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Salut à tous, alors ce chapitre est loin d'être le meilleur, mais il permettra de relancer la machine pour la nouvelle année universitaire et j'avoue qu'après tout ce temps je n'ai pas eu le courage de retoucher trop le chapitre afin de l'améliorer !
Avec toute mes excuses pour le retard, et en espérant que vous n'avez pas oublié comment laisser une review pendant les vacances...
Thirael.
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Résumé :
Après avoir fini sa troisième année à Poudlard, Harry Potter entame ses vacances d'été avec une seule certitude : sa vie a pris un tournant inattendu.
Tout d'abord, il a finalement accepté le fait qu'il ai désormais des amis et partagé ses souvenirs d'enfances avec Archimède qui, à la surprise générale, a trouvé un petit boulot pour cet été à l'Antre de Lunard.
Ensuite, dans sa quête pour sauver sa mère, Harry s'est débrouillé pour devenir secrètement un expert en occlumancie et dans une branche oubliée de la magie : les rituels chamaniques.
Il a réussi, au passage, à se faire de nombreux ennemis au sein du ministère, tout en fricotant "par inadvertance" avec des vampires nécrophages et difformes, avec qui il a monté un embryon de syndicat du crime afin de sécuriser la position de l'Antre de Lunard au sein de l'Allée des Embrumes. Sans oublier, qu'il vient de gagner l'emblématique tournoi de Poker des Seigneurs de Gringotts, se faisant ainsi un puissant ennemi en la personne de Lucius Malfoy. Celui-ci, vexé de sa défaite face au jeune mage, a déjà commencé à préparer sa revanche.
Harry, suite à un petit coup du sort, à également réussit à se faire repérer par Filius Flitwick, alors même qu'il "récupérait un malheureux petit bout de pierre philosophale". Ne sachant pas comment réagir, le petit professeur de Charmes a donné rendez-vous à Harry au Lupanar afin de discuter de l'affaire.
C'est là que ce chapitre commence.
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Chapitre 21 : Le cœur de Harry Potter
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Partie 1 : Filius Flitwick
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1er Aout 1992, Chemin de Traverse.
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-Je n'en reviens toujours pas que ma mère ai accepté que je vienne ici avec vous, marmonna Angelina Johnson en buvant une nouvelle gorgé de soda et en regardant ses amis qui étaient tous attablés avec elle autour d'une délicieuse glace.
Un petit groupe de Gryffondors ayant pour la plupart finis leur troisième année à Poudlard, était attablé au coté de la belle poursuiveuse. Lee Jordan, un jeune métis au visage avenant, se contenta de sourire en entendant la remarque, pendant que les jumeaux Weasley prenaient la parole.
-Ne sois pas surprise ma petite Angelina, commença George en affichant un sourire canaille.
-Nous étions convaincu que tes parents finiraient par entrevoir la lumière…, continua Fred d'un air espiègle, avant que son jumeaux ne prenne sur lui de continuer la phrase.
- … et se rendraient finalement compte que tu es assez grande pour manger une glace avec des amis sans supervision, acquiesça vigoureusement George.
-D'ailleurs, s'ils avaient refusé d'entendre raison, il restait la solution Weasley, suggéra Fred
-Même notre dragon de mère a finit par céder et nous autoriser à venir après une semaine de blagues ininterrompues. Et je crois, mon cher frère, qu'elle pensait sérieusement que nous ferions sauter le grenier avant de lancer du poil à gratter sur la goule pour l'encourager à dévorer la famille, murmura George d'une voie pensive.
-Certes, mon noble jumeau, maman est parfois d'une naïveté touchante. Après tout, nous avions tout juste commencé à fragiliser la charpente pour détruire le toit ! conclut Fred avec un sourire pendant que leurs amis s'esclaffaient de bon cœur devant leurs pitreries habituelles.
A vrai dire les vacances se passaient bien pour le petit groupe, car tous avaient réussit à convaincre leurs parents de les laisser aller sur le Chemin de Traverse pour toute une après midi sans surveillance. Voilà pourquoi une bonne partie de l'équipe de Quidditch de Gryffondor ainsi que quelques proches amis, comme Lee Jordan ou Robert Eagleton, étaient en ce moment en train de partager de délicieuse glaces chez Florian Fortarôme.
-Au fait les gars, qu'est ce que vous pensez de cette drôle d'histoire que nous a raconté Dumbledore à la fin de l'année ? demanda soudain Dubois, le respecté capitaine de l'équipe des Rouges et Or.
-Tu veux dire lorsqu'il a attribué des points de dernière minute ? demanda brusquement Katie Bell, une jolie brune qui jouait au poste de poursuiveur dans l'équipe.
-Oui, le récit selon lequel Neville, Ron et Hermione aurait sauvé quelque chose d'important pour l'école au risque de leur vie.
-Hum... Et bien Ron nous a dit... commença George.
- … que Dumbledore cachait en secret un objet très précieux au troisième étage et... continua Fred en suivant le pattern habituel.
- … notre petit Ronnikin, avec l'aide de Neville et la baveuse...
- … la Baveuse ? coupa Angelina avec une claire incompréhension.
- Oui, la baveuse c'est cette...
- … amie de Ron aux cheveux touffus qui passe son temps à lécher les fesses professorales... d'où son surnom.
- Bref ! reprit Fred en faisant semblant de ne pas voir les rires de ses amis.
- Baveuse, Ronnikin et Neville auraient soit disant réussit à découvrir ce qui était caché au troisième...
- … et l'auraient sauvé au péril de leur vie lorsque Quirrell aurait tenté de la voler.
-Et vous croyez votre frère sur ce coup ? demanda tout de suite Lee sans tenir compte des regards offensés du reste de l'équipe.
Le jeune métis, qui était le plus proche ami des jumeaux, savait parfaitement que Ronald Weasley avait une notion tout à fait personnelle de ce qu'était la vérité.
-HUMMM, question intéressante jeune Padawan, répondit immédiatement Fred en se grattant le menton.
-Le Ronnikin est une créature menteuse et affabulatrice, expliqua George en hochant sagement la tête avant de reprendre. Cependant Dumbledore est un ami de la famille et j'imagine mal qu'il gobe ce genre d'histoire si elle n'était pas vraie. J'imagine donc que Ronnikin a dû raconter la vérité...
- … pour une fois, conclu Fred en regardant le petit groupe de Gryffondors qui l'écoutait.
-Et qu'est ce que c'était, d'après toi, cette chose que Quirrell voulais voler ? demanda Dubois avec curiosité.
-Et bien je ne sais pas... commença George.
- … nous avons pourtant tout tenté pour...
- …tirer les verres du nez du petit Ronnikin, mais...
- … il n'a pas cédé,...
- … même sous la torture !
-Vous êtes vraiment impossible ! grommela Angelina sans toutefois arriver à cacher son sourire. Qu'est ce que vous lui avez fait cette fois ?
- Oh un peu de ci et un peu de ca, répondit évasivement Fred.
- En tout cas, ca veut dire que l'histoire est vraie et que Neville a sauvé quelque chose d'important, intervint Alicia Spinnet.
- Oui, et grâce a ça, nous avons gagné le coupe, même si Serdaigle nous a battu au Quidditch, expliqua Robert Eagleton.
En entendant ces mots, Dubois soupira tristement. Voyant cela, Angelina tenta de le réconforter.
- Aller Olivier, ne fait pas la tête, on gagnera l'année prochaine, tenta de le réconforter la belle adolescente.
- Je ne sais pas, murmura sombrement Fred, avec un sérieux peu coutumier.
- Qu'est ce que tu veux dire par là ? demanda Lee Jordan surpris.
-Tant qu'ils auront Potter, nous n'aurons presque aucune chance de gagner, continua George.
-Quoi ? Comment peux-tu dire ça ? s'écria immédiatement Katie visiblement offensée. Je...
-Ils ont raison, coupa Dubois le visage sombre.
-Qu'est ce que tu veux dire ? demanda Angelina.
-Je veux dire que Potter joue dans une tout autre Ligue. Il... son niveau n'a rien à voir avec le notre, expliqua Dubois avec morgue. Je déteste l'avouer, mais Potter fait à peine appel à son talent pour nous dominer dans le jeu. Et même si j'adore Neville et qu'il est un sorcier puissant et courageux, tant que Potter sera là, il n'attrapera jamais le vif d'or avant que l'écart au score ne soit trop important. Harry a simplement un tel niveau qu'il est capable de le maitriser tout en marquant des points et cela sans même se fatiguer. Il a déjà le niveau d'un professionnel. D'un très bon professionnel, à vrai dire et au vu de la qualité de ses coéquipiers et de leur niveau de collectif, je crois que même Charlie Weasley n'aurait pas suffit à faire pencher la balance face à un tel adversaire, murmura Dubois avec regret en affichant un air abattu et dépressif.
-Olivier ! Ne dit pas des choses comme ça. Bien sûr que nous allons gagner ! s'exclama Alicia Spinnet.
-En tout cas, nous allons tout faire pour. Et puis, Potter n'est pas si bon que ça après tout, à part le Quidditch et les cours, c'est tous juste s'il sait parler. Il se contente de grogner une fois de temps en temps en direction de Montague, et ce, pour une bonne raison : il n'a rien d'intéressant à dire, grommela Katie avec mauvaise foi.
-Je ne sais pas, murmura Angelina d'un ton étrange.
-Qu'est ce que tu veux dire ? intervint Lee.
-Et bien, j'étais avec lui lorsqu'il est allé acheter ses affaires sur le Chemin de Traverse et il... il...
-Il quoi ? la pressa Robert Eagleton visiblement intéressé par le sujet pour une raison quelconque.
-Et bien, il n'était pas du tout comme il est à l'école, finit par dire Angelina incapable de trouver une meilleure explication.
-Qu'est ce que...
-...tu veux dire par la? intervinrent les jumeaux avec un air sérieux qui ne leur ressemblait pas.
-Et bien, à l'école, il est apathique, commença Angelina. Je veux dire, il ne parle quasiment jamais, ne répond pas lorsqu'on lui adresse la parole, ne participe pas en cours et pourtant il survole le niveau de notre année sans même essayer. En fait, tout le monde s'accorde à dire que c'est un foutu génie en magie. Et pourtant, il n'interagit avec personne, respecte toujours les règle de l'école. Même Rogue à abandonné tout espoir de le faire réagir et ne prend plus la peine de l'insulter. En fait, il ne fait absolument rien à part lire, lire et encore lire...
-Et en quoi cela ne lui ressemblerait pas ? demanda Dubois, qui avait toujours connu le Serdaigle ainsi.
-Et bien, lorsque l'on est allé chercher nos affaires sur le Chemin de Traverse, il se moquait ouvertement de McGonagall.
-Non ! sifflèrent en même temps six voix distinctes complètement éberluées.
Personne ne se moquait ouvertement de la très sévère enseignante.
-Si et c'était incroyable ! Je veux dire, il lui a plus ou moins expliqué qu'elle n'était pas encore son professeur, n'avait aucune autorité sur lui et devrait s'estimer heureuse qu'il l'autorise à porter ses affaires, expliqua Angelina en se rappelant la scène. Après quoi, il a littéralement disparu durant plusieurs heures pendant lesquelles nous l'avons cherché partout avant de revenir comme si rien ne s'était passé. McGonagall était littéralement folle de rage, mais il s'en fichait éperdument. Il n'avait aucun respect pour l'autorité, a insulté au moins deux marchands d'artefacts magiques en les traitant de charlatans et de cracmol. En fait, il ne semblait respecter rien ni personne et se fiche de l'opinion des autres. Il était sarcastique, moqueur, et irrespectueux. L'un dans l'autre, il ressemblait à une sorte de super Serpentard. Et maintenant, il ne parle plus et respecte parfaitement les règles même si il semble évident qu'il ne respecte pas plus que cela les professeurs, à l'exception de Flitwick et McGonagall qui semblent de nouveau être entré dans ses bonnes grâces depuis un peu moins d'un an.
-Pas possible, objecta tout de suite Katie. Tu te moques de nous.
-Je vous jure que c'est vrai et…
Olivier Dubois n'écoutait plus car il était occupé à fixer les jumeaux Weasley qui affichaient pour une fois un air étrangement sérieux et indécis. Comme s'ils hésitaient à dire quelque chose d'important.
-Fred, George, les interpella-t-il.
Les deux frères se regardèrent un instant et constatèrent que tous leur amis avait désormais les yeux fixés sur eux, ayant tous finalement remarqué leur étrange comportement. Dans un soupir, ils échangèrent un regard et reprirent la parole.
-Nous pensons que Angelina a raison...
- … Potter n'est pas ce qu'il semble être...
- … et il est tout a fait capable de ne pas être apathique si il le veux, conclurent en cœur les jumeaux avant de se lancer, avec son frère, dans une longue explication.
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Flashback
-Weasley numéro 4 et 5, j'ai besoin de vous parler, grommela soudainement la voix de Harry.
-Potter, répondirent les rouquins en souriant largement.
-Vous avez quelque chose qui m'appartient.
-Qu'est ce que tu veux dire...
- … jeune aiglon au cerveau hypertrophié...
- … tu ne sous entendrais pas que nous aurions osé...
- … chaparder un de tes précieux petits grimoires...
- … ce qui est impossible car alors...
- … la colère du dieu des vieux bouquins moisis et du super potionneux se serait abattue sur nous, chantèrent en cœur les jumeaux en faisant référence à Archimède Montague qui était un bon ami des jumeaux et l'une des rare personne à parler a Harry et à obtenir des réponses.
-Vous possédez la Carte des Maraudeurs, et je voudrais que vous me la donniez..
Interruption du Flashback
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-Qu'est ce que c'est la Carte des Maraudeur ? demanda tout de suite Lee.
Les deux jumeaux se regardèrent à nouveau et soupirèrent.
-C'était notre secret le mieux gardé...
- …il s'agissait d'une Carte intégrale de Poudlard...
- … montrant tous les passages secrets...
- … et toutes les personnes qui se trouvaient dans l'école...
-Alors c'était ça votre secret incroyable pour ne jamais vous faire prendre, l'astuce que vous n'aviez jamais révélé à personne, continua Lee pendant que les rouquins hochaient la tête.
-Comment Harry a su que vous aviez la Carte si vous ne l'aviez même pas dit à Lee ? intervint Katie incrédule.
-Il a refusé de nous le dire mais...
- … il a dit que la Carte appartenait à un membre de sa famille avant de nous dire son pseudonyme qui figurait bien sur la Carte...
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Flashback
-Bien, maintenant que vous savez que je suis le fils de Cornedrue, vous comprenez pourquoi je veux récupérer la Carte. Alors donnez la moi, expliqua Harry.
Les deux rouquins se regardèrent clairement indécis. D'un coté, ils ne voulaient pas voler un souvenir de famille, mais de l'autre, la Carte était tellement utile. Et ils l'avaient tout de même récupéré dans le bureau de Rusard au péril de leur vie.
-Peut être que nous pourrions partager...
-… Et nous la prêter les un les autres... finirent par proposer les jumeaux espérant une sorte de compromis.
-Vous n'avez pas compris, je crois, soupira Harry en baissant la tête avant de relever vers eux des yeux proprement terrifiants. Ses prunelles vertes étaient devenues incroyablement froides.
-Nous n'avons pas à ...
-Silence ! siffla Harry d'un ton glacial. Cette Carte est un des rares souvenirs de famille que je possède et d'une manière ou d'un autre, je vous assure que je vais la récupérer. En fait, la seule et unique raison pour laquelle j'ai pris la peine de vous demander la Carte poliment, est par égard pour Archimède qui semble vous apprécier. Alors maintenant, soit vous me donnez la Carte, soit je vais devoir la prendre moi même.
-Tu... Tu nous attaquerais...bafouilla Fred, non par peur mais de surprise...
Le jeune Serdaigle était connu pour s'occuper de ses affaires, être apathique et ne pas répondre à la provocation. Et maintenant il les menaçait directement ?
-Oui. Après tout ce n'est pas comme si vous pouviez vous plaindre que je vous ai volé un artefact légal puisque vous avez vous même volé la Carte à Rusard.
-Comment sais tu que...
-En outre, cette Carte appartenant vraiment à ma famille, je suis dans mon bon droit de la récupérer. Je vous préviens donc aimablement pour la dernière fois. Soit vous me rendez ce qui est mien, soi je vais devoir le prendre par la force.
-Tu penses vraiment que tu peux...
-… nous avoir tous les deux ? demandèrent les jumeaux en levant leur baguette avec un sourire bravache.
A ces mots, Harry soupira et d'un geste trop rapide pour être suivit, dégaina sa baguette. Une seconde plus tard, les deux rouquins étaient désarmés et regardaient Harry lancer leur baguette par terre d'un geste ouvertement moqueur.
-Non je ne pense pas... je sais que vous n'avez pas l'ombre d'une chance. Maintenant la Carte !
Sans un mot, Fred sorti le bout de papier et le tendit à Harry qui l'examina un bref instant en plissant les yeux, hocha la tête et rangea le parchemin dans sa robe.
-Merci, murmura ensuite le dernier des Potter. Je vous fais confiance pour garder cette affaire discrète. Après tout, je suis sûr que vous n'aimeriez pas que Rusard découvre votre vol...
Sans un mot les deux rouquins hochèrent simplement la tête.
Fin du flashback
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-Après cela, nous avons tenté de lui faire payer en lui faisant toutes les blagues de notre répertoire mais...
- … il arrivait systématiquement à déjouer nos pièges sans même se fatiguer...
- … même l'aide de Archimède n'a pas suffit pour faire pencher la balance. Alors nous avons fini par abandonner, conclurent en cœur les jumeaux.
-Ça ressemble déjà beaucoup plus au Harry que j'ai rencontré sur le Chemin de Traverse. Il avait fait le même coup du regard froid à McGonagall. C'était assez terrifiant je dois dire, murmura Angelina.
-Terrifiant ? Voyons, je veux bien croire que Harry puisse être un bon duelliste, étant donné ses dons pour la magie, mais terrifiant ? Vous êtes sûr de ne pas exagérer ? demanda Eagleton qui paraissait peu convaincu.
-Alors ce que vous essayez de dire, c'est que Harry cache son jeux et sa véritable personnalité depuis plusieurs années ? Que tout ce que nous voyons à Poudlard n'est qu'une façade ? demanda Dubois en fronçant les sourcils, sans tenir compte de la remarque de Robert.
-Oui, répondit Fred sans hésiter. Nous connaissons bien Archie et nous lui avons demandé des explications après que Potter ait récupérer la Carte.
-Et même s'il a refusé de nous dire quoi que ce soit sur le passé de Harry, il a quand même dit qu'il avait de bonnes raisons d'agir ainsi, et qu'il vaudrait mieux que nous le laissions en paix….
- … et lorsqu'il a dit ça...
- … Archie avait l'air terriblement sérieux...
- … ce qui est extrêmement rare, et prouve que l'affaire est grave, conclut Fred en secouant la tête.
-Et pourquoi quelqu'un agirait-il ainsi ? Jouerait la comédie durant plusieurs années ? Qu'est ce qui pourrait motiver quelqu'un à renier sa vraie personnalité pendant si longtemps ? demanda Katie Bell visiblement horrifié par une telle idée.
