Hey tout le monde ! Enfin (enfin !) me voici de retour avec un nouveau chapitre. Poster un message la semaine dernière m'a donné une sorte de coup de fouet et j'ai retrouvé l'inspiration (peut-être devrais-je faire ça plus souvent, qu'en pensez-vous ? ;) )
Non bon trêve de plaisanterie. A la base (comme vous le lirez dans quelques lignes) ce chapitre est la première partie du chapitre 20 que j'avais initialement prévu... Mais comme au final il était ULTRA long, j'ai décidé de le couper en 2 (encore ^^). J'attendrai avant de vous poster la seconde partie, pour me laisser le temps d'écrire le suivant. Et puis de cette manière, ça vous fait 2 fois plus de lecture ;) Mais bon, si je tarde trop, je vous posterai certainement la deuxième partie courant juin. Vous êtes prévenus!
Lamyo: Héhé ravie que tu adores mon histoire ^^ Selon vaut pour toi comme aux autres, mais vos commentaires me font extrêmement plaisir, et quand je doute, bah je les relis et ça me redonne du baume au cœur (mais pas toujours d'inspiration XD) Bref j'espère que ce chapitre va te plaire ;)
Bon euh comme ça fait TRES longtemps, je pense qu'un petit résumé d'ensemble s'impose. Alors... Durant cinq ans et suite à son voyage au Pays Imaginaire, Wendy Darling est tombée en dépression. Mais dans le même temps, Peter Pan risque de conduire le Pays Imaginaire dans un chaos et un hiver sans fin. Et l'impensable, il a grandi! Par un concours de circonstances, tous les deux vont se retrouver et se rendre compte que cette souffrance réside dans le fait qu'ils sont amoureux. Après avoir échappé à la mort et aux pirates, Peter et Wendy passe une nuit ensemble, avant que la jeune fille ne rentre chez elle. De retour, ses parents organisent un défilé de prétendants à marier. Mais entretemps, Wendy apprend qu'elle est enceinte. Elle mène donc sa grossesse en cachette avec l'aide du Dr Johanna Stuart. Elle donne naissance dans le plus grand secret, à Arthur, le fils de Peter Pan. Celui-ci est confié au couple Charles et Victoria O'Malley, mais Wendy a un droit de visite le dimanche. Wendy épouse finalement Edward Beckett et a deux enfants avec lui, Jane et Danny. Elle n'est pas amoureuse de son mari, mais l'apprécie tout de même. En 1939/1940, parti pour faire la guerre, Edward revient et dans le même, Wendy retrouve Peter Pan, suite au voyage de Jane au Pays Imaginaire. Wendy décide de lui présenter Arthur, qui a maintenant quinze ans, et qui rêvait de rencontrer son père biologique. Passé, le choc de la rencontre, Peter fait finalement une proposition à Arthur... Voyons comment ce dernier et sa mère vont réagit...
Oh et comme d'habitude, la petite sélection musicale : Nightcall (London Grammar), Message in the bottle (The Police), What about now (Daughtry) et Centuries (Fall out boy)
Ok je crois que j'ai assez blablater, donc voici le chapitre, et on se retrouve à la fin ;D
Chapitre 20 : Nuit au Pays Imaginaire (partie 1)
– Pourquoi tu ne viendrais pas avec moi au Pays Imaginaire ?
– Peter, tu n'es pas sérieux ?
– Ça te gêne tant ?
Wendy resta muette. Elle avait parlé sans réfléchir, réaction typique à sa surprise. Elle se croyait en plein rêve. Elle avait toujours cru qu'Arthur ne rencontrerait jamais son père, et encore moins qu'il découvre le Pays Imaginaire… Cette proposition de Peter avait eu l'effet d'un électrochoc à tout ce qu'elle avait imaginé. Elle devait maintenant trouver quoi répondre.
– Il ne faut pas qu'il y vive pour toujours, décida-t-elle de dire.
– Mais je ne pensais pas à ça, se justifia Peter. Il pourrait faire un petit voyage, comme toi avant.
– Aurais-tu oublié que pour mon premier voyage, tu as presque explosé de colère quand je t'ai dit que je devais partir.
