Comme tous les matins, Emma se leva à 7h pile. Comme tous les matins, elle prépara le petit déjeuner et alla réveiller son fils d'un baiser sur le front. Comme tous les matins, elle le pressa de se brosser les dents, ce que rechignait à faire le petit garçon qui était déjà plongé dans un de ses livres. Comme tous les matins, malgré les transports scolaires, Emma amena son fils à l'école, Henry ayant loupé le bus. Comme tous les matins, elle eut du mal à trouver une place sur le parking. Mais cette fois-ci, ce matin là, quelque chose était différent devant l'école : un attroupement de parents, d'enfants et, plus inquiétant, de policiers. Emma les reconnaissait : il s'agissait des renforts envoyés grâce à Gold.
E : « Henry, reste dans la voiture. »
H : « Mais pourquoi ? »
E : « Fais ce que je te dis ! »
Elle sortit, et suivit la masse de gens, se glissa même entre eux pour finalement arriver devant la grille de l'entrée. De suite, elle vit des policiers dans la cour prenant des photos, semblant recueillir des indices et elle la vit … La pomme caractéristique des taggueurs, à un changement près : elle n'était pas finie. Il y avait juste les contours, ainsi que quelques lettres qui laissaient comprendre que le mot écrit était « reste ».
Elle entra alors dans la cours, montrant son badge aux policiers en faction devant l'entrée, empêchant les badauds et autres curieux d'envahir les lieux. En passant, elle pu entendre quelques mots clés comme « attrapés » ou encore, plus inquiétant, « y'a un mort ».
Elle se dirigea instantanément vers Graham et Glass.
E : « Hey, qu'est-ce qui se passe ici ? »
G : On a coincé les taggueurs. »
E : « Quoi ? Sérieux ? Comment ? »
G : « On les a surpris. »
E : « Comme quoi les effectifs supplémentaires ont vraiment servis en fin de compte. » ironisa-t-elle
SG : « Ce n'est pas les policiers en plus qui ont réussi, c'est Miss Mills. »
E : « Reg… Miss Mills ? »
G : « Elle les a surpris et m'a appelé pour m'avertir. »
E : « C'est plutôt cool non ? Pourquoi vous tirez cette tête ? On les a enfin coincés ! »
G : « Emma … »
E : « Quoi ? »
Graham l'attrapa par le bras et l'éloigna des oreilles indiscrètes de Glass.
G : « Ecoute … C'est pas facile à dire mais … »
E : « J'ai cru comprendre qu'il y avait un mort ? »
Graham esquissa une grimace et, tout en se massant la nuque, il prononça :
G : « On a fait une connerie … Quelqu'un a tiré … Ils étaient même pas armés … Ces flics de la ville ont le sang chaud … »
E : « Qu'est-ce que tu essais de me dire Graham ? Qu'est-ce qui s'est passé ? »
G : « Ils l'ont pas vu, elle aurait jamais du être là … »
Emma se figea alors, comme si son corps avait été coulé dans du béton. Puis une angoisse monta soudainement partant de ses pieds jusqu'à sa tête se matérialisant par une vague froide, un courant d'air glacial.
E : « Graham … Ou est Regina ? Me dit pas que le mort c'est … »
G : « Non, ce n'est pas elle. On a abattu un des taggueurs. »
Emma souffla alors, retrouvant sa respiration comme après une longue apnée elle lui attrapa le col :
E : « Tu pouvais pas le dire avant, crétin ! »
G : « Mais Emma … Elle a reçu une balle perdue. »
E : « Ou est-elle ? »
G : « A l'hôpital. Elle est en salle d'opération en ce moment … La balle est difficile d'accès, elle a perdu beaucoup de sang. »
Pour accompagner ses mots, il regarda la marque au sol, non loin d'eux, une marque rougeâtre Emma marcha en sa direction : quelques plots pour délimiter la scène c'était le sang de Regina sur ce béton. Elle aurait voulu pleurer et hurler … Mais rien ne sortit …
G : « Emma, vas-y, vas la voir. On gère ici. »
E : « Non. »
G : « Non ? »
E : » Si elle est en salle d'opération, y aller maintenant ne changera rien, mais dès que tu as des infos, préviens-moi, s'il te plait. »
G : « Je comptais retourner au bureau. On en a capturé un. »
E : « Quoi ? »
G : « Il était retourné voir Regina quand elle s'est effondrée au sol, surement pour lui prendre son porte feuille ou quelque chose du genre. Il n'a pas dit un mot depuis hier soir. »
Emma sentit une rage l'envahir Regina était gravement blessée, entre la vie et la mort … Quelqu'un devait payer et ça serait cet homme !
