Titre : Cher Spock

Titre original : Dear Spock/Beautiful

Lien vers la fic originale : dans mon profil

Auteure : MissCar

Traductrice : falyla

Paring : Jim Kirk/Spock Nyota Uhura/Bones Leonard McCoy

Rating : M

Etat de fic originel : terminée (32 chapitres)

Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de StarTrek (reboot 2009), l'intrigue est à Miss Car avec son aimable autorisation. Seule la traduction est à moi.

Warning : Homophobes, s'abstenir. Cette fic est un yaoï. Cela signfie qu'elle parle de relations homosexuelles entre deux hommes. Si vous ne supportez pas cette idée, passez votre chemin, cette histoire n'est pas pour vous. Tous les autres, lecteurs avertis ou simples curieux, vous êtes les bienvenus.

Résumé : Parfois il paraît plus simple d'exprimer ce qu'on ressent pour une personne dans une lettre qu'elle ne lira jamais. Malheureusement, les choses ne se passent jamais comme elles devraient…

Note de la traductrice : je suis un peu débordée ces temps-ci alors la mise en ligne risque d'en pâtir mais je continue, pas d'inquiétude à avoir de côté-là.

Merci encore pour vos commentaires.

Bonne lecture.

Cher Spock/Beautiful

Chapitre 20 – Révélations et cookies aux pépites de chocolat

Ce chapitre coïncide avec la cinquième lettre.

Le petit-déjeuner avec James se déroula bien, malgré une autre nuit de rêves étranges. Le rêve de la nuit reprenait ce qui s'était passé dans la salle de bain, complété avec des baisers et d'autres activités amoureuses. Spock tenta de garder ses pensées hors de son esprit tandis qu'il maintenait tout exprès leur conversation centrée sur le travail ce matin-là. Heureusement, il n'y eut aucun cri, ni objets jetés cette fois-ci. Spock était convaincu que cette nourriture comestible sortie des réplicateurs rendait n'importe quelle occasion plus accueillante.

Malgré les encouragements provenant de la lettre et le comportement plus hospitalier de James durant leur rencontre dans la salle de bain la nuit précédente, Spock décida de ne pas mentionner Kevin une nouvelle fois, ce qui écartait une autre dispute possible. Une répétition de ce qui s'était produit la nuit d'avant dans la cafétéria serait préjudiciable pour améliorer leur relation et ébranlerait sans aucun doute leur autorité aux yeux de tout l'équipage. Les choses venaient juste d'atteindre un point où les membres d'équipage ne pariaient plus sur le fait que Spock allait tuer Jim. Malheureusement, ils pariaient encore sur le moment où ils s'engageraient dans une relation sexuelle, même si ce pari violait dix-huit règles différentes de Starfleet.

Spock avait une autre raison d'éviter les choses de nature personnelle, il n'était pas totalement prêt à parler d'Amanda. James avait raison, ce ne serait nullement logique d'attendre de lui qu'il s'ouvre sur sa vie alors que Spock n'était pas prêt à lui rendre cette politesse, particulièrement sur le décès de sa mère. Il ne s'était pas écoulé assez de temps. Spock commençait juste à s'habituer à vivre sans elle et il n'était pas encore prêt à parler d'elle. S'il parlait d'elle comme ça, cela signifierait qu'il acceptait sa mort et, aussi illogique que cela paraissait, Spock n'en était pas encore là. Plusieurs fois au cours des dernières vingt-quatre heures, Spock dut se rappeler de ne pas appeler sa mère pour lui demander conseil sur la manière de gérer les choses avec James et Nyota.

Spock était inquiet à propos de Nyota pour de multiples raisons, y compris ce qui l'avait poussée à regarder les autres lettres en premier lieu. Techniquement, c'était dans les limites de son travail de lire les lettres. En tant qu'officier en chef des communications, s'il y avait un besoin de savoir, elle avait accès à toute la correspondance du vaisseau, même si elle était personnelle. Il ne fallait s'attendre à aucune vie privée sur un ordinateur de la Fédération. Ce point avait été soulevé lors de l'intégration des nouvelles recrues. Tout document créé sur un ordinateur de la Fédération était considéré comme public. James le savait très certainement, autrement, il n'aurait pas reconfiguré le système d'archives afin de détruire certains messages ou pris des mesures similaires pendant sa tentative de reprogrammation du Kobayashi Maru.

