Titre : L'homme qui murmure à l'oreille des animaux.
Source : Gundam Wing AC.
Auteur(e) : Lysanea
Genre : yaoi, romance, UA. Quelque chose comme du lime... XD
Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient. Les chansons sont de Charles Aznavour "Toi et moi" et de Calogero "Aime-moi encore".
Pairing : 1x2 et 3x4.
Personnages : Heero Yuy Lowe, Duo Maxwell, Trowa Barton Maxwell, Quatre Raberba Winner.
Résumé : la suite de la soirée spéciale pour nos deux couples, ça ne se résume pas, ça se lit, n'est-ce pas ?
Notes de l'auteure : Bonjour à tous ! Et oui, un nouveau chapitre, si tôt ! Vous pouvez le prendre comme un petit cadeau parce qu'il arrive assez rapidement, ou comme une excuse pour ceux que j'ai un peu frustré(e)s avec la fin du précédent. Le fait est que j'ai mis en suspens mes révisions, donc j'ai eu du temps ce week-end, et ça fait du bien XD. J'espère que vous aimerez ! Il y a un petit lime, enfin je crois XD. Je n'oublie pas, bien sûr, de tous vous remercier pour vos mails, vos reviews et votre soutien, vos infos genérales aussi, que j'apprécie beaucoup !
Réponses aux reviews "anonymes" :
SNT59 : contente que ça t'aies plu et pas frustrée, vraiment ! je n'ai pas de doute sur ton imagination débordante XD ! merci pour ta review et ton soutien.
Altaya : je suis bien contente de réussir à faire passer mon très grand intérêt pour la mythologie scandinave à travers ma fic, merci pour ton soutien !
Darlian : tu n'as visiblement pas récupéré ton mail à l'heure où je poste, donc en attendant, juste un merci rapide pour ta gentille review, et je te réponds plus longuement dès que possible…
Bonne lecture à vous tous !
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Chapitre Vingt-et-Un : Je ne veux plus d'un destin, je veux une histoire.
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Après un délicieux dîner aux chandelles, des plus romantiques, Trowa et Quatre décident de prolonger leur merveilleuse soirée par une promenade dans les jardins, en veillant à ne pas s'enfoncer trop loin dans le parc.
Les ballades nocturnes en été, lorsque le jour est permanent ou presque, à profiter de l'exceptionnel spectacle du soleil de minuit, c'est très agréable et plutôt sans danger.
Mais par nuit noire, malgré les réverbères, ce n'est appréciable qu'avec Duo à ses côtés, le seul à pouvoir repérer les animaux et les rassurer pour éviter les accidents.
Ils profitent tout de même de l'air du soir, se protégeant de la fraîcheur en se serrant l'un contre l'autre, le nez souvent levé vers les étoiles, dont ils s'amusent à retrouver les noms.
La fatigue se faisant sentir, ils ne tardent pas à regagner le Manoir, où ils s'offrent une séance de sauna privée, après une douche chaude et rapide ; assis dos à dos sur la banquette à mi-hauteur, là où la température est moyenne, les yeux clos, ils profitent pleinement de ce qui les entoure, les sens en alerte, comme le délicieux parfum du bois brûlé ou la douce musique du feu qui crépite.
Ils ont beau être à l'écoute de leurs propres corps et de ses réactions, ils n'en ressentent pas moins la présence de l'autre, dans leurs dos, qui se touchent à peine ; même la moiteur de leurs deux mains, qui elles, par contre, sont entrelacées, ne leur est pas désagréable.
Après le quart d'heure réglementaire, ils quittent le sauna, reprennent une douche tiède, plongent dans le bain froid, puis s'allongent sur les chaises longues pour profiter de ce premier repos.
Ils ne parlent pas ou à peine quelques murmures, mais leurs mains ne cessent de caresser leurs peaux qui se frôlent, alors qu'ils ne se quittent pas du regard.
Dix minutes plus tard, ils recommencent ce même rituel de douche chaude, sauna, douche froide, bain froid, repos, puis encore une troisième et dernière fois.
Ils terminent ce moment de détente et de bien-être par quelques longueurs dans la piscine, mais aussi et surtout, par un long et profond massage, qu'ils offrent chacun leur tour à l'autre.
Leurs corps sont si légers et détendus, leurs peaux si douces et le bonheur d'être ensemble et de vivre leur amour si intensément est si fort, que de caresses en baisers, ils finissent par faire l'amour au bord de la piscine, étendus sur leurs serviettes chaudes, n'ayant pas la patience d'attendre de remonter dans leur chambre.
La piscine n'est de toute façon éclairée que par deux lampes à pétrole, baignant la pièce d'une douce et chaude clarté ; se faire surprendre ne risque donc pas d'agresser une personne qui passerait par hasard, ce qui est déjà fort improbable, vue l'heure…
Et puis tout le monde sait qu'il ne faut pas les déranger, ce soir et cette nuit-là, en particulier...
Mais comme leur désir semble inépuisable, à peine apaisé par leurs étreintes successives, ils se décident à se séparer, et après une dernière douche, ils regagnent leur chambre pour terminer leur nuit.
A peine se sont-ils glissés sous les draps que Quatre se blottit contre Trowa et l'embrasse longuement, pressant son corps nu contre le sien, mais d'une manière plus tendre que suggestive ; leur baiser rompu, il lui sourit.
- Merci encore pour cette merveilleuse soirée, mon Trowa.
- Merci à toi de me permettre de vivre de telles choses. Je t'aime si fort, Quatre, tu n'imagines même pas.
- Je crois que j'en ai une petite idée, quand même, répond-il en souriant toujours, passant ses doigts dans sa longue mèche. Je le sais et je le sens, et notre amour est si fort que c'en est parfois même douloureux.
- Je ne veux pas que tu en souffres.
- Je n'en souffre pas. Pas de cette façon-là, en tout cas. Ca me fait mal, parfois, comme à n'importe quelle personne amoureuse qui est loin de celui ou celle qu'elle aime. Tu te plies en deux tellement ce manque devient physique, tu te roules dans les draps, t'accrochant fermement à eux, désespéré parce que c'est autour de son corps que tu voudrais refermer tes bras, l'esprit noyé par son visage, l'odorat saturé par son odeur que tu as l'impression de réellement sentir, le cœur battant si fort que tu as l'impression qu'il est en train de défoncer ta poitrine pour en sortir.
