Touché en plein cœur.

Hey !

Enfin le chapitre tant attendu avec la révélation de Kidd. J'espère que celle-ci vous plaira. Je vous en reparlerai à la fin du chapitre. Je vais vous laisser le déguster.

Je tiens juste à vous dire que j'ai tenté une nouvelle façon de décrire les flash-back dans ce chapitre. Je vais essayer de faire en sorte que ça colle bien à la narration habituelle.

En plus, je suis trop fière du titre de ce chapitre ! Je sais, ça semble débile, mais là, je suis contente !

Ah! Et aussi. Un grand merci pour les 10 reviews sur le dernier chapitre, les 63 followers et les 31 favoris!

Sur ce, bonne lecture et on se retrouve en bas pour les reviews.


Rating : K+.

Mots (chapitre) : Environ 4300

Droits d'auteur : Eiichiro Oda.

Correctrice: Nyxiera.

Reviews hors-ligne :

Blackghost: Eh ben que dire de plus que merci? Tes encouragements m'aident beaucoup à motiver. Ils servent à ça aussi, mais bon x).

Miss-Panda-Lawko: Merci. Tu es un peu obnubilée par LawxOC(MCMD), j'ai avait même pas pensé. Et puis Law et Clem n'ont qu'une infime partie de passé en commun. Joy et Kidd se sera plus flagrant. Dis toi que Kidd est torse nu d'habitude. Eté comme hiver. Un T-shirt est une miracle pour lui. Une déclaration d'amour? Je te laisse découvrir ça juste en dessous. J'ai été vérifié pour Twitter, je n'ai pas dis que le baiser sera pour le 21e chapitre, mais pour le 22 ou 23 (SPOIL).

Hana-no-oni: Hey! Le tutoiement me mets plus à l'aise, merci. Je ne suis qu'une petite auteure après tout x).

Le coup du mur n'était pas dans le chapitre scénarisé sur papier, mais j'ai eu envie de mettre du WTF avec une certaine limite pour créer une rupture avec l'épisode assez traumatisant de la mort de Conrad.

Bravo pour le parallélisme effectué! Je ne pensais pas qu'un de mes lecteurs se manifestant dans les reviews aurait fait le rapprochement. En fait, je pense que c'est Oda à la base qui a opté pour ce choix de région d'origine, j'ai repris cette théorie pour ce petit clin d'œil (ex: Kidd comme tu l'as dis explosif comme la chaleur de l'été, mais aussi Law qui est froid et énigmatique car il vient de North Blue. Je peux aussi dire de même pour les tendances pacifiques de Luffy (East) venant de la mer la plus calme). Je te tire mon chapeau pour cette réflexion!

Ahah! Il faut savoir que je suis très sadique sur certaines fins. Peut-être est-ce parce que j'aime les livres où le suspens est l'un des moteurs?
Merci pour cette grande reviews(et réponse du coup XD). J'espère te revoir ici.

MERCI pour les 10 reviews sur le dernier chapitre!


Chapitre 21 : Le passé est l'histoire d'un homme, le futur sa fiction.

Kidd s'enfonça dans le blizzard en s'éloignant du petit village. Joy remonta le col de son manteau et enfonça son nez à l'intérieur. Elle gelait sur place et cela ne semblait pas gêner Kidd plus que ça. Mais il avait tout aussi froid, il était trop fier pour fermer son manteau devant la rousse.

- Je peux savoir où tu m'emmènes ? grogna Joy en marchant à ses côtés.
- Un endroit au calme.

Kidd avait un très bon sens de l'orientation, tout comme la rousse. Il avait, en attendant la rouquine tout à l'heure, repéré une falaise juste au-dessus de l'endroit où le navire avait jeté l'ancre. Il l'emmenait là. Il avait besoin de calme pour pouvoir arranger ses idées, ressasser le passé douloureux.

- Dis, commença Joy après un petit silence.
- Mh ?
- Tu m'as dit quelque chose de... profond lors des funérailles de Conrad. Tu m'as confié que tu comprenais ce que je traversais.

