Et voici le chapitre 20, qui a un moment rating M, donc vous êtes prévenus !

Bises =)

Chapitre 20

Il referma la porte de l'auberge, lieu de rendez-vous avec Salomé. La future mère avait insisté, malgré l'avancement de sa grossesse, pour qu'ils se retrouvent au tour d'une tasse de thé et discutent un peu ensemble.

Severus appréciait la compagnie de la jeune Salomé, même si elle avait son petit tempérament, peut-être que ça lui rappelait Clementia. Lily aussi avait un caractère bien à elle… Une double dose de remords l'attaqua ; mais le printemps arrivait et avec lui l'espoir de soigner les pétrifiés. Même si la potion ne sera pas nécessaire pour récupérer Clementia ; il s'imaginait parfois, dans un moment de folie, aller la réveiller et lui révéler le plan de Dumbledore, de lui suggérer de la pétrifier chaque matin mais de rester avec elle la nuit, pour lui tenir compagnie. Mais la débilité de son idée était assez claire à ses yeux.

D'un signe de la main il salua Madame Rosmerta qui servait les clients aux différentes tables et se rendit vers une table du fond, mise à disposition pour les personnes qui souhaitaient un peu plus d'intimité. À sa table attendait Salomé buvant un chocolat chaud et un homme se tenait à ses côtés, Severus ne le connaissait pas ; il était en train de lire un grand livre et de temps à autres buvait une gorgée de bière brune.

- Bonjour Salomé, comment vous allez, le bébé et toi ?

- Plutôt bien, je suis bientôt à terme, annonça-t-elle rayonnante. Et toi, ça va ?

Le professeur s'installa à la dernière chaise libre de la table, il croisa les bras et opina du chef :

- Ça fait aller… Il posa ses yeux sombres sur l'inconnu qui semblait absorbé par sa lecture, soudainement l'homme tendit sa main, tout en lisant, dans la direction de Rogue.

- Aaron Tibeus Cain Falker, ami de miss Siccus, en train de lire, je finis le chapitre et je suis à vous !

Severus serra la main en fronçant les sourcils. Encore un autre cas social, c'est ça ? Il se tourna vers Salomé, celle-ci semblait particulièrement amusée.

- Comment va Clementia ? Elle est toujours…

- Oui, état stationnaire, mais le professeur Chourave pense que les mandragores seront matures avant la fin de l'année, donc on les récupèrera tous, il lui sourit.

La blonde soupira doucement, elle posa ses mains croisées sur son gros ventre.

- On a lu avec Siccus qu'il faut, les derniers jours de grossesse, prendre une dose de potion chaque jour. Il ne me reste plus qu'à te demander les derniers ingrédients pour finir cette potion.

Aaron, sceptique, rigola ironiquement et posa son livre sur la table :

- Ma chérie, tu sais que je souhaite que le petit naisse, mais t'es sûre de vos sources ?

- Commence pas, on en a discuté, on est proche du terme, ce n'est pas le moment de me faire peur, alors tu te tais.

Le roux s'excusa :

- Je veux pas te faire peur, je me fais juste du soucis pour toi et le bébé. On ne sait pas si les sources de Vlad sont valables, qui sait qui les a écrit.

- Pour l'instant la grossesse s'est déroulée sans problème comparés aux autres, je me fais moins de soucis pour ma part, j'espère juste que votre enfant ne sera pas un vampire.

Aaron grimaça après la remarque de Rogue :

- Espérons-le, murmura le sorcier en reprenant une gorgée de bière, il se lécha le pourtour des lèvres.

- Je peux t'amener les ingrédients demain matin, un peu avant midi. Ça irait pour toi ?

- Oui, c'est parfait, merci beaucoup Severus. Et… tu pourras informer Dumbledore qu'il n'y aura plus de risques d'attaque.

Rogue sourcilla, pourquoi donc ? Etait-il arrivé quelque chose au vampire de la forêt interdite ? Salomé finit sa tasse de chocolat chaud et rajouta :

- Nous allons déménager en Irlande, on attend juste la naissance du bébé.

