CHAPITRE 21
Lundi 16 mars
Comme si de rien n'était, la vie continuait. Les cours reprirent normalement et Harry s'apprêtait à retrouver ses camarades de Gryffondor. Ils commençaient la matinée avec un cours de potion, cours où il était en binôme avec Drago. Il ignorait si Rogue le haïssait suffisamment pour les laisser ensemble ou si il aurait une once de pitié et les inviterait à se séparer.
Une fois n'est pas coutume, il arriva en retard, il avait eut du mal à émerger de son lit et se rendait au cours à reculons, recevoir le mépris de Drago ne l'enchantait guère.
Quand il eut franchit la porte, le professeur Rogue lui tomba dessus comme à son habitude. Il lui retira 20 points et lui donna une retenue pour le soir même, et avant que Harry n'ait à rejoindre Drago il lui ordonna de s'asseoir au fond de la classe. Soulagé Harry ne savait pas si il l'avait fait exprès mais silencieusement il le remercia. Drago était assis devant le bureau, peut être avait il espéré que Harry ne le trouve pas ou espérait il seulement que devant le Prof, Harry ne lui ferait pas de remarques.
Quand arriva le repas, Harry se retrouva embarqué par Hermione et Ginny. Il voulait se faufiler discrètement en cuisine mais les filles avaient vu son manège et l'avaient stoppé avant qu'il disparaisse à nouveau. Encerclé par les filles, Seamus, Dean et Neville, Harry se sentit étouffé par tant d'attention, ils faisaient front pour le protéger des commérages, des Serpentard qui n'avaient pas apprécié d'être trahis et de Ron et ses remarques acerbes. Après le repas les filles partirent en cours et Seamus proposa à Harry une promenade autour du lac, il allait refuser mais ses yeux de chien battu eurent raison de sa mauvaise volonté et il se plia à sa demande.
Ils marchèrent près d'une heure, Seamus arrivait à le faire rire et à lui sortir Drago de la tête. Cependant il savait qu'il avait une idée derrière la tête et il ne pouvait pas lui en vouloir d'essayer, même si il ne céderait pas à ses avances mal déguisées. Le reste de la journée passa rapidement et se termina par une convocation chez le directeur.
- Bonsoir Harry, comment vas-tu ?
- Aussi bien que possible.
- Je vois. Comment se passe tes cours ?
- Bien mais vous ne m'avez sûrement pas convoqué pour me parler de mes cours ?
- Non, sourit il, nous avons repéré beaucoup de mouvements aux alentours il semblerait que Voldemort n'ait pas apprécié qu'on se joue de lui, il a convoqué le professeur Rogue hier et le pauvre a dû subir sa colère.
- Je ne savais pas, il avait l'air d'aller bien ce matin.
- Oui, Severus est passé maître dans l'art de cacher ce qu'il ressent, ça lui a d'ailleurs sauvé la vie un bon nombre de fois.
- Qu'attendez vous de moi ?
- Je veux convaincre Blaise ou Drago de devenir espion pour l'ordre.
- Non ! Vous ne pouvez pas. Drago a failli mourir.
- Je verrais avec Mr Zabini alors.
- Pourquoi ? Vous avez déjà le professeur Rogue.
- Voldemort ne lui accorde plus autant sa confiance qu'auparavant, Blaise fera l'affaire il n'a encore eu aucune mission à accomplir donc Voldemort n'a aucune raison de douter de lui.
- Rien d'autre ne compte que la victoire n'est-ce pas ? Peu importe les dommages collatéraux.
- Non Harry, nous ne forçons personne, Blaise nous a rejoint de son plein gré et nous ne le forcerons pas à espionner si il ne le désire pas.
- Il ne refusera pas, souffla Harry. Serez vous en mesure de le protéger ?
- Je n'en sais rien.
- Et comment vas t il espionner d'ici ?
- Il devra partir de Poudlard et rejoindre les rangs de Voldemort.
- Vous l'envoyez à la mort.
