Hello ! Chapitre 21, un peu de retard, vacances, pardon, une review ? On la connait la chanson non ? :)

Enjoy! Yelrak.


Réponse aux reviews:

Guest: Wow, merci, je suis ravie que ça te plaise, et j'espère que tu continueras à aimer. Ta review m'a vraiment fait chaud au coeur :)

Gleekimous(pardon, je ne t'ai pas répondue en mp, mais le temps m'a manqué, tu me pardonnes ? aha): Merci encore et toujours pour tes reviews tellement encourageantes. Et ça... tu le sauras bien assez tôt héhé. J'eespère que ça te plairas, et merci encore ! :)


POV Charlie.

Il fait nuit. En fait, nous sommes encore allés dans une autre université, un peu plus loin. Moins réputée que Yale, j'en ai oublié le nom. Mais je n'ai pas oublié le temps que nous avons passé, à arpenter le campus, moins beau et moins grand, dans ce silence, ni beau ni grand, intersidéral. Je n'ai pas oublié ce silence. Le genre que seuls les astronautes peuvent comprendre.

J'avale une autre bouchée de mon sandwich, en essayant de ne pas faire trop de bruit.

Je ne sais pas à quoi je m'attendais en le suivant ce matin. Ou plutôt si, mais je préfère ne pas me le rappeler.

Je voulais que ce soit grandiose. Je voulais que ce soit une de ces scènes, qu'on surligne dans les livres, et qui nous font les relire, juste pour ces quelques pages, ces quelques mots.

Maman disait que lorsque le rêve et la réalité entre en collisions, c'est le moment de vérité.

Je voulais ce moment de vérité. Je voulais cette collision. Je voulais heurter Kurt de plein fouet, à tel point que nous aurions éclatés en morceaux éparpillés, et que nous n'aurions plus eu rien d'autre à faire que de nous reconstruire l'un l'autre, en échangeant de temps à autre quelques pièces que l'autre aurait voulu garder pour lui seul.

Quinn disait que c'est dans ces moments, que tu te rends compte que tu n'aurais pas pu être plus conne.

Je déteste dire ça, mais elles ont toutes les deux raisons.

Nous n'avons presque plus parlé de la journée. Je suis passée par plusieurs phases. L'attente. La colère. Le déni. La tristesse.

La tristesse.

Tout ça en quelques heures.

La ronronnement de la voiture me fait étrangement penser à un bébé dragon. Alors pour ne pas penser à Kurt, pour ne pas penser à moi, je pense à ce petit l'imagine orange, avec une petite crête rose. Je l'imagine éternuer de toutes petites flammes. Je l'imagine innocent, fragile, et avide de découvrir la vie.

A ce petit dragon, je lui montre pas mal de chose. La maison de Colby d'abord, puis la plage, et le stand de location de surf où les garçons laissent leurs planches. Puis je l'emmène à Lima, et je lui montre ma maison, un peu vide, un peu triste. Je lui raconte que depuis le divorce de mes parents, il y a comme six ans de ça, le silence est comme ici, dans la voiture, il déborde jusqu'au jardin. Je lui présente Quinn, et elle dit qu'il est mignon. Elle est blonde.

-Endives.

Je ne sursaute même pas, alors que la voix de Kurt brise le silence, et par la même occasion, mes rêveries.

Pardon, peitt dragon. Demain je te montrerai Paris.

-Echalotte, je renchéris.

J'ai compris ce qu'il faisait. Il propose une trève.

-Ecrevisses.

C'est un jeu auquel on jouait souvent quand on était petit, Sam, Quinn, Kurt et moi, et que nos mères nous faisaient nous entasser à l'arrière pour nous emmener dans divers endroits, selon que l'été était bien entamés ou non.

-Escargots.

Le jeu consiste à choisir une lettre, et à trouver le plus d'aliment commençant par cette lettre.

-Hum...

C'est accessoirement le seul jeu auquel personne ne pouvait me battre. Personne, y comprit Kurt.

-Emincés.

Je souris. Il a plusieurs années de plus, et pourtant il fait la même erreur qu'avant.

-L'émincé n'est pas un aliment à proprement parlé, Kurt.