- Quatre…
- Mais ça fait mal aussi quand tu es là, parfois, continue-t-il. C'est trop fort, trop intense. Je veux que tu sois encore plus là, je veux me perdre en toi et que tu te perdes en moi, qu'on ne fasse qu'un, tout le temps, qu'on soit jamais séparés.
Trowa prend son visage entre ses mains et l'embrasse avec une tendresse qui le bouleverse.
- Alors ne nous séparons plus jamais, mon ange… répond-il en s'écartant.
- Trowa, je…
Trowa l'interrompt en posant deux doigts sur ses lèvres.
- J'ai quelque chose pour toi.
Il se redresse et se retourne, plongeant le visage et son autre main de l'autre côté du lit, un petit moment, puis rebascule pour faire face à Quatre, de nouveau, qui s'est redressé lui aussi, lui présentant…
Une rose rouge….
Puis une deuxième…
Et une troisième…
Quatre ouvre de grands yeux.
Trowa lui en a déjà offert trois la veille, et trois le matin même, au réveil, alors qu'ils étaient encore à Eldeux…
Il l'a accueilli avec trois autres, ce soir, au dîner…
Et les trois qu'il vient de lui offrir s'ajoute au bouquet, portant le nombre de roses à…
Trois fois quatre…
Douze…
Douze roses rouges…
- Trowa, c'est… ça fait douze roses rouges...
Il répond par un simple hochement de tête, en souriant avec émotion.
- Est-ce que ça veut dire…
Trowa lui prend la main gauche et porte son annuaire à sa bouche, le faisant lentement glisser entre ses lèvres jusqu'au bout, puis le refait sortir de sa bouche, tout aussi doucement, sans jamais le quitter des yeux.
Quatre contemple, interdit, l'anneau finement ciselé qui orne son doigt, à présent.
Trowa, qui a gardé sa main dans la sienne, embrasse le bout de ses doigts, avant de capturer son regard de nouveau, plus sérieux et déterminé que jamais.
Quatre le suit des yeux alors qu'il descend du lit pour, comme dans un rêve, le voir poser un genoux à terre, gardant encore sa main au bout de son bras tendu.
- Quatre Raberba Winner, que dirais-tu de rallonger encore ton patronyme et pourquoi pas aussi, le mien ?
- Trowa… articule-t-il avec difficulté, sa deuxième main refermée en poing au niveau de son cœur.
- Autrement dit, mon amour, veux-tu m'épouser et partager ma vie, qui n'a de sens que quand tu es près de moi ?
Quatre est tellement ému qu'il ne peut plus prononcer un seul son ; il ferme les yeux, laissant les larmes s'en échapper, puis les rouvre et hoche la tête, permettant à Trowa de se relever et de remonter sur le lit.
Après avoir déposé les roses sur sa table de nuit, Quatre entoure Trowa de ses bras et ils échangent un long, un très long baiser.
Lorsqu'ils s'écartent, Trowa boit ses dernières larmes à même ses yeux, puis essuie ses joues humides.
- Tu arrives toujours à me surprendre, Trowa. Je n'aurais jamais imaginé que tu puisses faire une telle chose ! Ta demande est vraiment surprenante. Dans sa forme, je veux dire. Parce que dans le fond, je comprends ta démarche, je pense qu'on en serait venu à en parler, un jour. mais de cette façon... Tu es vraiment incroyable.
- Je suis fou amoureux, surtout. Tu acceptes vraiment de m'épouser, Quatre ?
- Me crois-tu si cruel pour te dire une chose aussi importante, sur laquelle je pourrais revenir ?
- Tu n'as rien dit, sourit Trowa.
Mais son inquiétude est réelle et sérieuse, Quatre le sent bien.
Alors il prend son visage entre ses deux mains, comme lui l'a fait plus tôt, et après un baiser des plus chastes, il ancre son regard franc qui ne ment pas dans le sien.
- Oui, Trowa Barton Maxwell, je veux t'épouser, partager ta vie, porter tes noms, te donner les miens, oui, mille fois oui.
- Ce n'est pas ta volonté que j'interroge, mon ange, mais tes possibilités.
- Mes possibilités ?
- Ta famille.
Quatre soupire et se rallonge complètement sur le dos, les yeux rivés au plafond..
Trowa fait pareil, mais s'étend sur le côté pour pouvoir le regarder, tout en caressant distraitement son ventre doux et musclé du bout des doigts.
- Ils t'ont toujours accepté, Trowa, finit-il par murmurer.
- Il s'agit d'un mariage, c'est différent.
- Pas tant que ça.
- Ta réaction me prouve que si. Mon ange…
- Ils ne diront rien, le coupe-t-il en basculant sur le côté pour lui faire face. Même s'ils ne sont pas d'accord, ils me laisseront faire.
- Comment peux-tu en être si sûr ?
- Ils pensent que je vais mourir jeune, ils me laisseront donc mener ma vie comme je l'entends et être heureux le peu d'années qu'il me reste à…
- Tais-toi ! l'interrompt brusquement Trowa en l'attirant dans ses bras. Je t'en supplie, tais-toi…
Quatre, la surprise passée, referme ses bras autour de lui et le serre fort.
- Tu ne dois pas te mettre dans de tels états, mon amour. C'est une certitude qu'ils ont, mais cela ne veut pas dire que c'est ce qui va m'arriver. Je suis différent des autres empathes. Je suis un métis, un demi-sang.
- Mais tu as quand même ce pouvoir, remarque Trowa en passant sa main dans son dos.
- Et beaucoup d'atouts pour le maîtriser, que d'autres n'avaient pas. Et je t'ai toi, surtout. Trowa, ajoute-t-il en se détachant pour le regarder dans les yeux, on peut tous disparaître du jour au lendemain, personne n'est à l'abri. Ca ne doit pas nous empêcher de vivre pour autant, et le plus sereinement possible. Tu n'es pas d'accord ?
