Tous les personnages et leur univers magique appartiennent à J.K. Rowling.

Amy : Coucou ! Merci pour ta review, ça me motive énormément ! Voilà la suite et j'espère que ça va te plaire… Par contre, si tu es aussi sensible que moi, sors un mouchoir ! En tout cas, merci encore et à bientôt j'espère !!!!

Bonne lecture !!!

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Chapitre 21 : Halloween

Lily transplana devant la grande grille qui gardait Poudlard. Elle resserra la cape de son époux autour de son corps et s'avança dans la nuit tout en surveillant attentivement les alentours. Elle poussa un soupir de soulagement lorsqu'elle fut enfin dans l'enceinte de l'école, elle était maintenant protégée par le bouclier magique dont son mari avait doté Poudlard quelques années plus tôt, faisant de ce lieu l'endroit le plus sûr au monde. Dès qu'elle fut entrée dans le couloir, elle retira la cape d'invisibilité qui la dissimulait aux yeux de tous. Lily se dirigea directement vers les cachots. Elle frappa doucement à la porte du bureau du Professeur de potions, mais personne ne répondit. Elle se dirigea alors vers les appartements de Séverus. Après quelques minutes de négociations avec le portrait qui en gardait l'entrée, ce dernier finit par lui dire que le Professeur était dans le bureau du Directeur. Poussant un soupir d'énervement, la jeune femme partit vers le bureau du Professeur Dumbledore.

Au fur et à mesure qu'elle traversait les couloirs, elle sentit sa colère disparaître, Poudlard avait toujours eu un effet apaisant sur elle. Lily arriva enfin devant la gargouille qui gardait l'accès menant au bureau directorial. Après avoir prononcé le nom d'une friandise, la gargouille s'effaça, révélant l'escalier qu'elle emprunta. Elle frappa à la porte et attendit quelques secondes qu'on l'invite à entrer. La jeune femme fronça les sourcils en entendant des raclements de chaises, des murmures étouffés, des pas précipités. Sans attendre, elle ouvrit la porte et se trouva face à des membres de l'Ordre du Phénix qui tentaient vainement de disparaître du bureau. Ces derniers se figèrent en reconnaissant l'une des leurs, leurs traits se détendirent, apparemment, ils avaient eu peur de se retrouver face à un élève.

« -Lily ! S'écria Sirius en se précipitant vers elle. Tout va bien ?

-Oui, ne t'inquiète pas, le rassura la jeune femme en tentant d'échapper à son étreinte. Mais vous tous, que faites-vous ici ? Il y a une réunion de l'Ordre ? Pourquoi personne ne nous a prévenus ?

-Nous avons pensé qu'il était plus prudent que vous restiez à l'abri à Godric's Hollow, répondit Rémus tout en l'embrassant. Et puis, c'est le premier Halloween d'Harry.

-D'ailleurs, pourquoi n'es-tu pas avec ta petite famille ? Demanda William.

-Etant donné que j'avais fait un costume pour Harry, votre fils a décrété qu'il était tout aussi normal qu'il ait une collecte de bonbons. Du coup, Harry est malade pour avoir mangé trop de chocolats et James n'est pas dans un meilleur état... Je suis venue voir si Séverus n'aurait pas un peu de potion pour ces maux, je n'en ai plus à la maison.

-Oui, je vais aller t'en chercher, dit Séverus, n'en donne pas tout de suite à ce crétin, ça le fera peut-être réfléchir la prochaine fois qu'il voudra entraîner son fils dans ses stupidités !

-Ne t'inquiète pas, Sév, je vais m'occuper de lui, assura la jeune Madame Potter. Quel était l'ordre du jour de la réunion ?

-Une attaque se prépare, avoua Dumbledore, quelque chose d'important, mais le plus inquiétant c'est que nous sommes quasiment sûrs d'avoir un espion dans nos rangs.

-Voilà pourquoi il n'y a que nos proches, remarqua Lily.

