Hello, nouveau chapitre, un peu tardif (franchement je pensais pas qu'il sortirait à temps, le week-end a été chargé x—x )

J'espère qu'il vous plaira, et je vous souhaite une bonne lecture !

Lodae: Merci pour ta review ! Je suis contente que tu aies relevé le fait que le Veritaserum coïncide réellement avec le cycle lunaire, j'avais fait des recherches dessus donc je suis contente que ce soit remarqué ^^ par contre je sais pas si j'y ai vraiment réfléchi ou si ça a collé naturellement dans l'histoire et que j'en ai profité (ce qui arrive 95% du temps avec cette fic' ) Merci encore ! :D


Chapitre 21 : Vérité révélée ?

ou avec quel amusement Oikawa ruine la vie sentimentale de Bokuto


Dimanche 04 Décembre


Se promener dans Pré-au-Lard permettait à Oikawa de rompre avec son quotidien, devenu trop oppressant à son goût. Ces sorties-là, curieusement, ne lui avaient pas été interdites par le Professeur Yachi, contrairement à de nombreuses autres activités. Elle avait sûrement préféré se concentrer sur les heures de retenue lors des entraînements de Quidditch, car elle savait que cela aurait plus d'impact sur lui. Et elle avait parfaitement raison : les escapades dans le village des sorciers l'intéressaient bien peu, même pas du tout ; et si Iwaizumi n'avait pas insisté pour le faire sortir du Château, il n'y serait certainement pas venu de lui-même. Mais son meilleur ami avait arboré un air si touchant qu'il n'avait pas pu lui refuser : c'était bien la première fois qu'il lui proposait une activité depuis des semaines, la première fois qu'il faisait un pas vers lui pour tenter de revenir à la normale…

Il s'était donc empressé d'accepter l'invitation d'Iwaizumi, désireux de continuer sur la voie de la réconciliation. Si tous deux souffraient de cette distance insidieuse, ils devaient combiner leurs efforts : et Oikawa était bien décidé à agir.

Cette sortie serait une très bonne occasion pour utiliser le Veritaserum…

De cette manière, le Serpentard pourrait venir en aide à son meilleur ami, et leur relation de confiance totale referait surface tout naturellement. D'accord, cette méthode semblait radicale, et dangereuse de surcroît, mais il devait découvrir le secret d'Iwaizumi. Sinon il ne pourrait jamais être là pour lui comme il le devait.

Oikawa se retrouvait donc dans les rues du village enneigé en compagnie d'Iwaizumi seulement, Hanamaki et Matsukawa ayant refusé l'invitation avec des regards entendus et des sourires en coin. Au moins pouvait-il profiter de la présence de son meilleur ami dans des circonstances moins dramatiques, même si l'atmosphère restait ternie par ce souvenir. Depuis son effondrement dans la Salle des Trophées, quelque chose avait changé. Aucun d'eux n'abordait le sujet, car cela semblait toujours aussi irréel : jamais Oikawa n'avait subi une crise telle que celle-ci. Il avait eu l'impression de mourir. Qu'il s'agisse de son anxiété, ou de l'accumulation de tous les soucis qui l'accablaient, il ne saurait le dire ; mais le Serpentard voyait bien que si cette situation l'avait effrayé, elle avait également terrifié Iwaizumi. Celui-ci agissait différemment depuis l'incident, il était plus attentionné qu'à l'habitude, comme s'il voulait se faire pardonner, comme s'il souhaitait compenser cette absence qui leur avait fait du tort à tous les deux. Peut-être se sentait-il responsable ?

Iwaizumi parlait bien plus qu'en temps normal, et il n'hésitait pas à lancer des sujets de conversation pour obtenir la moindre réaction de la part d'Oikawa, qui malgré avoir été calmé par cette vague d'émotion, restait toujours bien silencieux. C'était étrange que son meilleur ami tente de le réconforter : il n'était visiblement pas très à l'aise dans ce domaine. Cette attitude ne ressemblait en rien à son éternel renfrognement ou sa colère de façade. Cette dernière permettait à Oikawa de garder les pieds sur terre quand rien d'autre ne fonctionnait, mais elle ne l'aidait pas dans une situation comme celle-ci. Iwaizumi tentait une approche bien différente, mais certainement pas désagréable. Juste déstabilisante.

