Bonjour !

Je sais, j'ai un peu de retard, mais voilà, j'avais planifié de publier hier soir mais j'étais vraiment HS (juin est une période tendue pour moi au boulot ;) ).

Que dire d'autre ? Les choses avancent doucement mais sûrement. Nous voilà en 2004. Il restera 2005 après et hop, méga chapitre de transition et on pourra attaquer la "mise en place du Dramione définitif" (parce que là, il se passe clairement des trucs entre eux mais ils sont pas prêts à le reconnaître... Ah la la !).

Je sais que le Drastoria et la conception de Scorpius vous intriguent particulièrement... Certaines personnes commencent à déceler les éléments-clés mais les choses devraient devenir de plus en plus évidentes, je vous rassure.

Sur ce, je vous laisse avec le chapitre du jour. J'espère qu'il vous plaira !

Et mille mercis pour tous vos retours sur cette histoire. Je suis bien consciente que ces débuts peuvent sembler un peu longs à tou-te-s celleux qui attendent impatiemment le Dramione mais promis, c'est pour le bien de cette histoire ;)

Bonne lecture !


RARA :

Marie Pier1 : Non mais y a des enfants partout ! C'est fou ! Et je me vois pas parler de tel ou tel personnage dans la next-gen sans y faire un minimum allusion ici (enfin, sauf pour les enfants de ceux avec qui ils ne sont plus en contact, évidemment ^^). Pour Scorpius, je ne confirmerai rien (mais j'avoue quand même être ravie de vous perturber avec cette partie de l'intrigue, ah ah). Merci beaucoup pour ta review !

Deborah Petra : Merci beaucoup ! Ca me surprend/m'amuse toujours de constater que tu lis ici également :)

Cecile : Et non, pas d'étincelles pour Astoria suite à ce baiser... C'est fou, non ? Remarque, ça fait 20 chapitres qu'elle le dit, que ça ne l'intéresse pas ;)
Tout roule pour le Romione, oui... mais jusqu'à quand ? Va savoir :p Y a trop d'enfants avec tout ce monde-là ! J'ai quand même trouvé amusant de concevoir les enfants de Neville et Harry ensemble. Rowling a l'air très "la vie et un éternel recommencement" donc voilà, je me suis dit que ce serait amusant de le faire avec eux.

Ravie de lire que tu aimes toujours autant, en tout cas ! Merci beaucoup pour ta review


Merci à Damelith, Deborah Petra, Kar Ine, Keichi et Mery-Alice Gilbert pour leur relecture, leurs conseils, leurs corrections et leur soutien.
Merci à J.K. Rowling pour toute son œuvre. Sans elle, rien de tout cela n'existerait.

Illustration d'Upthehill : upthehillart sur DeviantArt


L'Autre

2004 - Drago/Hermione

Drago fut surpris de trouver sa mère attablée dans le petit salon lorsqu'il descendit prendre son petit déjeuner.

- Cela fait des années que je ne t'ai pas vue ici à cette heure de la journée, déclara-t-il en s'asseyant à ses côtés.

- Je n'avais pas envie de déjeuner seule dans ma chambre, ce matin, répondit-elle en beurrant délicatement une tartine grillée.

- Père n'est pas levé ?

- Il est déjà parti dans le Wiltshire, il avait rendez-vous de bonne heure avec l'architecte.

Drago acquiesça en se servant une tasse de thé, perdu dans ses pensées. Cela faisait quelques jours qu'il avait un projet en tête, mais il ne savait pas comment aborder la question avec ses parents. Le fait que sa mère n'ait pas pris son petit déjeuner seule, comme à son habitude, était peut-être le signe qu'elle se trouvait dans les meilleures dispositions pour l'écouter.

- Mère…, se lança-t-il.

- Vas-tu enfin me dire ce qui te tourmente depuis quelques temps ?

Drago répondit d'une petite grimace contrite. Il avait tendance à oublier qu'elle le connaissait plutôt bien.

- Toujours aussi perspicace, n'est-ce pas ? souligna-t-il.

- Avec toi ? Bien plus que tu ne l'imagines, Fils. Dis-moi tout.

- J'aimerais que vous restiez vivre ici, quand les travaux seront finis, avoua-t-il.

