La Courbe de tes Yeux

Les mensonges d'un visage


Bonjour bande de petits chanceux. J'avais prévu de poster ce chapitre demain, mais comme la génialissime Xeres s'ennuie, et que je lui suis asservie, j'obéis et je poste le chapitre plus tôt. (AHAHA Xeres, tu passes pour un tyran là.) J'ai fini ce chapitre assez tard hier soir, spécialement pour être à jour dans mes publications, et donc le chapitre était de toute façon terminé :)

Donc je dédicace ce chapitre à Xeres parce qu'elle s'est fait bobo et qu'elle est coincée au lit, mais aussi à Manon (même si elle est un peu en mode lectrice-fantôme ces derniers temps, et que c'est mal), juste dans le but d'embêter Morgane (Oui, j'aime créer des conflits)


RAR :

Morgane : Oui, en effet, on n'y peut rien, l'histoire et les personnages prennent le contrôle de l'auteur, et font n'importe quoi !

Alysee : Oui, j'essaye de ne pas tomber dans la guimauve ! Merci pour ta review !

Maligne : Non, je ne prends pas en compte le 6eme livre, je n'aime pas que Dumbledore soit mort. C'est même lui qui avait confié la mission à Hermione au début de la fiction. Draco oblige Hermione a lui envoyé des lettres régulièrement qu'il a écrit au préalable pour que le directeur ne s'aperçoive pas qu'Hermione ne peut pas parler. Je sais que je n'insiste pas bcp sur ce détail, mais je l'avais mentionné dans un chapitre.

Lisou : Merci pour ta review, voici la suite !

Celia : Merci pour tous ces compliments, je suis contente que la suite te plaise !

La : Avant de savoir comment ça va se finir, il faudra attendre encore quelques chapitres :)

Pepette : Et oui, notre Hermione est une vraie lionne !

Marie : Cette réplique semble avoir connue beaucoup de succès, je la réutiliserai un jour :)


Bonne lecture à tous !

Chapitre 21

Elle l'avait haït au moment même où il avait enlevé ses mains d'autour de sa taille. Il avait interrompu le baiser, les ramenant tous deux à leurs réalités désenchantées. Elle avait levé les yeux vers lui, s'attendant à ce qu'il dise quelque chose. Au lieu de ça, il l'avait regardé une fraction de seconde d'un air indifférent et avait quitté le balcon de la tour d'Astronomie, la laissant seule, les bras ballants et l'air probablement stupide.

Adieu Baudelaire, Eluard et Lewis. Malefoy venait de détruire la magie du moment, rappelant à Granger à quel point il pouvait agir comme un connard.

Elle ravala la boule de chagrin et d'orgueil qui serrait sa gorge. Elle refusait de souffrir de quoique se soit à cause de lui, elle se refusait d'ailleurs de ressentir quoique se soit pour lui.

C'était un con. C'était Malefoy.

Décidément en colère, elle matérialisa à son tour un masque d'indifférence sur son visage, et fuma une nouvelle cigarette avant de rejoindre la Bibliothèque.

Travailler lui ferait sans nul doute un bien fou.

Mrs Pince l'accueillit d'un charmant raclement de gorge alors qu'Hermione refermait la porte de la Bibliothèque en essayant de ne pas la faire grincer.

Cette porte avait toujours grincée, mais jamais en tant qu'Hermione Granger, Mrs Pince ne l'avait regardé de biais parce qu'elle faisait du bruit en entrant ici. Depuis, qu'elle était McFear, la bibliothécaire n'hésitait pas à faire toutes sortes de grognements désagréables afin de rappeler à son auditoire à quel point elle n'aimait pas les élèves. A vrai dire, Hermione pensait qu'elle n'aimait pas les élèves masculins. Elle avait du avoir trop de mauvais souvenir à cause des jumeaux Weasley.

Se dirigeant vers le rayonnage potion, elle remarqua que James Dawkkins était tranquillement en train de travailler, et décida de le rejoindre.

Le jeune homme releva la tête quand elle posa son sac sur la table. Il lui adressa un sourire franc avant de se replonger dans son grimoire.

Elle sortit ses affaires de son sac, et partit à la recherche d'un livre concernant les anti-poisons.