Il continua d'avancer, les mains dans les poches et soupira. La falaise était droit devant. La vue était magnifique. La mer. Rien n'était plus beau que la mer pour les deux roux. Elle exprimait la liberté et contenait les souvenirs de leurs passés.

- Et tu te demandes ce que je voulais dire par là.
- C'est un peu près ça.
- Je vais tout t'expliquer.

Des flocons de neige tombaient doucement avant de fondre en frôlant à peine la surface de l'eau. Le navire des Kidd's était juste en dessous. Heat et Wire discutaient tranquillement en montant la garde. Ils ne pensèrent pas à regarder en l'air. D'ici, on n'entendait pas leur discussion. Kidd pria pour que ce soit réciproque. Ce qu'il s'apprêtait à raconter, seul Killer le savait, car il avait été le témoin direct de cette tragédie.

De quelques coups de bottes, Kidd dégagea la fine couche de neige reposant sur l'herbe. Il en retira assez pour qu'ils puissent s'asseoir tous les deux.

Il s'installa et invita Joy à faire de même. Les pieds bottés du rouge pendaient dans le vide. Le sol était à une vingtaine de mètres. L'ex-Marine déglutit. Elle n'avait pas peur du vide, mais ça lui faisait un petit quelque chose.

- Alors, « la traîtresse », on se dégonfle face au vide ? ricana Kidd.

Elle grogna comme un animal. Elle préférait encore « la Moche » comme surnom. Elle finit par s'asseoir à ses côtés. Leurs hanches se touchaient. Kidd n'avait pas déblayé assez de neige pour qu'elle s'éloigne.

- Je préfère encore la moche comme surnom, avoua-t-elle entre deux soupirs.
- La traîtresse moche donc.
- Kidd !

Il rit brièvement.

- La moche me suffit.

Il plongea ses yeux au loin alors que Joy posait son pistolet sur ses cuisses pour éviter qu'il y ait de la neige qui ne s'infiltre dans le canon.

- Je ne sais même pas par où commencer, lâcha-t-il.
- Commence par m'expliquer en quoi tu comprends mes sentiments par rapport à Conrad.
- Bonne idée.

Il quitta la mer des yeux et rassembla ses idées.

- J'ai connu ce genre de relation avec quelqu'un.
- Fou à lier aussi ?
- Non, pas folle à lier.
- C'était une femme.
- Elle s'appelait Kim.

Sa voix se fit plus mélancolique, nostalgique même. C'était un mélange des deux sentiments.

- Je viens de South Blue.
- Je sais d'une ville du nom d'Azuria.

Il fit les grands yeux. Il était sûr de ne jamais en avoir parlé.

- Je l'ai demandé à Killer, éclaira la rousse. Il ne m'a dit que ça après un léger harcèlement (elle rit en se souvenant de la façon dont elle le suivait partout). Il n'a pas voulu m'en dire plus, il a sous-entendu que tu m'en parlerais par toi-même.

Kidd eut un rictus. Killer avait encore compris avant lui ses attentions. Ça, c'était un meilleur ami digne de confiance.

- Je n'étais pas un gamin issu d'un milieu défavorisé comme le pensent certaines presses à scandale. Mon père était PDG d'une entreprise technologique alors que ma mère s'occupait de notre grande maison.
- J'aurais jamais cru.
- On vivait dans un quartier résidentiel luxueux à quelques mètres à peine des bidonvilles. Ça me dégoûtait et je détestais ma vie de bourgeois. Mes parents prenaient toujours tout le monde de haut. C'est là que mon caractère impulsif et violent est né.
- Tu étais enfant unique ?

Il hocha la tête.

- Mes parents ont déjà eu du mal à m'avoir, un deuxième enfant aurait pu tuer ma mère qui avait la santé fragile. Mon père voulait un autre enfant quand j'ai commencé à fréquenter Killer.

Une nouvelle fois, ses yeux se perdirent dans l'océan et ses souvenirs le submergèrent.

- Eh t'es qui toi ? cria un gamin.
- Dégage de notre territoire sale bourg' ! enchaîna un autre.