- Mais je n'étais pas au courant ! Tu aurais pu me prévenir, grogna Aaron en fronçant ses sourcils broussailleux ; cet homme à la barbe courte et aux yeux bleus perçants lui disait décidément quelque chose, Severus l'avait déjà vu quelque part. Mais où ?

La future mère s'excusa au près de son ami et interpella Rogue :

- On risque de partir avant… que Clementia ne nous revienne. Tu la tiendras au courant ? Je l'aime beaucoup et c'est volontiers qu'on vous accueille une fois en Irlande, pour une petite visite.

Rogue acquiesça :

- Je lui dirai…, son attention se reporta sur Aaron. « Excusez-moi Falker, mais vous me dites quelque chose. »

Le roux, qui ressemblait à un croisement entre une belette barbue et un motard, eut un sourire gêné :

- Vous m'avez peut-être aperçu dans la Gazette du sorcier, je suis ambassadeur du ministère auprès des créatures magiques. Je m'occupe, avec mon équipe, des interactions entre espèces… après on est aussi obligé de répondre aux demandes du Premier ministre, que ce soit le moldu ou le vieux Fudge les concernant. C'est un travail assez délicat.

- Ça devait être ça, Rogue hésita un instant, peut-être que ce gars y connaissait quelque chose, c'était bien dans son métier… enfin, peut-être pas, il s'agissait tout de même d'un cas particulier… « Est-ce que par hasard, vous vous y connaissez en fantômes et esprits ? »

- Mis à part Meiler et Eynion, pas vraiment.

- Ils habitent avec lui, précisa Salomé à voix basse sous le ton de la confidence.

Rogue fronça les sourcils.

- Vous vivez avec des fantômes ? répéta le professeur de potions, peu crédule.

- Eynion de Tilston, un brave chevalier du douzième siècle, un des premiers Serpentard a être nommé chevalier de son époque, apparemment ma maison familiale l'abrite depuis sa construction… Un homme de charmante compagnie. Puis Meiler, un pauvre type, il a été assassiné avant de devenir roi, paraît qu'il connaissait Merlin en personne. Mais à mon avis, il raconte ce qu'il lui plaît.

- Vraiment ? Je suis pas d'humeur à entendre des plaisanteries… marmonna Severus, bougon.

- Pure vérité mon ami, j'ai même fait la connaissance d'Arthur Conan Doyle par leur biais.

Rogue ferma les yeux quelques secondes, soit.

– Vous pensez pouvoir me les présenter ? J'ai quelques questions sur leur sujet…, enfin si cela est possible.

L'ambassadeur resta silencieux un instant, pensif. Il sortit un carnet d'une de ces poches et le feuilleta :

– Vous êtes libre en fin de semaine ? Là, je pourrais vous amener à la maison. Les autres jours, je suis en voyage. On pourrait se donner rendez-vous ici, vers 17 heures ?

La suggestion parut convenir à Rogue, les élèves revenaient le dimanche et il avait déjà pris de l'avance sur la préparation de ces cours.

– Parfait, mon cher Rogue. Je vais devoir vous laisser, mes braves, j'ai un petit rendez-vous à l'hôpital avec un sympathique loup-garou. Il déposa un baiser sur le front de Salomé et échangea une poignée de mains avec Rogue. Il s'avança au milieu de la salle et s'arrêta vers la jolie tenancière « Je m'en vais Rosie, je te règle mes longues dettes vendredi, promis ! ».

Et c'est là, qu'il l'embrassa rapidement, la laissant rouge et contente. Rogue ne fut pas surpris, Rosmerta ne pouvait, logiquement, être femme célibataire. Mais certains clients de la gente masculine parurent soudainement très déçus.

- Prof'… Clementia elle va vraiment s'en sortir ? demanda la blonde, soucieuse pour son amie.

- Bien sûr, ne t'inquiète pas.


