Note de l'auteur :
Salut tout le monde! Ça va toujours?
J'espère que oui!
Vrai que le dernier chapitre a été un peu difficile à passer… avec Yami/Marik et la « querelle » entre les deux frères. Mais bon, souhaitons que les choses vont s'arranger! SOURIRE.
Sinon… ben merci pour les reviews. Blue Eyes Dreamer! Un gros gros merci à toi. Pour tout. Et puis aussi à Saya. Et aussi à ceux qui sont trop timides pour laisser un commentaire.
Bonne lecture !
Chapitre 21
Peine perdue
Peu n'en fallut qu'il se sauve en courant comme un gamin pris en pleine faute.
Mais ses pas demeuraient bien cloués au sol, totalement rivés par une gravité doublée par le poids de la culpabilité.
Kaiba serrait les poings, tête penchée; tant de choses lui avaient échappé depuis des semaines. Et c'était une vraie torture.
Plus les choses se présentaient, plus elles formaient un véritable labyrinthe autant dans son propre esprit que dans la réalité des gens qui l'entouraient. Ils y étaient tous trois piégés, tournant dans tous les sens comme de véritables girouettes sans parvenir à se retrouver ni en trouver l'issue libératrice.
Ce n'était ni prévu ni normal que Mokuba confesse à quelqu'un d'autre qu'à lui seul, des moments aussi intimes et aussi précieux. Des souvenirs qui se refermeraient jalousement dans les pensées secrètes de son cadet, sitôt dites.
Et pourtant, tout ça, n'était-ce pas de sa propre faute?
Tant de choses auraient dû éclater au grand jour depuis le tout début. Seulement voilà. Il avait respecté le silence de l'une pour appesantir celui de l'autre. Et cet autre, c'était Mokuba.
Mais qu'est-ce qui le retenait autant d'entrer dans cette chambre et s'asseoir pour lui parler, l'écouter comme avant?
Tout était devenu si compliqué depuis l'arrivée de Naomi. Il n'y avait de la place que pour elle seule. Et fort égoïstement, Kaiba avait désiré que cela se produise depuis l'incident, pour ne pas dire même avant.
Il se voyait forcé d'admettre maintenant qu'il en payait les frais en les faisant payer au centuple à son petit frère.
Et c'était si injuste tout ça.
&&&&&&
De l'autre côté de la porte, Naomi ressentit facilement la présence de Kaiba. Mais elle se prêta avec tendresse aux propos du jeune homme sans trop se laisser distraire.
Son regard, le même que lorsqu'elle l'avait croisé devant le grillage, illuminait de mille soleils.
Il était heureux, juste à repenser à cet instant magique où ses lèvres avaient épousé celles de Samantha.
Il faisait noir certes. Mais Naomi pouvait facilement les percevoir au ton de sa voix.
Était-ce identique à cette première fois, ce moment ultime où Kaiba avait posé ses lèvres sur les siennes? L'étourdissement et la chaleur étaient-ils les mêmes que ceux ressentis par Mokuba?
Oui. Elle s'en souvenait encore. Comme elle s'en souviendrait jusqu'à l'heure où son âme quitterait son âme et cette terre.
À cette pensée, elle ne put empêcher un sourire presque timide de s'imprégner sur son visage.
Si tout avait pu être aussi simple.
Oui. Mais tout était compliqué, bien à l'encontre des désirs de tous, y compris les siens.
Elle ne s'aventura sur aucun autre terrain, toujours intimement persuadée que Kaiba se tenait dans le couloir; sûrement, il devait tenir difficilement en place.
Et puis, l'orage s'était éloigné. La lumière était également revenue d'un coup.
Mokuba semblait moins attristé. Probablement que de parler lui avait fait le plus grand bien.
Peut-être, sans le savoir, avait-elle réussi à mettre un peu de baume sur son cœur?
&&&&&&
Quand elle referma la porte derrière elle, et bien qu'elle le savait déjà, elle tomba nez à nez avec Kaiba qui croisa aussitôt son regard comme s'il s'enquérait des dommages causés jusque-là.
Il avait bien l'intention d'entrer dans cette chambre mais Naomi crût percevoir dans le creux de son ciel bleu ombragé un doute, un manque de courage plus probant.
« …ça ira…t'en fais pas… » pensa-t-elle en l'encourageant d'un demi-sourire compréhensif.
Puis elle baissa la tête en s'éloignant, lui démontrant le plein respect de la situation.