Kidd âgé de 13 ans, richement habillé, se baladait dans une rue du bidonville d'à côté. Il s'était toujours demandé comment était la vie là-bas. Si elle était si horrible que ses parents le disaient. Mais au contraire, il enviait même la vie là-bas. Sa vie était bien rangée et déjà arrangée. Sa vie était toute tracée. Aaron, son père, avait prévu de l'inscrire dans un grande Université, même s'il n'avait pas les capacités, et payerait les profs pour qu'il passe ses années. Kidd, lui, voulait faire de la mécanique. Son rêve était d'acheter son propre garage.

Les deux racailles majeures et habillées de chiffons lui lancèrent des pierres. L'une d'elles atteignit l'arcade sourcilière du rouge.

Kidd perdit automatiquement son calme et se tourna avec un regard noir vers les deux gamins des rues.

Il s'approcha d'eux, il était déjà grand à l'époque. L'un recula et s'enfuit en courant, mais celui qui avait lancé la pierre était pétrifié de peur. La main puissante du pré-adolescent se resserra autour du cou de son agresseur. Il le plaqua contre le mur alors qu'il devenait petit à petit bleu. Il battit des pieds dans le vide.

- Ça te changera quoi de le tuer ? retentit une voix calme derrière lui.

Kidd regarda par dessus son épaule et vit celui qui deviendra son meilleur ami. Habillé d'un T-shirt bleu troué et avec des tâches de graisses dessus. Il ne portait pas encore de casque à l'époque. Ses longs cheveux blonds lui cachaient le visage. Surtout sa mèche devant les yeux.

- T'es qui toi ?
- Repose-le et je te réponds.

Kidd grogna et reposa le gamin qui suffoquait. Il s'éloigna en titubant et tentant de reprendre une respiration normale.

- C'est pas souvent de voir des bourgeois passer la frontière.
- Je ne suis pas bourgeois.
- Tes habits disent le contraire.

Kidd regarda ses vêtements et essuya le sang qui lui coulait du sourcil.

- T'es qui ?
-Je m'appelle Killer.
- Kidd. Eustass Kidd.

Le blond lui sourit et lui tendit la main. Ils se la serrèrent mutuellement.

- Ce n'est pas tous les jours qu'un né du bon côté passe du mauvais. Je peux savoir ce qui t'amène ?
- Simple curiosité.

La scène s'effaça des yeux de Kidd et Joy posa une main sur son épaule. Il ne l'avait même pas sentie bouger.

- Sacré rencontre, fit-elle amusée. Et que s'est-il passé après ?
- On est devenus inséparables. Tous les jours je séchais les cours pour aller le voir dans les bidonvilles. Il était orphelin et vivait seul. Je prenais toujours quelque chose à manger et à boire pour lui. Un jour je me suis totalement détaché de mes parents.
- Pourquoi ? Il y a toujours une raison qui te retenait à revenir chez toi. Alors pourquoi être parti alors que tu avais tout l'argent que tu voulais ?
- Mon père, souffla-t-il.

Elle fronça les sourcils.

- J'ai mal tourné comme on dit. Mais pour moi c'était la belle vie. Vivre de soi-même. Je traînais dans les rues avec Killer. On volait de temps en temps dans les magasins et je gagnais un peu d'argent en retapant des voitures illégalement. Mais mes parents l'ont appris.

Il ferma les yeux comme pour déterrer ce souvenir, l'un des plus marquants de sa vie.

- Kidd, descend tout de suite ! ordonna Aaron depuis la grand salon.

Kidd, seize ans, descendit les escaliers en bois. Ses bottes crottées tâchèrent les marches. Il portait un pantalon trop large pour lui et un marcel noir marquant son début de musculature. Il portait deux bracelets mastoc faits par lui-même avec des bouts de métaux.

- Quoi ? grogna-t-il en entrant dans la pièce.

Il y découvrit sa mère, Christina, plus blanche que d'habitude, assise dans son fauteuil préféré avec une couverture sur les genoux. Elle semblait veille alors qu'elle n'avait que quarante ans. Sa maladie la rongeait et le temps était compté. Sur le grand canapé Aaron était assis. Un verre de vin posé sur la table en verre. Ses chaussures bien cirées, son costume fait sur mesure, sa carrure imposante, ses cheveux rouges flamboyants plaqués en arrières et son teint témoignant de sa bonne santé étaient en contradiction avec sa femme.

