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Eliriel et Eönardë, réédition de la première version
Chapitre vingt-et-un : Le déclin du village
12 Novembre 2 IV
Un an avait passé depuis qu'Eliriel avait sombré dans ses souvenirs d'enfance. Et durant toute cette année, il ne fut malheureusement pas possible pour elle, Eönardë et leurs enfants, Eärendis et Amandil, de quitter le village pour retourner à Minas-Tirith.
La cause ? Les grandes bestioles poilues, puantes, anthropophages, moches, hideuses, répugnantes, odorantes, agressives, idiotes, sales et sans cervelle qui attaquaient le village presque chaque jour. Autrement dit, les orques.
La défense du village s'était organisée, et l'expérience du combat sur l'épais mur de bois et de terre cuite faisait qu'il n'y avait que peu de perte du côté des villageois. Mais même si les orques ne pouvaient dire avoir cette chance, le peu de perte était toujours beaucoup trop pour Eönardë, qui dirigeait les villageois au combat. Etant celui qui choisissait la stratégie et qui donnait les ordres, il se tenait personnellement responsable de la mort de ses camarades.
Trois mois auparavant, Borondir fut touché au poumon droit par une flèche. Eönardë l'avait soigné, mais il ne s'était aperçu que trop tard que la pointe de la flèche était empoisonnée. Et si il avait pu empêcher Borondir de mourir, il n'avait put empêcher le poison de faire effet. Et désormais, le pauvre homme était obligé de rester alité à longueur de journée, sans pouvoir bouger les bras et les jambes. Il était paralysé.
Eönardë aurait pu guérir son ami avec sa science de la médecine si il avait pu sortir du village et cueillir des plantes à l'extérieur. Ce qui était malheureusement exclu à cause des orques. En dehors du village, les dits orques s'organisaient. Pour une raison inconnue, ils n'attaquaient jamais en grand groupe, ce qui faisait que le village n'avait que peu de chances de tomber. Mais ils étaient néanmoins très nombreux, plusieurs centaines, et ils encerclaient le village de toute part.
Du côté famille, Eönardë et Eliriel n'avaient pas vraiment à se plaindre. Ils s'aimaient comme au premier jour, et même les hurlements des orques étaient couverts régulièrement par le bruit qu'ils faisaient tous les deux alors qu'ils avaient confiés leurs enfants à un de leurs voisins.
Eärendis et Amandil, les dits enfants, grandissaient très bien. Eärendis avait fêté ses trois ans l'avant-veille, et s'était vue offrir une nouvelle poupée, qu'elle avait de suite adoptée et emmenée avec la première qu'elle avait reçue le jour de ses deux ans.
Amandil avait maintenant presque treize mois, et il faisait la fierté de ses parents. Il lui était poussé une superbe chevelure châtain, et ses yeux bleus étaient incroyablement profonds. Les deux parents étaient sûrs d'une chose, c'est qu'il ferait tourner bien des têtes féminines un jour.
Mais malheureusement, les deux enfants et leur mère étaient en ce moment même bien à l'abri dans l'auberge du village, qui en de telles occasions devenait la forteresse du village. En effet, encore une fois, les orques attaquaient et tentaient d'agrandir leurs réserves de viande humaine.
A l'extérieur, Eönardë, épée à la main, donnait des ordres précis à la vingtaine de villageois encore en état de se battre les autres, une dizaine, étant trop blessés pour ne serait-ce que marcher. A son ordre, une volée de flèche tua les huit orques porteurs d'échelles de siège qui s'approchaient dangereusement.
Les créatures du mal n'avaient pas encore réussit à atteindre les murs aujourd'hui, et déjà, grâce à l'habilité des archers du village, une cinquantaine de leurs cadavres recouvraient le sol, là ou il y avait en quantité les restes en putréfaction d'autres de ces maudits êtres. Il n'était pas possible pour Eönardë et les autres villageois de sortir les brûler sans se faire flécher par les orques. Et ceux-ci laissaient les cadavres de leurs compagnons en place en espérant qu'une épidémie se déclare et détruise le village. Mais Eönardë veillait au grain, et il n'y avait pas encore eut de problème.
