Salut aux fidèles d'escaflowne ! petit chapitre histoire de connaitre un peu mieux notre brave Arion avant d'attaquer les choses sérieuses ! j'espère que vous n'avez pas l'impression que les choses n'avancent pas ! moi c'est un peu mon sentiment parfois quand une scène très courte dans ma tête me demande autant de paragraphes ! en bref bonne lecture et à la prochaine ! ^_^

- « Tu ne devrais pas faire confiance à ces étrangers aussi facilement Wayane ! » s'exclamait Arion pour la énième fois depuis qu'ils avaient embarqué à bord de la forteresse volante.

Wayane l'écoutait d'une oreille distraite, perdue dans ses pensées, le nez collé à l'étroite fenêtre de sa cabine exigüe.

Ne se lassant pas des paysages qui défilaient sous leurs pieds, contrairement à Arion, elle embrassait l'horizon aussi souvent que possible en attendant d'arriver à leur mystérieuse destination, guidés par le pouvoir de la déesse ailée qu'elle hébergeait en son sein.

Arion considéra avec découragement le silence éloquent de son amie. Wayane semblait de plus en plus distante… le vide de ses souvenirs semblait la faire souffrir davantage qu'auparavant et il était évident que l'ampleur des nouveaux pouvoirs qu'elle se découvrait l'effrayait et la déconcertait. Lui-même ne voyait pas d'un bon œil que Wayane fasse appel à de tels pouvoirs, en particulier sous le contrôle qu'exerçait ce Van. Même s'il essayait de se convaincre que la déesse ailée guidait leurs pas, il redoutait que des forces obscures soient à l'œuvre et que leur principal instigateur soit ce guerrier qu'il cernait si difficilement.

Il n'aimait pas la façon qu'il avait d'épier Wayane, et de poser sur elle ce regard étrange.

Il soupira bruyamment dans l'espoir d'attirer l'attention de sa protégée.

- « Wayane … tu m'écoutes ? »

- « Bien sur Arion je ne fais que ça » répliqua-t-elle en lui adressant un regard patient et un faible sourire, « et je comprends parfaitement ta réserve… Mais je t'assures que nous n'avons rien à craindre de ces gens. Nous serons d'ailleurs peut-être dès ce soir sur le chemin du retour ! » ajouta-t-elle pleine d'espoir pour la délivrance des captives.

Si Wayane avait vu juste, et Arion n'en doutait pas, ils arriveraient vers la fin de l'après midi au lieu de leur captivité. Evidemment rien n'empêchait que les malfaiteurs aient changé de planque depuis le moment où Wayane les avait localisé. Mais il ne voulait pas gâcher ses espoirs, et surtout il priait comme elle pour que cette histoire se termine au plus tôt afin qu'ils regagnent tous les 2 le village de Ryoga. Il en avait plus qu'assez de ce vaisseaux et de ses occupants ! Le dénommé Gadès n'avait pas mis longtemps à lui mettre la main dessus pour l'obliger à participer aux divers taches qui animaient le vaisseaux jour et nuit. Arion était persuadé que c'était pour l'éloigner intentionnellement de Wayane…

- « Et si les femmes ne sont pas à l'endroit où tu les as vu, que feront nous ? » s'enquit-il sur la défensive.

- « Ce que j'ai promis… je chercherais à nouveau Merle la jeune femme chat, et nous nous lancerons à leur poursuite ! » dit-elle distraitement.

- « ça pourrait ne jamais finir Wayane ! Tout cela ne nous regarde pas ! tu les as mis dans la bonne direction, maintenant nous devrions rentrer chez nous. »

- « Comment Arion ? tu veux être débarqué au milieu de nulle part dans ces montagnes sauvages ? Ils ne peuvent pas se permettre de faire demi tour maintenant ! »

Arion savait bien qu'ils étaient coincés … mais il espérait entendre dans la bouche de Wayane que leur village lui manquait… Pas une seule fois elle n'avait fait allusion à Oga chan ou à aucun des villageois qui l'attendaient avec anxiété dans leur vallée isolée de Sarosca. C'était leur prêtresse … c'était son amie … il la dévisagea longuement en silence tandis qu'elle replongeait dans sa mélancolique contemplation des nuages et des cimes abruptes qui en émergeaient.

Il sentit ses yeux le piquer et les larmes menacer de couler devant la difficulté qu'il éprouvait à exprimer tout l'amour qu'il ressentait pour elle. Les prêtresse de la déesse ailée semblaient intouchables … Oga lui avait déjà donné un avertissement … ne tombe pas amoureux de cette femme là lui avait-elle recommandé …mais on ne commande pas l'amour et Oga le savait parfaitement.

Ses pouvoirs la maintenait comme sur un fil tendu entre le monde des morts et celui des vivants, la rendant si difficilement abordable pour la plupart des villageois. Lui avait su s'en faire une amie, mais il ne parvenait pas à franchir les trop nombreuses murailles qu'elle avait dressé autour d'elle. C'était une fatalité cruelle…et malgré ses prières le problème semblait inextricable. La déesse ailée était bien au-delà de ces considérations et tourments humains…elle faisait régner l'équilibre entre le monde des vivants et celui des morts, entre les forces de la nature et le potentiel des hommes, entre les Cieux et la Terre … Elle était mère de toutes les créatures et donc d'aucune en particulier… peu lui importait les prières du jeune homme dont le cœur meurtri était chaque jour soumis à rude épreuve.

Et comme la déesse ailée, Wayane ne soupçonnait pas les tourments qu'il subissait en la côtoyant ainsi.

Mais le plus douloureux était de la surprendre en train de s'ouvrir à ces étrangers …elle semblait attirée par eux, cherchant des réponses, des indices, probablement dans l'espoir de ranimer sa mémoire. Lorsqu'elle ne rêvassait pas, elle discutait souvent avec les membres de l'équipage, plus facilement qu'elle ne l'avait jamais fait avec la plupart des villageois de Ryoga. Ici elle n'était plus l'incarnation pesante de la déesse ailée, elle semblait plus libre. Il l'avait même surpris une fois en tête à tête avec ce maudit Van, discutant tranquillement de sujets qu'elle n'avait pas voulu aborder avec lui lorsqu'il l'en avait prié innocemment.

Arion reporta son attention sur la jeune femme à l'esprit toujours perdu dans les nuages. Son cœur se serra devant la douceur de ses traits, et la mélancolie de son regard émeraude. A la voir si calme et pensive, on ne soupçonnait pas à quel point elle pouvait être têtue !

Il serra les poings et se détourna lentement, se jurant de tout faire pour la protéger de l'influence des étrangers et la ramener dans le giron de ceux qui l'aimait vraiment.