Bonjour,

Voici une nouvelle case, qui nous rapproche irrémédiablement de Noël ! Plus que quelques jours ! Comme j'ai hâte (et j'imagine que vous aussi !) ^^

Amusez-vous bien avec la lecture du jour ^^

Disclaimer : les personnages et l'univers appartiennent à J.K. Rowling.

Rating : K


Must be Santa

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« Tonton, c'est vrai que le Père Noël n'existe pas ? »

Une goutte de sueur froide glissa lentement dans le dos de Draco, partant de sa nuque pour filer en ligne droite jusqu'au bas de sa colonne vertébrale. Et malgré les nombreuses épaisseurs de soie et cachemire qu'il portait ce jour-là, le sorcier blond ne put réprimer un frisson. Quand ses yeux descendirent jusqu'à l'enfant qui lui tenait la main et attendait avec calme sa réponse, Malefoy sentit son cerveau exploser de mille réponses toutes plus affolées et peu convaincantes les unes que les autres. Il choisit alors d'opter pour une stratégie plus prudente : la diversion.

« Enfin, Teddy, je ne suis pas ton oncle. Nous sommes cousins. »

Les petits sourcils bleus se froncèrent, tandis qu'une petite ride venait plisser le nez de l'enfant. Il réfléchissait avec une concentration troublante pour ses six ans. Ce court répit permit à Draco de reprendre son calme, et de chercher une échappatoire à plus long terme.

« Oui, c'est vrai. » consentit enfin à répondre le petit-fils d'Andromeda. « Mais comme tu es un adulte, je te vois plus comme mon tonton. »

Un adulte, c'était vite dit ! Vue la panique qui habitait intérieurement Draco ce jour-là, il était loin de se sentir imprégné d'une quelconque maturité. Et, pour être parfaitement honnête, si la circulation n'avait pas été si dense sur Regent street, il aurait abandonné là l'enfant et se serait enfui en courant attraper au plus vite le premier Portoloin trouvé. Mais comme il craignait la colère combinée de sa tante Andromeda et du parrain de l'enfant -à savoir ce fichu Harry Potter !-, Malefoy jugea préférable de continuer à assurer la sécurité de l'enfant. Du moins, jusqu'à ce qu'il ait déposé ce petit paquet encombrant chez Granger, comme c'était prévu.

Avec un soupir, Draco demanda, tout en suivant le flot de piétons qui traversait enfin la rue bondée :

« Rappelle-moi pourquoi je dois me farcir ta compagnie aujourd'hui, déjà ? »

Trottinant comme il le pouvait pour rester à hauteur de son cousin bougon, le jeune Teddy répondit docilement :

« Parce que grandpa et granny sont à leur répétition de chorale, et que parrain a une réunion qui n'était pas prévue. »

« Et Gran… et Hermione, elle ne pouvait pas venir te chercher à ton cours de… ton cours de quoi, déjà ? »

« De karaté. » Avisant l'air d'incompréhension de son aîné, l'enfant précisa, balayant l'air de sa moufle : « C'est moldu. Cherche pas. »

« Oh ça va, je ne suis pas si inculte ! »

« Ah, tu connais ? » s'enthousiasma alors Teddy, qui avait du mal à trouver des personnes avec qui partager sa passion.

« Non. » trancha Draco, sans se laisser démonter. Il se fraya un chemin parmi les badauds qui admiraient les vitrines de Noël, tout en guettant la rue dans laquelle il leur faudrait tourner pour rejoindre l'appartement de Granger et Weasley.

« Oh. » souffla le petit, légèrement déçu. Mais il se reprit, et proposa avec entrain : « Je te ferai une démonstration, si tu veux. »

« Fantastique. » répliqua Draco, sans réfléchir, tout en tentant de distinguer le nom de la rue derrière les guirlandes lumineuses accrochées entre les façades des immeubles de la grand-rue londonienne.

« Bon, mais sinon, tu n'as pas répondu à ma question : c'est vrai qu'il n'existe pas, le Père Noël ? »

« Et merd… Merlin ! » jura Draco entre ses dents. Il lâchait jamais l'affaire, ce morveux ? Pire qu'un lutin de Cornouailles ! Les enfants devraient vraiment être fournis avec un bouton on/off. Tournant frénétiquement la tête à droite et à gauche, Malefoy chercha une nouvelle diversion, quand son regard s'arrêta sur le Graal : « Oh, regarde Teddy ! Un magasin de jouets ! »

Le petit ne put résister : sa tête pivota automatiquement dans la direction indiquée, et ses prunelles pétillèrent à la vue des monceaux de jouets présentés dans la vitrine colorée et scintillante.