Si Spock avait voulu garder les lettres de James (ou tout autre chose, peu importait) privées, il aurait dû déplacer les documents sur un serveur qui n'appartenait pas à Starfleet après avoir effacé toute preuve que le document avait ne serait-ce qu'existé, ce qui avait été fait avec la plus récente des lettres et les documents qu'il avait sauvegardés. Spock s'était trompé en pensant que les documents avaient été à l'abri dans son dossier spécial encrypté parce que ces documents étaient toujours sur le serveur. Si quelqu'un avec un minimum de compétences en ordinateur pouvait y accéder, alors ce ne serait pas un problème pour l'amiral K de récupérer les informations avec l'aide du département IT de Starfleet dans le but de s'en servir.

Spock savait qu'elle n'avait pas regardé les autres lettres pour son amusement personnel ou pour lui causer de la peine, malgré le fait qu'elle avait cité les passages clés. Nyota n'était pas malveillante. Spock connaissait la différence de première main. Il se rappela un de ces camarades de classe sur Vulcain qui avait exprès piraté le compte personnel de Spock et fait suivre des informations extrêmement privées à tout le corps estudiantin dans le seul but de lui arracher une réponse émotionnelle. Spock se souvenait de cette malveillance vulcaine et il savait que ce n'était pas l'intention de Nyota.

Il devait y avoir une autre explication à ses actes. Spock repensa à son père et sa grossière violation de sa vie privée quand il avait parcouru les dossiers personnels de son ordinateur lorsqu'il était enfant. Une fois adolescent, Spock lui avait demandé pour quelle raison il avait fait ça et Sarek lui avait répondu que c'était parce que Spock ne voulait pas lui révéler pourquoi il rentrait à la maison couvert d'hématomes. Il l'avait admis quelques semaines plus tôt. Connaissant Nyota comme il la connaissait, il la voyait très bien faire la même chose si elle avait un motif.

Y avait-il quelque chose dans le comportement de Jim ou dans ce qu'elle avait lu qui avait provoqué suffisamment d'inquiétude pour qu'elle viole ainsi sa vie privée alors qu'elle lui avait reproché de faire la même chose ? Le Dr McCoy y avait fait allusion même s'il ne connaissait pas les vraies circonstances qui lui avaient donné accès aux lettres. Bien sûr, le médecin avait mis son comportement sur le compte d'une paranoïa provoquée par ce qui était arrivé à son ami Marc.

Spock soupçonnait secrètement qu'il devait se montrer reconnaissant qu'elle n'ait pas eu accès à la lettre la plus récente, celle où Jim confessait sa tentative de suicide à onze ans. Elle l'aurait très certainement signalé au Dr McCoy avant même que Spock n'ait eu l'opportunité de la convaincre que Jim n'était plus un danger pour lui-même. À cause de leurs positions, ils avaient le devoir de faire automatiquement un rapport lorsqu'un des membres de l'équipage pouvait être un danger pour lui-même ou pour les autres, même si ce membre d'équipage se trouvait être le capitaine. Il savait qu'elle aurait fait son devoir, coûte que coûte.

Spock savait déjà qu'elle était très sensible au sujet du suicide. Par exemple, elle avait refusé de regarder les dix dernières minutes de Roméo et Juliette quand Spock l'avait enfin convaincue que regarder quelque chose de plus stimulant intellectuellement que les films du XXIème siècle de cet obscur Adam Sandler. À la lumière de cette information, Spock avait crut comprendre que Nyota se sentait responsable du suicide de Marc, soit parce qu'elle n'avait pas fait de rapport sur son comportement suspect, soit parce qu'elle ne l'avait pas du tout remarqué.

Évidemment, Spock n'en était certain qu'à 73,3% parce que Nyota refusait de lui parler de Marc ou de tout autre chose qui l'avait troublée. C'était agaçant parce que Nyota attendait de Spock qu'il lui parle de James et de sa mère mais elle refusait de faire de même. Spock comprenait maintenant pour quelle raison James le trouvait si exaspérant.

