Jeudi 20 décembre

Percy attendait Annabeth après son travail une seconde fois en deux jours. Il était nerveux, anxieux même. C'était aujourd'hui, c'était maintenant. Il allait lui dire la vérité et toute la vérité, lui avouer ce qu'il ressentait pour elle depuis plusieurs années maintenant, il allait s'ouvrir à elle, lui donner son cœur sur un plateau en espérant qu'elle ne le rejette pas ou alors pas trop violemment.

Percy attendait Annabeth, les mains dans les poches et le regard rivé sur le sapin qui éclairait le hall d'entrée du bâtiment où travaillait sa meilleure amie, son esprit obnubilé par le rythme des lumières au point de ne pas voir arriver devant lui sa petite blonde préférée.

« Percy ? »

Le brun sursauta puis sourit en voyant Annabeth devant lui.

« Sympa le sapin.

- C'est Vicky qui l'a fait.

- Ah.

- Tu eux quand même dire qu'il est sympa, tu sais, rit la blonde.

- J'ai comme l'impression que tu n'aimes pas cette fille, alors non.

- C'est faux !

- C'est totalement vrai.

- C'est faux ! répéta Annabeth accentuant les mots.

- Alors pourquoi tu la regardais comme ça la dernière fois ? demanda Percy réellement curieux de comprendre les sentiments d'Annabeth.

- Parce que. »

La réponse fusa aussi rapidement qu'une balle de pistolet et la blonde se retourna, commençant à marcher avec détermination droit devant elle.

« Tu vas où ? demanda Percy. »

Annabeth s'arrêta net et se tourna vers lui, incapable de réponde puisqu'il n'avait pas encore dit où il l'emmenait. Amusé, le sourire aux lèvres, le brun montra l'autre côté du doigt à la blonde qui leva les yeux au ciel avant de le rejoindre.

« Ça t'amuse, hein ?

- Oui. »

Percy prit le temps d'observer sa meilleure amie alors qu'elle marchait à ses côtés. Son manteau beige s'accordait avec ses cheveux, son bonnet gris avec ses yeux, son écharpe et ses gants de la même couleur unifiait son style lui donnant des airs de femme d'affaire qui ne le laissait pas indifférent. Cependant le fait qu'elle porte ses propres gants ne lui donnait aucune excuse pour lui prendre sa main et Percy en était légèrement agacé.

Il réfléchit un instant entre lui prendre la main, comme ça, sur un coup de tête, ou retirer ses propres gants sans qu'elle ne le remarque et lui demander avec son air le plus malheureux s'il pouvait venir se réchauffer chez elle. Secouant la tête en s'insultant mentalement, le brun prit son courage à deux mains et glissa ses doigts entre ceux de la jeune femme qui ne dit rien, ne le repoussa pas, elle resserra même sa prise autour de la main de Percy. La sensation était différente, ils n'étaient pas peau contre peau, mais l'idée même qu'on les voit dans la rue comme un couple réchauffait le cœur du garçon qui se retrouva bientôt avec un sourire niais collé au visage.

« On va où ? demanda Annabeth en le sortant de sa rêverie.

- Ici.

- Ici ?

- Tadaaaa. »

Percy leva un bras vers la tour immense qui trônait devant eux et sourit lorsqu'il vit le regard d'incompréhension de la blonde. Le Rockefeller Center était, avec l'Empire State Building, l'un des plus haut building de New York et il était possible de monter au sommet pour observer la ville s'étendre et vivre à vos pieds. C'était ce qu'avait prévu Percy.
Ils étaient pile à l'heure pour voir se coucher le soleil du haut de l'immeuble.

La queue pour monter dans l'ascenseur qui menait au sommet était impressionnante et Annabeth se tourna vers lui en grimaçant lorsqu'elle vit le panneau « une heure d'attente à partir de ce point » mais Percy avait plus d'un tour dans son sac, et en l'occurence, plus d'une connaissance. Le brun remonta la file d'attente en traînant Annabeth derrière lui, montra un petit carré de papier au vigile qui les laissa passer pour rejoindre la réception du bâtiment.

« Qu'est-ce que tu fais ? demanda Annabeth doucement pour qu'il soit le seul à entendre.

- Je nous fait entrer, sourit Percy. Laisse-faire l'artiste. »

Percy lâcha sa main et s'approcha du gars qui attendait patiemment derrière son bureau. Il avait plus l'air d'un homme de la sécurité plutôt qu'un réceptionniste mais Percy savait qu'il était justement là pour empêcher les gens d'entrer plutôt que pour les aider à trouver leurs chemins.

« Luke ! sourit le brun.

- Jackson.

- Tu vas bien ?

- Tu veux quoi ?

- Monter.

- Fais la queue comme tout le monde, soupira Luke.

- Sauf que le couché du soleil va pas attendre une heure, répondit Percy. Oh aller, s'il te plaît !

- Non.

- Je te paie ! tenta Percy.

- Non.

- Je t'offre un verre.

- Non.

- Je…

- Laisses tomber Jackson, soupira Luke en le coupant.

- Je t'arrange un rendez-vous avec Thalia, lâcha Percy en fixant Luke dans les yeux. »

Un léger silence prit place entre les deux hommes, Percy voyant nettement le doute s'insinuer dans le regard de Luke Castellan qui tapotait du doigt sur bureau.

« Un rendez-vous ?

- Un rendez-vous.

- Romantique ?

- Ce que tu veux. »

Luke ne répondit pas, se penchant pour chercher dans son tiroir quelque chose qu'il tendit ensuite à Percy. La carte magnétique avait écrit en gros et noir « VISITOR » et le jeune homme sourit en la prenant dans ses mains comme un objet précieux à ne pas faire tomber.

