Oui. J'ai un jour de retard. a décidé de crasher hier soir quand j'ai voulu posté (à une heure du matin, je sais). Donc oui. Un jour de retard. Enjoy !

Contexte : Karakura, années 1910


21# Sunset (Coucher de soleil)

Les deux amis s'étaient assis au bord de la rivière et ils avaient amené avec eux de quoi boire. Pour le moment, Kisuke avait retiré son habituel haori et son haut pour laisser sa peau encore sensible prendre un peu l'air. Il ne s'était pas exactement attendu à cette douleur sourde, ni même à ces sensations. S'il avait voulu se faire tatouer, c'était avant tout pour comprendre. Comprendre pourquoi Shinji était parti en quête de cette douleur au point de couvrir la quasi-intégralité de son corps. Les aiguilles, la souffrance engourdie... Le sang et l'encre. Peut-être est-ce qu'il pouvait toucher du doigt ce désir qui avait animé son meilleur ami, qui l'avait poussé à créer cette fresque dont le sens lui avait quelque peu échappé.

A côté de lui, Shinji était allongé et profitait des derniers rayons du soleil qui illuminaient la berge, une coupe de saké à la main.

- T'es sûr qu'tu veux pas qu'j'applique l'onguent, he ?

- Est-ce que tu ne devrais pas plutôt profiter de ce que tu as sous les yeux, Hirako-san ?

Le regard du Vizard se détourna du paysage pour contempler le dessin qui ornait maintenant le dos de Kisuke. Après de longues heures de travail, elle était enfin complète, cette déesse sanglante. Benihime sous les traits de Kwanon aux Mains Fraîches. Le choix avait été surprenant de la part du scientifique, ou peut-être pas tellement en y réfléchissant. La compassion dans le sang. La compassion au coeur de la difficulté. Et celle qui avait toujours été à ses côtés depuis qu'il avait appris son nom.

Profiter de ce qu'il avait sous les yeux ? Ce n'était pas trop difficile. Profiter de chaque trait noircissant la peau, de chaque tâche de couleur mettant en valeur le dos de son ami, ce n'était pas ce qu'il pouvait appeler une torture. Avec un petit grognement, il se releva et finit sa coupe d'un trait.

- Passe moi l'pot.

- Je t'assure que...

- Plus facile d'faire ça avant qu'le soleil s'couche et qu'on doive rentrer, pas d'accord ?

Il n'eut pas de réponse pendant plusieurs minutes, mais ne répéta pas la question, préférant regarder le soleil qui descendait lentement dans le ciel. Finalement, Kisuke lui tendit l'onguent. Avec un sourire, Shinji s'en saisit, s'installa derrière lui et se mit à masser son dos pour faire pénétrer la mixture que le scientifique avait crée quand lui-même avait commencé à faire faire ses propres tatouages. Un petit soupir de contentement s'échappa des lèvres du plus jeune alors que les mains fraîches de son ami parcouraient sa peau.

- Et voilà, fini. Et p'têtre même qu'maman Kensei va pas râler si on rentre après l'coucher du soleil, ajouta Shinji en refermant le pot d'onguent et en se resservant du saké.