-Peut-être que ça a un rapport avec le ministère, intervint Lee Jordan dont les yeux paraissaient pensifs.
-Tu fais référence au procès ? interrogea Alicia Spinnet.
-Oui, répondit tranquillement le petit métis. Il y a plus de un an, Harry a intenté un procès contre le ministère et il l'a gagné. Mais d'après mon père, il s'est fait beaucoup d'ennemis ce jour là, dont le ministre en personne et la sous secrétaire d'état. Peut être qu'il fait juste attention afin qu'ils n'aient rien contre lui.
-Voyons Lee, ce sont des personnes politiques. Ils ont mieux à faire que de s'occuper d'un enfant. Et en plus, je ne pense pas qu'il soit du genre à vouloir se venger. Ce n'était qu'une simple affaire courante non ? intervint Angelina pendant que les jumeaux échangeaient à nouveau un étrange regard, avant de réorienter la conversation vers un autre sujet.
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1 Aout 1992 ; Entrée de l'Allée des Embrumes, Lupanar.
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Rémus Lupin n'était pas un imbécile. Loin de là en fait. Il était certes un brin immature, un peu naïf et trop gentil pour son propre bien, mais il avait pour lui une intelligence remarquable et un esprit d'une surprenante logique pour un sorcier. C'est la raison pour laquelle, même s'il ne disait rien, il savait bien qu'Harry tramait à nouveau quelque chose de louche.
Depuis qu'il avait adopté Harry, Rémus Lupin avait rapidement été obligé de questionner l'avis de tous les professionnels concernant l'éducation des enfants. En effet, peut être était ce dû à son enfance dans les rues, ou au traumatisme d'avoir perdu sa famille, mais Harry Potter n'était pas un enfant comme les autres.
Le lycan s'était aperçut rapidement que Harry était un génie. Même à un jeune âge, sa mémoire était absolument parfaite, son esprit logique plus aiguisé que celui d'un chercheur... sans parler de sa capacité de compréhension inhumaine. Aucun concept, soit-il magique ou moldu ne pouvait résister à ses facultés d'analyse et le gamin semblait comprendre instantanément tout ce qu'on lui expliquait.
Cependant, ce n'était pas ce trait de personnalité qui avait posé problème à Lupin. Au contraire, il en était fier. Non, le problème venait du fait que Harry était extrêmement indépendant. Le loup-garou avait donc découvert avec une surprise incroyable, lorsqu'Harry avait eu dix ans, que ce dernier savait transplaner et ne s'en privait pas. Il avait confronté son protégé, qui lui avait simplement fait vertement remarquer du haut de ses dix printemps que ce n'était pas ses affaires.
Rémus avait bien sur menacé de sévir, mais aucune menace ou punition ne semblait avoir prise sur le gamin. Lorsqu'il s'était finalement résigner à l'évidence, c'est à dire au fait qu'il n'avait pas le choix et que de toute manière Harry en ferait à sa guise, la vie de Rémus s'était considérablement simplifié. En effet, le Lycanthrope s'était alors rendu compte que son protégé était incroyablement mature et tout à fait apte à veiller sur lui même.
Après tout, il avait survécu seul dans les rues durant plusieurs années.
A partir de là, les choses étaient devenues de plus en plus folles et découverte après découverte, Rémus avait appris à connaître son protégé. Et une étrange complicité s'était formée. Harry paraissait posséder un sixième sens qui l'avertissait de la présence de magie et lui permettait d'éviter bon nombres des blagues du lycan.
Le gamin avait en outre secrètement prit contact avec les gobelins et proposé une offre plus ou moins honnête afin de prendre le contrôle de sa fortune avant d'obtenir l'âge légal. Lorsque Rémus, fou furieux, était aller en personne voir le conseiller financier pour lui demander pourquoi il avait jugé utile d'obéir à un gamin de onze ans, l'homme avait simplement montrer un graphique à Rémus prouvant l'extraordinaire rentabilité des ordres de Harry pour justifier son choix.
Le mioche connaissait assez bien les mondes moldus et sorciers pour exploiter les écarts de prix entre les deux marchés. Et bien qu'il ne soit pas un expert en finance, son intelligence avait suffit à faire le reste du travail.
Lorsqu'il avait ensuite confronté Harry, ce dernier lui avait simplement avoué sans honte, qu'il avait fait chanter le gobelin en le menaçant de retirer tout l'argent des Potter de Gringotts au profit d'une banque moldue lorsqu'il aurait dix sept ans, si ce dernier refusait de le laisser accéder à son héritage. Le peuple de banquiers ne respectant que bien peu les lois sorcières, les gobelins avaient immédiatement acceptés.
Harry avait ensuite terminé son petit exposé en expliquant à Rémus que de toute façon, ce n'était pas ses affaires et qu'il ne devrait pas "fatiguer son minuscule petit cerveau à comprendre des choses qui le dépassaient."
Un mois plus tard, le gamin enfin maitre de son argent, lui avait offert les fonds nécessaires à l'ouverture de l'Antre de Lunard avant de partir pour sa première année à Poudlard. Et c'est à ce moment là que le loup-garou avait finalement compris que pour le meilleur et pour le pire, Harry et lui formait vraiment une famille. Une famille sans père ni enfant, sans frère ni sœur ; une famille où personne n'avait vraiment d'autorité sur l'autre si ce n'est par les voies du cœur, mais une famille tout de même.
Peu de temps après lorsque le ministère était intervenu et que tout avait semblé perdu, Harry était de nouveau venu à la rescousse, avait ridiculisé le Magenmagot tout entier grâce à l'aide des Tonks et lui avait offert les moyens de réaliser son rêve, cimentant définitivement cette étrange relation qui s'était tissé au fil des ans entre Rémus et lui.
Mais Rémus Lupin n'était pas un idiot. Il avait donc au cours des années, comprit de nombreuses choses en dépit de la tendance de Harry à toujours agir et apprendre en secret. Il avait ainsi déterminé que Harry s'était fixer pour objectif de sauver sa mère et sa sœur. Ce qui était théoriquement impossible d'après les médicomages. Secouant la tête, Rémus songea que le gamin avait quand même ses chances.
Après tout, il ne l'avait pas surnommé Veinard pour rien. Lorsque Harry voulait vraiment quelque chose, même la chance paraissait lui obéir et favoriser son destin. En fait, lorsque Harry voulait ou avait décidé quelque chose, Rémus ne connaissait rien qui puisse l'arrêter.
Outre cette certitude, Rémus en était venu à l'idée que Harry avait aussi secrètement commencé à apprendre le duel avec Nymphadora. Comme le jeune mage ne faisait jamais rien sans raison, cela ne pouvait signifier qu'une seule chose : il prévoyait de se battre... Mais contre qui, telle était la question.
Question renforcée par son attitude discrète à Poudlard. En effet, Archimède Montague, qui travaillait à l'Antre de Lunard pour l'été, avait confirmé à Rémus que Harry ne faisait pas de vague à l'école et tentait de se faire oublier. Ce qui ne ressemblait pas du tout au caractère de son protéger, qui était par nature moqueur, sarcastique, vanneur, irrespectueux, condescendant et tant d'autres adjectifs qui, lorsqu'on les associait au fait qu'il était un génie et avait presque toujours raison, en faisait un personnage si insuppor... hum attachant.
En dépit de tout cela, Rémus savait et sentait au plus profond de lui, que Harry était un écorché, durement éprouvé par son enfance et avait un cœur incroyablement sensible. C'est pourquoi, le lycan était certain que tout cela n'était en fait qu'une manière de se protéger. Il était également convaincu que Harry tuerait et se sacrifierait sans hésiter pour sauver ceux qu'il aimait.
Ce n'est d'ailleurs pas sans une certaine honte que Rémus Lupin, la baguette prête à intervenir si quelque chose tournait mal, avait regardé Harry terroriser un des racketteurs de l'Allée des Embrumes, qui était venu réclamer de l'argent en menaçant le Lupanar. Oui, son petit Veinard était capable du pire... pour les meilleurs raisons. Et c'est l'une des raisons pour lesquelles Rémus était à présent inquiet.
Dans la grande salle du bar, de nombreux vampires à l'aura sombre et à la mine patibulaire s'étaient placé en cercle autour de la table qu'occupait son protéger. Et Rémus, qui possédait des sens sur-développés, avait clairement vu son fils adoptif adresser un petit signe de tête a l'une des brutes, tout en s'assouplissant les doigts. Ce qui ne pouvait vouloir dire qu'une chose : Harry s'apprêtait à rencontrer quelqu'un de dangereux et s'était préparé au pire, allant visiblement jusqu'à embaucher des hommes de mains, probablement rencontré lors de sa fugue en territoire hostile de l'an dernier.
Peu désireux de laisser les choses (quelles qu'elles soient) dégénérer, le lycanthrope s'était donc levé, bien décidé à confronter son jeune protéger, lorsqu'une silhouette inattendu avait pénétré dans le bar.
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1 Aout 1992 ; Entré de l'Allée des Embrumes, quelques instants auparavant.
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Filius Flitwick rajusta le col de sa cape et regarda tout autour de lui. L'Allée des Embrumes avait bien changé depuis la dernière fois qu'il y avait mit les pieds. L'Antre de Lunard occupait désarmais tout un pâté de maison et plusieurs échoppes alentour semblaient y être attachées. Des gardes gobelins et des groupes de vampires patrouillaient dans la rue et Filius Flitwick n'avait pas vu la moindre prostituée et le moindre voleur depuis qu'il avait pénétré dans l'endroit mal famé.
Bref, il reconnaissait tout juste l'endroit et ne pouvait s'empêcher de se demander ce qui s'était passé ici. Sûrement, la création d'une simple taverne ne pouvait avoir eu tant de conséquence, n'est-ce pas ?
Avançant lentement en direction de la porte, Filius maudit sa propre stupidité. Il avait lui même donné rendez vous à Potter ici, sachant parfaitement que la taverne appartenait au gamin et son gardien. Sur le moment, cela lui avait semblé être une bonne idée, car ainsi, Harry n'aurait aucune excuse pour éviter le rendez vous. Cependant, cela voulait aussi dire qu'il s'aventurait sur le territoire du jeune sorcier.
Poussant la porte de l'Antre de Lunard, Filius croisa brièvement le regard étonné de Lupin mais ne s'attarda pas sur lui. Tournant les yeux en direction de Harry, il retint un juron.
Le jeune homme qui lui faisait face, s'il était indéniablement Harry Potter, n'avait rien à voir avec l'élève qui avait quitté l'école quelques semaines plus tôt. En effet, Harry Potter était un élève discret et policé. L'adolescent qui lui faisait face n'était rien de tout cela.
Il portait une grande cape sombre en soie d'Acromantula, ainsi qu'un ensemble complet de vêtements noir et or en cuir d'hippogriffe. Une mince boucle d'oreille en forme de dent de dragon était accrochée à son oreille droite et ses yeux verts semblaient pleins d'assurances et d'une froide détermination.
Un instant, Filius revit le jeune homme qui avait assassiné Quirrell avant de récupérer la pierre. Et soudain tout fut plus clair : Harry Potter n'était pas ce qu'il semblait être. Et pour la première fois depuis qu'il avait rencontré le garçon, le masque était complètement tombé.
S'avançant d'un pas décidé, le minuscule professeur fut accueillit par un hochement de tête sec du gamin. Il prit place en face de lui, avant de jeter un coup d'œil à la ronde et de reporter son regard vers le jeune mage. Il plissa les yeux.
Harry observa le maître des Charmes un instant et afficha un mince sourire satisfait. Il s'apprêtait à prendre la parole lorsque brusquement, son visage se décomposa sous l'effet de la surprise.
Dans un flash retentissant, les deux sorciers disparurent.
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1er Aout 1992, Le terrier.
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-C'est vraiment génial que tu ais pu venir Neville ! beugla Ron de son habituelle voix surpuissante en posant une main amicale sur l'épaule de son ami.
Les deux garçons étaient dans la chambre du rouquin. Hermione, leur meilleure amie, était partie en France avec sa famille et ne serait pas de retour avant plusieurs jours. Dans l'intervalle, Neville et Ron avaient décidé de passer quelques jours chez l'un et chez l'autre. Et après une agréable semaine au manoir Londubat, les deux jeunes sorciers avaient finit par venir au Terrier, la maison ancestrale des Weasley.
-Bah, ce n'est rien. En plus, ta maison est géniale ! s'exclama Neville d'une voix enjouée.
-Sérieusement ? Tu le penses vraiment ? demanda Ron en rougissant légèrement.
Sa maison était minuscule, sale et mal rangée comparé au manoir de Neville et les Weasley étaient connus de tout le monde sorcier pour leur incroyable pauvreté.
-Bien sûr que je suis sérieux. Vous avez une goule au grenier et tous ces souvenirs de famille avec en plus toutes les inventions cool de ton père. Ta maison est super, s'exclama Neville avec sincérité.
Celui-qui-avait-survécu, s'il était parfois un peu arrogant du fait de son éducation, n'était en effet pas attiré par l'appât du gain et se fichait complètement de l'argent. Il était en revanche sensible à la gentillesse et la sympathie que lui avaient témoignée tous les Weasley. Il n'avait pas beaucoup interagit avec d'autres enfants de son âge lorsqu'il était plus jeune, à cause de son statut et des risques que cela représentait. En outre, sa famille et leurs amis étaient tous assez froid et protocolaires, tandis que l'attitude généreuse et débonnaire des Weasley lui donnait toujours l'impression de faire partie d'une vraie famille unie dans l'amour.
-Ça te tente d'aller jouer un peu au Quidditch ? Nous n'avons pas de bon balai comme ta famille mais..., commença Ron.
-Ce serait génial. En plus m'entrainer sur un balai un peu ancien affermira mon niveau et me permettra de donner à ce Potter la leçon qu'il mérite l'an prochain, le coupa tout de suite le survivant avec tact.
-Il n'aura pas volé sa correction ce sale mangemort ! acquiesça tout de suite Ron d'un air sombre.
-Ron, je ne pense pas que Potter soit un mangemort, intervint Neville d'un ton sérieux.
-Et pourquoi donc hein ? Je te le dit moi, c'est un sale mage noir,s'emporta Ron. Regarde, il parle fourchelangue, il passe sont temps à lire des livres écrits dans des langues bizarres, il a massacré un troll de sang froid et aurait sûrement tué Hermione si les professeurs ne l'avaient pas trouvé. En plus, c'est certainement lui qui a jeté une malédiction sur ton balai l'an dernier afin de gagner, la coupe de Quidditch.
-Je ne sais pas, murmura Neville pour une fois indécis. Ma grand-mère m'a dit que les Potter étaient des sorciers opposés à Voldemort, expliqua le garçon sans tenir compte du frisson du rouquin. De plus, sa famille a été détruite par des mangemorts, donc je ne pense pas qu'il en deviendra un.
-Pffff, contra Ron d'un ton méprisant. Cela ne fait que prouver ce que je dis. Comment a-t-il survécu aux mangemorts sans utiliser la magie noire, hein ? Comment aurait-il assassiné un troll, sans recourir à des pouvoirs sombres ? Il était seulement en troisième année après tout ! En plus, il est fourchelangue, la marque des mages sombres. Sans oublier qu'il a été élevé par un loup garou dans les venelles les plus malfamées de l'Allée des Embrumes. Ma mère m'a dit qu'il y avait ouvert un horrible bar pour permettre à tous les monstre du monde sorcier de s'y retrouver et de dévorer de la chair humaine ensemble ! Comme si ça ne suffisait pas, son meilleur ami est Montague et la famille Montague était pour Tu-sais-qui pendant la guerre. Sans parler de cette fille de Serpentard qui traine avec lui. Je te le dis, c'est un serpent qui s'est introduit dans le poulailler, Potter est le pire de tous les mages noir.
-Peut-être, murmura Neville qui ne savait clairement pas quoi penser de toute cette histoire.
Les arguments de Ron étaient convainquant. En outre, il avait déjà eu affaire à Potter qui l'avait ridiculisé en public et détestait donc le Serdaigle avec passion. Mais de là à l'accuser de pratiquer la magie noire...
-Bon, allons jouer au Quidditch, lança finalement le sauveur du monde sorcier d'un ton qui avait retrouvé toute son assurance, tandis que Ron opinait du chef.
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1 Aout 1992 ; Lieu incartable.
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-Que signifie cette trahison ? rugit Harry en s'écartant d'un bond du petit professeur et en dégainant sa baguette d'un geste vif.
-Je pourrais vous retourner la question monsieur Potter, rétorqua calmement Flitwick de sa petite voix aiguë pour une fois inhabituellement sérieuse, sans pour autant faire mine de dégainer.
-Je ne vois pas de quoi vous parlez, contra immédiatement le jeune mage, dont le visage était redevenu impassible.
-Allons monsieur Potter, je dois avouer que je ne m'attendais pas à vous voir embaucher des hommes de mains, mais même un aveugle aurait remarqué qu'un groupe de puissants vampires nous entourait complètement, et que chacun d'entre eux nous regardait avec attention. Comme nous nous trouvions dans votre bar et que certaines de mes sources m'avaient informé il y a plusieurs semaines déjà que vous vous accoquiniez régulièrement avec des vampires pour diverses affaires plus ou moins louches, les conclusions n'étaient pas dures à tirer, expliqua Filius d'un ton désappointé.
Harry Potter maudit un instant sa stupidité. Il avait présumé que Flitwick ne se méfierait pas et viendrait sans prendre de précaution. A présent, il se retrouvait pris à son propre piège, seul avec le maitre des Charmes dans un endroit inconnu.
Conscient qu'il était inutile de nier l'évidence face a un homme de l'intelligence du petit professeur, Harry plissa les yeux et se décida à contre attaquer.
-Garder votre indignation vertueuse Flitwick, cracha brusquement le jeune mage avec un fiel qui surprit le petit professeur. Ces vampires étaient là uniquement pour assurer ma sécurité et me prémunir contre votre duplicité. Une précaution qui était plus qu'insuffisante aux vues de vos récentes actions. Après tout, vous êtes venu, équipé d'un portoloin capable de traverser les défenses du Lupanar, ce qui implique un travail de repérage préalable, une longue planification et la création d'enchantements spécifiquement adaptés. Vous aviez prémédité mon enlèvement ! l'accusa Harry, retournant ainsi la situation.
Le petit maitre des Charmes, bien qu'il soit surpris que Harry en connaisse aussi long sur l'art de percer des défenses enchantées, ne sembla pas pour autant perdre sa contenance et reprit la parole calmement.