Kaiba respira un grand coup avant de s'annoncer en cognant doucement à la porte. Puis, s'assurant que Naomi avait bel et bien disparu du couloir, il la referma derrière lui.
&&&&&&
- Je crois qu'il faut qu'on parle Mokuba.
Ce dernier encore échaudé par le dur comportement de son frère, baissa la tête, ne sachant plus très bien à quoi s'en tenir.
Mais il était encore très peiné par cette nouvelle attitude.
- Si tu veux… soupira-t-il.
- Je peux m'asseoir? demanda Kaiba en montrant le petit fauteuil qu'il approcha du lit de Mokuba.
À nouveau, il marqua une courte pause, les coudes sur ses genoux en approchant son visage de celui de son cadet.
- Je suis désolé Mokuba. Vraiment désolé.
Son visage marquait le chagrin lui aussi. Pire, il semblait sortir d'un long cauchemar.
- Je te dois beaucoup d'explications…
« Des explications? »
Mokuba fronça les yeux. Séto se montrait si grave tout à coup.
Ce qui ne fut pas sans alarmer Mokuba qui se montra très intéressé et inquiet.
« Mais par où commencer…? Et puis d'ailleurs, je ne peux pas TOUT lui dire… »
Kaiba respira à nouveau.
- Mokuba…d'abord je veux que tu me fasses la promesse que ce que je te dirai restera entièrement confidentiel. Que rien ne sortira de cette pièce et surtout pas de tes lèvres. Tu comprends?
- Séto…tu me fais peur là… mais qu'est-ce qu'il y a?
- Promets-moi petit frère, insista soigneusement Kaiba.
Mokuba bégaya soudain, incertain de la teneur des futurs propos de son frère. Mais il comprenait que c'était assez grave vu son allure.
- Euh….oui…je…je promets… finit-il par dire en hochant la tête.
- Naomi…ne…restera pas Mokuba. Et je ne crois pas qu'elle ait jamais voulu rester.
- Quoi? Mais…pourquoi? Qu'est-ce que…
- Écoute-moi Mokuba. C'est important.
Les aveux lui répugnaient au plus haut point. N'avouait-il pas qu'il demeurait totalement impuissant, qu'il n'avait aucun contrôle sur la volonté des autres?
- Ça ne peut pas excuser mon comportement vis-à-vis toi Moki, et je te demande pardon de t'avoir autant négligé au cours des dernières semaines, reprit-il. Mais j'aimerais tant que tu comprennes pourquoi j'agis comme je le fais. Et crois-moi, ce n'est pas par plaisir.
- Mais explique-moi…je comprends rien à ce que tu dis… pourquoi elle veut…elle n'est pas heureuse ici, avec nous?
Kaiba soupira dans un demi-sourire nostalgique.
- Je crois que Naomi ne sera jamais heureuse où que ce soit…
Il était beaucoup plus difficile qu'il ne le croyait de se confier à son tour.
Il cherchait ses mots, confus.
Mais il n'aurait pas avoué que ça le blessait profondément.
- Ce que je m'apprête à te dire Mokuba, c'est très important que tu le gardes pour toi.
Encore, il respira vivement, cherchant un peu de courage.
- Je suis au courant de certaines choses depuis très longtemps. Et ce sont des choses qu'elle ne sait pas que je sais. Des souvenirs, des moments de sa vie qu'elle ne me pardonnerait pas de savoir. Tu comprends?
Kaiba poursuivait son mea culpa, péniblement, alors que dans la gorge de Mokuba s'était nouée une boule de tristesse sans même savoir pourquoi.
Kaiba allait-il se rendre jusqu'au bout dans ces démystifications? En avait-il le plein droit?
Non.
Mais pour se voir octroyer le pardon de son frère, et peut-être même dans l'espoir secret que ce dernier lui vienne en aide, il se permettrait d'aller aussi loin qu'il le pourrait.
- Je te montre aujourd'hui à quel point j'ai confiance en toi, Moki. Mais rien, je dis bien RIEN ne doit franchir tes lèvres; pas un mot, pas un son. Rien.
Mokuba regretta soudainement d'avoir promis le silence. Comme s'il s'apprêtait à porter le poids du monde sur ses épaules. Et cette sensation se montrait des plus désagréables.
Mais il avait promis. Et en tant que Kaiba, il n'allait pas se dérober. Encore moins le jour où son frère l'appelait à son secours et qu'il paraissait avoir besoin de lui.