Spock avait essayé en de multiples occasions durant les deux derniers jours d'avoir une conversation avec elle mais, au lieu de ça, il se retrouva interrogé sur les progrès de sa relation avec James. Une fois de plus, il trouva cela frustrant parce qu'elle attendait plus de lui qu'elle n'était prête à donner en retour. Un tel incident eut lieu peu avant sa rencontre avec James pour une nouvelle partie d'échecs afin de se réconcilier après ce qui s'était passé deux jours avant.

- James et moi n'allons pas nous embrasser pour nous réconcilier. Je ne comprends pas ta référence [1]. Je ne vais pas embrasser James. Je sens que tu tentes d'éviter le sujet sensible du suicide de ton ami en déviant la conversation sur mes interactions avec James. C'est injuste que tu attendes de moi que je divulgue des détails personnels de ma relation avec James alors que tu ne veux pas m'accorder ce même type de confiance, fit remarquer Spock en arquant un de ses sourcils en signe d'irritation.

Cette conversation avait lieu dans un endroit privé sur l'une des ponts d'observation.

- On parle de toi, pas de moi. C'est toi qui es en train de dévier une discussion sur tes sentiments pour James. Tu utilises juste ce sujet pour éviter de me parler des problèmes de Jim. Les choses devraient aller mieux parce que vous avez pris les petits-déjeuners et les déjeuners ensemble récemment et je suis joliment sûre que je t'avoir vu le peloter durant le service quand tu lui as tendu un PADD. C'est une bonne chose que je sois la seule à savoir que tu lui roules des pelles avec tes mains.

Si Spock avait été un humain, il aurait été choqué que son désir d'éviter ce sujet ait été si fort qu'elle décide de le titiller délibérément. Mais être Vulcain l'avait préparé à éviter de telle émotion.

- Ce n'est techniquement pas une déviation puisque je t'ai demandé en premier. Cependant, oui, les choses devraient s'arranger avec James et nous avons prévu une autre partie d'échecs ce soir, répondit Spock en évitant tout commentaire sur des contacts de mains éventuellement inappropriés sur le pont.

De telles remarques feraient totalement dérailler la conversation.

- C'est super. Je savais que les choses finiraient par s'arranger, fit-elle en souriant avant de s'asseoir.

- Dans l'intérêt d'être un bon ami pour toi, je souhaite t'aider à gérer les problèmes persistants concernant la mort de ton ami. Je ne peux pas t'aider si je ne sais pas où est le problème. Tu ne me permets pas d'éviter mes sentiments, par conséquent, je ne peux pas te permettre d'éviter les tiens, expliqua Spock en prenant place à ses côtés.

- Bon sang, je n'arrive pas à croire que tu retournes ça contre moi. Ce doit être un signe manifeste que tu vas mieux. Merci d'essayer de m'aider mais je n'ai pas de problèmes persistants. Mon meilleur ami depuis le lycée s'est donné la mort parce que j'étais trop occupée dans ma propre vie pour reconnaître les signes. Si j'avais fait attention, j'aurais réalisé qu'il ne supportait pas très bien la mort de son petit ami. Peut-être que si j'avais lu… commença-t-elle avant de s'interrompre, comme si elle réalisait qu'elle en disant trop.

Ce fut suffisant pour confirmer ses soupçons. Elle s'accusait ce qui était arrivé parce qu'elle n'avait pas vu les signes évidents.

- Je vais bien et ne t'avise pas de me donner une leçon sur l'ambiguïté de ce terme. J'ai accepté depuis longtemps ce qui s'était passé. J'ai un tout nouveau groupe de gens à pleurer parce que j'ai pris la mauvaise décision. Je dois y aller. Peut-être qu'on peut prendre le petit-déjeuner après ton rencard de ce soir ? demanda-t-elle dans une tentative manifeste de faire oublier à Spock ses dernières déclarations.

Spock savait qu'il n'obtiendrait rien d'autre d'elle alors il lui permit d'éviter le sujet une nouvelle fois.