-Ce n'est plus un secret pour personne que vous êtes sa cible, rappela Célia qui tordait nerveusement un mouchoir entre ses mains.

-Tout va bien se passer, la rassura Lily en prenant ses mains entre les siennes, vous avez dit que nous étions sa cible, savons-nous enfin avec certitude qui souhaite notre mort ?

Un silence répondit à la question de la jeune femme qui comprit. Elle se laissa tomber sur une chaise, son visage était pâle, elle inspira profondément pour chasser le malaise qui l'étreignait.

-Alors, il n'est pas mort… Voldemort est de retour ?

-Oui, confirma Dumbledore en posant une main réconfortante sur l'épaule de son ancienne élève.

-Comment… Je ne peux pas le dire à James…. Il va….

-Il le sait, assura William.

-Tu lui as dit ? Demanda son épouse surprise.

-Non, mais James a toujours eu le pressentiment qu'il était en vie, qu'il attendait juste le bon moment pour revenir.

-Et puis qui d'autre aurait pu faire évader Malfoy et toute sa clique d'Azkaban ? Rappela Sirius.

-Ca va aller Lily ? Questionna Rémus qui l'observait d'un œil inquiet.

-Oui, ne t'inquiète pas. Nous allons juste être plus prudents… Je comprends mieux le comportement de James, mais pourquoi cet idiot ne m'en a pas parlé au lieu de garder ses peurs pour lui !

-Que veux-tu dire ?

-Il est étrange depuis quelques temps Rémus, je pensais que le fait d'être enfermé y jouait pour beaucoup, mais autre chose le tracassait, je sais quoi maintenant. Ce serait bien si vous pouviez passer à la maison après la réunion, il sera heureux de vous voir.

-Aucun problème, ma belle, déclara Sirius, tu vas voir comment je vais le bichonner ton Jamesounet !

-J'imagine déjà sa tête, soupira Rémus en passant une main lasse dans ses cheveux. Tu es sûre de vouloir que l'on vienne ? Sirius a l'air bien parti pour asticoter James et tu sais comment ça se passe…

-Je jetterais un sort d'insonorisation sur la chambre d'Harry, prévint la jeune femme.

-Il doit vraiment pas aller bien pour que tu tolères nos délires, remarqua Patmol soudain grave.

-Voilà, dit Séverus en revenant dans le bureau et en lui tendant une fiole, une cuillère à café est suffisante pour Harry, ne lui en redonne que dans 5 heures s'il ne va pas mieux.

-Merci, Séverus. Je vais aller rejoindre mes deux malades.

-Embrasse-les de notre part, demanda Célia en la serrant de ses bras.

-Je n'y manquerai pas, assura sa belle-fille en se dirigeant vers la sortie.

-Soit prudente, lança William.

-N'ayez crainte, je …

La jeune sorcière ne put terminer sa phrase. Une violente douleur irradia sa poitrine, ses jambes ne la portèrent plus. Elle allait s'écraser sur le sol dur et froid lorsque les bras de Patmol la retinrent dans sa chute. Des larmes brûlèrent ses prunelles, alors que la douleur dans sa poitrine la faisait suffoquer.

-Lily ! L'appela William d'un ton alarmé.

-Ma chérie ! Que se passe-t-il ? Demanda Célia.

-Je… Non…

-Lily, insista Sirius en l'obligeant à relever la tête. Que t'arrive-t-il ?

-Je… Il … Il est mort, hoqueta la jeune femme entre deux sanglots.

-Qui est mort ? Qui est mort Lily ? Réponds ! Hurla William.

-Je…

-Lily ! S'énerva à son tour Sirius.

-Calmez-vous ! Ordonna Dumbledore en s'agenouillant devant la jeune femme et en essuyant tendrement ses larmes. Lily, raconte-nous ce qui t'arrive.

-James… Il est mort… Non !

-Lily, reprends-toi, James est chez vous auprès d'Harry, il va bien, tenta de la rassurer Rémus.