Mais le seul fait qu'il essaie remontait énormément le moral d'Oikawa, même s'il commençait un peu à perdre ses repères.

Ils discutaient ainsi tandis qu'ils avançaient sur l'allée principale, se remémorant les souvenirs forgés dans ce village au fil des années. Les rues demeuraient désertes, si bien qu'il avait l'impression d'être seul avec son meilleur ami, à converser agréablement dans la neige.

Si Oikawa avait été un optimiste naïf, il aurait presque pu croire qu'il s'agissait d'un rendez-vous.

Mais il se sentait coupable d'une telle pensée, aussi absurde qu'elle lui semblât : Iwaizumi faisait son maximum pour le soutenir, lui qui souffrait bien plus. Et lui se permettait d'avoir ce genre de réflexions idiotes, alors que son meilleur ami tentait juste de le réconforter.

Il chercha donc à se distraire et il laissa ses pensées divaguer vers des considérations plus sérieuses, et plus réalistes. Au moins, il avait une occasion en or pour le Veritaserum : Iwaizumi n'était pas du tout sur ses gardes…

D'ailleurs, s'il avait le Veritaserum en sa possession, c'était grâce à Akaashi, et Oikawa lui avait assuré qu'il trouverait l'admirateur en échange du breuvage interdit. Même si le Serdaigle n'avait pas l'air très intéressé, c'était tout de même la condition donnée, et il tenait à la respecter. Le semblant d'honneur qui lui restait l'exigeait.

Peut-être la personne utilisait-elle un hibou de la Poste de Pré-au-Lard pour être plus discrète ? Il n'était pas encore allé vérifier si le Grand-Duc se trouvait dans la Volière, mais un rapide coup d'œil ici ne pouvait pas faire de mal. Cette espèce d'oiseau était rarement en la possession d'élèves, et le Serpentard ne serait pas surpris s'il ne s'agissait que d'un hibou d'emprunt : ce serait une bonne façon de passer inaperçu.

— On peut aller dans le bureau de Poste ?

Sa demande subite interrompit Iwaizumi qui acquiesça, malgré s'être fait couper la parole, preuve qu'Oikawa suivait bien plus le cours de ses pensées que celui de leur discussion.

Ils entrèrent dans la bâtisse de la grande rue, où de nombreux rapaces s'envolaient à intervalle régulier. À l'intérieur, des centaines de hiboux reposaient sur leurs perchoirs ; les yeux du Serpentard s'attardèrent sur les volatiles les plus impressionnants, nichés sur les plus hautes étagères colorées différemment en fonction de l'urgence et de la distance du courrier à envoyer. Il n'accorda pas un seul regard sur les petites chouettes, même si elles étaient destinées à des vols plus rapides qui incluaient certainement Poudlard.

Si l'admirateur gaspillait son argent pour louer un hibou d'une envergure démesurée, c'était son problème.

En dépit de l'incroyable variété d'espèces d'oiseaux nocturnes différentes, il trouva facilement l'espace dédié aux Grands-Ducs. Ils n'étaient pas difficiles à remarquer. Oikawa fit alors appel à toutes ses capacités de mémorisation visuelle pour se souvenir de l'aspect du hibou qu'il avait vu deux fois seulement : grands yeux jaunes, plumage blanc tacheté de noir… un schéma assez classique. Beaucoup de rapaces présents ici correspondaient à cette description, sans toutefois éveiller une certitude chez Oikawa. Il hésitait à demander à un employé si quelqu'un pouvait vraiment louer un oiseau si grand pour une distance si réduite… Après tout, il n'était pas un expert en hibou, et il y en avait tellement dans cette pièce que le Grand-Duc se trouvait peut-être parmi eux sans qu'il le remarque. Voulant tout de même confirmer ses hypothèses, il s'adressa à un postier.