- Nous n'avons pas le choix, nous ne pouvons pas agir sans informations Harry.
- Vous le prévenez quand ? Vous savez qu'il sort avec Ginny ?
- Je le sais, il sera mis au courant tout à l'heure et nous attendrons sa réponse pour demain. Si il est d'accord il partira mercredi dans la matinée.
- Il est devenu mon ami, combien vais-je devoir perdre de personnes qui me sont chères ?
- Nous pensons que ce ne sera plus long Harry. Remus arrivera demain, il vient pour t'aider à t'entraîner, pour de vrai cette fois ci.
- Enfin une bonne nouvelle.
- Harry, personne ne souhaite cette guerre, moi plus que quiconque, mais elle est inévitable. Des personnes mourront, d'autres seront blessées nous ne pouvons pas nous leurrer, nous pouvons juste nous y préparer au mieux et faire que, enfin prêt, nous la remportions.
- Je le sais Professeur.
- Le professeur Rogue t'attend pour une retenue ce soir.
- Oui, grimaça Harry.
- Je te laisse aller dîner alors, nous nous reverrons demain.
- Bonne soirée Professeur.
- Merci Harry toi aussi.
Harry ne se rendit pas au dîner et préféra attendre devant le bureau de Rogue qu'il arrive pour faire sa retenue. Il fut surpris de voir que lui non plus n'était pas parti manger, il le fit entrer dans son bureau et asseoir dans un fauteuil.
Harry attendit quelques minutes qu'il relève la tête de ses formules de potion.
- Alors, que préférez vous ? Nettoyage de chaudrons, rangement de fioles de potions ?
- Ni l'un ni l'autre Professeur.
- Comment allez vous ? Et ne me répondez pas bien, Potter, grogna-t-il.
- Ça vous intéresse ?
- Non je vous ai fait venir pour prendre le thé.
- Je ne vais pas bien, je vis la pire peine de cœur du monde, j'ai perdu mon meilleur ami alors que je lui faisait confiance aveuglement, il m'a poignardé dans le dos en insultant ce que je suis et bientôt je devrais combattre un fou qui se prend pour Dieu tout puissant et je risque d'y laisser ma peau.
- Le constat est alarmant, ricana Rogue.
- Ravi de voir que mes soucis vous réjouissent Professeur.
- Vous avez vu Albus ?
- Oui j'en viens.
- Vous devez savoir que je suis en sursis auprès du Maître ?
- Oui, vous n'irez plus.
- Pourquoi ? Tant que je ne suis pas démasqué je continue et fais ce qu'on attend de moi.
- Je vous reconnais bien là Professeur, quoi que je me pose des questions vous concernant.
- Lesquelles ?
- Vous semblez avoir changé, vous êtes plus … complaisant.
- Ne vous méprenez pas Potter, je suis du genre à savoir reconnaître la valeur d'un homme quand celui-ci fait montre de courage et j'avoue que vous m'avez étonné.
- On fait la paix ?
- On peut dire ça, ou tout du moins une trêve dans notre inimitié.
- Ça me va, répondit Harry, et concernant ma retenue ?
- Vous pouvez partir à la condition que vous vous rendiez directement au dîner.
- D'accord, souffla Harry.
Il mangea seul, tous ses amis étaient déjà partis, Blaise dînait aux côtés de Drago qui lui ne faisait que grignoter. Blaise lui murmura à l'oreille et Drago regarda vers sa table, Harry lui fit un léger geste de la main pour le saluer mais le blond se leva bruyamment et quitta la salle. Blaise se leva à son tour et vint rejoindre Harry. Ils mangèrent en silence, Harry ne lui posa pas de questions, l'attitude du blond parlait pour lui. Un message pour Blaise arriva avant la fin de son repas, il s'excusa auprès de Harry et partit aussitôt, il n'eut pas besoin de l'interroger pour connaître l'expéditeur, il savait juste que la vie de Blaise prendrait un nouveau tournant avant la fin de ce jour.
