Que dire, que dire...
Eh bien, avant tout, bonjour à toutes (ou à tous, pour les rares garçons qui me liraient XD ) !
Sachez que je ne sais pas réellement quoi dire... En réalité, il était normalement prévu que je poste aujourd'hui (ce que je fais, donc, comme vous pouvez merveilleusement le voir :3 ), mais... J'avais, dans le chapitre 20, oublié de préciser cette date... Oui, j'ai précisé le 26/27, le 1er janvier... Mais pas celle-ci. Oui, je me sens coupable, certes... Mais d'un autre côté, avouez que vous êtes doublement content d'avoir un nouveau chapitre! (j'avais d'ailleurs prévenu sur Twitter, donc viendez nous voir! è.é )
Donc bon... En plus, comme ce chapitre est trèèès lié au précédent (sur les sentiments de Misaki, précisément), il fallait rapidement que je le poste, et cela, avant même de prévoir ces sorties multiples de Décembre... ALORS J'ESPÈRE QUE VOUS ALLEZ BIEN ME REMERCIER, HEIN, JE ME METS EN RETARD POUR VOUS, VOUS SAVEZ E.E# Plus sérieusement, je dois commencer l'écriture du chapitre 27 (oui, le PDV surprise dont je parlais sur Twitter a finalement été muté sur le 26, par manque de pages... Faut bien meubler ses chapitres vides, vous voyez...), et je poste beaucoup en ce moment... Je perds mon avance...
J'espère que vous me serez reconnaissants, hein e.e Moi qui n'aime pas me retrouver à écrire pour poster le lendemain, comprenez pas souffrance! ;.;
BON, bref, en tout cas, j'espère que vous apprécierez ce chapitre!
N'oubliez pas de me laisser un commentaire, c'est tout ce qui me motive à écrire! Pensez-y :3 (non, parce que vous pouvez toujours me payer, si vous voulez pas commenter... Ca reviendrait au même, vous savez '.' )
Bonne lecture!
Katia
Chapitre 21
Misaki Takahashi
Il était très difficile de décrire les sentiments qui déferlaient à l'intérieur de Misaki… L'impression d'avoir rêvé quelques minutes, alors que tout cela avait duré des heures… La peur de ne peut-être jamais se réveiller, et donc de faire face à un cauchemar sans fin.
Il n'avait pas pu se rendre compte lui-même de la longueur de son… Souvenir.
Atroce souvenir.
Tout comme lors de sa seconde séance d'hypnose, des blancs avaient parsemé son esprit, coupant parfois des morceaux de sa mémoire. Peut-être était-ce ce qui lui avait permis de tenir le coup… ? De pouvoir… Se reposer entre l'horreur de ces flashbacks qu'il aurait souhaité ne jamais retrouver ? Qui pouvait bien le dire… Lui-même doutait fortement de la résistance mentale qui lui restait.
Toutefois, il était parvenu à la fin du "cauchemar", sans perdre la raison… Ou du moins, il l'espérait de tout cœur. Il lui était difficile de rendre compte de ses propres sentiments, dans l'état psychologique vague et flou dans lequel il était plongé.
Un gros blanc, brumeux… Un brouillard qui le maintenait entre la réalité et ses anciens souvenirs. Quelque chose qu'il connaissait déjà, en somme, puisqu'il l'avait déjà vécu, après le souvenir de sa première échappée.
Coincé entre le rêve et le réel. Submergé par des émotions qu'il ne savait décrire… Tout cela donnait lieu à d'étranges sentiments.
Cependant, cela avait été plus marqué, cette fois, comme si la brume qui enveloppait son cerveau s'était durement épaissie. Il n'y avait aucun mot pour décrire la sensation d'engourdissement mental dont il était la fâcheuse victime.
Cela avait tout d'abord semblé insurmontable… Certes, il avait réussi à s'éveiller après son second souvenir, mais il fallait dire que ledit souvenir avait été beaucoup moins frappant que celui-ci…
Celui… De son viol. De la trahison envers Usagi, celui qu'il aimait. Celui qu'il avait toujours attendu, qu'il avait toujours appelé, au travers des murs de sa cellule.
Comment aurait-il pu s'éveiller aisément, après cela…?
Il avait, pendant quelques instants, senti un blanc particulièrement épais, coupant bref son souvenir, l'empêchant de le continuer, et encore plus de se réveiller. Il avait beau être semi-conscient… Il l'avait tout de même senti. Pour autant, il n'avait pas pu faire quoi que ce soit.
