The Beauty and the Niffler

Auteur : Angelscythe

Genre : Fantasy/Fantastique(dépend comment vous le voyez), UA, romance ? Conte

Couple : Gramander… mais quoi d'autre ?

Disclaimers : Tous les personnages appartiennent à J.K Rowling un IMMENSE merci à elle. Moi, je me contente de jouer avec les personnages 3 Bonne lecture !


Chapitre 20

Une histoire entre les draps

Si Pickett dormait, accroché à une plante en pot sur la table de chevet pour éviter d'être écrasé, ce n'était pas le cas de Newt. Allongé sur le flanc, il gardait le regard rivé vers un point que lui seul voyait. Il était un peu recroquevillé parce qu'il avait toujours l'impression de sentir les douleurs vriller ses chairs. Des douleurs contre lesquelles il ne pouvait rien faire.

L'effroyable. Le détestable sortilège de doloris.

Quel être abject pouvait l'utiliser comme ça ? Non. Quel être abject avait pu tuer le Niffler avant d'essayer de s'en prendre à Pickett ? Lui, ce n'était rien…

Il se rendait compte que dans ces questions, il enveloppait son père. Il avait eu tant d'affection pour lui. La haine qui se formait dans son cœur tentait de le lui arracher. Penser des choses horribles à son sujet lui donnait l'impression d'étouffer. C'était contre-nature…

Les images de tout à l'heure et d'un passé doux se côtoyaient, se battant pour qu'elles gagnent leur place…

Des coups furent frappés à sa porte entrouverte et il se redressa légèrement.

- Oui ?

- C'est Percival. Tu es habillée ?

- Oui.

Newt se redressa dans le lit, serrant sa main sur une des robes de nuit que Queenie lui avait fait à l'époque où elle jouait tellement à la poupée avec lui. Elle remontait à l'époque où il avait onze ou deux ans et elle aurait dû être courte mais il lui avait demandé de la rallonger tout à l'heure.

Queenie et Tina lui avaient toutes les deux dit qu'il pouvait s'attendre à une visite de Graves, il s'y était préparé.

Il continuait de mentir sur son apparence et il réalisait qu'il n'éprouvait pas de la haine que pour son père.

Il ne regarda pas vers Percival alors qu'il entrait dans sa chambre, un lumos au bout de sa baguette. Elle était toutefois dans son dos, ou presque, pour que la lumière ne l'éblouisse pas trop.

- Je venais voir si ça allait. Chuchota-t-il.

- Tu viens toujours quand il fait tard. Remarqua Newt. Je vais croire que tu nous caches des choses. Tenta-t-il de plaisanter.

- Que je suis une créature de la nuit ?

Le jeune Sorcier sourit légèrement et se déplaça dans le lit pour le laisser s'asseoir. Ce que Graves prit pour une sorte de rejet. Ça n'aidait pas que son compagnon ne le regardait toujours pas. Quoique, ça, c'était plutôt normal…

- Je voulais vraiment savoir si ça allait. J'ai pensé que tu pourrais vouloir cacher ça à tes sœurs.

- Et à toi. Répondit Newt.

- Je ne sais pas si je dois le prendre comme un compliment ou pas.

Du coin de l'œil, le travesti remarqua qu'il était toujours debout.

- C'en est un. Et tu peux t'asseoir.

- Merci.

L'homme prit place sur le matelas un peu rigide et il regarda vers Pickett qui avait toute l'attention de Newt.

- Il va bien ?

- Oui. Il est résistant.

- Tant mieux.

Ils en étaient revenus à une espèce de politesse froide et il s'en voulait. Est-ce que c'était parce que son père avait tué le Niffler ? Parce qu'il avait été sans nul doute la cause du sortilège doloris ?

Newt tourna légèrement la tête vers lui et ne put s'empêcher de rougir lorsqu'il réalisa ce que son habitude à ne pas regarder les gens lui avait soustrait. Un détail.

