Titre : La Ligue
Auteur : Ruth Dedallime
Spoilers : Tome V (ne tient pas compte du tome VI)
Disclaimer : L'univers Harry Potter et ses personnages sont la propriété exclusive de J.K. Rowling. En revanche tous ces fabuleux Beauxbâtonneurs sont à moi (et ils sont nombreux !)
Rating : T

Eh oui, j'ai énormément tardé, mais comme je vous l'ai annoncé, j'ai changé de taf et d'appartement. Et j'ai malheureusement beaucoup moins de temps libre qu'avant. Mais sachez que je ne vous oublie pas.

Tout d'abord, une petite note sur Harry :
Beaucoup me font remarquer que je transforme notre Harry en pauvre petite chose, incapable d'aligner deux sorts. Vous n'avez pas tort. Une petite explication s'impose.
Premier point : Harry était drogué lors du dernier cours avec Junon. Il était plein d'énergie, mais avait d'énormes difficultés à se concentrer. Junon a parfois recours à ce genre de drogues quand elle est épuisée, mais elle a appris à lutter contre l'inattention qu'une telle potion peut engendrer. Pas Harry.
Deuxième point : Dans cette fic, je ne remets pas en cause les capacités de Harry. Il est très puissant, certainement plus que Junon, puisqu'il possède une part des pouvoirs de Voldemort. Mais il manque d'entraînement. Partez du principe que Junon a su dire 'Stupéfix' avant 'Maman' et tenir une baguette avant de savoir marcher. Maintenant, en comparant avec l'enfance de Harry, vous comprenez le fossé qui les sépare. Harry va devenir expérimenté au fur et à mesure. Mais il ne peut pas, dans l'état actuel des choses, être du niveau de Junon. C'est tout simplement impossible.

Et maintenant, place au chapitre !


Cauchemar d'une nuit d'été

Harry ouvrit douloureusement un oeil. Une vive lueur filtrait à travers les lourds rideaux qui obturaient les fenêtres. Le Survivant grimaça. Une douleur entêtante martelait son crâne sans répit et pulsait à ses tempes. Il renonça bien vite au moindre mouvement et ferma les yeux. Des images de son dernier cauchemar affluèrent aussitôt dans son esprit.
« Aaaaaaaahhhh ! » cria-t-il.

Dix secondes plus tard, un très vieil homme surgissait dans la salle. Il força Harry à enlever les mains de son front et il y posa sa propre main. Cela fit l'effet au Gryffindor d'un baume apaisant. Mêmes si les images restaient présentes à son esprit, le mal de crâne commençait à refluer lentement. Harry regarda plus attentivement le vieil homme. Il ne se rappelait pas l'avoir jamais vu, mais pourtant, son visage lui disait vaguement quelque chose. Tout était si flou.
L'homme sortit un flacon de sa poche et en avala une petite gorgée. Il attendit une minute, peut-être pour que la potion fasse effet ; mais rien de visible ne se produisit.
« Cela va être un peu douloureux... » le prévint le vieux, en saisissant dans son autre main le poignet droit de Harry. « Ne vous inquiétez pas, ce n'est qu'un simple examen... »
Les mains de l'homme commencèrent à chauffer jusqu'à devenir brûlantes et Harry sentit une magie étrangère investir son corps. Il se contorsionna dans tous les sens, tentant d'échapper à la poigne de fer du guérisseur. Mais il ne parvenait ni à se libérer, ni à expulser l'intrus.
Puis, aussi brusquement qu'elle était apparue, la présence disparut et Harry se retrouva libre. Le vieux saisit un parchemin et une plume. Le Gryffindor l'entendit marmonner, tandis qu'il prenait des notes :
« Mmmh... ligne continuum magique rompue mmmh... mmmh... trois points : front, sang et... » le mot fut incompréhensible, tandis que le vieux continuait : « magie renforcée par mes soins, mais non restaurée... mmmh... mmmh... présence de restes de Dégrisvite... modifié avec des excitants… mmh… et des potions énergisantes... mmmmh... mmmmh... maudite femme... mmmh mmmmh... origine du mal... »
La voix du vieux se perdit dans un chevrotement inaudible. Il roula le parchemin et le mit dans un tuyau de pneumatique qui sortait du mur.
« Olympe Maxime » annonça-t-il, en frappant le tuyau d'un coup de baguette.

Harry revenait lentement à la réalité, mais les images de son rêve restaient bien présentes à son esprit. Il y avait là des éléments capitaux pour l'Ordre du Phœnix ; il le sentait. En voyant le vieux envoyer sa lettre, il réalisa qu'il devait écrire au plus vite à Dumbledore.
« Monsieur, je pourrais avoir un parchemin, s'il vous plaît ? » demanda-t-il au vieil homme.
Le sorcier le regarda d'un oeil interrogateur :
« Pas avant que vous n'ayez mangé un peu... » dit-il en lui désignant un petit-déjeuner posé sur la tablette à côté.
Harry se rendit soudainement compte qu'il était littéralement affamé. Il s'assit dans son lit et avala un bol de thé et deux-trois croissants sous le regard attentif du médicomage.
« Quelle heure est-il ? » demanda le Gryffindor, la bouche pleine.
« Il est 9h10. Vous êtes maintenant en état de suivre vos cours. Pour cela, je vais vous demander de boire tout le contenu de cette fiole, » lui dit le vieux en lui tendant le flacon dont il avait bu une gorgée tout à l'heure. « Votre dose d'anti-babel... »
« Mais, je... » commença Harry, puis il se tut, se rendant compte qu'il parlait anglais depuis son réveil. Il attrapa la fiole et la vida avec une grimace.
« Bien ! » fit le vieux. « N'hésitez pas à venir chercher une potion contre la migraine en cas de besoin... »
Il posa une plume et un parchemin sur la table de nuit et quitta la pièce.

Harry ferma les yeux, tentant de graver le maximum de détails de son cauchemar, malgré les frissons d'horreur qu'il faisait naître en lui. Puis il prit le parchemin et, courageusement, s'appliqua à décrire le contenu de son rêve.
"... C'est tout ce dont je me souviens, monsieur le directeur. Je sais que c'est mince, mais je pense qu'ELLE savait quelque chose de vital pour Voldemort. Sinon pourquoi les Mangemorts l'auraient-ils enlevée et torturée ? J'espère qu'elle ne savait rien qui vous mette en danger... Je suis aussi très inquiet pour les Weasley qui sont tous très impliqués dans l'Ordre.
Ne me laissez pas dans l'ignorance, comme l'an passé ! Je ne le supporterais pas. J'ai compris que vous aviez besoin de m'éloigner pour renforcer les défenses de Hogwarts, mais vous ne pouvez pas me laisser indéfiniment à Beauxbâtons. Je sais que l'issue de la guerre dépend de moi. Et au mieux je serais préparé, au mieux je saurai affronter Voldemort. Nicolas Flamel m'a promis qu'ici, j'apprendrai des choses utiles et j'ai bien l'intention de renforcer mes pouvoirs. Mais quand je reviendrai, j'espère que vous me direz enfin toute la vérité, afin que je sois armé pour vaincre.