Peter soupira avant de regarder son fils droit dans les yeux.
– Arthur, je ne t'oblige pas à me suivre. Je ne t'oblige même pas à rester pour l'éternité : je ne le veux pas. Même si je veux apprendre à te connaître, je suis conscient que… ta place est ici, à Londres, dit-il avec beaucoup de mal pour ces derniers mots. Tu peux venir avec moi cette nuit – ou pas du tout d'ailleurs –, mais je pense que je dois te montrer mon monde à moi.
Wendy se détendit subitement. Il était anormal d'entendre Peter Pan parler avec autant de sérieux. Fait rarissime pour être souligné. Elle sourit comprenant que son ancien amant ne ferait, visiblement, pas la même erreur qu'avec elle lors de son premier voyage : tenter de la retenir. Car, même si Wendy a toujours souffert d'être séparée de Peter et, la plupart du temps, détester sa vie d'anglaise modèle, elle savait qu'elle n'aurait jamais pu vivre définitivement au Pays Imaginaire. A long terme, les petites choses du quotidien lui auraient trop manqué.
Mais choisir entre d'un côté vieillir près de sa famille, mourir et être mariée à un homme, certes très gentil, mais pour qui elle ne ressentait rien et de l'autre une vie éternelle, figée dans ses dix-sept ans à jamais, et auprès de son amour… Parfois Wendy se demandait ce qu'il se serait passé si elle avait choisi la deuxième option. Si elle n'était jamais rentrée à la maison.
Et la réponse lui apparut toute seule : Arthur ne serait pas né. Si le temps était figé au Pays Imaginaire et qu'il avait fallu d'une simple et unique fois pour qu'elle tombe enceinte, Wendy n'aurait jamais appris qu'elle attendait un enfant.
Elle dut maintenant se demander ce qu'il se serait passé si elle n'avait pas eu Arthur, si elle était restée avec Peter… Se serait-il lassé d'elle ? Après tout, qu'était l'éternité pour Peter Pan ? Une simple seconde…
Wendy se conforta dans son idée en se disant qu'Arthur était l'une des raisons qui l'ont poussé à partir… En l'ignorant lors de cette fameuse nuit où tout a changé. Comme il l'avait déjà influencé à sa conception même. Grand mystère…
Elle reprit ses esprits quand Peter s'adressa de nouveau à Arthur :
– Alors ? Tu es d'accord ?
– Tu parles que je suis d'accord, répondit l'adolescent avec un enthousiasme perçant. J'ai toujours rêvé d'y aller. Je dois avouer – désolé maman – que tes histoires ne me suffisaient plus pour me le représenter.
– Ce n'est pas grave, mon ange. Moi aussi j'ai rêvé qu'un jour tu puisses y aller.
– J'ai le droit alors ?
– Je crois qu'il y a bien des choses pour lesquelles tu n'as pas besoin de mon autorisation.
Wendy regarda son fils avec amusement. Et Arthur comprit qu'elle faisait référence au jour où il avait embrassé Lucie Kent. (1)
– Maman ! Ça, ça relève de ma vie privée !
– Mais je n'ai rien dit.
– Tu l'as pensé très fort.
La mère et le fils rirent quelques instants, tandis que le père ne comprenait strictement rien à ce qu'ils étaient en train de raconter.
Après s'être calmé, ils conclurent à un arrangement pour partir discrètement de cette maison. Arthur ferait semblant de dormir et Clochette resterait à ses côtés pour lui insuffler une bonne quantité de poussière magique, tandis que Peter et Wendy descendraient dire au revoir aux O'Malley. Après tout, il fallait bien que ces derniers voient Peter partir pour ne pas avoir de doute sur la future escapade nocturne de leur fils adoptif.
Le plan se mit en marche.
Peter et Wendy descendirent au salon où Charles et Victoria les attendaient, assis dans le canapé tout en buvant une boisson chaude. Le couple se leva et pour se diriger vers eux.
– Tout s'est bien passé ? demanda Charles.
– A merveille, répondit Wendy. Il faut excuser Arthur, il avait l'air si fatigué qu'il vient de s'endormir comme une pierre.
