Première année

- Votre sœur était si douée ! C'est tellement dommage qu'elle ait arrêté ! se plaignit Mademoiselle Bustier en soufflant.

Louis ronchonna, continuant de touiller sa potion. Il lança un regard à Tommy :

- Si elle savait que Victoire faisait de superbes caricatures d'elle à la maison…

- Comment tu sais qu'elle parle de Victoire et pas de ton autre sœur ?

- Dominique déteste les potions.

Louis ronchonna pendant tout le reste du cours, mais retrouva le sourire en entrant dans la salle ou avait lieu son cours de défense contre les forces du mal. Il adorait cette matière, et c'était découvert un don naturel. Il appréciait en apprendre plus sur les créatures magiques dangereuses et adorait écouter leur enseignant, Monsieur Armand. La première année ne leur apprenait que de façon global ce qu'était la magie noire, ou les forces du mal. Ils n'apprenaient que des sorts basiques, qui ne feraient que diversion. Louis avait retrouvé sa bonne humeur. Jusqu'au cours de métamorphose, ou le professeur crut bon de rendre sa copie en ajoutant un commentaire :

- C'est excellent Monsieur Weasley ! Digne du frère de Dominique !

- Merci Monsieur, maugréa le blond.

Tommy le regarda, avec une once de compassion dans ses yeux :

- Pas facile d'être le dernier…

- Tu l'as dit !

- Je connais ça…

- T'es pas fils unique ? s'étonna Louis.

- Janet a toujours été meilleure que moi, et mon demi-frère Isaak qui est en septième année est le meilleur élève de sa promotion…

Isaak Hartley était effectivement connu dans tout Poudlard. Louis connaissait peu la famille des Hartley. Il savait juste que c'était une famille très ancienne, que son père appréciait beaucoup. C'étaient des gens honnêtes d'après lui, et Louis, sur ce point, se fiait au jugement de son père. Cependant, quelque chose avait fait tiquer Louis :

- Tu dis que Janet est ta sœur… Pourquoi Isaak est seulement ton demi-frère ? Janet et lui ont les mêmes parents non ?

Tommy grimaça. Janet et Isaak étaient des Hartley, des vrais. Lui, il était le fruit de l'adultère de Scott Hartley et d'une écossaise qui l'avait abandonné sur le seuil du Manoir des Hartley. C'était la mère de Janet et d'Isaak qui avait accepté de garder Tommy avec eux, refusant de faire payer à ce dernier la lâcheté et la tromperie de son mari.

- On est tous les deux les derniers ! plaisanta Tommy. C'est tout ce qu'i savoir !

- J'en ai marre qu'on me compare tout le temps à mes sœurs.

- Tu ne dis rien quand Monsieur Armand te compare à ton père…

- Ca m'énerve tout autant…, ronchonna Louis. Mais tu sais ce qui est pire ?

- Non ?

- C'est que même si j'étais allé à Beauxbâtons, comme l'aurait souhaité ma mère, on m'aurait comparé à elle.

- Elle a participé au Tournoi des Trois sorciers… C'est une sorcière brillante.

- Je sais, soupira Louis.

Dans ces moments-ci, Louis n'avait qu'une envie : s'isoler loin. Alors, après la fin de sa journée, il partit discrètement, se rendant chez Hagrid qui l'attendait déjà :

- On va s'aventurer un peu plus loin que la dernière fois ! le salua le demi-géant.

Un jour, attiré par tous les animaux qu'on pouvait y trouver, Louis avait essayé d'entrer dans la forêt interdite, avant d'être arrêter par Hagrid. Louis lui avait expliqué qu'il s'intéressait beaucoup aux créatures magiques, et qu'il était juste impatient d'en voir… Hagrid lui avait alors proposé de venir avec lui. Depuis, presque une fois par semaine, ils se promenaient tous les deux, en restant sur les sentiers.

- Dure journée ?

- Un peu, bougonna Louis.

Ils marchèrent en silence, jusqu'à ce qu'un troupeau de cygnospectres approchaient vers eux en jappant. Les cygnospectres étaient de grands esprits, semblables à des chiens. Ils étaient joueurs, mais souvent craintifs. Pourtant, Louis s'avança tout doucement. Un cygnospectre le regarda, les yeux écarquillé, la tête penchée vers la droite, attendant. Louis continua son chemin et laissa le chien venir à lui. Ce dernier trottina et frotta sa tête sur la main du blond, qui se mît à rire quand, plus entreprenant, il lui lécha la moitié du visage. Hagrid souriait, attendri et impressionné : il était rare que des cygnospectre accordent leur intérêt à un sorcier aussi jeune.

- Bravo Louis, c'était impressionnant ! Tu es très doué avec les créatures magiques ! s'enthousiasma le demi-géant.

- Je les aime beaucoup, c'est vrai. Tout le monde dit que je tiens ça de mon oncle Charlie.

- Non. C'est toi seul qui vient de caresser ce cygnospectre, ton oncle Charlie n'a rien à voir là-dedans… Ne laisse personne t'enlever ça.

Louis sourit, vraiment. C'était la première fois qu'on le félicitait réellement, qu'on le félicitait lui, et seulement lui.