Une nouvelle dizaine d'orques était en train de grimper la colline, quand les yeux exercés d'Eönardë repérèrent une chose inhabituelle dans les bois calcinés en contrebas. Les orques semblaient se battre, une fois n'est pas coutume, mais cela ne paraissait pas être cette fois entre eux, mais contre une personne étrangère. Regardant de plus près, Eö distingua difficilement un humain habillé d'une cape marron gris qui imitait parfaitement bien le terrain de fond. Sans doute une cape elfique, se dit-il.
Il banda son arc et visa avec précision les orques qui approchaient. Il en tua un tandis que les autres étaient abattus par ses camarades. Sans perdre un instant, il reprit une flèche dans son carquois l'encocha de nouveau. Visant de nouveau, il tira et sauva l'inconnu en contrebas en transperçant la gorge d'un orque qui allait le trancher en deux. Voyant bien malgré lui qu'il ne pourrait vaincre, le dit inconnu prit ses jambes à son cou et courut en direction du village.
Les orques, au moins une centaine, s'élancèrent aussitôt à sa poursuite en hurlant. Ils furent accueillis par cinq volées de flèches successives qui abattirent la majorité d'entre eux et blessèrent les autres qui prirent la fuite. Sans oublier de prendre un bras bien saignant ou une petite cuisse fraîche en en-cas.
L'inconnu arriva essoufflé au village, et entra dès que les portes lui furent ouvertes. Il tomba au sol, évanouit de fatigue. Eö se pencha à son chevet et révéla un Rangers, les soldats de l'ombre des royaumes de Gondor et d'Arnor. Bien que sa vie ne semblait pas en danger, il avait de très nombreuses coupures plus ou moins profondes sur les bras, le dos et aux jambes.
Eönardë le prit dans ses bras et l'emporta dans l'auberge pour le soigner tandis que ses camarades refermaient la porte et montaient de nouveau la garde. Par miracle, aucun d'entre eux n'était blessé. Eö monta rapidement à l'étage de l'auberge dans la chambre qui lui était réservée avec Eliriel et ses enfants et ouvrit la porte d'un coup de pied avant de poser l'inconnu sur le lit principal de la pièce.
Eliriel, Eärendis et Amandil sursautèrent mais soufflèrent en voyant qu'il ne s'agissait que de leur père et fiancé qui amenait un blessé. Eliriel emmena rapidement ses enfants à l'extérieur, en compagnie d'Elfyld et revint auprès d'Eönardë pour l'aider si besoin.
Son fiancé n'avait entre-temps pas perdu son temps, c'est le cas de le dire. Il avait enlevée sa cape et ses habits principaux au Ranger évanoui et l'avait laissé en sous vêtements avant d'entreprendre de laver et désinfecter les blessures et de momifier sa vict… son patient.
Il lui fallut plus d'une heure de travail pour tout accomplir. Puis, fatigué, il se releva et se tourna vers Eliriel qui le regardait faire, lui donnant de temps à autre des bandages propres.
- Qui est ce, Meleth-nìn ? Demanda Eliriel.
- Je l'ignore Meleth, répondit Eö. Il semble être un Ranger, mais je n'en suis pas sûr, il faudra lui demander à son réveil.
- Il ressemble à quelqu'un que je connais, dit Eliriel. Mais je ne sais plus qui…
- Tu te rappelleras bien un jour où l'autre, Meleth, dis Eö en la prenant dans ses bras et en l'embrassant.
Eliriel répondit au contact amoureux, et se sépara de son fiancé le plus tard possible. Ils retournèrent par la suite auprès de leurs enfants, laissant le Ranger seul dans la chambre afin que son corps récupère convenablement.
…
16 novembre 2 IV
Il fallut quatre jours de repos complet au Ranger avant qu'il ne commence à montrer des signes de réveil. Eliriel n'était toujours pas parvenue à se rappeler qui elle pensait qu'il était. Eönardë, quand à lui, continuait de lui dispenser ses soins en changeant régulièrement les bandages et en inspectant les plaies.
Il était seize heure de l'après midi, et c'était au tour d'Eliriel de veiller sur le blessé quand celui se réveilla brusquement. Dès qu'elle s'en aperçut, elle posa le livre qu'elle était en train de relire pour s'occuper, puis tourna son regard vers l'inconnu. Elle le vit ouvrir les yeux et révéler une couleur marron, puis regarder au plafond sans sembler savoir où il se trouvait.
- Vous allez bien ? demanda doucement Eliriel au ranger.
Celui-ci, surpris car il n'avait pas remarquée de présence autour de lui, tourne brusquement la tête vers Eliriel.