– Très bien. Au plaisir de vous revoir, Peter, dit Victoria.
Peter se contenta de hocher la tête. Wendy lui avait stipulé de ne rien dire, sachant pertinemment qu'il pourrait se trahir sans le faire exprès.
– Tu reviens dans quelques heures, Wendy ?
– Bien sûr. Et encore désolée pour le dérangement.
– Nous comprenons la situation, ne t'en fais pas, intervint Charles. Et Peter, vous pouvez voir Arthur autant que vous le voulez.
– Merci beaucoup.
Pendant une seconde, il avait oublié ce que Wendy lui avait stipulé : se taire. Il fallait qu'il se rattrape.
– Mais… je crains de ne pas pouvoir le revoir avant très longtemps.
– Pourquoi cela ?
– Peter doit retourner à Bristol… pour son travail, le sauva Wendy. Elle lui lança d'ailleurs un regard noir avant d'à nouveau s'adresser, souriante, aux O'Malley. Donc, je vous dis à demain.
Charles et Victoria raccompagnèrent Peter et Wendy à la porte et les saluèrent. Dehors, Peter se débarrassa des vêtements du mari de Wendy, heureux de ne plus avoir à les supporter – heureusement qu'il avait gardé les siens en dessus. Wendy souffla en ramassant les habits au sol.
Peter siffla. Quelques instants après, la fenêtre de l'étage donnant sur la rue s'ouvrit. Clochette en sortit, suivie de très près par Arthur qui avait revêtu des vêtements de ville – certainement pour ne pas être encombré par un pyjama pour son voyage. Il rit et se posa devant ses parents.
– Ce plan a marché du tonnerre.
– Tu es prêt ? lui demanda Peter.
– C'est quand tu veux !
Alors que Peter allait se donner une impulsion pour prendre son envol, Wendy lui attrapa le bras. Elle lui fit un signe de la tête, montrant qu'elle voulait lui dire un mot avant que lui et Arthur ne partent. Ils firent quelques pas, suffisamment pour que le garçon n'entende pas les voix de ses parents.
– Si c'est pour me dire de veiller sur lui, je crois que tu n'as pas à t'inquiéter, Wendy, fit Peter avec un certain sourire. Wendy en rit.
–Non ce n'est pas ça. J'aimerai juste que tu passes me voir juste après l'avoir ramené.
– Pourquoi ? Tu ne le vois pas demain ?
– Si… Enfin plutôt dans quelques heures. Bref, non c'est juste que… Je saurai qu'il est bien rentré.
– D'accord, il n'y a pas de soucis.
Durant ce bref échange de phrases banales, Wendy n'avait pas lâché la prise qu'elle avait sur le bras de Peter. Elle devait à nouveau le laisser partir mais elle se rassura en se disant qu'il reviendrait (dans la nuit espérait-elle) pour lui annoncer le retour d'Arthur. Elle se fit violence pour laisser Peter libre de ses mouvements. Pourtant ce dernier ne la quitta pas des yeux.
– Bon papa, c'est quand tu veux.
Wendy sortit de son état de transe alors que Peter n'avait pas réagi à l'appel de son fils.
– Papa ? continua Arthur vainement.
– Peter ? tenta Wendy à son tour. Arthur t'attend.
Ce fut au tour de Peter de revenir à la réalité. Lui et Wendy se redirigèrent vers le garçon qui avait les bras croisés et qui leur lançait un regard amusé. Wendy enlaça son fils. Il lui promit de revenir et de tout lui raconter le lendemain matin. Wendy adressa un dernier regard à Peter qui lui fit un signe de tête.
C'est avec un certain pincement au cœur et une joie immense qu'elle regarda Arthur et Peter s'envoler, quittant les seules rues de Londres épargnées par la guerre.
Wendy se mit à courir pour rentrer chez elle le plus vite possible. En sachant parfaitement qu'elle aurait beaucoup de mal à dormir à cause de toutes les émotions fortes que lui avait réservé cette nuit… Son corps avait besoin d'une bonne nuit de sommeil mais son cœur était trop occupé à battre à un rythme intensif. Voilà bien des années qu'elle ne l'avait plus senti battre aussi rapidement.