- Tu comptes t'installer seul dans le Manoir Principal ?! Mais comment espères-tu tenir seul une telle demeure ?! Surtout qu'il y aura énormément de choses à faire, une fois le travail des bâtisseurs terminé...

- Eh bien, justement... Je ne compte pas y rester seul. C'est juste que… Je compte proposer à Astoria de venir vivre avec moi.

- Il était temps que tu lui demandes sa main ! confirma Narcissa. Vous vous fréquentez depuis des années tous les deux.

Drago ne démentit pas. Même s'ils n'avaient annoncé à leurs parents qu'ils étaient en couple que l'an passé, ils étaient censés être ensemble depuis bien plus longtemps. C'était ce qu'ils leur avaient affirmé, du moins.

- Je ne vois pas ce qui t'inquiète autant, reprit sa mère. J'aime beaucoup Astoria, ce n'est pas un secret. Et c'est tout à fait normal que la nouvelle génération de Malefoy vive dans le Manoir Principal. On pourra y organiser vos noces pour inaugurer le nouveau bâtiment, et...

- Je ne compte pas l'épouser, Mère, intervint Drago.

- Pardon ?! Et pourquoi ça ?

- Nous n'en sommes pas là, Mère…

- As-tu donc si peu de respect pour elle ?

- Là n'est pas la question ! Je tiens énormément à Astoria et tu le sais. Mais nous sommes encore jeunes, rien ne presse.

- Ton père et moi étions déjà mariés depuis deux ans, à votre âge, et…

- Je sais mais nous, nous ne sommes pas encore prêts pour ça, la coupa Drago.

- Si vous n'êtes pas prêts pour le mariage, je ne vois pas pourquoi vous le seriez pour vivre ensemble.

Drago lâcha un profond soupir, ce qui fit froncer les sourcils de désapprobation de sa mère.

- Tu connais Angela Greengrass, Mère. Cette femme est un poison. Astoria est en train de dépérir, à force de rester dans cette maison. Sa mère est tellement toxique qu'elle en a des migraines de plus en plus virulentes, ce qui la fatigue énormément… Et tu sais que son éducation l'empêchera de partir d'elle-même pour se préserver.

- Et tu penses que son éducation lui permettra de partir vivre avec un homme sans être mariée ?

- Si Père et toi m'épaulez dans cette démarche, oui. Je sais que cette demande n'est pas traditionnelle, mais le monde évolue. Le mariage n'est qu'un bout de papier, par Merlin ! Il ne devrait pas revêtir tant d'importance.

- Le mariage est bien plus qu'un simple bout de papier, Drago Abraxas Malefoy ! Surtout pour des gens tels que nous. Un mariage entre Sang-Pur n'est pas une simple union, c'est la fusion de deux fortunes, de deux patrimoines. Nous ne pouvons pas laisser Astoria exploiter nos ressources sans un minimum d'apport de la part des Greengrass.

- L'apport d'Astoria me semble évident, Mère ! Le jardin du manoir du Wiltshire va être à refaire dans son entièreté. Une fois les travaux terminés, il ne restera qu'une sorte de terrain vague, autour de la maison. Tu sais qu'Astoria est la personne idéale pour en faire quelque chose de sublime.

- Pourquoi ne pas vous marier ? Ce serait tellement plus simple…

- Je te l'ai dit, nous n'en sommes pas à ce stade. Même si je le lui demandais, elle refuserait. Nous prenons notre temps depuis le début et ça nous correspond parfaitement. Nous pourrions poursuivre notre relation telle qu'elle est jusqu'à ce que nous soyons prêts pour cette étape si sa mère n'était pas ce qu'elle est.

- Ce n'est pas conventionnel, Drago…, insista Narcissa.

Drago se retint de sourire, sentant qu'elle flanchait peu à peu.

- Notre monde n'est plus conventionnel depuis des années, Mère. De plus, une telle décision prouvera au reste de la communauté magique que les Malefoy savent évoluer et qu'ils ne s'enlisent pas dans des traditions dépassées.

Narcissa garda le silence un moment, analysant sans doute ses différents arguments. Drago ne tenait pas spécialement à retourner vivre dans le Wiltshire, même si le nouveau Manoir Principal ne serait en rien comparable au précédent, mais il s'était dit qu'il devait absolument réagir en rendant visite à Astoria chez ses parents quelques jours plus tôt.

