Je t'aime mais ne le dis à personne.
Et voilà, après un peu de retard, me voici de retour avec un nouveau chapitre ! Promis, je fais tout ce que je peux pour donner le prochain ce week-end.
Merci beaucoup pour vos reviews.
J'espère que celles et ceux qui sont en vacances passent de bonnes vacances, et que celles et ceux qui bossent, bossent bien ^^.
De mon côté, je me prépare au concours de Septembre. Mais je trouve du temps pour écrire )
Voici la suite donc, en espérant que ça vous convienne.
Bonne lecture.
Chapitre 19-Ma fille BIS
Angela POV
Bella était partie depuis près de deux mois quand le seigneur Aro Volturi avait décidé qu'elle devait rentrer.
Mike avait tenté de le convaincre qu'il pouvait la récupérer en quelques jours, mais Aro avait voulu la laisser voir autre chose. Maggie et moi avions soupçonné une supercherie mais notre seigneur avait changé. Quand dame Sulpicia exigeait que Bella revienne sous peu, il avait ordonné que sa fille soit en paix. Il voulait qu'elle voit autre chose avant de la faire revenir comme sa fille légitime. Dame Sulpicia avait perdu son influence. Aro veillait à décider de la vie de sa fille, non plus pour la cacher, mais la montrer. Puisqu'elle avait réussi à partir, Aro avait compris qu'elle était prête à disparaitre pour être libre. Bella ne plaisantait pas quand elle disait vouloir vivre avec celui qu'elle aimait. Son père voulait tout de même garder ce qu'il pouvait comme influence sur sa vie.
Mais l'approche de la date de naissance de Bella avait précipité les choses. Alors que pendant dix-huit ans, le seigneur n'avait rien semblé remarquer à l'approche du 13 Septembre, cette fois-là, il décida qu'il devait la faire revenir et pour ça, nous étions partis à sa recherche.
C'était un véritable convoi. Ben avait fait appel aux jeunes écuyers, Maggie avait laissé Emily à la tête de l'équipe de servantes, et je les suivais.
En quelques jours, nous avions rejoint la Narbonnaise et avions presque traversé le territoire des Bourguignons. Maggie et Tyler prévenaient toujours par messager de l'arrivée du seigneur Volturi, permettant qu'il soit installé rapidement chez les différents seigneurs qui dépendaient de lui ou chez des connaissances.
Ce jour-là, un banquet avait été organisé en l'honneur d'Aro. Maggie et moi aidions les servantes locales, des femmes du village qui venaient quand il le fallait. Ben et Tyler revenaient d'un tour de garde.
_ Il y a eu une annonce, les noces de l'ainé des Cullen se dérouleront dans presque trois mois. Indiqua Tyler en entrant.
_ Nous serons repartis depuis longtemps…Remarqua Maggie.
Le silence fut la réponse, témoin de ce que nous pensions tous. Bella refuserait de quitter les Cullen sans assister au mariage. Il y aurait des difficultés. Et qui sait ce que ferait Aro à ce moment-là ?
_ Ne nous en inquiétons pas encore. Bella n'est pas idiote, elle saura quoi faire. Continua Maggie.
Nous acquiesçâmes, et rejoignîmes la salle du diner.
Aro était à la droite du seigneur local. Le silence était toujours aussi pesant, c'était comme si nous n'étions pas partis de Volterra. Les amis invités n'en parurent pas étonnés.
La maîtresse du domaine s'installa, et donna le signal pour que le service commence. Aro ayant exigé, depuis le début de ce voyage, que je reste toujours à ses côtés, je me postai à un bout de la salle, et aidai la titulaire du poste pour guider l'arrivée des plats.
Ben et Tyler se postèrent non loin. Alors que le repas se déroulait, je sentis le regard de Ben sur moi. Je tournai la tête vers lui, et vis le sourire qu'il me tendait. Je rebaissai les yeux rapidement. Cette complicité que je sentais grandir entre nous me paraissait tellement étrange que j'avais du mal à savoir comment réagir. Ce voyage avait déclenché quelque chose entre nous. Ou alors c'était d'avoir vu Bella aimer celui qu'elle avait choisi…
Mais ce voyage avait favorisé les conversations que nous accumulions, comme la nuit dernière encore.
Flashback
La première fois, je retournais vers ma chambre, une fois qu'Aro m'eut dit de le laisser, et je ne voulais que pouvoir me détendre. Je rasai les murs, encore souillée par mon seigneur, souhaitant qu'il ne me veuille plus. J'avais secrètement espéré le voir se tourner vers une autre, afin de pouvoir souffler et peut-être retrouver ma liberté volée depuis plusieurs années…
J'avais croisé certains regards dans la journée, et ne souhaitai plus causer de rumeurs…
_ Angie. M'appela Ben, et je serrais mon châle sur mes épaules.
_ Que se passe-t-il ?
Il s'approcha et sembla lire en moi comme dans un livre ouvert.
_ J'espérais que tu m'accompagnes pour une balade.
Il hésitait à approcher plus près, et je sentis la honte sur moi. Je ramassai le bas de ma jupe et commençai à m'éloigner. J'étais toujours peu encline à voir les autres en quittant Aro. Et Ben le savait.
Tout le château à Volterra savait le droit que prenait Aro sur moi, mais Ben était bien l'un des seuls à ne pas médire de moi. Il essayait toujours de venir me voir, mais jamais je ne le laissais faire.
Jusqu'à ce soir-là. Son regard avait été si tendre et son air paisible, que j'avais ressenti le besoin de le suivre. Je hochai la tête et il m'indiqua la direction à suivre. Les galeries de murs vides se succédèrent jusqu'au chemin de ronde où Ben demanda à nous laisser seuls. Les deux chevaliers de garde sourirent, entendus. Je baissai les yeux, resserrant machinalement mon châle sur mes épaules.
Une fois qu'ils furent passés, Ben attrapa doucement mon bras et m'entraîna un peu plus loin. Le ciel était noir, sans étoiles ni Lune, aussi, seules les quelques torches éclairaient notre balade.
Nous gardâmes un moment le silence, installés entre deux créneaux du mur d'enceinte. J'en profitai pour regarder les alentours, avec les champs de blé, et les premières maisons du village. L'atmosphère était plus détendue qu'à Volterra, sauf en présence effective d'Aro. Les chevaliers étaient toujours habillés d'une cotte de mailles, et les paysans plaisantaient souvent avec eux. Plus nous avancions vers le Nord où habitaient les Cullen, et plus j'avais l'impression que la chaleur qu'il n'y avait pas dans l'air se retrouvait dans les attitudes des uns envers les autres. Je comprenais comment Bella avait pu rester ici…
_ Comment tu te sens ?
Je tournai la tête vers Ben. Il m'observait, conscient de me sortir de mes pensées.
_ J'ai connu pire. Souris-je. Merci.
_ De rien. Il détourna le regard avant de le reporter sur moi. Il…Il t'a blessée ?
_ Non, ça va.
Un silence gêné s'installa, à nouveau. Je commençais à me demander si je n'allais pas remonter quand Ben lança une discussion.