- Eliriel ? demande t'il d'une voix faible.
- Vous me connaissez ? demande Eliriel, surprise à son tour.
Mais elle n'eut pas de réponse, car l'inconnu se rendormit à ce moment. Décidant de le laisser se reposer, elle alla à la rencontre d'Eönardë qui s'occupait de leurs enfants.
- Meleth-nìn ? demanda t'elle.
- Eliriel ? Qu'y a-t-il Meleth-nìn ? dit Eö en se levant et en s'approchant de sa fiancée avec Eärendis dans les bras.
- Nana ! dit la petite demi-elfe en tendant les bras vers sa mère.
Eliriel pris sa fille dans ses bras et se dépêcha de la câliner tendrement. Puis cela fait, elle leva la tête vers Eö et lui dit :
- Le ranger s'est réveillé quelques instants, Meleth. Il a prononcé mon nom, puis il s'est rendormit.
- Vraiment ? Je vais aller veiller sur lui, répondit Eö, toujours inquiet pour ses patients.
Eönardë s'exécuta et se rendit au chevet du ranger après un dernier câlin à sa fiancée et à leurs enfants. Il s'assit sur la chaise prévue à cet effet, et inspecta les blessures de l'inconnu. Elles allaient très bien et étaient en bonne voie de guérison, aussi lui remit-il les bandages sans rien faire d'autre.
Croisant les bras et les jambes, Eönardë réfléchissait sur ce qui se passait actuellement au village, quand son regard tomba sur les vêtements du ranger, posés sur une commode non loin. Et particulièrement sur une poche. Une petite main en tissu en dépassait. Il se leva, regarda de plus près et découvrit une vieille poupée délavée dont les bras et les jambes avaient été arrachés et grossièrement recousus.
Eö la remit en place sans plus y toucher, et continua à veiller sur le ranger.
…
18 Novembre 2 IV
Le ranger ne s'était pas réveillé depuis deux jours. Eönardë avait une nouvelle fois alterné les tours de garde avec Eliriel. Et c'est alors qu'ils étaient tous les deux au chevet de l'homme que celui-ci se réveilla de nouveau.
Il commença par bouger légèrement sur son lit, puis ouvrit lentement les yeux pour s'habituer à la lumière régnant dans la pièce.
- Où suis-je ? Demanda t'il plus pour lui-même que pour quelqu'un d'autre.
- Vous êtes dans notre village, répondit une voix féminine.
Le ranger tourna la tête en direction de la voix et vit Eliriel, et à côté d'elle Eönardë.
- Eliriel ? Alors je n'avais pas rêvé ? Poursuivit-il d'une voix faible.
- Nous nous connaissons ? Demanda t'elle.
- Bien sûr ! Tu ne te souviens pas ? C'est moi, Istanel !
Les souvenirs d'Eliriel lui revinrent alors de plein fouet. Istanel, le garçon qui ne faisait que l'embêter quand ils étaient enfants Fondcombe. Celui qui avait finalement tenté de se faire pardonner, pour une raison inconnue et qui avait été s'enrôler chez les Rôdeurs.
- Que fais-tu ici ? Demanda Eliriel, incapable de dire quoique ce soit.
- C'est… une longue histoire. Tu veux savoir ? Demanda-t-il en tentant de se redresser sur son lit.
- Attendez, je vais vous aider, dit Eö en se faisant remarquer dans la conversation.
- Qui êtes-vous ?
- Je me nomme Eönardë. Je vous aie soigné. Pas de mouvement brusque surtout, sinon vos blessures vont se rouvrir.
- Ne vous inquiétez pas, répondit Istanel en se calant contre le dossier de son lit. Mon histoire ne nécessite pas de mime. Alors… Tout a commencé à Fondcombe, Eliriel, quand je t'ai arrachée ta poupée, tu te souviens ?
- Oui, répondit Eliriel avec un air renfrogné et en croisant les bras sous sa poitrine.
- Si j'ai fait cela, ce n'était pas par méchanceté ou juste pour m'amuser. Je ne le savais pas à l'époque, mais j'étais amoureux de toi. Comme souvent les enfants, je ne savais comment faire. Alors j'ai mal réagit.
Plus tard, je me suis enrôlé comme mon père parmi les Rôdeurs. Mon but premier était de devenir très fort pour me faire bien voir de ton père, puis pour pouvoir revenir auprès de toi et demander ta main.