- Ce n'est pas un rendez-vous, corrige-t-il presque tièdement, sachant que ce qu'il statuait était légèrement inexact.

- Pour tout un tas de raisons, je ne vais pas te croire. Je te parlerai plus tard.

Sur ce, elle s'en alla et Spock se retrouva même plus confus qu'avant.

oOo

Pendant la partie d'échecs avec James, il envisagea de lui demander comme il gérerait sa situation actuelle avec Nyota mais renonça pour plusieurs raisons. Premièrement, Spock aurait dû lui expliquer que Nyota et lui n'étaient plus qu'amis dorénavant et il se sentait incapable de faire ça. Pas parce qu'il se sentait effrayé. Enfin, si, parce qu'il se sentait effrayé mais Spock n'avait pas peur de ses sentiments. Il avait peur que James devienne plus distant quand il comprendrait que Spock était disponible. Du moins, ce fut la logique que Spock employa pour ne pas avoir cette conversation avec James. Il devenait doué à créer toutes sortes de justifications pour excuser ses diverses décisions.

La seconde raison était que la situation qui impliquait Nyota était trop personnelle et Spock ignorait si elle serait à l'aise de savoir qu'il révélait à James tous les détails sordides. Ceux deux-là commençaient tout juste à se comporter poliment l'un envers l'autre mais Spock n'aurait pas commis l'erreur de penser que leurs interactions étaient déjà amicales. L'antagonisme dont il avait été témoin précédemment dans leurs relations était parti mais il n'avait pas été remplacé par autre chose qu'un probable respect professionnel mutuel.

La troisième raison qui fit que Spock resta muet sur le sujet fut qu'il n'était pas certain de pouvoir expliquer la situation sans faire savoir accidentellement à James qu'il était au courant des lettres ou que Nyota avait lu les quatre premières lettres parce que Spock était négligent et que Nyota était paranoïaque.

Au lieu de parler des problèmes de Nyota, Spock choisit de parler du frère de James. Ce qui amena une conversation de 32,3 minutes. Pendant cette discussion, Spock dénombra quarante-neuf raisons pour lesquelles Kevin Kirk ferait une excellente recrue pour l'académie de Starfleet, y compris son score de points presque parfait et ses capacités de diplomate afin de maintenir la paix entre son frère aîné et sa mère. Spock dénombra également vingt-trois raisons pour lesquelles l'amiral Barnett allait amèrement regretter sa décision de le recruter. James lui raconta comment il avait appris à son frère cadet comment pirater le système informatique de l'école afin d'attribuer à tout le monde un score parfait au test d'aptitude intergalactique [2], sauf à ceux qui agaçaient constamment Kevin. Spock trouva cette anecdote fascinante amusante. James semblait extrêmement animé lorsqu'il parlait de son petit frère, d'une manière que Spock n'avait jamais vue. James partagea même quelques-uns des ses souvenirs les plus heureux – comme lorsque Kevin s'était présenté au sibling week-end [3] de l'académie ou quand il avait montré à son petit frère comment draguer les filles.

Apparemment, Winona avait chargé James de parler de sexe avec son frère. Il en résulta une très embarrassante situation où Kevin posa à son frère plusieurs questions tout aussi embarrassantes sur sa vie sexuelle personnelle. Jim avait fini par décider qu'il serait aussi bien de télécharger les informations sur le PADD de son frère. James rit lorsque Spock lui dit que c'était exactement ce que son père avait fini par faire avec lui.

À ce moment-là, James sortit son album photo et montra à Spock des images de son frère et de sa vie dans l'Iowa. Spock remarqua immédiatement qu'il y avait très peu de photos de sa mère. Plusieurs fois, Spock se demanda si elle avait été effacée des images digitales.

Après quelques minutes, ils en arrivèrent à la section Jim 24ème anniversaire. À en juger par la grande quantité de nudité et substances contrôlées exposées, Spock doutait que le jeune homme de seize ans était présent. Des petites choses que Spock avait rassemblées avec le temps, il semblait que Winona n'avait pas été la plus attentive des mères, spécialement ce jour-là de l'année, mais qui pouvait le dire ? Cependant, Jim était un grand frère très protecteur et il était hautement probable qu'il n'aurait pas permis à Kevin d'être présent.