— Excusez-moi, demanda-t-il finalement avec son plus beau sourire, si je souhaite envoyer une lettre à Poudlard, je peux choisir n'importe quel hibou ?

— Non, ce sont les chouettes qui sont réservées à cet usage.

— Vous êtes sûrs ? Même avec des frais supplémentaires ?

— Oui, les hiboux de plus grandes envergures sont destinés aux longs courriers.

Il remercia l'employé sous le regard perdu d'Iwaizumi, et quitta la pièce. De toute façon, elle était tout aussi froide que l'extérieur à cause des ouvertures pour les volatiles, et Oikawa avait l'impression étrange d'être observé par des centaines d'yeux orange et jaunes. Ce n'était pas très agréable.

— Pourquoi tu as demandé ça ?

— J'ai toujours été curieux de savoir si on pouvait les utiliser juste pour Poudlard !

Malgré sa voix chantante, le Serpentard était légèrement déçu que son hypothèse ne se soit pas avérée. Il continua d'avancer dans le froid, les mains dans les poches.

— Au début, reprit-il en entendant Iwaizumi soupirer avec amusement, je voulais voir si je pouvais envoyer quelque chose pour mes parents…

— Tu peux emprunter mon hibou, tu sais.

— Je ne vais pas exploiter Godzilla tout le temps !

— Comme si ça te dérangeait d'habitude, fit remarquer Iwaizumi.

— De toute façon, c'est pas la peine puisqu'on rentre pour les vacances…

Il tourna la tête vers son meilleur ami juste à temps pour constater le changement d'expression de son visage, ses lèvres pincées et son regard presque coupable. Oikawa s'arrêta net et le dévisagea, alors qu'Iwaizumi reprenait déjà une mine impassible.

— Tu rentres à la maison pour la fin de l'année ?

— Je pensais que toi aussi ? Enfin, c'est ce que j'avais cru comprendre cet été ?

Silence. Iwaizumi avait l'air désolé. Il en avait assez de voir cette expression sur son visage. Il savait exactement ce qui allait se produire : son meilleur ami allait inventer une excuse qu'il ne maîtriserait pas. Pas assez pour sembler crédible à Oikawa en tout cas…

— En fait, je pensais que ce serait mieux de rester ici… c'est notre dernière année à Poudlard, autant en profiter un maximum, non ?

Le Serpentard fut médusé par cette déclaration. Elle paraissait si honnête, si touchante, ce qui était bien inhabituel en considérant l'éloquence d'Iwaizumi, mais il ne devait pas s'y méprendre. Même si l'entente de ses mots répandait une douce chaleur dans sa poitrine, il ne laisserait pas ses sentiments manipuler son jugement. Il s'en souvenait, ils avaient tous les deux prévu de rentrer pour la fin d'année.

— Oui, c'est une bonne idée !

Le sourire de politesse qu'il lui offrit fut de bien courte durée puisque déjà ses pensées reprenaient le dessus alors qu'il se remettait en marche.

Est-ce qu'Iwaizumi restait à Poudlard à cause de l'histoire du loup-garou ? Ce serait bien plus facile pour Oikawa de le percer à jour s'ils n'étaient que tous les deux pendant deux semaines, peut-être ne voulait-il pas prendre de risques ? Mais les vacances commençaient le 18 décembre, et la pleine lune tombait le 14… pendant cette période de fêtes, il n'aurait donc pas à craindre que son secret soit dévoilé. Disait-il la vérité finalement, voulait-il vraiment profiter de Poudlard avec lui ?

Non, le changement était trop soudain, il lui en aurait parlé avant… Même si leur relation n'était pas des plus fusionnelles en ce moment, ce n'était pas une raison… si ? Non ? Il ne savait plus à force. Il fallait juste que…

Il s'arrêta dans ses pensées bouillonnantes lorsqu'il sentit une boule de neige s'abattre contre l'arrière de son crâne.

— Eh !