- J'ai eu vent de tes petites aventures, fit Aaron sèchement.

Kidd avança dans la pièce, contourna la table et embrassa le front de sa mère. Elle n'eut pas assez de force pour lui répondre. Kidd détestait son père, mais la légèreté et le caractère humble de sa mère étaient les seules choses qui le retenaient à la maison. Son père, qu'il aille en enfer. Il trompait sa mère avec le personnel de maison sous les yeux de Christina. Mais elle ne pouvait rien faire. Elle était devenue dépendante de lui. Plus de famille, plus de boulot, plus de liberté. Kidd n'en pouvait plus de la voir mourir à petit feu alors que son père ne voulait pas dépenser un Berry dans un traitement.

Le peu d'argent que Kidd gagnait en retapant des ferrailles ne suffisait pas encore.

- Qu'as-tu entendu ?
- Que tu n'allais plus à l'école depuis trois ans ! Tu fabriquais de faux bulletins et tu traînais dans les bidonvilles à côté. Christina et moi sommes déçus.
- Ne parle pas d'elle comme si c'était une étrangère.

Aaron lança un regard à sa femme. Enfin, l'une de ses femmes.

- Elle n'a plus de temps devant elle.
- À cause de toi ! hurla Kidd.

Il donna un coup de pied dans la table de verre qui se brisa. Le verre de vin vola et se répandit sur le pantalon d'Aaron. Il fulmina et prit son mouchoir de soie dans sa poche de poitrine pour s'essuyer.

- Tu renvoies une mauvaise image de nous, Kidd.
- J'en ai rien à foutre !
- Oh que si jeune homme !

Aaron se leva. Il faisait plus de deux mètres, comme son fils. Ses yeux étaient durs.

- Les gens savent que tu es notre fils. Tu salis l'image que j'ai (il insista) créé pour notre famille.
- Les gens doivent ignorer que tu te tapes la servante à peine majeure alors ! Sinon elle serait sale depuis longtemps.

Christina tressaillit, comme si elle était face à la réalité.

- Ne dis pas de sottises.
- Ce n'en sont pas. Tout le quartier vous entend baiser !
- Sois poli devant ta mère !
- Je vais t'écouter, juste parce qu'elle est là et ne mérite pas d'entendre tes saloperies.

Aaron sera les poings.

- Tu n'es pas un homme Kidd. Tu es un moins que rien, une raclure, un raté, un pauvre. Tu ne mérites pas de porter mon nom. Je t'ai payé des études prestigieuses, préparé un mariage avec une jolie jeune fille noble pour que tu puisses perpétrer notre nom. Je te déshérite. Je ne veux plus te voir !

Kidd grinça des dents.

- De toute façon, j'ai déjà un autre héritier.

Ce fut la révélation de trop pour l'adolescent. Il laissa ses poings parler. Son poing droit s'abattit sur la face de son père avec rage.

- Tu as osé faire un gosse avec une autre devant maman ?!

Aaron tituba et tomba inconscient sur le sofa. Kidd regarda son poing rougi et l'essuya sur son pantalon. Il ne regrettait pas son geste, plutôt le fait que sa mère ait dû assister à ça.

Il s'approcha d'elle, s'accroupit à sa hauteur et prit sa main froide entre les siennes chaudes.

- Je suis désolé maman. Mais je ne peux pas rester ici.

N'ayant pas la force de parler, elle sourit pour montrer qu'elle ne lui en voulait pas. Elle retira sa main de son emprise et caressa sa joue.

- Je vais demander à l'hôpital de te mettre en soins palliatifs. Tu mérites de partir doucement après ce qu'il t'a fait subir.

Elle lui sourit une deuxième fois.

- C'est lui qui payera. Il te doit bien ça.

Elle lui fit signe de s'approcher de sa bouche. Il le fit. Elle embrassa une dernière fois son front.

Kidd déglutit à ce souvenir. Sa mère avait été son repère, sa raison de supporter son père.

- Ta mère a dû souffrir, compatit Joy.

