Chose promise, chose due.
Voilà que cette histoire trouve enfin sa fin. Je l'ai relue entièrement avec nostalgie pour pouvoir me mettre à la rédaction de ce (très très long) dernier chapitre, et je vous avoue que j'ai été gagnée par la nostalgie.
J'ai commencé cette histoire en 2015, il y a donc un peu de plus de 3 ans. Ma vie a totalement changé depuis, et c'est avec un réel bonheur que je mets enfin le mot "fin" à cette merveilleuse romance.
Je vous souhaite une bonne année, avec un peu d'avance, et j'espère que ce dernier chapitre sera à la hauteur de vos attentes. (même si elle tient un peu du blasphème à la fin... Sachez que c'était prévu depuis le début, ce n'était pas une lubie soudaine de ma part, c'était le prolongement évident de toute cette histoire, ne m'en voulez pas ;) )
Je n'écrirai pas de nouvelles fanfictions, je préfère me concentrer à 100 % sur mes projets originaux
si cela vous intéresse, je vous rappelle que mon premier roman, une dystopie d'anticipation, "Arcandria" est disponible sur toutes les plateformes de ventes.
Merci d'avoir suivi cette histoire. Désolée d'avoir été aussi instable. J'espère que vous me pardonnerez de toute cette attente. :)
Et je vous dis à Bientôt pour ceux qui voudront continuer de suivre mes histoires. (fb : Delphine Journaud, twitter perso et pro : BadTeacher2018 )
Chapitre 20 : chamboulement
Puis son front se pose contre le mien et elle ferme les yeux.
- Je me sens tellement mieux, murmure-t-elle.
Son haleine sucrée m'enivre et je ne pense qu'à l'embrasser à nouveau. Ses paupières se relève sur l'océan de ses iris.
- J'aurais dû te choisir depuis le début.
Je suis sur un nuage. J'oublie les regards posés sur nous. Je sais que certains nous méprisent déjà, que l'on en répugne probablement d'autres. Pourtant je ne m'étais pas sentie aussi bien depuis longtemps. Sa main sur ma taille semble avoir trouvé sa place, tout est à sa place.
Lorsque les notes ralentissent, marquant la fin de la musique, je retombe brutalement sur terre. Je réalise tout ce que Pansy vient de perdre, tout ce qu'elle va devoir affronter pour moi. Je regarde autour de moi et aperçois ses camarades de Serpentard. Malefoy la regarde avec un regard haineux, ses lèvres tremblent de dégoût. Le visage de Daphnée est déformé par la colère tandis que ses yeux brillent de larmes. Seuls Blaise et Théodore semblent peu surpris.
- Comment va-t-on faire maintenant ?
- Je n'ai pas peur d'eux.
- Ta famille va l'apprendre.
Elle hausse les épaules.
- Je ne serai pas la première à tout perdre à cause de ce en quoi je crois.
- Pas tout.
Elle me sourit tristement en replaçant une de mes mèches derrière mon oreille.
- En effet.
Je n'ose pas bouger. Si nous restons ici, Malefoy ne pourra pas nous attaquer ouvertement, mais je sens l'atmosphère ambiante m'oppresser. Je vois toutes ces lèvres remuer et ces regards qui ne nous quittent pas.
- Viens.
Pansy attrape ma main doucement et m'entraîne avec elle jusqu'au hall. Je vois du coin de l'œil Malefoy et sa clique nous suivre de loin. L'affrontement ne peut être évité. Mieux vaut maintenant que plus tard, quand Pansy devra rentrer seule dans son dortoir.
Nous passons la porte et je serre sa main dans la mienne.
- Je serai là pour toi, dis-je. Coûte que coûte.
Elle lâche un soupir préoccupé.
- Ne prends aucun risque, je ne fais pas tout ça pour que ça te retombe dessus.
- Tu crois que je n'ai pas l'habitude de morfler avec Malefoy ? Je suis immunisée je crois.
Elle me sourit avant de reprendre un air sérieux.
- S'il lui vient à l'esprit de t'insulter encore une fois, je lui fais cracher des limaces.
La grande porte s'ouvre et Malefoy, Crabbe, Goyle, Nott, Zabini et Daphnée apparaissent. À mon grand soulagement, derrière eux, Harry, Ron, Ginny, Michael et Neville sont là également. Je lâche la main de Pansy au cas où il faille réagir rapidement.
- Sale traitresse ! lance Malefoy à Pansy tandis que nos amis nous rejoignent.
- Traitresse ? à quoi ? à toi ? demande-t-elle en gardant la tête haute, sereine.
- Tu n'es qu'une sale traitresse à ton sang.
- Tes propos racistes n'ont aucune valeur pour moi, Draco.
- Tu ne mérites pas d'être une serpentard, tu devrais quitter l'école ! s'exclame Daphnée avec véhémence.
Pansy la dévisage, hausse un sourcil avec calme et sourit en coin.
- Allons, Daphnée, je vais te manquer après ses deux années à coucher ensemble.
Tous les regards se tournent vers la jolie blonde aux yeux rougis.
- Tu mens !
- Alors pourquoi est-ce que tu pleures depuis que je t'ai larguée y a une heure ?
Malefoy esquisse un mouvement de recul et regarde à présent Daphnée avec dégoût.
- C'est quoi cette histoire ?
- Elle ment ! Tu ne vas pas la croire ! Regarde-là, elle est du côté de cette sale sang de bourbe !