E : « J'ai Henry dans la voiture, je l'amène à Mary Margaret et j'arrive. »
G : « Ok. »
Mais elle n'eut pas à l'appeler, Emma aperçut la jeune femme aux grilles. Emma sortit alors et attrapa Mary au passage.
E : « J'ai besoin que tu me rendes un service. »
M : « Qu'est-ce qui s'est passé ? J'ai entendu dire qu'il y avait eu une fusillade et un mort. »
E : « Ecoute, c'est compliqué mais … En gros, tu as dis l'essentiel. Regina … Regina est blessée. »
M : « Regina ? Mais comment ? »
E : « J'ai pas tous les éléments en main pour l'instant, je dois aller au bureau, ils ont attrapé un des gars. Est-ce que tu peux garder Henry ? »
M : « Bien sur. »
E : « Ne … Ne lui dis pas pour Regina, sois la plus vague possible sur les détails. »
M : « Ok. »
E : « Merci, je t'appelle. »
Emma confia Henry à Mary, tout en éludant une grosse partie des questions que se posaient le petit garçon, c'était assez ingrat, mais pour l'instant, elle n'avait pas la tête à ça. Ses pensées étaient obnubilées par Regina : comment allait-elle, que faisait-elle si tard à l'école ? Tant de questions qui embourbaient son cerveau. Mais pour l'heure, comme elle l'avait souligné, elle devait se concentrer sur cet homme, ne pouvant rien faire pour Regina.
Et quand elle arriva au bureau, c'est dans l'optique de lui faire cracher le morceau, qu'elle s'installa devant la cellule.
G : « Il n'a rien dis … Encore une fois, j'abandonne, je te laisse faire. Mais attention. »
E : « Ne t'inquiète pas, je saurais me contrôler. »
G : « Je vais boire un café. »
Et quand Graham disparut, Emma s'approcha et s'assit juste en face de la cellule, et croisa les bras. L'homme, qui était resté dans un coin, sans bouger, leva alors la tête et fixa la jolie blonde.
*** : « J'ai cru qu'il n'allait jamais partir. »
Emma fut presque surprise qu'il parle aussi facilement à croire qu'il n'attendait que son arrivée. Alors, profitant de son envie de parler, elle se leva :
E : « Qui êtes-vous ? »
*** : « Je m'appelle Leroy. »
E : « Leroy ? C'est tout ? »
L : « C'est tout. »
E : « J'ai un tas de questions qui me vient, mais une seule m'intéresse pour l'instant : pourquoi ? »
L : « Pourquoi ? »
E : « Pourquoi tout ça : ces tags, ces infractions … Dans quel but vouloir dégrader la ville. »
L : « Nous n'avions pas l'intention de dégrader quoique se soit, ce n'était pas notre but. Nous voulions simplement être entendus. »
E : « Entendus ? Par qui ? »
L : « Par vous. »
E : « Bah voyons … Et passer un coup de fil ou venir au poste c'était pas plus simple ? »
L : « Il fallait que les gens sachent … »
E : « Tueur … C'est ce que vous avez écrit dans cette pomme, pourquoi ? »
L : « Les gens ne savent pas tout. Il faut que les choses changent. »
Emma retourna à son bureau et sortit de son tiroir plusieurs photos des tags et lui envoya dans sa cellule :
E : « Tueur, espoir, reste … Ca veut dire quoi tout ça ? Vous êtes venus jusque devant ma porte pour la taguer. »
L : « Nous n'avions pas le choix. Nous n'avons pas usé de violence … »
E : « Pas jusqu'à hier soir. »
L : « Nous n'étions pas armés … Vos policiers ont tiré sur des hommes non armés qui s'enfuyaient … Ils leur ont tirés dans le dos. »
E : « … »
L : « Comment va-t-elle ? »
E : « Qui ? »
L : « Regina Mills, comment va-t-elle ? »
Emma se leva et se posta à quelques centimètres de lui, seuls les barreaux les séparaient elle le fixa avant de froncer les sourcils :