L'humidité suintait entre les interstices mousseuses des pierres, l'odeur forte de pisse et de mort emplissait les airs, elle était forte et nauséabonde, mais lui s'y était habitué. Combien de jours avaient-ils passés entre ces murs… combien de nuit hantées, combien d'heures à souffrir, à souhaiter la mort qui ne venait pas. La torture… La nuit avant de réussir à s'endormir, c'était les hurlements des Londubat qui venaient le hanter, le pire était ceux de la femme. Alice, qu'elle s'appelait. Ô combien de fois il aurait souhaité avoir été soumis à l'imperium… mais non, il avait été conscient de l'acte inhumain qu'il commettait. Eux étaient parents…, ils avaient un fils. Mais l'euphorie de la violence et l'influence de son entourage avaient pris possession de tout son être… et c'est maintenant… doucement, qu'il aurait souhaité être assez fort pour ne pas avoir choisi cette voie, cette vie. Mais une autre.

Dans le noir, il sourit. Au moins, il n'avait pas cédé aux demandes du monstre hystérique qui lui servait d'épouse au sang-pur, oh non… pas de décédant aux sangs si purs et aux noms de famille si prétentieux. Il ne lui offrit pas cet honneur, ni même l'extase de l'acte. Rien pour cette sinistre harpie, d'ailleurs il ne supportait plus les rires sadiques et dérangés de sa femme. Elle se trouvait plus loin dans le couloir des détenus, mais son rire résonnait avec tant de force que même les doigts enfoncés dans les oreilles, il l'entendait. Rodolphus la haïssait. Il aurait pu être heureux, être avec quelqu'un qu'il aimait… mais le sang… le sang !

Lestrange dans un accès de rage frappa le mur de son poing. La douleur de son poignet brisé sec se répandit doucement, comme du poison, dans son bras. La douleur était chaude presque réconfortante. Il s'était mordu les lèvres pour ne pas crier et lentement le goût salé du sang s'imprégnait sur sa langue. Il avala.

Le vieux squelette prit appui sur le mur et se laissa glisser contre la paroi, son frêle corps toucha le sol. Avec ses mains incertaines, il retira le foulard et l'écharpe de sa bien-aimée qu'il avait uni par un noeud. Ses doigts se perdirent dans l'étoffe d'azur, réconfortante, il y enfouit son visage sans chair et respira doucement.

Il voulait la revoir, encore une fois. La dernière fois, sa visite lui avait ramené de l'énergie et de la volonté… de quoi survivre plus longtemps, jusqu'à ce qu'il ait la possibilité de s'enfuir. D'une manière ou d'une autre. Fuir pour demander pardon, fuir pour s'excuser et fuir pour revivre.

Les gradins circulaires, où avaient pris places témoins et juges, membres du Magenmagot, entouraient les accusés : une bande de sadique idéaliste et extrémiste, tous sous l'ordre du Seigneur des Ténèbres… tous fous. Les membres de la cour les dévisageaient avec mépris et haine, leur jugement…indiscutable. Malgré les témoignages en leur faveur, s'il y en avait… Ce qui n'était pas le cas pour cette bande de monstres sanguinaires et sans coeur.

Maintenant que je vous ai présenté les accusations concernant les Mangemorts nommés précédemment… nous allons écouter l'unique témoin qui vient nous apporter de nouvelles informations sur un des accusés, en ce qui concerne les autres… la sentence est irrévocable : Azkaban. Faite sortir les accusés à l'exception de Rodolphus Lestrange.

Bellatrix échangea un regard avec son époux, elle ne comprenait pas. Et lui craignait ce qui allait suivre… L'ancienne Black disparut avec les autres, ses cheveux bouclés rebondissant sur ses belles épaules. Le ricanement de Bellatrix retentit une dernière fois dans la salle du procès, le témoin venait de s'installer à la vue de tous.

Elle était incertaine, fragile… et Rodolphus la savait aussi émue. D'énormes cernes sous ses yeux clairs lui donnaient un air d'adolescente effrayée, avec ses petits vingt-et-un ans, elle n'avait pas assez d'assurance pour se montrer convaincante, elle le savait et il le savait. Mais elle était venue pour lui. Lui qui l'avait laissée tomber, elle qui l'aimait tant.

Deux des membres du Magenmagot observèrent la scène depuis leur place, ils échangèrent quelques mots en murmurant :

- J'ai l'impression que l'accusé pleure…, avança le plus petit des deux.