Sincèrement votre,
Harry Potter"

Satisfait de sa lettre, Harry roula le parchemin et le posa sur la table de nuit. Lentement, il posa un pied hors du lit, puis l'autre. A sa grande surprise, il constata que ses jambes supportaient son poids. Deux étuis de baguettes étaient posés sur son tas de vêtements sur une chaise. Il les prit et en sortit deux baguettes. La sienne, en bois de houx, et un étrange bout de bois, peint en noir. Il l'observa une seconde, interloqué. C'était une attaquante, nul doute ! Il se souvenait des modèles montrés par Vulcain Faerie. Mais impossible de se rappeler où et quand il avait eu cette nouvelle baguette. "Bah," pensa-t-il, "on a dû me l'apporter pendant mon sommeil."
Sans plus y prêter attention, il s'habilla, attacha les deux étuis, comme il avait vu Junon le faire, et sortit de l'infirmerie, sa lettre dans la poche de son jean. Le Marcou le salua d'un geste affable et lui souhaita une bonne journée.

Harry se sentait un peu perdu. Il n'était jamais venu à l'infirmerie et ignorait où elle se trouvait exactement. Il erra quelques minutes au hasard des couloirs et finit par retrouver le chemin du grand Hall. L'école était étrangement déserte. Quel contraste par rapport aux jours derniers, où les élèves, collégiens comme lycéens, grouillaient dans les moindres recoins de Beauxbâtons ! Harry jeta un coup d'œil à la grande horloge du Hall, qui affichait 9h40. Il consulta son parchemin et vit que son seul cours de la matinée, Métamorphoses, n'aurait lieu qu'à 10h20. Cela lui laissait un peu de temps pour envoyer sa lettre à Dumbledore et retourner dans sa chambre. Sans trop traîner, il se dirigea vers le pigeonnier, où Hedwig l'attendait.
« Bonjour, ma belle. Porte cela à Dumbledore, aussi vite que tu le peux ! » dit-il en lui attachant le parchemin à la patte. « Tu portes peut-être des informations vitales pour l'Ordre ! »
La petite chouette blanche sembla acquiescer et prit rapidement son envol. Elle ne fut bientôt plus qu'un point noir dans le ciel.

Harry retourna ensuite à sa chambre pour prendre une douche. Il se déshabilla et entra dans la cabine. Depuis son réveil, il avait tout fait pour s'occuper l'esprit et ne plus revoir les ignominies dont il avait été le témoin impuissant. Même sa lettre à Dumbledore, bien que descriptive, était comme un compte-rendu scientifique. Il avait tâché de l'écrire sans aucune émotion, s'attachant à retranscrire précisément l'enchaînement des événements et à la décrire du mieux qu'il pouvait. Il n'avait pas passé sous silence les tortures qu'elle avait subies, mais était resté purement factuel.
Maintenant qu'il avait accompli son devoir, Harry était de nouveau confronté à d'abominables réminiscences. Il laissa longuement l'eau couler sur sa figure et sur son corps, comme si elle pouvait le laver de toutes ces atrocités. Elle hurlait, hurlait, hurlait... Harry entendait encore ses cris résonner à ses oreilles. Jamais il ne pourrait oublier. L'odeur acre du sang le prenait à la gorge, celle de la chair carbonisée s'insinuait sous sa peau. Harry avait beau se frotter le corps, il lui semblait qu'il ne parviendrait jamais à faire disparaître ces odeurs. Il en était comme imprégné. Quand il fermait les yeux, il voyait ses longs cheveux se poisser de sang. Avait-elle parlé ? Harry ne se souvenait plus.

« Harry ! Harry ! Tu es là ? » retentit une voix forte devant la cabine de douche.
La porte s'ouvrit et une main ferme l'empoigna, sans se soucier de l'eau qui continuait à se déverser.
« Merlin, cette eau est glaciale ! » s'écria la voix. « Neville ! Va prendre une serviette ! Ou même un peignoir, ce serait encore mieux ! Dean, aide-moi à le soutenir, il est à moitié inconscient ! ... Allez, courage, vieux, on va t'aider ! »
Harry se sentit enveloppé dans quelque chose de chaud et de moelleux, puis à moitié porté, à moitié entraîné dans une autre pièce.
« Enervatum » fit une autre voix.
Harry papillonna des paupières, puis finit par fixer son regard sur une masse rousse. Une main lui mit ses lunettes sur le nez et ses yeux parvinrent à se focaliser sur le visage anxieux de Ron.
« Tu es fou de prendre des douches glaciales alors que tu es encore malade ! » hurla le rouquin.
« Ron ! Arrête de lui crier dessus et laisse-le respirer ! » fit la voix d'Hermione.
« Je vais bien, » dit Harry d'une voix plus claire qu'il n'avait espéré. « Je me suis juste endormi sous la douche. Pas de quoi en faire tout un plat ! »
« Les garçons ont dit que l'eau était glacée... Pourquoi ? » demanda Hermione d'une voix suspicieuse.
« Qu'est-ce que j'en sais ? Elle n'était pas froide à l'origine. Elle a dû se détraquer en cours de route... » grogna Harry.
« Une douche magique se détraquer ? » s'étonna Neville. « Jamais entendu parler d'une chose pareille ! »
Harry haussa les épaules. Quelle importance pouvait bien avoir la température d'une douche face aux horreurs qu'il avait vues au cours de son sommeil ?
« Et tu vas mieux, Harry ? » demanda Hermione. L'angoisse faisait vibrer sa voix.
« Si tu savais à quel point on s'est inquiété en te voyant hier, après ton cours avec cette... Sorlimus ! » fit Ron. Il avait presque craché le nom. « Elle est pire qu'Umbridge ¹, une vraie sadique ! »
« Quel cours ? » demanda Harry. « De quoi tu parles ? »
« De ça ! » intervint Hermione en prenant la main de Harry.
Tous regardèrent le dos de sa main, sur laquelle s'étalait une plaque rougeâtre.
« Mais où je me suis fait ça ? » fit Harry, une certaine incrédulité dans la voix.
« Tu te souviens de rien ? » s'étonna Ron. « Quand elle t'a ramené à l'infirmerie, tu étais couvert de plaies, de bosses et de bleus ! »
Harry tenta de se souvenir, mais les seules images qui se rappelèrent à sa mémoire furent celles d'une forme agonisante. Il eut un hoquet de dégoût.
« Il faut que je vous parle de... quelque chose... » commença-t-il péniblement. « J'ai fait un cauchemar... J'ai vu des Mangemorts... C'était... »
« Merlin... » murmura Neville.
« Mes parents ? » demanda Ron, d'une voix angoissée. « Bill ? Charlie ? Fred et George ? »
« Ginny ? » cria Dean.
« Luna ? » renchérit Neville.
« C'est cet enfoiré de Malfoy ? Bon sang, parle, Harry ! » s'exclama Ron.
« La ferme ! » hurla Harry. « Ce n'était pas elle… » reprit-il avec difficulté. « Ni eux. Aucun d'eux… »
Ron laissa échapper un petit soupir de soulagement.
« Il y a eu une attaque... » reprit Harry. « Une femme s'est faite enlever et... »
La voix de Harry se brisa.
« Et... ? » demanda Hermione avec appréhension.
« Les Mangemorts voulaient quelque chose d'elle. Je ne sais pas quoi. C'était peut-être une Langue-de-Plomb ou quelqu'un de l'Ordre... Et... Ils l'ont torturée... Ils n'arrêtaient pas de crier : 'Tu vas le dire, traîtresse ! On saura bien te faire céder !' »
« Et elle... Elle a parlé ? » La voix de Neville n'était qu'un murmure.
« Je ne sais pas, je ne me souviens plus... » répondit Harry, en secouant la tête. « Plus que de son visage qui... fondait quand... Ils l'ont brûlée vive ! » acheva-t-il avec difficulté, en refoulant les sanglots qui lui étreignaient la gorge.