_ Comment Bella va réagir d'après toi ?
_ Elle aura du mal à revenir, Ben. Elle a peur de ce qu'Aro serait capable de lui faire.
_ Tu sais quelque chose ?
Il me tendit une gourde pleine de vin. Je l'acceptai et bus avant de répondre.
_ Aro a changé, je crois. Quand il a décidé ce voyage c'était pour continuer à officialiser son existence. Tu sais qu'il a demandé que rien ne lui soit fait. Il se rend compte qu'il a mal agi. Mais je ne garantis pas qu'il la laisse choisir de sa vie.
_ Il est quand même tyrannique malgré quelques bonnes intentions. Comprit-il.
_ Dans combien de temps pouvons-nous y être ?
_ D'ici à une dizaine de jours nous devrions pouvoir prendre un bateau. La traversée ne dure que deux jours.
_ Nous n'avons pas mis si longtemps, alors ?
_ Non. En sachant que nous arrivions, certains seigneurs nous ont facilité le passage. Mais il faudra compter autant de temps pour revenir chez nous.
Je hochai la tête et nous observâmes les deux chevaliers qui revenaient.
_ Que fera Aro pour Edward, tu crois ?
_ Tout dépend de ce qui se passe une fois sur place, Angie. Peut-être qu'il pourra revenir, même s'il ne semble venir chercher que Bella.
_ C'est si compliqué. Soupirai-je, en posant la tête sur une de ses épaules.
_ Je sais.
Je regardai mes doigts, à peine sortis de sous mon châle. Je réfléchissais à ce à quoi Bella avait droit, et me demandai une fois encore si un jour je pourrai…Ben frôla mes doigts, me sortant de mes pensées. Je fixai ses doigts se mêler aux miens, et attirer ma main à ses lèvres. Je cessai, sans le vouloir, de respirer.
Je sentis son souffle sur ma peau, croisai son regard. Je remarquai pour une des rares fois ses yeux noirs où s'allumaient des tâches dorées.
_ Tout devrait être plus simple. Murmura-t-il contre ma paume avant d'y déposer un baiser.
Je tressaillis, sans trop savoir d'où ça venait. Ben s'aperçut de mon mouvement, et relâcha lentement ma main.
_ Je suis désolé.
_ Ben, je…
Il posa un doigt sur ma bouche et sourit tendrement.
_ Je sais, Angela, c'est juste que…Je n'aime pas te voir triste et je n'ai pas pu m'en empêcher. S'excusa-t-il.
Je vis pour la première fois la lueur de tendresse dans son regard, et sentis les larmes qui affluaient à mes paupières. Jamais je n'avais pris le temps de me sentir bien, et cette heure passée ici, en silence, mais en ayant le sentiment d'être en sécurité, me bouleversait.
Ben fronça les sourcils pour essuyer ma joue. Je posai la main sur la sienne et appuyai ma tête pour renforcer le contact.
_ C'est à moi d'être désolée. Souris-je.
_ Pourquoi ?
_ Je pleure pour un rien.
_ Si tu en as besoin…
Je secouai la tête pour l'interrompre.
_ Ca ira. Je ne suis pas habituée, c'est tout.
_ Je sais, pardonne-moi. Je me suis longtemps retenu, je n'aurais pas dû fermer les yeux ainsi. Je souris, il caressa doucement ma joue et ma mâchoire. Promets-moi que tu viendras si tu as besoin, Angela.
Il avait mon visage entre ses mains, et le sérieux transpirait dans sa voix tendue.
Fin Flashback
Les troubadours présentèrent plusieurs nouvelles chansons qui se multipliaient dans les villages. Aro sembla s'horrifier, et se rembrunit tout le restant du repas. Je voyais son regard fixer un point dans le vide. Des invités se levèrent plusieurs fois, entamant des danses et frappant des mains au rythme des flûtes et autres luths.
Soudain, Aro se leva et quitta la salle.
Je croisai le regard de Ben et le questionnai silencieusement sur ses intentions. Il hocha la tête imperceptiblement et je suivais Aro avec un léger sourire sur les lèvres. Nous montâmes à l'étage qui lui était réservé, et il s'assit sans un mot sur le bord du lit. J'observai son air fermé, et m'étonnai encore de pouvoir lire quoi que ce soit sur son visage. Toujours, je m'étais habituée à son impassibilité, et depuis quelques temps, des émotions apparaissaient et le faisaient paraître moins tyrannique qu'il n'avait pu l'être.
_ Sire ? Osai-je demander en le voyant ainsi.
Il ne releva pas les yeux tout de suite.
_ Tu peux me laisser, Angela.
Je fronçai les sourcils. Jamais encore il ne m'avait congédiée si tôt…
Je fis une révérence, et allai partir quand il m'interpella finalement. Je me retournai, il me regardait.
_ Je veux que ces troubadours viennent avec nous. Va trouver Maggie et laisse-la se charger des négociations.
_ Bien, sire.
La curiosité parut dans ma voix et je baissai les yeux.
_ J'aurai un autre argument pour Isabella. Réfléchit-il et je me figeai.
_ Seigneur, vous…Puis-je vous poser une question ?
_ Tu es déjà en train de le faire, Angela.
Je m'attendais à ce qu'il s'offusque, mais il attendait simplement. C'était perturbant de le voir comme ça…
_ Que comptez-vous faire de Bella ?
Il fronça les sourcils, et sourit, moqueur.
_ Elle voulait être traitée comme une demoiselle de ma famille, son souhait sera exaucé.
Sa voix me causa un frisson d'effroi. Cette fois, je retrouvais le seigneur manipulateur que j'avais toujours connu.
Je ne répondis rien et fis une nouvelle révérence avant de quitter la pièce.
Je passai par ma chambre à côté, et récupérai un manteau. J'avais en tête les propos de mon seigneur et m'interrogeai en même temps que je rejoignais Ben. Il était assis près de la porte qui donnait sur les remparts. Mes questions se bloquèrent dans mon esprit, me laissant simplement apprécier le sourire de Ben. Il tendait les mains vers moi, je les pris et me laissai attirer.
Sans réfléchir plus, je me blottis contre lui, ses bras passant autour de ma taille. Je sentis son souffle contre mon oreille.
_ Comment tu vas ?
_ Bien. Je dois voir Maggie.
Ben acquiesça et m'entraîna à sa suite jusqu'à la salle où Maggie et d'autres servantes se retrouvaient. Elle se retourna, étonnée de me voir là, mais nous rejoignit sans un mot.
_ Angela, Ben.
_ Aro veut que tu demandes aux troubadours de nous accompagner par la suite. L'informai-je.
_ Je m'en charge dès maintenant, merci. Son regard passa ensuite de l'un à l'autre. Passez une bonne soirée. Sourit-elle.
Je me sentais gênée, alors que Ben la remerciait et lui souhaitait la même chose. Maggie nous laissa.
Nous repartîmes à notre tour, et nous arrêtâmes près d'une galerie, pour regarder les invités locaux quitter le château.
Ben passa un bras autour de ma taille, et posa son menton sur mon épaule.
_ Comment les autres ont-ils réagi à Son départ ?