– Waouh ! C'est trop cool comme sensation ! Waouh !
Arthur ne pouvait pas être plus aux anges. Voler sans aucune limite de temps, il fallait l'avouer, c'était le pied. Et qui plus est, il frôlait les nuages en compagnie de son père. Toute sa vie il avait rêvé de le rencontrer un jour, n'ayant que les histoires de sa mère pour se représenter Peter Pan.
Désormais cette image et cette sensation d'être un oiseau libre ne le quitteraient plus jamais. A plusieurs reprises durant le vol, Arthur s'était amusé à taquiner son paternel en le surprenant par derrière ou au travers d'un nuage. Un père ordinaire aurait réprimandé son fils pour qu'il cesse ces enfantillages.
Mais Peter ne pouvait être un père ordinaire. De un, il ne savait pas ce qu'était le comportement rationnel d'un père. De deux, la loi au Pays Imaginaire était de s'amuser.
Alors inconsciemment, Peter avait choisi ce second point. Il rendait la pareille à Arthur en le surprenant de plus belle. Ses capacités de vol l'avaient impressionné durant... les cinq premières secondes du trajet. Il n'y avait plus fait attention tant l'amusement et le rire de se percuter l'un l'autre en passant par les nuages, avaient pris le pas.
Décidément, après Jane, Peter accueillait son fils à découvrir son propre univers ! Il savait bien que jamais il ne pourrait connaitre la civilisation anglaise – comprendre qu'elle était en guerre était déjà un grand pas – mais il souhaitait tout montrer du Pays Imaginaire à Arthur. Ce dernier n'ayant pas besoin de preuve de son existence, contrairement à sa demi-sœur.
De son côté, la fée Clochette était quelque peu déconcertée. Il fallait l'avouer : elle ne s'attendait en aucun cas à ce que Wendy tombe enceinte des suites de sa nuit avec Peter. La petite fée avait déjà fait attention à ne pas parler de la situation avec Peter ; elle devait désormais reconnaitre qu'il fallait une première fois à tout. Et la naissance de l'enfant du maître du Pays Imaginaire n'était pas sur cette liste. Mais bon, Arthur était très gentil et admiratif de ses parents. Il fallait maintenant savoir si ses capacités surnaturelles (tel que voler, même si cela durait peu de temps) s'étendaient à d'autres domaines... comme s'attirer beaucoup d'ennuis et avoir le goût du danger... comme son père !
Seul l'avenir nous le dira.
Si une personne lambda observait les deux garçons dans le ciel, elle aurait cru apercevoir deux frères jouant ensemble au lieu d'un père et de son fils. Certes, Peter et Arthur étaient des quasi-jumeaux où seuls les yeux les différenciaient, mais la différence d'âge n'était pas représentée : Arthur avait quinze ans, et Peter paraissait toujours ressembler à un adolescent de dix-huit ans...
Oui une personne lambda aurait été incapable d'affirmer qu'elle observait un père et son fils.
Mais nous, nous ne sommes pas des personnes lambda et connaissons parfaitement la vérité ! Alors, continuons cette nouvelle expédition imaginaire.
Quand Arthur aperçut enfin l'île de ses rêves, il en fut bouche-bée. (Cela fit d'ailleurs rire Peter.) L'aurore régnait dans le ciel qui s'éclaircissait peu à peu, faisant ressortir l'eau de la mer d'une couleur orangée et rosée. Les montagnes et les vallées étaient vert foncé et les pans de sable visibles apparaissait ocre. Mais Arthur n'était pas dupe et savait que, en réalité, l'île baignait dans les tons vert clairs, la mer était turquoise et le sable blanc.
– C'est magnifique, ne put-il s'empêcher d'affirmer.
– Hum, je sais, dit Peter fièrement. Viens, il faut à tout prix que tu rencontres les Garçons Perdus.
– Maman m'a dit qu'ils étaient très sympathiques.
– ça dépend de leur humeur. Mais tu as de la chance, quand je les ai quitté, ils allaient bien.