« Oohh... » souffla l'enfant, émerveillé de cette débauche de peluches, trains, figurines et autres petits cubes colorés à picots dont Draco ne comprenait vraiment pas l'utilité. Ces moldus étaient décidément bien bizarres mais au moins leurs boutiques attiraient l'attention des créatures de moins d'un mètre 50, et en cet instant, le sorcier blond les adora pour cela. « On peut aller jeter un œil, tonton ? » demanda timidement Teddy, sortant Draco de ses bénédictions pro-moldues.

« Heu, d'accord. Mais pas plus de cinq minutes. » fit Malefoy, tentant de se montrer, pour une fois, responsable.

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Quarante-cinq minutes plus tard...

Teddy devait bien avoir essayé tous les jouets du magasin. Au moins trois fois.

Du moins était-ce l'impression du sorcier blond, qui n'avait pas imaginé combien un magasin de jouets, à quelques jours de Noël, pouvait prendre l'apparence de l'enfer sur terre. Tout ce bruit, tout ce monde, tous ces jouets qui montaient jusqu'au plafond… tous ces moldus, enfin ! C'était sacrément effrayant, tout de même.

Non ?

« Teddy, allez viens… Tu as déjà essayé la disette... »

« La dînette, tonton. » corrigea gentiment l'enfant, tout en s'extasiant sur les petits sushis en peluche qui pouvaient se couper en deux et se recoller avec du scratch. C'était presque aussi incroyable que le sort Wingardium leviosa, qu'il avait commencé à apprendre, en cachette.

« Oui, bon, bref ! » s'impatienta Draco, qui n'aimait pas beaucoup qu'on le contredise -surtout quand on avait six ans et les cheveux bleus ! « Tu as déjà joué avec tout. On y va, maintenant ! »

Le petit tourna un regard larmoyant vers son aîné, et argumenta :

« Mais je n'ai pas joué avec tout. J'ai juste essayé la pâte à modeler, le trampoline, le poupon-dans son-bain-avec-tous-ses-jolis-accessoires-regarde-il-gazouille-il-chante-c'est-super, et les puzzl… Oooohhh, les Lego ! Ils ont Pirates de Caraïbes, Wonder Woman et Star Wars en Lego... »

Et avant que Malefoy n'ait pu esquisser le moindre geste pour retenir Teddy, ce dernier était parti se mêler à un groupe d'enfants qui farfouillaient avec une frénésie démentielle dans de grands bacs jaunes contenant ces petits cubes colorés à picots, sous le regard blasé d'un vendeur en pilotage automatique.

Les gens se pressaient dans chaque rayon de la boutique, les employés s'interpellaient, criaient leurs conseils aux clients pour tenter de surpasser les chants de Noël qui étaient craché par les haut-parleurs.

Petit papa Noël, quand tu descendras du ciel… braillait justement une enceinte, tandis que la moitié des enfants reprenaient ce chant -mais tous sur un rythme et une octave différents, offrant une belle cacophonie aux oreilles déjà bien malmenées du pauvre sorcier égaré dans cette apocalypse terrestre.

« Ah, tiens, en parlant de papa Noël... » marmonna-t-il. Profitant de la distraction de son petit cousin, Draco, désespéré, accrocha la manche d'un parent qui passait par là, et lui demanda : « Dites… Il existe ou pas, ce fichu Père Noël ? »

La mère de famille resserra contre elle ses deux enfants comme si l'homme face à elle était un fou dangereux, et s'exclama d'une voix outrée haut perchée :

« Mais bien sûr, enfin ! » Elle jeta de petits coups d'œil inquiets vers ses rejetons, et fut rassurée en constatant que la question de cet inconnu blond ne paraissait pas avoir éveillé leurs soupçons ni entamé leur foi. Elle s'éloigna rapidement de Malefoy après ça, entraînant prudemment sa marmaille vers le rayon Reine des neiges -une valeur sûre.

Malgré la véhémence de la réponse de cette moldue légèrement tendue, Draco n'était pas convaincu. Il s'apprêtait à demander à un père de famille, mais le regard hagard et les grandes cernes sous les yeux de l'homme, qui suivait ses trois enfants, les bras chargés de dizaines de boîtes de jouets, dissuadèrent Malefoy de déranger cet individu.