-Tu ne comprends pas… Je le sens… Non ! Non ! Pas lui ! Non !

-Lily ! L'appela Célia avant de la gifler pour tenter de la calmer.

-Non ! Pas Harry ! Pas Harry ! Pitié ! Cria la jeune femme, une souffrance indescriptible brillait dans son regard.

-Lily ! Je t'en supplie, calme-toi, implora Rémus, James et Harry vont bien, ils sont en sécurité…

Lunard se tut lorsqu'il croisa le regard empli de souffrance du Professeur Dumbledore.

-Vous ne pensez tout de même pas… , murmura Rémus en le dévisageant.

-Je pense qu'une épouse et encore plus une mère peut ressentir ces choses là. »

Un silence accueillit ses paroles. Quelques secondes plus tard, ils étaient en route vers l'aire de transplanage à l'extérieur de Poudlard. Rémus et Séverus soutenaient Lily qui avait du mal à marcher. Sirius ouvrait la marche d'un pas décidé, ses traits étaient marqués par l'anxiété. Ils transplanèrent dans le petit village de Godric's Hollow et se dépêchèrent de rejoindre la maison des Potter. Lily semblait avoir retrouvé ses forces, elle se mit à courir vers sa maison. Elle était presque arrivée, il lui suffisait de tourner après cette maison pour apercevoir leur cottage. Soudain, elle stoppa sa course, Sirius qui la suivait de près ne put stopper sa course et lui rentra dedans. Leurs amis les aidèrent à se relever. Lily paraissait absente et bientôt ils suivirent son regard pour voir ce qu'elle fixait si intensément. Dans le ciel, tel un oiseau de mauvais augure, planait la Marque des Ténèbres. Une odeur de brûlé parvint à leurs narines. Ils reprirent tant bien que mal leur course effrénée vers la maison. Lily se figea, un cri inhumain franchit ses lèvres lorsqu'elle vit le tas de ruines qui avait été sa demeure, des feux brûlaient au milieu des décombres. Sans réfléchir, elle se précipita vers les gravats en hurlant le nom de son mari et celui de son fils. Elle sentit la poigne ferme de Rémus se raffermir autour de sa taille. Lily ne souhaitait qu'une chose que Lunard la lâche, elle devait retrouver Harry et James ! Ils ne pouvaient pas être morts ! Ils étaient forcément là, blessés, mais vivants !

« -Lâche-moi ! Rémus ! Lâche-moi ! Hurla Lily tout en le frappant et en le griffant. Harry ! James !

-Tu ne peux pas y aller, Lily, c'est trop dangereux !

-Non ! C'est mon fils ! Mon mari !

-Séverus ! Sirius ! Bougez-vous ! Venez m'aider ! Cria Rémus à l'encontre de ses deux amis qui paraissaient figés dans leur chagrin.

Lunard vit Séverus s'écrouler lentement sur le sol, son visage plus pâle que jamais, des larmes inondant ses joues. Sirius, quant à lui, fixait toujours les décombres d'un air hagard.

-Putain, Patmol ! Jura Rémus alors que Lily venait de le mordre. Viens m'aider ! »

Sirius sembla soudain se rendre compte de la situation. Aussitôt, il vint prêter main forte à son ami, l'aidant tant bien que mal à calmer la jeune femme. Lily finit par s'écrouler dans leurs bras, son corps était secoué par de violents sanglots et elle ne cessait de répéter leurs noms. Sirius serra la jeune femme dans ses bras tout en promettant de veiller sur elle et de venger la mort de sa famille. Rémus se redressa. D'un pas chancelant, il alla s'asseoir près de Séverus, il savait que sa peine était comparable à la leur, si ce n'est plus… Il tenta de le prendre dans ses bras, mais le sorcier se déroba. Lunard ne se laissa pas décourager par cette rebuffade, d'un geste autoritaire, il le prit contre lui. Séverus ne protesta pas, il s'accrocha désespérément à lui tout en murmurant des phrases sans queue ni tête.