– Je suis prêt à n'importe quelle blague de leur part !
Peter rit et guida Arthur dans la descente. Pourtant, alors qu'ils s'approchaient davantage, Peter s'arrêta soudainement. Si soudainement qu'Arthur le percuta et émit un "Aïe". Sans qu'il n'ait le temps de comprendre, le garçon se fit entrainer pour son père derrière un rocher. Il resta en suspension, en position assise.
– Woh c'était quoi ce cirque ? demanda-t-il.
– Chut, moins fort, lui ordonna Peter.
Arthur releva la tête et constata que Peter regardait derrière le rocher, tout en se cachant. Il décida de l'imiter, en se positionnant le plus lentement possible.
"Même les rochers du Pays Imaginaire moins mal aux mains que dans la réalité !" pensa très fort le garçon. Mais Arthur envoya bien vite valser et cette pensée et se concentra sur ce qu'il devait observer... c'est-à-dire pas grand-chose.
– Euh, pourquoi est-ce qu'on se cache ?
– Tu ne vois donc pas ? chuchota Peter, et Arthur se dit qu'il fallait mieux continuer de parler de cette manière. Là, sur la plage, lui indiqua son père en désignant un point plus précis.
Arthur se concentra du mieux qu'il pouvait, mais avec le soleil qui se faisait de plus en plus éblouissant, c'était compliqué. Pourtant, au bout de quelques secondes, il crut enfin percevoir quelque chose.
À environ cent mètres de leur position, une vingtaine d'hommes environ errait clopin-clopant sur le sable, visiblement trempés. Ils semblaient s'être rassemblés autour de l'un d'eux qui était dans un piteux état. Vêtements déchirés, cheveux noirs en bataille, mais une haine et une colère perceptibles de loin sur son visage. Arthur se préparait à demander à Peter de qui il s'agissait, mais il se ravisa en constatant un détail qui lui avait échappé : un point qui brillait, semblant être fait de métal, à la place de sa main gauche.
– Crochet… murmura le garçon.
– Exactement ! dit Peter avec un sourire qui ne présageait rien de bon.
– Tu as un plan ?
– Oh oui !
Peter et Arthur se baissèrent à nouveau, et le premier exposa son plan au second. Décidément, il ne pensait pas que leur premier jeu ensemble serait de faire la misère aux pirates.
A mesure que le soleil se levait, le sable apparaissait de plus en plus blanc et les arbres exotiques se paraient du vert le plus verdoyant qu'il pouvait exister. L'eau se révéla être infiniment plus turquoise qu'autre chose. Et c'est sur cette plage aux airs paradisiaques que les pirates avaient échoué.
Je ne vous présente plus leur chef, vous devez certainement le connaître mieux que moi. Le capitaine James Crochet se tenait debout sur une pierre surplombant son équipage. Il ne faisait que se plaindre et brailler contre Peter Pan qui l'avait, une fois de plus, humilié. Il se retrouvait sans bateau, et pour un pirate, il n'existait rien de pire. Bien sûr, le capitaine savait que grâce à la magie du Pays Imaginaire, il ne devrait pas attendre longtemps avant que le Jolly Roger ne soit à nouveau à lui.
Il n'empêche que la pilule avait vraiment du mal à passer. Encore une fois !
Sans cette fille – Jane, s'il se rappelait bien – il en aurait fini de Peter Pan et des Garçons Perdus. Il était à deux doigts d'atteindre son but ultime. « Mais non, tout ça à cause d'une Darling ! Encore ! » s'était-il écrié dans ses pensées. À croire que les Darling reviennent toujours pour l'empêcher de tuer Peter Pan, peu importe de quelle manière ils intervenaient.
La première fois, alors qu'ils étaient des enfants, les frères et sœur Darling avaient prêté main forte aux Garçons Perdus alors que Crochet se battait contre Pan.