Les poings de Pansy se serrent.
- Draco, tu sais très bien au fond de toi que je ne mens pas. Daphnée ne te lèche les bottes que par intérêt.
Le concerné s'approche brutalement de Pansy et sort sa baguette qu'il pointe sur son visage. Tout le monde réagit en sortant sa propre baguette. Notre clan le pointe sur Malefoy tandis que les Serpentards nous visent dans l'ensemble.
- Tu mériterais que je te lance le sortilège Doloris. Tu ferais moins la maligne.
- Arrête de faire ton malin Malefoy, se moque Ron, t'as pas de qu'il faut.
- Un seul mot sort de ta bouche et tu te prends cinq sortilèges en même temps, ça risque de piquer, le prévient Harry.
- Tu ne seras pas toujours accompagnée de tes nouveaux amis, Traitresse.
Sous la menace sous-jacente, je fais un pas et pique la pointe de ma baguette contre la gorge de Malefoy. Daphnée réagit immédiatement :
- Stupefix !
- Protego ! lance Pansy en nous englobant.
La tension monte, le moindre geste risque de déclencher une tempête de sortilèges. Soudain la grande porte s'ouvre et le professeur McGonagall apparait, suivie de près par le professeur Rogue.
- Qu'est-ce que c'est que ce raffut ?
En nous apercevant tous, baguette brandie, elle s'offusque et ouvre grand les yeux.
- Mais où vous croyez-vous ?! J'enlève à chacun dix points et vous aurez tous une retenue ! Maintenant, retournez dans vos dortoirs, la soirée est finie pour chacun d'entre vous. Mr Corner, je ne vais pas déranger le professeur Flitwick, mais vous avez intérêt à rentrer immédiatement. Professeur Rogue, je compte sur vous pour raccompagner vos élèves à leur salle commune.
Ce dernier regarde ses élèves avec une colère sous-jacente.
- Par ici, dit-il avec amertume.
Nous rangeons tous nos baguettes mais la tension est toujours palpable. Le professeur Mc Gonagall nous fait signe de la suivre mais je n'ose pas laisser Pansy avec eux, j'ai peur de ce qu'ils pourraient lui faire.
- Tout ira bien, murmure-t-elle à mon intention.
Puis je la vois suivre ses camarades et disparaître.
- Dépêchez-vous, nous ordonne alors notre directrice.
En silence, nous la suivons jusqu'à la salle commune de Gryffondor.
- Vous effectuerez votre retenue dès demain ! dit-elle d'un air sévère. Venez me voir à 8h tapantes dans mon bureau. Je ne sais pas comment vous est venue l'idée de lancer des sorts au pire moment possible, mais je ne suis vraiment pas fière de vous !
Lorsque le portrait de la grosse dame se referme, je reste immobile. Mes amis s'installent sur les canapés qui entourent la cheminée, chassant deux premières années occupés à trier leurs cartes magiques.
- Désolée d'avoir gâché la soirée, finis-je par dire.
Ron hausse les épaules.
- Ce n'était pas franchement la soirée de mes rêves.
- Ne t'inquiète pas pour ça, renchérit Ginny.
Ce n'est en effet pas ce qui m'inquiète le plus. J'imagine Pansy à la merci de ses camarades, toute seule contre cinq, qu'est-ce qu'elle pourrait bien faire ?
- Leurs dortoirs fonctionnent probablement comme les nôtres. Il n'y aura que Daphnée pour lui tenir tête si elle s'y réfugie.
- Et Millicent Bulstrode, celle-là, elle fait peur, ajoute Ron, horrifié.
Ginny lui donne un coup de coude.
- Pansy ne se laissera pas faire, tente de me rassurer Harry.
- Il faut que j'y aille.
- Hermione, on a déjà perdu 50 points et on a tous pris une retenue, me sermonne Neville.
- De toute façon, tu ne pourras pas aller dans leur salle commune et je pense que Rogue va les tenir à l'œil pour le reste de la soirée. Il était exécré quand il a entendu le professeur McGonagall retirer des points à sa maison.
Je soupire, impuissante.
- Je vais me changer.
Je monte jusqu'à mon dortoir, récupère un pyjama en tweed rouge ainsi que des sous-vêtements propres. Je me dirige ensuite vers la salle de bain. Je retire les barrettes dans mes cheveux sans oser me regarder dans le miroir. Puis je me démaquille avant de me glisser sous la douche.
Tout ce temps à lui demander de me choisir sans réaliser ce que ça impliquait… J'ai été bêtement égoïste depuis le début. Je n'avais rien à perdre dans cette relation, moi. C'était facile de lui demander de faire des efforts sans cesse. Mes yeux me brûlent, je retiens les sanglots mais les larmes coulent sans attendre. Je comprends enfin tous les sacrifices qu'elle a choisi de faire pour moi et je me sens ridiculement embarrassée. Je ne le mérite probablement pas.
Je sors de la douche, je me sèche et enfile mon pyjama avant de descendre dans la salle commune. J'ai dû passer une éternité sous la douche car ils se sont déjà tous changés. Ginny est emmitouflée dans un plaid et lit un livre tandis que les garçons boivent une tasse de thé, assis devant la cheminée. Je m'assieds avec eux, les écoutant discuter quidditch sans vraiment y prêter attention, mes pensées sont tournées vers Pansy. Mon cerveau imagine déjà les pires scénarios, même si je ne pense pas que Draco prendrait le risque de réellement la blesser. Ceci dit, la violence psychologique peut-être encore pire que la violence physique.