C'est lui qui sourit.

-Si, émincé de...

J'aime qu'il argumente. J'aime qu'il sourit alors que je lui fait remarquer son tort. J'aime que dès qu'il parle tout aille mieux.

-C'est une manière de cuisiner. Pas un aliment.

Il soupire, mais sourit toujours.

-J'avais oublié qu'on ne pouvait pas te bette à ce jeu.

A mon tour de sourire.

C'est un échange étrange. On parle, mais on sourit encore plus. Je n'ai jamais eu ce genre de conversation avec lui. Ca me plait.

-A quoi vous jouiez Quinn et toi, quand vous étiez petite ?

Là, j'ai moins envie de sourire.

-Ca fait longtemps qu'on n'a plus joué à rien.

Il lâche la route des yeux, et plante son regard dans le mien. Il n'y a aucune agression dans sa façon de me regarder. Aucun reproche, aucune colère. C'est un simple regard. Mais venant de Kurt, ça veut dire beaucoup.

-Ne fais pas semblant de ne pas te souvenir.

Bien sûr que je me souviens. Je n'ai pas envie de jouer à ce jeu-là avec lui. Trop risqué. Trop dangereux.

Pourtant, je lui réponds.

-On jouait au jeu des vérités.

Il arque un sourcil, et change de vitesse.

-Quelles sont les règles?

Je monte un peu le son de l'autoradio, j'aime la chanson qui passe. J'aime aussi l'idée qu'il ne puisse plus m'entendre. Mais bien sûr, je n'ai pas assez augmenté le volume pour ça.

-Il n'y en a qu'une, dire la vérité.

-Et comment on gagne ?

Je souris à nouveau. Ca ce n'est pas nouveau. Il n'aime pas gagner. Il tient juste à savoir le moyen d'éviter de perdre.

-Si par exemple tu me poses une question et que je refuse d'y répondre, alors tu as gagné.

Il hoche la tête, pensif.

C'est un jeu puéril, et surtout la cause de nombres de mes disputes avec Quinn. La question à laquelle j'ai toujours refusé de répondre: de qui es-tu amoureuse ?

-Ça me va.

Je me sens ouvrir la bouche de surprise. Ca c'est nouveau. C'est nouveau qu'il accepte de jouer à des jeux comme celui-ci, qui n'apporte aucune stimulation, aucune valorisation.

-Commence, il insiste.

Je me creuse les méninges. D'abord pour trouver une manière d'esquiver, puis très vite pour trouver une question à lui poser.

C'est ainsi. Je n'arrive pas à lui dire non. Je ne sais pas lui dire non.

-Ta couleur préférée ?je hasarde.

Il rit. Son rire me donne envie de rire aussi. Son rire me donne envie de le faire rire encore.

-Ne me ménages pas Charlie !

Je soupire, de frustration. Ca ne pouvait pas fonctionner.

La vérité, c'est qu'il y a une question que j'ai envie de lui poser. Une question importante pour moi, qui m'a souvent gardée éveillée pendant la nuit.

Jamais je n'oserais lui poser.

-Tu vas vraiment me laisser gagner aussi facilement?

-Pourquoi tu n'es pas venu l'été dernier ?

Voilà. C'est dit. C'est dit et il ne sourit plus. C'est dit et son visage se referme.

C'est dit et il n'y a rien que je souhaite plus que de revenir en arrière.

Le silence est de retour. Je hais ce silence. Je hais son silence.

-Désolée... C'est un jeu stupide, oublies ça., je bredouille, très vite.

-Mon père et moi avions des choses à nous dire.

Je ne m'attendais pas à ça. Je ne m'attendais pas à ce qu'il réponde. Ni à ce que cette réponse ait un sens.

Pourtant, c'est le cas.

Je ne peux pas m'empêcher d'aimer qu'il me surprenne sans arrêt. Même si je ne'aime pas sa réponse.

Je m'en doutais pourtant. Son fichu stage d'été n'était qu'un prétexte. Et sa rupture avec Quinn lui donnait en plus une bonne raison de ne pas se retrouver en face de cette question.

-Tout l'été ?