Mardi 17 mars
Les cours se terminaient et Blaise affichait un visage fermé. Harry savait pour être passé par là avant lui, qu'il était difficile de prendre une telle décision et il était heureux que Blaise ne vienne pas lui demander conseil. Ginny semblait souffrir de cette situation mais comme personne ne savait pour elle et Blaise chez les Gryffondor, elle gardait tout cela pour elle. Harry ne chercha pas à la consoler, il se voyait mal lui dire qu'elle n'avait aucune raison de s'en faire et que tout irait pour le mieux.
Remus Lupin arriva vers 18 heures pour le plus grand bonheur de Harry. Ils passèrent la soirée ensemble à parler de Théodore Nott, de Charlie qui allait mieux et de la vie désastreuse de Harry. Ils mirent aussi au point un planning d'entraînement qui ne laissait plus guère de temps libre à Harry, mais cela ne le dérangeait pas plus il aurait l'esprit occupé moins il penserait à Drago.
Quand il rentra se coucher, il trouva Ginny devant sa porte. Elle semblait dans un état déplorable, elle avait pleuré et il lui semblait que des larmes coulaient encore.
- Harry, il faut que tu nous aides.
- Ginny calmes toi.
- Il, Dumbledore il veut envoyer Blaise chez Voldemort, lâcha-t-elle, et il a dit oui. Je ne veux pas qu'il y aille, je ne veux pas qu'il meurt je l'aime.
- Je le sais Ginny mais je ne peux rien faire pour lui.
- Interviens auprès de Dumbledore il t'écoutera toi.
- J'aimerai bien, mais je n'ai rien pu faire Ginny. Blaise a accepté, il faut que tu le soutiennes, il a besoin de toi et de ton amour pour qu'il tienne le coup. Ne lui en veux pas et ne vous disputez pas car si il venait à arriver malheur tu t'en voudrais toute ta vie.
- Je vais aller le voir, fit elle en reniflant et je lui dirais que je l'aime devant tout le monde, je me fiche qu'on le sache c'est ma vie.
- Tu as raison profitez en, car après il est trop tard et je parle par expérience.
- Merci Harry, je suis sûre que Drago te reviendra vous vous aimez, ça crève les yeux.
- Je l'espère Ginny, je l'espère.
Il rentra dans sa chambre, il était 21 h 30 et il n'avait pas sommeil, il décida de se rendre dans la salle commune des gryffondor, peut être il trouverait il Hermione ou Seamus. Il attrapa sa cape d'invisibilité et allait parcourir les deux étages qui les séparaient quand il vit du mouvement vers la tour des Serdaigle. Deux amoureux à demi caché s'embrassaient à s'en couper le souffle, il sourit en repensant à ceux qu'il avait partagé avec Drago dans tous les recoins du château. Son sourire se figea quand ils bougèrent de leur cachette et qu'il reconnu Drago, même de dos il ne pouvait pas se tromper, il n'y avait pas deux mecs dans tout l'école avec la même chevelure blonde. Une nausée lui tordit l'estomac et avant qu'il ait pu faire un pas, il rendit son repas à même le sol. Il toussa bruyamment s'étranglant entre sa nourriture et les sanglots qui l'étouffaient. Il se laissa le long du mur et passa une partie de la nuit à pleurer sans se soucier du froid qui lui glaçait les os.
Jeudi 19 mars
Harry ouvrait les yeux sur un environnement qui n'était pas sa chambre, mais qui lui semblait pourtant familier. Madame Pomfresh débarqua comme surgit de nulle part et lui posa la main sur son front. Il la fixa un instant attendant qu'elle lui dise quelque chose sur sa présence à l'infirmerie mais la fatigue prit le dessus et il s'endormit à nouveau.
Quand il émergea plus tard, il vit que Seamus se tenait à ses côtés, il remua et Seamus se jeta presque sur lui.
- Tu vas mieux ?
- Oui dans la mesure où je ne savais pas que j'allais mal.