Lily ne sut combien de temps elle resta là prostrée dans les bras de Sirius. Elle bougea à peine quand ce dernier se redressa et la porta auprès des Potter qui prirent aussitôt soin d'elle, elle tenta d'esquisser un geste de réconfort, sachant qu'ils venaient de perdre leur fils et leur petit-fils, mais elle en était incapable. Son regard se posa sur William et elle sentit son cœur se briser un peu plus, James et Harry lui ressemblaient tellement. Célia la berça tendrement, tout en chantonnant une berceuse à son oreille. Lily se mordit la lèvre en reconnaissant la mélodie avec laquelle James endormait Harry. Elle tenta de se concentrer sur la voix de Sirius qui se trouvait non loin d'elle, il parlait avec Dumbledore, il était inquiet pour Peter. Si Voldemort avait réussi à trouver la maison de James, cela signifiait qu'il avait trouvé Queudver dans sa cachette et qu'en usant de tortures, il l'avait fait parlé. Lily se demanda pourquoi ils parlaient à voix basse. La jeune femme se rendit alors compte qu'il y avait beaucoup de monde autour d'eux, les membres de l'Ordre, des Aurors ainsi que des curieux se tenaient là, observant les ruines de son bonheur. Elle eut envie de leur hurler de partir, comment pouvaient-ils rester là à observer sa souffrance ?

Soudain, parmi les badauds, un visage se distingua des autres. D'un geste rageur, elle se dégagea de l'étreinte de Célia qui l'observa comme si elle était devenue folle. Elle courut vers lui. Leurs regards se croisèrent. Elle put lire la stupeur dans ses prunelles. Il allait s'enfuir, Lily le comprit. Sans réfléchir, elle sortit sa baguette et hurla un Stupéfix qui toucha l'homme en pleine poitrine. Tous les regards se posèrent sur elle et sur le sorcier qui était maintenant figé.

« -Partez ! Cria Lily. Partez tous ! Sortez de chez moi !

Tous la dévisageaient d'un air inquiet, un murmure parcourut la foule. Lily s'énerva encore plus en les voyant rester là sans bouger. Elle jeta un coup d'œil à son prisonnier et se rendit compte avec horreur que son sort commençait déjà à disparaître.

-Faites-les partir ! Ordonna la jeune femme à William.

-Mes amis, intervint le Professeur Dumbledore, je vous prierai de respecter le chagrin de la famille Potter et de nous laisser seuls.

Personne n'osa contrarier le sorcier. Rapidement, la foule se dispersa, ne laissant que les membres de l'Ordre. Lily se tourna vers son prisonnier, elle leva sa baguette quand elle vit qu'il était à nouveau libre de ses mouvements. D'un geste ce dernier la fit disparaître, elle réapparut entre ses mains.

-Vous étiez là ! Vous étiez là et vous n'avez rien fait pour les sauver ! Accusa Lily avant de se jeter sur lui pour le frapper de ses poings.

Rémus et Sirius réagirent les premiers, ils se jetèrent sur elle et l'immobilisèrent tout en tentant de la calmer.

-Je ne m'attendais pas à vous revoir, s'étonna doucement le Professeur Dumbledore en saluant le sorcier.

-Finalement, James avait raison ! S'écria Lily. Vous étiez de mèche !

-Non, ma chère, contredit Dumbledore. J'ignore tout de ce Monsieur, jusqu'à son nom, je sais juste qu'il a aidé James à revenir vers nous il y a quelques années.

-Je suis vraiment désolée, Lily, avoua le sorcier en se rapprochant prudemment d'elle, cela n'aurait pas du se passer ainsi.

-Faites quelque chose ! Exigea la jeune femme. Rendez-moi mon mari et mon fils !

-Je suis navré, mais je ne peux pas.

-Tout ça s'est de votre faute ! Accusa Lily.