E : « Vous n'aviez pas l'intention de la voler, vous vouliez juste l'aider … » dit-elle en repensant à ce qu'avait dit Graham :
Leroy avait vu Regina tomber au sol il n'était pas revenu sur ses pas pour la voler mais seulement pour lui apporter son aide. C'est ainsi qu'il s'est fait prendre. Et s'il disait vrai, alors la bavure avait été plus grande que prévue : Non seulement ces flics avaient tiré sur des hommes non armés, mais en plus c'était eux qui avaient tiré sur Regina …
E : « Elle … Elle est encore en soins intensifs … »
L : « Oh … »
E : « Pourquoi s'en prendre à une école ? »
L : « Il fallait qu'elle comprenne … »
E : « Qu'elle comprenne quoi ? »
L : « Qu'elle ne doit pas quitter Storybrooke. »
E : « Ah vraiment ? Et en quoi ça vous regarde. »
L : « Cela ne nous concerne pas, pas directement. Cela concerne la ville et vous. Les choses doivent changer et l'arrivée de Regina Mills devait en être le déclencheur. »
E : « Vous êtes barge … En quoi Storybrooke devrait-il changer ? »
L : « Cette ville a perdu sa vraie nature, ses valeurs. Les gens ont changé. »
E : « Vous allez pas me dire que … »
L : « Vous et elle étiez destinées à changer les choses. Le hasard n'existe pas à Storybrooke tout arrive car cela doit arriver. L'arrivée de Regina Mills lors de votre 28ième anniversaire … »
Emma tomba presque des nues : comment pouvait-il savoir tout cela ?
E : « Genre, un couple de femmes changeraient les choses hein … C'est un peu loupé non ? »
L : « Non, rien n'est immuable ici. »
E : « Vous êtes en train de me dire que Regina se faisant tirer dessus, entre la vie et la mort actuellement … Ca, ça devait arriver ?! »
L : « Oui. Parce que vous allez prendre conscience que cette femme, si vous la perdez, vous manquerait comme une partie de vous. Vous l'aimez, Storybrooke n'aura pas l'occasion de voir un amour si vrai se concrétiser. »
E : « … »
L : « Vous avez une seconde chance aujourd'hui, tentez-la. »
E : « Mais vous êtes qui bon dieu ? »
L : « Peu importe qui nous sommes … Quoiqu'il arrive dans les heures et les jours à venir, nous partirons. »
E : « Je crois pas non. »
L : « On verra ça … »
Leroy sourit alors et alla se rasseoir sur son lit, croisant les bras.
E : » Hey … Hey ! »
Mais Leroy ne prononça plus un seul mot …
Du moins jusqu'à ce qu'un homme entre dans le bureau.
E : « M. Gold. »
Go : « Miss Swan … Je vois que mon aide n'a pas été de trop. A-t-il dit quelque chose ? »
E : « Non, juste qu'il s'appelle Leroy. »
Go : « Leroy … Je n'ai pas connaissance d'un tel individu dans ma ville. »
L : « Cette ville n'est pas la votre, et vous le savez. »
Gold leva un sourcil, presque amusé d'une telle insolence. Il s'approcha, sous la surveillance d'Emma.
Go : « Vous ne manquez pas de culot d'habitude, je suis assez admiratif des gens qui osent se dresser contre moi … Mais cette fois-ci, je trouve cela déplacé et totalement orgueilleux de votre part. »
L : « L'orgueil … Je ne pense pas en avoir autant que certains ici. Mais les choses vont changer. »
Go : « Vraiment ? Et en quoi ? »
L : « Vous verrez. »
Go : « Oh, mais ne me faites pas languir, dites-le moi. »
Leroy se leva alors et se posta devant Gold, un sourire assuré Emma fut surprise qu'un homme qui ne semblait être connu ni d'Eve ni d'Adam ait l'aplomb de s'opposer à Gold.