Leurs mains s'étaient enlacées durant le récit. Kidd avait bloqué au moment de la dispute. Joy l'avait compris et avait pris sa main. Il n'avait rien dit et ils restèrent ainsi.

- Et après ?
- J'ai vécu dans la rue avec Killer. On a survécu plutôt. On a créé notre planque, notre territoire comme on dit dans le jargon de la rue, et on vivait heureux. Je continuais de retaper des bagnoles et lui volait de temps en temps ou arnaquait dans les casinos. Il est très rusé.
- Je l'avais remarqué. Et cette Kim ?

À l'entente de son prénom, Kidd serra la main de Joy. Elle avait un peu mal, mais n'osa pas lui dire. Remuer le passé était toujours difficile.

- Un jour, Killer et moi voulions changer de planque. Le hangar qu'on occupait était infiltré d'eau. C'est là qu'on a fait la connaissance de Kim.

- Ici ce sera parfait ! s'exclama Kidd.

Maintenant, il était habillé comme un vrai gamin des rues. Un couteau pendait à sa ceinture en cas d'agression.

Killer arriva derrière son ami et ils regardèrent le hangar récemment désaffecté.

- Ce sera parfait pour une planque, en effet, conclut Killer.

Il poussa la porte et le blond le suivit. Kidd entra et prit un grand bol d'air.

- Je me sens déjà chez moi !

De la lumière filtrait entre les tôles rouillées. Kidd explora le nouvel hangar alors que Killer resta à la porte en suivant son ami des yeux.

- Nous ne sommes pas seuls, fit-il avec calme.

Kidd explosa de rire.

- Arrête de déconner Killer.
- Il ne déconne pas, résonna une voix féminine.

D'un coup, Kidd posa sa main sur le manche de son petit couteau.

- Qui est là ?
- Celle qui occupe les lieux. C'est ma planque.

La voix s'était déplacée. Impossible de savoir d'où elle venait. Il y avait des caisses partout. Elle pouvait être n'importe où.

Kidd tourna sur lui-même à la recherche de la propriétaire cette fois.

- Attention ! fit Killer.

Kidd n'eut pas le temps de réagir qu'un pied entra dans son champ de vision. Son couteau quitta ses mains et glissa plus loin. Kidd dévisagea la fille devant lui.

Elle était brune et le teint halé. Ses cheveux lisses étaient ramenés en queue. Habillée tout en noir et armée d'un pistolet, elle ne donnait pas envie de la connaître. Ses yeux noirs étaient encore plus sombres à cause de son léger maquillage.

- Je peux savoir qui tu es ? Fit Kidd.
- Non. Toi en tout cas tu t'appelles Kidd et son copain là-bas c'est Killer. Tout le monde te connaît ici. Le petit bourgeois repenti.

Kidd grogna et Kim reprit.

- Mais t'es mignon comme toutou ! Alors je vais te dire mon nom.

Elle recula et se remit sur ses deux pieds.

- Je m'appelles Kim. Orpheline, donc pas de nom de famille et c'est mieux ainsi.

Kidd se tourna vers le blond.

- Tu m'avais certifié que personne ne vivait ici !

Killer haussa les épaules.

- Je suis aussi surpris que toi.

La brune se mit à marcher comme si de rien n'était. Elle ramassa son couteau et Kidd la fusilla du regard.

- Je veux bien de vous.

Les deux mecs furent surpris. Il y avait deux secondes, elle était menaçante et maintenant elle les invitait à vivre ici.

- La solitude ne me va pas. Prenez moi avec vous, vous me semblez fiables.

Elle lança le couteau à Kidd qui le rattrapa par la lame sans se couper. Il le remit en place.

Il la regarde sérieusement avant d'éclater de rire.

- Une fille c'est faible et inutile.
- C'est toi qui es inutile! Sale roux.
- T'as vu ta gueule ?

Ils se grognèrent dessus.

- Ce n'est pas parce que tu es beau gosse que je vais me laisser insulter! lança-t-elle.
- Je ne veux pas de meuf dans ma bande. Une gothique en plus.
- Je suis pas gothique le ferrailleur.
- Mécanicien.
- Ferrailleur.

Ils se fusillèrent du regard.