-Je vous demande pardon, je ne voulais pas vous faire souffrir, je souhaitais simplement donner l'espoir aux sorciers. Il devait vaincre Lord Voldemort, il ne devait pas mourir…

-Vous … Vous êtes Merlin ? Demanda Dumbledore tout en dévisageant l'inconnu d'un œil incrédule.

-Oui, admit le sorcier.

-Pourquoi aviez-vous l'air surpris ? Questionna soudain Lily. Vous avez été surpris de me voir ! Vous avez dit que cela ne devait pas se passer ainsi !

-James et toi deviez mourir cette nuit, Lily, en protégeant votre fils. Harry aurait survécu, il aurait grandi, protégé par vos amis et à l'âge de 17 ans, il aurait vaincu définitivement Lord Voldemort.

-Pourquoi ne suis-je pas morte ? Je veux donner ma vie pour que mon fils vive !

-J'ignore ce qui s'est passé, la vision était tellement précise…

-Vous avez eu une vision de tout cela ? Interrogea William.

-Pas moi, James. Je ne sais si tu t'en souviens Lily, mais c'est pour ça qu'il s'est enfui de ma maison après que tu l'ais retrouvé. Plus tard, il m'a fait part de sa vision. Il avait décidé de s'éloigner de toi, il ne pouvait supporter de te condamner… Seulement, ce qu'il ne semblait pas comprendre c'est que s'il n'avait pu détruire Lord Voldemort, la seule personne qui en serait capable était votre fils. Il fallait qu'Harry naisse.

-Comment avez-vous fait pour le convaincre ? Questionna Rémus.

-Je savais que je ne le ferai pas changer d'avis. Je lui ai donc fait inhaler une potion d'oubli. Cela vous a permis de reprendre le court de votre vie.

-La divination n'a jamais été une science exacte, rappela le Professeur Dumbledore, il suffit d'un rien pour que l'avenir soit modifié.

-J'ai besoin de savoir où a été on erreur, murmura Merlin, jamais ils n'auraient du mourir tous les deux ! Il faut que je sache !

-Qu'allez-vous faire ? Demanda William en observant la sphère noire que le sorcier avait fait apparaître.

-Grâce à ma magie et à cette sphère, je peux visualiser des évènements du passé.

-Vous voulez dire que nous allons pouvoir voir ce qui s'est passé ? Interrogea Rémus.

-Oui. Lily, vous devriez peut-être…

-Non ! Je veux savoir !

-Soit, concéda le sorcier. »

Merlin s'avança vers les ruines encore fumantes de la maison. Ses mains balayèrent l'air faisant se déplacer la sphère qui s'assombrit encore plus. Peu à peu des formes se distinguèrent, Lily retenu un sanglot lorsqu'elle vit James faire les cents pas dans leur salon.

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James ne pouvait pas rester en place, il ne cessait de tourner en rond tout en surveillant l'heure. N'y tenant plus, il grimpa 4 à 4 les marches qui menaient à l'étage. Il entra dans la chambre de son fils, ce dernier dormait dans son lit, sa peluche serrée contre lui. Il s'avança doucement. Sa main passa sous la couverture qui recouvrait l'enfant, il ne put retenir un léger soupir de soulagement. Il embrassa le front d'Harry avant de revenir dans le salon. L'horloge du hall d'entrée commença à sonner pour annoncer 23 heures. James pâlit. Sa respiration se bloqua dans sa poitrine lorsque la porte d'entrée vola en éclat. Lentement, Cornedrue se tourna vers les trois personnes qui venaient d'entrer dans le salon. Il reconnut sans difficulté Lord Voldemort et ses deux acolytes.

« -James Potter, murmura le Seigneur des Ténèbres en le dévisageant, cela fait longtemps. Les années ont fait un travail remarquable sur toi, tu es encore plus désirable que dans mes souvenirs.

-Je ne peux pas en dire autant de vous, dit James qui déglutit avec peine.