C'était comme assister à un rêve. Voir, être spectateur… Mais ne pas pouvoir agir. Il n'y avait pas de meilleure comparaison. Tout comme l'état du songe, il lui était difficile d'aligner la plupart de ses pensées. Tout avait semblé si rapide, et si lent à la fois.
Il n'existait probablement rien au monde pour décrire ce qu'il avait ressenti tout le long de cet examen, de cette séance d'hypnose.
Pourtant, il s'était passé quelque chose d'incroyable, durant ce qu'il avait ressenti comme un lourd sommeil…
En effet : dans ce monde si brumeux, si vaste, et si silencieux… Une lumière avait fait son apparition. Quelque chose s'était démarqué, comme pour lui montrer le chemin.
Une… Chaleur qu'il avait cru connaître. Et qu'il avait suivi, par confiance aveugle.
Parce qu'il… Connaissait, cette lumière… N'est-ce pas?
Il s'était senti étrangement calme, à l'arrivée de cette dernière, détendu, comme si soudainement, la menace d'un quelconque danger était devenue parfaitement inimaginable : la peur n'avait plus sa place ici.
Et alors il l'avait suivie. Comme un guide. Et où cela l'avait-il mené?
A la sortie du brouillard. A la suite de ce qu'il se passait avant la "coupure".
A la suite de son flashback.
Tout s'était passé très vite : il avait simplement continué à revoir les images défiler dans sa tête, sans pouvoir savoir si le tout se passait réellement vite, ou non. Sans savoir si le monde réel coïncidait avec le sien.
Tout était bien trop compliqué, pour quelqu'un comme lui : il n'était pas en mesure de comprendre ce qu'il se passait exactement, de toute façon. Il n'était qu'un ex-étudiant, sans aucune connaissance médicale… Il n'était pas capable d'expliquer tout cela, si ce n'était que décrire dans ses propres mots ses ressentiments face à l'étrange expérience qu'il venait d'éprouver.
Et cela ne s'était pas arrêté là : la lumière était revenue plus tard, à la fin de son souvenir.
Plus faible, plus… Discrète. Il n'avait pas su pourquoi, à la première impression… Et pourtant, son esprit semblait s'éclaircir de plus en plus, reprenant davantage de pouvoir et de conscience de seconde en seconde.
Le brouillard disparaissait peu à peu… Le monde extérieur semblait même lui tendre les bras!
Les sons avaient commencé à parvenir jusqu'à lui, tout comme les autres lumières, encore plus faibles que la première… Et il avait compris.
"Pourquoi….? Pourquoi ça se passe comme ça…?"
Cela avait sonné dans tout son crâne, résonnant à travers les parois, avec un écho si fort, qu'il n'aurait pas pu l'ignorer. Quand bien même il aurait pu, il ne l'aurait pas fait.
Car cette voix… Cette voix qui était étrangement parvenue jusqu'à lui, fortement… Il la connaissait. Il la connaissait même très bien.
"Usagi…!" avait-il alors pensé. Après tout, comment aurait-il pu vouloir ignorer la voix de son amant…? Elle qui, pour sa plus grande surprise, semblait si triste et désespérée!
Ce fut tout ce dont il eut besoin pour se réveiller, d'un seul coup, émergeant ainsi durement et froidement à la réalité, comme si l'on l'avait jeté dans de l'eau gelé.
Et ainsi donc, le voilà dans cette salle, réveillé et conscient, après avoir appelé lesdites personnes qui l'entouraient. Trouver des mots pour décrire l'état de stupéfaction dans lequel il se trouvait n'était en aucun cas une mince affaire, et l'expression de visage que lui offrait son amant ne faisait qu'accentuer ce détail. En effet, chacun s'était tourné vers lui, les yeux écarquillés, pendant que lui, touchait doucement sa gorge, comme pour se persuader que tout cela n'était pas –encore- un rêve.
-"Je… Je peux parler…!" Lui-même ne parvenait pas à y croire! Quelque chose de si simple, qui lui avait été précédemment volé, venait de réapparaître soudainement, en un court laps de temps.
C'était presque miraculeux! Et les regards qui lui étaient attribués ne faisaient que renforcer cette idée de miracle… Après tout, il n'était sans doute pas prévu que cela arrive aussi vite!
Et voilà que c'était le cas!
Évidemment, les sons qui s'échappèrent de sa bouche étaient loin d'être clairs… Il fut d'ailleurs surpris de la difficulté de la chose, alors qu'il devait faire un effort considérable pour parler fort, et distinctement… Comme s'il devait tout réapprendre à zéro.