- Ok, lança Killer en s'approchant. Tu nous rejoins et tu nous laisses ce hangar.

Les deux sanguins s'exclamèrent en même temps :

- Quoi ?
- C'est bénéfique pour nous tous. Bienvenu dans les « Kidd's ».
- Quel nom de merde, lança Kim.

Et ce fut reparti pour un tour de chamailleries.

- Ça me rappelle quelqu'un, rit Joy.
- Elle avait le même caractère de merde que toi.
- Oye ! J'ai un très bon caractère, c'est toi la catastrophe.

Kidd afficha un sourire.

- Ce sont mes meilleurs souvenirs. Les trois ans qui suivirent. À nous trois, nous vivions des expériences et faisions les 400 coups. On était heureux, à notre manière. Tu comprends mieux ce que je voulais dire l'autre jour.
- Conrad c'est toi et je suis Kim.
- Tout à fait. Je suis tombé amoureux d'elle sans m'en rendre compte. J'ai percuté quand elle est partie. Pour de bon.

Sa mine devint noire. Joy reposa sa tête contre son épaule en prétextant avoir froid. Kidd roula les yeux, mais ne se fit pas prier et entoura sa taille de son bras puissant en lâchant sa main.

- Mais un jour, le bonheur s'est renversé.

- Kidd ! cria Kim en entrant en trombe dans la planque.

Trois ans s'étaient écoulés depuis leur première rencontre, ils étaient devenus inséparables.

La brune, tout contente, avait un paquet de pain en main.

- Je l'ai volé au boulanger du coin.
- Bravo, fit Killer.

Kidd, une bière à la main, afficha un rictus moqueur.

- Bravo, tu veux un os ?

Elle démarra au quart de tour et lui lança le paquet qu'il réceptionna.

Ils dégustèrent le pain avec délice. Mais la bonne humeur retomba. Elle savait le temps compté.

- Je ne vous ai jamais dit comment j'ai atterri dans la rue ?
- On s'en fout, lança Kidd.
- Moi ça m'intéresse, fit Killer doucement.

La brune regarda ses pieds en grignotant sa croûte de pain.

- Je suis pas orpheline. J'ai fugué.

Kidd fut soudainement intéressé.

- Je voulais apporter l'attention sur moi, mais mes parents ne m'ont jamais cherchée. Ils m'ont remplacée.
- Les salauds, cracha le rouge. Tous les mêmes.
- Je suis déçu de savoir que je suis le seul orphelin, relativisa Killer.
- Merci Killer. Tu es toujours réconfortant, ironisa-t-elle.

Elle posa la main sur son avant-bras.

- Ah ! Reprit-elle avec plus d'entrain. J'ai un cadeau pour toi Kiddou.

Il grogna au surnom.

- Qu'est-ce-que tu m'as inventé comme connerie la Moche ?
- Ne m'appelle pas comme ça.
- Alors c'est Kidd pour toi.
- Kiddou.
- La moche.

Killer roula les yeux.

- Je n'en peux plus de vous.

Kim farfouilla dans sa besace et en sortit une grosse boîte. Il lui tendit.

- C'est de la part de Killer aussi. Joyeux anniversaire !

Kidd grogna, mais le prit quand même. Il ouvrit la boite.

- Qu'est-ce-que, débuta Kidd sur le cul.
- Ça se voit, c'est un fruit du démon. J'ai galéré pour le voler. Heureusement que Killer était là.

Kidd sortit le fruit de la boite et l'examina du regard.

- C'est un fruit fait pour toi, lança Killer.
- Pourquoi ?
- C'est le fruit du magnétisme. Tu pourras ouvrir ta boite de mécano avec ça, sourit Kim. Allez mange-le.

Kidd fut surpris de sa pression, mais le mangea. Il en rêvait depuis longtemps et puis il n'avait rien à perdre.

Lorsqu'il avala le morceau salé, Kim tomba dans les pommes.

- Kim ! Fit Killer.

Il la secoua, mais rien à faire.

- Non, pas maintenant !

Kidd balança le fruit du démon derrière lui, il s'évapora, et sauta près d'elle.

- Oh non ! Pourquoi aujourd'hui ?