Cornedrue ne pouvait détacher son regard de la figure reptilienne de son ennemi. Malgré tout ce que l'on pouvait lui reprocher, Lord Voldemort était un bel homme. Cependant, aujourd'hui, il n'avait plus rien d'humain. Sa peau était translucide, ses yeux étaient injectés de sang et ressemblaient à deux fentes noires tout comme son nez qui était quasi-inexistant ainsi que ses cheveux qui avaient disparu. James ne put retenir un frisson face à cet horrible spectacle.

-Mon apparence te déplaît, remarqua le Lord, pourtant, c'est ton œuvre.

-Si j'avais su, j'y serais allé plus fort, assura Cornedrue.

-Comment oses-tu ? Endoloris !

James serra les dents alors qu'il s'écroulait sur le sol, son corps se tordant sous le coup de la douleur, pourtant, il refusa de laisser échapper la moindre plainte, non, il ne lui ferait pas ce plaisir !

-Ca suffit ! Ordonna le Seigneur des Ténèbres à son second qui stoppa la torture.

-Tu es un gentil chien-chien, Malfoy, dit James d'un ton narquois.

Avant qu'il ne puisse esquisser un geste pour se protéger, Lucius lui asséna un violent coup de pied dans le ventre.

-A ta place, Potter, je ne ferais pas le malin ! Tu n'as même pas pensé à garder ta baguette sur toi pour te protéger !

-Du calme, Lucius ! Demanda le Mage Noir. Et bien, James où est donc la charmante Madame Potter ?

-Elle n'est pas là, avoua James, elle est chez mes parents avec notre fils.

-Ce n'est pas bien de mentir, gronda doucement le Lord. Donc, si je monte à l'étage, je ne trouverai pas le petit Harry couché dans son lit ?

Aussi rapidement qu'il le put, James courut vers l'escalier, s'interposant ainsi entre les sorciers et son fils.

-Tu ne penses tout de même pas m'arrêter ainsi ? Se moqua le Seigneur des Ténèbres.

-Ne me sous-estimez pas, grogna James.

-Je sais que tes pouvoirs ont disparu, affirma le Mage Noir, n'est-ce pas mon cher Peter ?

James se tourna vers le troisième homme qui retira son masque. Cornedrue ne put retenir un hoquet de surprise en reconnaissant son ami.

-Queudver ? !

-Bonsoir, James, dit simplement le jeune homme d'une voix froide.

-C'est toi le traître ? Pourquoi ? Pourquoi nous avoir trahis ? Nous sommes tes amis !

-Vous ne l'avez jamais été, cracha Queudver tout en l'observant d'un air méprisant, tu n'es qu'un pauvre petit lion stupide ! La première fois que je vous ai vu toi et Black, je pensais enfin tenir l'opportunité de frayer avec deux des plus grandes familles de sorciers. Quelle n'a été ma déception lorsque je me suis rendu compte que vous n'étiez que deux imbéciles qui utilisaient leurs dons pour amuser les autres et protéger les sang-de-bourbes !

-C'est toi, comprit James, c'est toi qui m'a livré aux Mangemorts lorsque nous étions à Poudlard, c'est toi qui leur a parlé de Sirius…

-Enfin, tu as compris ! Tu es vraiment long à la détente Potter !

-Nous avons toujours été là pour toi, Peter ! Nous t'avons protégé, nous t'avons aidé ! Je t'en prie, tu es un Maraudeur, ta place n'est pas à leurs côtés mais avec nous ! Je t'en supplie, réfléchis, aide-moi !

-Quelle joie de te voir me supplier ! S'esclaffa Peter. Mais ne comprends-tu pas que tu n'es rien pour moi ? Tu ne vaux pas mieux que ta sang-de-bourbe de femme !

-Tu n'as pas le droit d'insulter Lily, elle sera toujours mille fois mieux que toi ! Je vous interdis de toucher à ma femme ou à mon fils !

-Tu n'es pas en état de proférer de menaces, James, lui fit rappela le Lord. Maintenant, écarte-toi, il est temps que j'aille saluer ton fils !

-Non !

-Et bien soit, soupira le Mage Noir. Avada Kedavra !