La boule qui s'est logée dans mon ventre ne cesse de grandir. Lorsque les premiers Gryffondor reviennent de la soirée, il est déjà tard. Lavande et Parvati me regardent avec des yeux ronds et m'offrent un sourire timide avant de rejoindre notre dortoir. J'espère sincèrement que leur comportement à mon égard ne va pas changer, qu'elles ne vont pas se mettre à se cacher quand elles voudront se changer, par exemple. Je ne les ai jamais regardées avant, ça ne va pas changer.
Petit à petit, la salle commune se vide. Les premières années ont rejoint leurs dortoirs depuis bien longtemps, sous l'injonction des préfets. Ron, Harry et Neville ont aussi gagné leur lit. Il ne reste plus que quelques sixièmes années, Ginny et moi. Je me suis recroquevillée sur le canapé, la tête posée contre le dossier. J'attends que les heures passent, que la nuit soit finie et que je puisse rejoindre Pansy.
J'entends Ginny bailler derrière moi. Je sais pertinemment qu'elle reste pour me tenir compagnie alors qu'elle tombe probablement de fatigue. Je me retourne alors.
- Ginny, vas te coucher, il faudra être en forme pour la retenue demain.
Elle pose son livre sur ses genoux et se pince les lèvres.
- Tu devrais aussi aller te coucher.
Je hausse les épaules.
- Je ne pense pas pouvoir dormir vu l'état de stress dans lequel je suis. Mais ce n'est pas une raison pour que d'autres en pâtissent aussi. Alors, je le répète, va dormir, ça ira pour moi.
Elle semble encore hésiter alors je lui offre un faux sourire encourageant et elle finit par s'exécuter. Elle me tend son plaid avant de disparaître dans les escaliers en colimaçon. Je m'enveloppe dans la couverture toute douce et écoute le crépitement des braises dans la cheminée.
On me secoue gentiment. J'ouvre les yeux et voit Ginny penchée vers moi. Qu'est-ce que je fais ici ? Puis, lentement, les souvenirs reviennent. Le bal. Pansy. Notre danse, notre baiser aux yeux de tous. L'affrontement. La séparation. Je me lève précipitamment et me rue dans mon dortoir afin d'enfiler un collant épais, une jupe et un gros pull. Je me brosse les dents rapidement puis attache mes cheveux en queue de cheval pour ne pas avoir à les coiffer. Je jette un coup d'œil à mon réveil : il est 7h00.
Je retrouve Ginny dans la salle commune.
- Merci de m'avoir réveillée. Je vais voir si je trouve Pansy.
- Tu devrais peut-être prendre ton petit déjeuner avant ? Le professeur McGonagall nous attend pour 8h00.
- Quand je l'aurais trouvé je passerai prendre une tartine avant de vous rejoindre, promis.
Je sors de la salle commune. Tout d'abord, j'envisage de me rendre dans la grande salle, Pansy est peut-être en train de petit déjeuner. Mais si elle m'attend quelque part, je sais déjà où c'est. Je cours presque dans les couloirs jusqu'aux escaliers qui mène à la volière. J'entends alors sa voix dans une toute nouvelle mélodie.
Encore,
Je donnerai tout pour revivre ça,
Du crépuscule à l'aurore,
Encore,
Tu ne peux voir qu'ici-bas,
Tout ce que tu touches se transforme en or
Encore
Un signe, un regard, un espoir
Chaque partie de moi
Ne fait que penser à toi
Trust
Je croirai tous tes mensonges
S'ils sont la promesse de te donner encore
Love
Quand tes mains se posent sur mon corps
Je deviens aveugle à tous tes défauts
Faith
À tes mots je m'accroche désespérément
Ta parole est sacrée, tes yeux sont damnés
Encore,
Je donnerai tout pour revivre ça,
Du crépuscule à l'aurore,
Encore,
Tu ne peux voir qu'ici-bas,
Tout ce que tu touches se transforme en or
Encore
Un signe, un regard, un espoir
Chaque partie de moi
Ne fait que penser à toi
Je cours presque en montant les marches. Pansy s'arrête brusquement de chanter et se tourne vers moi. Ses yeux sont cernés, son teint particulièrement pâle. Elle a l'air d'avoir passé une sale nuit. Cependant lorsqu'elle me voit, elle me sourit de toutes ses dents et ouvre grand ses bras. Je me jette presque contre elle, ses bras m'enserrent avec force et précaution à la fois. Le visage enfoui dans sa nuque, je sens les larmes me monter à nouveau aux yeux.
- Je suis désolée, je n'aurais jamais dû te forcer la main.
Elle desserre son étreinte et s'éloigne pour me regarder dans les yeux.
- Je ne regrette rien, affirme-t-elle.
- Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ?
- Rien.
- Tu mens.
Elle secoue la tête avec beaucoup trop de conviction.
- Ils ne m'ont rien fait, répète-t-elle.
- D'accord, alors qu'est-ce qu'ils ont dit ?
Elle s'écarte de moi avec un soupir et me tourne le dos.
- Laisse-moi gérer ça, Hermione.
Je m'accroche à elle, collant ma poitrine à son dos.
- Fini les mensonges, Pansy. Tu dois me le dire, sinon je m'imagine les pires choses et je ne pourrais pas vivre comme ça
Sentant qu'elle essaie de se retourner, je desserre mes bras autour d'elle. Elle attrape mon menton et dépose un baiser léger sur mes lèvres.