La deuxième fois… Bon cela avait été en partie de sa faute à lui. S'il n'avait pas désiré la sublime jeune femme qu'était devenue Wendy Darling, Peter Pan serait resté l'ombre de lui-même. Le pirate pensait d'ailleurs à l'origine, qu'après le départ de sa belle, le garçon serait si déstabilisé qu'il pourrait le tuer sans attendre. Grossière erreur d'avoir pensé cela car Peter Pan n'avait jamais été aussi joyeux et heureux de mettre une raclée à Crochet et à son équipage.
Et la troisième fois, la fille de cette même Wendy venait d'anéantir ses plans.
Oui, Crochet avait aussi de quoi éprouver une haine sans nom pour les Darling, même si elle n'égalait en rien celle qu'il nourrissait envers Peter Pan.
Le pirate avait vraiment besoin de prendre des vacances avant de réfléchir à un nouveau plan pour en finir avec son ennemi. Peut-être serait-il mieux pour lui de quitter le Pays Imaginaire quelques temps…
– Capitaine ! Capitaine ! l'appela M. Mouche, complètement paniqué.
– Quoi ! Quoi ! brailla Crochet. Mouche, ce n'est vraiment pas le moment !
Car oui, Crochet était en plein réflexion et Mouche avait interrompu le fil de ses pensées lâches.
– Non mais ca-ca-capitaine, bégaya l'homme de main. Il-il-il-
– Parle à la fin !
– Il est là !
James Crochet daigna enfin relever la tête. Et ce qu'il vit l'exaspéra au plus haut point.
Dès qu'il pensait à Peter Pan, ce dernier apparaissait de façon mystérieuse, avec son insupportable cri victorieux, et son sourire qui faisait mal aux yeux.
Le garçon volait et le frôla à une reprise avant de s'éloigner de plusieurs mètres au-dessus de des pirates. Cette simple provocation avait énervé au plus haut point le capitaine.
–Alors Crochet, on se remet de la douche froide ? plaisanta le jeune garçon.
– Sale démon volant, je jure devant le ciel qu'un jour, je planterai mon crochet dans ton cœur !
– Oh mais mon cher James, nous savons tous les deux que tu as déjà essayé de me frapper à cet endroit, sans succès, continua Peter sans enlever son sourire et en tournant en l'air au-dessus des pirates.
Crochet comprit qu'il faisait référence à la fois où il avait capturé Wendy afin d'attirer Peter dans un piège. (2) Oui cette fois-là il avait essayé de frapper son ennemi au cœur, symboliquement parlant.
– Je trouverai une meilleure façon de te détruire, reprit Crochet en essayant d'être le plus calme possible. S'énerver lui demandait beaucoup trop d'énergie, et il avait grand besoin de repos. Son équipage commença à sortir les armes alors que Peter reprenait :
– Tu n'y arriveras pas : je suis immortel et invincible ! dit-il fièrement.
– Tu n'es pas humain tu es le diable en personne pour ne pas avoir pitié de ton pauvre Crochet, dit le pirate d'une façon très théâtrale pour se moquer du garçon. Tu ne penses qu'à jouer ! lui reprocha-t-il finalement.
–Oh vous voulez jouer, capitaine ? Très bien, alors on va jouer ! J'ai justement un nouveau jeu à vous proposer. Bien évidemment, je gagnerai et vous, vous perdrez. Vous êtes prêt ? Non ? Tant pis, je commence !
Peter reprit son vol à toute vitesse, taquina les pirates un instant avant de disparaître dans les arbres.
–Alors, Crochet, tu réussiras à me trouver ? dit-il non sans étouffer un rire.
Le capitaine n'avait vraiment pas envie d'entrer dans le jeu du garçon au risque d'une fois de plus se faire ridiculiser. Pourtant, il trouva Peter Pan bien confiant sur ce coup-ci. Il suffisait juste à ces hommes de trancher le tronc de chaque arbre et le rouquin apparaîtrait devant lui avant de s'enfuir à tire d'ail. Mais il avait un drôle de pressentiment...
L'équipage commença à courir vers les arbres, tandis que Crochet restait debout en retrait pour admirer le début de sa nouvelle humiliation. Seul Mouche resta à ses côtés, l'air dépité tout comme son supérieur.
–Oh mais capitaine, votre vue doit certainement baisser. Vous vous trompez de cible.