- On t'a retrouvé couché dans le couloir du 5ème étage, tu as dû prendre froid.
Des images de Drago lui revinrent.
- Oui je me souviens, hier soir je voulais venir vous rejoindre dans la salle commune.
- Non, avant hier soir, nous sommes jeudi.
- Déjà !
- Oui tu as dormi presque deux jours.
- Je dormais mal ces derniers temps, où sont les autres ?
- Hermione bosse elle te rattrape tout tes cours, Ginny ne va pas bien car Blaise est parti de Poudlard et Ron lui est furieux de savoir qu'elle sortait avec Blaise.
- Et toi ?
- Moi j'attendais patiemment que tu te réveilles.
- C'est gentil merci.
- Je ne suis pas le seul à être venu te voir tu sais.
- Ah ! Qui d'autre ?
- Malefoy. C'est son ami qui t'a trouvé inconscient, tu étais brûlant de fièvre et tu avais dû beaucoup pleurer.
- Tu peux dire petit ami je les ais vu ensemble, d'où mon état.
- Il t'a vite remplacé, grommela Seamus.
- Ne le juges pas, s'énerva Harry.
- Désolé, soupira Seamus.
- Donc Drago est venu me voir ?
- Oui il a essayé d'être discret, mais je l'ai vu.
- Il a dit ou fait quelque chose ?
- Il pleurait, c'est tout. Il n'est pas resté longtemps.
- Merci de me le dire.
- Bon je vais prévenir les autres que tu es réveillé.
- Non, pas encore, demanda Harry, tu veux bien rester encore un peu avec moi ?
- Bien sûr, fit il heureux que Harry réclame sa présence au près de lui.
Ils parlèrent un peu des derniers événements et Harry eut de la peine pour Ginny qui avait dû subir le départ de celui qu'elle aime et qui maintenant devait subir les sarcasmes et les reproches de son frère. Seamus fut intarissable et Harry se rendormit peu à peu bercé par ses paroles. Quand il fut certain qu'il soit endormit, Seamus se pencha et l'embrassa tendrement tout en lui caressant les cheveux, Harry gémit doucement sous la caresse et brisant les espoirs de son ami, il prononça le nom de celui qu'il aimait encore.
OoOoO
Blaise tournait en rond enfermé dans une des chambre du Manoir, il était arrivée la veille et une chose est sûre il n'avait pas été accueillit les bras grands ouverts. Le Maître doutait de lui, normal, après deux échecs de ses Mangemorts au sein de Poudlard et l'échange de Harry et Théo il devait se méfier. Cependant le temps lui semblait long, d'autant qu'il ne savait pas à quelle sauce il allait être mangé. La porte de sa chambre s'ouvrit et Théodore apparut, d'abord surprit, Blaise s'avança à sa rencontre et le prit dans ses bras. Théodore ne lui rendit pas son étreinte et se contenta d'une vague tape dans le dos avant de se dégager de ses bras. Ils s'observèrent et Blaise remarqua qu'il affichait un air dur et déterminé, il ignorait si c'était le Maître qui l'avait envoyé pour le questionner ou si il était venu de lui-même, mais il sut avec certitude qu'il devait se méfier de son meilleur ami.
- Comment vas tu Blaise ?
- Bien et toi ?
- Ça va merci, je suis venu te proposer une promenade à l'extérieur.
- J'aimerais assez prendre l'air.
Ils sortirent dans le parc du Manoir et se baladèrent au gré des étangs, bosquets et parterres de fleurs qui ornaient la propriété.
- C'est joli, fit Blaise pour rompre le silence.
- C'est paisible. Pourquoi es tu parti de Poudlard ?
- Je ne supportais plus de rester là bas à ne rien faire.
- C'est tout ?
- Non, répondit Blaise conscient d'être la victime d'un interrogatoire, peux tu seulement imaginer ce que j'ai pu ressentir quand j'ai appris que mon meilleur ami était en fait Potter sous Polynectar et en plus de savoir qu'il s'envoyait Drago.