Spock pouvait voir que James était extrêmement gêné par les images. Ses joues rouges en étaient une preuve manifeste, tout comme sa hâte à passer les clichés. Personnellement, Spock ne voyait pas de raison à son embarras mais c'était surtout parce qu'il savait que son comportement sur les photos était la stratégie de James pour surmonter et gérer la mort de son père, même si c'était une stratégie autodestructrice.

Spock ne put s'empêcher de se demander s'il ferait une chose aussi insouciante lorsque le premier anniversaire du décès de sa mère arriverait. Il devrait sans doute demander à Nyota et à James de cacher tout le chocolat du vaisseau maintenant. Pour l'instant, il y avait 87,3% de chance que Spock finisse avec un empoisonnement au chocolat à l'anniversaire du décès de sa mère. Spock espérait qu'à ce moment-là, il serait émotionnellement plus stable mais il en doutait. Il redoutait déjà l'anniversaire de sa mère en décembre. Juste le fait partager quelques anecdotes sur les parties d'échecs qu'il faisait avec elle quand il était malade et sur ses piètres qualités de cuisinière était suffisamment douloureux pour qu'il s'autorise quelques cookies aux pépites de chocolat ce soir-là. Cependant, Spock voulait au moins essayer de s'ouvrir à James.

Afin de prévenir ses pensées moroses, Spock décida qu'il était mieux de changer de sujet rapidement, il passa aux expériences qu'il faisait sur les céréales génétiquement modifiées pour la colonie de la Nouvelle Vulcain. Rétrospectivement, Spock réalisa que peut-être changer de sujet si abruptement était une mauvaise idée. Cette prise de conscience arriva sous la forme d'une autre lettre extrêmement personnelle de James.

Spock ne s'attendait vraiment pas à recevoir une lettre parce que le rendez-vous dans son ensemble avait été plaisant. Malgré tout, Spock avait pris l'habitude de vérifier son PADD juste après minuit. Ceci n'avait rien à voir avec son désir illogique que James continue à lui envoyer des messages hautement privés, c'était uniquement une vérification prudente de ces e-mails à intervalles réguliers. En tant que premier officier, il était de son devoir d'être appelé à tout moment – particulièrement si on considérait la tendance de James à envoyer des e-mails concernant le travail à toute heure du jour et de la nuit.

Spock ne laissa pas tomber son PADD sous le choc lorsque James lui écrivit qu'il n'avait pas de béguin pour lui mais qu'il fantasmait pourtant sur lui sexuellement. Le PADD devint juste glissant et il ne le laissa vraiment tomber que lorsqu'il lut que James souhaitait une relation sexuelle avec lui et Nyota en même temps.

Spock se mit peut-être à tousser copieusement quand il lut l'hypothèse très intéressante sur le fait que Spock savait certaines choses alors qu'il n'aurait pas dû. Spock détestait admettre que le Dr McCoy avait raison quand il disait que James allait découvrir que Spock était au courant des lettres s'il révélait par accident les informations qu'il pouvait glaner dans leur contenu.

En fait, Spock trouva que le constant déni de sentiment de James pour lui était plus déroutant que choquant. En vérité, Spock trouvait toute la lettre déroutante, y compris la référence culturelle populaire à propos de Butch et Sundance. Spock supposa que c'était une référence culturelle populaire parce que James y faisait recours en de multiples occasions, comme deux jours auparavant dans la salle de bain. Et Spock ne connaissait personne à Starfleet qui répondait à l'un de ces deux surnoms. Il demanderait à James la prochaine que l'occasion se présenterait.

James insistait de nombreuses fois dans la lettre sur le fait qu'il ne désirait que l'amitié de Spock mais les mots de James étaient remplis de sous-entendus sexuels. C'était en addition du désir que Spock sentait émaner de James chaque fois que leur peau entrait en contact (cinquante-trois fois rien que durant leur partie d'échecs de ce soir étaient une somme de contact parfaitement acceptable, contrairement à ce que disait James dans sa lettre.)