Son amie était alitée, terrassée par une migraine tellement forte qu'elle en avait vomi. Très inquiet, Drago était allé trouver Daphné pour lui en parler et la jeune femme lui avait raconté que c'était de plus en plus fréquent. Apparemment, leur mère était sans cesse sur le dos d'Astoria, lui reprochant un peu tout et n'importe quoi.

Daphné l'avait invitée plusieurs fois à venir vivre avec Millicent et elle à la Roseraie, mais Astoria lui avait répondu que ça briserait le cœur de leur père de voir que ses deux filles étaient parties de la maison sans être mariées.

Drago savait pertinemment que le mariage était exclu entre eux. S'ils avaient beaucoup d'affection l'un pour l'autre, ils ne s'aimaient pas comme un couple marié était censé s'aimer.

Il avait donc réfléchi à une sorte de compromis et en avait conclu que la cohabitation était sans doute la clé. Il savait qu'Astoria ne voudrait pas qu'il mette sa vie sentimentale entre parenthèses pour elle. Avec ce type d'accord, ils pourraient toujours "rompre" s'il devait rencontrer quelqu'un d'autre. Ce dont il doutait fortement. Que ça plaise ou non à sa meilleure amie, les histoires sans lendemain qui ponctuaient sa vie lui convenaient parfaitement.

- Promets-moi que tu comptes la demander en mariage un jour, déclara finalement sa mère, coupant court à ses réflexions.

- Évidemment, répondit-il, sans aucune hésitation.

Après tout, sa mère n'avait pas précisé qu'Astoria devrait accepter.

- Très bien, alors tu peux compter sur mon soutien, conclut Narcissa.

- Merci, Mère, c'est très important pour moi.

- Si ça ne l'était pas, je ne t'aiderais pas.

- Je sais, oui. Mille mercis !

- Ton père sera moins facile à convaincre…

- Je n'en doute pas un seul instant, mais chaque chose en son temps. Que tu sois de mon côté est déjà inestimable. Tu es la meilleure, je l'ai toujours su !

- Cesse tes flatteries, j'ai déjà accepté, répliqua-t-elle platement avant de mordre dans sa tartine.

Drago ne put retenir un sourire amusé puis il termina de boire sa tasse de thé avant de se lever.

- Désolé de te faire faux bond, Mère, mais j'ai un rendez-vous professionnel dans quinze minutes, il est temps que j'y aille.

- N'oublie pas de te rendre dans le Wiltshire dès que possible. Après tout, c'est ta future maison que nous sommes en train de faire construire.

- Promis.

Drago quitta ensuite la pièce pour aller enfiler cape et écharpe afin de se rendre à son rendez-vous avec William Zaurin, le patron du Boursouflet Asthmatique. Il avait beaucoup hésité à lui proposer ses produits, n'ayant pas envie de croiser l'autre idiot de Weasley, mais avait finalement conclu que laisser ce type l'empêcher de faire affaire serait la preuve que cette histoire avec Granger le touchait bien plus que ce qu'il prétendait.

Il était un homme d'affaires avant tout et il ne devait pas l'oublier. De plus en plus de propriétaires de restaurants et de bars se tournaient vers lui pour acquérir les produits dont il était le revendeur et il n'allait pas prendre le risque d'entacher sa réputation naissante pour une histoire de fesses. Drago Malefoy pouvait obtenir ce qu'il voulait à qui était prêt à y mettre le prix et il ne laisserait rien se mettre en travers de son chemin.

Certes, El Otro Reposad resterait l'exclusivité de ses premières clientes, mais depuis ses premiers accords passés avec le Chaudron Baveur et les Trois Balais, il avait quelque peu étendu son offre. Il avait conclu des partenariats avec le Mexique pour de la tequila et du mezcal, la Pologne pour de la vodka et du raki et l'Irlande pour du whisky, certes pas aussi réputé que le Whisky Pur Feu, mais tout à fait respectable.

Si les affaires continuaient à marcher aussi bien, Drago envisageait de se rendre jusqu'au Japon pour négocier avec le fabricant d'un saké dont Abbot lui avait parlé. Apparemment, son fournisseur actuel avait perdu son contrat et si Drago pouvait le récupérer, ça éviterait à la jeune femme de multiplier les intermédiaires.