- Et…je ne sais plus si je dois la laisser partir…ou…
Kaiba cessa de murmurer pour se taire un moment.
- Non! S'écria Mokuba en se levant d'un bond et en le rejoignant. Il s'était laissé tomber devant Séto, à genoux en lui saisissant les mains.
- Non…reprit-il. Retiens-la.
- Quoi?
Kaiba avait presque reculé tant la réaction de Mokuba le déstabilisa.
- Tu m'as bien entendu, Séto. Tu ne veux pas qu'elle s'en aille, pas vrai?
Le regard étonné de Kaiba se radoucit, se remplissant de gratitude.
Allait-il oui ou non répondre à la question?
D'ailleurs, était –il possible de le faire sans se trahir complètement?
Mais de quoi avait-il peur? N'était-ce pas son petit frère qui se tenait devant lui, la seule personne au monde qui ait jamais eu son entière et absolue confiance?
Mais il secoua finalement la tête de droite à gauche dans un court mouvement sec, fort discret; un mouvement distinct qui confirmait la négative.
- Mais ce n'est pas si simple Moki…
Tout cela tombait dans le mélo et Mokuba se découvrit un malaise à y demeurer.
Aussi, il pouffa presque de rire.
- Allons donc! Tu es Kaiba, Séto! Rien n'est difficile ou impossible pour toi… je parie que tu as déjà pensé à des tonnes de solutions… pas vrai?
« J'ai le meilleur petit frère du monde… »
Kaiba ne put réprimer un sourire soulagé et presque amusé.
- Ouais… c'est vrai. Mais je suis pas certain des réactions que cela va entraîner. Y'a des choses… très risquées et…
- Alors risque-les! se vit-il coupé aussitôt. Qui risque rien n'a rien. C'est bien la leçon que j'aurai retenu le mieux. Je devais attendre le bon moment pour te la citer je crois…
Il paraissait s'amuser ouvertement de cette situation plutôt difficile.
- Tu as changé Séto.
Kaiba scruta le fond de son regard, inquisiteur.
- Depuis le jour où tu es allé faire cette course, tu te rappelles ce pari?
Oh que oui! Il s'en souvenait.
- Et ben…recommença Mokuba, tu n'as pas arrêté de changer depuis. Et je vois tout ce qu'elle t'apporte. Je vois même combien tu es heureux quand elle est là. Mieux, je le comprends moi aussi maintenant.
Toujours, Kaiba voulut se garder une porte de sortie. Même s'il était à découvert.
- Tu es bien certain de ne pas confondre avec ta copine là?
Mokuba rougit furieusement.
- Non…mais…euh…
Détail dont ils n'avaient toujours pas parlé ensemble.
Mais maintenant que Séto tombait dans le sujet, c'était le temps idéal d'y venir à son tour.
- Oh…tu es au courant…
Cette fois, Kaiba ne cacha pas son sourire aussi ravi qu'amusé.
Il voulait savoir.
- Euh…et ben...
N'en pouvant plus, Mokuba se précipita.
- Oh! Séto! Elle est magnifique….et puis elle… elle…
- Du calme Moki…on croirait que tu vas nous faire une crise d'asthme….
Mokuba se tut sur-le-champ. En réalité, il ne savait trop comment en parler.
- Tu comptes me la présenter un jour, j'espère?
- Bien sûr que si!
- T'as intérêt ! Et j'espère qu'elle est bien…
Voilà qu'il reprenait son rôle de grand frère protecteur au plus grand plaisir de Mokuba d'ailleurs.
- Je…je suis certain qu'elle te plaira….
- Humm…
« Si elle te rend heureux Moki, oui, elle me plaira »
- Je te fais mes excuses encore une fois, Moki. Ne serait-ce que pour l'avenir. Mais j'ai beaucoup de choses à faire et elles me prendront passablement de temps.
- Prends le temps qu'il faudra Séto. Mais retient-la. C'est tout ce qui compte, non?
Kaiba aurait aimé qu'il redevienne tout petit afin de le saisir dans ses bras et le serrer contre son cœur. Seulement maintenant que Mokuba était rendu presque aussi grand que lui, il lui semblait que ces élans d'affection n'étaient plus permis.
C'était sans compter l'extrême sensibilité de Mokuba qui ne se gêna nullement pour lui démontrer le réel amour qu'il lui partageait toujours.