Spock savait déjà qu'il était impossible de ressentir un intérêt sexuel pour une personne et ne vouloir de son amitié. Et Spock savait déjà qu'il ne voulait pas uniquement devenir ami avec James. Les deux concepts étaient contradictoires. Le désir de James était plus que juste charnel, il souhaitait une vraie relation avec Spock. Cette révélation ne lui donna pas le tournis. Cet étourdissement était provoqué par une méditation insuffisante cet après-midi-là et par la consommation de cookies aux pépites de chocolat pendant leur partie d'échecs alors qu'il avait voulu s'ouvrir à James.

Peut-être qu'avant, quand Spock était convaincu que James trouvait tout le monde sexuellement attirant, Spock aurait écarté tout ce qu'il avait lu mais il ne pouvait plus maintenant qu'il commençait à découvrir le vrai James Kirk. Il n'avait jamais cru aux rumeurs qui parlaient des prouesses sexuelles de James. Il était anatomiquement impossible pour un humain mâle d'avoir une relation sexuelle avec au moins dix-huit des espèces avec qui James avait prétendument couché pendant ses trois ans à Starfleet uniquement. Et aussi, pour des questions de sécurité, il était impossible d'avoir une relation sexuelle dans le fauteuil du capitaine pendant une mission. Il y avait 32,1% de chances de faciliter de telles actions lors d'une permission à terre et l'Enterprise n'en avait pas encore bénéficié. Par conséquent, de telles accusations devaient être erronées. De ses observations et des lettres précédentes, Spock savait que James prenait son travail trop à cœur pour s'engager dans de frivoles relations sexuelles qui pouvait, au mieux, miner son autorité de capitaine et au pire, lui faire perdre le commandement de l'Enterprise.

En tant que professeur d'académie avec des cours dont les étudiants étaient à prédominance féminine, il avait entendu toutes les rumeurs imaginables, y compris celles que James mentionnait spécifiquement dans la dernière lettre, bien que le fait qu'il soit pansexuel n'ait jamais été citée. Mais encore, en 2258, l'orientation sexuelle de chacun n'était pas importante et la rumeur concernant James avec une ambassadrice nommée Erin aurait très bien pu impliquer un ambassadeur nommé Aaron.

Spock allait devoir demander à Nyota comment elle pouvait être responsable des multiples rumeurs qui impliquaient James et divers animaux de la ferme, ce qui lui fournirait une excuse pour lui parler à nouveau. Spock était tenté de l'enfermer dans sa chambre jusqu'à ce qu'elle accepte de lui parler de ses problèmes avec Marc mais il était hautement probable qu'elle retourne la situation contre lui. Il était tout à fait hors de question que Spock lui parle du contenu des deux dernières lettres. Pour cette raison, cette solution était illogique. Bien que les Vulcains soient normalement sans crainte, Spock ne voulait vraiment pas connaître sa réaction si elle découvrait que James souhaitait coucher avec eux deux simultanément.

Spock était capable de dire d'après les mots de James que le sexe n'était pas uniquement une gratification physique pour lui. Il était question de vulnérabilité et de laisser quelqu'un le voir réellement, tant que l'alcool n'était pas impliqué. James n'avait pas eu beaucoup de partenaires sexuels parce qu'il ne faisait pas confiance aux gens. Si James souhaitait avoir une relation sexuelle avec lui, alors cela devait signifier qu'il devait déjà suffisamment lui faire confiance pour désirer une telle intimité, ou, du moins, James avait le désir de lui faire confiance avec une telle franchise. Spock ne savait pas s'il devait se sentir flatté ou pétrifié par une telle conclusion.

Il y avait beaucoup de choses dans cette lettre en particulier que Spock trouvait profondément perturbantes, autres que découvrir les vraies intentions de James. Premièrement, James confessait essentiellement qu'il avait été, en de multiples occasions, sous influence de diverses substances avant de pouvoir coucher avec quelqu'un ou pour avoir n'importe quel autre type de contact sexuel, comme s'embrasser, avec plusieurs de ses partenaires. Dans certains endroits de la Fédération, si quelqu'un était sous l'influence de l'alcool ou toute autre substance (le chocolat selon la loi de Vulcain) au moment de la relation sexuelle, cela était considéré comme une agression à cause de son inaptitude à donner son consentement. Des neuf personnes avec qui James avait couché, avec combien d'entre elles l'acte était-il vraiment consenti ?