Je redressai la tête. Nous avançâmes, main dans la main jusqu'au même endroit que la veille. Les chevaliers ne dirent rien cette fois-ci, et s'éclipsèrent plutôt en silence.
_ Je crois que tout le monde connait son caractère. Ils ont continué quelques temps, puis tous se sont dispersés.
J'acquiesçai et m'assis à ses côtés. Je posai la tête sur son épaule, et regardai vers l'horizon. Ben s'installa, la joue sur mon front. Le silence et la nuit nous enveloppèrent. Nous protégions notre chaleur, l'un contre l'autre.
J'appréciai ce lien qui se révélait. Nous nous connaissions depuis toujours, mais jamais je ne m'en étais aperçue. C'était comme si nous avions besoin de nous retrouver, ne serait-ce qu'être ensemble pour trouver le calme nécessaire. Alors que les doigts de Ben faisaient des ronds sur la paume de ma main, je réalisai le nombre de fois où j'avais pu compter sur Ben pour me retrouver quand j'étais mal. Les obligations du seigneur Aro sur moi me pesaient souvent, et Ben me rejoignait pour me distraire. Ben était d'un grand soutien.
_ Tout est prêt pour demain ? Demanda-t-il en me sortant de mes pensées.
_ Oui. Où devons-nous nous arrêter cette fois ?
Nous nous redressâmes, pour nous regarder.
_ Il y a quelques propriétés Volturi aux environs d'Orléans. Nous n'y passerons pas longtemps, pour rejoindre Paris. Ensuite, quelques jours suffiront pour arriver au port.
_ J'ai hâte de la revoir.
Il passa un doigt tendre sur ma joue.
_ Vous êtes vraiment proche.
_ D'autant plus depuis qu'Il l'avait réclamée chez lui. Acquiesçai-je.
_ Vous avez toutes les deux souffert à cause de Lui. Murmura-t-il, alors qu'il se rapprochait de moi.
_ On s'est soutenue.
Nos lèvres étaient à présent à quelques millimètres l'une de l'autre. Je me sentais hypnotisée par le moment. Le silence régnait à nouveau, comme si le temps et l'espace se suspendaient en même temps que nous. Mon souffle était désordonné et mon cœur s'affolait dans ma poitrine.
Ses yeux passaient de ma bouche à mes yeux. Je savais qu'il me demandait l'autorisation. Et je savais que j'aurais dû m'éloigner. Mais je n'en avais pas la force. Encore plus que pour Bella et Edward, les risques encourus étaient nombreux.
Je m'approchai, et frôlai ses lèvres des miennes. Ses doigts se resserrèrent sur ma joue, alors qu'il répondait à mon baiser. Je gémis en sentant sa langue pénétrer ma bouche et enfonçai mes mains dans ses cheveux. Nos corps se rapprochèrent d'instinct.
Au fond de moi naissait un sentiment si nouveau que je frissonnais entre les bras de Ben. Il cessa notre baiser, soudant nos regards.
_ Ca va ?
_ Je…Je crois. Hésitai-je, peu habituée à tant de tendresse et encore moins à un tel baiser.
Je fermai les yeux pour effacer de derrière mes paupières les images qui y venaient. Aro se contentait bien souvent de défaire ses vêtements pour me pénétrer et me laisser sans considérations.
_ Je suis désolé, Angie…Ce n'est pas juste, tu…
_ Arrête. L'intimai-je en posant un doigt sur sa bouche. Je vais juste…Avoir besoin de temps.
Il sonda mon regard, sûrement pour évaluer mes paroles, puis il sourit doucement. Il déposa un baiser chaste sur mes lèvres, puis m'attira contre lui.
Nous ne parlâmes pas du danger. Nous ne parlâmes pas non plus de notre espoir de nous retrouver comme Bella et Edward. Nous nous contentâmes d'écouter l'autre respirer.
OoOoOoOoOoOo
Bella POV
Emmet et Jasper étaient fiers de leurs cours d'équitation. Dès le lendemain de mon anniversaire, ils m'avaient conduite à l'écurie et j'avais monté tous les jours depuis. Au départ, l'un d'eux se contentait de tenir les rênes alors que j'étais installée sur la selle, puis, ils m'avaient laissée faire seule.
Alors Edward m'avait convaincue de le suivre pour une chevauchée, et nous étions partis de bonne heure pour profiter de la journée. Je l'avais suivi avec un peu de mal au début, à travers les champs et le village. Je n'avais pas monté aussi longtemps, ni aussi loin encore. Mais Edward m'avait montré toute l'attention dont j'avais besoin, et après seulement quelques miles parcourus nous faisions la course.
Mes cheveux s'étaient détachés, et volaient derrière moi. Je riais, appelant Edward qui passait devant ou derrière moi au gré de ses envies.
Nous parvenions près de bosquets quand Edward vint attraper les rênes de mon cheval. Il tira dessus et en quelques secondes nous étions immobiles. Je faillis être déséquilibrée, mais Edward m'attrapa par la taille pour m'attirer sur son cheval. Je passai les bras autour de son cou et me blottis contre lui, sentant mon cœur affolé par la rapidité du mouvement.
_ Je connais un endroit qui te plaira. Murmura-t-il contre mon oreille avant d'y déposer un baiser.
_ Ah oui ? Vous semblez bien sûr de vous, sire. Souris-je, mon front contre le sien.
Je vis avec plaisir son sourire en coin apparaitre. Edward resserra sa prise sur ma taille, et fit faire quelques pas à son cheval, le temps de passer le bosquet pour trouver la cascade dont ils avaient parlé la veille de mon anniversaire.
Edward glissa son nez contre mon cou et je l'entendis susurrer.
_ Ca me manquait de te tenir comme ça.
Je m'appuyai d'autant plus contre lui, frissonnant au son de sa voix rauque. Il décala mes cheveux sur le côté et parcourut ma nuque de baisers.
_ Tu veux marcher un peu ? Proposa-t-il, ses bras autour de ma taille.
_ Je te suis. Approuvai-je en tournant la tête pour baiser sa joue.
Edward sourit et nous mîmes pied à terre.
Nos doigts s'entrelacèrent alors que nous rejoignions la berge. J'admirai la chute d'eau, et les oiseaux qui s'envolaient en nous entendant approcher. Edward m'attira contre lui, et m'indiqua un ensemble de rochers au Soleil. Nous nous y allongeâmes, mi-ombre, mi-soleil, dans les bras l'un de l'autre. Nos doigts caressaient lentement l'autre, nos regards étaient soudés, nos souffles devenaient de plus en plus raccourcis…Chacun de nous savait ce qui allait se passer, et ce fut tendrement que nous nous approchâmes pour nous embrasser. Edward glissa un bras autour de ma taille et rapprocha nos hanches l'une de l'autre. Je gémis, en roulant sur le dos, l'attirant contre moi. Edward se cala entre mes jambes, passant une main sous ma robe jusqu'à ma taille. Ses doigts caressèrent ma peau, jouant sur la peau tendre à l'arrière de mon genou.
Je m'arque boutai contre lui, penchant la tête pour mieux respirer et lui donner de l'espace.