La bouche d'Hermione s'arrondit en un cri d'horreur inarticulé. C'était juste trop abject pour qu'elle puisse se l'imaginer. Neville était blême comme un mort et son regard fixe ne trahissait rien de bon. Peut-être le garçon pensait-il à ses parents, torturés eux-aussi ? Dean et Seamus n'avaient pas prononcé un mot depuis le début du récit de Harry. Ils restaient comme pétrifiés dans un coin de la pièce. Ron se leva brusquement et lança deux-trois jurons, que Hermione aurait relevé, en temps normal.
« Et McGonagall qui est introuvable ! » s'écria le rouquin.
« Calmons-nous ! Calmons-nous ! Calmons-nous ! » répéta Hermione, plus à sa propre attention qu'à celle des autres. Elle se frotta les tempes. « Il faut d'abord être sûr que ce n'est pas une illusion créé par Voldemort pour t'égarer, Harry... »
« Et comment veux-tu que je le sache ? »
« Je ne vois pas trop pourquoi IL tenterait de faire croire à Harry qu'une femme se fait torturer... » marmotta Ron, en réprimant un frisson.
« Peut-être pour nous forcer à agir précipitamment. Pour que nous fassions une erreur dans la panique, » proposa Hermione.
« Agir ! Agir ! Agir ! Comment de toutes façons ? Nous sommes coincés en France ! » cria Harry, en se levant. « J'en ai marre ! Je vais parler à Flamel ! »
« A qui ? » s'écrièrent cinq voix stupéfaites.

Un coup frappé à la porte les interrompit.
« Eh, Harry ! Tu es là ? » cria la voix de Miranda.
« Oui. Entre, tu arrives à point nommé, » répondit Harry.
La déléguée regarda sans comprendre l'air catastrophé des Gryffindor, mais fut davantage catastrophée par la tenue de Harry.
« Mais, Harry ! Qu'est-ce que tu fiches en peignoir ? On a cours dans moins de dix minutes ! C'est vraiment pas le moment de prendre une douche ! Lefunest va te crucifier si tu es en retard. Habille-toi, rapidos ! »
« Je m'en fous de Lefunest. Il faut d'abord que je vois Flamel ! »
Miranda le regarda un instant avec des yeux ronds, comme si elle doutait de sa santé mentale. Puis elle secoua la tête :
« Impossible, Harry. Mme Maxime et votre professeur sont parties on-ne-sait-où, hier matin. On ne les a pas revues depuis. Et Flamel est dans le bureau de Maxime. »
Les cinq autres Gryffindor les écoutaient bouche-bée.
« Il n'y a aucun moyen ? » insista Harry.
« Non. Personne ne peut rentrer dans le bureau de Maxime, » fit Miranda, en se pinçant les lèvres, « sauf peut-être le Comte qui est son adjoint... Ecoute, je vais essayer de me renseigner auprès de lui, ok ? ... Maintenant, il faut vraiment qu'on aille en cours ! »
Harry acquiesça et Miranda entraîna les autres hors de la pièce pour qu'il puisse s'habiller.
« C'est quoi cette histoire à propos de Flamel ? » demanda Hermione à Miranda.
« On croyait qu'il était mort... » expliqua Ron.
« Oh ! Mais il l'est ! » fit Miranda. « C'est juste qu'il y a son portrait dans le bureau de Maxime. Mais personnellement, je ne lui ai jamais parlé sous cette forme... Vous feriez bien d'y aller. Sinon, vous allez être en retard, vous aussi... On se retrouve au déjeuner, ok ? »
Les anglais acquiescèrent, mais semblaient encore hésitants.
« Je m'occupe d'Harry... Vous inquiétez pas ! » affirma Miranda.

Au même moment, le Survivant sortit de la pièce et ils coururent tous vers leurs salles de cours respectives.


Simon et Martial avaient retardé Lefunest par quelques questions ardues. Le professeur avait pesté comme un beau diable contre l'ignorance crasse de ses deux élèves, mais avait néanmoins répondu. Ce répit avait permis à Harry et Miranda de se glisser dans la classe sans trop se faire remarquer. Mais, encore fatigué et nerveux, Harry se cogna dans une table et ne put retenir un cri. Miranda le poussa vers une chaise, mais n'eut pas le temps de rejoindre la sienne.
« Silence ! Silence ! » hurla Lefunest. « Tous à vos places, je ne veux pas un bruit ! Ducratère ! Qu'est-ce que vous faites encore debout ? Allez vous asseoir immédiatement avant que je ne vous colle un devoir supplémentaire ! Quant à vous deux... Je ne vais pas vous réapprendre les bases ! Si vous n'avez pas le niveau, tas de véracrasses que vous êtes, retournez en 6ème ! »
Harry eut un hoquet de surprise. Il n'avait pas l'habitude d'entendre un prof hurler ainsi sur un élève. Même Snape restait toujours imperturbablement calme, quand il rabrouait Neville. Le professeur tourna un regard menaçant vers lui, mais le Gryffindor avait déjà baissé la tête.
Harry passa le reste du cours enfermé sur ses pensées. Il sentait que Miranda lui jetait régulièrement des regards furtifs, mais il ne faisait rien pour la rassurer. Ces français, pour la plupart, étaient bien trop insouciants. Il était temps qu'ils prennent conscience que la guerre était à leur porte. Et tant pis, si c'était la fin de leur belle innocence !

La cloche sonna la fin du cours. Harry se leva, en répondant par monosyllabe aux quelques questions que lui posait Miranda. Il savait qu'il était un peu injuste envers la jeune fille. Après tout, ce n'était pas de sa faute, si elle avait eu une enfance heureuse et n'avait jamais connu la guerre ou la souffrance. Il se força à lui faire un sourire quand elle lui proposa d'aller immédiatement trouver le Comte :
« Tu comprends, » lui dit-elle, « si on attend après le déjeuner, il sera déjà rentré chez lui... Alors, va rejoindre tes amis et moi, je vais voir si je peux t'obtenir un entretien avec Flamel, ok ? »
Harry la remercia d'un signe de tête et descendit les escaliers d'un pas lourd. Miranda conjura un parchemin vierge sur lequel elle écrivit quelques lignes assorties d'une mention "urgent". Elle s'approcha d'un tuyau de pneumatique et il enfourna le parchemin roulé.
« Evariste d'Armorghast » dit-elle, en tapotant le tuyau de sa baguette. Miranda regarda le parchemin filer jusqu'aux hauteurs du grand Hall, puis disparaître dans un mur.

« Tiens, tiens, » fit une voix dans son dos, « Miranda Ducratère quémande encore des faveurs, en profitant de son statut de déléguée ! »
Miranda se retourna et se retrouva face à une fille aux cheveux blonds cendrés.
« Christine Müller... » soupira-t-elle, exaspérée. « Je suis surprise de ne pas te voir pendue aux basques de notre grande solo. »
« Toujours jalouse de Junon ? » minauda méchamment Christine. « Au fait… Pas trop déçue de voir ton petit protégé t'échapper ? » demanda la fille avec un sourire mauvais.
Miranda ne répondit pas. Christine se lassait, parfois, face à l'indifférence.
« Ne fais pas celle qui ne comprend pas, ma petite Randa... Potter est l'élève de Junon. Tu n'as pas à te mêler de sa vie ! »
« Elle m'envoie ses messages par le biais de ses lèches-culs, maintenant ! » remarqua Miranda à haute et intelligible voix. « Elle est tombée encore plus bas que je ne l'aurais cru possible ! »
« Tu te crois, maligne, Ducratère ? Moi, je voulais juste t'informer... En toute amitié ! » fit Christine, en tournant les talons.
"En toute amitié... Bien sûr... Elle a l'ironie hyper subtile, cette conne !" pensa Miranda, en levant le nez vers les tuyaux des pneus. "Bon, elle vient cette réponse ? J'ai la dalle, moi !"