- D'accord. Blaise et Théodore ont pris ma défense mais ça n'a pas suffi. Le pouvoir et surtout l'argent du père de Draco lui confèrent la plus grosse influence chez nous. Il a décidé que je ne méritais plus d'être une serpentard, je n'ai plus le droit de rester dans la salle commune, je n'ai le droit d'aller que dans mon dortoir. Mais avec Daphnée dans le lit voisin du mien, tu imagines bien que ce n'est pas le rêve.
- Tu ne peux pas le laisser faire ! Va raconter à Rogue ce qu'ils te font subir.
- Qu'est-ce que tu penses que Rogue fera ? Désolée de te l'apprendre mais il ne t'a pas forcément à la bonne non plus, il doit me voir comme une traitresse, lui aussi. En plus à cause de moi, sa maison a perdu soixante-dix points. Il n'est pas près de l'oublier.
Je me sens impuissante.
- Alors allons voir le professeur Dumbledore !
- Hermione, je t'aime, mais là j'ai besoin de ça de cette histoire moi-même.
J'allais répliquer quand le rose me monte aux joues.
- C'est vrai ?
- Quoi donc ? demande-t-elle, taquine.
- Que tu m'aimes.
Elle sourit et tous nos soucis semblent disparaître.
- Hermione Jean Granger, bien sûr que je t'aime.
À mon tour de sourire.
- Moi aussi je t'aime Pansy.
- Magnifique décor pour cette déclaration d'amour.
J'éclate de rire. Les hiboux hululant, les fientes sur le sol, les plumes qui semblent graviter autour de nous. Et ne parlons pas de l'odeur. En effet, on aurait pu faire mieux. Mais ça ne m'empêche pas de l'embrasser avec force. Je ne me lasserai jamais de goûter à ses lèvres pleines et si délicieuses. Mes mains passent sur sa nuque quand Pansy m'arrête.
- On devrait aller manger un truc avant d'aller faire notre retenue.
J'acquiesce à contrecœur, je n'ai pas particulièrement faim. Nous rejoignons la grande salle main dans la main. Sur notre passage, certains regards se font insistants mais je commence à m'y habituer. Aux côtés de Pansy Parkinson, j'ai l'impression que je pourrai gravir des montagnes.
Dans la grande salle, il n'y a pratiquement que nos compagnons de retenue : quelle idée de se lever si tôt un dimanche, qui plus est le lendemain d'un tel bal. La pièce a déjà retrouvé son apparence habituelle, comme si aucune fête n'avait eu lieu i peine quelques heures. Michael est assis à côté de Ginny. Harry nous fait signe et même si Pansy hésite un instant, elle finit par se joindre à nous. Ron se plaint d'avoir eu à se lever si tôt, tandis que Neville n'ose lever les yeux sur ma petite-amie.
Après avoir mangé un morceau de brioche et bu du jus de citrouille, je suis mes camarades jusqu'au bureau du professeur McGonagall. Les serpentards nous suivent de loin.
Il est à peine 7h58 quand elle ouvre la porte, nous faisant signe d'entrer. A côté de son bureau se trouve Rusard, un seau à la main, un air goguenard sur le visage.
- Bien, j'ai réfléchi toute la nuit à la retenue qui serait la plus appropriée. Comme apparemment vous n'avez pas assez de respect pour l'école et qu'il vous semble normal de nous faire honte dans le cadre de ce tournoi international, je pense qu'il est temps pour vous de redescendre un peu sur terre. C'est pourquoi vous allez vous mettre par deux et nettoyer manuellement les couloirs de l'école. Interdiction d'utiliser la magie, je vous demanderai d'ailleurs de déposer vos baguettes sur mon bureau. Monsieur Rusard va vous donner les seaux et les balais dont vous aurez besoin pour accomplir votre tâche.
J'entends Malefoy taper du pied et Daphnée poussé une exclamation choquée.
- Dépêchez-vous de constituer les duos avant que je ne le fasse à votre place !
Nous obéissons rapidement, bien évidemment, je reste près de Pansy. Je me sens tellement désolée pour mes amis, je ne sais même pas si Ron a déjà touché un balai dans sa vie. Je leur jette des regards peinés mais ils n'ont pas l'air de m'en vouloir, plutôt d'être pressés que cette heure de retenue soit terminée.
- Bien, Mr Malefoy et Mr Crabbe, vous vous occuperez du sous-sol et du 1er étage, Miss Greengrass et Mr Zabini, le 2ème étage, Mr Goyle et Mr Nott, le 3ème étage, Mr Potter et Mr Weasley, le 4ème étage, Mr Londubat, Miss Weasly et Mr Corner, les 5ème et 6ème étages, Miss Granger et Miss Parkinson, cela vous laisse le 7ème étage. Au travail ! Vous avez deux heures !
- Deux heures ? s'insurge Malefoy.
- Quoi donc ? Vous en voudriez une de plus ?
Personne n'ose rajouter quoi que ce soit et nous déposons nos baguettes avant de récupérer le matériel et gravissons tous les escaliers en soupirant.
- Ils ne pouvaient pas installer des ascenseurs franchement ? Qu'est-ce qu'il est lourd ce seau !
Pansy me dévisage avec perplexité.
- Ah, tu ne sais pas ce que c'est bien sûr… c'est une sorte de boîte dans laquelle tu rentres et qui te permet de monter et descendre rapidement entre plusieurs étages sans avoir à fournir aucun effort.
