Chapitre 21

Quand Saga commença à se calmer, il lui dit :

-Tu sais, si je vais chez Mya, c'est aussi parce que Cassandre me l'a demandé. Elle a peur pour Mya. Et puis comme cela on pourra mieux travailler. Et puis si je demande à Mya, elle acceptera peut-être de te recevoir dans sa maison. Tu te rend compte qu'elle va me faire un appartement rien que pour moi. J'ai vraiment hâte d'avoir ma propre chambre.

Kanon ressemblait à un enfant devant le sapin de noël. Saga comprenait qu'il avait dû trop l'étouffer avec un amour fraternel maladroit. Il s'assombrit et dit à son frère :

-Je n'aime pas Mya.

-Pourquoi ? Elle est gentille comme tout, tu lui demandes de l'aide, elle arrive à la rescousse. S'étonna Kanon.

-Parce qu'elle t'appelle petit frère. Et je suis le seul à avoir le droit de t'appeler petit frère, tu n'as qu'un seul frère et c'est moi et pas une atlante qui transforme le Grand Pope en poupin joufflu. Grogna Saga.

Au rappel de l'épisode, Kanon commença à pouffer, puis explosa de rire, les épaules tressaillant sous les assauts de son hilarité.

-Pppppffffffffrrrrrrr ! AHAHAHAHAHAHAH ! Je crois que je me souviendrai toujours de Shion et de ses petites fesses roses.

-Violettes après la crise de Mû. Il avait l'air tellement stupide, je crois que c'est à marquer dans les annales du Sanctuaire. Pouffa Saga.

Ils riaient comme des fous, jusqu'à ce qu'ils entendent Mya les prévenir par télépathie :

-Dégagez, vite ! Shion arrive et il a l'air furax !

Les deux frères déguerpirent dans l'immense jardin et rejoignirent Aphrodite qui observait avec fascination un petit bassin alimenté par une belle petite cascade et qui était rempli de poissons multicolores. Ils observèrent aussi les poissons puis relevèrent la tête quand ils entendirent le rugissement de fauve d'un bélier fou furieux. En effet, Julian Solo avait fait transiter la discussion de Saga et de Kanon à tous les chevaliers d'or ainsi que les atlantes. Shion avait vu les dieux et déesses se tourner vers lui un petit sourire aux lèvres alors que Rhadamanthe riait comme il n'avait jamais ri auparavant. Shion était rouge de honte, il laissa en plan Cassandre et fonça afin de démolir Saga et Kanon.

-SAGA ! KANON ! ATTENDEZ QUE JE VOUS ATTRAPE !

Il allait recommencer à rugir quand il entendit une petite voix moqueuse qui ne pouvait qu'appartenir à Mya susurrer :

-Bébé Shion n'a pas aimé montrer ses petites fesses potelées à tout le Sanctuaire ?

Tous pouffèrent de rire. Shion sentait que la fumée allait bientôt sortir de ses oreilles. Rhadamanthe demanda à Dohko :

-C'est quoi cette histoire ?

-Une histoire de fesses ! Explosa le chevalier de la Balance.

Mya fit un clin d'œil à sa grand-mère, puis fit apparaître les photos qu'elle avait prises. Accompagnée de sa grand-mère, elle rejoignit les chevaliers d'or, Athéna et Rhadamanthe. Avec un grand sourire vicieux, elle s'exclama par la voix et par télépathie :

-Tu sais pas grand-mère, mais j'ai des photos de Shion quand il était bébé.

Tous les chevaliers d'or eurent de grands sourires et se rapprochèrent d'elle tandis que Cassandre s'exclamait :

-FAIS VOIR ! Ooooooohhhhhh ! Qu'il était choupinou.

Saori s'approcha d'elle et lui dit :

-Il était tout léger et tellement mignon avec ses grands yeux pourpres et sa petite tignasse verte.

Cassandre observa avec beaucoup d'émotion les photos de l'adorable mouflet qui lançait des regards noirs vers l'objectif de l'appareil. Athéna demanda à Mya de lui en faire certaines en double, les trouvant vraiment trop belles. Soudain Shion soufflant comme un taureau en furie apparut et avant de pouvoir dire ou faire quoi que se soit, Cassandre lui colla l'une des photos compromettantes sous le nez en s'exclamant :

-Tu étais tellement choupinou !