Il s'immobilisa avant de se retourner pour voir Iwaizumi, resté en arrière. Il n'avait même pas remarqué qu'il ne le suivait plus…

— Est-ce que tu peux revenir à la réalité deux secondes s'il te plaît ?

Oikawa était figé sur place, indigné par cette attaque. Le contact était désagréablement froid, et il passa une main dans ses cheveux pour y déloger la neige.

— Pourquoi t'as fait ça ?

— Tu réfléchis trop. Regarde, tu fronces encore les sourcils.

— Je fronce les sourcils parce que tu m'as balancé de la neige !

Iwaizumi répondit par un léger rire.

— Tu te moques de moi ?

— Tu verrais ta tête…

À ceci, une moue boudeuse prit place sur le visage d'Oikawa.

— Je t'en renverrais bien une, mais on sait tous les deux que je suis bien plus mature alors que t-

Il se reprit une boule de neige, en plein visage cette fois-ci, car il n'avait pas pu se protéger à temps : il n'avait pas vu la deuxième munition dans la main de son meilleur ami.

Iwaizumi ricana devant la mine parfaitement choquée en face de lui. Le Serpentard victime de cette agression sentait d'ores et déjà le froid lui attaquer les joues alors que son bourreau s'approchait de lui, tout sourire.

— Tu disais ?

— Tu es une brute épaisse, Iwa-chan.

S'il avait pu, il lui aurait versé une poignée de neige dans ses vêtements en guise de vengeance, mais aussi réjouissant que cela puisse paraître ils étaient bien trop proches pour qu'Oikawa ne craigne pas les représailles d'un tel acte. Et puis, Iwaizumi souriait, c'était suffisamment rare pour être relevé. Il ne voulait pas lui enlever ça. Il se contenta alors de lui asséner un léger coup de coude près des côtes, en dévoilant finalement lui aussi son amusement.

Ils continuèrent de marcher après cette petite interruption, et le Serpentard décida d'avancer en reculant, pour garder ses yeux sur le visage d'Iwaizumi. Il sentait déjà son cœur s'emballer pour rien, comme l'idiot qu'il était. Il chercha donc autre chose à faire, car même s'il adorait être aussi à l'aise avec son meilleur ami, il ne pouvait plus le contempler sans que des pensées indésirables l'envahissent.

Cela devrait être interdit de sourire si tendrement.

— Qu'est-ce que tu veux faire alors ? À part jeter de la neige comme un gamin ?

— C'est ça, fais-moi passer pour le mec immature… On fait ce que tu veux.

Oikawa ignora les idées peu recommandables qui lui vinrent immédiatement à l'esprit, et remercia sa capacité à réfléchir avant de parler.

— Eh bien… on pourrait aller-

Il glissa sur la neige avant d'avoir pu finir sa phrase, et se retrouva sur le dos sans avoir eu le temps de comprendre ce qu'il se passait. Il aurait dû regarder où il mettait ses pieds, et marcher comme une personne normale. Il avait été trop distrait, et maintenant il se trouvait couvert de neige. Au moins, sa chute n'avait pas été douloureuse.

— Ça va ?

Iwaizumi afficha immédiatement une mine sérieuse et offrit un appui à Oikawa pour se relever. Son meilleur ami regarda son genou avec préoccupation, et son cœur se serra. Il était parfaitement fonctionnel depuis longtemps, mais Iwaizumi avait l'air d'oublier qu'il avait été soigné par magie.

— Ça va, t'inquiète, je suis juste couvert de neige…

— Tu devrais regarder où tu marches, fit-il finalement en lui ébouriffant les cheveux pour faire partir la neige.

Qu'avait-il fait pour mériter un tel ami ? Il s'inquiétait de son genou insignifiant alors qu'il possédait des problèmes bien plus graves… Il était vraiment trop gentil. Mais il ne pouvait pas en dire autant. Oikawa lui ne pouvait pas l'aider, il ne savait pas toute l'histoire, on ne lui disait pas la vérité…

Peut-être était-il temps qu'il la découvre, quoi qu'il arrive, qu'Iwaizumi le veuille ou non.