En quelques instants, nous avions ôté nos vêtements, haletant et fiévreux. L'eau coulait autour de nous, les branches des arbres étaient secouées par le vent soudainement levé, et je décidai de m'écarter. Edward fronça les sourcils, et m'interrogea du regard. Je souris et me levai, finissant d'ôter mes barrettes. Son regard me brûlait, réveillant un sombre désir en moi.
Je lui souris, et descendis à l'eau. Je glissai à la surface, pour rejoindre la chute d'eau. Je me redressai, sentant l'eau tomber sur mes épaules. J'enlevai les cheveux de sur mon visage, et cherchai Edward. Il était lui aussi debout, et son regard de braise détaillait chaque parcelle de mon corps. Je tendis les bras vers lui, en souriant. Edward me tendit son sourire en coin, et plongea. Je distinguai sa silhouette venir à moi, et anticipai la passion qui allait nous dévorer. Depuis un moment déjà, je ne m'en voulais plus de vouloir toujours sentir son corps contre le mien. Peut-être était-ce dû au comportement de ses frères et sœurs…
Edward refit surface juste devant moi, les bras autour de ma taille. Je ris, et le laissai me soulever, entourant ses hanches de mes jambes.
_ Vous en avez mis du temps, sire. Le disputai-je, les doigts crochetés dans ses cheveux humides.
Mes hanches se firent lascives contre son sexe tendu, nos regards se chargeant d'un désir pur.
_ Je voulais d'abord vous voir, ma chère. Susurra-t-il contre mes lèvres.
Je l'embrassai, ma langue cherchant la sienne pour une bataille tant sensuelle que tendre. Mon corps vibrait, et je n'attendais que le mouvement de son bassin contre le mien. Mes doigts prirent l'initiative et glissèrent sur ses épaules, les griffant au passage. Edward resserra sa prise sur mes hanches, une main passant sous mes fesses pour trouver mon point sensible. Surprise et sensible à son toucher, je criai, la tête en arrière. Edward en profita pour attaquer mon cou de baisers, ses doigts s'attardant sur mon intimité.
_ Edward ! Le suppliai-je en tenant son visage entre mes mains.
Il m'embrassa, et répondit à mon attente. La vague de plaisir monta en moi au rythme de ses vas-et-viens. Je me cambrai dans un cri, me laissant entraîner tant dans le plaisir que dans l'eau. Edward vint un instant plus tard, mon nom sur ses lèvres. Je tremblais encore quand il nous emmena sur les rochers.
Je me rendis compte seulement de la pluie qui tombait. Nous nous regardâmes avant de rire pour ramasser nos vêtements et les mettre aussi vite que possible. Nous filâmes ensuite sous les arbres les plus touffus pour éviter la pluie. Edward passa son manteau sur mes épaules et nous restâmes silencieux, observant le paysage se métamorphoser, dessinant de nouveaux traits aux herbes et autres plantes alentours.
Non loin, les chevaux s'ébrouaient, et paissaient sans s'inquiéter de ce qui les entourait.
_ Ils ont une vie plutôt facile. Commentai-je, suivant le cours de mes pensées à voix haute.
Edward me regarda, un sourcil levé puis suivit la direction que j'indiquais. Il sourit, enfonçant la tête dans mes cheveux humides.
_ Ils sont libres, mais bien plus soumis aux humains qu'on le pense. Répondit-il.
Je le regardai de biais, et vis son sourire moqueur. Je frappai son bras, et repris.
_ Mais pas au temps !
Il ne dit rien, mais je sentis son rire résonner dans mon corps. Je levai les yeux au ciel, et comme si les chevaux avaient compris que nous parlions d'eux, ils tournèrent leur attention sur nous.
_ Je ne suis pas sûr que ça s'arrête tout de suite. Remarqua-t-il en parlant de la pluie.
J'acquiesçai et me détachai de lui.
_ On fait la course ?
Déjà je courais vers les chevaux.
_ Tu passes beaucoup trop de temps avec Emmet. Me reprocha-t-il en me prenant dans ses bras.
Bientôt nous étions sur la route, trempés, mais rieurs.
Alors que nous nous apprêtions à rejoindre l'écurie, l'arrivée de Tyler me fit l'effet d'un seau d'eau et je me figeai. Edward prit mes rênes dans une main, et m'appela à plusieurs reprises avant que je tourne la tête vers lui.
_ Ca ira ?
Je regardai à nouveau Tyler. Il était sur le pas de la porte, et tendait quelque chose à Adélaïde.
_ On peut toujours quitter la région…
Je posai une main sur sa bouche, le regard toujours tourné vers le messager officiel de mon père.
_ Nous savions que ça ne durerait pas. Soufflai-je en reprenant les rênes pour continuer mon chemin.
Tyler se tourna à ce moment-là et je sentis sa surprise dans la posture qu'il avait. Je descendis, et vis du coin de l'œil Esmée sortir de chez elle. Elle étudia la scène avant d'acquiescer à l'intention de Tyler. Celui-ci fit une révérence vers moi et remonta sur son cheval. Edward me suivit jusqu'à la maison et interrogea sa mère sans que je ne puisse dire quoi que ce soit.
_ Que se passe-t-il ?
Esmée me regarda, comme si elle cherchait la meilleure formulation.
_ Le seigneur Aro Volturi est chez le duc de Buckingham. Il nous attend pour le diner.
Je me sentis pâlir, les bras d'Edward s'enroulant autour de ma taille au moment où mes jambes me lâchaient.
_ Bella ! M'appela-t-il.
Je restai silencieuse, alors qu'il me tenait dans ses bras, pour me raccompagner au salon d'Esmée. Celle-ci donna des ordres, et me tendit un verre d'eau.
_ Bella, mère, que se passe… ? Demanda Alice en entrant précipitamment.
Je détournai le regard. Et m'écartai de tous en me mettant près de la fenêtre, une main appuyée contre le mur le temps de me reprendre. Esmée éloigna Alice et se tourna vers son fils. Je sentais son regard dans mon dos, mais j'avais besoin d'un instant.
_ Laisse-nous une seconde, Edward. Réclama Esmée, comprenant ce qu'il me fallait.
_ Mère, je ne la laisse…
_ Edward. Nous avons besoin de parler. Va donc prévenir ton père pour ce soir.
Je ne me retournai pas. Je savais qu'Edward cherchait mon regard, mais je ne voulais pas qu'il lise la peur que je ressentais. J'entendis la porte se refermer, puis Esmée se présenta à mes côtés.
Elle scruta un instant mon visage, puis regarda dehors à son tour. Ses enfants étaient dans le jardin, profitant d'une accalmie pour discuter entre eux. J'imaginais facilement ce qu'ils pouvaient dire.
Je soupirai.
_ Ton père veut sûrement se rendre compte que tu n'as rien. Commença-t-elle.
_ Je n'en sais rien, Esmée. Il s'est déplacé…
_ Ne t'inquiète pas, je suis sûre que tout se passera bien. Elle posa une main sur mon bras, pour me rassurer.