Le rayon vert sortit de la baguette du Seigneur des Ténèbres et percuta de plein fouet le torse de James. Aucun cri ne s'échappa de ses lèvres entrouvertes. Son corps inerte s'affala sur les premières marches de l'escalier tel un pantin désarticulé, ses yeux noisette vides de toute vie.

-Quel gâchis, soupira Lord Voldemort en enjambant le corps du jeune sorcier.

Il monta à l'étage, Lucius et Peter sur ses talons. Il trouva facilement la chambre du jeune Harry qui dormait toujours bien à l'abri sous sa couverture. Le Seigneur des Ténèbres observa un instant l'enfant.

-Comment une si petite chose peut-elle être une menace ? Interrogea-t-il avant de pointer sa baguette sur l'enfant. Enfin… Avada Kedavra ! »

Pour la deuxième fois, le sort mortel fusa. Tel un serpent, il jaillit la gueule béante vers le jeune Harry qui dormait toujours, inconscient que sa dernière heure était arrivée.

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« -Non ! Hurla Lily alors que l'image disparaissait de sous ses yeux.

Célia la serra encore plus dans ses bras, la soutenant autant qu'elle le pouvait, mais comme toutes les personnes présentes, elle était encore sous le choc de ce qu'elle venait de voir.

-Comment a-t-il pu nous trahir ? Rugit soudain Sirius, ses traits étaient déformés par la rage. Je vais tuer ce sale rat ! Lâche-moi, Rémus !

-Non ! Nous allons retrouver Pet… Peter, prononça difficilement Lunard tant son nom lui écorchait la gorge, nous allons le retrouver et le livrer à la justice.

-Ce sale rat ne mérite aucune clémence ! C'est le minimum que je puisse faire pour James et Harry !

-Et je t'aiderais ! Affirma Séverus.

-Pour une fois que vous êtes d'accord, il faut que ce soit pour commettre un meurtre ! S'énerva Rémus.

-Ne me dis pas que tu n'as pas envie de le tuer ! S'énerva Séverus.

-Si, bien sûr que si ! Mais jamais James n'aurait souhaité que vous vous abaissiez à son niveau ! Jamais il n'aurait voulu que vous deveniez des meurtriers !

-Y'a-t-il un moyen de savoir où ils sont partis ? Demanda Sirius à Merlin tout en désignant la sphère du doigt.

-Je viens avec vous, annonça William.

-Taisez-vous ! Ordonna soudain Merlin d'une voix fébrile.

Un silence pesant s'abattit sur le groupe alors qu'ils observaient le visage du plus grand sorcier de tous les temps, ils avaient l'impression de pouvoir entendre les rouages de son cerveau fonctionner à toute vitesse.

-Que se passe-t-il ? Demanda finalement le Professeur Dumbledore dont le regard perçant se perdit dans les yeux de Merlin.

-Serait-il possible ? … Non ! Réfléchit tout haut le sorcier. Et si ?... Mais il faudrait que… Mais alors tout ceci ne serait … Stupide… Inconscient… Imbécile…

-On peut savoir ce qui se passe ? Demanda Lily à bout de nerf.

-Harry souffrait-il ? Etait-il malade ?

-Il avait une crise de foie, répondit Lily qui ne comprenait plus rien.

-Non, je ne parle pas de ça ! S'impatienta Merlin. Avait-il des problèmes respiratoires ? De peaux ? Quelque chose qui vous ait obligé à mettre des pierres protectrices dans son lit ?

-Je… Je ne comprends pas, balbutia Lily.

-Voyons ! Si vous dormez près d'une pierre de cristal, cela vous protège des mauvais rêves, une roche de grès facilitera la respiration… Votre fils en avait-il besoin ? Oui ou non ?

-Euh, non, répondit Lily.

-Donc, il serait possible …, maugréa Merlin dans sa barbe avant de se redresser et de scruter les alentours, il reprit à voix haute. Allez, fais-nous un signe ! Juste un petit signe pour confirmer mes soupçons.