- Si. Mais promets-moi quand même de faire attention s'il te plaît. Dresse plus souvent tes barrières, évite de te synchroniser avec les émotions de ceux qui t'entourent, systématiquement.
- Je le fais aussi naturellement que de respirer, Trowa. Ce serait l'effort de faire l'inverse qui me coûterait le plus. Ne t'inquiète pas, je serai plus prudent pour tout le reste.
- Tu es le seul qui comble le vide laissé par ma mère et mon frère, à leur mort. Si je te perdais…
- Je suis là, ni pense pas, répond-il en embrassant doucement son visage. Je suis là et je vais bien.
- Tu as raison.
- En ce qui concerne ma famille, ils ont toujours reconnu que nous étions liés par le Destin ; Manat ne serait pas effacée, si elle avait eu le moindre doute. Bien sûr, le mariage est une étape importante et je doute qu'ils l'aient envisagé nous concernant. Je leur en parlerai longuement, dès que possible.
- Je suis prêt à faire ma demande auprès d'eux.
Quatre lui sourit, attendri et touché.
- J'ai prévu de rentrer à Aden, dans quelques jours, pour m'isoler et me ressourcer dans le désert. Je pensais t'en parler ce soir, avant qu'on ne se couche.
Cette nouvelle ne réjouit pas vraiment Trowa, mais il se montre compréhensif, comme Quatre s'y attendait.
- Tu comptes y rester longtemps ?
- Je ne sais pas encore. Mais ça n'a pas trop d'importance.
- Je n'aime pas être séparé de toi, je croyais que c'était évident, réplique Trowa, la gorge un peu nouée. Même si je comprends la nécessité que tu as de partir et de t'isoler, je n'en attends pas moins avec impatience de te retrouver. Alors si, ça a de l'importance, mon ange. Pour moi, en tout cas.
- Pour moi aussi, amour, lui assure-t-il en entrelaçant leurs mains avec douceur. Je me suis juste mal exprimé. Je disais cela parce qu'en fait, je pensais te demander de m'y rejoindre, après un petit moment essentiel pour moi où je devrai être seul. Avec ta demande en mariage, ça me paraît encore plus nécessaire. Nous pourrons en profiter pour en parler à ma famille.
- Te rejoindre ? s'étonne Trowa. Dans le désert ?
- Oui. Tu n'es jamais resté plus de quinze jours avec moi en plein désert. Tu l'as traversé avec Duo et votre père, il y a six ans, durant un mois, mais nous n'avons jamais fait une traversée ensemble, tous les deux.
- Tu veux dire, comme celle que tu as fait avec Duo ?
- Oui. Tu serais d'accord ? C'est important, tu sais.
- Justement. Tu m'en crois capable ?
- Oui. Nous ne pouvions pas le faire avant, parce que notre relation était compliquée, il y avait beaucoup de retenue. Lorsqu'on aborde le désert de la façon dont je te le propose aujourd'hui, Trowa, c'est le cœur ouvert et l'âme à nue. Cette communion très intense marque au plus profond de notre être. Si on doit vivre ensemble, je crois que c'est nécessaire d'en passer par là. Je veux que tu connaisses tout de moi, mon passé, ce que je porte comme héritage, mes origines. Que tu puisses faire partie de moi, à ton tour, et que je fasse partie de toi, en intégralité, de tout mon être. Je ne sais pas si je me fais bien comprendre…
- Tu parles de l'importance d'unir nos deux âmes intégralement, avant d'unir nos deux vies présentes.
Quatre est un instant surpris qu'il ait compris si vite, mais en y réfléchissant un peu, il n'y a rien d'étonnant…
- C'est exactement cela, mon coeur.
- Alors tu t'es bien fait comprendre. Et je suis d'accord. Tu t'en iras et je t'y rejoindrai, lorsque tu jugeras qu'il est temps. J'attendrai le temps qu'il faudra, et nos retrouvailles n'en seront que meilleures.
Le sourire tendre de Quatre s'élargit.
Il baisse ses yeux sur l'anneau qui orne sa main, puis les relève vers les siens, avant de se serrer contre son torse puissant, dans la chaleur accueillante de ses bras.
- Je suis tellement heureux, Trowa. Vivement demain, que je puisse en parler au moins à Duo ! Je veux partager mon bonheur avec lui.
- Je pense que nous aurons tous beaucoup de choses à nous dire.
- J'espère que ça se passe aussi bien pour eux que pour nous, mais vue ce que tu m'as raconté des préparatifs et des intentions d'Heero, je n'ai pas d'inquiétude.
- Moi non plus. Et je vais te dire, j'ai même tellement confiance en Heero, sur ce coup-là, que je vais pouvoir m'occuper de toi sans plus songer à eux…
- Je me sens capable d'en faire autant, réplique Quatre contre ses lèvres, en roulant sur lui.
Toi et moi, deux cœurs qui se confondent
Au seuil de l'infini, loin du reste du monde
Haletants et soumis, au bord du lit
Qui tangue et va, sous toi et moi…
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Pendant ce temps-là…
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- Duo… soupire Heero en déposant une pluie de baisers sur son visage… Duo… ouvre les yeux… et garde-les… ouverts… s'il te plaît…
- J'essaie… mais c'est… trop… fort… et c'est… tellement bon !
- Je veux… Je veux le voir… dans ton regard… Ouvre les yeux… tu es tellement beau…
- Ne me donne pas… autant de plaisir… alors !
Heero sourit et change de rythme, le prenant plus lentement, mais s'enfonçant beaucoup plus profondément en lui…
Ce qui donne a Duo encore plus de plaisir…
- Heero ! proteste-il, les yeux bien ouverts, cette fois, en s'accrochant d'une main à Heero, de l'autre aux couvertures. Tu as… entendu… ce que… je t'ai… dit ?
- Ton plaisir… est plus important… que le mien… et m'en apporte… autant… crois-moi… répond Heero en détachant sa main des couvertures, pour entrelacer ses doigts aux siens, pressant leurs paumes l'une contre l'autre.
- Oh God… je vais… je vais mourir… Heero…
- Pas tout de suite… mon elfe… demande-t-il en se penchant sur lui pour lui donner un profond baiser, modifiant sensiblement l'angle de pénétration.