Shion tourna son regard pourpre noirci par la colère vers Mya qui avait pris un air innocent. Malheureusement, il ne lui allait pas du tout, surtout à cause du petit sourire machiavélique qui ornait son visage. Le Grand Pope ne pouvait rien faire, pris par Cassandre. Alors, Mya rappela Saga et Kanon leur disant qu'il n'y avait plus de danger. Les deux frères retournèrent dans la grande salle bras dessus-bras dessous devisant gaiement de ce que Kanon avait fait dans la maison du Serpentaire. Ils encadrèrent Mya et Kanon lui dit :

-Merci, tu as toute notre reconnaissance pour nous avoir sauvé d'un bélier en furie !

-KANON !

-Ben quoi, j'ai raison, c'est un bélier et il était furieux ! Argumenta le jeune homme.

-Enfin, je dirai plutôt qu'il est furieux. Regardez comment il observe Mya. Je sens que cette fois-ci, tu vas passer à la casserole. Répliqua Saga.

-Oui, c'est la vie.

-Tu vas être une pauvre victime de la société. La plaignit Kanon qui pouffait de rire.

Saga voyait bien qu'il y avait une très grande complicité entre Kanon et Mya. Une complicité fraternelle comme celle qu'il aurait dû avoir avec son frère. Alors que Kanon et Mya discutaient tranquillement, Saga pouvait voir que Camus se mourrait d'amour pour la belle atlante. Mya ne savait pas quels sentiments elle ressentait envers le maître des glaces, elle voulait attendre d'être au Sanctuaire et surtout dans sa maison pour pouvoir en parler avec Kanon.

La fête dura jusqu'à cinq heures du matin quand le dernier convive quitta le manoir. Mya s'affaissa sur le canapé en s'exclamant :

-Ils m'ont tué cette bande de pique-assiettes !

Camus soupira lourdement en observant la gorge blanche que dévoilait la jeune atlante. Les autres chevaliers d'or étaient tristes pour leur camarade, car Dohko les avait prévenus que Mya avait peu de chance de fêter son trentième anniversaire. Ils se demandaient ce qu'il arriverait à Camus si Mya était tuée. Cassandre fronça les sourcils et dit à sa petite-fille :

-Mya ?

-Oui, grand-mère ?

-Je crois que Julian Solo est resté dans la maison.

-Je vais jeter cette vieille morue.

Elle fonça à la recherche de Julian et le découvrit dans une des chambres tentant de violenter l'une de ses servantes qui se débattait avec tout la force du désespoir. Elle revêtit immédiatement son armure et propulsa violemment le jeune homme contre le mur en rugissant :

-SOLO !

Le jeune homme tentait de se dépêtrer de l'emprise de Mya, mais en vain. Cassandre arriva rapidement et consola la jeune fille tremblante. Mya eut un sourire machiavélique vers le jeune armateur et siffla :

-C'est la dernière fois que tu fais cela ! Poséidon !

-Quoi ! Répondit le dieu un peu énervé de se retrouver scotché contre le mur.

-Je viens d'avoir une bonne idée afin de transformer Julian Solo en un presque Kanon des Gémeaux. Ça vous dirait.

-Oh que oui !

-Il faudrait alors que vous lui effaciez tous ses souvenirs afin qu'on lui en fasse d'autres.

-D'accord.

-Grand-mère, on va aller dans l'ancienne maison du garde chasse.

-D'accord, ma chérie.

Mya suivit de Poséidon sortit de la maison et s'enfonça dans la forêt jusqu'à une vieille maison en pierre. Mya nettoya rapidement l'intérieur, puis elle entoura le jardin et la maison d'une bulle temporelle et transforma Julian Solo en un adorable bambin d'un an. Poséidon comprit qu'elle allait lui donner une autre éducation. Elle se fit passer pour la sœur de Julian et s'occupa de lui. Elle l'éleva avec la même douceur et la même fermeté que ses parents et sa grand-mère après eux. Durant dix huit années qui ne représenta que dix huit minutes pour les autres, elle l'aima comme un fils, le punissant quand il faisait des bêtises, le récompensant quand il travaillait bien. Entre ses mains, il devint un autre homme, humble, doux, courageux, généreux et aimable. Son côté charmeur même s'il était encore là, était bien moins présent et il n'en abusait pas. Poséidon était ravi, son corps mortel était pour lui parfait. Quand elle fêta les dix neuf ans de Julian, elle ôta la bulle temporelle et tous les deux rentrèrent dans le manoir.