Alors, qu'elle était en train de feuilleter un grimoire qui lui semblait intéressant, elle entendit un nouveau raclement de gorge provenant de la bibliothécaire. Elle tourna la tête en direction de l'allée, s'attendant à voir passer un élève d'une minute à l'autre.

Elle avait eu une sorte de pressentiment, qui se vérifia. Il s'agissait bien de Draco Malefoy. Une vague de colère la submergea une fraction de seconde pendant laquelle elle serra plus qu'elle ne l'aurait du, le livre qu'elle tenait entre ses mains, abimant de ce fait la couverture. Quand elle le réalisa, elle se sentit éminemment ridicule, et reposa, gênée, le grimoire à sa place, avant de vérifier que personne ne l'avait vu abimer l'ouvrage.

Elle se décida alors de rejoindre sa table, et du pour se faire passer devant celle où Malefoy s'était installée. Elle fit mine de ne pas l'avoir vu, gardant la tête haute, et les mains dans les poches. Mais alors qu'elle passait avec une démarche qu'elle voulait nonchalante, elle sentit le regard du Serpentard la détailler. Il l'avait vu. Il savait qu'elle était là.

Elle essaya de maîtriser la pulsion qui lui disait d'aller frapper cet immonde personnage et parvint à garder le contrôle. Mais lorsqu'elle s'assit à sa table. Sa colère essaya de s'évader d'une manière ou d'une autre, et elle frappa la table de son poing, faisant sursauter le pauvre James, qui était alors plongé dans sa dissertation de défense contre les forces du mal. Il grogna en voyant l'immense trait barbouillant sa copie qui était jusqu'alors parfaitement propre et claire.

Hermione grimaça.

-Excuse-moi, je suis un peu sur les nerfs en ce moment, je vais t'arranger ça, dit elle en tirant sa baguette de sa poche. Elle l'appliqua sur le parchemin et à l'aide d'un sort, effaça l'encre qui salissait le travail de son ami.

-Merci, j'ai eu pendant cinq secondes envie de te tuer, mais maintenant ça va beaucoup mieux !

-Ce devoir est à rendre pour quand ?

-Demain.

-En effet, ta pulsion meurtrière peut tout à fait se comprendre.

Il lui sourit gentiment, interrompant cette brève conversation et retourna à son devoir qu'il était loin d'avoir terminé.

Hermione entreprit elle aussi de faire son devoir de potion, mais bien vite la présence de Malefoy dans la même pièce qu'elle, l'agaça au plus haut point. Elle ne parvint pas à se concentrer, se rappelant sans cesse ce qui venait de se dérouler sur le balcon de la tour d'Astronomie, ramenant à sa mémoire, le visage impassible de Malefoy qui lui avait tourné le dos sans raison apparente.

Oui, c'était vexant. Oui elle s'était sentie blessée. Mais il s'agissait de Malefoy, une autre réaction de sa part aurait été incompréhensible. Il était parfaitement normal qu'il agisse comme le connard qu'il était.

Néanmoins son comportement était tout de même significatif. Elle ne pouvait tout simplement pas oublier se qu'il s'était passé avant qu'il ne parte sans dire un mot. Cela faisait plusieurs jours, depuis que Zabini, Crabbe, Goyle et Parkinson l'avaient agressée, qu'il dévoilait un autre aspect de sa personnalité.

Un aspect plus humain, plus sensible, peut-être plus fragile aussi. Il lui avait avoué qu'elle avait raison. Il avait réalisé qu'il était manipulé par son camp. Il avait enfin ouvert les yeux, et peut-être qu'elle pourrait enfin s'infiltrer dans cette faille, et le faire virer de bord, changer de camp. Elle était cloitrée dans un mutisme insupportable à cause de ce fichu contrat. Elle savait tant de chose, mais elle ne pouvait rien dire sans risquer la vie de Ginny. Si elle parlait, elle pourrait sauver Poudlard, les étudiants, les professeurs. Mais elle était contrainte. Et elle ne pouvait résolument pas sacrifier son amie. C'était tout simplement inenvisageable. Non. Il fallait que Malefoy la libère du contrat. Ou bien qu'elle réussisse à lui faire ouvrir les yeux pour qu'il aille lui-même dénoncer les Initiés…Mais cette solution n'était même pas imaginable.