Duo se contracte autour de lui, le corps entier parcourut de délicieux frissons, alors qu'Heero étouffe son cri de plaisir dans sa bouche.
Les sentant tous les deux proches de la jouissance, Heero se redresse en position assise, entraînant Duo avec lui, le serrant avec force et tendresse contre lui, sans interrompre vraiment leur baiser.
Ils continuent de s'embrasser, se dévorant mutuellement la bouche, jusqu'à ce que le manque d'oxygène, autant que l'accélération de leurs mouvements passionnés, les obligent à se détacher.
Heero perd bientôt le semblant de contrôle qu'il a su garder, jusque là…
Les yeux dans les yeux, chacun voit le regard de l'autre s'assombrir, avant que leurs paupières ne se referment et qu'ils s'agrippent à l'autre comme si leurs vies en dépendaient, lorsqu'un dernier profond coup de rein d'Heero les entraîne vers une jouissance indescriptible.
C'est tellement fort et intense qu'ils en perdent la voix ; Duo se libère entre leurs deux corps pressés l'un contre l'autre, les bras autour du cou d'Heero, la bouche ouverte en un cri silencieux car aucun son ne peut en sortir, le cœur battant si fort qu'il semble prêt à éclater.
De la même façon, Heero se libère en lui en le serrant avec force, ses bras autour de son corps, le visage enfoui dans son cou, la mâchoire crispée pour retenir le hurlement indécent qu'il a senti monter lorsque Duo, en se libérant, s'est violemment contracté autour de lui.
Terrassés par le plaisir, ils s'effondrent sur les couvertures, Heero sur Duo, le corps encore agité de violents frissons durant quelques instants.
Malgré le fait qu'ils soient toujours essoufflés, Heero se redresse légèrement pour embrasser longuement Duo, avec une grande douceur et une tendresse infinie, prolongeant encore leur communion.
Il s'écarte ensuite et se retire doucement pour ne pas le blesser, et s'allonge à ses côtés, ouvrant ses bras pour que Duo vienne s'y blottir.
Ce qu'il fait, après avoir passé une serviette sur leurs corps pour les nettoyer rapidement ; il se presse ensuite contre lui et tire l'une des couvertures sur eux, pour les recouvrir un peu, mais pas trop car il fait encore chaud, très chaud, même…
Ils se sourient alors que deux de leurs mains s'entrelacent, et se regardent longuement en silence : après un moment aussi fort, les mots sont inutiles.
Duo faiblit le premier, ses yeux se ferment doucement.
Attendri par la lutte qu'il semble mener, Heero lui embrasse le front, puis le nez et enfin les lèvres.
- Dors, mon elfe, murmure-t-il contre elles. Je veille sur toi.
Duo soupire de bien-être et se laisse aller complètement.
Il se sent tellement bien, tellement en sécurité dans ses bras, qu'il s'endort en toute confiance, blotti contre son torse.
Il retrouve ce sentiment qu'Heero seul lui apporte aujourd'hui, qu'il n'avait plus ressenti depuis la disparition de Solo.
Quant à Heero, c'est simple : il n'avait jamais connu un tel bien-être, alors que déjà, le fait d'être dans ses bras et d'y dormir aussi le rendent heureux comme jamais.
C'est donc avec un bonheur indescriptible, une reconnaissance immense, mais aussi une certaine forme d'incrédulité qu'il couve Duo du regard.
Il n'en revient pas d'éprouver de telles choses et de manière si intense ; il s'en croyait incapable, et pourtant, son cœur et son corps vibrent encore de ce qui vient de se passer entre Duo et lui.
Pas seulement le fait d'avoir fait l'amour, même si c'est très important pour lui, qui n'a jamais fait que coucher avec ses partenaires, pour parler poliment, depuis Réléna.
Oui, il a aimé Réléna, il y avait bien une forme d'amour dans ce qu'il ressentait pour la princesse.
Mais ce qu'il y a entre Duo et lui…
Non, inutile d'essayer, ce n'est absolument pas comparable.
Un univers entier sépare ce qu'il a vécu avec Réléna de ce qu'il vit avec Duo ; il a pourtant été fiancé 4 ans avec la jeune femme, alors qu'il ne connaît Duo que depuis trois mois.
Mais ces certitudes qu'il a, avec Duo, ne l'ont jamais effleuré, même sous forme de questions, avec la princesse de Sank.
Ça a pris tout son sens au moment de la fusion de leurs deux corps, mais ça a commencé bien avant.
Il arrive tellement bien à percevoir le lien qui les unit, au-delà de l'aspect physique de leur relation…
Bien sûr, c'est la première fois qu'ils font l'amour, on pourrait croire qu'il tire des conclusions trop vite…
Et bien non.
Heero sait, sent déjà que cet aspect physique de leur relation est important, mais pas d'un point de vue uniquement sexuel ; leurs cœurs et leurs âmes autant que leurs corps ont fusionné, et il en a perçu l'écho dans tout son être, de tout son être, mais aussi en Duo.
Un moment de pure magie que seul l'Amour est capable de créer et de faire vivre.
L'Amour, oui, avec un grand A.
Enfin…
Et il n'a aucune raison d'en avoir peur, même s'il ne contrôle plus rien, il n'a plus à s'en cacher.
Il caresse tendrement la joue de Duo, endormi contre son épaule, et le serre un peu plus contre lui.
- Je t'aime… murmure-t-il avant de déposer un baiser sur son front.
Il ferme les yeux et s'endort à son tour, apaisé, confiant et heureux…
Entre chien et loup dans nos rêves déserts
L'amour a su combler nos silences
Et nous, ses enfants nus, vierges de nos hiers
Devenons, toi et moi, lavés de nos enfers
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Plus tard, dans la nuit…
-
Duo est réveillé depuis un moment, mais il ne bouge pas, savourant la tendre caresse des doigts d'Heero sur son épaule nue, la douceur de sa peau sous sa joue, qu'il a posé sur son torse.
Apparemment très plongé dans ses pensées, Heero ne remarque pas le changement de rythme indiquant que Duo ne dort plus.