Finalement, après plusieurs années à avoir servit, je me suis senti suffisamment en confiance pour tenter une demande. Je suis venu de l'Arnor jusqu'à Minas-Tirith. J'étais en train de monter les niveaux pour aller voir ton père, quand j'ai entendu des marchands parler. J'ai entendu que tu avais été enlevée par quelqu'un et tes parents en étaient énormément attristés. Alors je suis repartit à ta recherche. Cela fait un an que je parcours le Gondor en essayant de suivre toutes les traces possibles.
Il se tût alors, et regarda intensément Eliriel, qui à son tour regarda Eönardë. Finalement, comprenant qu'Istanel et Eö attendaient qu'elle prenne la parole, elle dit :
- Tu sais… je suis flattée que tu ais fait tout cela pour moi mais… je n'ai pas été enlevée.
Devant l'air interrogateur du Ranger, elle continua.
- Ce que tu ne sais sans doute pas, si tu n'es pas resté longtemps à Minas-Tirith, c'est que je suis fiancée.
- Fiancée ? Dit Istanel en ouvrant de grands yeux de surprise.
- Oui. Fiancée à un jeune homme que j'aime tendrement. C'est pour pouvoir rester avec lui que je j'ai fuis mes parents en l'emmenant de force avec moi.
- Qui est-ce ? Demanda Istanel, visiblement bouleversé par cette révélation.
- C'est moi, Répondit Eönardë en s'asseyant aux côtés d'Eliriel qui se serra contre lui.
A ce moment, Istanel tenta de se redresser complètement, mais son geste lui arracha une grimace de douleur, et Eönardë se précipita sur lui.
- Restez tranquille, sinon vos blessures vont se rouvrir, dit-il en forçant avec des gestes doux le Ranger à se rallonger.
Il fallut un peu de temps avant qu'Istanel ne se calme et que la douleur ne s'interrompe. Eönardë lui fit avaler une boisson qui permettrait à son corps de mieux se défendre contre les infections, puis il le força à se rendormir.
- Nous continuerons cette discution plus tard, d'accord ? Il faut vraiment que vous vous reposiez.
Le ranger capitula, épuisé, et regarda Eliriel et Eönardë quitter la pièce avant de se rendormir profondément.
…
23 novembre 2 IV
Il fallut encore trois jours de repos au ranger avant qu'Eönardë ne l'autorise à se lever, et seulement avec une canne et le soutient de quelqu'un. Bien souvent, il s'agissait d'Eliriel, qui se portait volontaire.
Ils étaient en ce moment tous les trois en train de marcher dans les couloirs de l'auberge et allaient descendre l'escalier pour se restaurer avec les autres villageois dans la salle commune de l'Auberge. Ils furent interrompus dans la discussion qui les animait par deux voix enfantines…
- Ada ! Nana !
Les trois adultes relevèrent la tête et virent Eärendis et Amandil se diriger vers eux pour se faire câliner, les bras en direction de leurs parents. Eliriel prit sa fille dans ses bras, et Eönardë prit son fils tout en continuant à soutenir le Ranger.
- Istanel, je te présente nos enfants, Eärendis et Amandil. Tu vois comme ils sont beaux ? Dit-elle avec un regard d'adoration pour ses rejetons.
Istanel ne dit rien, et se contenta de sourire faiblement. Il était visiblement déçu, mais ne disait rien, par politesse pour Eliriel qui paraissait heureuse.
Le temps passa, et le ranger retrouva la santé. Le mois de janvier arriva, vite suivi par celui de février. La vie dans le village était tranquille, mis à part pour ce qui était des attaques orques. Il n'y avait pas une journée où ils n'attaquaient pas.
Istanel vivait à l'auberge, il n'y avait pas de maison de libre pour lui et pas de quoi en construire une. Il aidait Tom à s'occuper de la cuisine, ayant révélé un vrai talent pour préparer les plats typiques de l'Arnor. Eliriel adorait pouvoir remanger les préparations de son enfance. Même si elle ne le montrait pas, elle était triste de ne pouvoir retourner à Minas-Tirith et maudissait souvent les orques pour cela.
15 avril 3 IV
Ce matin là, quand Eliriel se leva en compagnie d'Eönardë, elle se sentit une nouvelle fois nauséeuse. Elle tenta de le cacher, mais cette fois, contrairement aux jours précédents, cela n'échappa pas à Eö qui força Eliriel à rester au lit.