Graves était torse-nu.

Et en tant qu'homme, et même que fausse femme, ça n'aurait pas dû le gêner. C'était normal et il se souvenait des fois où son père le faisait. La différence étant que Graves n'était pas ridé et fripé et qu'il n'était pas maigrelet comme lui pouvait l'être. Il possédait un torse d'homme avec juste ce qu'il fallait de poil pour prouver sa virilité, soulignant la rondeur de ses muscles.

- Par Merlin. Chuchota-t-il.

- Qu'il y a-t-il ?

Il regarda vers l'endroit que Newt semblait fixer jusqu'à ce qu'il sente la main douce et délicate de son compagnon sur son épaule.

- Je…

Graves vit que le drap lui était tendu alors que l'autre balbutiait.

- Je n'aurais pas dû me présenter comme ça. L'habitude.

Percival sortit sa baguette de sa poche et il fit apparaître une chemise qu'il enfila. Il savait qu'elle disparaîtrait d'ici un moment mais il serait peut-être parti.

- Ce n'est rien. C'est moi, j'ai été… surprise ?

Il tira les draps sur lui, ses doigts se fermant comme des crochets.

- Je ne sais pas où sont nos pères.

- Moi non plus. Mais ils avaient des plans. Je ne pense pas qu'ils reviendront.

Newt acquiesça. Il leur avait raconté comment la demeure du Maire avait été vidée de ses affaires. Il ne fallait pas être particulièrement intelligent pour comprendre qu'ils s'étaient liés et qu'ils avaient décidés de partir, de ne plus revenir ici avant un moment. De quitter l'endroit tout simplement…

Et le travesti ne pouvait s'empêcher de penser que tout ça avait été préparé bien avant qu'ils ne s'en rendent compte.

- Comment est-ce que tu te sens, Newt ? Je suppose…

Il secoua doucement la tête pour lui répondre.

L'homme se tut alors, les sourcils froncés, ce qui lui donnait un air de chien battu presqu'adorable.

Le travesti sourit alors et souleva les couvertures avant de tendre la main vers lui. Percival ne put retenir un sourire et il plaça sa baguette, faisant toujours le sort de lumos, entre eux. Il se glissa sous les draps auprès de lui mais ne chercha pas à le toucher malgré l'envie. Il n'allait pas lui sauter dessus alors qu'il lui faisait ainsi confiance. Mais il avait envie de le prendre dans ses bras à cause de l'expression sur son visage.

Peut-être attendre un peu…

- Tu vis à l'auberge, n'est-ce pas ?

- Oui. Ce n'est pas plaisant ni pratique mais… c'est mieux que la rue. Supposa-t-il avec un sourire.

- Tina et Queenie t'aiment bien. Peut-être qu'elles accepteront que tu restes. Maintenant qu'on a une chambre en plus.

- Je ne voudrais pas m'imposer. Et que dirait-on ? Un homme avec trois femmes.

Newt baissa un peu le visage.

- On se moque de ce que disent les gens. On dit… Ce que ton père a dit, tout le monde le dit. Je suis une attardée… Parce que je ne me mélange pas, que j'ai du mal avec les interactions sociales… Parce que je n'aime que mes animaux. Que… je ne regarde pas les gens dans les yeux ou que…

Newt sentit la main de Percival sur la sienne.

- Je m'en moque. Dit-il. C'est ainsi que tu es. C'est comme ça que tu m'as plu.

Son autre bras passa autour de ses épaules sans le toucher pour autant et ce fut le travesti lui-même qui vint chercher ce contact qu'on lui proposait. Il appuya doucement sa tête contre son épaule. Le chasseur le resserra alors.

- Tu m'as plus aussi, Percival. J'ai souvent pensé à toi. J'aurai dû chercher à te contacter. Mais quand il s'agit de faire plaisir à des animaux…

Ses yeux s'obscurcirent alors qu'il pensait au Niffler. Il fut presser un peu plus contre le corps de Percival et des lèvres touchèrent sa tempe.