Vivement, ses bras entourèrent le cou de Séto qui sursauta mais sans se déprendre de son étreinte. Au contraire, Mokuba ne put pas apercevoir le sourire sincère de son grand frère alors qu'il refermait ses bras autour de lui.
Comme il l'aimait.
- Promets-moi Moki que s'il y a quoi que ce soit… tu vas venir me voir et m'en parler, d'accord?
- Humm..humm… soupira-t-il.
Brisant l'étreinte, Mokuba l'envisagea sérieusement.
- Alors on fait un marché, ça te va?
- Un marché?
- Si, si… je te promets de venir te parler de tout si toi de ton côté, tu me promets de tout faire pour que Naomi reste. D'accord?
Il ne connaissait réellement pas la teneur exacte de ce marché. Si Kaiba mettait l'un de ses plans à exécution, il était persuadé que ça ne serait pas sans mal.
Mais Mokuba semblait l'encourager coûte que coûte. Ce qui le rassura au fond.
Il savait maintenant qu'il comprendrait, quoi qu'il fasse.
- Très bien. On signe un contrat si tu veux? demanda Kaiba comme s'il venait de négocier un contrat.
D'un signe de la main, Mokuba rejeta l'idée, exaspéré par cette proposition.
- Ah non! Ta paperasse, tu te la gardes au bureau….
Sur ce, ils éclatèrent d'un rire communicatif.
&&&&&&
- Je peux vous aider Marie?
- Oh non, mademoiselle! Tout est prêt déjà.
Naomi se montra des plus étonnées vu le manque précédent d'électricité.
- Oh! recommença Marie. C'est que j'avais déjà tout préparé avant que cet orage éclate…mais je vous remercie. Vous êtes vraiment très aimable.
Ce à quoi Naomi ne répondit que par un vague sourire évasif.
&&&&&&
Après le repas, profitant de la nouvelle absence de Kaiba qui s'était éclipsé dans son bureau, Naomi et Mokuba se retrouvèrent au salon où ils avaient eu l'idée de se taper un film, Alexandre le Grand avec l'acteur Colin Ferrell.
- Oh…souffla-t-elle avant que ça ne débute, tu m'as pas dit pour les cours…comment ça avance?
Mokuba fit la moue.
- Bof…comme ci comme ça… je crois que je m'en tire plutôt bien… enfin, pas comme toi mais ….
Il paraissait ennuyé.
- Mais quoi? Tu as des ennuis?
« Ces garnements ne doivent pas lui rendre la vie facile…c'était à prévoir je crois »
- …nan…ça va….
Curieusement, il ne parvint pas à la persuader.
Elle aurait juré que quelque chose le tracassait.
- Alors…si je comprends bien, tu n'aimes pas? se risqua-t-elle à demander en tâtant le terrain.
- Euh… les cours.. non, ça va. C'est plutôt bien…enfin…
Elle n'osait pas pousser l'enquête plus loin mais se risqua quand même.
- Tu trouves ça difficile? Tu t'attendais à autre chose?
Il hésitait, ne désirant nullement la décevoir.
- C'est ce Hashataya qui…
- Professeur Hashataya, Mokuba… le reprit-elle vivement.
Il soupira.
- Ouais… je crois par moments qu'il a des préférés… je le trouve sévère… je sais pas…avoua-t-il embarrassé, en repensant à tous ces exercices qu'il l'obligeait à accomplir comme une punition alors que ce n'était jamais sa faute.
Naomi laissa s'échapper un réel sourire moqueur.
- Non. Il n'en a pas. Et s'il se montre sévère, c'est justement pour t'aider à progresser et à assimiler ta matière le mieux possible. C'est l'un des meilleurs professeurs qui soit.
- Quoi?
- Si, si. Je t'assure. Il ne cherche que ton bien. Même s'il n'en a pas l'air. Et dis-toi que s'il s'acharne sur toi, c'est qu'il voit le talent que tu possèdes. Il tient à le développer à son maximum. C'est pourquoi il paraît aussi autoritaire, voire inflexible. Mais je te répète que c'est un très bon professeur. Ne le sous-estime pas Moki.
« C'est qu'il voit aussi que tu dois être embêté par d'autres élèves…et que pour ton bien… il s'empresse de te durcir l'esprit… »
Mais elle retint cette pensée pour elle seule.
- Il croit que je suis assez bon pour…
- Oui, l'encouragea-t-elle.