D'ailleurs, à bien y regarder, tous les clients avaient l'air au bord de la crise de nerfs -ou du décès, pur et simple. Draco pouvait comprendre. Lui-même était à deux doigts de desserrer le nœud de sa cravate pour mieux respirer, et de se passer une main dans ses cheveux impeccablement gominés tant il se sentait stressé dans cet endroit. C'était dire si l'heure était grave !

Bon, il valait peut-être mieux demander prudemment l'avis d'un expert. Malefoy se dirigea d'un pas décidé vers un vendeur -enfin, slaloma comme il le put entre les enfants hystériques et leurs parents harassés, évita de justesse de glisser sur une balle en mousse, des Lego et une petite voiture, et réussit à attraper in extremis une vendeuse par son T-shirt aux couleurs criardes de l'enseigne pour lui réitérer sa demande :

« J'ai une question, chère madame... »

« Je vous écoute. » dit-elle avec une voix qui laissait plutôt supposer qu'elle avait envie de l'assassiner séance tenante.

« Le Père Noël, il existe ou pas ? »

La jeune femme posa un regard torve sur son interlocuteur, et finit par lâcher en haussant les épaules :

« Et ben s'il existe, le vieux bonhomme, on n'est pas contre l'idée qu'il vienne nous filer un coup de main ! » Et sans plus d'explication, elle planta sur place Draco et partit se réfugier en réserve -officiellement, elle allait vérifier s'il restait une boîte de « Peppa Pig va au marché », mais officieusement, elle allait s'accorder une micro-sieste de dix minutes. C'était ça, où on la retrouverait morte d'épuisement entre les rayons Action man et Petit Poney, au matin du 26 décembre.

Découragé, Draco partit s'asseoir dans un coin du magasin pour attendre que son petit cousin ait fini de jouer. Il opta pour le rayon livres jeunesse, songeant qu'il pourrait peut-être feuilleter quelques ouvrages afin d'y chercher les réponses à ses questions.

Granger ne disait-elle pas souvent : en cas de doute, aller à la bibliothèque ?

Le sorcier blond fit donc une sélection dans les rayonnages, puis s'assit aussi élégamment qu'il le put sur les genoux d'une peluche géante de l'ours Paddington. Il entama sa lecture par « L'imagier de Noël », avant de poursuivre avec « T'Choupi et le Père Noël », « Les plus belles histoires du Père Castor pour fêter Noël » et « Le facteur du Père Noël »…

Quand Teddy retrouva son grand cousin, une heure plus tard, dans le coin librairie du magasin, il hésita à le déranger tant Draco avait l'air captivé par sa lecture. L'enfant jeta discrètement un petit coup d'œil à la couverture de l'album - « Le Père Noël et Rudolph, le plus petit de tous les rennes », puis indiqua d'une petite voix :

« Tu veux qu'on l'achète pour qu'on termine de le lire chez tata Hermione ? »

Draco releva brusquement la tête, et s'exclama :

« Par les rouflaquettes de Salazar ! Mais oui ! Ce n'est pas aux conseils de Granger qu'il faut se référer, mais à Granger elle-même ! » Il referma l'ouvrage d'un coup sec, puis prit la main de l'enfant et demanda avec conviction : « Si on allait poser ta fameuse question à Gr… à Hermione, directement ? »

Teddy qui, le temps de jouer dans le magasin, avait oublié de quelle question il s'agissait, acquiesça néanmoins. Son cousin avait l'air si décidé qu'il ne voulait pas le contrarier. En plus, il l'aimait bien, tonton Draco, alors si ça lui faisait plaisir qu'il se dépêche d'aller chez Hermione, il n'était pas contre.

D'autant qu'il avait très envie de faire pipi.

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Il fallut encore un bon moment à Malefoy pour s'y retrouver dans les rues du Londres moldu. Mais il réussit finalement à trouver l'élégant immeuble de quatre étages dans lequel résidait Hermione et sa famille. Teddy connaissait bien les lieux, vu qu'il y venait régulièrement -son cours de karaté n'était pas loin-, et il grimpa joyeusement les marches jusqu'au troisième.