- C'est effrayant, rigola Théo.
- Et toi ta captivité ?
- C'était bien, sourit Théo, je n'ai pas souffert et j'ai presque fait ami-ami avec un loup garou.
- Tu as su pour ton père ?
- Oui, je crois que c'est mieux ainsi, Potter aura fait quelque chose de bien en me remplaçant.
- Tu as changé Théo.
- J'ai eu 4 longs mois pour réfléchir à ce que je suis et à ce que je veux.
- Et ?
- Je suis enfin à ma place auprès du Maître, mon père est mort, j'ai échappé à Poudlard et j'ai retrouvé mon meilleur ami que demander de plus ?
- Je suis heureux de te revoir, sourit Blaise.
- Il faut que je te ramène au Maître Blaise, suis moi.
- Tu crois qu'il me fera confiance ?
- Oui, maintenant oui.
Soulagé d'avoir passé haut la main l'épreuve des questions, Blaise n'en stressait pas moins de devoir se retrouver à nouveau devant le Lord Noir.
Samedi 21 mars
Debout à 7 heures, Harry se dirigeait vers la salle sur demande retrouver Remus qui l'attendait pour une nouvelle séance d'entraînement. Ils avaient commencé la veille par quelques sorts de désarmement et Harry revenait courbaturé. Il fut surpris de trouver Hermione discutant avec le loup garou, ils l'accueillirent avec le sourire, des petits pains au lait tout frais et du chocolat chaud. Hermione lui annonça qu'elle se joindrait à eux pour s'entraîner quand ses cours ne lui prendraient pas trop de son temps. Harry acquiesça, ravi de pouvoir partager ça avec quelqu'un.
L'entraînement dura près 3 heures, pendant lesquelles, Remus et Hermione se relayèrent afin de combattre Harry et ne pas lui laisser un instant de répit. Essoufflé il finit par se laisser tomber à l'endroit où il venait à l'instant même, de dévier un Impedimenta lancé par Hermione.
- Nous verrons des sorts plus complexes demain, fit Remus.
- Demain c'est dimanche, râla Harry.
- Je suis sûr que Voldemort se préoccupe de la trêve dominicale Harry.
- Non, mais je ne suis pas un surhomme, au bout de deux jours j'en peux déjà plus.
- C'est le manque d'entraînement Harry, ajouta Hermione.
- Merci pour ton soutient, elle est obligée de venir ? Grogna-t-il à l'attention de Remus.
- Non, mais je pensais que cela te ferait plaisir.
- Un bon bain bien chaud me ferait plaisir.
- C'est fini pour aujourd'hui, soupira Remus.
- Si on me cherche je suis dans la salle de bain des Préfets, à plus Hermione.
- Il est bien guilleret, fit Lupin.
- En apparence, répondit Hermione, mais il souffre.
- Si tu connais d'autres élèves qui veulent se joindre à nous fais les venir d'accord.
- Oui, j'en connais déjà quelques uns qui seraient intéressés, on se voit à quelle heure ?
- De 9 à midi ?
- À demain Remus.
Après avoir déjeuné, Hermione, Harry et Seamus se rendirent à la bibliothèque pour faire leurs devoirs. Harry passait plus de temps à mordiller et suçoter sa plume qu'à prendre des notes, Hermione passait son temps à soupirer après lui pour qu'il travaille et Seamus passait son temps à soupirer d'envie en espérant un jour être à nouveau à la place de la plume. Harry sentant l'agacement de Hermione, se mit au travail jusqu'à ce que Drago entre dans la bibliothèque avec son nouveau petit ami. Harry se sentit défaillir quand il vit la complicité entre les deux garçons qui riaient ensemble. Se rendant compte que quelque chose n'allait pas, Hermione leur proposa d'arrêter de travailler et de se rendre au bord du lac pour prendre l'air. Harry acquiesça sans pouvoir détacher ses yeux du blond qui lui ne l'avait pas encore vu. Seamus l'aida à remballer ses affaires de cours et vit les larmes perler dans ses yeux.