- S'en a bien l'air. Etonnant…

Le président sorcier qui remplaçait Dumbledore pour ce jour, s'éclaircit la voix :

- Mademoiselle, veuillez-vous présenter à la cour.

Une petite voix tremblante répondit, elle avait souffert… elle avait perdu ses amis et maintenant elle allait le perdre lui. La fille était brisée, incertaine :

- Clementia Hope, 21 ans.

- Et quelle est votre relation avec Rodolphus Lestrange ?

- Il fut mon compagnon durant trois années, notre relation a cessé il y a trois ans… répondit-elle avec difficulté. Elle était stressée, le sauver sera difficile. Peut-être pourra-t-elle alléger sa peine.

- Très bien, qu'avez-vous à dire pour la défense de cet homme, je tiens à vous rappeler qu'il a torturé, avec l'aide de son épouse et de son frère, deux aurores… jusqu'à la folie. Deux jeunes parents.

Clementia prit une profonde respiration :

- Je fais partie de ces quelques anciens Mangemorts qui ont quitté le Seigneur des Ténèbres avant que ça tourne… à l'horreur. J'ai eu mon procès il y a quatre mois…, j'ai connu ce groupe au travers de l'accusé avec qui j'entretenais déjà une relation complice et aimante. Et je peux affirmer qu'il a été aveuglé par les propos de ce mage noir ; je ne veux pas invalider ce qu'il a fait, car c'est horrible. Mais je ne peux que vous dire… qu'il était difficile de ne pas être soumis au charisme du Seigneur des Ténèbres, qu'il manipulait à la perfection les esprits et nous imposait en un rien ces idéaux. Rodolphus a été manipulé et assombri par… la magie noire. Ce n'était pas un sadique.

Des larmes perlèrent aux yeux de l'ancienne Mangemort, elle étouffa un sanglot.

- Très touchant, mademoiselle. Très touchant ! tonna le président sorcier, puis il pointa Rodolphus du doigt : « Vous suggérez quoi comme punition ? »

- Je…, je n'ai pas à répondre à cette question, affirma Clementia, peu sûre.

- Evidemment que non, ma chère. Mais que feriez-vous à ma place ?

La femme resta coi et s'effondra, avec elle, l'accusé fit de même. Mais lui ne faisait que pleurer, le plus discrètement possible, alors qu'elle sanglotait et se ridiculisait devant tout le Magenmagot.

- Allez ma petite, ce sorcier ne vous aime pas… il est marié.

- Pitié, ne le tuez pas…

- Votre Honneur, ne lui mentez pas. Clementia, tu es la seule que j'ai jamais aimée ! Ne l'oublie pas, d'accord ?

Rodolphus retira son visage du tissu et le remit dans son habit. Le pire… lors de ce procès fut le visage anéantie de Clementia, il en aurait presque été malade. Et Bellatrix… quand il est sorti de la salle de procès, avec tant de fierté : « Cette pauvre fille n'a pas convaincu les crétins du Magenmagot ? »

Il se haïssait.


Dumbledore soupira bruyamment et referma un énorme bouquin. Pourtant il était presque sûr qu'il n'y avait pas d'autre héritier de Serpentard que Tom Jedusor ! Ce pauvre garçon orphelin qu'il avait vu grandir… Il ne pouvait observer Harry sans redouter le voir grandir comme Tom, finir comme Tom. Ses doigts squelettiques se baladèrent sur l'arbre généalogique de Serpentard et qui retraçait toute sa lignée, pour voir si d'autre descendant existait et vivait, ici, au château.

- Je suis navrée Albus, mais ça fait la centième fois que je regarde ces foutus arbres généalogiques… le dernier descendant est bel et bien : Vous-Savez-Qui.

La directrice des Gryffondor était, elle aussi, enfouit sous un tas imposant de vieux parchemins ; baguette en mains, elle les triait après les avoir étudié.

Dumbledore se frotta les yeux, exténué.