Quelque chose qui était pourtant… Si simple. Tout comme marcher. Courir. Bouger les bras. Tout.
Tout ce qu'il avait pu perdre durant sa captivité, et ce qui s'était ensuivi. En l'occurrence, dans ce dernier cas, sa voix.
Son amant restait ébahi devant lui, affichant une expression presque choquée, les yeux rouges : l'étudiant se demanda alors ce qui avait bien pu se passer durant son inconscience… Il ne gardait pas un grand souvenir de son état "semi-conscient", juste une vague idée… Mais s'était-il passé quelque chose, durant cette période…? Il fronça imperceptiblement les sourcils à ce doute, qui commençait lentement à grandir en lui, alors que les yeux de l'auteur le dévisageaient de haut en bas.
Comme pour se persuader, lui aussi, que rien de tout cela n'était un rêve.
Son frère, quant à lui, restait figé, à quelques pas d'Akihiko, le regard tout aussi surpris et choqué. Que s'était-il passé durant cette séance d'hypnose…?
Le médecin en charge de ladite séance se trouvait, dans son cas, assez éloigné d'eux, à l'autre bout de la pièce, visiblement tout aussi étonné.
Le simple fait d'ignorer la raison de ce choc, présent sur leur visage, suffisait à le rendre plus inquiet qu'il ne l'était déjà. Et l'expression du romancier l'angoissait davantage, à la simple pensée qu'il était, de tous, le plus à même de garder son impassibilité…
Quelque chose s'était passé.
Quelque chose dont il ignorait tout.
Ledit écrivain fit alors un pas dans sa direction, ramenant ainsi à l'ordre l'attention du plus jeune. Celui-ci tendait doucement les bras, presque faiblement, évoquant toute son attention à ne pas le "blesser". A ne pas le "briser", lui qui était devenu "si fragile" avec ce qu'il avait vécu.
Mais le brun ne pouvait pas lui en vouloir, à lui, comme à son frère : après tout, le fait de perdre un être cher devait être assez éprouvant comme cela. Peut-être n'était-ce pas la même souffrance que ce qu'il avait pu ressentir durant ces six mois, mais cela restait tout de même très dur à supporter. Il pouvait d'ailleurs aisément le comprendre, en se mettant à leur place.
L'autre arriva finalement près de lui, sous les yeux écarquillés des deux autres hommes dans la pièce.
-"… Misaki…" Ce fut un murmure très faible, qui se révéla être la première phrase à son attention, depuis son réveil. Prononcée par celui qu'il aimait, celui qui… Qui avait été le premier à le retrouver à l'hôpital.
Et peut-être la voix qui l'avait tiré de son cauchemar…? Il ne savait plus.
Tout était trop flou… Pour autant, il en avait le sentiment, l'impression. Comme un rêve dont on se rappelait quelques bribes. Les bribes les plus importantes.
Un contact se créa sur son bras, le forçant à revenir à la réalité, ainsi qu'à détourner ses yeux de ceux de son amant, les yeux violets et améthystes qu'il avait tant recherchés quelques mois auparavant. Le romancier laissa, avec une douceur infinie, sa main s'aventurer sur son bras, tout en le regardant, presque désespéré. C'était à croire que celui-ci se retenait plus que bien de le serrer de toutes ses forces, probablement par peur de le blesser.
Il n'y avait aucun mot pour décrire l'expression que l'autre affichait : c'était tout simplement indéfinissable. Ses yeux semblaient crier, hurler même, la peur et la tristesse qu'il avait pu ressentir plus tôt, pendant que lui se trouvait être inconscient.
Ses lèvres se courbèrent enfin dans un sourire, presque imperceptible, mais qui parvint tout de même à Misaki : du soulagement, voilà ce qu'on pouvait y voir.
Et le concernant, lui aussi était soulagé.
Mais alors qu'il baissa son regard vers la main qui caressait presque tendrement sa peau, à travers le tissu de son pyjama, quelque chose bondit à lui, subitement.
Son soulagement disparut aussitôt.
Cela ne se passait pas comme prévu… Pas comme il l'espérait.
On le prenait par surprise!
Après tout, il s'était réveillé avec un sentiment de plénitude, de… D'inquiétude inexistante. Mais c'était quelque chose d'irréel, après ce qu'il avait vu. Ce qu'il avait même revécu!
Car ce qu'il avait vu restait un souvenir ineffaçable… Un moment qui resterait, pour toujours, gravé dans sa mémoire, qui le hanterait jusqu'à la mort. Quoi de plus normal, avec un souvenir tel que celui-ci…? Et lui qui s'était réveillé simplement, comme si de rien n'était, comme si… Tout n'avait été qu'un rêve, un moment qui ne s'était jamais produit.