Il n'était pas encore prêt à trahir les siens. Pour le moment, il semblait seulement hésiter à devenir un Mangemort ou non.

Le contrat…

Il fallait qu'elle se débarrasse de ce fichu contrat.

Après ce qu'il venait de se passer entre eux ces derniers jours, leur relation avait plutôt évoluée dans le bon sens. Elle pouvait peut-être tenter sa chance… Peut-être qu'il accepterait. Une chose était sûre, elle ne pouvait pas restée là sans rien faire et sans rien dire, elle devait agir, et elle espérait que Malefoy pourrait l'aider.

Alors, bien décidée à combattre pour sa liberté, elle se dirigea vers le dit Serpentard qui travaillait quelques tables plus loin.

ooo

Il ne voulait pas.

Il avait refusé.

Lui qui rêvait à sa nouvelle et prochaine liberté, excluait de lui offrir la sienne.

Elle le haïssait. Elle était, égoïstement, en colère contre lui. Mais au fond d'elle, elle savait bien qu'il n'allait pas accepté. Il était encore plongé en plein dilemme. Il ne pouvait pas renier sa famille, ses amis et son idéologie en un claquement de doigts. Personne n'était capable de cela. Pas même, elle.

Elle s'était réfugiée dans la Salle sur Demande. Il était tout simplement hors de question qu'elle retourne dans son dortoir (qui en réalité n'était pas le sien) pour le moment. Elle avait besoin de se reposer, de se détendre. Et elle ne s'était jamais sentie détendue dans cette maudite fosse aux serpents.

La pièce avait pris les allures d'un petit studio assez simple mais fonctionnel, avec un lit, une table de travail, une chaise, une petite kitchenette, et des sanitaires. Elle irait prendre son bain dans la salle de bains des préfets quand elle en aurait envie. Pour le moment, elle saurait se contenter du lavabo qui se trouvait dans la sienne.

Elle avait le sentiment d'abandonner sa mission en quittant la salle commune des Serpentards. Mais en même temps, elle avait déjà en sa possession suffisamment d'informations pour faire tomber presque tous les septièmes et les sixièmes années. Mais elle ne pouvait pas parler.

Elle avait décidé de ne plus se préoccuper que de deux choses : Malefoy et le contrat.

Le Serpentard était affaibli. Elle pouvait gagner sa confiance, et le ramener vers l'Ordre.

Mais avant tout, elle avait besoin de retrouver sa liberté d'expression. Et elle n'avait absolument pas envie d'être dépendante des décisions de Malefoy.

Prise d'une soudaine pulsion, elle se leva de son fauteuil, et balançant sa cape sur ses épaules, elle quitta la Salle sur Demande.

Elle trouverait une solution par elle-même.

Alors qu'elle avançait d'un pas décisif vers la bibliothèque, son cerveau bouillonnait. Où allait-elle chercher en premier ? A tous les coups, le sortilège employé par Malefoy provenait de la magie noire et elle aurait besoin de s'infiltrer dans la réserve pour trouver un contre-sort.

Mais elle eut beau chercher toute la soirée, dans les rayons les plus improbables qui soient, elle ne trouva rien sur le sortilège qu'avait employé Malefoy. Le même échec se renouvela le lendemain soir, ainsi que le soir d'après.

Elle passa tous les soirs de sa semaine plongée dans des vieux grimoires empoussiérés, assise dans un coin de la Réserve, une couverture sur une épaule, et forçant ses yeux fatigués à s'habituer à la simple lumière que diffusait sa baguette pour qu'elle puisse lire. Mais aucune solution n'apparaissait à ses yeux.

Il fallait qu'elle se rende à l'évidence. Elle devait en parler sérieusement à Malefoy.

Mais, elle n'arrivait pas à s'y décider, persuadée que le blond refuserait catégoriquement. Mais le soir de son neuvième jour de veille, alors que ses paupières tombaient lourdement, et que ses nerfs étaient à vif, elle jeta le livre qu'elle était en train d'étudier avec violence. Le livre percuta le mur en face et tomba à terre dans un bruit mate qui résonna dans toute la Réserve. Hermione se prit la tête entre les mains. Ses yeux la brûlaient et elle était incapable de savoir si c'était parce qu'elle était morte de fatigue ou parce qu'elle s'était mise à pleurer de frustration.