-Vous semblez oublier les circonstances de ce rendez vous monsieur Potter. Je vous ai vu tuer un homme, effacer la mémoire d'un enfant et voler un bout de la pierre philosophale ! J'ai accepté de ne pas vous dénoncer lorsque vous m'avez montré vos souvenirs passés car j'ai pensé que vous pouviez justifier une telle attitude. Cependant, une analyse simple des faits aboutissait à une évidence dérangeante. Vous aviez déjà prouvé être capable de tuer, et la seule chose que vous aviez besoin de faire pour vous protéger était de me faire disparaître. Ce qui veut dire que seul un fou ou un simple d'esprit se serait rendu à un rendez vous de ce genre sans préparation. J'ai conscience que Quirrell était possédé par Voldemort et je peux donc vous pardonner de l'avoir tué. Tout comme vous avez pu effacer la mémoire du jeune Neville pour le protéger. Cependant je voulais vous entendre vous expliquer sur le pourquoi du vol de la pierre. Mais à présent que je vous vois réagir, j'en viens à regretter de vous avoir accordé le bénéfice du doute.
Harry grinça des dents. S'entendre ainsi rappeler la profondeur de l'abysse dans lequel son imprudence l'avait jeté n'avait rien d'agréable.
-Vous oubliez vous aussi que votre parole ne vaut rien, contra finalement le jeune mage en affichant un petit sourire triste. Vous êtes un demi-leprechaun, ce qui vous classe parmi les "créatures magique à intelligence quasi humaine" selon les lois ministérielles. Ce qui veut dire que vous n'avez aucun droit dans le monde sorcier et que votre témoignage est nul et non avenu. Seul le soutien de Dumbledore vous a permis d'intégrer Poudlard lorsque vous étiez enfant et seul votre poste vous permet aujourd'hui de ne pas être parqué dans une réserve comme vos congénères. Quand bien même vous hurleriez sur les toits ce que j'ai fait, nul ne vous croirait et aucune action judiciaire ne pourrait être entreprise.
-Albus me croirait ! contra Filius avec hargne cette fois.
Les paroles que venait de prononcer le dernier des Potter résonnaient encore dans sa tête. Car le petit professeur savait que Harry avait dit vrai, ce qui ne faisait que rendre les choses plus douloureuses.
-Ce qui ne change rien au problème. Dumbledore n'est pas blanc comme neige et une analyse très poussée de mes comptes en banque a prouvé qu'il avait un temps volé de l'argent dans mes coffres avant de les remplir à nouveau lorsque j'ai fugué étant enfant. Sans aucun doute dans le but de couvrir ses traces. Bien sûr, aucune charges sérieuses ne pourraient être retenues mais quelques pots de vin ici et là pourraient permettre à une cour de farfouiller au bon endroit s'il venait à vous apporter son soutien. Et je peux vous assurez une chose professeur, c'est que votre précieux Dumbledore ne salira pas sa réputation et ne prendre pas le risque de se retrouver face à moi dans un tribunal pour soutenir une cause perdue, rétorqua Harry.
-Alors c'était donc cela votre plan monsieur Potter, soupira Flitwick avec une infinie tristesse. Vous avez fait appel à mes bons sentiments afin de retarder mon témoignage et de vous laisser le temps de vous mettre hors d'atteinte, en graissant les bonnes pattes, en étudiant quelques lois et préparant un moyen de mettre Albus hors jeu.
-Peu importe quels étaient mes intentions et les vôtres, peu importe la raison de la présence des vampires et l'existence de votre portoloin modifié. La seule chose qui est importante, c'est que nous avons désormais un intérêt commun. Même si je peux échapper à toute poursuite pénale un procès n'est pas souhaitable tant pour mes finances que pour ma réputation. Quant à vous, si au cours de l'instruction de poursuite, Dumbledore venait à vous retirer son soutien, vous perdriez tous vos droits dans le monde magique et seriez parqué dans une des réserves magique d'Irlande ! Ce qui veut dire que désormais, nous avons tous deux intérêt à disons... faire en sorte que ce petit secret demeure enfoui, tenta de le persuader Harry d'une voix enjôleuse.
-Je m'avoue déçu monsieur Potter, murmura Flitwick en braquant un regard furieux en direction de son élève qui paraissait ravi de son coup. Je suis déçu que vous n'ayez pas anticipé la dernière des possibilités, repris doucement le maitre des Charmes. Après tout, rien ne m'empêche de vous stupéfixier et de vous déposer sur le pas de la porte du bureau des Aurors avec une petite lettre d'explication et une fiole de veritaserum. Il s'en suivra un interrogatoire qui ne possèdera que deux sorties possibles. Soit votre extraordinaire occlumancie, vous permettra de résister au sérum, auquel cas vous serez accusé de pratiquer la magie noire et envoyé à Azkaban pour dix ans. Soit vous leur direz la vérité et serez envoyé là bas définitivement.
En entendant ces mots, Harry Potter plissa les yeux et ses phalanges blanchirent tandis qu'il raffermissait sa prise sur sa baguette.
-J'avais anticipé une telle possibilité, contra Harry d'une voix dangereuse et sifflante.
-En effet, intervint rapidement Flitwick avec un petit sourire. C'est pour cela que vous aviez embauché les vampires et fait renforcer les défenses de l'Antre de Lunard. Vous aviez prévu de me faire votre petit discours en espérant que je ne penserais pas à la dernière de mes possibilités tout en vous prémunissant pour le cas ou je déciderais d'utiliser la force. Dans ces circonstances, vous même et vos hommes de mains auriez été en mesure de me maitriser et de me faire emprisonner par le ministère afin de vous prémunir définitivement contre moi. Cependant, ce que vous n'aviez pas prévu c'est que non seulement je prendrai conscience de la situation dans son ensemble, mais que j'aurais moi aussi anticipé votre réaction et pris des précautions. Et à présent, vous voilà seul et dans un lieu de mon choix, conclu Flitwick en dégainant sa propre baguette trop vite pour que Harry puisse réagir, avant de mettre le jeune sorcier en joue.
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1 Aout 1992; Manoir Malfoy.
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Draco Malfoy leva sa baguette et lança un sortilège de morsure en direction de son elfe de maison qui glapit de souffrance et s'aplatit sur le sol en implorant pitié. Dégouté, le petit sorcier blond se détourna et s'en fut en direction de sa chambre non sans avoir ordonné au préalable à l'elfe de se punir lui même.
D'un rapide sortilège, il ouvrit la fenêtre de sa chambre et s'accouda à cette dernière en regardant la rase campagne qui s'étendait devant lui. L'un des très nombreux avantages qu'il avait d'être né au sein d'une puissante famille de sorciers au sang pur, était qu'il n'avait pas de souci à se faire concernant l'usage illégal de magie des mineurs. Le manoir était si puissamment enchanté, qu'aucune information ne pouvait être transmise au ministère. Ce qui avait permit à l'héritier Malfoy de bénéficier de cours aussi bien théorique que pratique depuis son plus jeune âge. Et c'est précisément à cause de cela que le jeune Draco était désormais pensif.
Depuis toujours et comme de nombreux autres enfants issus de riches et puissantes lignées, il avait accès à la magie depuis sa naissance. Et pourtant, une misérable Sang-de-bourbe, et Gryffondor par dessus le marché, avait réussit à prendre la première place de leur année. Que cette miss je-sais-tout puisse avoir de meilleurs notes était agaçant mais pas inédit. Par contre, que cette même petite peste puisse être meilleure que lui dans l'aspect pratique de la magie était tout simplement incompréhensible.
Son père, qui lui avait toujours soutenu que les misérables sorciers au sang de bourbe étaient à peine plus que des moldus et méritaient tout juste de leur servir de serviteur, n'avait pourtant pas parut surpris en apprenant la nouvelle. Il avait simplement dit à Draco que d'ici peu, il commencerait à apprendre les magies véritablement puissantes et importantes et que cette "Hermione" n'y aurait jamais accès.
Un homme intelligent aurait tout de suite remarqué l'injustice de la chose. Car peu importe comment on présentait les choses, Hermione était une sorcière bien plus douée que Draco qui n'aurait pas la chance de bénéficier d'une partie du savoir dont l'héritier Malfoy tirerait un jour sa puissance et sa prétendue supériorité. Draco, lui, ne voyait pas les choses ainsi. Conditionné par toute son éducation, le poids de la tradition et son propre égoïsme, le jeune sorcier était simplement impatient que commence l'apprentissage qui lui permettrait de remettre à sa place tous ces misérables insectes au sang impur qui venait polluer le monde magique avec leur misérable coutume barbare.
S'écartant de la fenêtre, l'héritier Malfoy songea avec bonheur que dès cet été, son apprentissage de l'occlumancie commencerait. Et l'an prochain il serait finalement initié à la magie noire. S'approchant de son bureau, il regarda distraitement la missive que Marcus Flint, le capitaine de l'équipe de Quidditch lui avait envoyé et qui l'informait que l'an prochain, il deviendrait l'attrapeur de l'équipe de Serpentard. Un fait qui n'avait rien à voir avec la généreuse donation que son père venait d'offrir à l'équipe de Serpentard.
Toujours est-il que dans seulement quelques mois, il serait en mesure de montrer à ce prétentieux de Londubat qui était le meilleur. Après tout, ce n'est pas comme si le survivant était si bon que ça sur un balai, si on en croyait la manière dont Potter l'avait ridiculisé l'an passé.
Serrant brusquement les dents, Draco sentit une rougeur remonter le long de son visage en songeant à Potter. Il n'avait jamais oublié l'humiliation que lui avait infligée le Serdaigle lors de son premier voyage à bord du Poudlard Express. Cependant, lorsqu'il avait parlé de ses idées de vengeance à certains Serpentard plus âgés, tous avaient tenté de l'en dissuader.
C'est ainsi qu'il avait appris que Potter était un foutu génie, et qu'il n'était probablement pas une bonne idée de tenter de prendre le meilleur sur lui une baguette à la main. Heureusement, son père qui avait cet été subit un petit revers à cause du même Potter, avait décidé de prendre l'affaire en main.
Ce qui voulait dire que très bientôt, Draco serait enfin vengé, et ce sans avoir à lever le petit doigt. Une fois Potter disparu, peut être même que Zabini cesserait de se comporter comme si elle était une sorte de reine et serait finalement remise à sa place par quelqu'un. Après tout, cette petite pimbêche qui était sans conteste l'une des plus jolies filles de Serpentard, se permettait d'envoyer paitre tous les garçons qui tentaient de l'approcher comme s'ils n'étaient pas dignes d'elle. Ce n'était pas une attitude convenable pour une femme et il faudrait donc rapidement rappeler à cette idiote quelle était sa place. Une fois Potter mit hors jeu.
Continuant de conspirer sans trêve, Draco Malfoy décida d'aller faire un tour dans le parc du Manoir et quitta sa chambre un sourire sur les lèvres.
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1 Aout 1992 ; Lieu incartable.
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Harry Potter retint un cri de rage et leva à nouveau sa baguette en lançant une rapide succession de puissants maléfices. En pure perte, puisqu'ils furent tous immédiatement déviés par Flitwick. Depuis dix minutes que durait ce duel, Harry Potter avait tout essayé. Utiliser le fourchelangue, se servir de sa magie sans baguette, faire appel à des transfigurations, surcharger de pouvoir ses sortilèges, … mais rien se semblait en mesure de passer les incroyables défenses de Flitwick, qui restait pour le moment sur la défensive, attendant visiblement une ouverture.
Le jeune mage, qui était capable de voir la magie, savait que cette salle était puissamment enchantée et qu'il était impossible d'y transplaner. Et comme faire un portoloin au milieu d'un duel était tout simplement du suicide, il n'avait qu'une seule solution pour s'en sortir : vaincre Flitwick.
Mais l'affaire était plus facile à dire qu'à faire car le maitre des Charmes, non content d'avoir anticipé les actions de Harry, contré son plan, et prit le jeune sorcier à son propre jeu, avait été, en son temps, un grand champion de Duel et dominait clairement le combat.
Le dernier des Potter n'avait jamais voulu que les choses en arrivent là. Il voulait vraiment expliquer ses actions et tenter de faire de Flitwick un allié. Les vampires et autres précautions, ne devaient servir qu'en dernier recours, au cas où tout serait perdu. Cependant, Flitwick lui avait forcé la main en le téléportant ici et à présent, il ne pouvait plus reculer. Si il était défait, Rémus ne pourrait pas conserver l'Antre de Lunard sans sa protection, et sa famille, pour qui il avait tout sacrifié, tomberait dans l'oubli, tandis qu'il pourrirait à Azkaban en attendant la mort.
S'il perdait ce duel tout serait finit. Laissant cette certitude l'envahir, Harry Potter affermi sa volonté et leva son regard incandescent en direction du petit professeur qui se tenait prêt. Le temps des compromis était terminés, il devait jouer son va tout.
Lâchant la bride de sa magie, il sentit une énergie sauvage envahir son corps, sa baguette reprit immédiatement sa véritable forme et sans attendre, la magie sauvage de la baguette des anciens vint se joindre à la sienne tandis qu'il se lançait à l'assaut.
Envoyant une volée de maléfices surpuissants à l'aide du spectre d'éternité, il commença, sans perdre de temps, à tisser des Charmes, alors même que son esprit se concentrait sur la transfiguration qu'il s'apprêtait à réaliser.
Filius Flitwick écarquilla les yeux devant la démonstration de force. Il avait toujours su qu'Harry était un génie, bien plus doué que tous les autres élèves qui avaient jamais foulé le sol de Poudlard. Mais même dans ses rêves les plus fous, il n'avait jamais été proche d'imaginer à quel point Potter était avancé.
Le gamin savait se battre en duel, possédait une vitesse exceptionnelle, lançait sans un mot des maléfices que des septième années auraient été en peine de réaliser, parvenait à réaliser des Charmes sans se servir de sa baguette, le tout en invoquant des transfigurations que Minerva aurait eu du mal à effectuer.
Non, jamais au grand jamais, Filius Flitwick n'aurait pu imaginer que Harry Potter soit un aussi formidable adversaire. Cependant le maitre des Charmes n'était pas n'importe qui et les duellistes du monde entier avait tremblé devant lui. Levant sa baguette à la vitesse de l'éclair, il réalisa simultanément deux charmes et un enchantement qu'il combina avec une précision proprement incroyable afin de créer un bouclier de déflexion parfaitement adapté à la nature des maléfices qui l'approchait. Sans jamais cesser de bouger sa baguette il appliqua sur lui même une magie runique de vitesse et utilisa le temps ainsi gagné pour lancer un panel de magie de détection complexe.
En effet, Harry Potter venait de multiplier par dix le pouvoir qu'il insufflait dans ses sortilèges, et Filius Flitwick devait comprendre pourquoi et comment. La réflexion, la planification et la stratégie avait toujours été ses alliés au combat. Cependant Harry jouait au même jeu, et en dépit de la différence de niveau, Filius devait rester attentif.
Déviant une nouvelle attaque et contrant une transfiguration à l'aide d'un charme de distorsion magique de zone, Filius écarquilla à nouveau les yeux lorsque Harry lâcha la bride de son pouvoir et que les sortilèges de détection du petit professeur commencèrent à l'informer de la situation.
Visiblement, la puissance magie brute de Harry était comparable à la sienne. Qui plus est, la qualité de sa technique lui permettait d'exploiter son pouvoir avec une finesse à peine inférieur à celle du maitre des Charmes.
Ce qui voulait dire que Harry n'utilisait pas beaucoup plus de pouvoir que Filius pour manipuler sa magie. En outre, aussi incroyable que cela puisse paraître, la baguette du jeune mage paraissait dotée d'une sorte de volonté propre et absorbait l'énergie ambiante afin de renforcer les maléfices du dernier des Potter, ce qui multipliait par trois le pouvoir de chacun de ses sortilèges. Ce fait seul remettait en question toute la stratégie attentiste de Filius. En effet, avec l'aide de son étrange baguette, Harry Potter devrait bénéficier d'un avantage en puissance brute et ses réserves de pouvoir tiendraient certainement plus longtemps que celles du maitre des Charmes.
Au moment précis où il s'apprêtait à se lancer à l'attaque, Filius, informé par ses charmes de détection que d'étranges fluctuations arrivaient vers lui, se ravisa brusquement et plongea au sol. Il évita de justesse un stupéfix que quelqu'un venait de lancer dans son dos, alors même que la forme de Harry Potter se brouillait et disparaissait juste devant lui.
Roulant sur lui-même, il combina sa maîtrise des Charmes avec ses dons en magie interne afin d'augmenter ses propres capacités physiques. Bénéficiant désormais d'une vitesse inhumaine, il fit ensuite ce que seulement quelques sorciers dans le monde étaient capable de réaliser et commença des invocations multiples. Cette technique, qui consistait à combienr les mouvements de baguette d'une succession de maléfice en un autre mouvement plus rapide, qui permettait d'enchainer de manière ininterrompue et à une vitesse surhumaine une suite bien déterminée de sortilèges ou des Charmes.
Balayant toute la salle d'une puissante rafale de maléfice, Filius repéra une brusque altération de la magie et profitant de sa vitesse accrue, il arrêta son attaque un instant et lança un puissant enchantement disruptif, qui balaya la pièce et annula le sortilège d'illusion que Harry était parvenu à lancer sans qu'il s'en rende compte.
Pour la troisième fois depuis le début du duel, Filius Flitwick sentit ses yeux s'écarquiller.
Juste devant lui Harry Potter l'air légèrement fatigué, braquait ses yeux dans sa direction. De part et d'autre du sorcier, se tenait deux griffons. Souriant d'un air victorieux, Harry Potter termina son invocation et alors l'impensable se produisit. Les griffons, qui jusque là paraissaient fait de chair et d'os, se transformèrent en or avant de commencer à s'animer.
Harry Potter venait de briser la moitié des règles magique ayant attrait à la métamorphose en transfigurant des débris en deux véritables griffons qu'il avait ensuite transformé en or, ce qui les rendait quasiment insensible à toute tentative de désenchantement et à la quasi-totalité des maléfices.
Seul Dumbledore aurait probablement été capable de reproduire pareil exploit.
Face au danger imminent, Filius Flitwick laissa son instinct prendre le dessus et fit appel à son talent le plus puissant, celui qui avait fait de lui un duelliste tant redouté, sa maitrise des éléments.
-Fulguris !
Répondant à son appel, un éclair bleuté irradiant de pouvoir fondit en direction des deux griffons et les projeta contre le mur de la salle sans pour autant les abimer.
Écartant ensuite deux maléfices de Harry, Filius invoqua une puissante flamme vivante à laquelle il donna l'apparence d'un dragon et qu'il envoya en direction du jeune mage dont le visage se décomposa à la vue du brasier animé qui s'apprêtait à le détruire.
Réagissant à la vitesse de l'éclair, Harry bondit en arrière, positionna ses griffons qui avaient déjà récupéré devant lui et tissa un charme de protection magique, utilisant ainsi sa magie et ses invocations comme protection.
Un instant, l'enfer sembla s'abattre autour de lui. Puis lentement, les flammes parurent refluer. Les griffons paraissaient avoir souffert à cause du brasier magique qui aurait pu faire fondre un diamant, mais étaient toujours fonctionnels.
Levant les yeux vers le petit professeur, Harry recula instinctivement d'un pas, leva sa baguette mais ne parvint pas à lancer un sortilège car la terre en se mit à trembler. Filius venait de faire appel à son va tout, son plus puissant sortilège de magie élémentaire. Déséquilibré par le tremblement de terre, Harry tomba à genoux et regarda, impuissant, un incroyable golem de terre jaillir du sol. Le monstre titanesque se saisit des deux griffons et les écrasa l'un contre l'autre avant de les serrer contre lui et de se renfoncer dans la terre détruisant ainsi les deux invocations.