Or, là aussi, il allait se réveiller.
Ce fut une claque émotionnelle qu'il reçut de plein fouet, à mesure que les doigts de l'écrivain, pourtant si doux et si attentionnés, caressaient son bras couvert de blessures : des flashs. Voilà ce qu'il avait : des flashs.
Lui qui s'était réveillé avec un sentiment de quiétude… Il était soudainement rattrapé par les événements.
Les images de son viol, de ce Vladlen qui lui souriait de toutes ses dents, de son espoir qui lui était arraché petit bout par petit bout… Tout cela lui revenait en mémoire, à une vitesse impressionnante.
Par le simple contact exercé sur son bras, tout semblait lui revenir, comme pour lui remontrer l'horreur qu'il avait vécu.
"Parce que vas tromper ton cher «Usagi» avec moi…?"
"Tu ne «voulais pas»? C'est ça que tu essaies de me dire…?"
"Pourtant, tu avais l'air d'être parfaitement d'accord, quand je suis venu te voir… Ce ne serait pas très «fair-play» d'annuler notre arrangement maintenant, non…?"
"Je suis loin d'être le coupable, ici… Tu n'arrêtes pas de me supplier, certes… Mais je te rappelle que tu es le seul à avoir pris ta décision, je me trompe?"
"Laisse moi remettre les choses en place, tu veux? TU as accepté mon marché. TU es responsable de la situation dans laquelle tu te trouves."
"Tu crois vraiment que tu as la force de m'arrêter, attaché comme tu es? Soyons sérieux..."
-"Parce que tu m'appartiens."
Cela ne dura qu'une fraction de seconde, toutefois… Cela fut suffisant pour radicalement changer son expression de visage, ainsi qu'à créer un recul impressionnant entre lui-même, et son bien-aimé.
Lui, qui auparavant souriait presque du miracle dont il avait été l'heureux bénéficiaire, arborait maintenant un visage horrifié, et plein de dégoût.
Son soudain recul attisa la curiosité, et le choc de chacun dans la salle, et plus particulièrement de l'écrivain, qui lui aussi, se recula, peut-être effrayé à la possibilité de lui avoir fait mal.
Mais évidemment, cela n'avait rien à voir avec la douleur, non… Juste…
L'horreur de réaliser à quel point l'instant lui-même était atroce : l'étudiant, qui avait trahi la personne qu'il aimait le plus… Se trouvait justement en face de cette dernière.
N'y avait-il pas de situation plus ironique…?
Un grand flux d'émotions prit alors possession de lui, tandis que les yeux de tous le dévisageaient.
Tandis que les yeux du romancier semblaient lui supplier de dire ce qu'il s'était passé.
-"Misaki…?" La voix incertaine qui s'échappa des lèvres de ce dernier ne fit qu'accentuer les sentiments qui grandissaient maintenant en lui.
Il avait… Avec l'autre, il avait-!
Submergé par le dégoût et l'horreur, il porta la main à sa bouche, suffocant presque au simple souvenir des images qui s'étaient soudainement manifestées.
Le visage de l'autre remplissait son esprit, ne faisant que lui rappeler l'horrible marché qu'il avait passé avec lui, avec ce psychopathe. Son sourire dominait les autres images.
Avec lui, il avait-!
Il fut finalement ramené au présent par une forte douleur à l'estomac. Ses yeux s'écarquillèrent, et il sentit immédiatement une grande augmentation de salive dans sa bouche, tandis qu'il cherchait davantage d'air pour respirer.
Il se sentait malade… Malade pour tout ce qu'il avait dû revoir.
Des choses… Qui auraient dû rester oubliées à jamais!
-"Misaki, qu'est-ce qu'il se passe…?!" Une voix différente s'éleva dans la salle, visiblement inquiète par son état. Il n'eut pas besoin de porter l'attention sur ladite personne pour savoir qu'il s'agissait de son frère. Son frère qui ne pourrait rien faire pour l'aider.
Et encore moins l'auteur.
Le brun se fit secouer par un violent spasme, et malgré la résistance qu'il opposait… Ne put s'empêcher de vomir tout son déjeuner sur le sol, en étant, sans cesse, repris de spasmes de toute sorte.
Il ne pouvait pas.
Il ne… Pouvait simplement pas.
Se retrouver en face de celui qu'il avait trahi quelques mois plus tôt… C'était bien trop lui demander.