Rien. Il n'y avait rien. Quel sortilège avait bien pu employer le Serpentard ? Comment se faisait-il qu'elle ne trouve aucune solution !

Elle se releva tant bien que mal, ses articulations qui étaient restées immobilisées pendant des heures, lui faisaient un mal de chien et les fourmis qu'elle avait dans les jambes la firent trébucher. Lorsque son corps fut de nouveau chaud, elle quitta la Réserve non sans ranger auparavant les grimoires qu'elle venait de lire.

Elle entreprit de rejoindre la Salle sur Demande le plus rapidement possible.

Elle était tellement épuisée qu'elle n'entendit pas les bruits de pas légèrement atténués par les tapis qui ornaient le sol des couloirs et faillit heurter de plein fouet la personne qui, comme elle, arpentait Poudlard à plus de trois heures du matin.

Elle crut avoir une crise cardiaque quand son bras effleura l'individu qui tourna au même moment qu'elle au bout du couloir. Elle dut se tenir au mur pour calmer son cœur et retrouver son calme.

-Granger ! Qu'est-ce que tu fous dans les couloirs à une heure pareille.

Elle leva ses yeux rouges et lui lança un regard noir.

-Je pourrais te retourner la question.

-Tu as mauvaise mine. Est-ce que je peux savoir où tu te planques ? Ça fait quasiment dix jours que je ne t'ai plus vu dans notre dortoir.

-Plus je suis loin des Serpentards mieux je me porte.

-Je te rappelle que selon ta couverture, tu es toi-même un Serpentard.

-Un Serpentard qui s'est fait tabasser par les membres de sa propre maison. Je ne pense pas que ça dérange Zabini, Goyle, Crabbe et Parkinson de ne plus me voir.

-Où est-ce que tu te caches ?

-Je ne me cache pas !

-Pourtant le petit différent avec Zabini a été réglé, ils ne te feront rien si tu reviens dans le dortoir.

-Le petit différent ? C'est comme cela que tu appelles le fait que Parkinson ait essayé de me tuer ? Un différent ? Pourquoi est-ce que tu tiens tant que ça à ce que je revienne dans le dortoir ? Je te manque ? Cracha Hermione d'une voix à la fois lasse et acerbe.

Un petit sourire se dessina sur les lèvres de Malefoy. Un petit sourire un peu moqueur qui énerva encore un peu plus la jeune fille.

-Oui.

-Arrête de te foutre de moi.

-J'étais sincère… Le dortoir était bien plus animé et amusant quand tu étais là !

-Tu n'as plus personne à torturer alors tu t'ennuies ?

-Les autres sont hypocrites et inintéressants…

-C'est seulement maintenant que tu t'en rends compte ?

-Je me rends compte de pas mal de choses ces derniers temps… Et c'est en parti grâce à toi !

-Quoi ? Moi ? La sang-de-bourbe qui a toujours raison, j'ai réussi à avoir un impact positif sur ta vie ? Mais comment vas-tu faire pour survivre à ça ? Ironisa-t-elle visiblement de mauvaise humeur.

-Les temps changent, dit-il d'une voix lointaine, les yeux levés vers le plafond.

Il semblait plongé dans ses pensées. Hermione ouvrit une nouvelle fois la bouche, afin de mettre fin à cette conversation. Elle ne souhaitait qu'une chose : se laisser tomber comme une larve dans son lit bien chaud.

Mais alors qu'un « je vais » blasé venait tout juste de franchir la barrière de ses lèvres, la main du Serpentard se plaqua sur sa bouche.

Il lui fit signe de se taire, en mettant un doigt sur sa propre bouche. Hermione retint sa respiration, et tendit l'oreille.

On entendait distinctement plusieurs voix encore lointaines qui discutaient. Néanmoins les bruits augmentant, il était facile de comprendre qu'elles venaient dans leur direction.

Malefoy se pencha sur Hermione et lui souffla à l'oreille.

-Je pense que c'est l'une des brigades de surveillance que Dumbledore a mis en place depuis la mort de Rusard, on ferait mieux de partir avant d'avoir de sacrés ennuis.