- Harry, fit il, Harry regarde moi. Il ne mérite pas que tu te mettes dans cet état, il s'en fout il t'a déjà remplacé lui.
Harry opina et renifla en essuyant ses larmes. De ses mains tremblantes il aida Seamus comme il put, celui en profita pour les prendre dans les siennes et le rassurer.
- Je suis là, je ne te laisserais jamais, d'accord ?
- Oui, fit Harry en le regardant. Tu es là.
- Viens on sort d'ici.
Seamus le prit par la main et le traîna à sa suite. Drago les remarqua enfin, son visage se ferma lorsqu'il vit la main de Harry dans celle de Seamus, mais surtout lorsque ce dernier lui lança un grand sourire conquérant. Harry, lui, le regarda avec tristesse avant de baisser la tête, honteux de ne pouvoir faire comme lui et de tourner la page.
Une fois au bord du lac, ils furent rejoint par Ginny et Ron. Le frère et la sœur ne se parlaient toujours pas et Ron avait poussé le vice jusqu'à écrire à ses parents pour les avertir des mauvaises fréquentations de leur fille unique. Ginny avait reçu une beuglante de la part de sa mère et cela avait attisé un peu plus l'animosité qui régnait entre eux.
Harry toujours dans un état proche de la dépression, comme à chaque fois qu'il croisait Drago, s'écarta un peu du groupe dont l'agitation l'énervait un peu. Il ne resta pas longtemps seul car Seamus vint presque aussitôt s'enquérir de son état d'esprit.
Harry le rassura en lui disant qu'il se sentait fatigué à cause de l'entraînement. Même si Seamus savait qu'il mentait, il acquiesça et lui proposa de rentrer dans sa chambre. Ils saluèrent les autres et partirent. Arrivés devant la chambre de Harry, celui ci hésita, il savait que si Seamus l'avait accompagné ce n'était pas seulement par amitié, il espérait bien plus et Harry ne se sentait pas prêt à lui donner ce qu'il voulait, cependant il ne voulait pas le blesser. Il avait été là pour lui depuis son passage à l'infirmerie et il se sentait redevable. Seamus devait sentir son hésitation car il lui fit une bise sur la joue et le laissa. Reconnaissant, Harry soupira et sourit en se touchant la joue, Seamus était, après Drago l'homme qu'il aimait le plus au monde, peut être que si un jour il arrivait enfin à oublier Drago, il pourrait être heureux auprès de lui.
Dimanche 22 mars
La matinée se termina par l'entraînement avec Remus, Ginny et Seamus s'étaient joint à eux et le temps était passé bien plus rapidement, de plus, être plus nombreux permettait à Harry d'avoir le temps de souffler entre deux combats. Ils n'allèrent pas déjeuner à la grande salle, mais descendirent aux cuisines chercher des sandwichs pour pique niquer devant le lac. Ron vint les rejoindre à la demande de Hermione, l'ambiance retomba un peu quand ils le virent arriver, mais Harry avait décidé de faire des efforts, même si il ne lui pardonnerait jamais son attitude.
Les filles repartirent vers 14 heures pour terminer leurs devoirs et les trois garçons restèrent silencieusement allongés.
Au Manoir Malefoy, Blaise s'ennuyait, certes il voyait Théodore, mais celui-ci l'assommait de discours sur Voldemort et cela le mettait à chaque fois mal à l'aise, il essayait de rester stoïque mais si cela continuait il finirait par craquer et le secouer pour lui faire entendre raison. De son côté, Théodore essayait lui d'éviter Fenrir Greyback et il était satisfait car depuis le moment où il l'avait embrassé, il y était très bien arrivé. Ce qu'il ignorait, c'est que le loup garou n'était pas revenu depuis tout ce temps, qu'il était toujours décidé à faire de lui son compagnon et qu'il ne tarderait pas à avoir de ses nouvelles.