- Minerva, je me fais du soucis…

- Rien de plus normal Albus, la situation est on ne peut plus… fragile et compliquée. Triste aussi. La directrice adjointe de Poudlard couverte d'un châle aux motifs écossais semblait tout aussi fatiguée que le directeur. « Les élèves sont-ils encore en sécurité ? Malgré nos renforcements de défense ? Et nos longues rondes de nuit… »

- Sincèrement, je me le demande tout les jours. Minerva… si le conseil d'administration en venait à la décision de me renvoyer, protégez les élèves avant tout.

McGonagall opina du chef.

Dans un pop sonore apparurent quelques elfes de maison :

- Monsieur le directeur, au rapport nous venons, tonna le plus grand des cinq avec ferveur.

- Je vous écoute mon brave, Tinkle.

- Après des jours de recherches dans le château et alentours…, la petite créature soupira, nous sommes vraiment désolés, aucune créature inhabituelle n'a pu être observé.

Le directeur les yeux brillant de gentillesse et de compassion rassura les elfes qu'ils avaient effectué leur mission avec beaucoup d'efficacité. Puis il les congédia.

- Tant pis, lâcha Dumbledore en regardant son amie de longue date, il haussa des épaules : On fera avec ce qu'on a. Le directeur regarda dehors, il neigeait un peu. « Saviez-vous très chère, que le professeur Rogue et notre pauvre Clementia ont assisté une jeune femme enceinte d'un vampire. Elle devrait bientôt accoucher, d'après Severus. Evidemment, je vous laisse deviner qui a été mis au courant de cette situation.

- Le Ministère ?

Il opina, ses yeux bleus pétillants se perdirent dans la contemplation du parc enneigé.

- Oui… le Ministère, toujours et encore.


Un hurlement de douleur retentit soudainement, sortant Rogue de ses réflexions. La maison des Siccus était à présent visible et c'était de-là que venait le hurlement, celui d'une femme. Rogue accéléra le rythme et attrapa sa baguette, la porte s'ouvrit rapidement. Siccus faisait les cent pas dans la pièce à vivre, le vampire, hors de lui, donna un magistral coup de pied dans le piano qui vola en éclat. Ses yeux rouges étaient injectés de sang, ses poings serrés, il était effrayant. Soudainement, alors que Rogue s'apprêtait à monter à l'étage d'où provenait les cris de Salomé, le vampire l'empoigna et l'envoya valser dans une des étagères de la pièce qui s'écroula sur le Serpentard.

- Tu ne récupéreras pas mon enfant ! tonna le géant de sa voix grave. « Je vais t'écraser la tête… » Il s'approchait beaucoup trop rapidement au goût de Severus qui se débattait dans les décombres. Le bout de sa baguette pointa des débris et avec difficulté l'incantation quitta sa gorge :

- Levicorpus ! Lentement Rogue, baguette toujours pointée sur Siccus, s'extirpa des débris, les cris de Salomé devinrent de plus en plus fréquents et perçants. Le vampire pris de folie se débattait dans les airs vociférant. Une fois redressé, il fixa le géant : Locomotor Mortis. Les jambes du vampire se collèrent ensemble, pendant qu'il tombait sur le parquet.

- Je vais te tuer ! Tu vas mourir si tu l'approches, je te le promets !

- Silencio. Rogue réfléchit un instant, à l'aide de ses bras Vladimir était en train de se redresser doucement et il s'apprêtait à sauter vers le sorcier, mais le Serpentard fut plus rapide et le pétrifia.

Siccus le grand se retrouva sur le sol immobile, les traits déformés par la colère. Rogue l'enjamba et monta rapidement les escaliers, les cris provenaient d'une pièce où la porte était fermée à clé.

Rogue tenta un sort mais la porte resta close, Salomé s'était protégée de son mari et des membres du Ministère, elle sanglotait.

- Ouvre-moi ! C'est Severus, j'ai immobilisé Siccus, il ne te fera pas de mal ! Ouvre !

- Tu l'as blessé ? demanda la femme tout en hurlant de douleur.

- Non, juste pétrifié… ouvre, bon sang !

La porte s'ouvrit, Salomé s'était réfugiée dans une très grande baignoire en argent. Elle était presque entièrement dénudée, seule une chemise verte recouvrait sa poitrine gonflée de lait. Sur le sol, ses vêtements étaient jetées anarchiquement. Son visage pâle recouvert de larmes était appuyé contre la paroi froide de la baignoire.