Pour l'heure, Drago remontait le Chemin de Traverse jusqu'à son lieu de rendez-vous. En fixant une heure si matinale, il espérait qu'il ne tomberait sur personne d'autre que le patron du restaurant.

Il poussa la porte du lieu quelques instants plus tard, faisant légèrement tinter une petite clochette trahissant sa présence.

Il attendit patiemment que quelqu'un vienne le chercher jusqu'à ce qu'il voie Granger sortir des cuisines. A sa plus grande frustration, comme chaque fois que ses yeux se posaient sur elle, son cœur eut un loupé.

Pourquoi fallait-il qu'elle soit là ?! C'était bien sa veine !

- Malefoy ?! l'interpella-t-elle.

- Salut, Granger, répondit-il en retenant un soupir de lassitude.

Il attendait avec impatience le jour où la croiser le laisserait totalement indifférent.

- J'ai rendez-vous avec le patron, reprit-il, pour justifier sa présence ici.

- Oh… Il termine un truc avec… Enfin, il ne devrait plus tarder.

Drago la vit se mordiller la lèvre inférieure de nervosité et empêcha une remarque acerbe de franchir ses lèvres.

Après tout, ils ne se devaient rien. Ce n'était pas leur faute si leurs corps semblaient réagir instinctivement à la présence de l'autre. Il n'y avait rien de réel, entre eux, juste le souvenir lointain d'une nuit à discuter, en France, et la mémoire des sens de cette autre soirée, non loin d'ici. Ce qui, compte tenu de leur passé commun ne devrait avoir aucune importance.

Un claquement sec résonna à travers la pièce quand Weasley jaillit hors de la cuisine, la porte se refermant brusquement derrière lui.

- Ah, tu es encore là ! dit-il en arrivant à leur hauteur. Tu as oublié ton écharpe et il fait froid dehors.

- Merci, répondit Granger en se saisissant du morceau de tissu.

- Bonne journée, à tout à l'heure, ajouta-t-il avant de l'embrasser brièvement sur les lèvres.

Drago ne put retenir une grimace de dégoût devant ce spectacle et vit que Granger avait les joues légèrement rouges lorsqu'elle passa près de lui en fixant ses chaussures pour sortir du restaurant.

- Oh ça va ! gronda Weasley, toujours face à lui, le rappelant au présent. Il serait vraiment temps que tu passes à autre chose ! Suis-moi, le chef Zaurin t'attend dans son bureau.

Drago le suivit, interdit.

Il serait vraiment temps que tu passes à autre chose !

Granger lui avait-elle parlé de ce qui s'était passé entre eux ou faisait-il allusion à ses anciens a priori sur les né-Moldus ? Ce devait être la deuxième option. Impossible que Granger ait parlé d'eux à qui que ce soit. Ou du moins, impossible que Weasley le prenne avec tant de calme si tel était le cas.

Il ne s'attarda cependant pas plus sur la question, le patron du Boursouflet Asthmatique venant tout juste de l'accueillir dans son bureau.


Une fois sortie du Boursouflet, Hermione s'était rendue au cabinet dentaire de ses parents pour les saluer. Elle avait ensuite transplané jusqu'au quartier sorcier d'Oxford pour passer chez l'apothicaire racheter un peu de carapaces de scarabée en poudre puis avait décidé de rentrer jusqu'à chez elle à pied.

Elle avait évité de le faire durant quelques temps, après être tombée par hasard sur Malefoy, puis avait décidé que le monde magique était bien trop limité pour se restreindre ainsi. De toute façon, c'était dans son quartier moldu qu'elle l'avait croisé, et elle estimait que si cela devait se reproduire, ça arriverait, quoiqu'elle fasse.

Raison pour laquelle elle ne fut pas plus surprise que ça lorsqu'elle le trouva juste devant son immeuble quelques instants plus tard. Après l'avoir vu au restaurant plus tôt dans la matinée, ce n'était pas une visite si inattendue que ça.

- Qu'est-ce que tu fais là ?! lui demanda-t-elle malgré tout en guise de salutation.

- Je t'attendais, quelle question. Tu me dois toujours une discussion, répondit-il en ancrant ses yeux dans les siens.

- Tu ne penses pas qu'il serait temps de passer à autre chose, Malefoy ?