Après tout, Mokuba l'avait peut-être mal jugé. Ça avait du sens ce qu'il venait d'apprendre. Et vrai que plus vite il saurait se débrouiller, plus vite il pourrait se départager de ces imbéciles – la bande à Keenu.
Malgré tout, celui lui réchauffa le cœur d'être mis au courant de cette bonne nouvelle.
« Je devrais peut-être aller faire un petit tour…question de voir où en sont les choses… Et puis, de toute façon, je dois recommencer à bouger un peu… »
Cette conversation n'avait pas été stérile après tout.
Elle avait beau se dire qu'elle verrait ce qu'il en est mais au fond, sans l'avouer, elle tenait surtout à se rassurer sur son pressentiment.
- Tu le trouves comment?
- Hein? Qui ça?
- Ben…l'acteur…ce Ferrell… demanda Mokuba qui cherchait peut-être à faire des comparaisons de ses préférences par rapport à son frère.
- Bof… soupira-t-elle. Il est sexy, c'est vrai. Mais bon… c'est un très bon acteur mais le film, il casse pas la baraque… enfin…
« Pas à la cheville de Séto…j'avoue… »
Mokuba devint curieux lorsqu'il aperçut un sourire presque rougissant sur le coin des lèvres de Naomi.
Mais à quoi donc pouvait-elle penser?
&&&&&&
Elle semblait dormir paisiblement, tournée sur le côté gauche – sens inverse à ses côtes blessées. Après plusieurs semaines, elles semblaient s'être bien reformées. La douleur en était minime. Ne restait qu'à se montrer prudente.
Kaiba s'allongea de manière à lui faire face.
Il s'empêcha de replacer une mèche qui tombait sur son visage de peur de la réveiller.
Mais il demeurait bien songeur en ne la quittant pas des yeux.
« Mais qu'est-ce que je vais faire de toi? Dis-moi comment…Naomi…guide-moi »
&&&&&&
16h30.
Dans moins d'une demi-heure, Mokuba allait sortir de sa pratique, comme à sa nouvelle habitude.
Kaiba n'était pas encore arrivé du bureau.
Aussi, Naomi eut tout le loisir de passer quelques coups de fil dans le but de se réhabiliter doucement avec sa propre vie.
Comme elle se l'était proposé la veille, elle jugea qu'il était temps d'agrandir son itinéraire; elle avait décidé d'aller faire un tour au coeur de la ville.
Elle était en train de revêtir son manteau dans le hall lorsque Kaiba fit son entrée.
- Bonjour! Souffla-t-il en se secouant.
Il avait neigé très légèrement et sa longue veste s'était recouverte de quelques flocons durant le court trajet qu'empruntèrent ses pieds entre la limo et l'entrée.
- Bonjour…répondit-elle avec une certaine distance.
Le moment n'était pas à se laisser distraire. Mais elle lui rendit tout de même son chaleureux sourire.
- Tu vas quelque part?
« Grr…elle va penser que je désire lui interdire de… »
- Euh…oui.
« Où exactement? »
Kaiba se retint de poser cette question. Il comprenait trop bien que ce n'était pas dans son intérêt de lui laisser croire qu'elle puisse avoir l'air d'une prisonnière ou qu'elle soit carrément suivie à l'excès.
- Sois prudente, c'est un peu glissant dehors… parvint-il à souffler sans rien laisser paraître de son tracas.
- Oh! Euh… murmura-t-elle alors qu'une idée saugrenue lui traversait l'esprit.
- Dis-moi… tu me prêterais une voiture?
Kaiba figea sur place.
- Quoi?
- Oh…du calme! J'y ferai très attention! rouspéta-t-elle un peu insultée comme s'il avait voulu se moquer de ses compétences de pilote.
Pourtant, il le savait déjà. Alors quoi?
« Argghhh mais qu'est-ce que j'ai dit ? » se demanda-t-il en l'apercevant vexée.
Aussi, il choisit de se reprendre fort rapidement.
- Je me fout de l'état de la voiture…
Puis il s'interrompit gravement en comprenant qu'il se dévoilait un peu plus que prévu.
Ce qui provoqua un sourire agréable sur les lèvres de Naomi qui comprit son embarras.
- Je veux dire…se reprit-il en détournant la tête. Enfin… tu es certaine qu'il ne serait pas plus prudent de prendre la limousine…j'appelle Roland il…
- Non. J'ai des choses à faire en ville. Et j'aimerais beaucoup…
Kaiba maintenait un regard fixe; il attendait des explications. Sans en attendre vraiment.