Hermione leur ouvrit avec un grand sourire, mais Draco sentit le reproche dissimulé dans le ton de voix joyeux de la jeune femme :

« Et bien, je n'y croyais plus ! Je commençais à me demander si vous étiez tombés dans une bouche d'égout. »

Draco ne prit pas la peine de lui demander quel était ce piège moldu insoupçonné dont on avait omis de lui parler, et embraya directement sur le sujet qui les avait bien occupés, lui et Teddy, sur le trajet :

« Gra… Hermione ! Teddy a une question de la plus haute importance à te poser ! »

La brune sursauta légèrement devait l'air sérieux de Malefoy, mais ne dit rien. Elle se pencha simplement vers le petit garçon pour l'inviter à poser sa question. Teddy, un peu surpris de l'importance qu'on accordait à ce qu'il avait à demander, se lança néanmoins :

« Je peux aller faire pipi ? »

« Oh... » Hermione ne s'attendait pas tout à fait à ça, mais saisit l'urgence de la situation. Elle s'écarta du seuil pour laisser passer l'enfant, qui entra et courut jusqu'aux toilettes. Quand la jeune femme releva les yeux vers Draco, elle lui trouva un air épuisé. « Ça va, Draco ? Un souci ? »

« Non, mais ce n'est pas ça la question qu'il voulait te poser... »

Entendant le bruit de la chasse d'eau, Hermione rit :

« Ah ben si, là apparemment, c'était sa question la plus pressante. »

« Non... » Le blond se pencha vers elle, et glissa sur le ton de la confidence, comme s'il était en train de lui communiquer le mot de passe de son compte à Gringotts : « Il voulait savoir si c'était vrai que le Père Noël n'existait pas ? »

D'un air entendu, la sorcière hocha la tête, et gratifiant l'autre d'une petite tape encourageante sur l'épaule, répliqua avec compassion :

« Le trajet a dû te paraître long. »

Se sentant compris, Draco sentit tout son corps se détendre. La tension s'envolait déjà. Il avait souvent été injuste envers Granger dans leur jeunesse, mais il devait admettre aujourd'hui qu'Hermione était bien souvent la solution à tous les problèmes.

« Tu connais la réponse, toi ? » demanda-t-il, non sans une certaine révérence dans la voix.

« C'est un gros dossier. » confirma la brune, en acquiesçant gravement.

« Du genre de ceux que traite Harry au Ministère ? »

« Pire. »

La bouche de Malefoy s'arrondit de surprise. Quand il retrouva l'usage de sa voix, il balbutia, impressionné :

« Ben dis donc, on ne plaisante pas avec Noël... »

Esquissant un petit sourire, Hermione conclut :

« Je ne te le fais pas dire ! » Désignant du geste l'appartement, elle demanda ensuite gentiment : « Tu veux entrer prendre un thé ? Pour te remettre de tes émotions... »

« Ça aurait été avec plaisir -j'ai tant de choses à te demander sur Noël !-, mais j'ai promis à ma mère de passer la voir en fin de journée. Elle veut me parler d'un concours de biscuits de Noël ou je ne sais quoi... » Il frissonna à cette idée, puis se reprit : « Mais si Teddy me redemande un jour, pour cette histoire de Père Noël, je lui dis quoi ? »

Hermione lui fit signe d'approcher, et lui murmura ses conseils. Puis elle appela Teddy -qui était parti se servir tout seul son goûter (il pouvait faire preuve de beaucoup d'autonomie quand son estomac était en jeu) pour qu'il dise au-revoir à son cousin. Le petit tendit les bras vers Draco qui, surpris, se pencha, et reçut sur la joue un gros bisou qu'il n'attendait pas.

« Merci de m'avoir accompagné, aujourd'hui, tonton ! »

Un peu gauche, c'est un Malefoy ému qui répondit :

« Mais de rien... » Il allait repartir, quand il se ravisa et dit : « Au fait, pour ta question de tout à l'heure... » Il invita l'enfant à tendre son oreille et lui chuchota alors la suite. Teddy écouta très attentivement, puis hocha la tête avec conviction, en affichant un sourire rayonnant : « D'accord ! Merci tonton ! » Et il fila, heureux et serein, retourner manger son goûter.

Alors que le blond redescendait l'escalier, Hermione leva son pouce et s'exclama, dans un clin d'œil :

« Bien joué, tonton ! »

Réprimant un sourire amusé, Draco répliqua en lui faisant un petit signe d'au-revoir de la main :

« Merci, miss Je-sais-tout ! »