Il haussa les épaules dans un geste d'indifférence avant de reprendre :

- Tu peux prétendre tout ce que tu veux quand tu es avec Weasley, mais toi et moi, on sait ce qu'il en est vraiment.

Hermione inspira profondément, se maudissant déjà pour ce qu'elle allait faire.

- Allez, monte, gronda-t-elle, s'insultant en même temps pour son manque de volonté.

A peine la porte de son appartement refermée derrière eux, Hermione sentit les bras de Drago s'enrouler autour de sa taille. Une sorte de barrage céda en elle. Pour la première fois depuis des années, elle avait l'impression d'être enfin complète, là où elle devait être. Toujours vêtus de leurs capes, il s'empara de ses lèvres et elle lui rendit aussitôt son baiser, avide.

Elle ne pensait à rien d'autre qu'à lui, son odeur, sa fougue, sa capacité à lui faire tout oublier, jusqu'à son sens moral. Il se saisit fermement de ses fesses, la soulevant du sol, et elle noua ses jambes autour de lui pour intensifier leur étreinte.

- Ta chambre…, souffla-t-il, entre deux baisers.

Hermione allait lui répondre quand la porte d'entrée s'ouvrit en grinçant légèrement.

- Finalement, Will n'avait pas besoin de moi aujour…, commença Ron, avant de s'arrêter, clairement choqué par la scène qui se déroulait devant lui.

Hermione se dégagea des bras de Malefoy avec l'impression que ses jambes ne la soutiendraient jamais.

Non. Non. Non. Non. Non

NON !

C'était tout bonnement impossible. Tout mais pas ça. Pas comme ça.

Un silence de plomb régnait dans la pièce, Ron foudroyant Malefoy du regard et ce dernier le lui rendant bien. Puis l'ancien Gryffondor sortit sa baguette, menaçant celui qu'il avait toujours considéré comme un ennemi.

- Stop ! cria Hermione, en s'interposant. Par pitié, Ron, range ta baguette !

- Je peux savoir ce qu'il se passe ? cracha celui-ci, livide, sans baisser sa garde pour autant.

- Eh bien quoi, Weasley ? le défia Malefoy en dégainant sa baguette à son tour. Tu pensais vraiment qu'elle se contenterait de toi ? Tu es quand même bien placé pour savoir qu'un Weasley, surtout toi, n'est rien d'autre qu'un deuxième choix ! Toujours à repasser derrière les autres, c'est pitoyable ! Les vieilles robes d'un frère, le rat d'un autre… Mais j'y pense, même ta copine est passé par l'un de tes frères avant d'arriver jusqu'à toi !

Hermione eut l'impression que les mots de Malefoy l'avaient frappée aussi intensément que n'importe quel sort. Le salaud ! Un cri de douleur s'échappa de ses lèvres et il lui sembla qu'elle chutait dans le vide.

- Hermione ! HERMIONE ! Réveille-toi, tu es en train de rêver !

La jeune femme se redressa d'un mouvement sec dans le canapé du studio de Ron, les joues ruisselantes de larmes.

Réveille-toi, tu es en train de rêver.

Une vague de soulagement la submergea.

Merlin merci, tout ceci n'était qu'un rêve ! Un horrible cauchemar. Rien d'autre qu'une farce cruelle de son esprit.

Elle se laissa retomber sur le dos, à bout de souffle, pendant que Ron lui caressait doucement les cheveux.

- Encore un cauchemar avec l'autre tarée de Lestrange ? lui demanda-t-il, une note d'inquiétude perceptible dans sa voix.

- Oui…, mentit Hermione, sentant la culpabilité lui tordre les entrailles.

Mais qu'aurait-elle pu répondre d'autre ? Qu'une de ses peurs les plus profondes venait de la tourmenter ? Qu'elle venait tout juste de rêver que Ron la surprenait dans les bras d'un homme qu'elle ne parvenait pas à oublier, pour une raison qui la dépassait totalement ?

Au final, elle aurait été incapable de dire si ce qui la bouleversait le plus était le désir qu'elle avait ressenti à travers chaque fibre de son être pour Malefoy ou le fait que Ron découvre sa trahison. Certes, elle ne l'avait jamais trompé, mais que son corps réagisse si instinctivement chaque fois qu'elle croisait l'ancien Serpentard était tout sauf sain.