La première personne que Julian vit, fut Saori. Elle eut un sourire en remarquant une lueur qu'il n'avait pas avant, une lueur de curiosité innocente qu'il avait gardé. Elle eut un autre sourire, Mya avait fait du bon travail avec le jeune armateur qui était prêt pour entrer dans sa nouvelle vie. Il la salua avec respect et se présenta :

-Bonjour mademoiselle, je me nomme Julian Solo. Comment vous appelez-vous ?

-Je me nommes Saori Kido.

-Saori, c'est une très joli prénom. Mais je dois vous laisser, ma sœur m'a dis de la suivre et je risque de la perdre. A bientôt.

Julian se mit à courir pour rattraper Mya et la découvrit en train de parler avec Kanon, un autre homme avec des cheveux violet et des yeux pourpres. Poséidon reconnu immédiatement Sorrente de la sirène maléfique, mais Julian ne l'ayant jamais vu, ne sut pas son nom, ni même le nom de la délicate apparition qui se tenait près des deux hommes et de sa sœur. Elle avait de longs cheveux blond et des magnifiques yeux bleus. Julian frappa timidement à la porte, puis entra. Sorrente ne reconnaissait pas du tout Julian, il était complètement différent. Le jeune armateur s'approcha et se présenta :

-Bonjour, je m'appelle Julian Solo.

Sorrente se présenta ainsi que la belle apparition :

-Je me nomme Sorrente et la jeune femme près de moi se nomme Thétis.

-Je suis ravi et de vous connaître Sorrente, et je suis ravi de connaître votre compagne. Répondit franchement Julian.

Thétis répondit à Julian avec un sourire intimidé. Là, la réaction fut rapide, le jeune homme devint rouge comme un pivoine, il tenta de trouver quelque chose à dire pour sortir de sa gêne sans savoir que Thétis rougissait autant que lui. Ce fut Mya qui le sortit d'affaire en lui disant :

-Je t'ai appris tout ce que tu devais savoir sur toi, maintenant tu dois reprendre ta vie.

-Je… je dois partir ? Tu vas m'abandonner, petite sœur ? Demanda Julian qui commençait à paniquer. Ce serait la première fois qu'il serait seul sans elle.

-Je me dois au Sanctuaire comme Sorrente et Thétis au Sanctuaire sous-marin. Répondit le treizième chevalier d'or avec un sourire.

-Où se trouve le Sanctuaire sous-marin ?

-Je suis sûr que Sorrente et Thétis se feront une joie de te le faire découvrir.

-Tu crois ? Demanda Julian son regard pétillant de joie de vivre.

-Oui, j'en suis sûr.

-Alors je vais y aller. Au revoir Mya, tu feras attention, hein !

-Oui, je te le promets.

Julian salua avec respect Kanon, Mya et Saori, puis suivit Sorrente et surtout Thétis qui faisait battre son cœur. Julian, voulant tout savoir du Sanctuaire sous-marin, discutait joyeusement avec son général et apprit toute l'histoire. Il apprit que ses généraux l'attendaient au Sanctuaire sous-marin, et que Kanon était normalement son 7ème général des mers, mais il restait au sanctuaire d'Athéna. Mais ça il le savait, Mya le lui avait dit.

Maintenant que le manoir était débarrassé des gêneurs, Mya ordonna au gardien de fermer les portes de la propriété afin qu'ils puissent se reposer. Ils allèrent tous se reposer, les domestiques nettoyèrent le manoir tandis que deux atlantes terminaient se qu'ils avaient commencé l'avant-veille. Tous les chevaliers se réveillèrent en sursaut trois heures plus tard quand Shion hurla :

-OOOOOOOOOOOOOOOOOUUUUUUUUUUIIIIIIIIIIII !

Mya mit des boules quiès et un oreiller sur la tête avant de trouver le sommeil. Ils se réveillèrent assez tard. Mû en descendant prendre son petit déjeuné découvrit son père en train de siroter un thé, un sourire béat flottant sur son visage remplit de bonheur. Mû lui demanda :

-Alors, tu as bien dormi papa ?