De toute façon, il savait très bien que tout se sait quand on fait en sorte de l'apprendre. Au pire, il la ferait suivre.
« Non…pas de ça. Elle ne partirait pas avec une de mes voitures, j'en suis certain. »
Ce qui finit par le calmer, la logique aidant.
- J'aimerais bien… ça fait longtemps que j'ai pas mis le pied là-bas. Et puis…ce sont des choses personnelles.
Kaiba décroisa les bras.
Il aurait pu trouver des milliers de façons pour réfuter ses dires. Mais il respecta son choix.
- D'accord…dit-il en se perdant dans un escalier qui menait au sous-sol.
Lorsqu'ils se retrouvèrent au rez-de-chaussée, Kaiba ouvrit la lumière de l'immense remise qu'elle avait visité une fois déjà, le soir de Noël. Mais il faut dire qu'elle n'y avait pas prêté autant d'attention qu'à ce moment précis. Il faut dire surtout, qu'elle était encore légèrement sous l'emprise des médicaments quand elle y était venue. Ce qui excusait l'ignorance vis-à-vis de sa découverte.
Sa voiture de course était toujours au fond de la remise. C'était le cadeau que Kaiba lui avait fait pour les fêtes en guise de « réparation » pour la propre sienne. C'est maintenant que ça lui faisait chaud au cœur alors qu'elle la fixait encore.
- N'oublie pas que je te dois une revanche! dit-il en s'interdisant de rire délicieusement.
Sûr qu'il avait suivi parfaitement le fil de ses pensées.
Puis elle détourna les yeux sur la panoplie plutôt impressionnante de sa collection.
Sa mine ne s'en réjouissait que très peu malgré l'enthousiasme qu'entraînait l'envie presque irrésistible de conduire l'un ou l'autre de ces engins hors de prix.
Kaiba lui tendit un bon trousseau de clés, lui signifiant de faire un choix selon ses goûts.
- Bon, d'accord, je récapitule, dit-elle en observant l'heure sur sa montre. Deux BMW, une Jaguar, une Ferrari, une Lamborghini, deux Mercedes… et ah oui! Les motos…
- Interdit! s'écria-t-il entièrement contre l'idée. De plus, c'était l'hiver, plutôt impraticable sur ces routes glissantes et enneigées par moments. En réalité, il en mourrait d'inquiétude.
Elle soupira doucement embêtée.
Puis elle se moqua en fronçant doucement les sourcils.
- Rien qui passe inaperçu?
Kaiba soupira légèrement agacé par cette remarque.
Non. Séto Kaiba ne passait jamais inaperçu. Pourquoi le ferait-il?
- Laisse tomber, je prendrai un taxi…
Puis elle allait remonter l'escalier.
- Naomi! C'est ridicule. C'est juste une foutue bagnole après tout. Alors choisis-en une et fais ce que tu as à faire, c'est tout!
« Ça me fait plaisir de t'en prêter une… »
C'est peut-être cette pensée qui arrêta son élan au milieu de l'escalier. Avait-elle bien entendu ou si elle avait rêvé?
Et puis…elle avait droit à toute sa liberté, même si elle demeurait sous son toit. Temporairement.
- La Jaguar?
Kaiba lui tendit la clé sans rouspéter.
Au contraire, sans savoir exactement pourquoi, il en ressentait une joie particulière. Joie qu'il ne lui démontra nullement cependant.
Mais lorsqu'elle vint pour prendre cette clé dans sa main, il la retint, prenant même un certain plaisir à l'entraîner contre lui.
- Merci…souffla-t-elle visiblement en proie à répondre à cet élan d'affection.
« Tu m'as manqué…aujourd'hui… » songea Kaiba avant de poser un tendre baiser sur ses lèvres.
- Sois prudente, murmura-t-il à son oreille en la serrant de plus près.
Encore, il se trahissait. Mais Naomi ne chercha pas à s'en moquer. Au contraire.
&&&&&&
- Ce soir, c'est ta fête petite tête de noix…menaça Keenu guettant chaque mouvement de Mokuba qui se changeait au vestiaire et qui pouvait sentir le regard pesant de ce déplaisant personnage.
« Non… mais pour qui se prend-il celui-là? Quel abruti! » pensa Mokuba qui, cette fois, vit ses chances de se sauver s'amincir à mesure qu'il terminait de s'habiller.