« L'ascenseur du fond, il est réservé aux employés. Vous allez arriver au-dessus du toit des visiteurs, tu fais gaffes.

- Merci.

- T'as intérêt à tenir ta parole, Jackson, sinon je vais te le faire regretter. »

Percy tenta de sourire mais un frisson apeuré le parcouru lorsqu'il croisa le regard terrifiant de Luke qui reprit son travail sans lui accorder plus d'attention. Le brun retourna vers Annabeth qui haussa un sourcil et sourit en voyant le badge « visiteur » qu'il avait en main.

« Comment tu as fait ?

- J'ai vendu mon âme au diable, marmonna Percy.

- Tu n'aurais pas du. »

Le jeune homme haussa les épaules et entraîna sa meilleure amie jusqu'à l'ascenseur en question qui les fit monter jusqu'au second toit du building, quelques mètres au-dessus de celui des touristes, plus calme que ce dernier. Annabeth alla jusqu'à la barrière de sécurité, regardant avec des yeux émerveillés le soleil se couché sur New York alors que Percy, derrière elle, la fixait en s'approchant. Le brun s'installa à ses côtés en silence, sans vraiment savoir par où commencer.

« Tu as promis de tout me dire, souffla la blonde sans lâcher la vue du regard.

- Je cherche mes mots, soupire-t-il. Ce n'est pas facile.

- Arrêtes de chercher, fit Annabeth en se tournant vers lui. C'est moi, Perce. Depuis quand tu dois chercher tes mots ?

- Depuis que je suis amoureux de toi, lâcha-t-il sans préambule. »

Percy s'accouda à la rambarde de sécurité, fixant le ciel rougeoyant qui faisait scintiller la neige présente sur la ville. Il sentait le regard d'Annabeth sur lui mais n'avait pas le courage de la regarder en retour, cependant, il prit une grande inspiration et continua sur sa lancée.

« Ça fait un moment mais je m'en suis réellement rendu compte il y a peu. J'ai essayé de ne pas l'être tu sais, mais c'est plus fort que moi. Je suis amoureux de toi.

- Percy…

- Je sais ce que tu vas me dire, on est amis, plus que ça même, on est meilleurs amis et te dire ça c'est jeter une bombe sur notre amitié, mais tu voulais savoir et moi… Moi j'avais besoin de le dire. De te le dire. »

Le jeune homme ferma les yeux, se concentrant sur le vent qui fouettait son visage, la lumière du soleil qui passait sous ses paupières closes et le bruit du drapeau américain quelques mètres au-dessus d'eux qui claquait avec le vent. Il avait lâché sa bombe, avait arraché son cœur et l'avait mit dans les mains d'Annabeth, espérant maintenant qu'elle ne le jetterai pas du haut du Rockefeller Center pour remplacer sa cage thoracique vide par la grenage amorcée qu'il venait de créer.

« Tu veux bien me regarder. »

Percy avala difficilement sa salive mais finit par ouvrir les yeux et se tourner vers Annabeth qui le fixait en fronçant les sourcils. La blonde resta muette trop longtemps pour la santé mental du jeune homme qui s'imaginait déjà retourner chez sa mère pour se remettre de son chagrin d'amour mais le sourire naissant sur le visage de la jeune femme lui fit accélérer son pouls.

« Tu es un imbécile Persée Jackson. »

Ne lui laissant pas le temps de répondre, Annabeth posa ses deux mains sur les joues du garçon et se mit sur la pointe des pieds pour venir déposer un baiser sur ses lèvres. Percy se figea. Les lèvres d'Annabeth sur les siennes, ses mains sur ses joues, il ne savait pas s'il rêvait ou si la blonde venait vraiment de faire ce qu'il pensait qu'elle faisait.

« Tu es un imbécile, souffla-t-elle de nouveau contre ses lèvres. Mais c'est comme ça que je t'aime. »

Les mots mirent quelques secondes à arriver jusqu'à son cerveau… Elle avait… Elle l'avait dit… Elle… Percy passa enfin ses bras autour d'elle et la serra contre lui en approfondissant leur baiser, leur premier baiser. Il la sentit sourire contre ses lèvres et elle enroula ses bras autour de son cou, s'agrippant à lui comme à une bouée de sauvetage. Se détachant l'un de l'autre, la première chose qu'il vit fut les yeux gris pétillants d'Annabeth, puis son sourire tendre et Percy réalisa vraiment ce qu'il venait de se passer.

« Ça veut dire que tu ne vas pas me détester pour avoir gâché notre amitié ? demanda-t-il tout de même.

- Non, rit la blonde. C'était ça que tu me cachais ?

- Mmh, ouais, rougit le jeune homme.

- Tu es un imbécile.

- J'avais compris les deux premières fois.

- Je préfère le redire pour être certaine que tu as comprit, sourit-elle. Tu aurais du me le dire plus tôt.

- J'ai légèrement paniqué, expliqua Percy sous le rire de la blonde. Et puis comment voulais-tu que je sache que ta réponse serait de m'embrasser ?

- Si tu ouvrais un peu les yeux sur ce qui t'entoure, tu aurais vu.

- Vu quoi ?

- Que j'essaie de te faire comprendre que tu me plaît depuis quelques temps maintenant. »

Percy en perdit la parole, ouvrant légèrement la bouche sous le choc, il fixa la jeune femme qui souriait amusée par sa réaction. Pour toute réponse, le brun se permit de l'embrasser à son tour, profitant pleinement de cet instant seul avec elle. Il lui plaisait. Et là, il aurait mit sa main à coupé qu'il ne rêvait pas.