Il reporta une nouvelle fois sa main à sa bouche, pour se retenir de rendre une seconde fois. Ce fut vain, cependant, et il se plia en deux, encore pris en étau par une monstrueuse douleur à l'estomac, qui le força à vomir à nouveau.
Il ne pouvait pas le supporter… Et ces images qui lui revenaient en tête… Non, il ne pouvait pas!
Deux mains agrippèrent fermement ses épaules, essayant probablement de le relever. Mais malgré cela, ses maux de ventre ne se stoppèrent pas, et même si son estomac était vide, à présent, il ne pouvait pas s'empêcher d'avoir des renvois d'air, n'ayant plus rien à rejeter.
C'était… Atroce. Il n'y avait aucun mot pour décrire cela.
Ce qu'il avait toujours craint, durant sa captivité, en pensant à sa possible échappée… Etait justement en train de se produire!
-"Misaki!" La voix d'Akihiko résonna dans ses oreilles, tandis qu'il se sentait tiré en arrière, être ramené vers l'être qu'il avait lâchement trahi. Et tout ça pour quoi? Quelques heures de sommeil. De la nourriture. De l'eau.
De la pitié de la part de son ravisseur.
"C'est pas vrai… C'est pas vrai…" Cette pensée ne cessait de se répercuter dans son esprit : il ne le réalisait que maintenant! Seulement maintenant!
Il y avait une raison, toutefois… Cependant, il ne pouvait pas se pardonner, même avec cette excuse.
La vérité était… Qu'il avait oublié son viol.
Comme tous les autres souvenirs, les expériences qu'il avait dû revivre de force… Il n'en avait gardé aucun souvenir, si ce n'était qu'une vague impression de "déjà-vu". Il savait seulement que "c'était arrivé". Et rien d'autre. Mis à part quelques images floues, qui se glissaient parfois, et qui disparaissaient dans la seconde.
Bien entendu, sa soudaine perte de mémoire ne pouvait pas être miraculeuse, si bien que les autres viols qu'il avait subis demeuraient fichés dans son vécu… Néanmoins, cela n'avait pas le même impact que le premier. Celui qui avait signé son marché avec ce fou.
Celui qui l'avait marqué comme traître envers Akihiko Usami, la personne qu'il avait suppliée de venir le chercher. De le sauver.
Comment avait-il pu oublier une telle horreur…?!
-"Misaki! Réponds, Misaki!" Les secousses, infligées à son faible corps, le tirèrent soudainement de sa rêverie.
Il lui fallu quelques secondes pour réaliser que les mains qui le maintenaient droit, quelques instant plus tôt, le secouaient maintenant de toutes leur force, comme pour tenter de le réveiller.
Ce qui fut donc chose faite.
L'étudiant cligna des yeux, dans la surprise, avant de lentement commencer à dévisager toutes les personnes autour de lui, ces-dernières le fixant d'une manière très inquiète. Son frère s'était rapproché, et était maintenant à la même distance que son amant, visiblement prêt à l'attraper en cas de besoin. Le médecin, quant à lui, s'était également rapproché, mais restait tout de même derrière les deux hommes.
Et aucun ne semblait oser le moindre mouvement, attendant –sans nul doute-, un quelconque signe du brun. Un signe qui expliquerait ce qu'il venait juste de se passer.
Un signe qui devait rassurer tout le monde.
Mais que pouvait-il bien leur répondre…?
Avait-il justement quelque chose à leur dire, à leur expliquer?
Misaki baissa doucement ses yeux vers la flaque qui avait pris place au pied de son fauteuil.
Il ne pourrait décidément pas nier ce fait… Il connaissait, avant même d'essayer, la réponse s'il tentait d'éluder les questions!
Mais il ne voulait pas en parler… Non, il ne voulait pas lui en parler. Il pourrait à n'importe qui, dans n'importe quelle circonstance…!
Mais pas à lui. Pas à Usagi.
Il ne pourrait pas le supporter.
-"Je…" Un étrange son sortit de ses lèvres, faisant entendre sa voix enrouée aux trois hommes présents à ses côtés. Parler était difficile. Extrêmement difficile.
Et pourtant, il se doutait de ne pas avoir respecté la fameuse "règle du silence" jusqu'au bout… Mais cela restait difficile. Il n'avait suffi que d'un mois sans parler, et voilà : une simple action devenait presque impossible! Tout comme lorsqu'il devait réapprendre à manier ses bras.
Après tout, son manque de force était flagrant.
Sa voix était faible, et articuler semblait être titanesque… Il n'osait même pas imaginer le temps que cela prendrait pour qu'il puisse de nouveau parler, et vivre comme avant.