Encore, il lui faudrait se montrer plus rapide. Mais avec le peu d'espace qui les séparait, il se demanda bien comment il allait s'y prendre cette fois-ci.
Son plan était simple; en courant, il rejoindrait la ruelle derrière et remonterait aussi vite jusqu'à la limousine stationnée de l'autre côté de la rue. Avec de la chance, il y arriverait. Et puis après… le bonheur auprès de sa copine.
« Faudra d'abord que tu m'attrapes idiot! »
Pensée qu'il se garda bien de lui faire entendre.
Il profita du moment où Keenu s'était retourné vers ses l'entrée du vestiaire pour se précipiter dehors, laissant claquer les portes derrière son passage.
C'était sans compter que déjà deux d'entre eux l'attendaient dehors.
- Hé! Petite tête! Tu t'attendais pas à celle-là, pas vrai?
Et ils en étaient fiers en plus.
« Grrr… »
Mokuba se sentit envahi de colère face à leur lâcheté. Ils ne l'avaient toujours pas touché mais seule leur présence suffisait à ériger des murs tout autour. Des murs au travers desquels il ne pouvait passer.
Puis Keenu, tout sourire, sortit à son tour accompagné d'un quatrième copain.
Il était coincé. Il s'était fait piégé comme un gamin en tentant de sortir par la ruelle pour les éviter une fois de plus. Sauf qu'il n'avait pas prévu qu'ils l'attendaient cette fois.
- Alors, petit richard… on est moins fier maintenant, n'est-ce pas? s'écria Keenu en le poussant durement contre le mur du bout des doigts.
- Qu'est-ce que tu me veux? demanda Mokuba qui préféra malgré tout jouer les durs et montrer qu'il n'avait pas peur, bien qu'il s'empêchait difficilement de trembler.
Bien sûr, la limousine se trouvait au bout de la ruelle, à l'entrée du gym. Et peut-être que ça aurait été facile de hurler pour que le chauffeur l'entende. D'ailleurs, il se le proposait en dernier recours.
Mais il tenta de jouer le tout pour le tout, désirant prouver qu'il savait se débrouiller.
- Ouhhh ce que tu es brave, dis donc… tu traînes toujours tes altères avec toi? le brava-t-il en visant les quatre molosses.
Ce à quoi les quatre mômes éclatèrent de rire. Ils prenaient un plaisir évident à « torturer » leur future victime.
« Bon…du calme Moki… réfléchis, s'il s'avance et qu'il essaie de poser une main sur toi… tu évites en pivotant et puis tu… »
Mais il n'eut pas le temps de revoir la stratégie dans sa tête qu'il se vit à nouveau repoussé contre le mur. Sauf que cette fois, Keenu le plaquait par le collet.
Mokuba crût le temps venu de faire sa prière alors qu'il fermait les yeux, prêt à recevoir un bon coup en plein visage. Ses muscles s'étaient crispés.
- Assez!
Un cri fort et très autoritaire arrêta le poing de Keenu qui figea immédiatement sur place, prenant même un très grand soin de se séparer et de garder une distance d'avec Mokuba.
En moins de quelques secondes, une ombre s'était faufilée entre eux deux, servant de paravent à Mokuba qui ouvrit les yeux soudainement pour apercevoir la bande reculer brusquement.
S'ils avaient pu adhérer de leurs corps au mur d'en face, ils l'auraient fait. Mais au lieu de ça, ils baissèrent la tête, rougissant violemment de peur et de honte.
Pire, Mokuba aurait juré qu'ils paniquaient carrément.
- Oh! Sensei! s'écria Keenu les poings serrés et remontés jusqu'à la poitrine.
Il fut d'ailleurs imité aussi rapidement par les autres derrière.
Ils avaient même brutalement penché la tête dans le plein respect qu'ils adressèrent à cette silhouette intervenue.
« Quoi? SENSEI? »
Mokuba retint un cri de surprise.
Naomi s'était dressée devant eux, armée de son calme légendaire, les bras croisés.
- Alors, Keenu, tu m'expliques?
Il avait pourtant l'avantage de la taille, sa tête dépassant d'un bon pied celle de Naomi. Et ne disait-on pas aussi que la majorité l'emporte sur le petit nombre?
Pas dans ce cas-ci, vu leurs réactions.
« SENSEI » pensa Mokuba. « Elle est… professeur…oh! WHOA! »
Décidément, la situation cocasse prenait des allures de plus en plus hilarante.