- Ne t'inquiète pas Meleth, dit-elle, c'est juste un petit coup de froid.
- Et moi, je crois que c'est beaucoup plus gros que cela, répondit Eö quand il eut terminé de faire quelques vérifications.
- Plus gros dans quel sens ? demanda-t-elle avec espoir.
- Plus gros dans le sens d'un enfant, répondit-il avec un large sourire avant de réceptionner sa fiancée dans ses bras.
La joie régna toute la journée dans le village, et seule une personne ne paraissait pas très heureuse de la grossesse d'Eliriel. Il s'agissait bien évidemment d'Istanel.
24 avril 3 IV
Plusieurs jours avaient passés. Istanel aidait bien évidemment à la défense du village contre les orques. Comme cela arrivait souvent, il avait été blessé par une flèche orque, et Eönardë l'avait forcé à rester dans l'auberge pour se remettre en bonne santé.
En ce moment même, les orques attaquaient une nouvelle fois. Avec Eliriel, le ranger regardait par une fenêtre le déroulement du combat. Eli était inquiète de ce qui pourrait se passer, comme tous les jours, tandis qu'Istanel rongeait son frein et attendait patiemment le moment où Eönardë l'autoriserait à enfin retourner combattre.
Eö dirigeait la défense comme chaque jour. Et si jusque là il avait été miraculeusement épargné par les blessures, n'ayant que quelques éraflures, il ne réussit pas ce jour là à éviter une flèche orque. Elle se ficha en plein dans son épaule gauche, pratiquement au niveau du cœur. Le choc le fit tomber à genoux. Il n'eut rien le temps de tenter qu'un cri retentit et qu'Eliriel se précipita hors de l'abri de l'auberge et courut en direction de son fiancé.
- Eliriel, revient ! Hurla Istanel avant de courir à la suite de la jeune femme.
Elle se précipita en haut de la palissade et se dirigea en courant vers son fiancé, mais soudain, les claquements des cordes des arcs des orques se firent entendre. Une volée de flèches se dirigea sur elle et… ne la touchèrent jamais. Istanel s'était précipité et l'avait protégée de son corps, recevant pour lui seul sept flèches dans le corps. Il tomba du haut de la palissade et ne se releva pas après avoir touché le sol, plusieurs mètres en contrebas.
Le temps sembla s'arrêter pour Eliriel. Elle avait d'abord vu son fiancé se faire toucher par une flèche, puis son ami se faire transpercer de toutes parts. Ce fut de trop pour elle, et elle s'effondra en larmes, ne sachant plus quoi faire.
Eö réagit rapidement et enleva d'un coup sec la flèche qui était plantée dans son épaule. Puis cela fait, il prit Eliriel dans ses bras et profita d'une accalmie dans l'assaut des orques pour l'emmener au bas de la palissade. Là, elle commença à se débattre dans les bras de son fiancé.
- Istanel ! Non ! dit-elle en pleurs.
Eönardë l'emmena auprès du corps de son ami d'enfance. Il la reposa auprès de son corps, et là, à la surprise de tous deux, il ouvrit les yeux.
- Eliriel… dit-il d'une voix agonisante.
Cela firent se tarir les larmes de la jeune femme. Elle se reprit un peu et s'approcha du ranger. Elle lui prit la main et le regarda, toujours avec des larmes s'écoulant en abondance sur ses joues.
- Je t'aime… Eliriel… je t'aime, dit-il d'une voix de plus en plus faible.
Eli ne répondit rien, trop occupée à pleurer. Et alors, sous son regard larmoyant, Istanel leva une main tremblante et la mit dans une de ses poches. Il en sortit une poupée d'enfant, avec les bras et les jambes maladroitement recousus. Il la tendit vers Eliriel qui la prit dans sa main sans rien dire.
- Je t'aime, répéta t'il de plus en plus faiblement. Adieu…
- Non ! Cria Eliriel ! Non ! Eö va te soigner ! Tu vas survivre !
Mais malgré les supplications d'Eliriel et les tentatives d'Eö de le soigner, la vie quitta le corps d'Istanel.
Eliriel s'effondra en pleurs dans les bras d'Eö, tandis qu'au même moment, les derniers orques attaquant le village furent tués par les flèches des villageois.
…
Quelques commentaires SVP ?