— Je vais aller chercher des Bièraubeurres, d'accord ?

Ce dernier accepta et proposa de l'attendre ici, malgré l'invitation d'Oikawa de trouver une table à l'intérieur. Il partit donc seul vers les Trois Balais, ce qui lui laissa largement le temps de réfléchir à ses actes.

D'accord, moralement ce n'était pas très juste. Dans le monde Moldu, cela reviendrait à droguer quelqu'un à son insu… et la potion était même illégale…

Mais ses intentions étaient bonnes, n'était-ce pas là le principal ?

S'il s'y prenait habilement, Iwaizumi ne s'en rendrait peut-être pas compte… si ? À vrai dire, il ignorait les détails du fonctionnement du Veritaserum ; mais si l'élixir forçait à révéler la vérité, peut-être que la personne n'en était pas consciente ? Il aurait dû le demander à Akaashi…

De toute façon, il ne pouvait plus reculer désormais.

Les élèves affluaient dans le pub et le bruit des conversations l'atteignit plus rapidement que la chaleur apaisante de l'intérieur du bâtiment. Au moins dehors leur discussion se fera dans le calme.

Il s'approcha du bar et patienta quelques minutes avant que son tour n'arrive et qu'il puisse enfin commander. Oikawa joua nerveusement avec le flacon dans sa poche en attendant ses boissons.

Il ne faisait rien de mal. Il voulait simplement aider son meilleur ami. Il avait confiance en lui, mais Iwaizumi devait se rendre compte qu'il serait toujours là quoiqu'il arrive. Il n'avait pas à craindre de lui dire quoi que ce soit : il lui fallait donc un peu d'aide pour le comprendre.

Oui, de l'aide, c'était simplement ça.

Il ne faisait de tort à personne.

Pourtant, il hésita lorsque les boissons furent déposées sur le comptoir. Peut-être n'était-ce pas la solution… mais alors, il ne saurait jamais la vérité, et cette année se terminerait tout aussi mal qu'elle avait commencé. Non, il ne le permettrait pas. Pas pour leur dernière année à Poudlard.

Avec cette nouvelle résolution, il versa l'intégralité du flacon dans l'une des deux boissons et regarda le liquide translucide se fondre dans la robe dorée de la Bièraubeurre. Il savait très bien que quelques gouttes suffisaient, mais il ne voulait rien laisser au hasard. Le Serpentard quitta le comptoir avec ses chopes avant de prendre une profonde inspiration. Il tenta de calmer les battements frénétiques de son cœur ainsi que le léger tremblement de ses mains pour pouvoir retourner dehors.

Il s'apprêta à partir d'un pas décidé lorsqu'il se fit bousculer et faillit renverser l'intégralité des deux boissons. Réprimant l'insulte qui allait franchir ses lèvres, Oikawa s'assura que le contenu des deux Bièraubeurres était resté intact avant de poser les yeux sur la personne qui venait de lui rentrer dedans.

Bokuto.

Et cet énergumène de Gryffondor n'avait pas du tout l'air désolé, il se contentait de regarder Oikawa en souriant comme un idiot.

— Tiens, Oikawa ! J'espère que ça va mieux !

Bien évidemment, il ne s'excusait pas d'avoir manqué de lui faire faire une crise cardiaque. Le Serpentard n'avait vraiment pas envie de discuter.

— On ne peut mieux, mentit-il.

— Dis-moi, Oikawa, est-ce qu'il te resterait de l'argent ?

— Oui p… ah non. Je ne vais pas te prêter de l'argent.

— Mais pourquoi ?

— Commence déjà par rendre ce que tu dois à Yukie et après les gens te feront confiance.

— S'il te plaît, juste pour une Bièraubeurre ! Une seule ! J'ai pas assez pour deux ! Juste une !

— Non, de toute façon je ne t'entends pas, il y a trop de bruit. Au revoir.

— Oikawa…

Bokuto suivit le Serpentard, à son plus grand désarroi, jusqu'au vestibule du pub. Il était presque arrivé à la sortie lorsqu'il se fit de nouveau interrompre :

— S'il te plaît, j'ai des dragées surprises en échange !