Hermione attrapa la main du Serpentard et dégagea sa bouche, afin de pouvoir enfin parler :

-Oui. Et où est-ce que tu veux qu'on aille ? Le dortoir des Serpentards se trouvent sur leur chemin. Si on retourne en arrière ou si on traverse le couloir, ils vont nécessairement nous voir.

Le Serpentard et la Gryffondor se regardèrent pendant quelques secondes en chien de faïence. Mais les voix se faisaient de plus en plus distinctes, et sans prévenir, Malefoy attrapa le bras d'Hermione et rebroussa le couloir qu'elle venait d'emprunter. La jeune fille tout d'abord surprise, trébucha. Malefoy tira un peu plus sur son bras comme pour lui dire qu'ils devaient se dépêcher. Une fois son équilibre retrouvé et la surprise passée, Hermione se mit à courir à la suite du Serpentard qui l'agrippait toujours afin de la contraindre à accélérer.

Mais le couloir qu'ils empruntaient était beaucoup trop long et il n'y avait pas d'intersections avant au moins cinquante mètres, la Brigade n'allait pas tarder à tourner et alors, elle les verrait, fuyant aussi vite qu'ils le pouvaient. Hermione savait que leur course était perdue d'avance et totalement inutile. Soudain, alors que ses jambes commençaient à se dérober sous elle, elle accusa une porte quelques mètres plus loin. Un soupçon d'espoir apparut en elle, et elle arracha son bras des mains du Serpentard. Elle se jeta sur la poignet de la porte, alors que Malefoy s'était arrêté quelques mètres plus loin pour voir ce qu'elle faisait, avant de décider de l'abandonner là, et de continuer à courir.

La jeune fille ne se déchaina pas longtemps sur la porte qui refusait de s'ouvrir. Elle sortit sa baguette et lança un « alohomora » qui fit sauter le verrou. Alors, qu'elle entrouvrait la porte, elle jeta un coup d'œil à des deux côtés du couloir. La Brigade n'était pas encore là, mais néanmoins elle percevait toujours la silhouette du Serpentard. Elle lança un sort dans sa direction, afin d'attirer son attention sans éveiller les soupçons de ceux qui faisaient leur ronde du soir.

Et sans attendre la réaction de Malefoy, elle s'engouffra dans la pièce qu'elle venait d'ouvrir.

A peine eut-elle refermée la porte, que celle-ci se rouvrit sur un Malefoy essoufflé, qui claqua plus qu'il ne ferma l'entrée.

-Granger…jette…un sort…à cette porte, ânonna-t-il en reprenant son souffle.

La jeune fille obéit aussitôt, scellant le passage.

La pièce était plongée dans un noir total. Il était impossible de savoir où ils se trouvaient. Pendant quelques secondes, ils restèrent ainsi dans l'obscurité, essayant de calmer leur cœur qui battait la chamade et de retrouver une respiration normale.

-« Lumos », lança Hermione.

Une lueur mordorée se répandit dans la pièce, leur permettant de découvrir le lieu où ils se tenaient.

La pièce était très petite, et semblait contenir une montagne de linge blanc. A l'odeur qui s'en dégageait, on pouvait deviner que l'endroit servait d'entrepôt pour linge propre.

Malefoy sortit à son tour sa propre baguette et insonorisa la pièce. Alors qu'Hermione se laissait tomber sans y réfléchir sur un tas de draps derrière elle, le Serpentard collait son oreille contre la porte en bois, vérifiant que la Brigade ne les avait pas découverts, et n'essayait pas de pénétrer dans leur cachette.

Après quelques minutes de silence, il se tourna vers sa camarade qu'il dévisagea un long moment.

Elle avait appuyé sa tête contre le mur à côté d'elle et avait fermé les yeux. Il remarqua les grands cernes bleus qui barraient son visage, et ses joues extrêmement pâles, qui indiquaient un grand manque de sommeil.

-Alors ? Qu'est-ce que tu faisais à traîner dans Poudlard en plein milieu de la nuit ? demanda-t-il d'un ton autoritaire.

Le son de sa voix fit sursauter la jeune fille, qui se redressa et leva les yeux vers lui.

Apparemment il attendait une réponse qu'elle ne souhaitait pas lui donner. Pas maintenant.

-Je n'ai pas envie de t'en parler.

-Qu'est-ce que tu me caches encore ?