Harry avait du mal à rester en place. Il était assis dans le réfectoire en compagnie de Ron, Hermione et Neville. Mais plutôt que de se concentrer sur son repas, il n'arrêtait pas de regarder du coté de l'entrée, pour ne pas rater Miranda. Il fallait qu'il parle à Flamel ! Cette situation n'était plus tenable : rester sans rien faire, caché, en attendant le bon vouloir de Voldemort ! De frustration, il tapa du poing sur la table, s'attirant les regards de ses amis. La main d'Hermione se posa sur son bras, l'exhortant à la patience et au calme. Mais Harry n'avait plus envie d'être calme et encore moins patient.
« On ressent tous la même chose, Harry... » fit Neville d'une voix compréhensive.
Le Survivant dévisagea Neville, le seul peut-être qui pouvait réellement comprendre. Lui aussi avait perdu ses parents - en quelque sorte - et il aurait pu être le garçon de la Prophétie... Harry se prit à imaginer une seconde sa vie, si Neville avait été l'Elu. Tout s'était joué sur la décision du cerveau malade d'un psychopathe. Il se demanda furtivement si la grand-mère du jeune Longbottom était au courant.

« Harry ? » questionna Ron. « Ouhou ? Tu es avec nous ? »
« Quoi ? »
« Miranda est là ! » fit le rouquin en désignant la jeune fille qui s'avançait vers eux.
Harry se leva d'un bond.
« Alors ? » demanda-t-il, impatient.
« J'ai eu une réponse du Comte. Il a dit que si votre professeur ou Mme Maxime n'était pas de retour ce soir, tu pourrais parler à Flamel demain matin, » répondit Miranda. Puis, voyant l'air renfrogné de Harry, elle poursuivit : « C'est plutôt une bonne nouvelle, tu sais... En général, le Comte est bien plus inflexible. »
Elle s'assit en bout de table et s'absorba dans la contemplation du menu.
« En attendant, » fit Hermione, « nous devons rassembler le maximum d'information sur cette femme. Ainsi, ton entretien avec Flamel sera bien plus constructif. »
« Quelle genre d'informations ? » demanda Harry.
Hermione jeta un coup d'œil à Miranda, toujours caché derrière son parchemin, mais qui visiblement ne perdait pas une miette de la conversation.
« Tu peux parler devant elle, » fit Harry, puis il lança en direction de la déléguée : « Il est plus que temps que vous preniez conscience de la situation et que vous quittiez votre petit cocon ! »
Miranda leva le nez et lui répondit avec du défi dans la voix :
« Et si tu m'expliquais une bonne fois pour toute ? »
« Tu crois que tu vas pouvoir encaisser toute la vérité ? » renifla Harry.
La jeune Ducratère réfléchit une seconde, avant de répondre :
« Nous savons, par Fleur Delacour, ce qui s'est passé lors du tournoi des Trois Sorciers. Pas seulement la mort d'un des champions. Elle nous aussi a rapporté le discours de votre directeur, Dumbledore. Mme Maxime ne nous a pas caché que la guerre recommençait en Angleterre. Mais depuis, nous n'avons que très peu de nouvelles... Vous avez entendu la chronique de Térence à Radio Beauxbât ? Les journalistes sont bâillonnés depuis plus de trois mois ! Votre arrivée est inespérée pour nous ! ... Quant à savoir si je saurais ou non encaisser la vérité... Quelle importance cela a-t-il ? Tôt ou tard, elle viendra frapper aux portes de Beauxbâtons. »
Les Gryffindor s'entre-regardèrent, puis Harry trancha :
« Très bien. Mais je vais te demander de ne pas en parler aux autres élèves... »
« Même pas à Simon ? »
« Même pas à Simon. Et tu vas faire un serment magique, assorti d'un sortilège d'Hermione, » renchérit Harry. « Hermione, tu te souviens de Marietta ? » ajouta-t-il.
La jeune fille acquiesça et sortit sa baguette.
« Qu'est-ce que tu vas me faire ? » demanda la déléguée, en agitant ses boucles rousses.
« M'assurer que si le moindre mot t'échappait, tu le regretterais pendant longtemps ! » répondit froidement la Gryffindor.
« Alors, tu veux toujours savoir ? » demanda Harry.

Miranda regarda la baguette d'Hermione, puis le Survivant et à nouveau Hermione et finit par hocher la tête.


Trois quarts d'heure plus tard, un silence lourd s'abattait sur la tablée. Les assiettes pleines, les verres négligés disaient assez l'horreur du récit de Harry. Il avait fait au plus court, commençant directement par l'infiltration de Barty Crouch au sein même de l'école. Puis il avait rapidement expliqué les circonstances de la mort de Cédric et l'horrible scène du cimetière : la trahison de Pettigrew, la renaissance de Voldemort... Puis il avait raconté leur cinquième année, la résurrection de l'Ordre du Phœnix et la dictature d'Umbridge. Il n'avait dit que quelques mots sur la bataille du Ministère, se contentant de faire comprendre à Miranda qu'ils étaient sur place et qu'ils y avaient vu Voldemort dans toute sa puissance. La Prophétie, la mort de Sirius, tout cela ne la regardait pas. Hermione, Ron et Neville l'avaient écouté sans mot dire, respectant ses ellipses et ses quelques écarts d'avec la vérité. Miranda avait fini par baisser les yeux. Son silence choqué disait assez son trouble. Elle tentait quand même, bravement, d'assimiler ces trois années de combat. Jamais elle n'aurait imaginé que la situation avait dégénéré à ce point en Angleterre. Tacitement, les anglais respectèrent son besoin de calme. Elle faisait partie des leurs à présent.