— Je m'en fiche, t'avais qu'à faire attention à ton argent… laisse-moi partir maintenant.

— Mais je te le revaudrais, promis !

— Tu me donnerais le mot de passe de Gryffondor ? demanda finalement Oikawa.

— T'es malade ou quoi ? J'ai pas envie que tu ailles tuer Ushijima dans son sommeil…

Il n'avait même pas pensé à cette éventualité, il voulait juste une information intéressante si jamais il consentait à dépenser de l'argent pour rien.

— Non bon d'accord alors, céda Bokuto devant le silence du Serpentard sur le point de partir, je te le donnerais !

Il était certainement en train de mentir, le Gryffondor était bien trop simplet lorsqu'il était d'une humeur aussi joyeuse. Tant d'euphorie dégoûtait presque Oikawa.

Mais chercher l'argent dans ses poches ne s'avérait pas aisé quand les Bièraubeurres occupaient déjà ses mains.

— Bon, tiens…

Il en tendit une à Bokuto pour dénicher plus facilement deux Mornilles et ainsi se débarrasser du Gryffondor collant. Elles étaient dans son pantalon, mais même de cette façon il était difficile de les atteindre avec adresse.

— Merci, Oikawa, t'es super sympa !

— Ouais ben de rien.

Les pièces ne semblaient pas se trouver là… peut-être dans la poche intérieure de sa cape ? Ce n'était pas pratique avec une seule main…

Mais le temps qu'il relève la tête pour dire à Bokuto qu'il était vraiment désagréable, celui-ci commençait déjà à boire la pinte comme si elle lui appartenait.

— Mais non ! Arrête !

Il essaya vivement de lui arracher la Bièraubeurre des mains, mais dans la commotion et la surprise du Gryffondor la chope tomba à leurs pieds, déversant tout le contenu par terre. Une belle métaphore des espoirs d'Oikawa en ce moment.

Oh non.

Quelle boisson lui avait-il donnée déjà ? Était-ce celle-ci où se trouvait le Veritaserum ? Dans la panique, l'information lui échappait totalement. Pitié que ce ne soit pas celle-là.

Quoi qu'il en soit, il reporta sa colère sur Bokuto :

— Mais ça va pas ? J'espère que tu l'as pas bue ?!

— Mais quoi, c'est toi qui me l'as donnée !

— C'était pour que tu me la tiennes pendant que je te cherchais de l'argent, espèce de crétin ! C'est pas vrai ça...

Il regarda sa main qui tenait toujours l'autre Bièraubeurre. Oh non. Il y avait de très grandes chances que ce soit celle tombée par terre qui contenait le Veritaserum. Le Serpentard commença à paniquer. Non seulement ce crétin en avait bu, mais en plus il ne lui restait plus une seule goutte de l'élixir étant donné qu'il avait tout versé dans la boisson !

Comment allait-il faire maintenant ? Comment allait-il découvrir la vérité ? Comment pourra-t-il venir en aide à Iwaizumi ? Sera-t-il condamné à vivre une année infernale, sans rien pouvoir y faire ? Non…

Non.

Bokuto allait le payer, il pouvait le garantir. Il allait payer le prix de la vérité qu'il lui avait dérobée.

Il prit une profonde inspiration, ferma son poing avant de reprendre contenance.

— Bokuto ? fit-il d'une voix parfaitement calme.

— Oui, désolé, je te rembourserais…

— C'est quoi le mot de passe de Gryffondor ?

Oikawa s'attendait presque à se faire rejeter pour avoir reposé la question sans lui avoir donné l'argent qu'il souhaitait, mais la réponse arriva dans la seconde :

Cogito ergo sum

Un sourire mauvais s'étira sur le visage du Serpentard. Oh oui, il allait lui faire payer. Sans plus attendre, il continua son interrogatoire alors que Bokuto commençait déjà à froncer les sourcils quant à sa réponse immédiate.