Enfin, avant même qu'il ne puisse réaliser ce qui venait de se passer, un sortilège de désarmement le percuta de plein fouet et sa baguette lui échappa alors qu'il était projeté en arrière.
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1 Aout 1992 ; France, Paris
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Hermione et ses parents étaient en train d'achever tranquillement leur dîner, sur la terrasse d'un petit bistrot. Le soleil se couchait, illuminant de ses derniers rayons la rue au charme consommé. Cependant, Hermione n'avait pas la tête à apprécier une telle beauté. Elle songeait à l'année qu'elle venait d'achever à Poudlard.
Comme depuis toujours, elle avait finit première de sa classe, et elle en éprouvait une grande fierté. Elle était devenue la meilleure amie du jeune sorcier le plus important du monde magique, avait prouvé à tous ces racistes qu'elle était une meilleure sorcière qu'eux.
Elle pouvait donc se fixer un objectif plus haut.
Au cours de ses recherches, elle était tombée par hasard sur le relevé de note de tous les élèves de Poudlard. Au sein du livre des records, elle avait sans peine trouvé le directeur Dumbledore qui avait écrasé tous les scores jamais obtenus dans le monde en transfiguration, lors de son examen des ASPICS. Elle y avait découvert que Dumbledore avait également établit des records de point incroyable lors de chacun de ses examens de fin d'année à Poudlard. Records que seuls deux autres élèves avaient jamais dépassés.
Le premier de ces élèves était un dénommé Tom Elvis Jedusor, et bien qu'elle n'ait trouvé que peu d'informations sur lui, Hermione savait qu'il avait lui aussi écrasé tous les records connus en Défense contre les forces du mal et en Charme, lors de ses ASPICS.
Le deuxième de ces élèves, n'était autre que Harry Potter. Le poursuiveur vedette de l'équipe de Serdaigle qui l'avait sauvé d'un troll l'an passé. Le jeune mage avait en effet obtenu les meilleures notes jamais enregistrées lors de ses deux premières années à Poudlard et tous parlaient de lui comme d'un génie. Ce qui rendait Hermione folle de rage, c'est que ces mêmes élèves, qui évoquaient l'incroyable talent de Harry, parlaient d'elle comme d'une miss je-sais-tout.
Dans l'esprit de la petite sorcière, il ne s'agissait là que d'une nouvelle forme de discrimination. Potter, qui était un sorcier au sang pur, pouvait être un génie mais elle, qui venait d'une famille moldu et qui avait obtenue des notes presque aussi bonnes, était une intello ringarde ! En fait, sans le soutien de Neville et Ron, elle était certaine qu'elle serait devenue le souffre douleur de son année.
Et cela ne faisait que renforcer sa hargne. Si le monde magique refusait de reconnaître son talent, alors elle le forcerait à l'accepter. C'est pourquoi, elle avait pris la décision de travailler encore plus que précédemment et de recentrer ses efforts sur le programme scolaire, commettant ainsi la même erreur que des milliers d'enfants nés moldus avant elle. Car peu importe le génie, on n'échappe pas si facilement à un système prévu pour vous oppresser et vous maintenir dans l'ignorance. En choisissant de travailler à travers le regard des autres, elle venait sans le savoir de se fermer la voix qui menait aux magies les plus obscures, et qui, si elles ne permettaient pas de briller ouvertement en société, permettaient en revanche de contrôler cette dernière depuis les ombres, perpétuant ainsi des siècles de tradition d'exclusion et de bigotisme qui avait aboutit à la création du monde sorcier moderne.
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1 Aout 1992 ; Lieu incartable.
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Harry regarda avec horreur Flitwick tendre la main et se saisir de sa baguette. Mais il s'effondra sur le sol. Harry releva rapidement la tête et sentit sa bouche s'ouvrir alors qu'au plus profond de lui il entendait résonner le rugissement furieux du spectre de mort. Juste devant lui, le maitre des Charmes s'était mit à hurler.
Une douleur inconcevable déchirait en effet les entrailles de Filius, alors même que la magie de la baguette, qu'il venait d'attraper, tentait de le détruire. Dans un effort de volonté incroyable, le demi-leprechaun parvint finalement à ouvrir la main et enfin la douleur cessa.
Lentement, l'incroyable baguette finement ornementé qui paraissait avoir été taillée dans une corne de licorne, commença à tomber. Mais avant de toucher le sol, elle disparut dans un flash de lumière blanche et argentée et réapparut dans la main de son maitre.
C'est alors que tout se joua. Harry surpris, regarda le spectre de mort et leva rapidement la main pour attaquer Flitwick. Filius, quant à lui, n'avait pas lâché sa baguette en dépit de la douleur et s'arracha à la souffrance qui menaçait de l'emporter dans l'inconscience pour lever sa propre baguette.
Un éclair déchira brusquement la salle et brusquement, un corps s'effondra sur le sol.
Un instant plus tard, Filius Flitwick se redressa de toute sa hauteur et regarda la forme allongée de Harry Potter. Ce dernier était parfaitement immobilisé par le charme de Flitwick mais déjà le demi-leprechaun pouvait sentir que la magie du gamin et de son étrange baguette brisait l'enchantent.
Sans perdre de temps, le professeur s'agenouilla et brusquement commença à entonner une longue incantation dans une langue gutturale. Au fur et à mesure que sa voix s'élevait, des runes préalablement préparées dans la salle se mirent à luire et après quelques minutes, un puissant enchantement runique répondit à l'invocation du maitre des Charmes et Harry Potter se retrouva parfaitement immobilisé en train de léviter au milieu de la salle sans aucun espoir de briser ce nouvel enchantement. En fait, la seule chose qu'il pouvait encore faire était parler et il ne s'en priva pas.
-Et maintenant, qu'allez-vous faire ? Ne me dites pas que vous avez le cœur trop tendre pour m'achever mon cher Filius ? demanda le jeune mage avec sarcasme, en jetant un regard de défiance à son professeur dont il utilisa le prénom a dessein.
Perdu pour perdu, autant profiter de sa dernière conversation d'homme libre.
Le petit professeur prit une inspiration sifflante et leva les yeux en direction de son ancien élève favori.
-Maintenant, monsieur Potter nous allons parler, finit par répondre le minuscule professeur, avant de s'expliquer plus en détail. Voyez-vous, l'affaire qui nous liait était grave, extrêmement grave. Je voulais tout savoir de cette soirée et être sûr qu'il s'agissait bien de la vérité. Cependant, vous êtes un garçon très intelligent et un occlumancien incroyablement doué, alors je me suis demander : comment être sûr que je ne vais pas me faire manipuler ? Comment être sûr qu'il me dira la vérité ?
-Incroyable ! Et c'est la que vous vous êtes résolu à m'enlever à l'aide d'un portoloin pour me torturer à loisir dans votre petite pièce. Quelle imagination. Voldemort n'aurait pas trouvé mieux, bravo vraiment, intervint Harry d'une voix ouvertement moqueuse.
-Oh non pas du tout, contra Filius en souriant. En fait, c'est là que je me suis plongé dans les magies ancestrales du peuple de ma mère et que j'ai découvert que les Leprechauns possédaient une puissante magie de vérité appelée nommé Aasha Aeteris : l'espoir du ciel. Cette magie ne peut en aucun cas forcer un homme à dire la vérité ou donner accès à son esprit, mais elle peut faire en sorte que ce même homme soit incapable de prononcer une parole qu'il sait ou pense être fausse. Et nous sommes actuellement tout deux soumis à cet enchantement. Le portoloin était juste un plan de secours qui a prouvé être nécessaire.
-C'est ridicule, une telle magie ne peut pas exister et je vais vous le prouver en vous affirmant que moi, Harry Potter je suis une f..., une f... tenta désespérément Harry avant de retenir un juron en réalisant que Flitwick n'avais pas mentit.
Il était incapable de mentir sciemment.
-Bien, je vois que vous me croyez désormais. Je vais donc poser les règles de notre petit jeu. A la fin de l'année précédente, vous avez tué par derrière Quirinus Quirrell alors que ce dernier était possédé par Lord Voldemort. Vous avez ensuite effacé la mémoire de Londubat afin de couvrir votre implication et couper un petit morceau de la pierre philosophale avant de vous enfuir. Je soupçonne également que ce soit vous qui avez ce soir là dérobé la cape invisibilité de monsieur Londubat. J'ai connu la guerre et c'est pourquoi j'étais prêt à vous laisser le bénéfice du doute et une chance de justifier vos actions. Cependant, les évènements de cette nuit ce sont précipités et nous voici maintenant à la croisée des chemins. Je vais vous laisser une chance et une seule de vous justifier. Si vous refuser ou que vos explications ne me convienne pas, je vous stupéfixerai et vous déposerai devant le bureau des Aurors comme je vous en avais menacé. Est ce que je me suis bien fait comprendre ? demanda Filius d'une voix résolu.
-J'ai compris, répondit simplement Harry en serrant les dents.
De toute sa vie, jamais il n'avait été contraint de dévoiler ses secrets, ses rêves ou ses aspirations. Il avait ouvert en partie son cœur à Rémus et Archimède, mais là s'arrêtait ce qu'il avait été prêt à partager. Et pourtant, ce soir, il devait faire un choix. Il pouvait emmener avec lui ses secrets à Azkaban ou dire la vérité à Flitwick.
A l' instant où il s'apprêtait à maudire le demi-leprechaun et à envoyer au diable l'homme qui avait osé le soumettre, une image traversa son esprit. Celle de sa mère et de sa sœur, étendues sur leur lit d'hôpital, leurs cheveux de feu cascadant doucement sur leur visage pale et tendu par la souffrance.
Rejetant la tête en arrière, Harry Potter hurla un cri si primal et plein de rage et de magie que Filius recula d'un pas. Enfin, vaincu, Harry baissa la tête en acceptant sa destiné. Aujourd'hui était le jour où il devrait abandonner une partie de sa fierté pour donner une chance à sa famille.
Il allait renoncer à ses secrets, afin de tenter de convaincre Flitwick de ne pas le faire condamner. Pas parce qu'il craignait la mort ou la souffrance, mais simplement parce que s'il allait à Azkaban sa mère et sa sœur et même Rémus seraient condamnés.
Alors il ne pouvait tout simplement pas autoriser son orgueil à détruire ceux qu'il aimait. S'il lui restait une chance, même toute petite, de convaincre Flitwick et de sauver sa famille, il n'allait pas la gâcher.
-Posez vos questions, finit par murmurer Harry en baissant la tête.
Le maitre des Charmes le regarda un long moment en silence et reprit la parole.
- Racontez-moi ce qui s'est passé la nuit où Quirrell a été tué, selon votre point de vue, demanda Flitwick.
-Je venais de me rendre compte que Quirrell était celui qui tuait les licornes et j'ai entendu Neville et ses amis prévenir McGonagall que quelqu'un s'apprêtait à voler la pierre, alors j'ai convaincu Minerva de les écouter en utilisant contre elle sa fierté. Ensuite, je me suis caché près de l'entrée car je voulais être sûr que tout se passe bien.
-Alors vous ne vouliez pas voler la pierre à ce moment la? le coupa Filius.
-Non, répondit Harry avec honnêteté.
Le maitre des Charmes parut surpris par cet aveu. Il vérifia une nouvelle fois que son enchantement de vérité était actif et jeta sur Harry un regard un tout petit peu moins dur que précédemment avant de l'enjoindre à poursuivre.
-Alors que je surveillais, j'ai vu ces trois Gryffondors stupides se précipiter dans le couloir interdit et avant que je puisse réagir, ils ont disparu dans le tunnel, repris lentement le dernier des Potter. C'est là que j'ai compris qu'il y avait un problème. J'étais sûr que vous pourriez vaincre Quirrell, mais je savais aussi que si ce dernier avait un otage vous vous rendriez, tout particulièrement si l'otage en question était le précieux sauver du monde sorcier, expliqua Harry avec morgue. C'est la que j'ai décidé de rattraper les trois crétins avant qu'il ne puisse rejoindre Quirrell, histoire d'être certain que ce dernier ne pourrait pas se servir d'eux.
-Et pourquoi n'y êtes vous pas parvenu ? Surement un élève ayant vos capacité aurait du pouvoir rattraper trois premières années, interrogea Flitwick véritablement surpris.
-Ils ont eu de la chance. Quirrell avait abimé la clef qui permettait d'échapper à votre enchantent et celui de McGonagall était prévu pour n'autoriser qu'une seule partie d'échec à la fois, ce qui m'a fait perdre du temps. Quant au troll, il avait déjà été assommé par Quirrell, expliqua Harry avec un soupir en se rappelant les événements de la nuit.
-Bien continuez, que s'est-il passé après ? le pressa Flitwick, dont les yeux reflétaient toujours une certaine dureté.
-Je suis arrivé devant le mur de flamme juste à temps pour voir Londubat le traverser. J'ai stupéfixié la gamine aux cheveux touffu et c'est là que j'ai trouvé la cape d'invisibilité.
-Que vous avez aussitôt décidé de voler, intervint le maitre des Charmes en lui jetant un regard perçant.
-Oui, répondit aussitôt Harry ce qui décontenança le petit homme. Comme vous l'avez remarqué, ma baguette n'est pas normale. Je suis sûr que vous avez aussi remarqué qu'elle possède un pouvoir et une volonté propre, expliqua Harry en retenant un sourire lorsque le demi-leprechaun grimaça en repensant au moment où il avait tenté de s'en saisir.
-Quel rapport cela a-t-il avec le vol de la cape ? finit par demander Flitwick en voyant que Harry restait silencieux.
-Ma baguette m'a dit que, aux yeux de la magie, cette cape n'appartenait pas vraiment à Londubat mais à moi et m'a demandé de la prendre. Comme elle ne dit jamais rien sans une bonne raison, j'ai tout de suite décidé de suivre son conseil.
Cette fois, Filius était bouche bée. S'il n'avait pas été certain de l'efficacité de son enchantement, il aurait pensé que Harry se moquait de lui. Cependant il n'y avait aucun doute possible, Harry Potter était convaincu de la véracité de ce qu'il venait de dire. En outre, il avait lui même été torturé par l'artefact un instant plus tôt et avait sentit à ce moment une puissante magie et une étrange volonté tenter de le tuer lorsqu'il s'était emparé de la baguette, il ne pouvait donc pas considérer Harry comme fou.
Filius n'était pas homme à rejeter les faits ou à sous estimer les miracles que la magie pouvait accomplir et choisit donc de croire que Harry était bel et bien sain d'esprit. Après tout, la baguette s'était téléportée juste devant lui, dans la main de son maitre qui était pourtant à demi inconscient. Oui, cette baguette cachait bien des secrets.
-Je vous crois Harry. Qu'avez vous fait après avoir saisit la cape ?
-Il n'y avait plus de potion de résistance aux flammes alors j'ai briser l'enchantement de Rogue et...
-Comment ? Comment l'avez vous briser ? demanda tout de suite Flitwick, incapable de contenir sa curiosité en entendant évoquer un pareil exploit.
Même lui aurait été en peine de briser un tel enchantement.
A ces mots Harry sembla réfléchir un long moment, hésita, puis soupira et finit par répondre.
-Je possède ce que les anciens appelaient l'œil du dragon ou la vision céleste. Je peux voir la magie sous toutes ses formes.
-Merlin nous prenne en pitié, murmura Flitwick en songeant aux implications d'un tel pouvoir.
Harry était capable de voir la magie et de la manipuler. A en juger par son duel de ce soir, il parvenait déjà à réaliser des charmes sans baguette et à briser des enchantements. Cependant, avec du temps et de l'entrainement, il était certain qu'un génie comme Potter parviendrait aussi à comprendre les différentes fréquences d'énergie magique qui permettaient de former les maléfices, ou encore les déphasages d'ondes magiques qui accompagnaient les arts runiques... Ce qui voulait dire que si on lui en laissait le temps, Harry Potter finirait sans doute par percer tous les secrets et les mystères de la magie.
-Comme vous dites, acquiesça le dernier des Potter. Je ne maitrise pas encore totalement ma vision et je suis incapable, par exemple, de comprendre le processus de fabrication des maléfices. Cependant, les charmes et les enchantements n'ont que peu de secrets pour moi. Il me suffit de regarder et d'analyser pour parvenir à les reproduire ou les briser. C'est ce qui m'a permit de vaincre l'enchantement de Rogue en ouvrant une brèche dans les flammes, expliqua Harry en réalisant que c'était la première fois de sa vie qu'il avouait posséder ce pouvoir à quelqu'un.
Il devait vraiment être désespéré pour en arriver là.
-Alors, c'est comme ça que vous avez pu accomplir toutes ces choses. Juste avant notre rendez vous, j'ai demandé a un ami d'enquêter sur vous et il m'a rapporté pleins de choses extraordinaires. Comme votre victoire au tournois de poker de Gringotts, votre don pour les finances. Tout vient de là, n'est ce pas ? C'est grâce à votre vision de la magie, suggéra Flitwick pris d'une soudaine inspiration.
-Oui et non, répondit Harry en secouant la tête. Ma réussite dans les affaires vient simplement du fait que je suis un des rares sorciers à connaître le monde magique et le monde moldu, et que je peux exploiter cette connaissance pour faire de l'argent. Les gobelins ne comprennent rien au monde commun, et les sorciers au sang pur non plus. Les enfants issus de famille moldus possèdent eux le savoir nécessaire mais ne possèdent jamais de fonds à investir et la plupart d'entre eux ne sont même pas autorisés à ouvrir de compte à Gringotts. Je me suis donc retrouvé dans la position inédite d'être un sorcier possédant à la fois de l'argent et les connaissances nécessaires pour l'investir chez les moldus. Quant à ma victoire au tournoi de Gringotts, je la dois effectivement à ma vision. Les gobelins et les sorciers possèdent de forte magie personnelle et par conséquent, leur magie réagit à leur émotion. Or si tous les joueurs de poker contrôlent leur visage, peu contrôle leur magie. Après quelques tours, je pouvais anticiper leur jeu en regardant la manière dont leur magie réagissait. Comme en plus, Malfoy était déterminé à m'avoir en bluffant afin de me faire passer pour un idiot, j'ai commencé avec quasiment le double du pécule normal. Le reste était facile, étant donné que je suis un maitre occlumens parfaitement capable de cacher mes propres émotions. Le résultat n'a rien de magique.
-Incroyable, murmura simplement Filius, sidéré.
Harry reprit la parole afin d'éclaircir les derniers points de détails.
-Pour le reste, je ne dois ma réussite qu'à mon travail. Depuis tout petit, j'ai été maltraité. J'ai donc dû apprendre à réfléchir et à me servir de ma magie à un très jeune âge pour survivre. J'ai ensuite bénéficié d'une puissante motivation et j'ai commencé à travailler trois fois plus dur que tous les autres pour réussir. J'ai affuté mon esprit à chaque instant, amélioré ma vison magique, étudié jusqu'à l'épuisement, utilisé ma magie jusqu'à sombrer dans l'inconscience, chaque jours depuis mon retour dans le monde magique afin d'accomplir mon ambition, expliqua Harry alors qu'une étrange flamme se mettait à briller peu à peu au fond de ses prunelles.