L : « Au fait, M. Gold … Avez-vous parlé à vos concitoyens de Leopold ? »
A ce moment là, le visage de Gold se figea et s'assombrit. Il se tourna vivement vers Emma et marcha énergiquement vers elle :
Go : « Je veux qu'il soit extradé vers une plus grosse ville. »
E : « Quoi mais … Non … C'est de notre ressors ca se passe dans notre juridiction. Nous nous en chargerons … Après tout, il s'agit là de simples tags. »
Go : « De simples tags hein ? Et la fusillade ? J'ai cru comprendre que Miss Mills était au plus mal … »
Emma frissonna et fronça les sourcils. Pourquoi Gold voulait d'un seul coup éloigner Leroy ?
E : « On se chargera de ça … Et il s'avère que ces hommes n'étaient pas armés. Nos flics ont fait une bourde et si une enquête plus approfondie devait être faite, il n'en ressortirait que de mauvaises choses pour la ville et ses responsables.
Go : « Je vois … Je m'en chargerais moi-même … Encore une fois. »
Et Gold disparut aussi vite qu'il était arrivé. Emma se tourna alors vers Leroy …
E : « Leopold ? »
L : « … »
E : « Je connais ce prénom … Ce n'était pas le père de Mary Margaret ? »
L : « Je n'en dis pas plus … Vous verrez. »
E : « Pourquoi une pomme ? »
L : « Pardon ? »
E : « Vos tags … Pourquoi une pomme ? »
L : « Le fruit interdit … Une pomme est d'aspect inoffensif, mais même au commencement de l'Histoire de l'Homme, la pomme a été source de conflit, d'espoir et même de d'imaginaire. »
E : « Quel rapport avec vous ? »
L : » Avec nous, pas grand-chose … Avec les faits, bientôt. »
E : « J'y comprends rien et franchement, j'ai pas la tête à … »
Elle fut interrompue par l'arrivée de Graham.
G : « Emma. »
Cette dernière le suivit à l'écart dans le couloir.
G : « L'hôpital vient de me joindre. »
E : « Re… Regina ? » dit-elle fébrilement, craignant le pire
G : « Elle est sortie du bloc mais … Elle a perdu beaucoup de sang …Emma, elle est dans le coma. »
E : « Mais … Ses jours … Ses jours ne sont pas comptés ? »
G : « Ils n'en savent rien … »
E : « Je dois y aller ! »
G : « Bien sur. »
Elle attrapa sa veste et en moins de quelques secondes était dans sa voiture. Sans vraiment sans s'en rendre compte, elle se retrouva devant l'hôpital. Son cœur battait comme jamais il n'avait battu auparavant …
E : « S'il vous plait, Regina Mills, ou est-elle ? »
*** : « Vous êtes de la famille ? »
E : « Non mais je suis … »
W : « Emma ? »
E : « Oh Dr Whale ! Dites-moi comment va-t-elle ? »
W : « Elle est encore en soin intensif … Elle vient juste de sortir du bloc. »
E : « Dites moi que ses jours ne sont pas en danger ? »
W : « Je ne peux me prononcer maintenant. Elle a subi de lourdes interventions depuis hier soir. Nous avons extrait la balle mais … Elle a énormément perdu de sang. »
E : « Merde … Je … »
W : « Non, vous ne pouvez pas la voir pour l'instant. Mais venez …»
Emma le suivit jusque dans un ascenseur, puis un long couloir qui lui semblait interminable. Puis ils arrivèrent devant une salle aux larges baies vitrées. Au travers, ce que vit Emma lui arracha une larme : Regina était allongée sur un lit, branchée à un respirateur, la peau pâle … Emma posa sa main sur la vitre comme pour créer un contact avec la jeune femme. Elle qui lui été toujours apparue si forte, si classe, aujourd'hui, elle semblait si démunie, si faible … Et Emma était incapable de faire quoique se soit pour l'aider ou la soulager.
W : « Je ne peux vous emmener plus loin … »
E : « Je vous en prie, dès que vous avez la moindre nouvelle, en bien ou en pire, prévenez-moi. »
W : « Ca sera fait. »
E : Je peux rester un peu ici ? »
W : « Si vous le souhaitez … »
Et elle resta … Elle resta près d'une heure devant cette vitre, la main collée dessus, sans bouger, jusqu'à ce que son téléphone la sorte de sa torpeur.