_ Je ne veux pas y retourner, Esmée. J'ai peur de ce qu'il pourrait inventer.
_ Carlisle et moi ne le laisserons pas faire, Bella. Tu es ici, cette fois, il est chez nous et nous avons des droits.
_ Mais je n'ai aucun droit ici. L'interrompis-je.
_ Il ne t'a jamais présentée, Bella. En théorie tu es une fille sans nom, et Carlisle et moi t'avons annoncée lors du bal donné à votre arrivée.
Je tournai la tête vers elle, et scrutai son visage. Elle semblait si sûre d'elle-même. Esmée sourit et regarda vers ses enfants au-dehors.
_ Nous lui avions promis de veiller sur toi quand il est parti, et nous n'en avons pas eu l'occasion. Cette fois, je ne laisserai rien vous séparer, Bella. Je n'ai jamais vu mon fils aussi heureux, ni aussi extraverti.
_ Je l'aime, Esmée. Ne pus-je que répondre.
_ Alors nous ferons tout pour que cela dure sans encombres, ou le moins possible. Promit-elle en ôtant une de mes mèches devant mes yeux. En tout cas, heureusement que ton père n'est pas venu lui-même tout de suite. Commenta-t-elle en souriant.
Je fronçai les sourcils.
_ Pourquoi ?
_ Parce qu'il n'aurait sûrement pas apprécié de voir sa fille rentrer dans un tel état.
Je me sentis rougir, et détournai les yeux.
_ Il a plu…
_ Hum, hum…
_ Je suis désolée, Esmée.
_ Pourquoi ça ? Vous êtes adorables. Et puis, nous avons tous fait ça au moins une fois. Sourit-elle.
Je ne dis rien, mais souris à ce qu'elle sous-entendait.
_ Nous sortons donc pour le dîner. Conclus-je.
_ Oui.
_ Je vais me changer.
Elle hocha la tête, et me laissa quitter la pièce.
Adélaïde était déjà dans ma chambre quand j'entrais, je me doutais qu'elle avait reçu des ordres.
_ Je vous ai préparé un bain, je repasserai votre robe bleue.
_ Merci.
Elle fit une révérence et me suivit dans la salle d'eau. Elle m'aida à laver mes cheveux, et les tressa pour mieux les coiffer plus tard. Puis elle me laissa fermer les yeux, la tête sur le bord de la baignoire. Je me forçai à me détendre. Si Aro sentait mes inquiétudes, il pourrait jouer avec, et je n'aurais rien à faire à part lui obéir. Mais je me demandais vraiment ce qu'il voulait. Qu'attendait-il de son arrivée ici ?
_ Bella ?
Alice ouvrit la porte avant de venir s'installer sur un banc près de moi. Je la regardai tenter de se calmer pour me poser ses questions, mais elle avait du mal. Je me réinstallai, pour être plus à l'aise, habituée à la voir entrer pendant mon bain.
_ Vas-y Alice.
_ Bella, pourquoi Tyler est-il là ? Craqua-t-elle.
_ Le seigneur Volturi est venu, Alice.
_ Mais il veut quoi ?
Je la regardai, sans rien dire. Elle comprit. Bien sûr qu'elle comprenait. Je soufflai et tendis la main vers la serviette de bain. Alice la posa devant moi, et continua à me parler pendant que je me séchais.
_ Il ne peut rien faire, dis ? De toute façon, mon père va trouver une solution. Il trouve toujours une solution. Bella, tu es ma meilleure amie, presque comme ma sœur. Il ne peut pas nous séparer de toi…
_ Alice. Je me tournai vers elle. En théorie, je lui appartiens.
Elle ouvrit la bouche pour me contredire, mais Adélaïde se présentait avec ma robe.
_ Nous verrons, Alice. D'accord ?
Je tentai un sourire rassurant et me tournai vers Adélaïde. Alice soupira, maugréa et sortit de la pièce.
Alors que j'enfilai ma robe, une tunique blanche longue en soie par-dessus laquelle Adélaïde resserrait le bustier bleu assorti au manteau, celle-ci commenta la réaction d'Alice.
_ La demoiselle Alice s'inquiète pour vous, ma demoiselle. Elle tient à vous.
_ Moi aussi, Adélaïde.
Je baissai la tête. Adélaïde passa devant moi et souleva mon menton d'un doigt.
_ Vous semblez résignée, ma demoiselle.
_ Je savais qu'Il arriverait un jour. Même si j'espérais avoir plus de temps…
_ Vous serez bientôt heureuse, ma demoiselle.
Je souris, toutefois peu convaincue.
Adélaïde coiffa mes cheveux en chignon, laissant quelques mèches libres, puis je descendis rejoindre les Cullen. Edward et Jasper discutaient, et ne m'entendirent pas arriver. Je restai en haut de l'escalier, et écoutai.
_ Tu ne pourras pas fuir indéfiniment, Edward. Le mieux est de voir ce qu'il attend.
_ Mais Bella a peur, Jazz. Si…
Ils s'interrompirent soudainement, alors que Rosalie les rejoignait.
_ Que pensez-vous qu'il va se passer ?
_ Aro va sûrement vouloir discuter avec Carlisle.
_ Il va emmener Bella ? Demanda-t-elle.
_ Je ne le laisserai pas faire…
Je décidai qu'ils avaient assez parlé de moi, et descendis. Ils se turent, et Edward vint me proposer son bras. Leurs regards étaient emplis de questions et de pitié. Je détournai le mien, tentant de me détacher des émotions qui vibraient dans l'air. J'avais conscience qu'Edward cherchait mon regard. Il devait vouloir me réconforter, me rassurer…Mais je voulais au contraire pouvoir faire face à cette situation, la tête claire. Et pour cela, je voulais me détacher quelque peu de lui pour analyser ce qui se passerait inévitablement.
Bien sûr, je ne comptais pas céder aux volontés de mon père sans me battre, mais si j'avais la possibilité d'éviter des ennuis à mes hôtes, je ferais tout ce qui serait en mon pouvoir. J'espérais seulement qu'Aro ne les menacerait pas, ni ne donnerait d'ordres particuliers à leur encontre. S'il le voulait, il pouvait très facilement les accuser d'enlèvement, outrages et tout autre chose qui mettraient Carlisle et Esmée en situation de paria vis-à-vis de leurs proches.
Avant d'ordonner le départ pour le dîner, Carlisle réunit sa famille dans la pièce centrale. Le silence était pesant, et les regards éloquents. Je soutins celui du maître de maison, et attendis de connaître son avis. S'il décidait qu'il ne voulait pas prendre de risques, je n'aurais qu'à m'éloigner.
_ La présence du seigneur Volturi lui-même ici présage des menaces sur notre famille. Je n'imagine pas qu'il aille jusqu'à nous menacer physiquement, mais notre réputation pourrait en pâtir, et nous demander de reconsidérer notre vie actuelle. Débuta-t-il en croisant chacun des regards. Nous connaissons tous la raison de sa venue, et nous savons aussi ce qui lie Edward et Bella. Je veux être sûr de connaître chacun de vos avis, pour prendre les décisions les plus appropriées. Conclut-il.