La fougue habituelle de Harry semblait lui revenir rapidement
-Et quelle est cette ambition ? demanda Filius à mi voix, presque effrayé de la réponse, cet interrogatoire prenait un tournant inattendu.
-Je veux sauver ma famille ! Arracher ma mère et ma sœur à la folie et à l'inconscience, venger la mémoire de mon père en exterminant ses assassins et réformer le monde magique afin que Rémus et tous ceux que j'aime puissent vivre dans un monde meilleur, un monde où on n'abandonne pas les enfants sur le pas d'une porte, un monde où l'on n'extermine pas les lycanthropes, un monde où les enfants issus de lignées moldues comme ma mère ont une place à part entière. C'est pour ça que jours après jours, j'étudie les magies anciennes et la médicomagie, afin de sauver ma mère. C'est pour ça que j'ai étudié le duel et appris à me battre. Afin de protéger ceux que j'aime et venger mon père. Et c'est aussi pour ça que j'accumule argent et pouvoir. Afin d'être un jour en position de changer ce monde pourri par la stupidité la haine et la corruption. Voilà ce qu'est mon rêve. Voilà ce qu'est ma vie ! hurla Harry d'une voix amplifiée par la folie passagère qui paraissait commencer à s'emparer de lui.
Toute cette farce et cet interrogatoire n'avait que trop duré et il était temps d'y mettre un point final.
-Je..., murmura Filius, incapable de trouver ses mots à présent que Harry Potter, enfin libéré de tant d'année de silence et de secrets, vidait son cœur devant lui.
-C'est pour ça que lorsque j'ai pénétré dans cette foutue salle et que j'ai compris que Quirrell était possédé par Voldemort, j'ai décidé de le tuer. Parce qu'il faisait parti de ce groupe de lâches innommables qui avait contribué à détruire ma famille et s'apprêtait à faire revenir à la vie celui sans qui rien de tout cela ne serait arrivé. J'ai effacé la mémoire de ce crétin de Londubat afin de cacher mon implication pour la même raison que je vous révèle a présent la vérité : parce que je ne voulais pas finir ma vie à Azkaban en sachant que j'avais échoué et que ma famille allait disparaitre avec moi dans le lieu même où se trouvait ceux dont j'aurais dû la venger. Et c'est aussi pour ça que lorsque j'ai vu cette saleté de pierre, j'ai décidé d'en prendre un morceau afin de l'étudier et de voir si je ne pouvais pas utiliser l'élixir de vie afin de sauver ma mère et ma sœur. En fait, je n'ai qu'un seul regret. Vous voulez savoir lequel ? poursuivit Harry en braquant ses orbes vertes en direction de Flitwick.
Cette fois, les dés étaient finalement jeter. Il allait avouer son dernier secret et en assumer les conséquences.
Incapable de répondre, Filius Flitwick secoua simplement la tête.
-Je regrette de ne pas vous avoir tué aussi ! siffla Harry d'un ton qu'à présent tous mes rêves et mes espoirs ne sont plus que cendre dans le vent. Ma famille périra dans cet hôpital sordide, Rémus sera chassé d'Angleterre par ce ministère raciste et corrompu, tandis que les autres races magiques, dont la vôtre, continueront de dépérir dans leur réserve, s'abandonnant à la mort et aux ténèbres comme les esclaves qu'ils sont devenus, condamnés par le plus servile des larbins, c'est à dire vous !
-Ma race n'est pas une race d'esclave et je suis un homme libre ! s'insurgea brusquement Filius Flitwick avec une haine que peu aurait jamais songé à lui attribuer.
-Vous n'êtes rien de plus qu'un chien de compagnie et vous le savez. Après tout, sans Dumbledore vous n'êtes rien. Rien de plus qu'une créature magique parmi tant d'autres, tout juste bonne à enfermer dans un Zoo. D'ailleurs, c'est pour défendre ce monde qui ne veut pas de vous que vous allez me livrez aux Aurors ! C'est au nom de la cape d'invisibilité du porte étendard de ce ministère corrompu, d'un bout de pierre et de la mort d'un mangemort possédé par Voldemort, que vous allez détruire ma famille, ma vengeance, et le rêve de plusieurs communautés magiques qui ont déjà placés en moi leurs espoirs depuis la création de l'Antre. Accomplissez donc votre devoir en me vendant aux charognards du ministère qui ne vous seront même pas reconnaissants, puis retournez sagement voir votre maitre. Avec ce bon Dumbledore, vous pourrez ensuite discourir sur la beauté d'une solution pacifique et vous gargariser d'avoir fait ce qui est juste pour le plus grand nombre en sacrifiant des gents comme Rémus et ma mère qui vous avais aimé et respecté sans tenir compte de votre race qui elle, continuera d'ailleurs de dépérir dans l'indifférence générale ! cracha finalement Harry, pendant que Filius reculait comme si on lui avait administré un coup de poing en pleine figure.
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1 Aout 1992 ; Manoir Diggory.
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Cédric poussa un cri bien peu masculin et cacha rapidement un étrange petit livre sous sa couette alors que sa mère déboulait dans sa chambre sans prévenir.
-Je... Hum... ce n'est pas..., commença platement Cédric.
-Je suis si fière de toi ! s'exclama brusquement sa mère en le serrant fermement dans ses bras.
-Ah bon, lâcha platement Cédric un brin décontenancé.
-Oui. Ton père et moi venons de recevoir ton bulletin et tes résultats ont été brillants. Et Amos m'a parlé de tes bonnes résolutions, alors je voulais juste te dire à quel point j'étais fière de toi, se rengorgea la belle petite brunette en serrant une dernière fois son fils dans ses bras avant de quitter la chambre, un sourire aux lèvres.
-Mes bonnes résolutions ? murmura Cédric d'un ton suspicieux en regardant son père, qui était resté dans la pièce et paraissait se dandiner d'un air mal à l'aise. Papa ? insista Cédric.
-Hé hé, mon fils. Tu ne vas pas me croire mais désormais, nous travaillerons ensemble tous les après-midi afin d'améliorer encore tes résultats pour l'an prochain, commença Amos d'une voix gênée en évitant de regarder son fils dans les yeux.
Cédric resta silencieux et se contenta de lever un sourcil et d'attendre. Une seconde passa puis une autre et finalement, ce qui devait arriver arriva, et Amos Diggory craqua.
- Pardonne-moi ! gémit-il d'une voix pathétique en se jetant au pied du lit de son fils. Ce... C'était de la légitime défense, tenta de bafouiller Amos.
-Papa calme toi, et dit moi à quoi rime cette plaisanterie ? interrogea impitoyable Cédric.
-Et bien, il se trouve que j'ai gagné à la loterie un abonnement pour assister à la saison d'été de Quidditch américain. Mais tu connais ta mère, et elle m'aurait interdit d'y passer tous mes après midi. Alors je me suis dit que si nous avions cours ensemble, ce serait un bon moyen de justifier mes disparition hebdomadaires et...
-Cinquante/cinquante. Je veux un billet sur deux, coupa immédiatement Cédric.
-Misérable sangsue, gronda Amos en se redressant de toute sa hauteur. J'étais pourtant certain de t'avoir mieux élevé que ça. Tu auras un match sur quatre.
-Un match sur deux, sauf si tu préfères vraiment avoir à me donner des leçons tout l'été après que maman t'ai à nouveau frappé avec un balai pour te faire passer l'envie de lui mentir.
-Bon d'accord, mais tu ne l'emporteras pas avec toi lorsque tu rejoindras Merlin, grommela Amos en jetant un regard sombre à son fils.
Il sortit de la chambre de Cédric en murmurant quelque chose qui ressemblait vaguement à 'misérable vampire aux doigts crochus'.
Cédric se rallongea confortablement en se disant que ses vacances venaient de prendre un tournant inattendu et particulièrement bienvenu.
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1 Aout 1992 ; Lieu incartable.
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Dans un geste trop rapide pour que l'œil humain puisse le suivre, Filius brandit sa baguette et un éclair déchira la pièce.
Harry s'effondra sur le sol, parfaitement éberlué et leva un regard étonné vers le petit professeur. Celui-ci venait de le libérer de l'enchantement qui le paralysait. C'est alors qu'il croisa les yeux du maitre des Charmes et remarqua que ces derniers étaient emplis de larmes.
-Vous n'avez pas idée de combien de temps j'ai attendu ce moment, murmura Filius d'une voix tremblante.
-Que voulez vous dire ? demanda Harry trop surpris pour songer à se relever.
-Vous avez raison Potter, il y a bien longtemps que je n'ai pas goûté aux joies de la liberté. Toute ma vie j'ai été humilié, rabaissé, et traité comme un moins que rien à cause de mon ascendance Leprechaun. Lorsque j'ai eu onze ans, Dumbledore m'a donné ma chance je me suis plongé dans les études avec acharnement. Je voulais devenir le meilleur, pour prouver au monde sorcier tout entier ma valeur. Et puis la réalité m'a rattrapé à ma sortie de Poudlard, expliqua le petit homme en essayant ses larmes.
-Que voulez vous dire ? demanda Harry en se relevant prudemment.
-Peu importe à quel point j'étais doué, aucun sorcier ne voulait s'abaisser à m'engager. Peu importe à quel point je devenais fort, car même au fait de mon pouvoir, alors qu'aucun duelliste dans le monde à l'exception d'une poignée de sorciers tels que Albus et Voldemort, ne pouvaient me vaincre, personne ne me respectait. C'est à ce moment que j'ai compris que mes efforts étaient vains car je n'avais tout simplement pas ma place dans le monde sorcier.
- Pourquoi y êtes-vous rester alors ? demanda Harry en se détendant légèrement.
-Albus m'a fait une proposition que je ne pouvais pas refuser. En m'offrant une place à Poudlard il m'a offert par la même occasion un accès aux livres traitant de toutes les magies anciennes dont l'apprentissage m'avait jusque là été refusé. Et pourtant, même cela était un mensonge, car Albus ne souhaitait que se servir de moi. Sans qu'il le sache, j'ai appris l'occlumancie et c'est ainsi que j'ai compris qu'il m'utilisait régulièrement avant de m'effacer la mémoire, afin de palier à une de ses faiblesses ayant attrait à l'art de l'enchantement.
-Pourquoi ne pas l'avoir confronté alors ? gronda immédiatement Harry, révulsé par une pareil attitude.
-Je l'ai fait juste après qu'il m'ait utilisé pour analyser un étrange enchantement. Un enchantement que vous aviez vous même érigé au cœur du 4 Privet Drive, monsieur Potter, répondit Flitwick en direction d'un Harry sidéré. Jusque là, je m'étais toujours dit que Albus, l'homme qui m'avait sauvé, l'homme qui m'avait offert une éducation et un travail, agissait uniquement pour le bien de tout le monde. Mais lorsque j'ai vu le placard qui était recouvert d'une croute de votre sang, j'ai su qu'aucun bien ne pouvait jamais exiger pareil sacrifice et j'ai confronté Albus en lui demandant ce que signifiait toute cette mascarade.
-Et alors ? demanda Harry bien plus chamboulé qu'il ne voulait l'admettre par l'étrange révélation.
-Alors il m'a effacé la mémoire une nouvelle fois à l'aide d'un sort bien plus puissant, conclut sombrement Flitwick. Seuls mes talents d'occlumancie m'ont permis, après un long travail, de retrouver mes souvenirs. Et j'ai compris l'ampleur de la catastrophe lorsque j'ai réalisé que, comme vous l'aviez si justement fait remarquer, dans le monde sorcier je ne pouvais rien faire. Ma parole ne valait rien et seul le soutien d'Albus me permettait d'échapper aux persécutions. C'est alors que je me suis promis de tout faire pour mettre à bas ce système qui avait fait de moi un être impuissant. Et c'est la raison pour laquelle, j'ai décidé de vous aider en vous offrant des livres avancés lorsque j'ai appris ce que vous aviez fait pour votre tuteur qui est un loup-garou, au début de votre première année.
Intégrant lentement toutes les informations, Harry Potter finit par plonger ses orbes vertes dans le regard de Flitwick.
-Et maintenant ? demanda finalement le dernier des Potter.
-Maintenant le temps est venu pour nous deux de prendre un nouveau départ. Car vous allez devenir mon apprenti, murmura Flitwick alors qu'un mince sourire lui éclairait soudainement le visage.
-Quoi ? s'exclama Harry parfaitement stupéfait.
-J'ai attendu une telle occasion des années et à présent vous voilà Harry. Un jeune sorcier riche et politiquement influent, mais dépourvu du racisme de ses pairs. Un génie au pouvoir incroyable et aux ambitions similaires aux miennes qui n'a pas peur d'aller jusqu'au bout de ses opinions et de tuer pour ce qu'il sait être juste. Lorsque je vous regarde Harry, je vois l'espoir. L'espoir qui ne vous a jamais quitté lorsque vous avez juré de sauver votre famille. Mais aussi un espoir pour ma race et les autres opprimés du monde magique. Je sais ce qu'a été votre enfance et j'ai vu votre courage et votre détermination de mes propres yeux, je sais que vous ne faillirez pas. Et c'est pourquoi j'ai décidé de placer en vous mes espoirs Harry. Alors non seulement je ne vais pas vous dénoncer, mais en plus, je vais vous apprendre tout ce que je sais. Et à l'aide de ce savoir, je sais que vous essayerez de façonner un monde meilleur, et que vous réussirez là ou j'ai échoué, conclut Flitwick tandis que Harry, épuisé par la longue nuit, s'effondrait contre le mur.
Jamais au grand jamais, il n'aurait imaginé que la rencontre de ce soir ne se terminerait ainsi.
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Une demi heure plus tard, le dernier des Potter murmura une silencieuse prière à Merlin pendant que Rémus, rendu fou furieux par sa disparition impromptue, lui passait un savon.
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. Partie 2 : La fin de l'été.
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Le 13 Aout 1992, l'Antre de Lunard, Bâtiment central
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Harry se tenait au milieu de sa chambre. Tous les obstacles que contenait la pièce avaient été miniaturisés et soigneusement alignés le long du mur le plus éloigné de la pièce. Ainsi, elle paraissait pratiquement vide. En son centre, Harry Potter, couvert d'une mince couche de sueur et vêtu en tout et pour tout d'un short noir, exécutait de manière répétitive, une série de mouvements complexes du poignet.
Depuis qu'il avait commencé à apprendre la magie, Harry avait toujours fait en sorte d'atteindre un niveau de maitrise tel pour chaque sort, qu'il pouvait les lancer sans même y penser. Cela lui permettait de conjurer, contrôler et animer toutes sortes de choses alors même qu'il utilisait sa baguette pour lancer des maléfices diverses et variés.
Il avait en outre perfectionné à l'extrême son usage de l'occlumancie et commencé à entrainer et renforcer son esprit, tout en apprenant petit à petit à fragmenter son attention afin d'être capable de penser à plusieurs chose en même temps, tout en restant cohérent et en gardant une vue d'ensemble de la situation.
C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il était capable en ce moment même, de lire un livre nommé "Duel : combattre avec la nature de votre coté'"qu'il lévitait tranquillement devant ses yeux alors que plusieurs globes d'eau tournaient autour de la pièce en prenant de temps à autre la forme de divers animaux ou se métamorphosaient en différents objets qui entamaient rapidement une course en passant à travers la pièce.
Il s'agissait d'un entrainement que l'héritier Potter avait mit au point à l'aide de son tout nouveau mentor, Filius Flitwick. L'homme, qui était en fait à moitié leprechaun, avait souffert toute sa vie durant du racisme patenté du ministère avait en effet décidé de joindre sa quête de justice à celle de Harry et d'enseigner au jeune sorcier tout ce qu'il savait. Ce qui était en fait titanesque car l'homme était un savant de très haut niveau. Maitre en charmes et enchantements et ancien champion de duel, ainsi qu'un des rares sorciers à maitriser les magies élémentaires.
Outre un programme d'entrainement bien ficelé, ainsi que la mise en place l'an prochain de cours particuliers hebdomadaires, Filius Flitwick avait aidé Harry à poursuivre un peu plus logiquement son propre programme et curieusement, la maitrise des magies élémentaires constituait la suite logique du type d'entrainement que s'était imposé Harry l'an passé en animant de petits soldats de plomb.
En effet, à présent que son esprit s'était renforcé et que son niveau en occlumancie lui permettait de subdiviser son esprit en plusieurs entités indépendantes et synchronisées, Harry s'entrainait à maitriser ensemble plusieurs formes de magies différentes, et à allier conjuration, métamorphose, animation et autres types de magies diverses et variées. Ce qui était la base indispensable à la maitrise des magies élémentaires.
L'ouvrage que Filius lui avait offert et que Harry était actuellement en train de lire, expliquait que pour maitriser les magies élémentaires, il fallait toujours commencer avec de petites manipulations et construire à partir de là. Il précisait également qu'il fallait être capable d'associer la précision nécessaire au maléfice, la concentration nécessaire à la métamorphose et un brun de touché indispensable pour faire un charme de qualité.
En fait, maitriser les éléments, c'était parvenir à associer différentes branches de la magie et à les faire coexister tout en pliant le résultat créé à sa propre volonté. Harry avait commencé à travailler avec de l'eau en apprenant tout d'abord à conjurer de petites quantités d'eau et a lui conférer déférentes formes, avant de peu à peu commencer à en changer la nature pour obtenir de la glace.
Choisir l'eau comme premier élément était un choix osé, car il fallait à chaque instant être capable d'en contrôler la température et la densité, en plus de sa forme. Un défi à la hauteur du dernier des Potter.
Avec une dernière inflexion experte du poignet, tous les globes liquides qui entouraient Harry explosèrent et un instant plus tard, plusieurs milliers de petits tubes de la taille approximative d'un crayon, flottaient dans l'air. Enfin, le jeune mage se concentra brusquement et la température de la pièce sembla diminuer alors que les petits épieux devenaient translucides, avant de prendre la consistance de la glace.
Regardant autour de lui à la recherche d'une cible digne d'intérêt, le regard de l'adolescent se posa finalement sur une pile de lettres qui lui avait été adressé par quelques unes de ses "admiratrices" de l'école, dans une vaine tentative pour établir avec lui un semblant de correspondance. Il n'avait bien sûr jamais pris le temps de les lire.
D'un seul mouvement sec de sa baguette, les lettres s'envolèrent rapidement du coin de la pièce où elles étaient entassées et d'une estocade, il expédiât plusieurs milliers de petites échardes sur le tas d'enveloppes.
Prêt de la moitié des épieux se brisèrent instantanément, car ils étaient imparfaits. Cependant, une bonne centaine d'entre eux parvint, pour la plus grande joie d'Harry, à supporter l'accélération et un instant plus tard, toutes les lettres étaient puissamment plantées contre le mur par les épieux.