Dégoûtée d'elle-même et de ses pensées impures, Hermione s'extirpa des bras de Ron et s'excusa. Cette nuit, elle ne pourrait pas partager son lit.

.

- Bonjour, marmonna Hermione en pénétrant le lendemain matin dans le bureau qu'elle partageait avec Harry.

- Salut, répondit-il. Tu as l'air crevée…

- Je n'en ai pas que l'air, j'ai passé une très mauvaise nuit…

- Dispute avec Ron ?

- Non, mauvais rêve. Je me suis assoupie en l'attendant et je n'aurais pas dû. J'ai préféré rentrer chez moi après pour ne pas lui infliger ma mauvaise humeur.

Harry se contenta d'approuver par un petit grognement. Hermione savait qu'il était, lui aussi, sujet aux cauchemars, même si ceux de son ami ne devaient pas du tout avoir la même teneur que le sien…

- Comment va Ginny ? s'enquit-elle ensuite.

- Bien, bien. Elle grossit à vue d'œil mais j'adore. J'ai hâte que le bébé arrive !

- Encore un peu de patience, elle attaque le troisième trimestre, non ?

- Elle en est à sa trentième semaine, oui.

Hermione sourit, attendrie de le voir si impliqué dans la grossesse de sa femme. En même temps, venant d'Harry, ça n'avait rien de surprenant. Elle savait parfaitement qu'il rêvait depuis toujours d'avoir sa propre famille.

- Quoi de neuf, à part ça ? demanda-t-elle après s'être servi une tasse de thé.

- J'ai reçu un message de Lars. Des signes d'activité magique ont été perçus chez les Jones de Leeds, il va donc être temps de leur rendre une petite visite. On a aussi reçu une lettre de Poudlard, mais je ne l'ai pas encore ouverte. Je suppose que Minerva nous envoie la liste des né-Moldus identifiés de ce premier trimestre.

- Super ! Comme je n'ai pas beaucoup dormi la nuit passée, j'ai justement eu une idée pour optimiser le classement des dossiers, ça me donnera l'occasion de la mettre en pratique. Je peux voir ?

Harry lui tendit l'enveloppe estampillée du sceau de leur ancienne école et Hermione l'ouvrit aussitôt.

- Alors, il y a beaucoup de noms ?

- Huit, répondit-elle après les avoir comptés. Oh !

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il en se rapprochant d'elle pour lire par-dessus son épaule.

- Là, regarde… Jake Dursley, né le 3 mars 2004, de Dudley Dursley et Penny Dursley, née Hemswood.

- Oh…, commenta Harry, clairement surpris. Ça alors !

- Tu penses qu'il aurait épousé une sorcière ?!

- Va savoir, c'est à toi de monter le dossier… mais ça m'étonnerait quand même. Mon oncle et ma tante risquent de péter un câble, par contre !

- C'est probable…

- Tu penses qu'on devrait le leur annoncer dès maintenant ? demanda Harry.

- Je ne sais pas… Ce n'est pas la procédure que nous avons mise en place, mais en même temps, c'est ton cousin. S'ils n'avaient pas été ce qu'ils sont, vous vous verriez peut-être régulièrement.

- J'ai reçu une carte de bonne année, lui fit-il remarquer. Peut-être qu'il préparait le terrain…

- Tu veux aller le voir.

- Je ne suis pas sûr…

- Ce n'était pas une question, Harry, souligna Hermione. Je te connais, c'est une nouvelle trop importante pour que tu restes ici à attendre que l'enfant manifeste ses premiers signes de magie.

- C'est vrai… Tu viendras avec moi ?

- Évidemment, confirma-t-elle sans aucune hésitation.

Surtout que de base, c'était à elle d'aller annoncer la nouvelle aux parents.

.

.

Hermione et Harry se trouvaient devant une petite maison de la banlieue londonienne, attendant que quelqu'un vienne leur ouvrir.

- C'est amusant, fit-il remarquer. On a grandi dans une maison comme celle-ci…

Hermione n'eut pas l'occasion de répondre car la porte s'ouvrit sur un jeune homme blond assez massif. Il les dévisagea en silence durant quelques instants avant de se décaler légèrement pour les inviter à rentrer.