- Tu as commencé le travail ? demanda Rogue en s'approchant doucement de la baignoire.

- À ton avis ?! Elle gémit bruyamment et hurla une nouvelle fois. « Les sorts ne font pas effet…, pitié assiste-moi. »

Rogue acquiesça, ne voulant qu'écouter son courage, la baignoire était tellement large que Salomé, allongée, pouvait écarter ses jambes assez amplement pour que le bébé puisse sortir.

Severus s'agenouilla à côté de la baignoire et se mouvant grâce à l'adrénaline qui coulait dans ses veines, il regarda où il n'aurait voulu regarder. La tête sortait doucement, ensanglantée. Le professeur de potions félicita intérieurement la future mère de s'être protégée en se mettant dans la baignoire. Quelle stupide idée que de s'accoupler avec un vampire.

- Je ne connais pas les sorts permettant d'assister une grossesse… marmonna Rogue, les sourcils froncés.

- Contente-toi de m'encourager, me tenir la main, m'éponger avec un linge et de réceptionner mon bébé, souffla Salomé avec rage, elle l'avait dit très rapidement et subissant une nouvelle contraction frappa sur une des parois en argent.

Severus obtempéra en silence, la mère cicla avec tant de force qu'il crut qu'il allait à présent être sourd. Les épaules du bébé commençait à sortir ; elle lui broyait la main.

- Lâche ma main, le bébé est sur le point de sortir.

Salomé obtempéra.

Severus s'installa de manière à attraper l'enfant du mieux possible, elle poussa une dernière fois et il vit le jour. Le bambin était très pâle et recouvert d'une matière gluante, rouge à certains endroits ; il ne cria point. Rogue avec horreur observa que le cordon ombilicale s'était enroulé au tour du cou fin de l'enfant.

- Qu'est-ce qui se passe ? demanda la mère, se redressant avec difficulté. Elle vit son enfant et sanglota. « Pitié…, pas ça. »

- Ne t'inquiète pas ! Rogue à l'aide de ses doigts retira rapidement le cordon et saisit sa baguette : Anapneo.

La petite pleura finalement, Severus la tendit à la mère. Et il se coucha sur le sol froid, transpirant. Quelle début de journée… depuis les dalles glaciales de la salle de bain, il fixa le salon en silence. Salomé utilisa le pommeau de douche pour laver la baignoire puis tout doucement rinça l'enfant et le caressa avec le bout de ses doigts.

- Qu'est-ce que tu veux faire de Siccus… ? demanda finalement Rogue, s'installant en tailleur.

- J'attendrai, un moment. Ne t'inquiète pas, je vais gérer la situation. Comme d'habitude…, son visage rouge était ruisselant de transpiration, mais le reste de son corps avait la chair de poule.

Le Serpentard se leva et entreprit de trouver la chambre à coucher pour rapporter une couverture à la mère.

D'un coup de baguette, il alluma les cierges du couloir et ouvrit les deux autres portes de l'étage : l'une d'elle donnait sur la chambre de l'enfant, sur le berceau on avait peint des petites fleurs, comme sur le piano de la salle à manger, enfin… du défunt piano. Une fois chargé de la grosse couverture rouge, il revint dans la salle de bains et déposa le duvet sur la mère frissonnante.

Salomé lui tendit le bébé :

- Tiens-la le temps que j'installe un peu mieux la couverture, s'il te plaît.

- T'es sûre que…

L'enfant se retrouva bien trop rapidement dans les bras incertains du professeur de potions. C'était le premier enfant qu'il tenait dans ses bras… enfin le premier bébé. Même le petit Harry, il ne l'avait pas pris dans ses bras quand il avait retrouvé Lily… Parfois il s'en voulait. Malgré le malaise qu'il ressentait face à la petite Siccus, il se sentit pris d'affection ; l'enfant minuscule dégageait une chaleur presque mystique, réconfortante.

- C'est bon, merci beaucoup prof'.