Il se détache doucement de lui pour ne pas le réveiller et se redresse en position assise.
Duo ouvre les yeux après avoir joué le jeu, prêt à le taquiner, mais Heero laisse échapper un soupir qui l'inquiète.
Alors il se redresse à son tour et glisse doucement ses bras autour de sa taille.
- Je t'ai réveillé, excuse-moi, lui dit Heero en posant ses mains sur les siennes, qu'il a noué sur son ventre.
- Ce n'est pas toi qui m'a réveillé, ne t'en fais pas.
- Tant mieux.
- Quelque chose ne va pas, Heero ? murmure-t-il en posant son menton sur son épaule, après l'avoir marquée d'un doux baiser.
Heero se laisse aller contre lui avec un soupir, et remonte une de ses mains pour caresser sa joue, gardant l'autre prisonnière de celles de Duo, toujours sur son ventre...
- Au contraire, Duo, tout va très bien. C'est juste un peu étrange, pour moi.
- Quoi, de faire l'amour ?
- Dumbum.
Duo lui mordille tendrement le lobe de l'oreille en réponse.
- Arrête, ça m'excite… le prévient-il en réprimant un frisson.
- J'ai remarqué, et je saurai en profiter… Mais pour l'heure, dis-moi, sérieusement, ce que tu trouves étrange… Est-ce que c'est de le faire... avec moi ?
Heero le repousse doucement pour se tourner à moitié vers lui.
Il prend ses mains entre les siennes avant de le regarder, longuement, puis d'ancrer ses yeux dans les siens, qu'il n'avait jamais trouvé plus troublant qu'à cet instant..
- Je n'ai jamais fini la nuit dans les bras de quelqu'un, Duo. Je n'ai jamais supporté ça, même pas l'idée, pour tout te dire. Après avoir fait… après avoir couché avec mon amant ou ma maîtresse, j'allais dormir ailleurs, si je ne pouvais pas rentrer à Asgard, ou je les renvoyais chez eux, lorsqu'il m'arrivait d'inviter quelqu'un, hors d'Asgard, durant mes déplacements.
- Je vois. Tu veux qu'on rentre, dans ce cas ? Ou qu'on fasse… euh… grotte à part ?
Heero ne peut retenir un petit rire.
- Tu m'écoutes quand je te parle, Duo ?
- Oui, même si c'est difficile, parce que tu es nu contre moi et que le mouvement de tes lèvres est terriblement sensuel, explique-t-il en promenant ses mains et ses lèvres sur sa peau offerte. Que mon corps frissonne encore de notre précédente étreinte et que j'ai terriblement envie de hmmmpff !!!
Interrompu par la bouche d'Heero qui s'est écrasée sur la sienne avec fougue mais tendresse et douceur aussi, Duo n'a d'autre choix que de répondre à son baiser.
Heero le fait basculer en arrière, puis rompt leur échange et se redresse légèrement.
- Je ne veux pas aller dormir ailleurs, Duo, il est hors de question qu 'on dorme chacun de notre côté. D'ailleurs, je ne veux pas dormir du tout…
- Ca tombe bien, moi non plus… répond-il en scellant cet aveu d'un nouveau baiser sur ses lèvres.
Porte-moi, au-delà des angoisses,
A l'appel du désir,
Du cœur de nos fantasmes
Aux confins du plaisir
-
Encore un peu plus tard dans la nuit, c'est Duo qui se réveille le premier, cette fois.
Il regarde longuement Heero endormi contre lui, gravant son visage détendu et serein dans sa mémoire et luttant pour ne pas céder à la tentation et le toucher ou l'embrasser, ce qui risquerait de l'éveiller..
Très doucement, il se détache de lui et se lève.
Couvrant son corps nu d'une simple serviette, il s'avance jusqu'à Wing, d'abord, s'assurant qu'il va bien, puis continue jusqu'à l'entrée de la grotte.
Lorsqu'ils l'ont gagné, il faisait sombre, Duo ne savait donc pas vraiment où ils étaient.
Le spectacle qui s'offre à lui à présent est saisissant ; très vite, il se perd complètement dans la contemplation du paysage, de la nature qui s'éveille.
Au loin, le soleil caresse doucement de ses rayons dorés, chauds et doux, les flancs de la montagne qui se dresse face à lui, comme le ferait la main attentionnée d'un amant. .
Duo frissonne au souvenir de celle d'Heero sur sa peau nue, qui a apaisé autant qu'attisé le feu irriguant ses veines.
Toujours à sa contemplation, il n'entend pas les pas derrière lui, mais sent bientôt quelque chose couvrir ses épaules.
- Tu cherches à attraper froid ? murmure Herero son oreille, en l'entourant de ses bras et d'une couverture en même temps.
Duo se retourne et se blottit dans la chaleur de son corps, alors qu'Heero le ressert plus fort, les enveloppant tous les deux dans un doux cocon de laine.
- Je suis tellement bien, Heero… J'avais besoin de prendre un peu l'air, de sortir pour être sûr que tout est bien réel.
- Tu es rassuré ?
- Oui, répond-il en appuyant son front contre le sien.
- Tu veux rentrer maintenant au Manoir, qu'on finisse la nuit là-bas, ensemble, bien sûr. Ou tu préfères rester ici ?
Duo tourne son visage vers l'aube qui s'impose et repousse toujours plus loin les derniers pans visible du manteau déchiré de la nuit.
- Le soleil vient de se lever, il est donc dans les 6h, c'est bien ça ?
- Exact.
- Restons ici, alors… si tu le veux, toi aussi…
- Tout ce que tu veux, murmure-t-il dans son cou, dont il aspire la peau tendre, le faisant gémir de plaisir.
J'étais sans espoir, tu as changé mon sort
Offrant à ma vie une autre chance
Les mots ne sont que des mots, les tiens vibraient si fort
Qu'en parlant à ma peau, ils éveillaient mon corps
- Heero… soupire-t-il en se pressant contre lui.