Pris d'une soudaine inspiration, Harry invoqua ensuite une nouvelle orbe d'eau qu'il lia à sa baguette, puis faisant tourner le sceptre de mort au dessus de sa tête, il condensa la sphère jusqu'à ce quelle ait à peu près la taille d'une balle de fusil. Puis, compactant l'air à proximité, il pointa l'air et l'eau condensé en direction des lettres et tira.
Le résultat fut plus que satisfaisant puisque un instant plus tard, la petite balle s'écrasa contre le mur où elle explosa dans un bruit tonitruant, oblitérant les missives et creusant dans le mur de pierre un trou tout à fait respectable.
Harry regarda un instant le résultat et sourit en décidant que compacter de l'eau et de l'air et les expédier à haute vitesse sur une cible était quelque chose d'amusant.
Cherchant des yeux une autre cible et remarquant avec tristesse qu'il n'y en avait pas, Harry soupira avant de se reprendre rapidement. Heureusement, il n'était pas un génie de la métamorphose pour rien.
Jetant un regard avide en direction des débris qui se trouvaient en dessous du trou qu'il venait de creuser dans son propre mur, il lévita un bout de lambris et, d'un ensemble de gestes fluides et rapides, le transforma en une poupée d'une cinquantaine de centimètres.
La marionnette en question ressemblait à un petit bébé tout rose, et aurait fait la joie den'importe quelle petite fille, si on exceptait toutefois ses long cheveux graisseux, son regard meurtrier et son nez crochus disgracieusement recourbé au dessus d'un mince sourire sadique.
La poupée Rogue venait de voir le jour.
Harry leva sa baguette tout près à exterminer l'ignoble création lorsque la porte de sa chambre s'ouvrit à la volé. Stéphanie et Archimède, fatigués de frapper à la porte sans recevoir de réponse, pénétrèrent dans l'Antre du dernier des Potter.
Leur colère d'avoir été oublié et d'avoir fait le pied de grue durant cinq bonnes minute sur le pas de la porte de Harry disparu instantanément lorsque la Serpentarde et le Serdaigle se retrouvèrent devant une poupée représentant respectivement leur directeur de maison et leur idole, flottant a mi hauteur à moins d'un mètre d'eux.
Ils n'eurent cependant pas le temps de s'interroger longuement sur cette bizarrerie car une sphère tournoyante de liquide de la taille d'un souaffle la percuta un instant plus tard et la fit littéralement exploser dans un bruit de tonnerre assourdissant.
Archimède et Stéphanie tournèrent lentement leur yeux effarés en direction de l'expéditeur du missile et se retrouvèrent nez a nez avec un Harry a moitié nu et couvert de transpiration, qui les fusillait consciencieusement du regard.
Stéphanie devint instantanément rouge, horrifiée d'avoir surpris Harry dans une tenue bien proche de celle d'Adam, tandis qu'Archimède fronçait les sourcils en direction de son ami, furieux qu'il ose s'exhiber ainsi devant sa petite Stéphichou.
Une chose était sûre cependant, les innombrables heures d'entrainement de Quidditch et de duel avaient porté leurs fruits car l'adolescent qui leur faisait face avait un torse dans lequel aucun signe de l'enfance ne subsistait. Chaque muscle clairement définit était souligné par la minceur du garçon, et Stéphanie, de plus en plus gênée, ne pu s'empêcher de remarquer que Harry était décidément terriblement athlétique. Depuis quand ses pectoraux étaient-ils… ?
-Mets donc des vêtements sale Hooligan exhibitionniste. Il y a une noble dame présente dans la pièce ! piailla Archie en tentant désespérément de s'interposer entre une Stéphanie rougissante mais incapable de détourner le regard et un Harry toujours aussi déshabillé et séduisant.
-Il me semble que c'est vous qui êtes entrés sans vous annoncer, répondit sèchement Harry.
Il envoya un sort de bannissement en direction de la porte qui se ferma dans un claquement retentissant. Pendant ce temps, Stéphanie se tordait le coup pour continuer de regarder Harry par dessus l'épaule du pauvre Archie, qui gesticulait de plus en plus frénétiquement afin d'empêcher son amie d'enfance de se rincer l'œil. Après tout, la belle Serpentarde était une sorcière au sang pur et les traditions interdisaient formellement que l'on révéla trop de son corps, dans le monde sorcier. Ce qui vouait dire qu'elle n'avait encore jamais vu autant de la peau d'un garçon.
-De plus, la gente dame semble apprécier le spectacle, ajouta finalement Harry en souriant vicieusement en direction d'Archimède.
La pauvre Serpentarde rougit de plus belle et le regard déjà meurtrier de Archie se fit plus violent encore.
Sans tenir compte du ridicule de la situation, Harry pénétra ensuite tranquillement dans sa salle de bain et ferma la porte derrière lui. Quelques minutes plus tard, il pénétra à nouveau dans la pièce. Ses cheveux mouillés prouvaient qu'il sortait de la douche. Il s'était ensuite simplement vêtit d'un jean noir et portait en un léger T-shirt blanc qui collait à sa peau encore humide d'une manière tout à fait suggestive.
-Plus de vêtement ! siffla tout de suite Archie en voyant Stéphanie recommencer à rougir. N'as-tu donc aucune décence, misérable ? s'emporta le brun pendant que Harry haussait les épaules d'un air peu concerné.
-Il fait plutôt chaud, ici. Tu ne penses pas Stéphanie ? lança Harry en guise de réponse, pendant que la belle jeune femme hochait benoitement, trop choquée pour parler convenablement.
Archie au bord de la crise de nerf lui donna un léger coup de coude dans les cotes histoire de briser la transe de la jeune fille. Elle se reprit alors rapidement et fusilla du regard le grand brun avant de secouer la tête pour finir de s'éclaircir les idées. Ce fichu Potter et son physique étrangement félin l'avait déjà sournoisement fait tourner en bourrique, il était donc important de se donner en spectacle plus en avant et de renverser la situation avant que Harry ne se lance dans une nouvelle pique désobligeante.
-Archie a raison, il semble évident que tu devrais t'habiller plus convenablement lorsque des gens qui te sont infiniment supérieur te font grâce de leur présence, exposa Stéphanie en haussant la tête d'un air snob dans le but de faire enrager Harry. Malheureusement pour elle, son petit sourire et ses joues toujours légèrement rouges gâchèrent en grande partie l'effet.
-Hum, je ne connais personne sur terre qui me soit supérieur, murmura Harry d'un air pensif en se frottant le menton comme si il réfléchissait à voix haute. Ce qui veut probablement dire que je peux toujours me balader habillé comme il me plait je suppose, conclut le jeune mage d'un air distrait en haussant légèrement les épaules et en souriant comme s'il était content d'avoir trouver la réponse à une épineuse question.
Levant sa baguette, il entreprit ensuite de ranger sa chambre en rendant à tous les objets leur taille normale sous les yeux incrédules de Stéphanie, qui paraissait plus surprise après chaque nouveau sortilège qu'il lançait.
-Je voix que ta vantardise a atteint de nouveau sommet pendant les vacances. Et vas-tu cesser d'utiliser ainsi la magie ? Qu'est ce que tu essayes de faire, tu tiens donc tant que ça à être renvoyé ? gronda-t-elle rageusement sans quitter la baguette des yeux.
Archie regarda Harry en arquant légèrement un sourcil auquel le sorcier aux cheveux corbeau répondit d'un haussement d'épaule peu concerné.
-Les magies qu'il invoque à l'aide de sa baguette ne peuvent pas être traquées par le ministère ma magnifique stephinounichette adorée, expliqua finalement le grand brun.
Puis il déglutit péniblement lorsqu'il croisa le regard assassin de la demoiselle qui fit un pas dans sa direction en songeant que l'appeler deux fois par un surnom ridicule dans la même soirée, c'était vraiment une fois de trop.
-Steph, murmura Archie d'une toute petite voix alors que la jeune fille continuait de se rapprocher.
-Stéphanie, tenta le brun, tandis que les yeux sombres de la jeune femme restaient meurtriers.
-Miss Zabini, tenta-t-il avec un espoir renouvelé qui vola en éclat lorsque Stéphanie fit un pas de plus.
-Madame Zabini ! piailla-t-il plus rapidement alors que la jeune fille n'était plus qu'à quelque pas.
Le regard sombre s'éclaircit légèrement et un vague sourire amer apparut sur le visage de la belle sorcière qui continua tout de même d'avancer.
-Reine Zabini ! hurla finalement Archie en protégeant ses parties génitales avec désespoir pendant que la jeune fille s'arrêtait enfin et hochait sobrement la tête avec satisfaction.
-Extraordinaire, commenta platement Harry. Vous n'êtes pas encore marié et pourtant tu as déjà réussit à le dresser parfaitement. Il te mange littéralement dans la main, murmura le sorcier en jetant un coup d'œil en direction de la belle sorcière et en secouant doucement la tête.
-Tu as dit quelque chose Harry ? demanda dangereusement Stéphanie en tournant son fameux regard assassin en direction du dernier des Potter.
Tandis que son mauvais caractère coutumier était intégralement reporté sur Harry, Archie souri avec soulagement tout en décroisant les mains qu'il avait instinctivement placé près de ses parties génitales.
-J'ai dit que vous n'étiez pas encore marié mais que tu l'avais déjà parfaitement dressé, répéta Harry en détachant chaque mot comme s'il parlait un très jeune enfant. Merlin, je sais que tu aimes avoir les cheveux long, mais si cette tignasse t'empêche d'entendre convenablement, tu devrais peut être songé à te raser la tête, ajouta-t-il avec un sérieux moqueur en direction de Stéphanie dont le regard dur s'assombrit encore.
-Heyyyy, pourquoi tu ne le frappes pas, lui ? se plaignit soudain Archie en direction de son amie. Si j'avais dit quelque chose comme ça, il y a longtemps que tu m'aurais tué, geignit le brun pendant que l'adolescente cessait de fusiller Harry du regard pour reporter son attention sur lui.
-D'abord, il y a le fait qu'il a sa baguette en main et peut se défendre si je me jette sur lui, commença à s'expliquer la jeune femme avant de se faire interrompre par Harry qui coupa ses piètres excuses sans vergogne.
-Ça et le fait que ce que j'ai dit est parfaitement exact. Vous vous comportez comme un vieux couple, ajouta l'héritier Potter.
Stéphanie ne parvint pas à empêcher une nouvelle rougeur de lui monter au visage et Archie se mit à sourire comme un gamin tout en enroulant un de ses long bras autour des épaules de sa promise. Il proclama bien fort.
- L'amour finit toujours par l'emporter !
Stéphanie Zabini se contenta de regarder sombrement l'offensant appendice tandis que le sourire de Archie disparu rapidement alors qu'il prenait conscience de ce qui risquait bientôt d'arriver à ses bijoux de famille.
-Hum, je… hum... je dois retourner travailler dans la salle principale de l'Antre, alors, hum... tu voudras bien transmettre le message de Rémus à Harry, hein Stephi ? Bon, ce n'est pas tout ça, mais il faut que j'y aille ! Tchao ! lança le garçon par dessus son épaule alors qu'il trottinait rapidement en direction de la porte.
Juste avant de fermer, profitant du fait que Harry le regardait et que sa dulcinée était de dos, le grand échalas se mit à gesticuler de manière ridicule. Harry, bien qu'il ne soit pas un grand passionné de charade et de rébus, comprit néanmoins que le message signifiait soit"J'aime les gâteaux au chocolat explosif", soit "ne pense même pas à essayer de la toucher, ou j'empoisonnerais ton prochain petit déjeuné".
A la réflexion, Harry décida que la deuxième option était probablement plus proche de la vérité mais comment être certain avec quelqu'un comme Archimède ?
-Qu'est ce que c'est que cette histoire de baguette ? demanda finalement la sorcière pour briser le silence oppressant qui avait envahit la pièce et dans lequel Harry paraissait parfaitement a son aise. Je sais qu'il y en a beaucoup plus derrière cette histoire que ce qu'Archie à suggérer, questionna la sorcière en regardant Harry.
Puis elle s'assit gracieusement sur son fauteuil en cuir d'hippogriffes hors de prix, avant de poser délicatement ses pieds sur son bureau en bois de frêne elfique tout aussi onéreux. Sachant parfaitement que chacun de ses gestes faisait enrager Harry.
Contrôlant son mauvais caractère grâce à son occlumancie, l'héritier Potter répondit d'un sourire poli et d'un simple geste de baguette lévita gentiment la sorcière loin de son mobilier et la reposa par terre là ou elle était à l'origine.
-Si tu veux, tu peux t'assoir sur le canapé, il est fait pour ça, commenta Harry sans tenir compte du regard furieux que la jeune sorcière lui lança lorsqu'il la reposa par terre. Quant à ma baguette, elle a simplement été créée avant le ministère de la magie. Il est difficile de faire mettre en place des charmes de traque habituels lors de la création d'une baguette qui est apparue avant vous, expliqua distraitement Harry tout en s'affairant à réparer sa chambre et à ranger les différents livres qu'il utilisait dans sa bibliothèque privée.
Une fois que tout fut ordonné et réparé, il regarda brièvement Stéphanie dans les yeux.
-Je suppose que je n'ai pas besoin de te demander si tu sais garder un secret ? Une jeune Serpentarde comme toi ne devrait pas avoir de problème ? demanda le jeune mage d'un ton incisif avant de se mettre à faire disparaître les derniers gravas.
Stéphanie hocha la tête sans hésiter. Elle n'était pas un Serpentarde pour rien et il ne lui serait même pas venu à l'idée de parler de cela à qui que ce soit sans obtenir quelque chose en échange, même si Harry n'avait pas précisé qu'il s'agissait d'un secret.
-Tu sais, lorsqu'Archie m'a dit lors d'une de ses habituelles crises de panique que l'un de tes fantasmes était de frapper des bébés, je ne l'avais pas cru. Mais après ce que je viens de voir..., finit par s'amuser la sorcière en désignant d'un vague geste de la main les restes de la poupée Rogue explosé dans un coin de la pièce.
Harry la désarçonna en lui renvoyant un sourire bon enfant.
-A vrai dire, Archimède était assez généreux, comme à son habitude. Lors de mes rêves, je fais bien pire que frapper des bébés, comme tu as pu le constater un peu plus tôt, mentionna-t-il en reformant d'un coup de baguette sa poupée Rogue, avant de la faire disparaître dans une grande vague de flamme stylisé.
Les deux sorcier restèrent ensuite silencieux un bon moment alors que Harry terminait de nettoyer sa chambre et que Stéphanie le regardait faire calmement, impressionnée par sa maitrise grandissante de la magie.
-Pourquoi continues-tu à ignorer les avances d'Archimède ? demanda finalement Harry avec un sourire en coin alors qu'il se retournait vers la jeune fille.
Manipuler les gens était vraiment un jeu amusant après tout. Surtout lorsque les victimes en question étaient des Serpentardes, peu habituées à se faire rudoyer à leur propre jeu.
-Je ne vois pas en quoi cela te concerne, répliqua telle sèchement tandis que son dos se raidissait brusquement, anticipant un mauvais moment à venir.
Harry reprit la parole.
-Allons, il doits sûrement y avoir une raison pour que tu le détestes à ce point, continua Harry en changeant très légèrement de sujet, tout en s'assurant qu'elle reste aussi gênée.
-Tu veux dire, à part le fait, qu'il est fatiguant et insupportable, qu'il m'embarrasse régulièrement devant toute l'école, qu'il est un pervers consommé et se comporte comme un bouffon lorsqu'il n'est pas occupé à jouer les fayots ? rétorqua-t-elle avec mauvaise humeur.
-Fayot... qu'est ce qui te fait dire ça ? demanda Harry qui paraissait cette fois sincèrement curieux.
-Voyons Harry, tu es son meilleur ami, mais tu n'as pas pu manquer ça. Dès qu'il ne me casse pas les pieds, il s'enfonce le nez dans des livres de potions ridicule ou se met à touiller ses décoctions infâmes à l'instant où ses lèvres cessent de lécher les bottes de Rogue. Archimède est un feignant obsédé par Rogue et qui fait passer tout le monde après sa passion pour les potions.
Sincèrement surpris par la description assez méchante mais terriblement précise de ce à quoi ressemblait la vie d'Archimède, Harry perdit complètement le cours de ses pensées. Refusant pourtant de s'arrêter en si bon chemin, il se concentra un bref instant afin de retrouver ses esprits.
Après un été passé avec Archimède à l'Antre de Lunard, Harry en était venu à une conclusion simple : s'il ne se débrouillait pas pour faire en sorte que Stéphanie cesse de rudoyer et d'ignorer Archimède, il passerait une année impossible.
En effet, le grand brun dont les hormones se faisaient de plus ne plus pressantes, était au bord de la dépression et commençait à perdre tout espoir de conquérir un jour sa dulcinée. Ce qui veut dire que s'il souhaitait conserver sa santé mentale sans être pris entre deux feux, il devait absolument faire quelque chose.
-Vraiment? reprit Harry, pris d'une soudaine inspiration. C'est ça qui te dérange le plus chez lui ? Le fait qu'il soit un élève studieux, qui passe l'essentielle de son temps à travailler et à lire ? Pourtant tu ne t'es pas gêné pour me demander de t'accompagner à Pré-au-lard l'an passé, dit-il en ignorant royalement le rouge qui monta à nouveau aux joues de Stéphanie à l'évocation du souvenir embarrassant.
-Je ne vois vraiment pas le rapport, tu n'as rien à voir avec lui, commença-t-elle, son embarras à l'idée d'aborder une telle discussion parfaitement évident dans sa voix.
-Ah bon, je suis différent ? susurra Harry en transperçant la demoiselle de ses yeux d'un vert profond. Alors dis-moi, que pensais-tu que je faisais lorsque tu es entré dans ma chambre ? demanda-t-il en ignorant l'embarras croissant de la jeune fille à l'évocation de sa quasi nudité. Je faisais ce que je fais plus de quatre-vingt dix pour cent de mon temps libre durant les vacances : j'étudiais et je m'entrainais ! assena-t-il d'un ton sans réplique en évitant de mentionner que ce qu'il faisait dépassait de loin le curriculum offert par Poudlard.
Une information qui n'avait rien à voir avec le présent sujet.
-Oui mais...
-Mais quoi ? l'interrompit durement Harry. Tu penses que parce que Archimède excelle dans l'art des potions, le fait qu'il travaille soit moins supportable que lorsque je fais la même chose avec une baguette ? Tu penses que le fait qu'il soit impressionné par le talent de Rogue fait de lui un lèche-bottes quand tous les Serpentards au grand complet pleurnichent pour renter dans les bonnes grâces de leur directeur de maison ? Tu penses que parce qu'il dédie une grande partie de son temps à ses études en potion, ses sentiments à ton égard son moindre ? demanda Harry d'une voix presque méprisante.
-Ce n'est pas ce que je voulais dire, je..., tenta de se défendre la belle sorcière.