Puis il y avait le fait que James dépende de l'alcool ou de toute autre substance pour se sentir suffisamment à l'aise pour s'engager dans des activités sexuelles. Ceci ennuyait Spock pour plusieurs raisons, y compris le fait qu'un tel comportement pouvait se révéler mortel. Spock avait personnellement géré plus d'une fois le décès d'un étudiant par empoisonnement à l'alcool ou d'une overdose accidentelle à l'académie. Il était inquiet que James ne souffre du même destin tragique.

Mais quel genre de traumatisme y avait-il eu pendant l'enfance de Jim pour qu'il soit si effrayé par l'intimité sexuelle et qu'il ait besoin d'alcool d'abord ? En fait, Spock était certain qu'il y avait plus que l'intimité de nature sexuelle, James semblait effrayé par l'amour. Plus que ça, James paraissait croire qu'il ne méritait pas de recevoir de l'amour. Par exemple, il y avait eu cette citation que James avait employée deux jours plus tôt pendant leur conversation dans la salle de bain. Après quelques recherches sur la culture terrienne populaire du XXIème siècle, Spock avait découvert que la citation se référait à un personnage disant à un autre qu'il ne croyait pas sa déclaration d'amour dans un feuilleton télévisé où des démons étaient utilisés comme une allégorie des problèmes de la vie. (Spock n'avait pas passé deux heures à rechercher la citation et à regarder des clips du feuilleton original dans cette banque de données spéciale pour éviter de découvrir ce qui était arrivé à Winona Kirk sur Tarsus IV. Il s'avérait tout simplement qu'il trouvait cette citation fascinante). Pour une raison ou une autre, l'idée de ne pas être aimé éveillé un écho chez James. Spock était certain à 98,23% que cela provenait d'un traumatisme de son enfance. James avait même spécifié qu'il se sentait peu attachant à cause de son enfance. Cette déclaration rendait Spock triste, même s'il tenta de réprimer cette émotion.

Pendant un moment, Spock se demanda si la crainte de James d'une intimité sexuelle avait quelque chose à voir avec Frank. Spock savait que cet homme avait physiquement agressé Jim enfant mais est-ce que cette agression était aussi d'ordre sexuel ? La pensée même était répugnante mais c'était une possibilité. Jim avait déclaré qu'il n'était devenu sexuellement actif qu'à l'âge de vingt ans. Il n'y avait aucun moyen pour Spock de savoir avec certitude à moins que James le lui dise parce que les dossiers impliquant l'incarcération de Frank étaient scellés. Mais encore une fois, rien que le fait que les dossiers soient scellés accréditaient la théorie qu'ils contenaient quelque chose d'aussi ignoble que l'agression sexuelle.

Et puis il y avait aussi le fait que James montrait un intérêt sexuel envers ceux avec qui il lui était impossible d'avoir une relation. Il semblait presque que Jim se fixait à dessein sur des individus avec qui il ne pouvait être ainsi il n'avait pas à gérer la possibilité d'avoir une vraie relation avec quiconque. Il était tout à fait évident en regard des mots que James employait qu'il utilisait la relation de Spock avec Nyota pour le garder à distance. En même temps, ça rendait l'affection qu'il portait à Spock inoffensive. James voyait tous les signes que lui et Nyota n'étaient plus que des amis mais il refusait de l'accepter. Spock s'inquiétait déjà, s'il révélait leur rupture à James, il serait repoussé. Tant que James présumait que Spock était en couple avec quelqu'un d'autre, il se sentirait en sécurité pour explorer les sentiments qu'il avait pour Spock. Spock avait besoin de lui montrer qu'il n'allait pas le blesser et qu'il en était amoureux avant même que James ne soit prêt à…

Est-ce qu'il avait vraiment dit amoureux, même dans sa tête ? Spock se sentit pris d'étourdissement une fois de plus, rien qu'à l'idée. Comme avait-il pu tomber amoureux de James Kirk si rapidement ?