La fin de l'après midi arriva rapidement et Théodore allongé et somnolant sur son lit, n'entendit pas la porte de sa chambre s'ouvrir. Greyback apparut dans l'encadrement et le regarda en se léchant les lèvres. Il était là devant lui, les yeux clos, sans protection, à la merci de n'importe qui. Il s'avança et fit le tour du lit, observant sa proie et guettant la moindre réaction qui trahirait sa présence. Il pouvait rien qu'en humant son odeur à distance ressentir les premiers effets qu'il produisait sur lui, comme lorsqu'il l'avait rencontré chez lui il y a quelques mois. Si son elfe de maison n'était pas intervenu cette fois là, il serait déjà à lui. Theodore se sentant épié, se redressa sur son lit et dû se contrôler pour ne pas hurler en voyant le lycan à quelques centimètres de sa tête.
- Que faites vous dans ma chambre ? Sortez de là.
- Si je refuse ?
- J'en parlerai au Maître et il vous tuera.
- J'ai son consentement Théodore, il est très heureux pour nous.
- Menteur ! Et il n'y a pas de nous, s'énerva-t-il.
- Il ne tient qu'à toi qu'on le devienne.
- Jamais je ne serai à vous.
- Tu ne fais que repousser l'échéance mon petit loup.
- Non je n'aime pas les garçons, fit il en se levant du lit.
- Je ne suis plus un garçon Théodore, je suis un homme et qui plus est un loup avide de te savoir entre mes bras.
- Je parlerai au Maître et il me protègera de vous.
- Tu es le cadet de ses soucis.
- On verra, répondit il en avisant la porte.
- Fuir ne te mènera nulle part, ta place et auprès de moi. Ne sens tu pas cette attirance qui se tisse entre nous, ce besoin de toucher, de te lécher, grogna Greyback en se rapprochant de lui.
- Non je ne ressens rien, mentit Théo qui sentait les battements de son cœur s'accélérer et l'envie d'être embrassé s'accentuer.
- Je peux sentir tes émotions, fit Greyback en fermant les yeux, et sentir ton excitation. Pourquoi me mens tu ? Tu n'as pas à avoir honte de tes envies.
- Je ne veux pas, commença à pleurer le jeune garçon, je ne suis pas comme ça c'est pas bien, c'est pas moral.
- C'est ton père qui t'a enseigné ces préceptes d'un autre temps, ricana le Lycan.
- Oui et il avait raison, vous êtes un monstre, cria-t-il.
Greyback lui lança un regard mauvais qui fit trembler le jeune homme. Il avait enfin réussi à le toucher là où cela faisait mal. Mais sa joie s'en alla aussi vite qu'elle était venue, quand il vit la colère être remplacé par de la tristesse dans les yeux de l'homme qui lui faisait face.
- Je suis désolé, murmura-t-il.
- Ce n'est rien, marmonna Fenrir, j'ai l'habitude.
- Vous partez ? Demanda Théo en le voyant regagner la porte de sa chambre.
- C'est-ce que tu désires, non ?
- Oui, répondit Théodore plus très sûr.
- Je reviendrai quand tu seras plus apte à m'écouter et à écouter ton corps et ton cœur.
Surpris pas cette dernière phrase, Théodore ne releva pas et le regarda partir. Il sentait au fond de lui, se déchaîner tout un tas de sentiments contradictoires. Une infime partie de lui-même souhaitait le voir rester et lutter pour obtenir ses faveurs, tandis que son éducation bourgeoise, dispensée par un père castrateur et violent, l'incitait à refréner tout ce qui aurait attrait à plus, qu'un sentiment d'amitié entre deux personnes du même sexe.
Ballotté entre deux sentiments antinomiques, Théodore se rallongea et se laissa à rêver, à ce que pourrait être sa vie aux côtés d'une bête sauvage dotée de ce qui lui semblait être une force colossale et d'un appétit sexuel très développé, à coup sur son père s'en retournerait dans sa tombe. Cette idée le fit sourire alors que lentement il s'endormait.