- Je ne t'en veux pas. Tu es là et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour te voir sourire.

- Sourire.

- J'aime ton sourire.

Un autre baiser tendre effleura sa peau.

- Je suis désolé… Pour tout ce qui est arrivé. Pour ton père. Je te fais la promesse que je serai là.

- Je n'aime pas cette promesse. Dit Newt.

- Pourquoi ?

- Parce que c'est peut-être un mensonge. Et comment tu le sauras ? J'avais promis au Niffler de revenir souvent.

Percival lui caressa le visage avec tendresse.

- Je ne te fais aucune promesse en ce cas. Je resterai auprès de toi, tu m'es si précieuse mais sans promesse.

Le travesti leva les yeux vers lui, serrant ses doigts sur sa tenue. Il ne pouvait pas le lui dire… Il ne pouvait pas lui dire ce qu'il était en vrai. Il avait trop peur que cette promesse s'effondre. Mais il ne pouvait pas non plus lui mentir pour toujours. Surtout pas alors qu'il était si bien dans ses bras. Surtout pas alors qu'il pouvait s'imaginer avoir une vie avec lui.

Percival glissa son doigt le long de sa mâchoire.

- Le jour où tu as disparu, je voulais te présenter des créatures qu'il y a dans la forêt. Que penserais-tu de demain ? Je pense que ça te fera du bien…

Newt se tourna un peu vers lui et se redressa pour effleurer ses lèvres des siennes. Dans cette ville, au final, la seule chose qui avait été bien, c'était lui. C'était sa tendresse, son regard, son amour…

- Volontiers.

Sa main se serra de plus belle sur ses vêtements avec le sentiment d'être odieux. Il n'avait pas le droit de profiter des baisers qu'on lui rendait, pas le droit d'être enveloppé dans ces bras. Il avait toutefois envie d'appeler son égoïsme et de le laisser être la part la plus importante de sa nuit.

Juste cette fois.

Puis il trouverait le courage de tout lui révéler. Il trouverait le moyen de lui dire qu'il n'était pas celui qu'il croyait…

µµµ

Le chant des oiseaux claironna à l'extérieur, rappelant Newt à la raison. Le tirant de ses songes. Le jeune homme grogna en se frottant le visage tout en réalisant la chaleur qui se propageait à lui. Douce et agréable, elle l'inondait d'autant plus qu'elle était d'une forme peu conventionnelle.

Comme s'il était contre un torse, dans un bras.

Ses paupières se redressèrent d'un seul coup, l'alerte faisant tambouriner son cœur. Graves était là, sous lui, dormant avec lui…

Mince !

Il était…

Newt sortit du lit en enjambant son compagnon, prenant garde de ne pas le réveiller. Dès que le bras retomba sur la couche, le chasseur grogna et le travesti serra les dents dans une grimace odieuse.

Qu'il ne se réveille pas…

Il l'entendit grogner à nouveau mais les yeux ne s'ouvrirent pas. Il eut un soupir rassurant et fit signe à Pickett de se taire. Le Botruc l'attendait visiblement avec impatience alors que Newt se précipitait à l'extérieur de sa chambre puis dans la salle de bain.

- Queenie quitte mes pensées. Somma-t-il.

µµµ

Le chat des oiseaux était une douce mélodie, qu'on soit dans une auberge ou dans une autre maison. Mais il avait tout de même un goût poétique lorsqu'on était dans le lit de la personne qui faisait battre si virulemment notre cœur. Il souleva lentement les paupières en sachant qu'il ne portait plus de chemise parce que son sort serait arrivé à sa fin.

La première chose qu'il attrapa était la vision de Pickett qui avait dû guetter le moment où il ouvrirait les yeux dès qu'il avait bougé. Pour cause ? La petite langue de la bête lui fut immédiatement tirée.

- Pickett !