Mon souffle se coupa dans ma gorge, alors que j'attendais les réponses. Je fixai un point invisible, sentant mon cœur battre de plus en plus vite dans ma poitrine.
_ Isabella est comme ma seconde fille, je refuse qu'elle soit contrainte à quoi que ce soit. Déclara Esmée.
_ Tu es ma sœur, Bella. Alice vint me prendre dans ses bras, et je me demandais laquelle de nous avait entraîné les larmes de l'autre.
Je hochai la tête dans son cou pour la remercier.
_ Aro a des droits sur toi, Bella. Je levai les yeux sur Jasper. D'un point de vue stratégique, se déplacer pour réclamer une servante est un peu exagéré. Je suis sûr que tout le monde se pose des questions quant à ce qu'il entend faire exactement. Tu as mon soutien, même si j'espère que tu n'en aies pas besoin.
Il me sourit, et je lus l'optimisme en lui.
_ On le laissera pas faire, Bells. Il se prend pour qui, quand même ? ! Promit Emmet en embrassant ma joue.
_ Si tu as besoin de quelque chose…Commença Rosalie sans finir sa phrase, mais je savais pouvoir compter sur elle.
_ Alors c'est d'accord.
C'est ainsi que nous partîmes pour le château de Buckingham. Edward tenait ma main, comme s'il avait peur que je m'envole. Quand nous arrivâmes à destination, je repérai immédiatement mon père en haut des marches, surplombant la cour du château.
Je descendis en dernière, aidée par Emmet et Edward, alors que Carlisle allait se présenter devant le duc de Buckingham et le seigneur Volturi.
_ Mon ami. Salua le duc.
Je m'étonnai toujours de voir la relation du docteur Cullen avec des personnes d'un statut social bien supérieur au sien. Comme quoi, il était apprécié, et protégé.
_ Merci pour cette invitation. S'inclina Carlisle devant les deux hommes.
_ Cela faisait bien longtemps que vous n'étiez pas venu, de toute façon. Sourit le duc en faisant signe d'entrer avec lui.
Je retirai ma main à Edward pour me présenter devant mon père. Je sentis son regard sur moi, alors qu'il me détaillait de la tête aux pieds.
_ Mon seigneur. Je fis une révérence avant de me redresser.
_ Je commençais à me demander si tu me considérais encore comme tel. Remarqua-t-il, et je lus la colère dans son regard.
_ Aro, vous avez promis. Le reprit le duc.
_ Vous avez raison, mon cher. Dinons, nous discuterons par la suite.
Les torches étaient allumées dans les divers couloirs menant à la salle du repas. Une table ovale était au centre de la pièce, des fauteuils en bois à haut dossier l'entouraient. Au fond, une cheminée où un feu était alimenté par un domestique. Je croisai le regard d'Angela, avec surprise et joie en même temps. Celle-ci fut bouche bée devant ma tenue, mais l'admiration se peignait sur son visage. Je lui souris timidement.
C'était si étrange de me retrouver de l'autre côté de la table, pour une fois, que je ne savais pas comment agir. Il nous fut indiqué que nous pouvions nous installer, et je pris place entre Esmée et Alice. Edward était face à moi, entouré de ses frères, Carlisle était face à son épouse, près d'Aro. Ce dernier se trouvait quant à lui à la droite du duc de Buckingham.
Tout le long du repas, je sentis les regards des domestiques, d'Aro et du duc sur moi. J'avais l'impression qu'ils scrutaient mes gestes, attendant un faux pas de ma part pour me renvoyer d'où je venais. Quelques sujets légers de conversation furent abordés, en rapport avec la période des vendanges et du futur mariage d'Emmet et Rosalie, mais jamais réellement approfondis. Je vis aussi Ben et Angela échanger des paroles complices, et fus intriguée et pourtant peu étonnée de les voir se rapprocher. Si mon aventure pouvait leur permettre de se révéler leurs sentiments, je ne pouvais qu'en féliciter le destin. A un moment donné, mon amie- pouvais-je encore la considérer comme telle maintenant qu'elle me voyait profiter d'un rang auquel je n'étais pas encore convaincu d'avoir droit ?- me servit une nouvelle coupe de vin. Je baissai les yeux. Je ne savais pas comment me comporter.
_ Retrouvons-nous bientôt à la salle du conseil. La voix du duc me sortit de mes pensées.
_ Bien sûr. Approuva Carlisle.
_ Je souhaiterai parler à Isabella, seul à seule.
Aro empêcha tout mouvement de notre part. Je relevai la tête, alors que le duc acceptait la requête. Je vis Edward serrer les poings, et Emmet lancer un regard de biais à mon père. J'acquiesçai, me mettant à sa disposition, et il se leva peu après. Ben vint se poster à mes côtés et m'accompagna, à la suite d'Aro et Angela vers ses appartements.
Les murs étaient peu recouverts de tentures, ils étaient surtout porteurs de toute la structure du château, et par conséquent froids.
En quelque sorte, j'avais l'impression de me retrouver dans les ailes habituelles du château Volturi…
Ben referma la porte derrière moi, et resta à côté, le regard fixe. J'avançai d'un pas, Aro s'installant dans un des fauteuils du petit salon. Angela vaquait à ses occupations, non loin, et je réalisais que Ben et elle veillaient à être à portée de voix.
J'osai croiser le regard de mon père, et vis les questions dans ses prunelles inexpressives.
_ Le duc aime les Cullen. Fut sa première remarque.
Ne sachant quoi répondre, je restai silencieuse.
_ Je ne te pensais pas capable de fuir de cette manière. Avoua-t-il soudain, en passant une main lasse dans ses cheveux.
_ J'aurais préféré ne pas avoir à le faire.
Il releva la tête et m'observa encore plus intensément.
_ Qu'as-tu trouvé avec eux ?
Je fronçai les sourcils. Quel était le piège qu'il me tendait ? Il attendait une réponse, aussi, lui en donnai-je une en espérant qu'elle lui convienne.
_ J'ai trouvé l'amour, seigneur. Et le soutien. Les Cullen m'ont acceptée comme une des leurs malgré mes origines.
_ Tu sais que tu n'as rien droit de faire sans mon approbation.
_ Oui, sire. M'inclinai-je. Mais, je suis prête à tout pour pouvoir vivre sans craindre qu'il m'arrive quoi que ce soit. Osai-je affirmer.
Aro inspira à fond, comme s'il cherchait à reprendre son calme. Ses doigts meurtrissaient les accoudoirs. Il fit signe à Angela de le servir. Elle s'exécuta, en me jetant un coup d'œil en coin.
_ Tu m'appartiens, je suis donc libre de choisir un châtiment pour toi, mais aussi pour celui qui t'aura outragée, et donc moi par ton intermédiaire.
_ Sire. J'ai fait mon choix ! Edward m'aime, et n'a voulu qu'assurer ma sécurité en me montrant le monde dans lequel il a l'habitude d'évoluer ! J'avais conscience que ça ne durerait pas, mais je ne vous laisserai pas vous venger sur lui. Je ne demande pas de rang, je demande juste à pouvoir être celle que je veux : la compagne d'Edward Cullen, peu importe la vie qu'il mène.