Rogue redonna l'enfant à sa mère, le bébé ouvrit doucement sa petite bouche et bailla ; Salomé joua avec les petits cheveux qui recouvrait son crâne et l'embrassa.

- Je vais vous laisser… si ça joue pour toi, annonça le directeur de Serpentard, il se sentait de trop.

- Merci pour tout, Severus… Elle se redressa légèrement et enfant dans les bras, passa un bras autour du cou du professeur et lui fit une bise. « Demain, on sera plus là… alors je te souhaite tout de bon, écris-moi quand Clementia nous sera revenue. » Elle était émue.

- Occupe-toi bien de ta petite famille, Salomé.

Une fois dans la salle du séjour, il passa devant le vampire pétrifié sans y prêter aucune attention et quitta la bâtisse, une fois les champs de protection dépassés la maison disparut de son champ de vision. Un peu ailleurs, il reprit le chemin de retour pour Poudlard. Le petit sentier tracé par ses pas, s'effaçait après lui, un sort qu'il avait lancé pour qu'on ne retrouve pas la demeure des Siccus. La neige crissait sous ses pieds, et çà et là, de gros tas blanc quittaient les branches des sapins et retombaient lourdement sur le sol. Bientôt la lisière fut visible, le château, sa maison, se dressait dans le paysage blanc, tel un grand gardien ; rassurant.

Rogue enjamba une grosse racine et dépassa un énorme arbre. Quelle ne fût pas sa surprise que de se retrouver face à cette scène… surtout au milieu de la forêt interdite. C'était journée… était étonnante. Un homme et une femme étaient allongés dans la neige sur une longue veste lavande, sa virilité s'était enfouie en son sein et la nudité de la femme était cachée par le corps à la peau diaphane. Elle gémissait.

Le professeur de potions détourna le regard un instant, étonné. Oh… mais malgré les ébats passionnés des deux individus, il reconnut le visage de la femme. C'était une élève de dernière année.

- Il me semble que votre place n'est pas ici, miss Smith, se crut-il nécessaire de préciser.

L'homme jura et c'est là que Rogue reconnut la voix de celui-ci… ainsi que ces boucles d'or. L'élève s'enroula rapidement dans la veste lavande, cachant ainsi ses atouts féminins. Son visage vira au pourpre. Lockhart et sa virilité faisait face à un Rogue stupéfiait… Une élève, vraiment ? Ce sale prétentieux, merdeux, de Gilderoy Lockhart venait de culbuter une élève, qui plus est intelligente et sympathique, même Rogue l'appréciait la petite Smith. La colère monta doucement en lui, il dégaina sa baguette et pointa le torse nu de Lockhart. Celui-ci avait profité de l'état de choc de son collègue pour enfiler un pantalon et de lui même prendre sa baguette.

- Ne t'inquiète pas, Leonora, je me charge de ce petit problème… rien ne va nous arriver, promit Lockhart d'une voix assurée, son regard était mauvais. « Expelliarmus » tonna le blond voulant désarmer Rogue.

- Protego !

- Rictusempra !

Rogue se mit à rire aux éclats, d'une façon incontrôlable.

- Quelle joie de vous voir rire un peu, mon cher Severus ! ricana Lockhart.

- Oh mais il n'avait pas besoin de parler pour lancer des sorts…, des étincelles violettes quittèrent le bout de la baguette et Gilderoy se retrouva sur le sol. L'élève prit ses vêtements et se cacha derrière un grand buisson.

- Espèce de… Lockhart se redressa plus vite qu'escompté et à son tour d'un coup de baguette, envoya une sorte de décharge électrique noire sur le professeur de potions qui, le corps secoué par la décharge, alla s'éclater dans un arbre, s'imprimant légèrement dans l'écorce.

Sa tête se heurta si violemment contre le vieux bois qu'il s'effondra sur le sol, inerte. L'horrible blond, s'approcha doucement du corps de Rogue et le redressa contre l'arbre.

Leonora Smith, la charmante Poufsouffle, rejoignit son amant.

- Qu'est-ce que tu veux faire, maintenant ? demanda-t-elle tout en observant Rogue, complètement sonné.

