Chapitre 21 : Emily.- Envies.

Depuis que Doug avait fait son apparition dans la loge de Naomi, il devenait de plus en plus difficile de se voir en dehors de pièces isolées. En trois jours, nous n'avions pu avoir du temps pour nous qu'une seule fois et sa présence me manquait terriblement. Devoir la filmer plus de huit heures par jour sans pouvoir la toucher était un véritable supplice.

Heureusement, aujourd'hui je ne devais filmer aucune scène de Lily, je ne serai donc pas torturée par le corps parfait de ma petite amie.

Je me retrouvai donc à filmer l'enfant qui jouait Megan. Elle s'appelait Jenny, je crois, et semblait exténuée. Il faut dire que la pauvre enfant avait tourné depuis plus de trois heures sans pause intermédiaire. Elle n'avait que sept ans, mais jouait son rôle à la perfection. Elle était très talentueuse, mais un peu capricieuse. Et quand elle avait décidé de ne pas jouer la scène, sa décision était prise. Effy décida donc de faire une pause pour que Jenny puisse se reposer et reprendre ses esprits.

Elle était assise sur un banc, seule, et mangeait la glace qu'elle avait demandé qu'on lui apporte.

"Je peux m'assoir ?" demandai-je en me tenant devant elle.

Elle me contempla un instant, puis hocha la tête en continuant à lécher sa glace.

"Tu es sacrément douée pour ton âge." lui dis-je.

Elle haussa les épaules et regarda vers sa gauche, pour fuir mon regard. Elle n'avait apparemment pas envie de parler et je comptais pas insisté.

Je sortis mon téléphone de ma poche et vis que j'avais un nouveau message de Naomi.

Longue discussion avec Doug, je t'en parle tout à l'heure. xN

Oh non, ce crétin a encore du lui dire un tas de conneries sur notre couple, à quel point les gens n'étaient pas prêts à la voir en couple avec une femme, comment les fans réagiraient s'ils savaient, et surtout que les producteurs ne l'emploieraient peut-être pas en sachant l'image qu'elle véhicule. Naomi m'avait répété qu'elle s'en foutait pas mal de ce que les médias pourraient raconter sur elle. Mais je ne voulais pas "compromettre sa carrière", et je savais que même si elle ne me le disait pas, elle voulait elle aussi faire plus attention en public.

La petite brune à côté de moi venait de finir sa glace et restait muette. Elle tourna sa tête et me regarda de ses yeux verts clairs.

"J'aime bien tes cheveux." dit-elle.

"Merci." répondis-je, simplement.

"Comment tu t'appelles ?"

"Emily." lui répondis-je en lui tendant la main pour qu'elle la serre.

"Et moi Jenny."

"C'est joli comme prénom, ça, Jenny." lui dis-je avec un sourire.

Elle haussa à nouveau les épaules.

"C'est la première fois que tu tournes un film ?" lui demandai-je.

"Hm hmm." dit-elle en hochant la tête.

"Et ça te plaît ?"

"Non."

Sa réponse me surprit.

"Pourquoi ça ? Toutes les filles de ton âge doivent t'envier !"

(Haussement d'épaules.)

"J'sais pas." dit-elle. "C'est ma maman qui veut."

Ah. Je vois. J'imaginais le schéma classique de la mère qui a poussé sa fille à prendre des cours de théâtre pour la voir un jour monter sur scène, devenir célèbre, pour qu'elle puisse en être fière et se dire qu'elle a accompli son rôle de mère à la perfection. C'est surtout comme ça que je vois ma propre mère. Elle qui n'a jamais été fière de moi pour quoi que ce soit…

"Tu devrais être fière de toi." lui dis-je avec un clin d'oeil.

Elle expira longuement et me sourit timidement. Je me levai et lui offris ma main.

"Allez viens, on va manger une autre glace."

Son sourire grandit et je ne pus empêcher le miens de se former lorsque je vis son visage s'éclairer. Ça ne devait pas être facile tous les jours pour elle; être entourée d'adultes qui lui donnent des ordres à longueur de journée, devoir tourner des scènes plutôt fatigantes, et surtout, elle n'avait absolument aucun ami ici.