_ Il en est hors de question, Isabella. Des messagers ont parcouru le continent pour annoncer de te ménager. Tu vas rentrer à Voltera. J'ai mes raisons à te vouloir de retour, mais sache que je n'intenterai rien contre toi ni cette famille si tu viens de ton plein gré.
_ Je ne veux pas être enfermée à nouveau.
_ Tu n'as rien droit de demander ! S'écria-t-il.
_ Si vous m'annoncez comme votre fille, sire, vous aurez des obligations envers moi et les autres.
Je n'osai croire à mon audace. Mais il savait que le chemin qu'il avait pris en demandant ces messagers l'obligeait à respecter certaines règles vis-à-vis de moi. Certes, il aurait d'autant plus d'influence sur ma vie s'il me nommait comme sa fille, mais il se devait de me laisser voir du monde, aller dans les différentes cours et représenter sa famille aux événements où j'assisterais.
Il grinça des dents et si un regard avait pu tuer, je serais déjà morte. Au lieu de cela, je soutins son regard.
_ Tu reviens à Voltera, sans contraintes, et tu seras présentée comme ma fille aux yeux de tous. Mais si tu refuses, je pourrai demander au duc d'intervenir, et rien ne m'empêchera de mettre les Cullen à ma merci.
_ J'aime Edward Cullen.
_ Vous ne pourrez être ensemble si je ne l'autorise pas, Isabella. Mais si tu tiens tant à avoir un amant, je peux t'en trouver un…
_ Je reviens à Voltera, et vous permettez notre relation à Edward et moi. Négociai-je.
La tension dans la pièce augmenta, et je vis même Angela se tendre non loin. Ben m'observa avant de fixer un autre point. Aucun des deux ne semblait me reconnaître, mais j'avais suffisamment pris d'assurance pour me le permettre. Et puis, Aro était dans une impasse. Comme l'avait dit Jasper, sa présence ici pouvait être exagérée, non seulement s'il ne venait que chercher une servante, mais aussi s'il repartait comme il était venu.
Son regard m'étudia, et plusieurs sentiments passèrent sur son visage.
_ Je t'ai sous-estimée, Isabella.
Il se leva et regarda par la petite fenêtre au bout de la pièce. Ses épaules étaient plus voûtées que dans mon souvenir, et il semblait bien plus réfléchir aussi à ce que je pouvais ressentir.
_ Tu ne changeras pas d'avis, n'est-ce pas ?
_ Non, sire. J'aime cet homme, et suis prête à beaucoup pour lui.
_ Mon frère avait peut-être raison. Même si je voulais te cacher, et oublier les risques que ta mère a couru à cause de Sulpicia, je ne pouvais pas le faire longtemps. Un jour, tu me montrerais que je te devais certaines choses. Il se tourna vers moi. J'accepte cette relation, entre Edward Cullen et toi, si vous vous mariez et vous installez à Voltera. Si tu as un fils, je pourrais lui laisser les biens et il aura des obligations envers moi jusqu'à ma mort.
Un silence éberlué résonna dans la salle. J'eus du mal à respirer pendant encore quelques instants, alors que mon esprit s'imprégnait de ses paroles. Toutes les implications se bousculèrent dans ma tête, mais la liberté qu'il m'accordait surpassait le tout.
Je scrutai son visage, à la recherche d'un quelconque mensonge, mais ne découvris que son air impassible. Je prenais un risque. Pour moi, pour Edward et pour notre avenir. Mais j'étais prête à assumer les conséquences de ce choix.
J'inspirai à fond et m'inclinai devant lui.
_ Merci, mon seigneur.
Angela POV
Jamais je n'aurais cru assister à un tel événement, et pourtant, ça se déroulait sous mes yeux.
Aro et Bella avaient réussi à s'entendre, et ils s'apprêtaient à l'annoncer aux Cullen.
Ben ouvrit la porte, il était aussi rassuré que moi par la tournure des événements. Nos regards se croisèrent, et je sentis un sourire se dessiner sur mes lèvres.
Aro quitta la pièce, suivi par Bella. Je profitai qu'elle passait près de moi pour serrer sa main en signe de soutien. Elle hocha la tête en me rendant mon sourire.
Nous descendîmes en silence. Je sentais le regard de Ben dans mon dos et la présence de Bella à mes côtés. C'était étrange de la voir habillée ainsi, elle paraissait encore plus noble ! Pourtant, dans son regard, je lisais toujours ce qui la faisait elle : la simplicité et l'amitié. Bella ne cherchait pas à se démarquer. Elle voulait être elle-même, et pouvoir faire ses choix.
La détermination brillait dans ses prunelles marron quand nous atteignîmes la salle du conseil.
Le duc et le docteur Carlisle étaient en pleine discussion, à la table du conseil, alors que les autres Cullen semblaient surveiller les alentours. Quand Aro pénétra dans la pièce, tous les regards se tournèrent vers lui. Le duc fit un signe de tête, et Aro le rejoignit.
Edward avança vers Bella, ils se prirent la main, et se présentèrent ainsi aux seigneurs. Dans un coin de la salle, je voyais la tension sur le visage d'Edward, et les sourcils froncés d'Aro. J'osai espérer qu'il ne change pas d'avis, sous une impulsion quelconque…
_ Dorénavant, vous porterez mes insignes, jeune Edward. Déclara-t-il à brûle-pourpoint.
Un murmure d'interrogations parcourut la salle mais seul le duc parla.
_ Que dois-je comprendre, Aro ?
_ Ma fille et Edward Cullen vont se marier, mon ami. Le chevalier Cullen portera mes couleurs comme tous les autres chevaliers de Voltera.
Le silence stupéfait se mua en véritable liesse pendant quelques instants.
Les filles Cullen se prirent dans les bras, alors qu'Edward interrogeait Bella du regard. Celle-ci lui répondit par un sourire, et il s'inclina profondément devant elle. Apparemment, l'idée qu'ils allaient devoir se marier ne posait de problème à personne…
Ben m'observa de l'autre bout de la salle, je soutins son regard, devinant une lueur d'espoir dans ses prunelles. Je souris, timidement alors que le duc reprenait la parole.
_ Devons-nous conclure que votre fille Isabella accepte de répondre à vos attentes ?
Père et fille partagèrent un regard pendant qu'Aro acquiesçait.
_ Isabella et son fiancé vont rentrer à Voltera. Chacun gagne ce pour quoi il s'est battu. Expliqua-t-il. Uniquement si chacun m'assure de sa fidélité, dois-je le préciser ?
L'excitation et les murmures se mêlèrent, attendant la réponse d'Edward. Celui-ci plongea son regard dans celui de Bella. Ils se promettaient tellement de choses par ce simple geste que l'émotion prit plusieurs d'entre nous à la gorge. Ils s'étaient trouvés et comme l'avait dit Aro, ils s'étaient battus pour être ensemble. Aujourd'hui, encore, ils avaient des décisions à prendre, mais ils savaient compter l'un sur l'autre. Bella sourit tendrement à Edward, et hocha doucement la tête à son intention. Il amena une de ses mains à sa bouche pour y déposer un baiser, puis Edward se tourna vers Aro.