E : « Emma Swan … »
M : « Emma, c'est Mary. Je voulais avoir des nouvelles. »
E : « Elle … Elle est sortie du bloc mais … C'est pas gagné encore. »
M : « Est-ce que tu veux que je garde Henry pour cette nuit ? »
E : « Non, non. J'arrive … J'ai besoin de le voir. »
M : « Très bien. Je suis au Granny's avec Ruby, on t'attend. »
E : « Ouais, merci … »
Et c'est contrainte qu'elle quitta des yeux Regina. Elle s'était souvent inquiétée pour son fils mais là, son cœur semblait lui bruler la poitrine à chaque battement.
De retour au Granny's, elle fut accueillie, dès son passage de la porte, par une Ruby plus que câline qui lui tomba littéralement dans les bras.
Ru : « Oh ma chérie ! Comment tu vas ? »
E : « Ca va, ça va … »
H : « Maman ! »
Henry se rua sur sa mère et l'agrippa fortement, lui coupant le souffle. Elle le serra fort aussi, et s'agenouilla devant lui.
H : « Mary m'a dit pour Regina. Elle va bien ? »
E : « Ce n'est pas encore gagné … Mais on ira la voir plus tard dans la journée d'accord ? »
H : « D'accord … »
E : « Je vais rentrer. »
M : « Reste un peu, Ruby t'as fais un chocolat cannelle. »
Emma soupira : après tout, elle avait besoin de se détendre. Elle s'installa au comptoir donc et Ruby lui servit un immense mug.
M : « Alors … Les nouvelles ? L'homme qu'ils ont arrêté ? »
E : « Un personnage étrange … A mon avis, il a les fils qui se touchent … » dit-elle en faisant tournoyer son index à coté de sa tempe
M : « Oh … »
E : « D'ailleurs, il connaissait ton père. »
M : « Mon père ? Vraiment ? »
E : « Oui, il a parlé d'un Leopold … Y'en a pas 10 000. Il en a parlé à Gold qui a semblé un peu … inquiet. Tu m'as bien dis que tes parents étaient décédés dans un accident de la route hein ? »
M : « Oui, il y a près de 15 ans … Je me demande comment cet homme l'a connu. »
E : « Après tout, Gold a été le successeur de ton père à la mairie de Storybrooke, il doit surement connaitre ce Leroy. »
M : » Leroy ? »
E : « Tu le connais ? »
M : « Mais … Leroy est celui qui m'a élevé quand mes parents sont morts. J'avis à peu près l'âge d'Henry quand je suis allée chez eux. Mon père avait laissé un testament leur donnant ma garde si jamais ils leur arrivaient quelque chose. J'arrive pas à croire qu'ils soit l'auteur de ces tags … »
E : « Sans compter qu'il a voulu sauver Regina et non la voler comme le pense Graham … Il m'a sorti que Storybrooke devait changer … »
M : « J'ai toujours connu Leroy un peu loufoque. Mais du jour où Gold est arrivé à la tête de la ville, il a changé … Et puis quand sa femme est morte d'un cancer, il a disparu. C'était i ans. »
E : « Juste avant que j'arrive ici … »
M : « J'ai toujours pensé que, noyé sous la peine d'avoir perdu sa femme, il avait quitté Storybrooke. »
E : « Il faut croire qu'il a fait un retour plus que marquant … »
Ru : « J'y crois pas que nos propres flics aient tiré sur Regina … »
E : « Et sur des hommes non armés et leur tournant le dos. »
Ru : « J'espère sincèrement que Regina s'en sortira. »
Emma se massa la nuque et Mary lui tapota l'épaule :
M : « Rude matinée, tu devrais aller te reposer. »
E : « Ouais … Je compte bien retourner à l'hôpital cet après-midi et au bureau aussi. Je veux mettre au clair cette histoire. Allez, viens Henry. »
Dans la voiture, aucun ne parla … Emma était fatiguée tant moralement que physiquement, et luttait pour ne pas s'endormir au volant. Une fois arrivés chez eux, elle ne pu s'empêcher de jeter un œil vers la porte de Regina.
