Disclaimer: L'histoire et les personnages appartiennent à J.K.Rowling, Bloomsbury et AOL Time Warner.
Note: Suite (toujours courte) de notre fic collective autour de Ron Weasley, voir le détail de cette petite aventure en profil. Update tous les samedis.
Bonne lecture !
21e tour par Frudule:
Ron regarda le bouquet de fleur écrasé sur le sol avec un air dépité.
Quel échec.
Il soupira avec force puis s'en alla à pas de loup ruminer sa déconvenue ailleurs.
Il ne savait pas vraiment par où il avait péché, les roses étaient si belles et le mot si passionné ! Elle aurait dû se pâmer devant tant de sensibilité… Ben non, raté, bien raté.
Pourtant il ne comptait pas s'arrêter là. Il allait persévérer, il se montrerait le plus parfait des gentlemen, elle succomberait forcément à son charme à un moment ou un autre !
Après tout il était le supporter numéro un des Canons de Chudley, non ? Il savait mieux que quiconque ce que c'était de continuer à croire en la victoire finale, même après une telle raclée.
Même après deux raclées, en fait.
D'ailleurs après trois raclées aussi, quand, après lui avoir offert une boite de chocolats en forme de cœur et en l'espionnant de la même façon que précédemment grâce à la cape d'invisibilité, il eut le déplaisir de voir Hermione balancer les friandises une à une depuis sa fenêtre en visant la poubelle posée de l'autre côté de la rue.
Il se promit juste d'être encore plus romantique la prochaine fois.
Et ce fut le tour d'une quatrième défaite cuisante. En toute mauvaise foi, il se consola même du fait qu'elle est revendu le collier de son aïeule sans même prendre le temps de considérer la lettre l'accompagnant. Au moins la SALE avait eu des fonds, grâce à lui…
Un cinquième échec ne fut pas suffisant pour stopper l'entêtement de Ron à récupérer sa brunette par les mots doux et les gestes attentionnés.
Il y avait presque crû pourtant, cette fois-là. Il s'était donné tellement de mal à rassembler de vieilles photographies d'école auprès de Colin Crivey pour constituer un album souvenir de leurs tendres années, annotant les clichés au souvenir de leurs chamailleries qui avaient fini par se transformer en amour. Il n'avait pas osé sélectionner trop de photos sans Harry, histoire d'être honnête sur le passé mais aussi de lui rappeler qu'il avait fait son choix…
Il en était tellement satisfait qu'il en avait fait un double, histoire de chatouiller les glandes lacrymales de sa mère si besoin était. C'était vraiment une arme de nostalgie contre laquelle même sa terrible génitrice ne pourrait faire face, si jamais elle venait à s'opposer au rapprochement entre Hermione et lui.
Aussi, sûr de lui, il envoya l'album par chouette sans même chercher à espionner son aimée avec sa cape. Bien lui en a pris, il n'aurait certainement pas pu supporter stoïquement le spectacle d'Hermione brûlant ou découpant sa tête sur chacune des photos dans un accès de rage… Ce fut la simple vision de cendres tombant depuis l'intérieur de l'ouvrage réexpédié qui le dissuada de l'idée de réussite pour cette tentative.
C'est à ce moment-là que Ron se dit -enfin- qu'il s'y prenait peut-être mal dans sa cour.
Debbie devait avoir tort, Hermione n'aimait pas toutes ces futilités de séduction ! Elle l'aimait, lui, le rouquin un peu fou et imprévisible ! Et c'est en étant comme cela qu'il gagnerait son cœur !
Pourtant…
Pourtant, il y avait des limites au courage, comprit l'ancien gryffondor dans la douleur. Sa sixième tentative fut apocalyptique. Lui qui espérait la faire rire ou simplement attirer son attention assez longtemps pour la convaincre d'un tête-à-tête !
L'échec fut retentissant et l'expérience, traumatisante. Jamais ô grand jamais à l'avenir il ne pourrait se mettre à chanter la sérénade sous une fenêtre sans le réflexe de se protéger l'entrejambe de l'arrivée d'un sort vicieux !
C'est donc quand fut atteint le score catastrophique de six-zéro en faveur de la jeune fille, et aussi quand le doute s'installa sur la viabilité de sa future descendance, que Ronald Weasley se désespéra totalement.
Pendant une semaine entière il resta alors chaque nuit le front contre un comptoir, ruminant sur le sort funeste qui faisait de lui un boulet en drague. Dans le même temps, il essayait aussi de se convaincre de ne pas contacter Harry comme il en avait tellement envie, même en parfaite et sincère et entièrement honnête amitié, enfin tout ça.
Il sirotait avec dépit son jus d'orange, faisait toujours une grimace quand il constatait qu'il n'y avait effectivement aucun alcool dedans, conformément à sa demande. Il voulait rester sobre afin d'éviter d'écrire encore à sa mère ou à Hermione dans un élan d'ébriété. Le rouquin tenait vraiment à ne pas perdre définitivement toute crédibilité ou toute capacité reproductrice d'ailleurs selon la personne contactée, pour quelques grammes d'alcool de trop.
A défaut d'un quelconque soulagement éthylique, il restait donc à maugréer contre les veines du bois, soir après soir jusqu'à ce que…
« Tiens, c'est amusant, j'ai toujours été persuadé que la belette était abonnée au jus de carotte…
- Mais non, voyons ! C'est l'abus du jus de citrouille qui donne cette couleur aux cheveux ! Ma mère m'a toujours mise en garde contre cela !
- Il faut croire que vous vous trompiez, mes mignons… Comme le nom l'indique, c'est le jus d'orange qui fait son office ! »
Ron leva son regard le plus désagréable vers le trio qu'il avait reconnu aux perpétuels sarcasmes.
D'abord Draco Malfoy, trop blond et trop blanc, la voix traînante à souhait.
Puis Pansy Parkinson, dont le décolleté était aussi profond que son nez relevé.
Et enfin, la main sur la nuque de l'un et le bras enroulé autour des hanches de l'autre, l'ombre inquiétante qui s'appelait Blaise Zabini.