Ron regarda distraitement sa montre. Les aiguilles se rapprochaient dangereusement de 14h00.
« Mince ! » s'exclama-t-il tout à coup, en se frappant le front. « J'avais complètement oublié que je devais voir Marcus. On avait rendez-vous juste après le déjeuner, pour un entraînement. »
Harry se leva brusquement.
« Et nous, on a cours de quoi ? » demanda-t-il à Miranda.
La jeune fille le dévisagea comme s'il était fou.
« Attends... Vous avez cours le week-end chez vous ? » finit-elle par dire.
« Mais, on est quel jour ? » fit Harry d'une voix incertaine.
« Ben... samedi. »
Harry se mit à compter sur ses doigts :
« Voyons... On est arrivé mercredi ; jeudi, on a eu nos premiers cours... Je crois que c'est ce soir-là que j'ai fait mon... cauchemar. Vendredi... Ca veut dire que j'ai dormi tout le vendredi ? »
Il chercha confirmation auprès de ses camarades.
« Non, Sorlimus t'a sorti de l'infirmerie hier après-midi. Nous l'avons vu. Mais quand elle t'a ramené tu étais inconscient. C'est peut-être pour cela que tu ne te souviens de rien... » hasarda Hermione.
« Mais je devrais tout de même me souvenir d'où proviennent ces marques ! » lança-t-il en exhibant ses mains brûlées.
« Nous savons tous qui te les a faites, » annonça froidement Miranda. « Pas la peine de tergiverser ! »
« A moins... Qu'elle ne t'aie lancé un sort d'oubliettes ? » fit Neville d'une petite voix.
« MAIS, C'EST ILLEGAL ! » cria Ron.
« Si tu crois qu'une solo, future Sénéchale de France, se soucie de ce genre de choses, tu te trompes lourdement ! » répondit Miranda avec une moue dédaigneuse.
« Pourtant, Marcus aussi était un solo et je vous jure qu'il est pas comme ça ! » fit Ron, montant au créneau de la défense de son alter. « C'est lui qui m'a proposé un entraînement sur son temps libre et il voudrait, alors qu'on se connaît à peine, qu'on se fasse tatouer comme deux vrais alters. »
« Des tatouages ? » s'exclama Hermione.
« Ah, mais oui, c'est vrai ! » s'écria le rouquin. « J'ai oublié de vous parler de ça avec... avec tout ce qui s'est passé ces jours derniers... Lors de ma seconde convocation chez Maxime, Marcus a parlé des tatouages des alters. Il voulait que nous nous fassions faire les nôtres le plus vite possible – enfin, si j'étais d'accord, bien sûr ! »
« Et qu'as-tu répondu ? » questionna Miranda avec curiosité.
« Ben... Rien, sur le moment ! ... En tous cas, McGonagall n'était pas du tout emballée par l'idée ! » répondit Ron.
« Au vu des derniers événements, je pense que vous devriez tous vous faire tatouer ! » lança Harry.
« Hein ? » fit Neville, d'un air horrifié.
« Je vous rappelle que Voldemort est revenu. Si l'un de nous se faisait enlever, ce tatouage serait peut-être l'unique moyen de s'en sortir, » expliqua-t-il.
« Ou le meilleur moyen de créer un piège avec un appât ! » le contrecarra aussitôt Hermione.
« Certes... » admit Harry de mauvaise grâce.
« Mais toi, tu es solo, Harry, » remarqua Miranda. « Ca tombe bien, en fait. Tu n'as pas d'alter qui peut se faire kidnapper. »
« Aucune différence. Si n'importe lequel d'entre vous se faisait capturer... » commença le Survivant.
« Il ne faudrait surtout pas que tu viennes ! » s'écria Hermione. « En tous cas, pas tout seul et pas sans un plan solide ! »
« Nous n'en sommes pas là, » temporisa Ron. « Et nous nous tiendrons tous sur nos gardes afin que ça n'arrive pas... »
« Et pour ça… » les relança Hermione. « Il faut qu'on en sache plus ! »
« Qu'est-ce que tu veux dire ? » demanda Neville.
« Nous devons rassembler des indices sur cette femme ! »
« Mais de quoi tu parles, à la fin ? » s'impatienta Ron.
« Des indices... » répéta la Gryffindor, comme si elle s'adressait à des gamins. « Si elle a dit quelque chose... Si un nom a été prononcé... Si elle avait un signe distinctif... Un bijou particulier... Un grain de beauté... Que sais-je ? »
« Tu as trop lu de romans policiers, Hermione, » remarqua Miranda, en secouant ses boucles. « Ca ne se passe pas comme ça dans la vraie vie... »
« Oui, mais en attendant de voir Flamel, je ne vois pas ce que Harry pourrait faire d'autre ! »
« C'est vrai, » renchérit Neville, « et ça lui évitera de se ronger les sangs ! »
« Vous pourriez arrêter de parler de moi comme si je n'étais pas là ! » grogna Harry.
« De quoi tu te souviens ? » le questionna Miranda.
« Euh... » hésita Harry.
« Voyons d'abord son aspect physique ! Alors, sa tête... » commença Hermione.

Un sifflement aigu l'interrompit.
« Pneu ! » cria Miranda.
Un objet non identifié jaillit d'un tuyau non loin d'eux et continua sa course droit dans leur direction, tel un cognard. Miranda voulut imiter Tina et le plaquer sur la table, mais elle le rata. Le parchemin continua sa course et passa à deux centimètres du nez de Neville. Ce fut Ron, avec ses réflexes de gardien, qui réussit à le coincer entre la carafe d'eau et sa main droite. Le jeune Weasley regarda le parchemin et vit qu'il lui était adressé.
"Ron" lut-il. "Je t'attends devant le gymnase pour l'entraînement. Préviens-moi, si tu as un empêchement, s'il te plaît. Marcus"
« Mince ! » s'écria Ron. « Marcus m'attend ! »
« Il est motivé, dis-moi... » remarqua Neville.
« J'imagine que la perspective d'avoir un alter ne doit pas déplaire à Marcus, finalement. Ce n'est pas un solitaire dans l'âme, » expliqua Miranda.
« Alors, qu'est-ce que tu attends ? » jeta Harry à son ami.
« Ben... Avec toute cette histoire... Je ne sais pas si je dois... » expliqua Ron, un peu gêné.
« Justement si ! » trancha Harry. « Tu dois t'entraîner pour être au meilleur niveau possible. »
« Hic ! » hoqueta Neville à l'improviste. « Excusez-moi, c'est la faute du pneu... »
« Tu es certain que ça va aller, Harry ? » demanda le jeune Weasley d'un ton concerné.
« Ca va. J'ai passé l'âge d'être materné ! »
La réponse était acerbe, mais le léger sourire de Harry atténuait la dureté de la remarque. Ron haussa les épaules comme pour dire "à ta guise", puis partit à grandes enjambées en direction du gymnase.

« Bon, revenons à nos moutons, » fit Hermione. « Cette femme, Harry, est-ce que l'as déjà vue en vrai ou dans une de tes visions ? Est-ce que son visage t'est familier ? »
Harry réfléchit une seconde.
« Non, je ne crois pas. Je peux dire presque sans aucun doute que je ne l'ai jamais vue... »
« Elle te rappelle peut-être quelqu'un alors ? » insista Hermione, qui savait que son camarade n'était pas physionomiste pour deux sous.
« Comment veux-tu que je le sache ? » répondit Harry d'une voix acerbe.
« Et tu crois qu'elle était anglaise ? » fit Neville d'un ton inquiet.
« Oui, » répondit Harry, en se replongeant dans la scène. « Les Mangemorts lui parlaient en anglais et elle avait l'air de comprendre... Elle faisait non de la tête... Et elle criait des injures... au début... Après, elle ne... elle ne pouvait plus. »
« Et à quoi ressemblait-elle ? » demanda Hermione.
Harry ferma les yeux, tentant de se rappeler les traits exactes de la femme.
« Elle était... brune. Oui, c'est ça brune. » dit-il d'un ton un peu hésitant. « Avec de très longs cheveux noirs... »
« Bruns ou noirs, les cheveux ? » questionna à nouveau Hermione.
« J'en sais rien ! » s'énerva Harry. « Ils étaient dans une sorte de pièce sombre. Je distinguais mal les couleurs... »
« Ok, ok... » fit Miranda d'une voix apaisante. « Et elle était petite ou grande ? »
« Oh, petite... Je dirais, haute comme ça, » décrivit-il, en mettant sa main à une hauteur de 1m60 environ. « Plutôt mince, » ajouta-t-il avant que Hermione n'ouvre la bouche.
« Mmm... » fit Miranda en se pinçant les lèvres. « Et elle avait quel âge, environ ? »
« Euh... Elle avait de petites rides au coin des yeux et des lèvres... La quarantaine peut-être ? »
« Et tu es bien sûr qu'elle était anglaise ? » redemanda Neville.
Harry hocha la tête.
« Tu as vu ses yeux ? » demanda Hermione.
« Euh... Non, pas vraiment ! Je dirais qu'ils étaient bleus, mais je suis pas sûr... La pièce était assez sombre. »
« Et les traits de son visage ? » ré-attaqua Hermione.
« Les traits de son visage ? » répéta Harry.
« Un visage long ou rond ? Une mâchoire carré ou triangulaire ? Une bouche petite ou grande ? Ce genre de choses ! »
Harry ferma les yeux et se concentra.
« Je la vois très bien. Maintenant, je la reconnaîtrais entre mille... Mais comme ça, je n'arrive pas vraiment à la décrire. »
« Attends ! J'ai une idée ! » s'exclama Hermione.
La jeune fille conjura un parchemin vierge et une plume et les tendit à Harry, interdit.
« Le mieux serait que tu la dessines ! »
Harry la regarda comme si elle était folle.
« Hermione, je ne suis même pas capable de tracer deux lignes droites... »
« Oh, Harry ! Personne ne te demande de faire de l'art. Essaye juste de reproduire ce dont tu te rappelles... »
Neville et Hermione se penchèrent par dessus l'épaule de Harry pour regarder les traits tremblotants qu'il tentait de crayonner.
« Ne regardez pas comme ça ! » fit Miranda. « Sinon, il n'y arrivera jamais. »