On marchait tranquillement main dans la main en mangeant notre glace à la vanille lorsque je vis Naomi assise sur une chaise, un bloc-notes en main. Elle portait des lunettes qui la rendait plus adorable encore et mordait sa lèvre inférieure. Elle allait me tuer sur place si elle continuait comme ça… On s'arrêta devant elle et elle leva aussitôt les yeux. Et comme Jenny lorsque je lui ai parlé de glaces, le visage de la blonde s'éclaira avec un sourire radieux. Elle se leva et son regard s'arrêta sur mes lèvres, mais elle ne fit rien. Elle détourna son regard vers la petite brune et sourit.

"Salut." dit Naomi en lui offrant sa main.

"Salut !" répondit Jenny en lâchant ma main pour serrer la sienne.

Jenny reprit aussitôt ma main et regarda la blonde avec attention.

"T'es jolie." affirma-t-elle.

Naomi la remercia et je ne pus m'empêcher de penser exactement la même chose. Sauf qu'évidemment, je trouvais que l'adjectif était bien trop faible et qu'il faudrait en inventer un nouveau pour la décrire.

"Tu me remplaces déjà ?" plaisanta Naomi en pointant nos mains jointes.

Je ris et hochai la tête. J'avais tellement envie de l'embrasser… Mais c'était hors de question. Même il y a une semaine, aucune de nous-deux ne se serait permise un baiser dans cet endroit. En plus, il y avait Jenny, qui nous fixait attentivement. Naomi, elle, fixait ma glace, que je lui tendis instantanément. Je regrettai aussitôt mon geste car lorsque sa langue effleura la boule blanche, je sentis mon sang bouillir en moi et mon pouls s'accélérer. La blonde me regarda intensément pendant sa manoeuvre et lécha ses lèvres lorsqu'elle eut fini. Les muscles de mon corps se crispèrent et j'entendis Jenny pousser un petit cri de douleur. Je m'excusai lorsque je compris que j'avais serré sa main trop fort; et Naomi laissa échapper un rire.

"Ne me tente pas." lui chuchotai-je avant d'embrasser sa joue.

"Passe dans ma loge après le tournage." dit-elle avec un clin d'oeil.

"Avec plaisir."

Puis Jenny et moi quittèrent Naomi, toujours main dans la main, et je ne pensais plus qu'à elle… Je n'arrivais pas à penser à autre chose. Je me souvins alors que sa langue venait de toucher ma glace, et aussi pathétique que cela puisse paraître, je donnai un vif coup de langue en m'imaginant que la blonde y avait posé la sienne quelques secondes auparavant.

"Tu as beaucoup d'amis ?" demanda-t-elle.

"Je ne sais pas."

"C'est ton amie ?"

"Oui…" répondis-je. "Oui, c'est mon amie."

"Et moi, je suis ton amie ?"

Je m'arrêtai et la regardai un instant, puis répondis simplement :

"Bien sûr."

Elle me sourit comme Naomi et j'en venais même à me demander si ces deux-là n'étaient pas parentes.


Comme prévu, je marchai en direction de la loge de la blonde. Durant tout mon trajet, (et je n'en étais pas très fière) je n'avais pensé qu'à une chose : plaquer Naomi contre un mur et lui arracher tous ses vêtements. Je savais que jamais je ne ferai une chose pareille, mais c'était simplement une envie bestiale qui grandissait en moi.

Je toquai et ouvris la porte. Naomi était allongée sur le grand canapé en soie qu'elle avait venir il y a une semaine pour qu'on puisse en profiter entre les heures de tournage. Je fermai la porte derrière moi et m'approchai doucement d'elle, puis m'assis à ses côtés. Ma main caressa mécaniquement ses jambes et je remarquai que ses collants étaient en réalité des mi-bas en soie blanche avec une extrémité en dentelle. Je dus retenir mon souffle qui commençait à devenir lourd. Je me raclai la gorge lorsqu'une image de Naomi nue parcouru mon esprit. Encore.

"Tu voulais me parler de quelque chose ?" demandai-je en établissant le premier contact visuel depuis mon arrivée.

Naomi me regarda longuement droit dans les yeux et je vis sa pupille se dilatée; ses yeux n'avaient jamais été aussi foncés.

"Plus tard."

Et en un instant, elle changea de position et plaqua son corps contre le mien, en ramenant nos lèvres ensemble. Le baiser était tout de suite très intense et nos mouvements étaient rapides. Nos langues dansaient ensemble tandis nos mains cherchaient la position idéale sur le corps de l'autre.