- Salut, dit-il d'une voix assez grave. Je suppose que t'es pas là parce que je te manquais… Suivez-moi.

Il les mena jusqu'à un salon décoré avec goût et leur proposa de s'installer sur le canapé pendant qu'il allait préparer du thé.

- Ça va ? demanda Hermione à voix basse.

- Ça fait super bizarre, je ne te le cache pas… Il a maigri !

- Harry !

- Bah quoi ? C'est vrai ! Si tu l'avais vu avant…

La réponse cinglante d'Hermione mourut sur ses lèvres lorsqu'une jeune femme aux cheveux noirs pénétra dans la pièce.

- Bonjour, les salua-t-elle, clairement surprise de trouver des inconnus dans son salon.

- Bonjour, répondit Harry en se relevant pour lui tendre une main. Je m'appelle Harry. Harry Potter. Je suis le… euh…

- C'est mon cousin, termina Dudley en arrivant avec un plateau chargé d'un service à thé et de biscuits entre les mains.

Hermione, qui s'était également levée au moment où la jeune femme était entrée, se présenta à son tour.

- Bonjour, répéta leur hôtesse. Je suis Penny, la femme de Dudley.

- Enchantés, répondirent-ils d'une même voix.

- Vous n'êtes pas la femme d'Harry, releva Dudley.

- En effet, confirma Hermione. Je suis une amie et collègue.

- Vous êtes là pour Jake, n'est-ce pas ? s'enquit Penny après leur avoir servi du thé.

- Comment avez-vous deviné ? demanda Hermione.

- La mère de Penny est une… comment vous appelez ça, encore ? interrogea Dudley.

- Cracmole, précisa la jeune femme. Mes grands-parents étaient sorciers, mais elle n'a pas hérité de leurs dons.

- Ça alors ! lâcha Harry.

- Ouais, grommela Dudley. Je me doute de ce que tu penses… Ironie du sort, n'est-ce pas ?

- Je le lui ai annoncé lorsqu'il m'a demandée en mariage, reprit Penny. Je ne voulais pas qu'il m'épouse sans savoir… J'ai été très surprise qu'il me croie directement, j'étais persuadée qu'il me prendrait pour une folle et voudrait me faire interner.

- Vu ses parents, cette possibilité n'était pas exclue, fit remarquer Harry, légèrement amer.

- Dudley m'a alors parlé de vous et de vos parents.

- Du moins, ce que j'en savais, précisa son cousin. En fait, parler de toi était tellement tabou que je n'ai jamais trop compris ce qu'il se passait avec toi, mis à part que c'était flippant. Au final, c'est ma belle-mère qui nous a raconté toute ton histoire…

- Vos parents sont au courant ? demanda Hermione en se tournant vers Dudley.

- Pour la famille de Penny ?! Harry ne vous a jamais parlé de quelle façon il a été traité ? Je ne suis pas fou !

- Tes parents ne m'ont jamais aimé, intervint Harry. Toi, ils t'adorent. Tu ne peux pas anticiper leur réaction…

- Ils n'ont pas besoin de le savoir pour l'instant. Je ne veux pas prendre de risques tant que ce n'est pas sûr pour Jake. Après tout, les probabilités qu'il soit… comme toi, comme vous, sont faibles, non ?

- Si nous sommes là aujourd'hui, Dudley, c'est justement pour ça, le contredit Harry. Poudlard, l'école où je suis allé, a un registre magique qui identifie ses futurs élèves au moment de leur naissance, dirons-nous. Jake a été inscrit sur ce registre. Votre fils est un sorcier.

Dudley se contenta de soupirer, las, en réponse. Penny, quant à elle, se mordillait les lèvres de nervosité.

- Jake a à peine deux semaines, releva la jeune maman. Comment pouvez-vous en être si sûrs, à ce stade ?

- C'est une magie complexe qui a été mise en place par les fondateurs de Poudlard, expliqua Hermione. Ils étaient très talentueux et ont réussi des prouesses que très peu de sorciers seraient capables de réaliser aujourd'hui. Nous sommes conscients que c'est une nouvelle qui va bouleverser votre vie, c'est la raison pour laquelle Harry et moi sommes là aujourd'hui. Pour vous aider. C'est notre travail, en fait. Nous avons créé une association pour aider les familles d'enfants né-Moldus à gérer cette information et tout ce qui va en découler.