Tous les sorciers présents observèrent Merlin, cherchant à comprendre à quoi rimaient toutes ses paroles. Soudain, Lily se redressa, un cri s'échappa de ses lèvres. Tous se tournèrent vers elle et suivirent son regard. A quelques mètres d'eux, à l'orée de la forêt, se tenait un majestueux cerf blanc.

-C'est un patronus, murmura Dumbledore avant de courir vers l'animal qui s'enfonçait déjà dans les bois.

Tous suivirent le Directeur de Poudlard, un fol espoir germant dans leurs cœurs. Ils parcoururent quelques mètres avant de trouver le cerf. Il se tenait face à eux, à ses pieds, ils virent une forme allongée. Lily se précipita vers le corps avant de percuter un mur invisible et d'être violemment repoussée. Sirius et Séverus, qui arrivaient juste derrière elle, amortirent sa chute.

-James, chuchota Célia qui s'approchait déjà de son fils, mais le Professeur Dumbledore la retint.

-Pourquoi ne peut-on pas l'approcher ? Demanda Lily qui tentait d'apercevoir le visage de son époux.

-Il est inconscient, remarqua Dumbledore, son bouclier le protégera tant qu'il pensera qu'un danger est toujours présent !

-Il est en train d'user ses dernières forces en maintenant cette barrière, réalisa avec horreur William.

-Mais pourquoi ? S'exclama Rémus.

-Harry, souffla doucement Merlin, il protège Harry.

-James, c'est moi, laisse-moi m'approcher, laisse-moi t'aider, supplia Lily en avançant prudemment.

-Non ! La retint Merlin. Il n'arrive pas à nous percevoir, il est trop faible pour ça.

-Je ne veux pas le perdre ! Faites quelque chose ! Ordonna Lily en dévisageant le sorcier d'un regard empli de colère et de peur.

-James est trop faible pour avoir lancé un patronus, constata soudain le Professeur Dumbledore dont le regard s'éclaira.

-Vous êtes vraiment un génie ! S'extasia Merlin. J'aurais du y penser !

-Vous vous féliciterez plus tard ! Hurla Sirius. Si ce n'est James, je ne vois pas qui aurait pu créer ce cerf !

-Mais bien sûr, s'écria Lily en se rapprochant de l'animal et de la forme allongée. Harry, mon chéri, c'est maman. Harry, tu n'as plus de raison d'avoir peur. Les méchants sont partis. Peux-tu le dire à papa, mon cœur ? Fais-lui comprendre que tu n'es plus en danger. »

Comme pour répondre à la demande de Lily, le cerf se dressa sur ses pattes arrière avant de disparaître. D'un pas prudent, la sorcière s'approcha de son époux. Elle poussa un soupir de soulagement lorsqu'elle put enfin le toucher. Lily repoussa doucement le bras protecteur de James, elle ne put retenir un cri de joie quand elle croisa le regard émeraude de son fils. Elle le prit dans ses bras tout en vérifiant rapidement qu'il allait bien avant de le tendre à Sirius. Elle se pencha ensuite sur James, Célia l'avait rejoint. Il était faible et respirait difficilement, son rythme cardiaque était très irrégulier.

« -Il faut le conduire à Sainte Mangouste et vite ! Annonça Célia. »

Soudain, Harry se mit à pleurer. Lily tourna sa tête vers son fils que Sirius tentait tant bien que mal d'apaiser. Son enfant semblait souffrir, pourtant, elle était certaine qu'il n'était pas blessé si ce n'est la légère cicatrise qu'il avait au front. Harry se tortilla dans les bras de son parrain, ses mains se tendaient désespérément vers son père. Alors, Lily comprit. Des larmes s'évadèrent de ses yeux, un gémissement de douleur s'échappa de ses lèvres alors qu'elle se penchait sur son époux. James ne respirait plus, son cœur ne battait plus…

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Et voilà …. Merci de me faire part de vos impressions !

Bonne soirée et à bientôt !