Après quelques essais infructueux et deux hoquets de la part de Neville, Harry froissa le parchemin de frustration.
« J'en ai assez ! ... Tout cela ne mène à rien et pendant ce temps, les Mangemorts vont peut-être trouver ce qu'ils recherchent... Ahhh, si seulement, ils avaient prononcé ne serait-ce que son prénom ! »
« C'est pour ça que tu dois la dessiner, Harry, » lui rétorqua Hermione, en montrant le parchemin. « C'est la seule piste que nous avons. »
« Mais tu vois bien que je suis incapable d'y arriver ! »
« Attendez, j'ai peut-être une idée ! » lança brusquement Miranda. « Ne bougez pas, je reviens ! »
La rouquine disparut dans les jardins de derrière et revint quelques minutes plus tard, accompagnée d'une autre jeune fille.

Les Gryffindors reconnurent de loin la chevelure changeante d'une des Punks qu'il avait vu le jour de leur arrivée. Théodechilde Quin, que l'on appelait communément Théod, était l'archétype de l'outrance. Vêtue d'une courte jupe en jean noir à moitié décolorée qui s'effilochait dans le bas, elle exposait des jambes gainées de bas résilles déchirés. Un débardeur blanc laissait ses bras apparents, qui étaient tatoués d'entrelacs et de créatures magiques. Un lacet en cuir était noué à son bras gauche, juste au-dessus de la saignée du coude. Mais si sa tenue était extravagante, ses traits étaient en revanche assez anodins et devaient leur originalité à l'artifice plus qu'autre chose. Quant à ses cheveux, ils changeaient constamment de couleur, passant par toutes les nuances de l'arc-en-ciel. On pouvait vraiment se demander quelle était sa couleur d'origine. Harry n'avait guère vu que Tonks pour oser arborer de tels cheveux.

« Salut ! Je m'appelle Théod, » lança-t-elle, en montrant le badge qui ornait son débardeur.
« Tu es métamorphomage ? » lui demanda Harry à brûle-pourpoint.
« Méta-quoi ? » s'étonna Théod.
Elle lança un regard interrogatif à Miranda, mais celle-ci avait l'air tout aussi surprise. Visiblement, elles n'avaient jamais entendu parler de ce pouvoir si peu répandu.
« Métamorphomage » répéta patiemment Harry. « Ce sont des sorciers capables de changer de forme à volonté. La taille, le visage... »
« Pratique ! » s'exclama Miranda, en ouvrant des yeux ronds.
« Ah, c'est à cause de mes cheveux !? » s'exclama Théod. « Non, ils sont juste imprégnés d'une potion de coloration instable... »
« Pourquoi instable ? » demanda Hermione, en fronçant les sourcils.
« Si elle était stable, mes cheveux resteraient tout le temps de la même couleur. C'est Alexis qui a créé ce prototype pour moi. »
« Alexis est un génie ! » lança Miranda avec feu.
« Alors ? » fit Théod. « Il parait que vous auriez besoin de mes compétences en dessin ? »
« Ah, oui. Ce serait pour établir une sorte de portrait-robot... » commença Harry.
Théod ouvrit de grands yeux.
« C'est très important ! » insista-t-il. « S'il te plaît... »
« OK. Mais c'est bien la première fois que je fais ça ! ... Je ne garantis vraiment pas le résultat... »
La jeune punk sortit sa baguette et conjura un parchemin. Elle eut un moment d'hésitation :
« Non, c'est idiot... » marmonna Théod pour elle-même. « Venez, » ajouta-t-elle, en les entraînant vers les bâtiments.
« Où allons-nous ? » demanda Hermione.
« En salle d'Arts Plastiques. J'ai besoin de mon matériel de dessin et de mon chevalet... »

Théod les mena dans le grand hall, puis après une série de couloirs et de petits escaliers, dans un corridor, décoré de fresques Renaissance où se mêlaient Néréides et Tritons en un incessant ballet aquatique. Les Nymphes marines chevauchaient d'étranges dauphins, soulevant des gerbes d'eau, tandis que les Tritons soufflaient dans des conques. Les murs entiers semblaient vivants. Harry avait l'impression qu'en tendant la main, il pourrait agripper un dauphin et se mêler lui aussi aux créatures marines.
« Ttt, ttt ! » fit Théod dans un claquement de langue. « Ne les touche pas ! Ils ne sont pas aussi sympas qu'ils en ont l'air... »

Elle continua d'avancer dans le couloir, d'où provenait l'écho d'une conversation. Ils dressèrent l'oreille :
« Mais si, mon cher Michel, crois-moi, je t'en assure... » dit une voix masculine aux inflexions douces.
« Balivernes que tout cela ! Enfin, Nicolas, tu n'as jamais connu Bernard et, de surcroît, tu n'es resté à Paris qu'une seule année. Au nom de quoi, par les Cieux, prétends-tu savoir ? » répondit une voix rocailleuse au fort accent méridional.
« Mettrais-tu ma parole en doute ? N'oublie pas que je n'ai rien négligé ! » fit l'autre d'une voix pincée.
« Il est vrai que ton oeil est incomparable. Mais mes sources sont fiables. Les rustiques de Palissy pour la grotte de ma chère Reine étaient d'essence magique... »
« Allons, allons, Michel ! » s'impatienta le premier. « Tu perds le sens commun, mon ami… J'ai observé ces rustiques. Palissy n'était pas un sorcier et il moulait sur le vif !² »
« Hem... Excusez-moi... » fit Théod, en passant sa tête dans l'entrebâillement de la porte.
« Par ma barbe, ne serait-ce point là la jeune Théodechilde ? » fit la voix rocailleuse.
« Damoiselle Quin ? Que faites-vous donc en ces lieux ? L'inspiration vous ferait-elle défaut ? » demanda la première voix avec un rien de taquinerie.
« Non, Maître... » répondit Théod. « J'aimerais utiliser mon chevalet... »
« Mais, faites, faites, ma petite ! Ce cher Michel allait justement nous quitter... »
« Parfaitement, j'ai une horloge à remonter, moi ! » lança le premier, en franchissant le seuil de la pièce, accompagné du rire de son interlocuteur.
Les trois Gryffindor le regardèrent avec intérêt. C'était un homme d'une cinquantaine d'années, à la barbe poivre et sel taillée en pointe.
« Michel de Nostredame, professeur d'astronomie et d'astrologie, » se présenta-t-il sobrement, avant de tourner les talons.
Hermione le regarda disparaître au coin du couloir, en se mordant l'intérieur de la joue.
« Tu viens Hermione ? » demanda Harry, surpris que la Gryffindor reste plantée dans le couloir.
« J'arrive ! » dit-elle vivement.