-J'ai le droit d'avoir une vie personnelle non ? Je n'ai pas besoin de te référer mes moindres faits et gestes !

-Alors, est-ce que tu peux au moins me dire où est ce que tu dors. Enfin, si tu prends encore le temps de te coucher… Ta mine fantomatique me donne à penser que tu as oublié le sens du verbe dormir…

-Tu n'es pas mon père Malefoy, je dors si je veux.

-Dit-elle en piquant du nez, ironisa le jeune homme, j'attends ma réponse…

Par Merlin, qu'est-ce qu'il pouvait être agaçant !

-Dans la Salle sur Demande.

Il lui sourit d'un air satisfait et s'installa à ses côtés.

-Et toi ? Qu'est-ce que tu faisais ?

-Tu penses vraiment que je vais répondre à ta question ?

-Non…

Le silence retomba. Hermione sentit ses paupières se faire lourdes. Elle était tout simplement épuisée. Mais elle résista, prise d'une soudaine pulsion. Malefoy était là, à côté d'elle, parfaitement calme et impassible. C'était peut-être le moment ou jamais…

-Malefoy ?

-Huuum ?

-Depuis la dernière fois, tu as réussi à mettre au clair tes pensées ?

-C'est-à-dire ?

-A propos de Voldemort ?

Elle sentit le jeune homme frissonner. Il prit quelques secondes avant de répondre.

-Oui…Plus ou moins.

-Et ?

-Être mangemort ne m'intéresse pas… Mais ne t'emballe pas, jouer les toutous de Dumbledore m'intéresse encore moins.

-Qu'est-ce que tu comptes faire ?

-Rien.

-Tu passes d'esclave à passif ?

-Fous moi la paix Granger, je n'ai pas envie d'entendre tes sermons. Je ne souhaite pas devenir un ennemi de Voldemort.

-A partir du moment où tu as décidé de ne plus être un Mangemort, tu es devenu son ennemi, soupira la jeune fille face à la naïveté du Serpentard.

-Je ne me battrais pas contre lui.

-Et pourquoi pas ?

-Tu t'imagines peut-être que je vais affronter ma propre famille ? Tu craques Granger ! Je pense plutôt que je vais partir d'ici et faire en sorte que personne ne me retrouve !

-C'est un geste très noble, dis donc ! Ironisa-t-elle.

-Je ne suis pas aussi bête qu'un Gryffondor, je ne souhaite pas me jeter dans la gueule du serpent.

Le silence les assomma. Hermione l'observa à la lueur de sa baguette. Il était pâle et lui aussi semblait fatigué. Elle voulait lui parler de ce fichu contrat, mais elle avait désormais un peu peur de sa réaction. Peur d'un nouveau refus. Néanmoins, elle prit son courage à deux mains, et déglutit lentement, avant de rompre à nouveau le silence.

-Est-ce que tu serais prêt à m'aider si je te garantissais que Voldemort ne pourrait en rien rejeter la faute sur toi et tu pourras fuir là où bon te semble ?

-Je ne fuis pas, marmonna le Serpentard, tout en sachant éperdument que c'était exactement ce qu'il souhaitait faire. Mais il désirait garder un minimum de fierté.

-Tu le ferais ?

-Qu'est-ce que tu attendrais de moi ?

-J'aimerai juste que tu annules le contrat.

Une grimace tordit son visage. Hermione savait que c'était mauvais signe. Il n'était pas encore prêt à trahir les siens.

-A part toi et moi, personne n'est au courant de ce contrat. Si tu le romps, rien ne pourra être mis en cause contre toi.

-Si, j'aurai failli à ma mission.

-Tu te contrefiches de cette mission !

Le Serpentard ne préféra pas répondre. Elle avait une fois de plus raison. Il avait complètement délaissé ses espionnes, ne cherchait même plus à réprimander les cinquièmes années qui prenaient un malin plaisir à faire n'importe quoi, et cela devait bientôt faire un mois qu'il n'avait pas convoqué tous ses Initiés à une nouvelle réunion afin de voir où ils en étaient et leur confier de nouvelles tâches.