Elle se laissa tomber dans son canapé, fixant un point invisible devant elle, repensant à tout ce qui venait de se passer … Elle pouvait perdre Regina, et cette éventualité la frappa en pleine face comme si son départ annoncée la veille n'avait pas été déjà le coup de grâce.
Et quand son fils vont s'asseoir près d'elle, posant ses mains sur ses genoux, elle ne pu s'en empêcher, elle ne pouvait plus se contenir, elle n'avait plus la force.
Elle s'écroula en sanglots dans les bras de son fils.
H : « Ca va aller maman, elle va s'en sortir, elle est forte, c'est Regina … »
E : « Henry … J'ai peur … »
H : « De quoi ? »
E : « De la perdre … Je ne veux pas la perdre, pas encore une fois. »
Elle serra un peu plus son fils, soulagée d'avoir enfin avoué qu'elle tenait encore à elle, bien plus qu'elle ne l'aurait voulu, malgré tout le mal que la jolie brune lui avait fait. Elle se rendit compte que perdre définitivement Regina était une chose qu'elle ne pouvait envisager.
Bien sur, de savoir que la jeune femme allait partir la veille avait éveillé en elle un sentiment d'effroi à l'idée de ne plus la voir, mais là Regina été passée si près de la mort et Emma avait été si impuissante … La vie tenait en peu de chose, elle s'en rendait compte maintenant.
H : « Elle va vivre maman, je le sais. »
Mais quand il regarda sa mère, elle s'était endormie sur ses genoux. Il sourit alors et lui caressa les cheveux : Henry devrait être fort cette fois-ci ! Pas question de demander de l'aide ou de s'apitoyer sur son sort, il devait être là pour sa mère.
Elle ne savait pas combien de temps elle était restée sur ce canapé, mais quand elle se réveilla, elle avait une couverture sur les épaules et un oreiller sous la tête. Elle entendit son téléphone vibrer et quand elle s'en saisit et qu'elle vit le nom s'afficher sur l'écran, elle cru presque tomber du canapé. Elle répondit précipitamment :
E : « Dr Whale ! »
W : « Emma, il y a du nouveau. »
E : « Pitié, dites-moi qu'elle va bien. »
W : « Emma … Elle a fait un arrêt en début d'après midi. »
E : « Non … »
W : « Mais nous avons pu la récupérer et à la suite de ça … Elle s'est réveillée. »
E : « Qu… Quoi ? Elle … »
W : « Elle est sortie du coma Emma. »
E : « Ses jours ne sont plus en danger alors ? »
W : « Il subsiste un risque, nous ne sommes jamais à l'abri, mais disons que nous sommes un peu plus positifs. »
A ce moment là, Henry sortit de sa chambre, entendant sa mère parler.
E : « Est-ce que je peux passer maintenant ? »
W : « Si vous le souhaitez oui. »
Elle raccrocha un sourire aux lèvres.
H : « Elle s'est réveillée ? Elle va bien ? On va la voir ? »
E : « … Oui … Oui et oui. »
Henry bondit du canapé et attrapa sa veste.
E : « Qu'est-ce que tu fais ? »
H : « Bah je viens avec toi ! »
E : « Non, non ce n'est pas … Ce n'est pas un endroit pour toi. »
H : « Je t'en prie, j'ai envie de la voir aussi ! »
Emma ne pu refuser en voyant le regard plus que supplique de son fils. Elle attrapa alors sa veste, son sac et ses clés et c'est ensemble qu'ils partirent à l'hôpital.
Une fois devant l'accueil, le Dr Whale semblait les attendre.
E : « On peut la voir alors ? »
W : « Oui, elle est encore assez faible mais elle est consciente. »
E : « Super ! »
Ils suivirent le docteur jusqu'à une nouvelle chambre où avait été placée la jeune femme. Emma jeta un œil et la vision d'Emma était bien moins traumatisante que précédemment : plus de respirateur, mais juste une sonde nasale plus discrète son teint était moins blafard.
Emma et Henry entrèrent alors et, doucement, ils vinrent s'asseoir autour d'elle.