Elle avait enroulé ses bras autour de mon cou, comme à son habitude, en caressant ma chevelure, et Dieu sait que j'adorais quand elle faisait ça… Elle s'était mise en position assise, à califourchon sur moi. Ma main droite était restée collée contre sa cuisse gauche et mon autre main trouva refuge sous son t-shirt, dans son dos.

Je caressais gentiment sa cuisse en veillant à ne pas remonter trop haut, mais l'envie était plus forte que tout et je savais que ma main finirait par rencontrer son sous-vêtement dans peu de temps. Mon rythme cardiaque était au plus haut, ma température montait à une vitesse incroyable et j'avais le souffle court.

Naomi commença à caresser mon omoplate puis descendit plus bas au niveau de ma poitrine. Elle massait mes seins à travers mon t-shirt et la sensation était si agréable que je ne pus m'empêcher de gémir dans sa bouche.

Ma main droite venait de toucher l'extrémité de sa culotte et je sentis les muscles de la blonde se raidirent. Je retirai aussitôt ma main, de peur d'être allée trop loin. À ma grande surprise, Naomi prit mon poignet et m'obligea à replacer ma main là où elle avait été auparavant. Elle commença ensuite à défaire un par un les boutons de sa chemise, tout en gardant le contact visuel.

J'étais perplexe et ne savais pas exactement où elle voulait en venir, ni ce qu'elle voulait de moi. Je continuai cependant à masser sa cuisse puis déposai un baiser sur ses lèvres pendant qu'elle continuait à déboutonner son haut. Lorsqu'elle eut fini, je ne pus empêcher mes yeux de fixer sa poitrine, et je me rendis compte qu'elle ne portait pas de soutien-gorge. Oh mon Dieu, mon pantalon devait être complètement trempé…

Ma main gauche remonta le long de sa colonne vertébrale puis caressa ses côtes avant de remonter plus haut pour arrêter sa course sur sa poitrine nue. J'en avais rêvé depuis la dernière fois où on avait pris un bain ensemble.

Elle retira l'intégralité de sa chemise et la jeta violemment contre le sol avant de m'embrasser encore une fois, avec passion. Nos baisers étaient courts et ses mouvements se faisaient de plus en plus rapides. Je savais où tout ça allait nous mener et je ne voulais le stopper pour rien au monde.

Mes deux mains caressaient à présent sa poitrine et je déposai des baisers brûlants dans son cou.

Ma bouche attaqua ensuite l'endroit où mes mains avaient été auparavant tandis que je la rapprochais au plus près de moi. Je sentis son coeur battre dans sa cage thoracique et ses mains se faufilèrent à l'intérieur de mon t-shirt. Ses ongles griffaient gentiment l'arrière de mon dos, puis elle retira rapidement mon t-shirt et je me retrouvai en quelques secondes sans le moindre vêtement en haut.

Tout en continuant d'embrasser mon cou, la blonde tentait de dégrafer mon pantalon d'une main en gardant son autre main sur mon sein. Je fis de même, en rencontrant beaucoup moins de problème concernant sa jupe.

À présent presque nue, je sentais ses mains hésitantes, tremblantes, caressant ma peau chaude. J'embrassai la paume de ses mains pour la rassurer, pour lui faire comprendre que je n'allais pas la blesser et qu'elle pouvait me faire confiance. Elle me regarda dans le blanc des yeux en tentant de calmer sa respiration.

"C'est la première fois que je… Enfin, je n'ai jamais… Avec-"

Je savais où elle voulait en venir et je la fis taire en l'embrassant tendrement du bout des lèvres. Mais elle tremblait encore.

"Détends-toi." murmurai-je. "On n'est pas obligé de faire quoi que ce soit maintenant. On peut tout aussi bien rester allongées ici pendant un moment. D'accord ?"

Et même si j'aurais préféré que sa réaction en soit autrement, elle hocha la tête et la posa sur mon épaule en collant sa poitrine nue contre la mienne. Elle continua de caresser ma nuque et je gardai mes mains dans son dos, comme pour la rassurer. J'embrassai encore une fois son épaule et on s'allongea sur le canapé, nos corps entremêlés.


A/N: désolée, il faudra attendre un peu avant le sexy-time :P