Peut-être était-ce juste une toquade mais Spock en doutait. Si cela n'avait été qu'un engouement passager, le rythme cardiaque de Spock n'aurait pas augmenté de 7,4% uniquement parce que James l'avait remercié de ne pas s'être montré intrusif. Peut-être n'était-ce qu'une sorte d'amour platonique mais Spock en doutait sincèrement si on considérait le contenu de la plupart de ses rêves dernièrement.

À cause de cette choquante révélation, Spock se retrouva dans leur salle de bain partagée dans le but de s'asperger le visage d'eau froide. Une telle pratique n'allait pas alléger son sentiment de vertiges.

- Vous allez bien ? fit une voix de l'autre côté de la salle de bain.

C'était James qui avait déjà enlevé sa chemise. Le degré d'appréciation physique de Spock atteignit un tel niveau en voyant cela qu'il se sentit encore plus étourdi qu'avant.

- Je vais bien, répondit Spock, dans un état d'abrutissement.

- Le fait que vous utilisiez le mot bien me révèle déjà que vous allez tout sauf bien. Vous détestez ce mot, rétorqua James en plaçant sa paume sur le visage de Spock.

Il put sentir l'inquiétude de James le submerger. C'était réconfortant.

- Il se pourrait que j'aie accidentellement consommé beaucoup trop de cookies aux pépites de chocolat pendant notre partie, expliqua Spock en utilisant cette excuse pour s'asseoir sur les toilettes.

- Si c'est ce qui arrive après un seul cookie, je ne voudrais pas vous voir après la moitié d'une boîte de truffes. Je voulais que vous vous détendiez un peu pour éviter ce qui s'était passé la dernière fois, pas vous assommez complètement. La prochaine fois, pas de cookies, décida James en attrapant le gant de toilette du lavabo.

- J'en ai mangé plus d'un mais je crois que vous avez raison. Il se pourrait qu'il y ait d'autres choses qui aient provoqué cette réaction, néanmoins, admit Spock tandis que James le tamponnait avec le gant de toilette encore une fois.

- Peut-être que vous devriez aller voir Bones ? Ça pourrait être une réaction allergique bizarre, fit James avec une inquiétude et une attention que Spock n'avait jamais vues avant.

Ce fut à cet instant que Spock réalisa totalement qu'il était fou amoureux de Jim Kirk.

- Ce ne sera pas nécessaire. Je commence déjà à me sentir mieux, le rassura Spock en lui permettant de continuer.

Ceci n'était pas un mensonge parce que les étourdissements avaient disparu maintenant que Spock avait au moins admis la vérité en lui-même.

- Je ne vais obliger personne à aller voir Bones contre sa volonté. Si je faisais ça, vous seriez forcé de faire de même avec moi.

- Seulement lorsque vous mettez votre santé en danger. Si demain matin je ne me sens pas bien, j'irai consulter le médecin, promit Spock, pensant qu'il le ferait de toute façon pour des raisons qui n'avaient absolument rien à voir.

- J'en conclus que vous vous sentez déjà mieux alors je vais vous laisser. Vous voulez que je reste avec vous quelques minutes ? s'enquit James tandis que Spock se levait du siège des toilettes et se dirigeait vers la porte.

- Je trouve cela acceptable, acquiesça Spock, décidant qu'il n'était pas prêt à laisser James partir.

À suivre…

NdT :

[1] kiss and make up en vo est une expression qui signifie : redevenir amis après une dispute au sens général et pas forcément : s'embrasser pour se réconcilier au sens littéral comme le prend Spock.

[2] SAT en vo. Scholastic Aptitude Test.

[3] Le siblings week-end est une tradition dans les universités américaines où frères et sœurs sont invités à voir comment l'étudiant vit et s'amuse sur le campus et partager ses activités.

Voilà, la suite comme promis. Vos commentaires sont les bienvenus.

Bisous

Falyla