H : « On aurait du apporter des fleurs. » murmura-t-il
E : « Shh … » dit-elle en mettant son index devant ses lèvres
Mais Regina bougonna un peu, gigota et entrouvrit les yeux. Emma n'en perdit pas une miette, la dévorant du regard. Elle posa sa main sur celle de Regina … Elle se rendit compte alors que depuis un mois, c'était la première fois qu'elle la touchait de nouveau.
Regina tourna légèrement la tête vers Henry, ce dernier afficha un large sourire.
H : « Bonjour Regina. »
R : « Henry … » soupira-t-elle
E : « Comment tu vas ? »
Regina se tourna alors vers Emma et esquissa un léger sourire :
R : « J'ai … J'ai l'impression d'être dans du coton. »
E : « Ce sont les calmants. Tu vas avoir une belle cicatrice à l'épaule. »
R : « Hm et bien, si c'est le prix à payer pour rester en vie. »
E : « Tu as vraiment eu de la chance ... »
R : « Je ne me souviens plus de ce qui s'est passé. »
E : « Tu as surpris les taggueurs à l'école hier soir. Les flics sont arrivés et une fusillade a éclaté. Tu as reçu une balle perdue … »
R : « Les taggueurs … Je … Je me souviens maintenant. Il y avait un homme … Il était étrange. »
E : « Je suppose que c'était Leroy. »
R : « Leroy ? »
E : « Il semblerait que ce soit le chef de la bande … Ils l'ont attrapé quand … Quand il est revenu pour voir si tu allais bien. »
R : « Oui, je me souviens … »
E : « Il t'a parlé ? Il t'a dit quelque chose ? »
Regina repensa alors aux paroles qu'ils avaient prononcées dans l'école « Restez … Vous ne devez pas partir », mais pour une raison qu'elle ignorait, elle n'en parla pas à Emma et nia :
R : « Non, rien. Il … Il a été arrêté ? »
E : « Il est au poste. Il a juste dit qu'il s'appelait Leroy il semblerait aussi qu'il ait un contentieux avec M. Gold. »
R : « Le maire ? »
E : « Ouais, je vais creuser de ce coté là … Je crois qu'il y a une histoire avec le père de Mary Margaret aussi … »
R : « Tout cela devient trop compliqué pour mon cerveau embrumé de calmants. »
E : « On … On va te laisser te reposer. Contente que tu ailles mieux. »
Elle lui serra la main sans oser faire plus. Henry se leva et lui déposa un furtif baiser sur la joue, ce que lui envia Emma, puis ils quittèrent la chambre, laissant Regina se reposer. Cette dernière ne sentait pas encore son corps, ce qui était fort désagréable, mais les faits lui revenaient en tête de façon plus claire : elle se souvenait d'avoir croisé le regard de cet homme mystérieux dans les couloirs de l'école, d'avoir découvert tous ses hommes dégradant les murs de l'école, puis ces coups de feu, cette douleur irradiant son corps … Et finalement, son réveil ici.
Les détails lui revinrent en tête un peu plus chaque minute : les mots de ce Leroy, cette pomme sur le mot, ce « reste » incrusté dedans …
Elle essaya de se redresser mais le Dr Whale l'en empêcha :
W : « Oh non miss Mills. »
R: "Je vais mieux."
W : « Mais votre état reste préoccupant tout de même. Je ne me risquerais pas à vous laisser sortir dans les prochains jours. »
R : « Serais-je à même de pouvoir prendre l'avion dans 15 jours ? »
Le Dr Whale fronça les sourcils :
W : « Vous comptez prendre l'avion ? »
R : « Oui, je pars. »
W : « Vous partez ? »
R : « Je suis mutée à Portland. »
W : « Pourtant, il semblerait que vous fassiez du bon travail ici, tout le monde ne parle plus que de cette kermesse, véritable fête foraine, que vous avez mis en place pour les vacances. »
R : « C'est un choix. »
W : « Et bien … Pour répondre à votre question, oui vous serez surement à même de prendre l'avion. »
R : « Merci … » soupira-t-elle tout en retombant mollement sur son oreiller
W : Nous allons vous faire des examens supplémentaires. »
R : « Bien … »
Et alors qu'il s'apprêtait à sortir de la chambre, quelque chose le surpris : il fit demi-tour alors et sourit à Regina :
W : « Vous savez, vous avez de la chance d'avoir des amis comme miss Swan. »
R : « … »
W : « Elle s'inquiétait vraiment pour vous, d'ailleurs … Toute la ville … »
Il laissa alors entrer un homme que ne connaissait pas Regina, suivit par un deuxième, puis un troisième … Chacun d'eux avait un immense bouquet de fleurs et des ballons multicolores.