Ils passèrent la porte et sursautèrent tout deux de surprise. Plantée devant un superbe tableau, Théod discutait avec le sorcier en robe noir qui y était représenté. L'œuvre peinte était si vivante qu'ils se seraient presque attendus à ce que le sorcier descende de son cadre pour venir jusqu'à eux.
« Jeune fille, ces oripeaux ne font guère honneur à vos dons d'artiste, modestes certes, mais non négligeables. J'apprécierais de votre part une meilleure tenue... Quant à vos cheveux... » fit l'homme en tendant un doigt vers la chevelure de Théod.
« Maître, vous êtes plus dans le coup ! » rigola la jeune Punk.
« S'il faut en arriver à de telles extrémités... » répondit le tableau, en levant les yeux au ciel. « Et ne recommencez pas à me parler de tous vos arts décadents ! »
« Vous dites ça, mais je suis sûre que secrètement, vous avez un faible pour le Cubisme... » le taquina Théod.
« Hmf ! Un faible pour le Cubisme, moi ? Vous voilà bien impertinente ! A mon époque, les jeunes filles savaient où était leur place... Et elles s'y tenaient ! »
« Hic ! » hoqueta Neville.
« Mais que vois-je ? Ne serait-ce pas là de nouveaux élèves ? » s'enthousiasma le tableau.
« Bonjour... » marmotta Hermione.
« Le bonjour à vous, jeunes gens ! Je suis Nicolas Poussin. »
Le sorcier se rengorgea dans son tableau, attendant la réaction des anglais.
« Nicolas Poussin, » répéta le tableau, en articulant soigneusement son nom.
« Hic ! » répondit Neville.
Une soudaine quinte de toux attira fort opportunément l'attention des Gryffindors sur Théod.
« Ca va ? » demanda Harry.
« Oui, excusez-moi ! Bon, on va s'y mettre... Euh... Maître, si vous en avez besoin de quelque chose, n'hésitez pas à me le demander. »

Théod sortit plusieurs feuilles blanches en prévision des ratés et des brouillons et son matériel, puis s'assit devant son chevalet, entourée des Gryffindors. Miranda, elle, regardait distraitement par la fenêtre.
« Bon, » fit la jeune Punk. « Commençons. J'ai besoin que vous me décriviez le plus précisément possible cette personne... »
Harry leva les yeux au ciel d'exaspération :
« C'est bien le problème ! Je n'arrive pas à la décrire... »
« Hic ! » fit Neville.
« Hmmm... C'est sûrement parce que tu considères son visage dans son ensemble et non traits par traits, » fit Théod. « Allons-y point par point : tout d'abord, la forme générale de son visage. Avait-elle un visage triangulaire, rond ou assez charpenté ? »
« Plutôt rond » répondit Harry.
Théod commença à crayonner une forme sous les yeux des Gryffindor.
« Non, non ! » l'arrêta immédiatement Harry. « Elle avait beaucoup moins de joues et son menton était beaucoup plus pointu ! »
Théod rectifia le tir et interrogea le Survivant du regard.
« Oui... » dit-il. « mais, elle avait le front plus grand, beaucoup plus grand, et deux mèches de cheveux retombaient de chaque coté, devant ses oreilles. »
« Tu vois que tu y arrives, Harry ! » fit Hermione d'un ton encourageant. « Je t'avais bien dit qu'en organisant un peu... »
« Euh... Hermione, » coupa Miranda, en voyant l'expression impatientée de Harry. « Je crois qu'on devrait les laisser travailler. Ce ne doit pas être évident de dessiner sous les yeux d'autant de monde... »
« Hic ! »
Hermione eut l'air un instant vexé d'être ainsi écartée, mais elle finit par se ranger sagement à l'avis de Miranda.
« Bon et bien, on t'attendra au niveau du porche d'entrée... » dit Neville.
« Je ne sais pas... » répondit Harry. « J'ai des exercices à faire dans le cadre de ma formation de solo. Ce maudit parchemin n'arrête pas de me le rappeler, depuis ce midi. »
« On se verra au dîner, alors... » fit Miranda, en entraînant les deux autres. « Ciao ! »
Ils étaient déjà dans le couloir quand ils entendirent la voix du professeur Poussin :
« Damoiselle Quin ! Amenez-moi donc votre travail que je vois si vous avez résolu vos problèmes de perspective depuis la semaine dernière... »
« Je ne sais pas comment fait Théod pour supporter ce prof... Il est sur le dos de ses élèves même le week-end ! » fit Miranda. « Elle doit vraiment avoir la foi... »

Après ça, Neville, Hermione et Miranda traînèrent leur désœuvrement dans les jardins. Ils étaient presque déserts, alors qu'il faisait un temps superbe.
« Pourquoi y a-t-il aussi peu de monde ? » demanda Hermione surprise par le calme ambiant qui contrastait avec l'agitation des jours précédents.
« Ben, c'est samedi... » répondit Miranda sans cacher son air intrigué. La question la laissait un peu perplexe. « Il n'y a que nous, les 1ères, qui sommes restés. Sur ordre de Madame Maxime... » précisa-t-elle.
« Tu veux dire que vous rentrez chez vous le week-end ? » s'étonna Neville.
« Bien sûr ! Pas vous ? »
« Oh non, nous ne rentrons que pour les vacances... » expliqua le jeune Longbottom d'une voix empreinte de tristesse.
« Ah, c'est donc pour ça que vos malles sont si grosses ! » réalisa Miranda.
« Au moins, pendant ce temps, nous sommes hors d'atteinte des Mangemorts... » remarqua Hermione. « Hogwarts et notre directeur Dumbledore restent une épine dans le flanc de Voldemort. »
Neville sursauta à l'énoncé du nom honni et en perdit son hoquet.
« Mais ce professeur dont vous m'avez parlé... Snape... Ce n'est pas un Mangemort ? » demanda Miranda perplexe.
« Un Mangemort repenti, » répondit Hermione. « Il espionne pour le compte de l'Ordre maintenant... Bien sûr, des doutes subsistent sur ses allégeances réelles, mais jusqu'à présent... »
Elle laissa sa phrase inachevée.
« Et il n'y a pas eu d'autres Mangemorts infiltrés à Hogwarts ? »
« Hormis Crouch, et Pettigrew avant lui, non ! » affirma Hermione.
« Tu oublies que nous avons des enfants de Mangemorts ! » la contredit Neville. « D'ailleurs, Malfoy, celui qui va affronter votre Alexis en Potions, » expliqua-t-il à Miranda, « est un fils de Mangemort. Nous l'avons tous vu au Ministère » précisa-t-il, avec une hargne qui ne lui était pas habituelle.
« La bande des Slytherins... » acquiesça la Gryffindor.
« J'espère qu'Alexis lui fera la peau ! » lança Miranda d'une voix farouche. « ... Au fait, vous vous souvenez que le Duel est pour ce soir ? Vous viendrez, dites ! »
« Je ne sais pas... » commença Neville. « Je n'en ai pas très envie... »
« Oh, allez ! Vous pouvez pas rater ça ! Déjà, il y aura une ambiance de dingue. On peut compter sur Aldo et Irène pour ça... Et puis, vous avez bien besoin de vous changer les idées après la tension accumulée ces deux derniers jours ! »
« Oui, mais Harry ? » argua timidement Hermione.
« Quoi, Harry ? » répliqua la rousse. « Tu crois vraiment qu'il devrait rester à ruminer sur les horreurs que… euh… enfin, sur son rêve de jeudi ? Crois-moi, » ajouta la jeune fille avec un bel aplomb « ce Duel, c'est exactement ce qui lui faut. Voir un fils de Mangeur-de-Morts se planter en beauté devant notre Alexis national, ça va lui remonter le moral. Et en flèche, encore ! »
« Elle n'a peut-être pas tort. » glissa Neville à Hermione.
« Oui… c'est vrai… » convint la jeune Gryffindor. « Mais comment convaincre Harry ? »
« Oh, allez… » fit Miranda. « Vous deux, et l'autre grand dégingandé » ajouta-t-elle en parlant de Ron, « vous êtes les meilleurs amis de Harry, non ? Vous trouverez sûrement ! » affirma-t-elle avec un clin d'œil. « A tout à l'heure, alors ! » conclut-elle en les quittant, sans leur laisser le temps de répondre.
« Eh bien… » fit Hermione. Elle se tourna vers Neville en soupirant. « Comme disent les Français… Y a plus qu'à ! »