-Cet idiot t'adore Stéphanie, et si il n'avait pas pris la difficile décision de venir travailler ici cette année, j'aurais juré haut et fort que sa dévotion était maladive et dangereusement proche de l'obsession avant de tenter de le faire interner à Sainte Mangouste. D'ailleurs, à ce sujet, sais-tu combien de garçon de notre âge prennent la peine de travailler pendant les vacances ? Combien serait prêt à faire de tel sacrifice afin de gagner honnêtement un peu d'argent et de ne pas abuser de la générosité de la famille qui l'a adopté et qui pourtant ne lui demandait rien en retour ? Archimède a abandonné une vie facile et des vacances de rêve avec une riche famille dévouée en compagnie de la femme qu'il aime, afin de commencer à construire son avenir dans l'honneur et grâce à un dur labeur.
Stéphanie Zabini, surprise par la tirade, ne trouva rien à répondre et baissa légèrement les yeux, tandis que ses poings se seraient jusqu'à en faire blanchir les jointures. C'est la première fois de sa vie qu'elle entendait Harry Potter défendre quelqu'un, et il fallait reconnaître qu'il ne s'y prenait pas trop mal.
-Tu sais ce que je trouve le plus drôle ? dit soudainement Harry, interrompant ainsi la réflexion de la jeune fille. Le plus amusant c'est que tu n'as pas la moindre idée du nombre de sorcières qui seraient prête à donner leur bras droit pour être à ta place, ricana Harry.
L'adolescente paraissait totalement incrédule. Visiblement l'idée ne lui avait jamais traversé l'esprit.
-Oh, mais non Stéphanie, je ne me moque pas de toi si c'est ce que tu penses, continua Harry. En dépit de combien ce petit satyre d'Archimède est pervers et obsédé, il a systématiquement décliné toutes les offres des nombreuses filles qui lui ont fait de avances particulièrement explicites tout au long de l'année dernière. A vrai dire, il semblerait qu'il y ai pléthore de sorcières à Serdaigle qui voient en lui le parfait petit ami et lui trouvent toutes sortes de qualités extraordinaires. Ne me demande pas lesquelles, car je n'en ai aucune idée. Mais l'opinion des demoiselles de notre maison est presque unanime.
-Ça m'étonnerait beaucoup. Si cet idiot avait eu la moindre chance de sortir avec une fille, il l'aurait saisit et..., rétorqua Stéphanie avec morgue, uniquement pour se faire interrompre une nouvelle fois par Harry qui fixait la jeune femme dans les yeux avec une concentration inquiétante.
-Tu te mens à toi-même, souffla doucement la voix de Harry Potter.
L'adolescente n'en était pas certaine, mais à ce moment précis, elle sentit comme un léger vertige et un discret picotement à l'arrière de sa nuque. Une clochette retentissait au loin dans son esprit en lui criant de détourer le regard, mais cela lui était impossible. Comment cesser de regarder ces extraordinaires émeraudes luminescente ?
Plus elle se plongeait dans leur profondeur étincelante, plus elle était certaine que désormais, tous ses problèmes appartenaient au passé.
Aussi rapidement qu'elle était apparu, l'étrange sensation reflua, la laissant légèrement surprise et incrédule à propos de ce qui venait de se passer. D'une manière ou d'une autre, elle devait penser trop fort, car brusquement, Harry se mit à répondre aux questions qu'elle se pensait silencieusement dans le secret de son esprit.
-Tu es peut être capable de te mentir à toi même Stéphanie, mais tu ne peux pas me mentir à moi, reprit lentement le jeune mage. Tu projettes tes pensées comme si tu voulais les hurler à la face du monde, commença-t-il en levant un doigt. Premièrement, tu affirmes à qui veut l'entendre que tu ne le trouves pas particulièrement beau alors que tu penses sans équivoque qu'aucun garçon de notre année ne lui arrive à la cheville, exposa-t-il en ignorant le regard de pure horreur que lui adressa la belle jeune femme.
-Deuxièmement, continua Harry en levant un nouveau doigt, tu as beau trouver son attitude geignarde et ennuyeuse, tu trouves l'adoration permanente et attentionnée qu'il te voue flatteuse et adorable. Et a présent que tu sais qu'il a rejeté toutes les filles qui lui ont fait des avances, ce sentiment a encore grandi.
Les prunelles de Stéphanie s'écarquillèrent terriblement et elle recula d'un pas en tremblant.
-Tu... Tu lis mes pensées ! l'accusa-t-elle avec indignation et terreur, tandis qu'il l'ignorait et levait un dernier doigt.
-Troisièmement, tu n'es pas seulement impressionnée par son talent extraordinaire pour les potions, mais tu es aussi légèrement envieuse parce que contrairement à lui ou moi, tu n'as pas de spécialité magique où tu excelles particulièrement. D'ailleurs, les félicitations que ne cessent de lui adresser tes parents ne font que renforcer ce sentiment de jalousie. C'est à cause de cette jalousie que tu ne supporte pas de le voir parler avec Rogue ou se plonger dans des ouvrages avancés sur les potions. Pourtant, tu ne peux pas t'empêcher d'admirer sa détermination et de trouver qu'il s''agit d'une de ses qualités les plus attrayantes, conclut l'héritier Potter d'un ton dur.
En temps normal, Harry se serait sentit particulièrement mal d'avoir osé utiliser de la légilimancie contre son amie. L'une de ses rares amies à vrai dire. Cependant, Stéphanie se comportait depuis trop longtemps comme une enfant gâtée, irrationnelle et colérique. Et à cet instant précis, Harry se fichait pas mal de ce qu'elle pouvait penser de lui, car il était temps que quelqu'un lui mette un point sur les i et la barre au t.
D'ailleurs, avec un peu de chance, ce qu'il venait de faire détruirait définitivement les derniers sentiments romantiques que la demoiselle entretenait à son égard. Ce qui convenait parfaitement au jeune mage.
Bien sur, si Harry avait fait preuve d'un peu plus honnêteté intellectuelle de son propre coté, il aurait admis se sentir particulièrement mal à l'idée d'avoir trahi la confiance de son amie en regardant ses pensées. Mais c'était là un mal nécessaire. Affermissant sa détermination, il reprit la parole et porta donc le coup de grâce.
-Je me demande comment tu réagirais si tu en venais à apprendre que la seule et unique raison pour laquelle il se donne tant de mal pour devenir un maitre des Potions est sa mère ? demanda Harry avec une mélancolie qui stoppa provisoirement les sentiments de colère et d'indignation qu'éprouvait la belle sorcière en les remplaçant par un choc parfaitement perceptible.
-Et oui Stéphanie, Archimède m'a tout raconté. C'est un point sur lequel nous nous ressemblons beaucoup lui et moi. Nos mères respectives sont nos sources d'inspiration et l'essence même de notre motivation. A l'exception que dans son cas, l'histoire est bien plus sombre et tragique, siffla brusquement Harry d'une voix très proche du fourchelangue, comme cela lui arrivait parfois lorsqu'il était en proie à une forte émotion.
A cet instant, Stéphanie ne pu s'empêcher de se demander en quoi les histoires de Harry et Archie étaient similaire. Cependant elle refoula avec force cette question en espérant que Celui-qu'elle-avait-une-fois-considéré-comme-son-ami n'avait pas réussit à lui arracher cette pensé la.
-La seule raison pour laquelle Archimède s'est mis à étudier les potions n'était pas parce qu'il admirait Rogue ou parce qu'il aimait la matière. C'est uniquement parce qu'il pensait qu'il s'agissait du seul moyen de guérir la lycanthropie, enchaina imperturbablement le dernier des Potter, utilisant une nouvelle fois la légilimancie pour confirmer ce qu'il soupçonnait déjà.
-Tu penses qu'il s'agit d'une vaste blague, du rêve d'un fou. Et lorsqu'il t'en a parlé il y a bien des années, tu as pensé qu'il s'agissait d'une nouvelle excentricité, une blague un peu bizarre. Et même maintenant, tu es convaincue qu'il va échouer dans sa quête et qu'il gâche sa vie a tant travailler ses potions, n'est ce pas ? Et bien laisse moi te dire une chose. Tu te trompes sur toute la ligne. Je ne suis pas aussi doué que Archimède en potion, mais je suis suffisamment fort pour pouvoir comprendre les théories qu'il a élaboré. Et je peux t'affirmer qu'il est tout proche de la solution et qu'il est d'ors et déjà largement supérieur à la quasi-totalité des maitres des potions pratiquant en Europe. Archimède Montague va réussir là où tous les autres ont échoué. Il va guérir la lycanthropie et sa potion permettra à Rémus de redevenir humain. C'est la raison pour laquelle j'écraserai toute personne qui osera se dresser entre Archimède et son rêve et c'est la raison pour laquelle je ne peux plus te regarder lui briser le cœur jour après jour Stéphanie.
Stéphanie ne savait plus quoi penser à présent que Harry mettait à nue ses sentiments les plus secrets et lui assenait des vérités si dérangeantes. Archie pouvait-il vraiment être aussi doué ? C'était sûrement impossible. Mais peut être qu'une fois encore, elle refusait de voir la vérité en face, et d'admettre que le talent du grand brun l'impressionnait. Décidant de s'occuper de ça plus tard, elle refoula à nouveau toutes ses pensés tourbillonnantes et leva ses yeux à présent humides vers Harry qui la regardait avec une expression impénétrable.
-Maintenant, pour répondre à ta question, non je n'ai pas lu tes pensées, murmura Harry d'une voix blanche où transparaissait une pointe de regret et de tristesse. L'esprit est quelque chose de beaucoup trop complexes pour être lu. Par contre, j'ai réussis à décrypter tes pensées les plus superficielles, et accéder ensuite à certain souvenir qui leur étaient associés en utilisant une branche de la magie particulièrement complexe nommé légilimancie. Et si tu veux m'empêcher de recommencer à l'avenir, il te faudra apprendre son opposé qui sert à défendre son esprit et se nomme l'occlumancie, conclut-t-il d'une voix douce.
-Bâtard, souffla simplement l'héritière Zabini d'une voix chargée de haine, alors que ses yeux reflétaient une peur abjecte à l'idée que la porte de son cœur et de ses pensées les plus secrètes ait pu être aussi facilement être forcée.
-Tu te rends enfin à l'évidence Stéphanie ? exposa Harry du ton apathique qu'il employait généralement avec ses condisciples de Poudlard. Et oui Stéphanie, je suis un être sans cœur, et un manipulateur dangereux. Tu ferais bien de ne pas l'oublier parce que cela n'est pas prêt de changer. En fait, c'est même une part de moi que j'accepte pleinement.
Croisant une nouvelle fois le regard de la jeune fille, et affichant un froncement de sourcil sévère alors qu'elle détournait rapidement le regard en sentant à nouveau sa magie pénétrer dans son esprit, Harry reprit la parole lentement.
-Tu es un ignoble, cracha la jeune fille uniquement pour se faire interrompre une nouvelle fois.
-En dépit de ce que tu penses savoir de moi, tu te trompes lourdement. Je peux t'assurer que quoi que tu t'imagines à mon sujet, tu es encore loin de la réalité, dit-il d'une voix douce qui pourtant provoqua un frisson chez la jeune femme. Je m'intéresse peu aux petites querelles d'écolier et aux amourettes des adolescents. Je me contre fiche des sentiments de ceux qui m'entourent lorsqu'il s'agit d'obtenir ce que je veux, à l'exception notable des quelques rares personnes que je considère être des amis. Et pour tout te dire, la vie et la mort des autres personnes m'indiffèrent complètement. Tu m'as jugé en te basant sur mon apparence uniquement et tu m'as demandé de t'accompagner à Pré-au-lard l'an passé. À présent que tu me connais un peu mieux, est ce que tu pourrais recommencer ?
-Non, je sais que tu es un monstre à présent, grogna-t-elle littéralement en détournant ses yeux remplis de dégout, afin de ne plus croiser les orbes vertes du sorcier.
Celui-ci hocha la tête en souriant gentiment comme si rien ne s'était passé. Un geste qui la choqua à nouveau profondément. La faculté de Harry de passer d'un sentiment à un autre ou de faire comme si rien ne s'était passé était tout simplement dérangeante.
-Alors, tu as au moins appris quelque chose de précieux aujourd'hui, dit le jeune mage d'un ton profondément satisfait avant de la surprendre encore un peu plus. Est ce que tu sais ce que je pense de l'amour ? demanda-t-il d'une voix étrange.
La pauvre jeune fille ouvrit la bouche sous le coup de la stupeur. Qu'est ce que cette question venait faire là ? Incapable de répondre et soumise à un maelström de sentiment confus et opposé, l'héritière Zabini se contenta de secouer la tête.
-L'amour, ce n'est pas trouver le prince charmant ou sa prétendu âme sœur, avoir un coup de foudre et vivre ensuite heureux jusqu'à la fin de ses jours. L'amour c'est découvrir quelqu'un à qui l'ont tiens et qui tienne à nous en retours. L'amour c'est accepter un autre être humain avec tous ses défauts et ses imperfections, avec ses tares et ses mauvais cotés. L'amour c'est faire en sorte de comprendre cette personne au point de l'accepter entièrement, parce que l'on ne peut pas aimer seulement une partie de quelqu'un. Si on pense avoir trouvé l'amour en se raccrochant au bon coté d'une personne, c'est au mieux de l'ignorance et au pire de la folie. Car soit on aime l'autre pour ce qu'il est réellement sans réserve et limite, soit on ne l'aime pas du tout.
Secouant lentement la tête devant l'étrange émotivité qu'il ressentait et se demandant brièvement pourquoi il parlait de cela, Harry fixa une nouvelle fois la jeune fille droit dans les yeux et murmura :
-Archimède, t'ennui peut être. Il t'embarrasse régulièrement et se comporte souvent comme le dernier des crétins. Mais tu ne peux pas me mentir à ce sujet et nous savons tous les deux que c'est précisément pourquoi tu l'aimes. Je voulais juste que tu en prennes conscience, parce que plus tôt on réalise ce genre de chose et moins on a en générale à en souffrir, tu comprends ?
Détournant le regard une fois de ne plus afin de ne pas voir les magnifiques orbes vertes du sorcier, Stéphanie sera convulsivement ses bras autour d'elle. Elle ne voulait plus jamais avoir à affronter ce regard. Pas juste après qu'il ait aussi bassement violé son intimité de cette manière. Jamais elle ne pourrait lui pardonner une telle humiliation. Potter n'était qu'un ignoble... Brusquement, alors que Harry commençait à se détourner lentement, une sombre lueur dans le regard, Stéphanie eu une brusque illumination.
Repensant à ce qu'il venait de lui dire à propos de son caractère et de l'amour, assemblant les pièces du puzzle, repassant dans sa tête les différent moment qu'il avait partagé à Poudlard au cours des trois dernières années, Stéphanie Zabini sentit ses yeux s'écarquiller sous l'effet du choc et murmura avec un tristesse infinie.
-Tu ne penses pas que tu mérite d'être aimer, n'est ce pas Harry ?
Sa voix était à peine audible et pourtant elle avait la certitude que le dernier des Potter l'avait entendu. Levant à nouveau les yeux, elle remarqua distraitement que jamais le jeune sorcier ne lui avait paru aussi tendu.
-Tu le fais exprès n'est ce pas ? insista la sorcière. Tu repousses systématiquement tout le monde autour de toi afin d'être certain de ne leur donner aucune chance de devenir proche de toi. C'est pour ça que tu fais exprès d'ignorer ceux qui te vous de l'affection ou de l'admiration et que tu te comportes aussi froidement avec tout le monde. C'est pour ça que tu as fait exprès de me laisser savoir que tu lisais mes pensées, au lieu de faire en sorte que je ne m'en aperçoive pas. Tu aurais pu obtenir le même résultat ce soir sans rien me révéler et pourtant tu as fait en sorte que je te déteste sciemment. Tu pousses les autres à te rejeter parce qu'au fond de toi, tu te juges indigne de leur affection, assena Stéphanie avec choc.
Avant qu'elle ne puisse pousser plus loin son analyse, elle s'interrompit d'elle même en croisant à nouveau le regard émeraude de Harry. Il était désormais totalement dénué d'émotion et paraissait à peine humain tant il était vide.
-Archimède a dit que tu avais un message à me transmettre de la part de Rémus ? demanda finalement le mage d'une voix impersonnelle, qui ne laissait filtrer aucun sentiment et qui pourtant le trahissait complètement.
A cet instant précis, Stéphanie Zabini se demanda brièvement quel genre de passé avait pu pousser Harry à devenir ainsi et la jeune fille ne pu s'empêcher de ressentir de la pitié pour lui en comprenant qu'à l'âge de 14 ans, Harry Potter avait déjà renoncé à l'idée d'être heureux et d'être aimé.
-Euh... il... il m'a dit que quelqu'un voulait te voir et t'attendait en bas. Oh Merlin, j'aurais sûrement dû le dire plus tôt, s'exclama-t-elle brusquement en réalisant qu'il parlait déjà depuis un bon quart d'heure.
Harry se contenta de hocher la tête. Cependant lorsqu'elle croisa à nouveau son regard et y vit une légère lueur d'amusement, Stéphanie ne pu s'empêcher de se sentir heureuse.
Harry l'avait très bien dit lui même, on aime les gens tout entier avec leurs défauts et leur mauvais cotés. Et en dépit de tous ses efforts pour la repousser, en dépit de ce qu'il venait de faire, Stéphanie comprit qu'elle ne pourrait jamais lui en vouloir vraiment. Parce que d'une manière incompréhensible, Harry Potter avais agit ainsi car il pensait vraiment lui rendre un service à elle et à Archimède. Ce qui prouvait sans l'ombre d'un doute que sans même qu'il le sache, l'attitude détestable de Harry avait été motivé ce soir par l'amour qu'il leur vouait.
-En général, mes show sont payants, alors à moins que tu ais beaucoup de gallions a dépenser, je te suggère fortement de sortir de ma chambre pendant que je m'habille convenablement, dit-il.
Puis il commença à retirer son T-shirt moulant, et la jeune sorcière, à nouveau rouge comme une pivoine, fonça en direction la sortie sans demander son reste.
Merlin soit béni pour l'éducation ridiculement pudique que recevaient les sorciers de sang pur, songea Harry en secouant lentement la tête sous l'effet de l'amusement. Peu importe ce que Stéphanie pouvait bien raconter, elle était tout aussi insupportable qu'Archimède dans son style si particulier et ces deux raseurs étaient faits l'un pour l'autre.
Enfilant finalement un jean élégant de couleur noire et boutonnant une chemise verte au reflet doré en soie d'Acromantula, Harry s'aspergea légèrement d'eau de Cologne et descendit finalement l'escalier d'un pas tranquille.
De toute façon, si son visiteur était bien qui il soupçonnait et s'il avait eu la patience d'attendre jusque là, quelques secondes de plus ou de moins ne feraient pas grande différence, songea le jeune mage. Il utilisa ensuite son occlumancie à plein pouvoir afin d'enfouir dans un coin de sa tête les sentiments mitigés et les sombres souvenirs que les justes paroles de Stéphanie avaient éveillés.
Pénétrant finalement dans la salle principale de l'auberge que Rémus avait transformée en restaurant depuis que son établissement s'était énormément agrandi, Harry repéra immédiatement Stéphanie. Celle-ci jouait distraitement avec sa nourriture dans un coin de la salle visiblement plongée profondément dans ses pensées.