— Et c'était pour qui cette deuxième Bièraubeurre ?

— Pour Akaashi…

Mais qu'est-ce que le Serdaigle faisait à gâcher son week-end avec lui ? Oikawa grimaça ouvertement. Peut-être que Bokuto était l'admirateur finalement, cela correspondait avec la découverte qu'il avait faite sur l'écriture de Kuroo… Il devait aussi être assez stupide pour louer un Grand-Duc s'il n'en avait pas déjà un… ça se tenait. Mais si c'était le cas, le Serpentard était vraiment très déçu. Il ne méritait pas Akaashi.

Avant qu'il ne puisse continuer de l'interroger, Bokuto se remit à parler :

— Tu as l'air de mauvaise humeur.

— Pas du tout, mentit-il, pourquoi tu dis ça ?

C'était si facile d'avoir des réponses à la moindre de ses questions, Oikawa pourrait presque s'y habituer.

— Eh bien, je vous vois toujours ensemble, alors je me disais que vous étiez peut-être en couple, ou quelque chose comme ça.

En entendant ceci, il ne put s'empêcher d'éclater de rire. Quelle absurdité ! Déjà, Akaashi et lui n'étaient pas souvent tous les deux, et il était certain de n'avoir jamais vu Bokuto une seule fois alors qu'il restait avec le Serdaigle. Non, ils se retrouvaient normalement dans des endroits calmes comme la bibliothèque ou le club de Potions.

Il disait vraiment n'importe quoi. Pas étonnant qu'Iwaizumi ne remarque pas ses sentiments si les gens pensaient qu'il avait un faible pour le Serdaigle. Vu cette déclaration, il était peut-être véritablement l'admirateur… Il était sur la bonne voie.

— Pourquoi tu dis ça, il t'intéresse Akaashi ?

Savoir que la question allait avoir une réponse instantanée avait quelque chose de particulièrement satisfaisant, même si Bokuto semblait être légèrement paniqué par les propos qu'il était obligé de tenir. Il devait commencer à comprendre la situation.

— Oui. Mais j'ai pas envie d'en parler avec toi… je… je devrais arrêter de parler… je vais partir. Oui, c'est mieux.

— Attends, j'ai pas fini !

Mais le Gryffondor s'enfuyait déjà des Trois Balais, tandis qu'Oikawa étouffait son rire. Il aurait bien voulu lui faire confirmer qu'il était l'auteur des lettres, ou continuer à lui poser des questions embarrassantes pour pouvoir faire du chantage, mais il avait déjà bien avancé dans son enquête.

Bokuto était l'admirateur.

Il l'avait bien cherché. Il n'avait pas qu'à boire ce qui ne lui appartenait pas : il avait réduit les plans d'Oikawa à néant. Au moins, le Serpentard était quelque peu soulagé, car si Iwaizumi avait consommé le Veritaserum et s'était rendu compte de son stratagème, il aurait passé un très mauvais moment en plus de ruiner leur amitié. Mais maintenant il n'avait plus de plans, encore moins d'idées pour trouver la vérité. C'était incroyablement frustrant.

Dans tous les cas, il donnerait ces informations à Akaashi, en priant qu'il ne découvre jamais qu'il n'avait pas utilisé le Veritaserum sur la bonne personne. Ce n'était pas de sa faute après tout.

Il s'en alla du pub après s'être remis de ses émotions, à moitié satisfait de lui-même, à moitié agacé par Bokuto. Toutefois, lorsqu'il sortit pour rejoindre le froid glacial de ce début d'hiver, il eut un moment d'arrêt. Toute son équipe de Quidditch se trouvait autour de son meilleur ami. Hanamaki et Matsukawa étaient là eux aussi.

Il avança vers eux, légèrement surpris. Il tendit la Bièraubeurre à Iwaizumi et regarda ses camarades l'observer avec des petits sourires en coin.