¹ Umbridge : Ombrage, vous l'aviez compris...
² Bernard Palissy, céramiste de Catherine de Medicis, décora pour elle la grotte du chateau des Tuileries. Il moulait effectivement des serpents et des grenouilles 'sur le vif', c'est à dire qu'il posait l'argile directement sur le corps de la bestiole.


Et voilà, c'est fini, mais... (parce qu'il y a un 'mais') je cède la place à ma béta Catyline, qui a écrit elle-même de ses doigts de rose, une parodie de ce chapitre.
Je vous embrasse et vous laisse en sa compagnie
Biz

Ruth (qui pleure de rire dans son dédale (cf ci-dessous))


Parodie de fin de chapitre : Pourquoi votre fanficqueuse n'aura jamais d'enfants (ou du moins, pas avant très très longtemps)

Deux enfants de cinq ou six ans se précipitaient en hurlant vers une jeune femme harassée. Réalisant que le boucan du diable fonçait sur elle, la jeune femme abandonna sa vaisselle à l'évier et se prépara à parer l'attaque imminente.
« Maman, maman ! » s'époumonait les deux petits. « On a écrit une pièce de théâtre. »
« Ah bon ? » interrogea leur mère avec méfiance.
« Oui, oui ! Regarde, je te fais Harry » dit le garçon. « Et Ron aussi. » ajouta-t-il après réflexion. « Elle, elle fait Hermione » dit-il en désignant sa sœur, qui piaillait dans l'ultrason, « et toutes les autres filles. Et Fido-Dido fait Neville ! » termina-t-il fièrement en désignant d'un index sale un basset à l'œil vaguement épileptique ³.
Les deux morveux se mirent aussitôt en position, face à face, jambes écartés et script tendus devant leurs yeux. Fido Dido ne bougea pas. La mère sentit un filet de sueur glacé couler entre ses omoplates.

Je ne résiste pas à l'envie de reprendre ici le texte que les trois acteurs interprétèrent.

Harry : Mais où suis-je ?
Le Marcou : Mmmmmmmmmmmmhh !
Harry : Mon royaume pour une feuille de papier !
Le Marcou : Mmmmmmmmhhh !
Harry : Bon, ben, j'y vais, alors. Vous comprenez, il faut que j'aille me noyer sous ma douche.
Ron (inquiet) : Ben merde, alors !
Hermione : Harry, ne meurs pas ! La bronchopneumonie, c'est très douloureux !
Harry : J'fais ce que je veux !
Dean : …
Harry : De toute façon, Voldemort va tous nous buter !
Ron : Ben merde, alors !
Seamus : ...
Harry : D'ailleurs, il a fait flamber une Anglaise !
Neville : Tu es sûr qu'elle était anglaise ?
Ron (horrifié) : Ben merde, alors !
Hermione : Oui, mais avant tout, est-ce qu'elle avait un grain de beauté sur la fesse ?
Neville : Tu es sûr qu'elle était anglaise ?
Miranda : Qu'est-ce que c'est que cette partouse ?
Harry : Va m'appeler Merlin, faut que j'lui cause !
Miranda : Mais…
Harry : Les bouffeurs de grenouille sont tous des dégonflés !
Miranda : Tu veux pas aller en cours d'abord ?
Lefunest : JE VOUS HAIS !
Miranda : Tu disais quoi, à propos des grenouilles ?
Harry : T'as les foies !
Hermione : J'vais lui filer un sort, elle m'en dira des nouvelles !
Miranda : Euh ?
Ron (déconfit) : Marcus ! Ben merde, alors !
Neville : Hic ! T'as qu'à y aller !
Harry : C'est vrai ! Lache-moi la grappe !
Ron (contrarié) : Ben merde, alors !

(bruit de porte claquée)

Hermione : Et ce grain de beauté ?
Harry : Et l'âge du capitaine ?
Neville : Hic !
Miranda : J'ai ce qu'il vous faut !
Théod : Quelqu'un a un problème avec mes cheveux ?
Neville : Hic !
Théod : Fuyons !
Hermione : Le grain de beauté !
Poussin : Je suis Nicolas Poussin !
Neville : Hic !
Théod : Que personne ne bouge !
Poussin : Poussin !
Neville : Hic !
Hermione : …de beauté !
Miranda : On va peut-être les laisser…
Poussin : POUSSIN !
Hermione : T'as raison, c'est la haine…
Neville : Hic !
Miranda : Puisque c'est comme ça, on n'a qu'à se bourrer la gueule et taper sur Malfoy !
Neville : Ouais !

Soudain sages et attentifs, les deux enfants braquaient un regard attentif sur leur mère, attendant son verdict. Celle-ci, crispée, s'agrippait d'une main au rebord de l'évier. 'Heureusement,' pensa-t-elle 'qu'ils n'ont pas encore l'âge de me faire payer pour qu'ils ne diffusent pas ces vieux textes ! C'est décidé, dès demain, je brûle tout mes yaoi sur Méthos !'


³ spéciale dédicace à Benjamin Malaussène. Gardez-nous Belleville et rendez-nous la Place des Fêtes !


Voilà, une petite parodie de fin de chapitre… Rien que pour toi, ma Ruth ! En félicitation de tes 21 chapitres, déjà ! Et pour te dire que je suis toujours aussi heureuse et honorée de béta-reader cette fic fantastique… Et faire partager cette joie à tes lecteurs !

Ô vous, aimés lecteur de ma Ruth préférée, soyez nombreux ! Postez des reviews ! Et pardonnez le rythme erratique de sa parution : cette fois-ci, c'est de ma faute. Voilà trois jours que Ruth me harcèle au téléphone pour que je finisse la relecture !

… Il ne me reste plus qu'un mot, je crois… Enjoy ?

Bisous, Catyline.