- En effet, ce serait pratique ici ! dit-elle en me souriant.
Puis elle attrape le seau dans ma main pour le porter à ma place. Nous arrivons finalement au septième étage et, essoufflée, je dois commencer par reprendre mon souffle. Pansy, sans doute plus endurante que moi, a déjà commencé à passer un coup de balai.
- Allez, Hermignone, au travail !
- Ca faisait longtemps que tu ne m'avais pas appelée comme ça !
- Tu aimes bien ?
- Pas du tout !
Elle arrête de balayer et s'approche tout près de moi jusqu'à s'arrêter à quelques centimètres de mon visage.
- Tu préfères mon cœur ? mon amour ? mon petit lilas ? demande-t-elle en murmurant.
Son haleine est chocolatée, sans doute un reste du petit-déjeuner, ce qui me donne l'irrésistible envie d'y goûter. Elle tourne les talons. Ses cheveux m'auraient giflée s'ils avaient été plus longs. Puis elle recommence à balayer le sol. Des papillons sont nés dans mon ventre et je n'ai certainement pas envie de passer le balai à cet instant. La chaleur qui circule dans mon corps s'atténue pourtant et je me mets également au travail.
Lorsqu'il semble ne plus y avoir de poussière dans ce couloir-ci, nous attrapons chacune une serpillère pour nettoyer le sol. En voulant essorer la sienne, Pansy m'a aspergée d'eau.
- Hey !
Elle pouffe de rire et s'excuse. Je sens l'eau couler sur mon visage et dans mon cou.
- Aaaah, c'est ignoble ! dis-je en fermant les yeux.
Pansy retire immédiatement son pull pour m'essuyer le visage et le cou.
- Tu devrais retirer le tien aussi, il est trempé.
Je rouvre les yeux et constate qu'elle a raison.
- Je ne peux pas, je n'ai rien mis en dessous !
Un sourire en coin né sur les lèvres de Pansy.
- Comme c'est dommage !
Je sens déjà le tissu mouillé se coller désagréablement à ma peau, la fraîcheur de celui-ci me donne des frissons.
- Et dire qu'un petit coup de baguette magique aurait suffi à sécher tout ça, c'est vraiment trop bête, lance Pansy sans se départir de son sourire.
- Oui, vraiment trop bête.
- Tu es sûre de ne pas vouloir retirer ce pull ? Tu risques d'attraper froid.
- Si je l'enlève aussi, je risque d'attraper froid.
- Oh… je veux bien me dévouer pour te réchauffer.
- Merci, c'est bien trop aimable.
Pansy ne sourit plus, ses yeux n'ont plus rien d'amusé. Les miens non plus d'ailleurs.
- Tu imagines si quelqu'un passe par là et me voit en soutien-gorge ?
- Si ce n'est que ça, je peux t'habiller avec mon corps sans problème.
- Ca sera un peu difficile de faire le ménage ainsi, tu ne crois pas ?
- Ne me tente pas, je suis prête à relever tous les défis.
J'attrape les bords de mon pull et le fais passer par-dessus ma tête. La mâchoire de Pansy semble se décrocher et je réalise que j'ai totalement oublié de mettre un soutien-gorge ce matin. Elle me pousse alors contre le mur, collant son corps au mien. Sa chemise est douce contre ma peau. Ses mains se posent sur mes hanches.
- Depuis quand Hermione Granger prend des risques ? Tu imagines ce qu'on dirait si on te voyait comme ça.
Ses lèvres raisonnent mais ses yeux me dévorent. Je vois le désir y brûler, l'envie de toucher ma peau, avec ses doigts, avec sa bouche.
- Je crois que je devrais remettre mon pull pour ne prendre aucun risque.
- Tu es sûre que c'est une bonne idée ?
- C'est surtout le mauvais endroit.
- Tu n'as toujours pas réalisé où on était ?
Je fronce mes sourcils et regarde les murs autour de nous. Pansy attrape mon poignet et m'entraîne un couloir plus loin après avoir vérifié qu'il n'y avait personne. Je tiens mon pull contre ma poitrine pour la dissimuler. Je la vois ouvrir une porte et je me souviens alors. Je retrouve la pièce où nous avions dormi ensemble la première fois. L'odeur est exactement la même et des souvenirs agréables m'assaillent. Pansy se tourne alors vers moi.
- Tu peux remettre ton pull, si tu veux.
Non, ce n'est pas ce que je veux. Je le laisse tomber par terre. Je rougis tandis que ses yeux descendent sur moi et observent mon corps. Mon cœur commence déjà une course folle dans ma poitrine. Je tourne la tête, gênée et mal à l'aise. Pansy attrape mon menton entre ses doigts et me force à la regarder.
- Tu es superbe, Hermione.
Rassurée, je prends de l'assurance. Mes doigts se posent sur les boutons de sa chemise et les défont un à un. D'un coup agile de l'épaule, elle la fait glisser par terre. Cette fois-ci, je m'attaque aux agrafes de son soutien-gorge afin que nous soyons à égalité. Je glisse doucement sur sa peau en la regardant dans les yeux. Elle se presse rapidement contre moi et son contact m'électrise. Ses lèvres n'ont toujours pas retrouvé les miennes et cette frustration me consume comme le bois qui brûle dans la cheminée.