L'équipe était au complet, chose rare en soi considérant tous les conflits qu'il y avait en son sein : Daishou et Kuroo étaient à quelques pas l'un de l'autre, incroyable ! Mais pour l'instant, la seule tension qu'il ressentait provenait davantage des regards noirs que Tsukishima lançait au Gardien en se massant nerveusement le bras… Il espérait que ce n'était pas là le début d'une nouvelle inimitié, néfaste pour la cohésion de leur groupe. Ils n'avaient pas besoin de ça s'ils souhaitaient gagner des matchs et être plus soudés. Oikawa devrait avoir une petite conversation avec Kuroo…

— Eh, Oikawa, t'es avec nous ?

L'interpellé revint à la réalité grâce à la voix d'Iwaizumi. Il leur offrit un grand sourire.

— Qu'est-ce que vous faites tous là ?

— On vient passer du temps avec toi, répondit Nakashima.

— Ben oui, on l'aime notre Capitaine...

— Ouais, fit Daishou en complétant la réponse de Kuroo, même s'il est parfois très stupide.

Oikawa observa un instant son équipe, les yeux brillants de fierté. Il ne savait que dire, lui qui pensait qu'ils le détestaient tous. Il se tourna vers Iwaizumi.

— C'est toi qui as prévu tout ça ?

— Mais bien sûr que c'est lui, lança immédiatement Matsukawa sans lui laisser le temps de répondre, d'ailleurs tiens, c'est pour toi.

Il lui tendit un petit paquet avant de jeter un regard appuyé à l'encontre d'Iwaizumi.

— C'est ta mère qui a glissé ça dans le dernier colis que j'ai reçu… donc voilà…

Oikawa entendit Matsukawa soupirer bruyamment, mais il n'en tint pas compte : il préféra inspecter ce cadeau. Une fois le papier délicatement déchiré, il ouvrit la boîte qui se trouvait à l'intérieur. Il savait ce qu'elle renfermait avant même d'en soulever le couvercle.

Des pâtisseries.

De nombreux souvenirs lui revinrent en mémoire, des moments de son enfance et de quelques journées de l'été dernier. Il n'oublierait jamais l'odeur de ces biscuits, elle suscitait en lui bien trop d'émotions, particulièrement depuis sa sixième année. Mais ni son meilleur ami ni sa mère ne pouvait le savoir.

Coïncidence ?

Oikawa ne serait pas étonné si c'était Iwaizumi qui avait demandé à en envoyer. Il était véritablement le meilleur. Il afficha un sourire radieux, un vrai, lorsqu'il croisa son regard.

Le Serpentard en proposa à tout le monde, et ils partirent en quête d'un pub où s'installer bien au chaud. Futakuchi remarqua que c'était une bonne occasion de parler de Quidditch en équipe en contournant l'exclusion de l'entraînement, et cela fit sourire Oikawa.

Ils avaient tous l'air si dévoués, si désireux de gagner les matchs suivants. Il avait eu tort : ses joueurs ne l'abandonneraient pas. Ce n'était pas digne d'un Capitaine de penser de telles choses. Il était si fier d'eux.

Ils restèrent tout l'après-midi à Pré-au-Lard. Même si la sortie était chaotique, et que des tensions étaient encore palpables (pourquoi Kuroo était-il toujours concerné ?), Oikawa passa un très bon moment en leur compagnie. Il réalisa qu'il n'était pas seul, et qu'il se devait de garder la tête haute pour eux, et travailler avec acharnement pour gagner la suite de la saison.

Mais cela ne voulait pas dire qu'il oubliait Iwaizumi : toutes ces émotions l'avaient revigoré, et il était plus décidé que jamais à trouver une solution. Il devait mériter son amitié, et Iwaizumi avait mis la barre très haute.


Petite précision:

- Pour le mot de passe de Gryffondor, c'est une référence (pas seulement à la phrase de Descartes), une vraie référence à un truc sur Internet en rapport avec Harry Potter, et franchement si quelqu'un la trouve je serais si contente que je lui accorderais ce qu'il voudra :D (soyons raisonnables tout de même)

Alors, comment avez-vous trouvé ce chapitre ? Vous vous y attendiez ?

Merci d'avoir lu en tout cas !