agonise, la respiration saccadée.

J'ignore qui est mort, qui est en vie. Je m'en fous. Tout ce que je vois, c'est que j'ai encore échoué dans ma tâche.

Peut-être nous retrouverons nous dans la mort.

Un gémissement de douleur m'échappe alors que tout tourne à une vitesse affolante autour de moi. Je ne ressens plus rien. Ni de peine, ni de tristesse, ni de douleur. Je ne sais plus qu'une seule chose.

Tu ne me l'a jamais dis, mais je sais que tu le ressens. Je t'aime.

Aujourd'hui, j'ai ma réponse. Cette vie ne m'a pas sauvée.

Fin.