Elle attrape ma main et l'invite à la suivre jusqu'aux coussins et couvertures qui forment un épais couchage sur le sol. Elle s'y assit et je bascule sur elle, mais elle se tourne pour passer au-dessus de moi. Ses mains s'agrippent aux pans de ma jupe et elle la fait glisser avec mes collants le long de mes jambes. Il ne me reste plus qu'un unique vêtement. Plantant ses yeux dans les miens, ses mains partent à la découverte de mon corps. De mon cou, elle descend jusqu'à mes seins qu'elle effleure doucement avant de pincer très légèrement mes tétons. Je laisse échapper un soupir et ses lèvres partent à l'assaut des miennes.
Sa langue se fait pressante, dévorante. Elle embrasse les commissures de mes lèvres, ma mâchoire, mes tempes, fait courir ses baisers le long de mon cou puis descend encore plus bas. Elle embrasse ma poitrine pendant que ses doigts se posent sur le seul tissu qui recouvre encore mon corps. Un frisson se répand dans mon ventre. J'ai tellement envie qu'elle me touche encore. La frustration, l'envie de plus, me rend folle. Je n'arrive plus à penser, je ne cherche qu'à m'abandonner encore plus aux mains expertes de Pansy.
Lorsque ses doigts pénètrent en moi, j'ai l'impression de manquer d'air, seul un long gémissement étouffé par un baiser parvient à sortir d'entre mes lèvres. Je n'ai jamais ressenti autant de plaisir, mon corps peine à le supporter. Mais Pansy continue l'exploration profonde de mon corps et les gémissements se multiplient. Pour garder pieds, je me concentre sur elle à mon tour. Je caresse sa peau, je suis émerveillée par sa poitrine, par sa douceur, par la finesse de sa taille.
Je glisse une main sous sa jupe et tente de la toucher à mon tour mais mon poignet est tordu. Je pousse Pansy pour qu'elle se retrouve allongée sur le dos. Je la déshabille, complètement. Je me sens à la fois subjuguée et intimidée par son corps nu. Déstabilisée, j'essaie de reprendre le contrôle, je l'embrasse à ne plus pouvoir respirer. Je la caresse en l'imitant et ses soupirs, puis ses gémissements, m'enveloppent, me transportent. Ses mains parcourent mon corps et mon plaisir rejoint le sien. J'aimerais que cet instant ne s'arrête jamais.
Lovée dans les bras de Pansy, son corps toujours nu contre le mien, j'hésite à esquisser le moindre mouvement : elle s'est endormie. Lorsque Rusard va découvrir que nous ne sommes pas au septième étage, nous allons sans doute gagner une heure de plus de retenue, mais je ne regrette rien. Qui aurait cru qu'un jour Hermione Granger soit si téméraire ? J'ai flanché : l'amour fait prendre des risques inconsidérés.
Je me sens si vivante. Les battements de mon cœur résonnent dans ma poitrine et mon sang pulse dans mes veines. J'ai l'impression que je pourrais tout affronter, que rien ne peut nous séparer, que nous avons enfin fait le bon choix.
- On devrait sortir mon cœur, on va nous chercher.
Je lève les yeux vers Pansy. Elle ne dormait pas finalement. J'enfouis ma tête dans son cou, je n'ai vraiment pas envie de bouger d'ici. Pansy est bien plus raisonnable que moi. Elle se relève gentiment et attrape mes vêtements qui trainent à sa droite pour me les tendre.
- Crois-moi, je te préfère largement sans.
Elle dépose un baiser sur le bout de mon nez avant de se mettre debout et d'enfiler son uniforme. Je reste admirative devant son corps encore nu, il est parfait. Elle le remarque et hausse un sourcil.
- Eh bien, Miss Granger, vous n'en avez pas eu assez ?
Je me lève et m'approche de ses lèvres.
- Jamais, murmuré-je avant de l'embrasser.
Finalement, nous nous habillons rapidement avant de sortir. Pansy jette un œil à sa montre, il est déjà 9h53. Nous devons nous dépêcher de retourner dans le couloir. Lorsque je sors en première, je bouscule un autre élève.
- Oh, tu ne regardes pas où tu vas ?
Fred, qui a été retenu par Georges avant de tomber à la renverse, nous regarde d'un air intrigué.
- Désolée. On est en retard, on devait nettoyer cet étage mais comme vous pouvez le voir, on n'a pas réussi. Rusard risque de surgir d'une seconde à l'autre…
- Pourquoi vous n'utilisez pas vos baguettes ? demande Georges, comme s'il s'agissait d'une évidence.
- Confisquées pendant la retenue, répond Pansy.
- Oh, Rusard serait tellement content de voir que vous n'avez pas fini ! lance Georges.
- Ca me désolerait de le savoir heureux, renchérit son frère.
- Tu sais à quoi je pense, Fred ?
- Bien sûr, Georges !
Ils lèvent leur baguette et lance un sortilège de recurvite.
- Merci infiniment !
- À votre service, répondent-ils d'une même voix en s'inclinant avant d'éclater de rire et de continuer leur chemin.
- Sauvées ! clame Pansy.
Lorsque Rusard vient vérifier que nous avons convenablement nettoyé les sols, à 9h58, il ne peut s'empêcher de grimacer, probablement déçu de n'avoir aucune réprimande à nous faire. Il récupère le seau à présent vide ainsi que les balais et disparaît au bout du couloir de sa démarche claudicante.
Maintenant que nous sommes libres, je compte bien passer ma journée avec Pansy. Après avoir récupéré nos baguettes dans le bureau du professeur McGonagall, nous nous dirigeons vers le parc. Malgré les températures très basses, un grand soleil nous réchauffe et fait briller la surface du lac.