-Hein ! Oh oui ! Tu sais, je suis fou de Cassandre. Je l'aime tellement.

-Papa, je crois que tout le monde le sait. Et puis d'après Mya, ce sentiment est réciproque.

Mû eut la joie de voir les yeux pourpres de son père s'animer d'un pétillement de bonheur qu'il n'avait jamais vu auparavant. Mû était vraiment heureux pour son père, il commençait à retrouver le goût de vivre et non plus pour simplement servir Athéna. Il se souvint que durant tout son entraînement avec son père, il l'avait toujours vu serein, calme, mais ses yeux étaient teintés de mélancolie et d'une immense tristesse. Cette douleur montrait bien que la mort de sa première épouse l'avait brisé. Et là, enfin, le sourire venait de contaminer ses yeux. Tout cela grâce à Cassandre et à son amour pour lui. Cette dernière arriva en chantonnant joyeusement. Mû la salua avec respect et se surpris à penser qu'il aimerai bien l'avoir comme mère. Il rougit brusquement à cette pensée. Ce rougissement passa inaperçu, car elle était en train d'embrasser langoureusement son bélier qui faillit défaillir de bonheur. Elle s'assit sur les genoux de son beau bélier et prit son petit déjeuné dans cette position. Deux minutes plus tard, Mya entra et les vit se bécoter amoureusement.

-Beurk ! Vous pourriez faire ça autre part, il y a des enfants ici.

Mû pouffa de rire dans son thé alors que la jeune femme baillait et commandait à la cuisinière son petit déjeuner. Elle lança un regard endormi vers les deux amoureux et elle demanda :

-Vous n'avez pas fini tous les deux ?

-Tu es une vieille rabat-joie ! Rétorqua Cassandre en lui tirant la langue.

-Et ça vient de ma grand-mère. Qu'est ce qui faut pas entendre ?

Mya mangea en baillant son petit déjeuné, puis alors qu'elle en était à son sixème pain au chocolat et son quatrième croissant, Cassandre demanda à Shion et à Mû :

-Ça vous dirait de voir le plus grand trésor des Laporte ?

Les deux atlantes se regardèrent, puis répondirent en même temps :

-Ce serait avec plaisir.

-Parfait ! Mya ma chérie ?

-Que me veux-tu, Ô ma vieille grand-mère adorée ?

-Je voudrai montrer notre trésor à Shion et à Mû.

-Pourquoi tu me le demandes ?

-Parce que cette maison est la tienne maintenant. Et il faudrait que tu sois en armure.

-Pour descendre dans la cave ! S'étonna la jeune femme.

-Oui.

-Ppfffuuuu ! Et quand ?

-Maintenant.

-Mais je ne suis pas habillée.

-C'est pas grave, tu auras ton armure sur le dos.

-Oui, mais en dessous je serait en pyjamas ça fait pas vraiment sérieux. Et puis je n'ai pas terminé de manger.

-Espèce de ventre sur patte !

-Violeuse d'atlante ! Siffla Mya.

Shion et Mû pouffèrent de rire tandis que Cassandre s'exclamait :

-C'est pas vrai !

-Ah oui ? Alors pourquoi on l'a entendu beugler comme un bélier en rut ! Shion devint écarlate alors que son fils riait comme un fou. Cassandre répondit :

-Mais il l'était !

-De quoi ?

-En rut !

Les beaux yeux pourpres de Mya s'écarquillèrent sous la stupeur et sut que sa grand-mère aurait toujours le dernier mot. Elle termina son chocolat, se nettoya la bouche, se leva et dit en s'étirant :

-Ok ! Bon on y va ?

L'armure du Serpentaire la recouvrit en quelques secondes protégeant parfaitement son corps contre la moindre attaque. Cassandre se leva en tremblant, les mains sur sa bouche puis elle murmura :

-Tu es tellement jolie ma chérie. Je comprends maintenant pourquoi le jeune Camus est si amoureux de toi.

-Grand-mère. Arrêtes, tu vas me faire rougir.

-Mais c'est le but mon petit ange. Murmura Cassandre en embrassant tendrement sa petite fille.

A suivre