- Normalement, nous n'intervenons que lorsque l'enfant manifeste ses premiers signes de magie, poursuivit Harry, mais quand on a vu ton nom sur la liste, Dudley… Je ne pouvais pas te laisser dans l'ignorance. Hermione sera d'une aide précieuse pour vous aider avec tes parents…

- Pas toi ? souligna Dudley.

- Je doute que ton père ait envie de me revoir… Et Hermione a des parents Moldus, elle sera parfaite pour ça, ne t'inquiète pas. D'habitude, je ne me rends pas dans les familles, je m'occupe de nos affaires côté sorcier, mais là… Je devais venir. Tu es mon cousin.

- Quand est-ce que Jake va commencer à… à faire des trucs ? demanda Penny. Ma mère sait très peu de choses, à ce sujet…

- Ça dépend, répondit Hermione. Certains bébés montrent des signes de magie dès leur naissance. Un de nos amis, pourtant enfant de deux parents sorciers, n'a rien montré avant ses huit ans. Personnellement, j'avais quatre ans, la première fois que j'ai fait léviter une de mes poupées. On ne peut pas savoir.

- Vous ne serez pas seuls pour y faire face, en tout cas, promit Harry. Je pense qu'il vaut mieux que je n'ai pas affaire à tes parents, Dudley, mais je serai toujours là pour toi si tu as besoin de quoi que ce soit.

- Pourquoi tu ferais ça pour moi ? Je n'ai pas été des plus sympas avec toi, moi non plus…

- Ma femme est enceinte, annonça Harry. Notre bébé doit naître en juin, ce qui veut dire que normalement, nos enfants feront leur rentrée en même temps.

- Qu'est-ce que je te disais, ricana Dudley. Ironie du sort, hein ?

Hermione ne put retenir un sourire, soulagée de voir que la nouvelle était plutôt bien passée et qu'ils allaient pouvoir travailler ensemble.


.


Par quoi commencer ?

Drago et Astoria vivront-ils ensemble avant Ron et Hermione ? Ah ah, allez savoir :p

N'empêche qu'il semblerait qu'elle a vraiment besoin de changer d'air... Angela, dans toute sa splendeur, continue à faire des ravages ! Ca faisait longtemps que nous n'avions pas vu Narcissa, il était temps de refaire un tête à tête avec son fils :)

Et cette petite rencontre imprévue au Boursouflet avec Ron qui lui lâche qu'il serait temps de passer à autre chose... (il parle bien évidemment de ses préjugés-qu'il-n'a-plus ;) ).

Mes bêtas m'ont dit que vous alliez me tuer, suite au rêve d'Hermione, mdr. Je trouvais que ça manquait un peu de Dramioneries, depuis un moment, et qu'il était temps de vous rappeler que cette histoire était bien une romance entre ces deux-là.

Keichi, un de mes bêtas, m'avait fait un retour du genre "Ron récupère tout en 2e main d'un de ses frères : ses fringues, son matériel scolaire, son rat, sa femme". Ca m'avait fait rire et je voulais le caser dans l'histoire...

Mais je ne tiens pas à proposer une Hermione infidèle (du moins, pas à ce stade de l'histoire, pas alors que tout va bien avec Ron... Je ne promets rien pour la suite mais là... Bref, c'est dur de se défendre sans rien révéler, ah ah), d'où le rêve... Enfin voilà, je sais que c'est un "tour" assez facile et cliché que celui du rêve, mais ça m'a amusée de l'écrire ^^

Quant à la fin de ce chapitre, ce n'était pas du tout prévu ! Mais au final, j'ai beaucoup aimé l'idée de coller un enfant sorcier à Dudley... Si c'est cliché, je m'en excuse, mais dans les (nombreuses) Dramione que j'ai lu, je ne crois pas l'avoir déjà croisé. En tout cas, je ne l'ai jamais écrit et vous savez que j'aime exploiter de nouvelles pistes !

Et ça me permettait de faire un passage plus "intime" avec Harry et le CANeM, ce qui me semblait important aussi (trop de pistes, trop de personnages... argh !)

Enfin voilà, j'ai super hâte de lire vos réactions face à tout ça !

Merci encore de me lire, vous êtes au top !

A dimanche prochain et encore désolée pour le retard de publication.