La couverture et la serviette glissent au sol, et ils finissent par les y rejoindre, leurs corps déjà en mouvement l'un contre l'autre et bientôt, l'un dans l'autre…
Aime-moi, fais-moi l'amour encore
Encore et parle-moi, pour que jusqu'aux aurores,
Aux sources de nos joies, mes jours se noient
Dans toi et moi…
Un peu plus tard, après qu'ils se soient endormis, épuisés par leurs étreintes successives et passionnées, Heero entreprend de réveiller Duo par de douces caresses.
Patiemment, le laissant faire la différence, à son rythme, entre rêve et réalité, il lui fait l'amour avec tendresse, douceur et passion mêlées, sans jamais le brusquer.
Un réveil des plus agréable dont Duo profite jusqu'à la dernière seconde, tout en le remerciant de ses attentions avec la même ardeur et le même enthousiasme, au fil de sa reprise de conscience.
Ils se lèvent ensuite et regagnent l'intérieur de la grotte.
Avant de rejoindre Duo dans le Lac, Heero fait repartir le feu qui se mourrait doucement.
Ils se baignent un moment dans la partie la plus profonde du Lac, puis vont s'étendre sur les couvertures disposées à nouveau correctement près du feu, pour se sécher.
Duo ne sait pas vraiment l'heure qu'il est, mais il s'en fout, du moment qu'il a son chocolat chaud… et son Heero.
Pour grignoter tranquillement les tartines qu'ils se préparent et se font manger à tour de rôle, accompagnées de leurs boissons chaudes, ils s'adossent aux autres couvertures calées contre la paroi, blottis l'un contre l'autre de manière à ce qu'ils puissent utiliser tous les deux leurs deux mains.
- Heero, murmure soudain Duo dans le doux silence qui s'est installé entre eux, j'aimerai te demander quelque chose.
- Je t'écoute.
Ils posent leurs tasses vides et se rallongent complètement, jambes emmêlées sous les couvertures, face à face et le visage à la même hauteur.
Duo passe sa main dans ses mèches brunes, terminant par une douce caresse sur sa joue.
- Je ne veux pas que ça casse l'ambiance, alors si jamais tu veux pas en parler, on oublie, et je reviendrai à la charge un autre jour.
Heero lui embrasse le bout du nez.
- Je t'ai dit que je t'écoutais, enkeli.(1)
Duo rougit légèrement ; il ne sait pas trop si c'est le surnom affectueux, dont Heero lui a expliqué le sens un peu plus tôt, quand il l'a utilisé la première fois, si c'est son doux baiser-caresse ou encore sa petite remarque aux accents tendres de réprimande qui en est la cause…
- D'accord, se reprend-il. Je ne sais pas si tu te souviens, mais le jour de ma première tentative pour entrer dans le box de DS, quand tu t'es occupé de moi, le soir, tu as évoqué ta mère.
- Je m'en souviens, oui, répond-il après une courte hésitation. Tu m'as dit que j'étais une vraie mère poule.
- Et tu m'as répondu que tu n'avais pas assez de souvenirs pour faire de comparaison.
- Elle ne m'a pas laissé assez de souvenirs pour ça, oui.
- Oui, c'est ce que tu as dit. C'est la première fois que tu évoquais ta mère de cette façon, sans être agité par tous ces sentiments qu'habituellement, tu as du mal à contrôler, lorsqu'il s'agit d'elle. Ca m'a surpris.
- J'étais préoccupé par toi et tes folies avec DeathScythe, c'est sûrement pour ça.
- Tu y arrives aussi, maintenant.
- C'est vrai. C'est parce que je suis bien avec toi, Duo. Tu m'apaises. Le passé est moins douloureux, quand je suis comme ça, contre toi, explique-t-il en se rapprochant encore de lui. Et tu me donnes même envie de me confier, si tu veux tout savoir.
- Alors ne te gênes surtout pas, Heero Parce que c'est ça que je voulais te demander : que tu me parles de ta mère, si tu acceptes.
Les doigts d'Heero, qui caressaient son épaule nue avec douceur, s'immobilisent un moment ; ils glissent ensuite le long de son bras, le faisant frissonner, jusqu'à ses propres doigts auxquels il entrelace les siens.
Duo ramène leurs deux mains nouées entre eux, au niveau de son cœur, et la serre fort.
Heero, qui ne l'a pas quitté des yeux un seul instant, mais dont le regard s'est fait un peu lointain, revient alors de ses pensées et de ses souvenirs et lui adresse un sourire, mais qui s'efface rapidement.
- Je venais d'avoir six ans, quand elle est partie. Ce n'est pas tellement que je n'ai pas assez de souvenirs, c'est surtout qu'avec le temps, ils… s'effacent. Plus les années passent, plus ce sentiment de perte est présent. C'est une sensation très étrange...
- Je la connais, oui, répond Duo. Mais nous n'avons certainement pas le même rapport à ce sentiment.
- Je ne crois pas. Tu ne dois pas vouloir perdre le moindre souvenir avec eux. Alors que moi…
- Tu voudrais que ce soit le cas, vraiment ?
Heero ferme les yeux et soupire doucement, tout en basculant sur le dos.
- Me rendre compte que j'avais de moins en moins de souvenirs m'a troublé, tu sais. Au départ, je me demandais si j'avais réussi à l'effacer de ma mémoire, à force de lutter pour l'oublier. Puis, j'ai compris que ça arrivait à tout le monde, en grandissant.
- Qu'est-ce que tu as ressenti, à ce moment-là ?
- Je me suis dit que c'était une chance, répond-il en rebasculant pour lui faire face. Que si l'homme avait déjà ce processus de sélection dans ses gênes, je n'aurais plus qu'à m'occuper de ce qui n'avait pas été effacé de ma mémoire. Mais…
- Mais ce n'est pas aussi simple.
- Non, reconnaît-il en se blottissant dans ses bras, nichant son visage contre son cou..
Duo le serre contre lui, passant sa main dans son dos avec tendresse.
- Tu ne pourras jamais l'effacer de ta mémoire, Heero, murmure-t-il. Même si les visages sont flous, les situations vécues, incertaines ou approximatives, les souvenirs, estompés, tout ce qui concerne les sensations, les sentiments, les émotions demeure. D'où la douleur, probablement.