… Du moins, si futur il y avait…
-"C'est… C'est rien, je ne me… Sentais pas très bien…" Les mots que le plus jeune prononça furent énoncés avec une lenteur incroyable. Cependant, cela parût d'une difficulté sans pareille, chez Misaki, qui dut se résoudre à presque crier pour que l'on l'entende. Mais le volume de sa phrase était comparable à celui d'un murmure. Un chuchotement, même.
Les regards qu'il reçut en réponse lui suffirent à confirmer ses doutes : on ne le croyait pas.
Et pour cause : son excuse ne pouvait pas être plus mal choisie ! Principalement après son flashback qui, il fallait le rappeler, était l'un des plus marquants.
Comment aurait-il pu être cru, avec toutes ces preuves contre lui... ?
Il allait renchérir, mais fut coupé par une autre voix dans la pièce, évidemment bien plus puissante que la sienne :
-"Takahashi... Si vous avez des choses à dire, qui pourraient nous aider, vous ne devriez pas vous taire, vous savez ?" Son psychologue s'était davantage avancé, un air particulièrement intéressé sur le visage, parsemé d'inquiétude.
C'était normal... Oui, normal.
A ses yeux, il restait un patient hors du commun. Et pour les deux autres, chaque information pourrait les mener vers ce "Vladlen"... Mais lui, justement, ne voulait pas en parler.
C'était déjà assez dur de se retrouver en face de son amant, à présent !
L'ex-étudiant secoua brièvement la tête, en signe de négation.
Parler était encore douloureux... Un simple geste suffisait amplement !
Toutefois, cela ne sembla pas suffire à l'écrivain, qui, plus fermement, enserra la main du plus jeune, qui s'empêcha de grimacer à la douleur que cela provoqua à ses anciennes cicatrices.
Il releva lentement les yeux, pour tomber sur ceux du romancier, qui le fixait intensément, ses iris améthystes faces aux siennes. Il était presque toujours autant hypnotisé par ces yeux, ceux qu'il connaissait depuis plusieurs années déjà.
Des yeux qui lui avaient manqués pendant des mois... Et pourtant, la seule chose qu'il souhaitait, à cet instant, était de pouvoir détourner le regard.
Il ne pouvait simplement se tenir droit devant lui, après ce qu'il venait de voir ! Surtout... Surtout si l'on prenait en compte le fait qu'il n'espérait pas le revoir immédiatement.
Oui... Pourquoi se trouvait-il ici, alors que les précédentes séances, il se trouvait dans la chambre, à l'attendre ? Et la même question pouvait se poser pour son frère !
Cela le ramena une nouvelle fois à la fameuse question : "S'était-il passé quelque chose durant son inconscience ?"
Qui pouvait bien le dire ! La simple présence de ces-derniers ne faisait que raviver ses doutes, déjà bien assez grands...
La pression exercée sur sa main s'amplifia, ramenant le brun au présent : l'expression grave et sérieuse de l'auteur ne put qu'attirer son attention, encore une fois.
Ses yeux n'avaient cessé de le fixer, et à eux seuls, pouvaient transmettre tous les sentiments de celui-ci.
Pourquoi devait-il lui faire face... ? Alors qu'il venait juste de sortir de ce cauchemar éveillé... !
-"Misaki... Il va falloir que tu nous dises ce qui t'a fait vomir." Misaki ne put que retenir sa respiration à cette phrase. Sa culpabilité était déjà au plus haut... Il ne pouvait pas lui dire.
Non, pas à lui. Surtout pas lui.
Il laissa un frisson lui échapper, et tout en fuyant le regard de son amant, parvint à sortir sa voix une nouvelle fois :
-"Je t'assure que ce n'est-"
DRIIING !
Un son strident interrompit chaque respiration dans la pièce, raisonnant entre les murs.
Tous se tournèrent rapidement vers la provenance de ce bruit soudain.
Misaki remercia le ciel de lui offrir une occasion d'éluder la fameuse question de l'écrivain, et posa ses yeux derrière celui-ci, pour finalement porter son attention sur l'objet qui avait causé ledit son.
Le téléphone du bureau.
Alors qu'il aurait dû être soulagé de pouvoir éviter de répondre au romancier, il éprouva un brusque changement d'humeur, et il pâlit immédiatement.
Ce téléphone... N'avait-il pas déjà sonné pour informer son psychologue d'un événement lié à... A son kidnappeur ? N'était-ce pas normalement une ligne privée... ?