R : « Mais … »
W : « Je crois que les enfants et les habitants vous ont vraiment adopté … » dit-il, amusé par l'abondance de fleurs et de ballons.
R : « … C'est … Surprenant. »
W : « Vraiment dommage que vous partiez, la ville va perdre un membre influant de sa communauté. »
R : « … »
Il sortit alors et Regina pu admirer les quelques bouquets posés ça et là dans la chambre …
E : « Je dois juste passer un moment au bureau, ça te dérange d'attendre chez Granny's ? »
H : « Non. Dis … Tu vas enquêter sur ces hommes ? »
E : « Oui. »
H : « Tu es vraiment shérif alors ? »
E : « Tu en doutais petit monstre ?! »
Henry nota l'air plus léger qu'arborait sa mère … En fait, depuis qu'elle avait vu Regina, Emma était plus sereine, plus confiante … Elle était d'ailleurs bien décidée à faire toute la lumière sur cette histoire : un flic avait tiré sur Regina, elle découvrirait qui et lui arracherait surement ses bijoux de famille pour en faire une déco de Noël.
Et une fois de retour au bureau, elle eu la surprise de voir que la cellule était vide.
E : « Qu'est-ce que ça veut dire ? »
G : « Il a été déplacé. »
E : « Déplacé ? »
G : « Il a été envoyé au département de Boston. »
E : « C'est une blague ? Tout ça est le ressors de la ville ! Boston n'a rien à foutre d'un petit taggueur de bas étage ! »
G : « Je sais mais … »
E : « Gold ! » dit-elle rageusement
G : « Il a demandé à ce que nous nous penchions sur le reste des indices. En fuyant, ils ont fait plusieurs erreurs qu'ils n'avaient pas faites avant : empreintes, bombes de peinture laissées sur place … On a de la matière pour choper les autres. »
E : « Mais moi c'est Leroy qui m'intéresse ! »
G : « Emma, je comprends que tu es une envie de vengeance mais … »
E : « Ca n'a rien à voir ! Regina va mieux, et Leroy n'a rien à voir avec ça : elle s'est faite tirée dessus par un des nôtres ! »
G : « On a pas encore la preuve que les autres hommes n'étaient pas armés. Pourquoi tu sembles les défendre alors qu'il y a quelques semaines, tu voulais les pendre haut et court. »
E : « On a pas tous les éléments … Y'a quelque chose qui se trame, et le retour de Leroy en ville affole Gold pour je ne sais quelle raison. C'est pour ça qu'il l'éloigne d'ici. Cet homme a des choses à nous dire sur Gold et ce dernier veut le museler ! »
G : « Leroy est un habitant de Storybrooke ? »
E : « A vrai dire, c'était le tuteur légal de Mary Margaret quand ses parents sont décédés. Et il semblerait qu'il en sache bien plus qu'on ne le pense sur la mort de Leopold Blanchard … »
G : « Et qu'est-ce que tu veux faire ? Il est parti… »
E : « Si Leroy ne vient pas à nous, alors j'irais à Leroy. »
G : « Tu comptes partir pour Boston ? »
E : « Et alors ? Dans le cadre de notre enquête, il est normal que j'ai encore des questions à lui poser. »
G : « Emma … N'agis pas sous le coup de la colère. »
E : « Je ne suis pas en colère, je suis dubitative er perplexe et si toi, ça ne te pose aucun problème, moi ça m'en pose … Je veux avoir la vérité. »
Elle repartit, plus énervée que jamais : quelque chose n'allait pas : le soudain transfert de Leroy pour l'éloigner de Storybrooke et des habitants, le comportement de Gold, et de nouvelles questions émergèrent comme « que venait faire le père de Mary dans tout ça ? »
Elle y verrait plus clair en allant à Boston, retrouver Leroy.
TBC