La voix venait de derrière. Crochet et Mouche se retournèrent et virent Peter Pan qui volait au-dessus de la mer. Comment avait-il fait pour arriver à cet endroit sans se faire repérer ?!
Crochet s'emporta et ordonna à ses hommes de lancer ce qu'il avait sous la main sur le garçon. Plusieurs sabres et autres bouteilles de rhum voltigèrent alors que Peter se cacha derrière les rochers.
– Crochet, je crois que tu as besoin de lunettes !
Une nouvelle fois, Crochet et son équipage firent demi-tour. Peter était à nouveau apparu au-dessus des arbres tropicaux. Alors que les pirates allaient recommencer leur lancé, la voix du garçon se fit entendre, alors qu'il disparaissait dans les arbres.
–Je peux vous proposer le modèle dernier cri gratuitement. (Crochet se retourna à nouveau vers la plage. Personne.) Bah alors mon vieux Crochet, on dirait que tu n'as plus toute ta tête. (Cette fois, la voix venait de la forêt. C'était impossible que le garçon, même en volant, puisse se déplacer aussi rapidement !)
Les phrases idiotes du garçon continuèrent encore quelques instants jusqu'à ce que, n'en pouvant plus, Crochet hurla et tira un coup de pistolet dans le ciel.
Tout bruit cessa sur l'île imaginaire. Le pirate reprit la parole pour s'adresser à son ennemi :
–Pan, j'ignore ce que tu as fait pour me faire douter de mes sens, mais je sais que tu me caches quelque chose ! Alors montre-toi, ou alors tu n'es qu'un lâche !
– Très bien, très bien, si tu y tiens.
Crochet entendit le garçon parcourir le ciel à une de ces vitesses que ça lui fit mal aux oreilles. Il passa au-dessus des pirates, puis le capitaine regarda à nouveau en direction de l'océan. Peter Pan flottait au-dessus de l'eau et ne bougeait plus, poings sur les hanches et sourire insupportable gravé sur son visage. Pourtant, à le regarder plus attentivement, Crochet remarqua quelque chose d'étrange, un détail auquel il n'avait pas fait attention durant ces quelques minutes de comédie.
Peter Pan ne portait pas ses vêtements habituels.
Comment cela était-il possible ?! A chaque fois qu'il voyait le garçon au-dessus de la forêt ou de la mer, il était vêtu de sa tenue verdoyante.
Cependant, afin de ne pas se voiler la face, Crochet décida de passer outre (du moins en apparence).
– Et bien, mon cher, depuis quand t'es-tu mis à la mode londonienne ? Je croyais que tu réprimais tout de ce monde. Même si je dois avouer que c'est de très mauvais goût ?
– Pas autant que votre tenue du 15e siècle, répliqua l'ennemi du pirate après avoir examiné ses propres vêtements. Si j'ai du mauvais goût, alors le vôtre est bien en-dessous. Les pirates dans les histoires portent des vêtements déchirés ! Et ils sentent le rhum… et non le poisson pourri !
Alors que Crochet était prêt à lancer son épée sur Peter Pan, un rire inconnu se fit entendre. Enfin pas si inconnu que ça Crochet aurait reconnu entre mille le son ignoble que faisait la voix de Peter Pan lorsqu'il se moquait de lui… Mais dans ce cas-ci, la bouche du dit Peter était restée fermée.
Crochet sentit ses hommes derrière lui qui recommençaient à avoir les chocottes.
Le rire reprit, beaucoup plus franc. Le capitaine se dit en premier que cela devait un coup de la fée Clochette qui, par il ne savait quel procédé magique, réussissait à le désorienter afin qu'il rate sa cible.
– Pan, j'ordonne à ton lutin ridicule de cesser de rire ! Cela perturbe ma concentration !
Sitôt comme pour répondre à ses propos, Clochette sortit de sa cachette (soit derrière le rocher), l'air méchamment contrariée. Mais à la stupeur de Crochet, le rire ne cessa point. Au contraire, il s'intensifiait. Puis il se calma, difficilement.