- Explique-moi, s'il te plaît. Je ne suis pas sûr de comprendre.
- Tu ressens l'amour de ta mère à travers les souvenirs qu'il te reste, bien que flous. Ca accentue cette incompréhension face à son départ. Elle t'aimait, mais elle est partie quand même.
- Elle ne m'aimait pas.
- C'était ta mère, Heero…
Heero s'écarte de lui.
- Ce n'était pas une mère, Duo, et elle ne m'aimait pas. C'était seulement ma génitrice et une excellente comédienne, pour avoir fait croire pendant 6 ans que c'était le cas, pour avoir trompé si longtemps Asgard et son Maître.
- Justement, tu ne crois pas que c'est là une preuve que tout n'était pas si factice que ça ? Serait-elle restée si longtemps ? N'a-t-elle pas eu plus d'une fois l'occasion de partir ?
- Tu ne me feras pas croire qu'elle a eu des scrupules à cause de moi, réplique Heero. Tu as une vision différente de la relation mère-enfant, Duo, tu as été adopté. Tu étais désiré. Moi, j'étais soit un accident de parcours, soit un moyen de fortifier encore le mensonge et de donner l'illusion. Et si dans ce cas de figure, j'étais voulu, ce n'était pas pour moi en tant qu'enfant, mais en tant qu'instrument pour accomplir sa mission.
- Tu as raison, Heero, je n'ai pas ta vision des choses. Mais ce n'est pas sur la mienne que je me base pour te dire tout ça. Je sais qu'il y a des mères qui n'aiment pas leurs enfants, qui les battent et les abandonnent. J'en ai peut-être été victime aussi, qu'en sais-je ? Mais concernant la tienne, si je t'affirme qu'elle tenait à toi, c'est que je le tiens de ton père.
- Depuis quand parles-tu de ma mère avec mon père ? s'étonne-t-il.
- Depuis hier, simplement. Il m'a fait venir dans son bureau et m'a parlé de certaines choses.
- Dont ma mère ?
- Oui. il voulait m'éviter de te blesser par une maladresse, alors il m'a parlé de ce qui pourrait être malvenu d'aborder, ou des précautions à prendre pour le faire.
Heero laisse échapper un petit rire.
- C'est bien mon père, ça !
- Je suis content qu'il l'ait fait.
- C'était inutile, mais il ne pouvait pas le deviner, parce que moi-même, je ne m'en étais pas rendu compte avant.
- De quoi tu parles ?
Heero pose sa main sur sa joue.
- Aucun sujet ne peut-être malvenu de ta part, Duo. J'accepte de parler de tout, avec toi. Cette conversation que nous venons d'avoir, je n'aurais pu l'avoir qu'avec une seule autre personne : Trowa. Et encore, je n'aurais pas été si calme.
- Vraiment ?
- Je n'aime pas qu'on parle de ma mère, et surtout, je n'accepte pas qu'on me dise qu'elle m'aimait, parce que ce n'est pas à quelqu'un qui ne l'a pas connu de me dire ça. Même de mon père, j'ai du mal. Mais toi, je… je te croirais presque.
- C'est justement parce que je tiens ça de ton père. C'est lui qui me l'a dit et je le crois. Tu as du mal à le croire parce que tu penses, inconsciemment, qu'il te ment pour te protéger. Entendre une chose que tu sens être vraie mais dont tu doutes par rapport à la personne qui l'a dit, venir d'une personne en qui tu ne doutes pas, c'est sûrement là, la clef du mystère.
- Ou alors tu m'as jeté un sort, réplique Heero en l'attirant contre lui pour l'embrasser.
Duo lui rend son baiser, puis ils restent étroitement enlacés.
- Si c'est le cas, il a eu un effet boomerang, parce que je suis aussi sérieusement atteint. A moins que tu n'aies joué l'apprenti sorcier, toi aussi.
- On est tous un peu magicien, à Asgard, tu le sais bien.
- Hummm… Ceci explique cela…
- Tu crois que tu ne te serais pas intéressé à moi, si nous nous étions rencontrés sous un autre ciel que celui d'Asgard ?
Duo sourit et frotte son nez au sien, puis l'embrasse un petit moment avant de répondre.
- Physiquement, tu m'attirais déjà, simplement à travers les photos. Mais ce que j'entendais de ton caractère n'était pas très engageant...
- Comment je me débrouille pour avoir une paix royale, à ton avis ?
- J'ai bien vu, et c'est plus qu'efficace.
- Pas avec toi… Et tant mieux.
- C'est sûr. Pour en revenir à ta question, si tu me la poses dans le sens, si on s'était rencontrés tels que nous sommes aujourd'hui, mais par exemple chez moi, à Eldeux, ou ailleurs, je pense que je me serais intéressé à toi de toute façon. Dans une autre vie, j'en sais rien, Heero. Nos âmes se seraient elles cherchées ? Qui peut le dire… Apparemment, dans celle-ci, nous sommes liés par une chose qui nous dépasse, dont on s'évertue à nous en montrer des signes.
- Tu penses à quels signes, en particulier ?
- Il y en a eu beaucoup. Je commence même à penser, comme Quatre, que l'aurore boréale en plein été n'avait rien d'un hasard. Que son interprétation du feu et de la glace se tient, comme si on nous prévenait qu'on finirait ici, tous les deux, dans ce lieu mythique de leur première rencontre.
- Les aurores boréales sont perçues différemment, selon les peuples ; ce peut-être la danse des Elfes Lumineux, ou celle des Esprits et des Morts. Quelle que soit l'interprétation qu'on en fait, elle peut se relier à toi. Que ce soit les Elfes, qui auraient reconnu en toi l'un des leurs et qu'ils souhaitaient guider, ou l'esprit de Solo, qui voulait en faire autant.
- Me guider jusqu'à toi ?
- Peut-être.
- Mais pourquoi…
- Pourquoi personne ne m'a guidé, moi ?
- Oui…
- Peut-être que c'est tout simplement parce que toi seul pouvait me faire accepter les choses. Je n'aurais sans doute pas accepté les signes, si tu ne leur avais pas donné un sens.
Duo réfléchit en silence, alors que Heero s'amuse avec une mèche de ses cheveux.