_ En prenant Isabella pour femme, je jure fidélité et loyauté au seigneur Aro Volturi. Déclara-t-il clairement.
Cette fois, il ne pouvait plus faire marche arrière, et au regard qu'il échangea avec son père, il était visible qu'Edward en avait conscience et assumait parfaitement les conséquences possibles de ce choix.
_ Ainsi soit-il, donc. Conclut le duc avant de lever la séance. Vous êtes toujours les bienvenus ici, mes amis.
La salle se vida doucement, alors que tous allaient embrasser les nouveaux fiancés.
_ Alors te v'là fiancer, Edward ! Rit Emmet en frappant l'épaule de son frère.
_ Tu t'es laissé prendre dans ses filets Edward. Tu n'as pas peur qu'il tente quelque chose contre toi ? S'inquiéta Rosalie.
_ Il n'aurait pas laissé passer l'occasion de me prendre sous sa coupe, en même temps qu'il donne à Bella ce qu'elle veut. Dit-il, justement. Mais je crois qu'il ne prendra plus de risques avec sa fille. Sourit-il, en passant un bras autour de la taille de Bella.
Celle-ci acquiesça, et je les vis aller vers la cour intérieure pour repartir quand Aro interpella sa fille. Elle se tourna, et je sentis une inquiétude monter en elle.
_ J'ai demandé à te préparer une chambre. Expliqua-t-il, lui faisant comprendre ses intentions.
_ Je n'ai pas mes affaires …Commença-t-elle, mais il avait déjà tout prévu et je comprenais mieux le départ de Maggie avant le repas.
A croire qu'il se doutait que de toute façon, Bella reviendrait…
En quelques regards, Bella comprit que cette fois elle ne pouvait rien faire d'autre qu'accepter. Elle se détacha d'Edward et salua la famille en s'assurant que nous attendrions bien le prochain mariage d'Emmet et Rosalie avant de partir.
_ Nous verrons. Sourit Aro avant de présenter son bras à Bella, faisant comprendre qu'il déciderait.
Finalement, Aro avait encore bien des choses en tête avant d'être pris au dépourvu par Bella. Certes, elle l'avait étonné, et avait réussi à obtenir un grand pas de sa part à lui, mais Aro maîtrisait les choses depuis bien trop longtemps pour ne pas avoir une nouvelle carte à présenter à chaque instant. Il voulait toujours garder une emprise sur la vie de sa fille, et les prochains moments qui s'annonçaient ne dérogeraient pas à cette règle.
Aro Volturi contrôlait tout. Y compris sa fille et sa vie.
Bella avait gagné une bataille contre son père, mais elle devrait faire avec les conséquences qu'il voudrait lui faire payer par la suite.
Même si, la connaissant, elle accepterait la plupart, simplement parce qu'elle avait réussi à imposer son choix quant à son compagnon. Bella ne voulait jamais grand-chose, se contentant de ce qu'on lui accordait.
Edward regarda sa compagne alors qu'elle suivait son père vers les appartements à l'étage. Il croisa mon regard, et je savais ce qu'il me demandait. Je hochai la tête, promettant ainsi de veiller sur Bella le temps de leur séparation.
Les Cullen quittèrent alors le château, et je me dirigeai à la suite d'Aro et Bella. Ils montaient en silence, surveillant du coin de l'œil les expressions de l'autre.
Je m'arrêtai non loin, alors qu'Aro laissait Bella devant un des appartements près du sien. Maggie était déjà dans la pièce et attendait les ordres.
_ Angela, aide-la. Demanda-t-il en me désignant Maggie.
Je hochai la tête, et nous nous retrouvâmes toutes les trois dans la même pièce.
Maggie souriait, étudiant la nouvelle allure de Bella. Celle-ci changeait de jambe d'appui, ne sachant visiblement pas comment se comporter. Je m'avançai vers elle, et osai l'enlacer. Je n'attendis pas longtemps avant de sentir ses bras répondre à mon accolade.
_ Merci, Angie. Souffla-t-elle, et je compris qu'elle luttait aussi contre ses larmes.
Cela faisait longtemps que nous ne nous étions pas vues, et les choses avaient tellement changé dans cet intervalle, que les émotions nous submergeaient.
_ J'ai eu si peur, Bella ! Tu n'imagines même pas !
_ Je crois que cette nouvelle vie m'a fait du bien, Angie. J'ai eu peur qu'il me le fasse regretter. Avoua-t-elle avant de se tourner vers Maggie mais elle sembla à court de mots.
Celle-ci fit alors un pas vers nous et prit le visage de Bella dans ses mains.
_ Je suis vraiment contente pour Edward et vous, ma demoiselle.
_ Oh non ! Pitié, Maggie, je t'en prie ! Je suis toujours la même, je ne veux pas de ces « ma demoiselle ».
Bella grimaça en prononçant ses mots, les yeux horrifiés.
_ C'est pourtant bien ce que tu viens de devenir, Bella.
Elle secoua la tête.
_ Non. Pas pour moi. Insista-t-elle.
Maggie sourit et laissa couler. Elle nous proposa plutôt de choisir une tenue à Bella pour le mariage quitte à prévoir d'en faire une, et de trier les vêtements qui avaient été ramenés. Bella soupira plusieurs fois en se rendant compte que tout avait été récupéré.
_ Il avait tout prévu. Grimaça-t-elle, en refermant une malle.
Maggie la prit par les épaules pour la regarder en face.
_ Il avait aussi compris qu'il ne serait pas facile de te séparer d'Edward, j'ai ordre de récupérer des affaires à lui aussi pour le départ. Assura-t-elle.
Bella se mordit la lèvre inférieure, la tension gonflait en elle.
_ De toute façon, j'ai fait mon choix. Je verrai quels seront les autres à faire.
Elle attendit notre assentiment puis haussa les épaules. Elle jeta un œil à la chambre, et Maggie donna le signal pour la laisser seule.
_ Ne t'inquiète pas, Bella, tu ne risques plus rien maintenant. Sourit Maggie en embrassant son front.
_ Merci à vous deux.
Bella prit nos mains dans les siennes et nous partageâmes un nouveau moment silencieux.
Bella avait des inquiétudes quant à ce que son père avait pu imaginer d'autre, mais la ferme intention d'être libre de choisir était peinte sur son visage. Elle avait mûri ces derniers mois. Elle avait trouvé au fond d'elle ce qui lui manquait encore au début de l'année. Et elle se battrait pour le conserver.
Et voilà, les problèmes commencent à disparaître. Bon, d'accord, je n'ai pas résisté à rapporter des ennuis, mais sinon, ce n'est pas drôle !
Bref, je me remets immédiatement à la suite.
D'après mon plan, il ne reste donc plus que 2chapitres et l'épilogue. Si vous pensez qu'il manque quelque chose, signalez-le-moi, au cas où )
A très vite, bises
Spuffy.
PS : Sur mon compte FB, trouvez quelques infos sur ma prochaine fiction : Maudite.