Il tenta de calmer sa peur grandissante : "Allez... Ce n'est qu'un appel de sa femme... Rien de plus, hein ?" Mais rien à faire.
Le simple souvenir de ce fou, qu'il avait dû revoir quelques temps auparavant... Il ne pouvait pas être calme. Pas même lorsqu'il était simplement mentionné !
Il ne pouvait pas.
Toute possibilité devenait bonne à considérer, après cela.
Et ce coup de fil était justement une possibilité.
Les regards, d'abord portés sur l'objet, dévièrent lentement vers le médecin, qui ne mit que peu de temps avant de s'en rendre compte. Ce-dernier passa sa main dans ses cheveux, en guise de gêne :
-"Continuez, je vais prendre une seconde pour répondre..." laissa-t-il échapper, avant de s'approcher du téléphone, avec une expression exaspérée sur le visage. Le brun n'en fut pas étonné, et savait déjà comment l'homme le considérait comme une "grande découverte médicale", disait-il probablement.
Le son du combiné, enlevé de la base de l'appareil, sembla suffire à Akihiko pour reporter son attention sur lui, sans doute encouragé par l'éloignement dudit psychiatre.
Misaki fut alors de nouveau face au visage -si envoûtant- de son amant, qui n'avait perdu aucune miette de sa grave expression.
Il n'avait sûrement pas apprécié la manière dont le brun avait éludé sa question... Mais qu'aurait-il pu lui répondre, après tout ? Qu'il était désolé de l'avoir trahi ? Qu'il... Ne le méritait pas ?
Il connaissait déjà la réponse à tout cela... Bien sûr qu'il savait l'attitude qu'adopterait l'écrivain !
Celui-ci nierait de toutes ses forces, ferait tout pour lui montrer qu'il l'aime plus que tout, et... Et rien. Et tout continuerait, comme s'il n'avait rien dit.
Non, c'était un problème qu'il voulait gérer seul... Seul.
Son frère, qui s'était agenouillé à ses côtés, affichait quant à lui un air inquiet, dévisageant avec la plus grande attention le plus jeune.
Et lui non plus. Non, pas même son frère ne l'aiderait à surmonter ça.
Il était seul... Encore une fois.
-"Et donc ?" avait repris le romancier, visiblement intéressé de la réponse qu'il attendait depuis maintenant plusieurs minutes.
L'étudiant déglutit silencieusement, tentant vainement de ne pas fuir la situation du regard : c'était comme afficher son mensonge directement ! Il n'y avait aucune utilité à cela...
-"Misaki... ?" Et voilà que Takahiro commençait à lui poser des questions... Il n'était déjà pas de taille à mentir convenablement à Usagi, alors si son frère s'ajoutait à cela...
-"Je... J'avais mal au ventre, c'est tout... Il n'y a vraiment pas de quoi s'inquié-
-Ne mens pas. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?" Il fut aussitôt coupé par Akihiko, qui ne l'avait pas lâché des yeux, comme s'il cherchait à déceler le moindre indice dans son attitude.
Ce qui était probablement vrai.
"Usagi sait tout de suite quand je mens..." Et ce n'était pas la première fois que cela arrivait, au contraire. Qu'il soit question de son frère, de son père... Et même d'Ijuin, l'autre était toujours capable de voir à travers ses mensonges.
Et cette fois n'allait certainement pas échapper à la règle !
Il garda encore le silence, incapable d'avoir la volonté même d'expliquer quoi que ce soit.
Il voulait juste... Résoudre son problème seul. Comme il l'avait toujours fait, non ? L'étudiant était bien assez grand pour cela...
Takahiro allait, lui aussi, insister de nouveau, toutefois, il fut coupé par une autre voix dans la pièce. Une voix qui avait suivi le bruit d'un objet qui était posé bruyamment sur une table.
-"Je suis désolé de vous interrompre, mais..." Chacun porta son attention sur l'homme, dans le fond de la salle. Le médecin qui, quelques secondes plus tôt, se trouvait être au téléphone.
Le médecin... Dont la voix tremblait, et dont le visage avait dangereusement pâli.
Misaki sentit immédiatement un frisson lui parcourir l'échine, à présent certain que ce coup de téléphone n'avait rien de rassurant !
Et comme il aurait souhaité s'être trompé !
-"On a un gros problème..."
Mais il aurait dû s'y attendre... Si cela devait être aussi simple, il l'aurait su bien avant, de toute manière !
Et c'est donc ainsi que toute préoccupation disparut des esprits, pour finalement se concentrer sur une seule et unique chose : ce qu'allait annoncer le psychologue, lui qui semblait hésiter à prononcer à ladite révélation, ses yeux fixant Misaki avec une grande inquiétude. Sans doute pensait-il à sa santé mentale...