Alors que nous étions en train de discuter de la façon dont nous passions habituellement ces vacances dans nos familles, une voix familière et désagréable se fait entendre.
- Tu n'as donc toujours pas compris !
Nous nous retournons pour voir Malefoy devant Crabbe et Goyle.
- Qu'est-ce qu'i comprendre de plus ? demande Pansy en croisant les bras sur sa poitrine.
- Que tu fricotes avec elle, c'est une chose, mais que tu t'affiches en plus avec, c'est inadmissible. Tu fais honte à notre maison.
Pansy s'approche brusquement de Malefoy, la colère fait frémir sa mâchoire.
- Toi, tu es une honte pour le monde des sorciers. Insulte-la encore une fois et je te le fais regretter.
Malefoy ne bronche pas, au contraire, il sourit vicieusement. Il sait très bien que ses deux brutes sont là pour le protéger. Il n'agirait sans doute pas de la sorte s'il était seul. Mais ses acolytes sont probablement prêts à nous mettre une dérouiller s'il le faut. J'attrape Pansy par le bras pour la faire reculer.
- Tu n'es plus la bienvenue chez les serpentards. Que je ne te croise pas dans notre salle commune.
- Et elle est censée vivre où ? demandé-je, outrée.
Malefoy m'adresse une grimace de dégoût mais se résout à me répondre :
- Qu'elle se débrouille.
Sur ces mots, il tourne les talons et part vers le château suivi de ses gardes du corps. Je me mets devant Pansy qui ne décolère pas. Ses joues sont rougies et ses yeux lancent des éclairs.
- On devrait aller le dire au professeur Dumbledore. Tu ne peux pas vivre comme ça Pansy.
Elle secoue la tête.
- Je ne suis pas une cafteuse. Je vais me débrouiller en dormant dans la salle sur demande et j'utiliserai les douches communes.
- Tu vas faire ça pendant quatre ans ?
Elle hausse les épaules. Elle est aussi consciente que moi qu'il ne s'agit pas d'une solution à long terme mais je ne veux pas la brusquer.
Voilà deux semaines que Pansy dort dans la salle sur demande. Les cours ont repris et je vois bien à ses cernes que cette situation lui pèse mais je n'ose rien lui dire. Il m'est arrivée à deux reprises de passer la nuit avec elle mais je ne peux pas me permettre de le faire chaque soir : je sens que Lavande et Parvati n'hésiteraient pas à parler de mes escapades nocturnes au professeur McGonagall, d'autant plus depuis que mon orientation sexuelle a été officialisée.
Ce matin, lors du petit-déjeuner, Pansy ne me rejoint pas. Je décide d'aller voir à la volière avant d'aller en classe mais celle-ci est vide également. Je finis par monter au septième étage, au risque d'être en retard au cours de métamorphose, mais la porte de la salle n'apparaît pas. Je finis par rejoindre rapidement la classe du professeur McGonagall avec dix bonnes minutes de retard. Lorsque j'arrive, je remarque néanmoins que celle-ci est absente : les élèves sont en train de discuter, tranquillement installés à leur table. Lorsqu'il m'aperçoit, Harry me fait signe.
- Hermione ! Mcgonagall a dit qu'il fallait qu'on te dise de la rejoindre dans le bureau de Dumbledore dès que tu viendrais. Dépêche-toi, ça fait bien cinq minutes !
Je reste pétrifiée un instant : qu'est-il arrivé à Pansy ? Une boule grossit dans ma gorge, tandis que je me précipite dans les couloirs. Un sentiment de malaise me gagne et j'imagine déjà les pires scénarios. Je suis rapidement devant le bureau du directeur, au deuxième étage. Le professeur McGonagall m'y attend. Sans rien dire, elle se tourne vers la gargouille en pierre qui garde l'entrée et déclare : « nids de cafards ». La gardienne s'anime, fait un pas de côté et le mur s'ouvre devant un escalier en colimaçon.
Je suis le professeur jusqu'à l'intérieur du bureau du professeur Dumbledore. Mon angoisse se tait un instant tant je me sens intimidée de me retrouver là. Je vois vite Pansy, assise sur une chaise, et je soupire de soulagement. Le professeur Dumbledore se trouve devant son bureau, les professeurs Rogue, Chourave et Flitwick sont aussi présents.
La tension est palpable, la gravité de la situation apparaît sur le visage du professeur Dumbledore et Pansy semble particulièrement désolée mais garde les yeux fixés sur le sol.
- Bonjour Miss Granger, approchez-vous.
Je m'exécute.
- Miss Parkinson, ici présente, a été surprise hors de son dortoir cette nuit. Elle dormait dans une salle de classe. J'imagine que vous devez savoir pourquoi ?
Je n'ose pas répondre, Pansy ne me regarde toujours pas. Le professeur Dumbledore m'invite à en dire plus d'un signe de tête.
- Miss Granger, merci de nous dire ce que vous savez.
Je dois leur dire la vérité. Même si Pansy m'en veut, elle ne peut pas vivre un jour de plus dans cette situation.
- Les Serpentards ne la laissent pas rentrer dans leur salle commune à cause de notre relation. Ils l'ont plus ou moins « bannie » de chez eux.
La lèvre supérieure du professeur Rogue frémit. Je ne sais pas s'il est énervé contre moi ou si le comportement de ses élèves l'insupporte. Peut-être un peu des deux. Le professeur Dumbledore prend la parole.