- Lui modifier la mémoire, voyons… informa Lockhart avec un sourire éclatant.

L'élève lui assena un coup sur la tête :

- Tu m'avais dis qu'on ne risquait rien ici, que personne n'allait venir ! Tu te rends compte dans quelle situation tu nous as mis ?!

Lockhart se tint la tête et se frotta où elle l'avait frappé :

- Calme-toi, je sais ce que je fais ! Ne mets pas la faute que sur moi… t'es aussi responsable que moi dans cette histoire, grogna le maître de défense contre les forces du mal.

Il pointa sa baguette sur la tempe du professeur Rogue :

- Tu ne lui retires pas tous ses souvenirs… hein ? demanda la fille, voulant se rassurer.

- Ne t'inquiète pas, juste les dernières… minutes. Avant qu'il ne nous voit, rentre déjà au château.

Les amants échangèrent un rapide baiser d'adieu, puis Leonora Smith quitta la forêt interdite.

- Bon à nous deux, mon cher ami.

Des incantations latines quittèrent sa bouche à une fréquence lente et les paroles sortaient de son être comme une douce mélopée. Gilderoy n'était pas un sorcier hors-pair mais il avait ses petites spécialités. Après une bonne dizaine de minutes à modifier les souvenirs de Rogue et après l'avoir installé face la première dans la neige, il se redressa fier de son travail. Il tourna les talons et sa veste lavande sur ses épaules à présent vêtues, il disparut. Ne laissant aucune trace de leur passage, si ce n'est peut-être… cette odeur de fleur.

Severus bâtit difficilement des paupières, son visage glacée le faisait souffrir, ses lèvres devenaient gentiment bleues. Et son crâne… il avait très mal. Le professeur se redressa avec toutes les peines du monde, il était certainement tombé, juste derrière lui se trouvait une immense racine, peut-être avait-il trébuché. Il ne se souvenait pas de ce qu'il faisait avant de tomber…, il savait qu'il était en train de revenir au château et qu'il… venait de dépasser un arbre et à présent il se trouvait dans la neige, assommé. Rogue se massa le crâne du bout des doigts…, combien de temps était-il resté là ? Le pâle soleil était déjà haut dans le ciel, le professeur retira la neige de ses habits et entreprit de revenir au château, où l'attendait le repas chaud de midi et ce soir, il fêterait la nouvelle année en compagnie des pauvres élèves et enseignants qui étaient restés au château.

Quelle joie…


La soirée du Nouvel An fut dès plus sympathiques, comparés à ce qu'il avait connu. Les elfes de maison s'étaient bien donnés et le repas fut un vrai délice, les élèves, pour les plus jeunes ou les plus vieux qui souhaitaient écouter, le directeur racontait des histoires sur le monde magique ou des évènements qu'il avait vécus. Heureusement, tout le monde était allé se coucher avant que Lockhart veuille faire de même.

Et c'est, le ventre encore plein de la soirée précédente, qu'il se déplaçait vers les trois balais, où il avait rendez-vous avec Aaron Falker, qui allait, enfin, lui présenter ses compagnons historiques. Rogue se réjouissait bizarrement de cette rencontre, d'un côté car il allait pouvoir continuer ses recherches sur les… fantômes. Pour savoir qui est ce jeune fantôme qui arrive parfois à le maîtriser. Même s'il avait ses doutes… pourquoi avait-il mal dès qu'il le voyait, ou quand il savait qu'il était proche… le Seigneur des Ténèbres ? Mais ce n'était pas possible. Et de l'autre côté, on ne rencontrait pas souvent d'autres fantômes que ceux, tristes, du château.

La chaleur de l'auberge accueillit l'homme vêtu de noir, certains poivrots en étaient déjà à leur énième bière, ou whisky pur-feu.

Aaron l'attendait à la table, un verre de bière en mains et une pipe en bouche.

- Bonne année l'ami ! dit-il avec enjouement, lui, comparé aux autres, était sobre.

En même temps, qui passait le 1er janvier dans un bar ?

- À vous aussi.

La belette barbue motarde souriait :

- Vous êtes prêt ?


Une petite review ? ^^