Il baisse un peu la tête. Imperceptiblement, mais juste assez pour que je l'ai remarqué.

-Certaines choses ont besoin de temps pour être dites.

Ca me blesse de comprendre que sa famille soit passée avant moi. Pourtant c'est normal. Ca fait partie du genre de chose qui ne devrait pas m'énerver.

-Tu n'es même pas venu un week-end.

Je ne voulais pas dire ça. Je ne voulais pas que ma voix tremble autant, derrière son ton de reproche. Je ne voulais pas paraître ainsi désespérée.

Kurt, à nouveau, regarde droit devant lui. Il garde les yeux braqués sur la route.

-C'est vrai, il dit simplement.

Je soupire. Malgré le fait que je lui en veuille, malgré sa réponse ne me satisfaisant pas vraiment, malgré tout ce que j'aimerai lui reprocher, j'aime qu'il ne s'excuse pas, qu'il ne cherche pas à se défendre.

Après un moment de silence, un long moment, un moment que je déteste, sa voix s'élève à nouveau au-dessus du bruit du moteur.

-C'est mon tour.

-Je t'écoute.

Il prend encore un temps pour réfléchir à sa question. Je sais ce que ça fait, de se dire que le jeu pourrait s'arrêter à n'importe quelle mauvaise question, et que tout pourrait se finir sans qu'on ait eu toutes les réponses que l'on désire.

-Quelle est ta chanson préférée ?

Surprise, j'en oublie presque de rire.

-Et tu me reproches de te ménager ?

Il tourne les yeux vers moi. Ils sont toujours bleu. Ils sont toujours beaux.

-Parce que tu trouves que c'est une question facile ?

Je sens mon sourire disparaître de mon visage, tandis que le sien naît tranquillement sur ses lèvres.

Il a raison. Ce n'est pas une question facile. Il y a des chansons que j'aime écouter quand je suis triste, parce qu'elle me redonne les sourire, ou parce qu'au contraire elle me donne l'impression de ne pas être seule au monde à avoir de la peine. Il y a des chansons sur lesquels je pourrais danser pendant des heures, parfois pour me défouler, d'autres fois parce qu'elles me donnent juste envie de bouger. Il y a des chansons que je trouve belle pour ce qu'elles sont, et d'autres que je trouve belles pour le souvenir qu'elles me rappellent.

Mais il y aune chanson, qui me ramène à un instant précis de ma vie, et que je n'oublierai jamais.

-Wind of change, de Scorpions.

Je l'ai surpris. Ca n'arrive pas souvent.

Il finit par sourire encore un peu plus.

-C'est marrant, dit-il.

C'est lui qui m'a surpris. Ce n'est pas nouveau.

-Pourquoi ?

-Tu ne dois pas t'en souvenir...

Je sens soudain mon pouls s'accélérer, comme ma respiration, comme la rapidité de mes pensées à venir polluer ce moment.

C'est impossible, dit une voix dans ma tête.

Tais-toi, tais-toi. S'il te plait, petite voix, laisse-moi y croire, même si c''est faux, même si c'est anodin, même si ce n'est que pour quelques secondes, laisse-moi y croire.

-Un été, nos mères nous ont tous emmené dans une de leurs fêtes débiles. La soirée était plutôt nulle, la musique aussi.

C'est vrai, c'est vrai, c'est vrai. Tout est vrai, et plus encore.

-Ils n'ont dut passer qu'une bonne chanson. Wind of change. Tu étais toute seule et tu faisais un peu la tête, je t'ai tendu la main, et on a danser ensembles.

Encore une fois, c'est vrai.

Mon cerveau ne répond plus. J'ai envie de me dire que ce n'est pas plus mal. J'ai envie que Kurt continue de me parler.

-Ça remonte, je devais avoir, je sais pas... 13...

-Tu avais 14 ans. Moi 10.

C'est le moment où je suis tombée amoureuse de toi.

Bien sûr, je ne le dis pas. Pour une fois, ça ne me dérange pas de ne pas dire ce que je pense. Ce n'est pas grave.

Il se souvient.

-C'est vrai.

Nos yeux se rencontrent. On se sourit.