Le Lunard était devenu un lieu à la mode où les sorciers de tout rang venaient s'encanailler gaiement au milieu d'une population d'hybrides de plus en plus massive. Scannant l'immense salle à la recherche du gobelin qu'il était censé rencontrer ce soir, Harry se retrouva incapable de le trouver au milieu de la cohue. Il appela le bras droit de son oncle à l' instant où ce dernier passa à sa portée.
-Magellan, ramène tes petites lunes par ici, ordonna Harry d'un ton sans réplique en direction du centaure, qui soupira profondément avant de s'approcher de l'adolescent tyrannique.
-Bonsoir Harry, Uranus est très brillante ce...
-Mais oui, on lui dira, le coupa immédiatement Harry. Sort-toi deux secondes la tête de ton univers imaginaire et dis-moi où est le vieux crouton.
-Rémus est au fond de la salle près de la cheminée ouest. Il voulait te voir. Les étoiles annonçaient depuis longtemps...
-Qu'il est incontestablement l'heure de te remettre au travail, alors va donc servir les clients et essaies de ne pas trop rêvasser en pensant au mont de Vénus, lança distraitement Harry.
Il s'éloignait déjà en ricanant à sa propre blague, sans tenir compte de l'air offensé du centaure qui maudit à mi voix le sale gosse dans un langage particulièrement cru, avant de reprendre son travail avec une beaucoup moins bonne humeur que précédemment.
S'avançant vers l'endroit indiqué, Harry se sentit brusquement de plus en plus surpris. La zone en question était totalement dépourvue de gobelin. Si Gorgetranchante, n'était pas encore arrivé, qui donc pouvait vouloir le rencontrer ? Il n'avait aucun autre rendez vous ce soir.
-Harry, par ici ! entendit-il soudainement alors que Rémus se levait en lui faisant de grands signes de la main.
Puis il se rassit pour discuter avec le vieil homme à l'air jovial qui était attablé avec lui. S'approchant rapidement des deux hommes, Harry remarqua avec curiosité que l'inconnu portait un élégant costume noir tandis que sa cravate assortit était ornée d'une croix de ruban rouge.
-Qu'est ce qui se passe Rémus ? demanda Harry en s'approchant tranquillement des deux hommes.
- Veinard, ce monsieur voulait vraiment te rencontrer, dit Rémus avec un étrange sourire plaqué sur le visage, pendant qu'un des sourcils de Harry tressautait en entendant le surnom honni. Harry, Laisse-moi te présenter Thomas Redbridge, le sélectionneur et entraineur de l'équipe de Quidditch d'Angleterre, s'exclama le lycan en tentant vainement de camoufler son enthousiasme.
Cachant facilement son choc à l'aide de son occlumancie de très haut niveau, Harry détailla un long moment l'homme du regard, avant de répondre à son gardien.
-Et que me veux monsieur Redbridge exactement Touf-Touf ? interrogea tranquillement Harry.
Le sourire chaleureux de l'homme ne vacilla pas un instant, au contraire. Il sembla apprécier immédiatement l'attitude calme et composée de l'adolescent. Il se leva en tendant la main et en serrant amicalement celle de Harry alors qu'il commençait ses explications.
-Vous n'en avez surement pas conscience monsieur Potter, mais je vous observe depuis un long moment, commença l'homme d'une voix agréable. Commençons par le commencement, si vous voulez bien, continua Redbridge avec un sourire. L'année dernière, j'ai envoyé certains de mes hommes regarder différents matchs à travers l'Angleterre et l'un d'entre eux a jugé utile d'aller voir ce qu'il en était des jeunes joueurs de Poudlard. Laisser moi vous dire que son rapport a été des plus enthousiastes. C'est pourquoi j'ai pris sur moi de regarder quelques uns de vos matches dans une pensine et je suis arrivé à la conclusion très simple que votre potentiel est immense. C'est la raison pour laquelle je suis venu vous voir ce soir, monsieur Potter. J'ai une importante proposition à vous faire, lança gaiement Tomas Redbridge alors que son sourire s'élargissait démesurément.
Harry se contenta d'incliner légèrement sa tête sur le coté enjoignant silencieusement l'homme à continuer. Troublé par le manque de réaction, le coach d'Angleterre se ressaisit rapidement et continua.
-Hum… Je vois que vous êtes un homme de peu de mots, alors allons tout de suite à l'essentiel, repris le sélectionneur en se raclant la gorge. Pour faire court, un de nos poursuiveurs vient de se blesser de manière permanente au bras gauche, ce qui a mis fin prématurément à sa carrière et...
-Lequel ? l'interrompit Harry complètement incrédule.
-Robert Bladen, répondit tristement l'entraineur en grimaçant pendant que Harry écarquillait les yeux. Tout cela état incroyable. Le meilleur poursuiveur d'Angleterre, le Titan de Canterburry comme le surnommaient les spectateurs à cause de sa puissance phénoménale, venait de mettre fin à sa carrière à cause d'une stupide blessure au bras.
-Pourquoi est-ce que je n'étais pas au courant ? demanda Harry toujours choqué. Je suis l'actualité nationale et internationale du Quidditch et je suis certain qu'une telle information ne serait pas passé inaperçue.
-Hum... Et bien en fait, nous avons pris la décision de garder les choses secrètes. Pas la peine d'inquiéter nos supporters inutilement en leur disant que nous n'avons plus que deux poursuiveurs dans l'équipe à seulement quelques mois des qualifications pour la coupe du monde, n'est ce pas ? marmonna Redbridge. Enfin bref, nous ferons une conférence de presse pour annoncer sa blessure en même temps que son remplacement, ajouta tranquillement le coach en se remettant à sourire comme un maniaque.
Harry n'était pas l'étudiant le plus intelligent de sa génération pour rien. Il savait notamment parfaitement que en dépit de toute logique aucune équipes d'Angleterre ne possédaient de remplaçant, puisque cela était tout simplement mal vu attendu des traditions en vigueur dans ce sport... Et il n'y avait donc qu'une seule raison logique pour que le coach d'Angleterre vienne le voir et lui annonce personnellement en avant première que l'équipe nationale avait besoin d'un nouveau poursuiveur.
-La raison de votre présence ici me semble évidente, mais je voudrais tout de même savoir ; pourquoi moi ? Vous pouvez sûrement trouver quelqu'un de meilleur dans la ligue nationale ? demanda Harry en regardant l'homme avec suspicion.
Cette fois, l'entraineur explosa littéralement de rire, à la plus grande confusion de Harry et Rémus qui se regardèrent un instant en se demandant silencieusement si l'homme avait perdu la boule à cause du stress.
-Mon garçon, vous vous sous estimez grandement. J'ai regardé tous les souvenirs de mes rabatteurs sur pensine. J'ai moi même regardé plusieurs de vos match et je dois dire que j'ai été plus qu'impressionné. Vos passes sont les plus précises que j'ai jamais vu, votre sens tactique est exceptionnel, votre technique est si parfaite que le souaffle semble obéir à votre volonté… Et encore, je ne parle même pas de votre talent sur un balai. C'est comme si vous étiez né dessus. Vous paraissez plus naturel dans le ciel que les oiseaux, commença à déclamer l'homme avec une vénération palpable.
Harry de plus en plus inconfortable, jeta de discrets coups d'œil en direction de Rémus qui paraissait proche de l'implosion tant il était fier.
-Même ainsi, il reste des joueurs meilleurs que moi parmi les poursuiveurs de la ligne professionnelle, coupa Harry avec réalisme.
-Oui, mais aucun qui ai votre incroyable potentiel, rétorqua Tomas Redbridge instantanément. Avec le bon entrainement et en tenant compte de votre marge de progression, vous serez certainement notre meilleur atout dans deux ans si nous nous qualifions pour la coupe du monde. Cependant cela implique que je vous recrute maintenant afin de pouvoir vous former suffisamment longtemps en vous habituant au haut niveau.
-Supposons que vous ayez raison, et que j'ai ma place dans l'équipe. Vous comprenez bien que je suis encore étudiant à Poudlard ? demanda Harry. Ce qui ne sembla pas perturber l'homme le moins du monde.
-C'est un simple détail mon ami. Vous n'êtes pas le premier étudiant à représenter votre pays dans une compétition internationale et vous ne serez surement pas le dernier, s'exclama joyeusement le bonhomme de sa voix joviale. Les entrainements ont lieu le soir et les week-ends, et il ne sera pas difficile de faire en sorte d'adapter votre emploi du temps, avec la permission de votre proviseur. Malheureusement, vous devrez tout de même quitter l'équipe de votre maison. Nos assurances refuseront sans aucun doute que vous preniez le risque de vous blesser au cours d'un match amical, dit-il avec remord et une gêne palpable. En tous cas, si ce que monsieur Flitwick nous a dit concernant vos résultats est à moitié vrai, les choses ne devraient poser aucun problème en ce qui concerne vos leçons.
-Vous avez parlé de cela avec le professeur Flitwick ? demanda Harry avec surprise en ce demandant ce que son mentor pouvait en penser. Je suppose qu'il n'a pas beaucoup apprécié l'idée que je doive quitter l'équipe de Serdaigle, si par hasard je venais à accepter votre proposition.
-Ah mais au contraire, il était extrêmement fier qu'un de ses aigles ait l'occasion de représenter l'Angleterre et apporte tant de prestige sur sa maison. Il a même ajouté une étrange remarque à propos de l'intérêt que représentait la célébrité dans notre monde, et comment cette dernière pourrait vous permettre de réaliser de grandes choses. Il a certainement été un peu déçu en apprenant que vous ne pourriez plus jouer pour votre maison, mais ses propos ont été, si je m'en souviens correctement : '' je préfère amplement voir un brillant jeune homme réussir à accomplir sa destiné plutôt que d'avoir un vielle coupe à astiquer dans mon bureau'', conclut Redbridge avec un sourire.
Harry resta silencieux en s'amusant intérieurement du message sans équivoque que son mentor lui avait transmis, pendant que Rémus le regardait avec un air de chien battu, parfaitement. Il était conscient que son jeune protégé était assez fou pour refuser une offre pareille pour des raisons incompréhensibles pour le commun des mortels.
Au troisième gémissement plaintif du lycanthrope, Harry craqua.
-Si je devais accepter votre offre, qu'est ce que ça me rapporterait ? demanda brusquement Harry en frottant lentement son pouce contre son index et son majeur, dans un geste qui signifiait sans l'ombre d'un doute : pognon !
Tomas Redbridge sourit et Rémus tomba tout simplement de sa chaise en s'étouffant alors qu'il venait d'avaler de travers sa propre salive. Ce foutu mioche venait de recevoir un honneur pour lequel d'autres auraient tué. Il avait une chance de représenter son pays dans le monde et de hisser le nom des Potter dans la gloire, et tout ce que ce fichu garnement trouvait à faire, c'est demander combien il allait gagner d'argent !
-Monsieur Potter, je suis le coach de l'équipe d'Angleterre depuis de nombreuses années et je dois dire que depuis tout ce temps, vous êtes seulement la deuxième personne à réagir ainsi. L'autre, si ma mémoire est bonne, n'était autre que votre père, répondit Redbridge au plus grand choc de Harry... et Rémus, qui recommença à s'étouffer.
-Mais... Mais James n'a jamais joué pour l'Angleterre. Et il n'a jamais dit qu'il avait été approché dans ce sens, bégaya Rémus lorsqu'il parvint à reprendre son souffle.
-J'imagine qu'il a préféré garder les choses secrètes, murmura sombrement le coach. Il était terriblement tenté d'accepter au départ. Cependant, les temps étaient différents, et comme vous le savez, la vie à l'époque n'était pas rose monsieur Lupin. Si je me souviens bien, James venait de démissionner de son poste de Brise-sort afin de devenir Auror et de participer à l'effort de guerre lorsque je l'ai approché, murmura l'homme. J'ai tenté de le convaincre en vain, mais voyez vous monsieur Potter, votre père était un homme courageux, un homme de principe. Il m'a dit avec regret que sa vie et son devoir résidait avec les combattants de la liberté. Et deux jours plus tard, il s'engageait dans les forces d'assaut pour défendre son pays contre celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer le nom, expliqua le coach avec un triste sourire.
Le silence pesant qui s'en suivit fut l'un des plus difficiles de toute la vie de Rémus Lupin. Le loup-garou luttait de toutes ses forces contre les larmes que de tels souvenirs avaient apportées. Finalement, Redbridge décida de briser la sombre mélancolie.
-Heureusement pour moi, il n'y a plus de guerre à présent monsieur Potter. L'équipe d'Angleterre serait ravi de pouvoir vous compter parmi elle. Votre salaire dépendrait bien sur de vos performances, mais vous partiriez avec un fixe de 40 000 gallions par mois avec des bonus de l'ordre de 5000 gallions par but, 2500 gallions par passe décisive, 1000 gallions par interception et 50 000 gallions de plus pour chaque victoire en championnat. Que voulez vous, le Quidditch est de plus en plus populaire, et les publicitaires affluent, expliqua l'homme avec bonne humeur en voyant l'air ahuri qu'affichait Rémus à l'évocation des sommes astronomiques. En outre, les nouveaux sorts repousses moldus permettent de remplir facilement les stades, ce qui a considérablement augmenté nos rentrées d'argent je dois dire et...
-J'accepte, le coupa Harry sans attendre !
Toucher autant d'argent pour jouer à son sport favori tout en bénéficiant d'un emploi du temps adapté à l'école qui lui permettrait probablement de mieux se concentrer sur ses propres études indépendantes, tout en bénéficiant d'un statut de star qui renforcerait sa position face au ministère... C'était comme de donner une bonbonnière à un enfant !
Rémus tomba une nouvelle fois de sa chaise. D'abord parce que les sommes astronomiques avaient tendance à lui faire cet effet là, ensuite parce que envers et contre tout, son fils adoptif venait de devenir un joueur de Quidditch de niveau internationale, et enfin parce que le foutu gamin ne prenait même plus la peine de cacher son vil intérêt pour l'argent.
-Merveilleux ! s'écria Redbridge avec bonne humeur. Voici ma Carte. À présent, sachez que cette rencontre n'était pas officielle. Vous devrez passer à mon bureau pour signer tous les papiers nécessaires et ensuite nous devrons organiser une conférence de presse. Mais ne vous inquiétez pas, je m'occuperais de tout. Tout ce que vous aurez à faire, c'est jouer pour l'équipe. Ma secrétaire vous informera de tout par chouette postale. Passez une bonne soirée, conclut l'homme avant de sortir de la boutique en sautillant.
Visiblement le petit bonhomme était vraiment ravi que Harry ait accepté son offre. Regardant un instant la Carte assez simple sur laquelle un petit vif d'or semblait se balader, Harry rangea le bout de carton et regarda Rémus qui venait de se rassoir et semblait s'être fait renverser par un Ronflak cornu.
-Même si tu ne joues que la prochaine coupe du monde... ca te rapportera déjà assez pour que tu n'ais plu besoin de travailler pour le reste de ta vie, murmura le lycan encore sous le choc. Sans parler de cette histoire de Poker. Je crois que j'ai besoin d'un verre, admit le pauvre Rémus à mi voix avant de se diriger vers le bars.
-En supposant que je ne dépense pas toute ma fortune en drogue et en femme, murmura Harry d'un ton mauvais lorsque Rémus fut hors de portée.
Le pauvre lycanthrope aurait certainement fait une crise cardiaque dans le cas contraire. La clochette de la porte d'entrée retentit et arracha le dernier des Potter à sa rêverie. Un gobelin dont le visage était caché par une cape à col montant, venait de pénétrer dans le Lupanar, et Harry sourit en réalisant qu'il s'agissait de son "bon ami Lancedor". Oui, ce même Lancedor qu'il avait plumé quelques semaines plus tôt pendant le tournoi de Gringotts.
Le banquier s'arrêta au beau milieu de la pièce et commença à regarder à droite et à gauche en tentant vainement de passer inaperçu. Les gobelins, bien qu'ils soient des créatures subtiles, n'avaient visiblement aucun talent pour l'espionnage ou la discrétion.
Souriant méchamment, Harry se rapprocha du banquier et lui fit signe de l'accompagner à une table tranquille lorsque le gobelin l'aperçut.
L'adolescent et le banquier s'assirent donc face à face dans de confortable fauteuil près d'une petite cheminée secondaire de style cimmérienne et Harry regarda le petit paquet que tenait le gobelin avec avidité.
-Je suppose que vous avez amené ce que j'ai demandé et gagné au cours de notre pari ? demanda le jeune mage d'une voix froide sans quitter des yeux l'enjeu de son pari.
-Oui, gronda le Gobelin en jetant le paquet avec mauvaise grâce en direction de Harry qui l'attrapa au vol. Je ne sais pas comment vous avez su que cet objet était en ma possession, mais de toute façon, je ne vois pas ce que vous pourrez en faire. Vous serez incapable de le lire, siffla le banquier avec malice.
-Je vous assure que je serais tout à fait capable de le lire au contraire. Je parle fourchelangue après tout. À présent dégagez, répondit Harry d'un ton peu concerné.
Il ouvrit le petit paquet et en vérifia le contenu sans tenir compte du choc du gobelin qui ouvrit et ferma la bouche sans émettre le moindre son. Puis il se leva et partit.
A l'intérieur du paquet se trouvait un petit livre, dont la couverture de cuir noir paraissait considérablement défraichie. L'ouvrage en lui même n'était pas très épais et une mince attache de cuir, liée à la couverture par une boucle d'argent, le maintenait fermé. Levant le petit livre, Harry regarda avec révérence le petit serpent d'argent et d'émeraude qui ornait la couverture du mince journal et surplombait une simple phrase.
Si quelqu'un d'autre que Harry avait tenté de lire l'inscription, ils n'auraient qu'une simple marque incompréhensible. Mais Harry était un fourchelangue et il pu donc simplement déchiffrer l'inscription aérienne qui indiquait : Journal intime de Salazar Serpentard.
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Voilà le chapitre (En fait les deux chapitres que j'ai juxtaposé...) est terminé. J'espère qu'il vous à plus ! Le suivant nous ramènera à Poudlard pour une nouvelle année riche en rebondissement, je vous le garantit.
Je n'ai malheureusement pas eu le temps de préparer une réponse aux reviews, mais je peux vous promettre que je les ai toute lu. Pas non plus de note de l'auteur par contre le prochain chapitre (qui sortira dans deux semaines) en contiendra une, donc n'hésiter pas a laisser vos commentaires ou questions...
Au cas ou vous ne l'auriez pas compris ceci est un appel aux reviews (niark), car pour être sincère je suis curieux de voir qui suit encore on histoire après cette longue absence, à vrai dire.
En tout cas, merci de votre soutient, et à dans deux semaines.
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Ps : Le chapitre était très mal écrit au départ et il reste donc pas mal de fauts après le Beta- Reading, si quelqu'un veut bien se dévouer pour le relire une nouvelle fois et m'envoyer une version plus propre, je lui serai très reconnaissant, merci !
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Thirael