Il la porta.

- Allons à l'hôpital.
- Kidd, on ne peut pas. Ils vont...
- On y va !

Kidd sortit en courant, suivit d'un Killer désespéré.

Ils arrivèrent devant l'hôpital. Les infirmières refusèrent de leur ouvrir.

Kidd donna des coups de pieds violents dans la porte.

- Elle a besoin de soin.

Les patients tournèrent les yeux. Les gamins des villes venaient souvent demander de l'aide dans les hôpitaux, mais il était interdit de leur ouvrir. Ils étaient plein de maladies et de poux.

Kim papillonna des yeux et s'accrocha au T-shirt de Kidd.

- Kidd...

Le rouge se calma d'un coup.

- C'est trop tard...
- Arrête tes conneries.

Il lança un regard à Killer. Le blond baissa les yeux.

- Je veux... mourir... dans... le hangar, souffla-t-elle avec peine.

Pour la première fois de sa vie, Kidd était perdu.

- S'il te plaît...

À contre-cœur, le rouge rebroussa chemin au pas de course après avoir brisé la porte vitrée de l'hôpital.

Ils arrivèrent dans le hangar plus rapidement que prévu. Kidd déposa Kim sur son lit, qui était en fait des couvertures empilées.

Les deux hommes l'entourèrent et lui prirent une main chacun.

- Tu m'avais dit qu'il te restait des années à vivre, s'énerva Kidd.
- Je t'ai menti...
- Pourquoi ?
- Je ne voulais pas gâcher ton bonheur.

Killer fut muet alors que Kidd serra les dents.

- Tu ne peux pas me laisser, nous laisser.
- Je suis désolée. C'est pas moi qui décide, sale ferrailleur.

Il la prit dans ses bras une dernière fois. Lorsqu'il la reposa dans son lit, elle était partie. Il ferma ses yeux et ce fut à ce moment qu'il se rendit compte d'une évidence.

Il était tombé amoureux.

- C'est triste, compatit Joy.
- C'est la réalité.

Soudain, Kidd se leva en surprenant la rousse.

- Rentrons, je veux oublier ça.

Joy sourit, compatissante, et se leva. Elle remit son pistolet.

- Merci.

Le rouge se tourna surpris vers elle. Elle reprit.

- Je comprends mieux. Ton histoire est un peu comme la mienne. Du moins pour ce que Conrad a dû ressentir quand je suis partie.

Kidd lui tourna le dos pour lui cacher un vrai sourire.

- Retournons au navire, il se fait tard.

Elle sourit et le suivit en accélérant. Elle finit par le rattraper et n'osa pas s'approcher de trop. Il grogna et lui tendit sa main. Elle sourit et la prit doucement. Elle s'attendait à ce qu'il lui broie la main car il ne savait pas contrôler sa force, mais il fit preuve d'une douceur inconnue. Téméraire, elle enlaça leurs doigts et s'attendit à un grognement, mais le rouge ne s'en plaignit pas. Il resserra même sa poigne. Il ne lâcha même pas la main de la rousse aux abords du navire. Killer était sur le pont et cela ne sembla pas le gêner. Il s'affichait avec elle et était fier.

Ils avaient fait un grand pas dans leur relation.

- Allez la moche, monte ton gros cul sur le pont sinon il va prendre cher, ricana-t-il.

Enfin, sans oublier les tendresses à la Kidd dans cette évolution.


Et voilà, un long chapitre. J'aimerais savoir ce que vous avez pensé des transitions temporelles. Je ne voulais pas de flash-back complets mais des parties marquantes de l'histoire. Je n'ai pas tout dévoilé pour une bonne raison. J'hésite encore pour faire un OS sur le passé de Kidd.

Alors j'ai une question.

Est -ce qu'un OS sur Kidd et Kim/Joy vous intéresserait ? Répondez en review pour donner votre réponse. Ce sera sympa d'avoir quelques avis, car je sais pas du tout si je le fais. Le sort de cet OS est entre vos mains.

Comme toujours n'oubliez pas de suivre cette fiction pour ne pas rater le prochain chapitre.

Les reviews c'est en dessous.

À la prochaine, normalement.