Là tes cheveux qui me frôlent
Mon visage sur ton épaule
Donne moi de ta chaleur
Contre ta peau sur ton cœur
- Heero… reprend-il après un moment.
- Hn ?
Duo se serre un peu plus contre lui, mais relève son visage pour pouvoir le regarder dans les yeux.
Emmène-moi sous ton aile
Je veux que tu me protèges
Du mauvais sort des sortilèges
- Ce que tu viens de me dire… Ca signifie que tu y crois, toi, aux signes ?
- J'y crois, oui. J'ai simplement des difficultés à les reconnaître, lorsqu'ils s'adressent à moi.
- De quelle manière tu y crois ? Quel est le sens que tu donnes à ces manifestations ?
Heero prend le temps de répondre, choisissant soigneusement ses mots.
- Je reste persuadé qu'il existe tout un monde que nous ne pouvons qu'effleurer, à notre échelle et à différents degrés, selon les personnes, selon les âmes. Les signes proviennent de ce monde, et parfois nous les voyons, parfois non.
- C'est aussi de cette façon que j'y crois. Tu ne t'es jamais dit que tu pouvais toi-même en être un ? De la même façon que tu vois en moi une clé, pour comprendre les signes sur ton chemin, ne peux-tu toi-même être un signe, pour moi ?
- Comment ça ?
Duo se mord la lèvre, puis il sourit.
- Dans son bureau, ton père, ne m'a pas simplement parlé de ta mère. Il m'a aussi expliqué… pour ton nom.
Heero laisse apparaître un petit sourire, témoignant son soulagement.
- Je comprends mieux.
- Ca m'a réellement surpris, tu sais. Mais en réfléchissant à tout ce qui se passe entre nous, depuis quelques temps…
- Oui… ? l'encourage-t-il.
Tous nos démons nos délires
Pour le meilleur et même pour le pire
Le pire, je n'en ai pas peur
- Je veux y croire, vraiment.
- Moi aussi, Duo.
Duo écarte légèrement son visage pour pouvoir bien le regarder dans les yeux.
- Vraiment ? Heero, c'est vraiment ce que tu veux ? Sachant une bonne partie de ce que ça implique, son importance pour moi, tu es d'accord pour être le seul et unique… pour moi ?
- Tout ce qui se passe entre nous, tout ce que j'ai fait depuis le jour où je t'ai parlé de ça, tous ces signes sur notre route, n'est-ce pas suffisant, comme réponse ? T'en aurais-je parlé, sinon, alors que je ne savais même pas encore tout ce qui nous attendais ? T'aurais-je envoyé sur cette piste ? Est-ce qu'on serait là, tous les deux ? Est-ce qu'on aurait cette discussion ?
- Non, bien sûr, je reconnais tout ça, mais…
- Il n'y a pas de mais, Duo. La véritable question est de savoir si toi, tu acceptes que je sois le seul et unique pour toi. Je suis le seul et unique enfant de mon père et de ma mère, je peux aussi être le seul et unique pour toi, le temps que tu pourras rester à mes côtés.
Duo glisse son regard sur sa main, posée sur la joue d'Heero, qui devine parfaitement ce qu'il regarde précisément : l'anneau d'or blanc qu'il lui a confié, en son nom et en celui d'Asgard ; il remonte la sienne pour la poser dessus, glissant ses doigts entre les siens et les serrant avec une grande tendresse et lui offrant toute sa confiance par ce geste. .
Comme un animal blessé
Lèche-moi le bout du nez
De mes cauchemars de mes rêves
Réveille-moi du bout des lèvres
Duo ferme les yeux un moment, puis les rouvre et prend une grande inspiration.
- Je crois que tu l'es déjà, Heero, finit-il par murmurer en souriant. Et je l'accepte, même si je dois repartir un jour. Ca me fait peur, tu sais, c'est tellement fort, ce qui se passe. Aussi bien en nous, qu'entre nous, qu'autour de nous... J'ai jamais ressenti ça, avant.
Sans le savoir d'un sourire
Tu me touches je te désire
- Moi non plus. Mais c'est tellement bon, Duo, que je ne fuirai pas, que je ne me cacherai pas, et que je n'y renoncerai pas.
- Je n'en ai pas l'intention non plus.
Il sourit plus largement encore avant de tendre ses lèvres pour réclamer un baiser, qu'Heero s'empresse de lui donner.
Il adore lorsqu'il fait ça.
Après une telle discussion, qui les a rendus encore plus proches, le besoin d'unir leurs corps, comme pour sceller leurs confidences de tout leur être, se fait des plus pressant.
Il y cèdent tous les deux avec la même passion…
Je deviens fou je deviens fort
Je suis déjà soûl j'en veux encore
Encore, que tu m'aimes encore...
-
A suivre…
Notes générales :
Le titre du chapitre est une reprise d'une citation de Jean Baudrillard : Nous ne voulons plus d'un destin. Nous voulons une histoire. Dans mon esprit, cela concerne les deux couples, mais ce sont surtout Duo et Quatre qui auraient pu prononcer ce type de phrase, plutôt que Trowa ou Heero… quoi que…
(1) enkeli : "ange" en finnois. Heero utilisera peut-être aussi le norvégien ou le danois "engel" ou encore le suédois ängel. Je verrai selon les situations…
Notes de l'auteure :
Merci d'avoir lu ce chapitre, j'espère qu'il vous a plu...
J'ai repris une activité salariée à temps plein pour un mois pour certaines raisons, j'ai donc mis entre parenthèses mes révisions, comme je vous l'ai dit dans les notes de début.
Je suis donc incapable de dire à quel rythme je posterai mes chapitres, maintenant, ni vous promettre que je répondrai vite à vos différentes formes de messages.
Mais sachez que je ferai mon possible, comme d'habitude, vous commencez à me connaître au bout de 20 chapitres, pour ceux qui ne me connaissaient pas déjà avant XD.
Merci encore pour votre soutien, le fait même de lire simplement ma fic en est un, pour vos encouragements sous toutes ses formes.
Bonne continuation à vous et à dès que possible…
Bises.
Lysa