Mais à présent, cela comptait-il réellement ?!
Et ayant sans doute pensé au même raisonnement, la fameuse confidence ne se fit pas attendre davantage...
-"Il... Il est venu."
Et à cet instant, tout le monde de Misaki s'écroula, en un éclair.
C'était terminé ! C'était tout ce que cela voulait dire !
Ce troll... Mon Dieu, je vais me faire tuer pour ce troll... XD JE SAIS, J'AURAIS PAS DÛ M'ARRÊTER LA, MAIS C'ETAIT TELLEMENT TENTAAAANT! Pardon, pardooon, je le referais plus! -croise les doigts dans son dos-
Bon, plus sérieusement : j'avais très peur pour le chapitre 20, et maintenant que le chapitre 21 est posté, je peux en expliquer la raison. En fait, si j'avais prévu de poster le chapitre 21 très vite, c'est principalement car je trouvais Misaki EXTRÊMEMENT OOC au moment où il retrouve sa voix. Je m'explique.
Il vient de revivre un des moments les plus traumatisants de sa captivité, et pourtant, ça va. Vous voyez où je veux en venir? En fait, je voulais placer le traumatisme de Misaki dans le 20eme chapitre, mais je trouvais qu'une coupure était nécessaire, parce que... MEUBLAGE MEUBLAGE MEUBLAAAGE INUTILE. J'avais sans cesse l'impression de me répéter, et je flippais énormément. Donc j'espère que maintenant, ça paraît mieux...
Dans tous les cas, dites moi vos pensées à propos de ce chapitre! Pensez à moi, et à mes pauvres minutes d'attentes de reviews! ;w;
J'espère que ça vous a plu!
Merci de me soutenir! A plus tard pour le prochain chapitre!
Réponses aux reviews!
Natsuo : Merci énormément de tes commentaires, je suis vraiment contente que ma fanfic te plaise au point que tu commentes à chaque fois! Merci beaucoup, ça me fait vraiment plaisir de voir tes reviews! J'espère que tu arriveras ici rapidement!
Okami Shiroi : Héhéhé, that is the question...! 8D
Mais vous avez quoi avec les complices de Vladlen? XD Enfin bon, je ne spoil pas, je ne spoil pas... Je suis contente que ça te plaise, et j'espère que ce chapitre t'aura plu! Bisous!
Katsuya Madoka : De rien, je suis vraiment contente que ça t'ai plu! Merci surtout à toi de me lire, ça me fait vraiment plaisir!
Oui, c'est vrai... Mais bon, ce sont des chapitres difficiles, et j'ai vraiment du mal à les continuer. Mais officiellement, j'ai terminée la première partie de ma fanfiction! C'est un stade que je ne pensais pas voir arriver! Donc normalement, ça devrait être plus long! On verra, alors =)
Merci beaucoup, je suis vraiment contente que ma fanfic te plaise! Et mes idées, je ne les trouve pas toutes seules, j'ai ma bêta, mes amis, ma cousine (avec qui j'écris également), etc... Mais c'est vrai que je suis fière de la plupart de mes idées, nyahahaha... 83
Il ne faut pas exagérer, je ne suis pas si géniale x) Il y a des tas de personnes qui font de meilleures fanfics que moi, et plus courtes... Alors bon, je me demande comment vous faites pour me suivre jusque là, jusqu'à plus de 20 chapitres!
Merci énormément, je ne sais pas quoi répondre, si ce n'est que je suis gênée par ces compliments... Merci beaucoup, je suis très heureuse de recevoir de tels commentaires, vraiment! Merci de me lire, et de me soutenir! Bisous!
Miyabie-Chan : Eh oui, il fallait bien que cela arrive, hein! XD Sinon, je suis pas rendue, sinon... Je suis contente que le précédent chapitre t'ai plu!
Héhéhé... Euh... Bah... Surprise? Désolée, j'avais oublié la date XD Bisous!
Yukihana17 : Si tu danses de joie, là, alors qu'est-ce que ça va être, maintenant? XD J'espère que ce chapitre te plaira aussi! Et mon troll de même 8D -sort-
Oui, long... J'admets. Mais au moins, la première partie de ma fanfic est terminée. Là, au chapitre 27, commence la deuxième partie de ma fanfic. Mais chut, je ne dois pas spoiler! =O
J'espère que la suite te plaira tout autant, et merci beaucoup de me suivre encore, après plus de 20 chapitres!
Bisous!