A la suite de quoi, le capitaine ne put que faire le dos rond et ouvrir grand les yeux, tout comme ses hommes qui tremblaient de peur.
Peter Pan venait de jaillir de derrière la pierre rocailleuse. Il se tenait le ventre, sûrement à force d'avoir ri.
Le garçon avait peut-être raison finalement peut-être que Crochet avait grand besoin de lunettes, puisqu'il voyait double.
Deux Peter Pan se dressaient devant lui.
Le capitaine du Jolly Roger entendit deux de ses hommes tomber dans les pommes.
Il devait bien y avoir une explication. Un maléfice quelconque, ou un souhait du garçon pour le désorienter au plus haut point (après tout, l'impossible devenait possible sur cette île maudite).
Et pourtant, à bien réfléchir, Crochet notait une faille dans le plan de son ennemi. Et il pourrait alors distinguer le vrai du faux Peter Pan.
– Très bien, Pan, je ne veux pas savoir à quel sort tu as eu recours pour ton petit tour de passe-passe. Mais je note tout de même un petit défaut dans ta mise en scène : quitte à créer un double de toi-même, tu aurais dû faire en sorte qu'il soit parfait !
Tout en parlant, Crochet avait sorti son pistolet et pointé le canon sur le garçon vêtu des habits londoniens. Ce dernier semblait apeuré, uniquement l'espace d'un instant. Jusqu'à ce que Peter Pan (celui que Crochet considérait comme le vrai) ne lui attrape la main pour l'entraîner plus haut dans le ciel, suivi de près par la fée Clochette.
Crochet fit tout pour ne pas perdre sa cible des yeux.
Il tira finalement.
La cartouche ne toucha ni l'un ni l'autre des garçons, mais elle déstabilisa suffisamment le faux Peter Pan celui-ci était en train de tomber en chute libre. Atterrir dans l'eau de cette hauteur et à cette vitesse aura raison de lui.
C'était sans compter sur le sauvetage in extremis de Peter Pan. Il attrapa les mains de l'autre garçon et, dans le même temps, la luciole magique le recouvrait de poussière dorée. Tous les deux eurent du mal à de nouveau faire voler le garçon, mais ils y parvinrent tant bien que mal. Crochet ordonna à ses hommes de tirer sur le trio volant ils s'exécutèrent sans attendre. Les coups de feu semblèrent surprendre les deux adolescents, qui disparurent en quelques secondes dans la forêt.
Il serait impossible pour les pirates de les retrouver, la jungle était bien trop vaste. Et puis, ils devaient bien se reposer, jusqu'à attendre la renaissance de leur navire de piraterie.
Tout cela déconcertait encore plus Crochet. Pourquoi Pan et la luciole se donneraient-ils tant de mal pour sauver un être qui n'était pas réel ?
Une chose est sûre, il mettrait un point d'honneur à résoudre ce mystère. De toute façon, il n'avait plus que ça à faire.
(1) Voir le chapitre 17 si vous voulez vous rafraîchir la mémoire.
(2) Si ça vous dit de relire cette partie de l'histoire, rendez-vous au chapitre 7 ;) (voir au 6 si vous préférez relire plus XD)
Et beh voilà, après 8 mois d'attente, j'espère que vous êtes content XD Un petit suspens mais pas trop non plus, je n'ai pas envie d'être méchante ;)
Alors, donnez votre avis dans les commentaires :D Lâchez-vous ! J'ai voulu, comme vous l'avez vu, développer la relation entre Peter et Arthur (puisque vous aviez eu un chapitre consacré à Wendy et Arthur). La seconde partie s'y concentre également. Mais promis, à partir du 22, on reviendra aux fondamentaux de mon histoire, si vous voyez ce que je veux dire ;) (enfin de toute façon, vous aurez oublié d'ici là XD)
Bref, à votre avis, Peter et Arthur sont-ils sortis indemnes de cette petite entrevue avec le capitaine Crochet ? Comment réagiront celui-ci et les Garçons perdus en apprenant les origines d'Arthur ? Peter tiendra-t-il sa promesse de ramener Arthur et de prévenir Wendy ? La réponse en juin ;D
Gros bisous et je vous aime 3