- C'est en effet ce que nous a confié Miss Parkinson après l'avoir longuement interrogée. Il semblerait donc qu'elle ne nous ait pas menti et que nous rencontrions un problème bien fâcheux.
- Je vais simplement dire à mes élèves que cette attitude est inacceptable ! propose le professeur Rogue.
- Severus, voyons, cela ne changera rien au fond, déclare le professeur McGonagall. Même si Miss Parkinson peut retourner dans vos cachots, elle ne sera jamais acceptée par vos élèves. Il ne me semble pas sain de laisser perdurer cette situation de harcèlement.
- Et que proposez-vous, alors ? demande le directeur de Serpentard.
Mais le professeur McGonagall ne trouve rien à lui répondre.
- J'ai une petite idée, dit le professeur Dumbledore. Mais pour cela, j'ai besoin de votre accord à tous les quatre… Je pense qu'il serait judicieux de changer Miss Parkinson de maison.
Pansy relève brusquement la tête, le professeur Chourave semble sortir de ses pensées et le professeur Flitwick ouvre grand la bouche, hébété.
- Hors de question ! crie une voix lointaine.
Nous nous tournons tous vers une masse informe qui trône en haut d'une étagère.
- Je n'ai jamais fait d'erreurs ! ajoute le Choixpeau.
- Miss Parkinson ici présente, répond le directeur, m'assure que lors de la répartition, elle a dû te supplier de l'envoyer à Serpentard, car il ne s'agissait pas du choix le plus évident pour elle.
- Bien sûr, bien sûr, mais on ne peut revenir sur la répartition d'un élève ! s'emporte la petite voix.
- J'ai relu le règlement de l'école une bonne douzaine de fois, et je vous assure qu'il n'est inscrit nulle part qu'un élève ne peut pas changer de maison lors de sa scolarité. Bien sûr, cela n'a jamais été fait jusqu'à présent car chaque élève trouve sa place dans sa maison, mais nous n'avions jamais été confrontés à ce genre de cas non plus.
Le Choixpeau ne répond pas et le professeur Dumbledore se tourne vers ses collègues.
- Qu'en pensez-vous ?
- Si vous pensez qu'il s'agit de la solution la plus sage, Albus, je vous fais pleinement confiance, assure le professeur McGonagall.
- Je serai ravie d'accueillir Pansy dans ma maison, confie le professeur Chourave avec un sourire.
- Je suis d'accord avec vous, reconnaît le professeur Flitwick. Il ne serait pas sain de laisser Miss Parkinson dans sa maison dans ces conditions.
- Severus ?
- Faites comme bon vous semble Albus.
- Et vous, Miss Parkinson, qu'en pensez-vous ?
Pansy ne répond rien. Elle fronce les sourcils, ses traits sont tirés. J'imagine que c'était une solution qu'elle n'avait pas envisagée.
- Nous pouvons vous laisser quelques jours pour y réfléchir, propose le directeur. Dans tous les cas, je compte sur vous Severus, pour rappeler à vos élèves que le harcèlement ne sera jamais admis à Poudlard, pas plus qu'il ne devrait l'être ailleurs, soit dit en passant.
- Cela fait un moment que je ne me sens pas à ma place, murmure Pansy comme pour elle-même. D'accord… je veux bien changer de maison.
- Bien, nous allons procéder à une séance de répartition express, dans ce cas. Je compte sur le directeur ou la directrice de votre nouvelle maison pour vous accompagner.
Epilogue
- Tu me trouves sexy avec cette nouvelle cravate ?
J'éclate de rire.
- Le vert t'allait quand même sacrément bien !
- Que veux-tu, il semblerait que j'ai longtemps refoulé ma vraie nature ! Après tout, le Choixpeau me l'avait bien dit, « tu devrais aller à Gryffondor, Pansy ».
- Au fait, quand Dumbledore t'as proposé de quitter les Serpentards, tu savais donc que tu serais répartie ici, cette fois-ci ?
Elle hoche la tête avec un sourire entendu et dépose un baiser sur mes lèvres.
- C'était une merveilleuse occasion. Je dois aller chercher des parchemins, on se retrouve dans la grande salle ?
Je passe mes bras autour de ses épaules et penche mon visage vers le sien jusqu'à ce que nos fronts se touchent.
- Non, je t'attends.
Je respire une dernière fois l'odeur de son parfum avant de la laisser partir. Elle me tourne le dos et grimpe les escaliers qui mènent à son dortoir. À cet instant, Harry et Ron apparaissent, leurs affaires dans les bras.
- Je me demande encore comment Mc Gonagall a pu vous faire confiance pour dormir dans deux dortoirs différents !
- Je te ferai savoir, cher monsieur Weasley, que nous n'avons pas trahi la confiance de notre directrice et que Pansy dort bel et bien dans le dortoir des cinquièmes années.
Ron hausse les épaules, incrédule. Il ne sait probablement pas que nous avons un autre endroit pour nous retrouver quand l'envie de nous découvrir se fait trop pressante.
- C'est bon !
Je n'ai pas entendu Pansy arriver. Elle fait un signe de la tête à mes deux amis pour leur dire bonjour et attrape ma main pour m'entraîner avec elle.
Je crois que je n'ai jamais vu Pansy Parkinson aussi heureuse.
Je crois que je ne l'ai jamais été non plus.
Fin