Graves sourit tendrement et il pencha la tête vers son partenaire pour poser un baiser sur sa joue, ne se permettant pas d'être trop entreprenant. Quand bien même il était blotti contre son torse nu, la main se perdant sur la blessure à un de ses pectoraux. D'ailleurs, à la lumière naturelle, il voyait pertinemment que le corps de Newt était marqué de blessures. Toujours les mêmes. Atténuées mais affreuses puisque c'était sur sa peau qu'il les trouvait.

- Bien dormi ? Dit Newt.

Sans le regarder.

Mais c'était peut-être parce que son cœur battait si fort au point qu'il allait exploser. Il devait lui dire mais il n'y arrivait pas…

- Oui. Et toi ?

Newt hocha la tête, pinçant les lèvres.

Il formait un million d'essai dans sa tête et les scénarios se jouaient ensuite. À chaque fois, ça se terminait par Percival qui lui disait qu'il était un monstre, qu'il le haïssait… et son cœur se brisait.

Il eut un sursaut lorsque la main de l'homme effleura son front.

- Oui ?

- J'ai cru que tu n'avais de la fièvre. Tu as l'air un peu…

- Dépassé. Compléta le travesti. C'est normal.

Il lui lança un sourire timide alors que ses yeux restaient fixés sur un point inexistant.

- Je le suis. Tout ça…

- J'irai voir ce que je peux faire à la Mairie tout à l'heure. Il reste peut-être des indices.

- Oui. Et ce soir…

La gorge de Newt se bloqua. Il n'y aurait peut-être rien ce soir…

Ses doigts se crispèrent et il sentit la main de Percival sur la sienne. Puis la porte s'ouvrit d'un coup, Queenie tout sourire.

Alors que Graves sortait brusquement du lit en levant les mains, le regard de la blonde croisa celui de son frère pendant deux longues secondes. Son sourire indiquait qu'elle était volontairement venue ici parce que les pensées de son benjamin l'envahissaient. Mais parce qu'elle voulait lui sauver la mise d'une certaine façon.

Peut-être pas la bonne.

- Je n'ai rien fait Queenie.

- Eh là, vous. Sourit la Legillimens, les mains sur ses hanches en s'avançant vers lui. J'espère bien. C'est l'heure de manger autre chose que ma petite sœur !

Elle montra l'ouverture et Percival s'empressa de sortir. Il lança tout de même un regard à Newt, qui ne le remarqua pas. Mais ce n'était pas comme s'il était chassé de la maison de toute façon.

Queenie trottina vers son frère pour s'asseoir à côté de lui tandis que Pickett se pressait contre son cou.

- Je n'arrive pas à lui dire… Je n'arrive pas à m'y résoudre. Je n'arrive pas à lui avouer que je suis un homme. Je ne peux pas continuer à lui mentir comme ça… Je ne peux pas faire comme si de rien n'était. Il s'attend à une femme. Et il s'en rendra bien compte un jour…

- Le plus tard sera le mieux. Répondit-elle.

- J'ai vingt-deux ans…

- Tout de même.

La blonde avait bien conscience que si quelqu'un attrapait leurs conversations, elle aurait l'air d'une folle. Mais elle faisait ça depuis qu'elle avait trois ou quatre ans, à dire vrai. Ça faisait longtemps qu'elle se moquait bien d'être une folle. D'autant plus quand sa fratrie avait besoin d'elle.

- Tu peux t'accorder un peu plus de temps.

- Chaque fois que je m'accorde du temps, je me moque un peu plus de lui… Je lui mens plus longtemps. J'aurai dû lui dire directement. Mais maintenant, je…

Même penser ces mots était particulier et il tenta bien de les ravaler mais il n'y parvint pas. Aussi, il sut que sa sœur avait attrapé le « je l'aime » qui ne cessait de résonner en lui, encore et encore.

- Ça ira. Lui dit-elle.

Elle lui caressa la joue avec tendresse.

- Ça ira. Répéta-t-elle dans un sourire confiant.