-Je sais que tu te moques des Nés-Moldus et des autres élèves qui se trouvent à Poudlard, mais pose toi l'unique question, maintenant que tu as décidé de ne plus rejoindre le Seigneur des Ténèbres, est-ce que tu es prêt à assumer la mort de certains de tes camarades de classe et de tes professeurs ? Parce que nous savons tous deux que les Mangemorts vont envahir Poudlard un jour ou l'autre, et que ce n'est pas dans le but de jouer aux Echecs avec Dumbledore. Est-ce que tu es prêt à vivre avec ce massacre dont tu seras responsable sur la conscience ? Tu as beau faire l'indifférent, l'insensible, je sais que tu ne l'es pas Malefoy, je sais que tout cela aura un impact psychologique sur toi, et que tu ne pourras jamais l'assumer.

Le jeune homme s'était pris la tête entre les mains, et avait fermé les yeux. Il l'écoutait avec attention et essayait de réfléchir et de parlementer avec lui-même. Etait-il insensible ? Pourrait-il vivre innocemment comme il le souhaitait tout en sachant qu'il était le responsable d'un massacre à Poudlard... Non. Il voulait être libre de toute contrainte, et la culpabilité était sans nul doute la pire des prisons.

Hermione continuait sa litanie. Elle fixait Malefoy, mais comme elle ne réussit pas à transmettre ses émotions et la pitié par ses yeux, elle entreprit de le faire par la voix, essayant de toucher ainsi son ancien ennemi. Elle était parfois sèche, puis se faisait presque suppliante, son ton alternait entre murmure et pointe d'hystérie. Elle voulait attacher son attention. Elle voulait qu'il comprenne qu'il devait la libérer.

-Si tu me redonnes la parole, je pourrais prévenir Dumbledore. Il n'y aura aucune conséquences pour vous, il ne peut décemment pas faire arrêter les Initiés, il perdrait son effet de surprise auprès des Mangemorts. Et puis Dumbledore n'est pas comme cela. Il fera surveiller les Initiés, et mettra en place un plan d'attaque pour contrer l'invasion. Poudlard sera prête à riposter. Elle sera protégée, les élèves seront en sécurité. Oui, Voldemort ne sera pas content, mais les Initiés sont des adolescents, il ne peut pas leur reprocher d'avoir échoué face à Dumbledore. Je sais bien qu'il le fera. Mais même les Initiés sont en sécurité tant qu'ils seront entre les murs de Poudlard. Tu ne risqueras rien Draco...ça ne pourra pas retomber sur toi. Et puis, il te suffira de rester en sécurité ici, tu n'as plus à lui obéir, il ne pourra pas te punir par je-ne-sais quelle torture... Draco ? Draco, tu m'entends... ?

-Granger, je...je...

-Qu'est-ce qu'il y a ?

-Je suis désolé, mais je ne connais pas le contre-sort qui permettrait d'annuler le contrat...


Voilà, j'espère que ce chapitre vous a plu. Je n'en suis pas pleinement satisfaite, même si je ne pourrais pas expliquer pourquoi.

Je trouve une fois de plus qu'il n'y a pas beaucoup d'actions, mais ne vous inquiétez pas, à partir de maintenant les choses vont s'accélérer, et de l'action, vous allez en bouffer :D

Je n'ai rien d'autre à ajouter, je vous laisse donc à votre temps d'expression. Dites-moi ce que vous avez pensé de ce chapitre, de la fiction en général, du fait que je suis soumise à Xeres, souhaitez lui un bon rétablissement, donnez moi la recette de votre repas du soir, racontez-moi votre vie dans une petite review :)

NB : Si vous ne savez pas quoi faire et que vous cherchez une bonne petite fiction à lire, je vous conseille vivement IPSWICH 0237 HG, de Harmonia Necteri, parce que :

1. C'est un Dramione (détail non négligeable)

2. Le sujet est vraiment original.

3. L'auteur est légèrement déséquilibrée mentalement parlant.

4. Et SURTOUT parce que cette fiction est très très bien écrite, j'ai été agréablement surprise en découvrant la fiction qu'une enfant (j'exagère un peu mais oui, tu es une gamine Harmonia :p) écrive aussi bien, elle a un style bien à elle, et la guerre qu'elle y décrit est absolument bien écrite, on se retrouve plongé aux côtés d'Hermione dans les tranchées d'Ipswich. Je ne vous spoile pas davantage, je vous conseille vraiment très vivement ce Dramione très prometteur !