Mais il se retint bien de rire aux éclats.
- Rafraîchis-moi la mémoire, Keenu… recommença-t-elle. Tu as déjà été averti, je crois, de laisser les autres tranquilles, PARTICULIÈREMENT les nouveaux, n'est-ce pas?
- Euh…balbutia-t-il, oui, Sensei.
Il n'avait aucun intérêt à mentir.
Alors, j'attends tes explications! ordonna-t-elle en lui fouettant le sang.
- C'est que…c'est que…bafouilla-t-il encore.
- C'est que tu es un grand lâche…qui ne s'en prend qu'aux plus petits, c'est ça?
Les autres semblaient vouloir se disperser comme s'ils s'apprêtaient à abandonner leur chef et à courir.
Personne ne bouge, cria-t-elle sans même leur porter un regard.
Ce qui les obligea à rester en place.
- Je vais t'avertir une dernière fois, Keenu… reprit-elle en s'avançant jusqu'à la hauteur de son visage. SI je te vois recommencer tes sales manigances avec qui que ce soit ou même si j'en ai connaissance, tu auras affaire à moi. C'est compris?
Il respira difficilement, se gardant de ne pas relever ni la tête ni les yeux.
Visiblement, toue bravoure avait disparu.
- Oui…sensei… soupira-t-il en salivant durement. Je peux partir?
- Non! s'écria-t-elle. JE n'ai pas fini.
Cette fois, elle plaqua son visage à moins de quelques centimètres du sien, bien qu'il n'osait pas relever le regard et l'envisager.
- Je tiens à t'informer que je vais prendre M. Kaiba sous ma tutelle. Je compte l'entraîner moi-même. Et j'y veillerai si bien que lorsque j'en aurai terminé avec lui, je déciderai OÙ et QUAND il te bottera les fesses.
Keenu trépigna sur ses pieds, comme s'il fondait devant cet avertissement qui n'avait rien de léger.
- MAIS! insista-t-elle encore plus gravement, d'ici ce temps, je t'interdis à toi comme à tes charmants petits copains de t'approcher de lui et même de le regarder de travers. Me suis-je bien fait comprendre, Keenu?
Il n'en menait pas large. À tel point que Mokuba, qui s'empêchait de rire difficilement, crût qu'il avait déjà fait dans son pantalon.
- Oui, sensei.
Cette fois, il tremblait autant de colère que de peur. Mais le respect qu'il lui portait était indiscutable malgré tout.
- C'est bon. Disparaissez!
Ils ne le firent pas redire deux fois et s'activèrent à prendre la poudre d'escampette. Et au pas de course en plus.
Éberlué, Mokuba retenait toujours son rire.
- Sensei? Mais pourquoi tu me l'as pas dit Nao?
Elle se retourna vers lui, inquiète de voir l'état dans lequel il se trouvait.
Il ne portait aucune marque, ce qui la soulagea.
- C'est important?
- Ben…oui…enfin, j'aurais bien aimé savoir… dit-il en marchant à ses côtés pour rejoindre la limousine.
- D'accord. Alors maintenant, tu le sais. Ça change quelque chose?
- Beuh…non, bien sûr. Mais…
Sans savoir pourquoi, il ressentit une étrange fierté.
- Mais dis donc…t'étais sérieuse là, quand tu parlais que j'allais lui botter les fesses?
- Bien sûr!
- Donc…si je comprends bien, tu vas… m'enseigner…?
Heureux. Mokuba ressentit une fébrilité presque étourdissante tant le bonheur gonflait sa poitrine.
Roland ouvrit la portière à leur arrivée.
- Pourquoi pas? Tu crois qu'il serait possible de trouver une pièce au manoir?
« Est-ce que ça veut dire qu'elle va rester alors? Ouiiiiii! Séto sera fou de joie… »
Encore une fois, il cacha ses sentiments.
Mais c'était si encourageant.
Séto savait-il qu'elle était si haut gradée dans les arts martiaux?
- Oh oui! répondit-il fiévreusement.
- Très bien. Je te laisse partir devant, d'accord? J'ai quelques petites choses à faire ici.
Mokuba acquiesça avec plaisir avant de s'engouffrer dans la voiture.
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Et un autre terminé. J'espère qu'il vous a plu.
Si oui, n'oubliez pas cette jolie petite boîte en bas à gauche. Merci!
