Auteur : Umbre77

Titre : La magie d'une fleur

Résumé : Capturé par Voldemort, Harry n'a d'autre choix que d'accepter sa défaite. Mais Draco Malfoy, lui, n'a aucune envie de mourir ! Quitte à changer le passé pour se sauver !

Note de l'auteur : Quand je vous disais que j'allais claquer 300 euros ! Ben je me courais, y'en avait 60 de plus ! Mais bon, j'ai deux paires de lunettes et ça valait le coup vu que ma vue… a chuté carrément ! Vivement dans une semaine que j'aie enfin une vue convenable.

Sinon, ça ne tenterait personne d'organiser une semaine internationale de boycottage des services SNC… Que ce soit F ou B, je suis certaine que vous en avez tous ras-le-bol des trains en retard (sans rire, sur un mois, je peux compter les jours où mon train est à l'heure sur une main. Oui oui, une seule !).

Mais passons. Ce chapitre ébauche deux choses importantes et je dois dire que je l'aime pour ne pas dire que j'en raffole alors je vous invite à le savourer. Il est plus court que les autres mais il a son importance !

Sur ce, je vous dis à dans un mois, le samedi 13 novembre pour la suite ! Et sinon, ben à dans deux semaines pour les fans d'alpha !

Chapitre 20 : Interlude

Le temps passait… vite ! Trop vite aux yeux de Harry et Draco qui s'essoufflaient de ce défilement de saison. De l'automne, ils tombèrent en hiver. Et malheureusement pour eux, ce fut sans doute l'un des plus rigoureux connu par l'Angleterre. Une fois n'est pas coutume, les élèves furent obligés de rester à Poudlard pour Noël. La raison : chutes de neige conséquentes empêchant le Poudlard Express de partir. Beaucoup d'étudiants, notamment les Serpentard, avaient protesté contre cette injustice, mais même la magie ne pouvait contrer une telle violence de la part des éléments.

Noël, cette année là, fut blanc et mouvementé. Harry jura en lui-même de maudire tous les écolos lui assurant que le réchauffement climatique avait lieu. Plus d'un mètre de neige et on osait l'emmerder avec un tel sujet ? Au diable oui !

Manifestement, Voldemort pensait également que la neige n'était pas un bon élément propre aux attaques. Malgré cela, Harry continuait de pousser les elfes à l'espionnage, allant jusqu'à les monter contre les autres familles. Il n'avait pas honte d'utiliser de tels subterfuges. C'était la guerre, après tout ! Il était là pour gagner, pas pour paresser.

Les vacances de Noël leur demandèrent énormément d'énergie car les élèves avaient quartiers libres à longueur de journée. Ils ne comptaient plus les bagarres interrompues, les heures de retenues et les points retirés aux quatre maisons de Poudlard. Fin de journée, ils étaient juste capables de s'effondrer dans leur lit et de dormir. Heureusement, les autres professeurs étaient également présents, sans quoi, ils auraient eu de sacrées difficultés.

Et dans tout ça, Harry s'amusait encore à dispenser quelques séances pour les élèves qui en avaient le plus besoin, des cours de duel à Severus et la fabrication de la bague magique de Hagrid le dimanche. Jamais vacances n'avaient été pires ! Et Draco qui en rajoutait chaque soir en l'instruisant sur les coutumes sangs purs… Il avait parfois envie de se fracasser la tête contre un mur pour que tout s'arrête un peu.

Heureusement, Dumbledore avait eu pitié d'eux et leur avait donné l'autorisation de quitter le château pour Noël et la nouvelle année. Le premier se déroula chez Fixe qu'ils furent heureux de revoir. Ils se débarrassèrent avec joie des capes, pulls et autres vêtements encombrants dès qu'ils touchèrent le sol sableux du Sahara. Fixe les accueillit avec son sourire un peu mystérieux habituel et les deux jeunes hommes furent surpris de l'émotion qui les saisit lorsqu'ils la retrouvèrent. Elle semblait aussi étonnée qu'eux d'être heureuse.

La journée se passa dans un torrent de rire, de récits de bataille et de consultations psychologiques accompagnés de conseils divers. Lorsque la soirée arriva, ils soupèrent de plats froids mais raffinés et n'hésitèrent pas à s'enivrer jusqu'aux petites heures du matin. Une potion contre les maux de tête fut la bienvenue lorsqu'ils se réveillèrent, assez tardivement du reste.

Lorsque Harry se leva, ce matin-là, il fut heureux de sentir la chaleur du Sahara qui inondait sa chambre. Il se redressa pour regarder par la fenêtre et sourit en contemplant les immenses dunes de sable chaud. Il avait presque envie d'aller se rouler dedans, comme certains adolescents se roulaient dans la neige, à Poudlard. Mais à la place, il se contenta de se lever et d'enfiler une vague tunique émeraude et un pantalon assorti. Il était en train de passer une ceinture blanche lorsqu'il remarqua que Draco n'était même pas dans son lit. D'un pas alerte, il quitta sa chambre pour aller dans celle voisine. Le lit n'était pas défait. Son ami avait dû dormir dans son lit et se lever tôt – pour une fois !

Rapidement, il parcourut les couloirs le séparant du salon pour arriver dans ce dernier. Ce n'était pas un sapin qui décorait la maison pour Noël mais un petit palmier. Harry se souvenait des années précédentes, où ils s'étaient tant amusés à le décorer… Pourtant, les sapins lui avaient manqué. Il adorait ça !

Comme il le pensait, Draco était déjà là. Il y avait quelques cadeaux au pied du palmier et l'ancien Serpentard les contemplait avec intérêt. Amusé, Harry se fit remarquer par un raclement de gorge.

« Ah, te voilà, lui dit Draco, souriant. J'ai cru que tu dormirais jusqu'à demain ! »

Harry haussa les épaules et s'approcha de son ami pour l'embrasser doucement sur la joue.

« Joyeux Noël, lui dit-il.

- A toi aussi, lui répondit Draco, déposant à son tour un baiser sur sa joue.

- Où est Fixe ?

- Me voilà ! » répondit la concernée.

Elle était vêtue d'une simple tunique et d'un pantalon assorti, comme eux. Quand elle entra, ils se levèrent pour aller l'embrasser pour ensuite revenir vers le palmier. Fixe tendit la main pour se saisir d'un des présents qu'elle tendit à Draco. Ce dernier lui sourit avec reconnaissance et l'ouvrit. Il rit en découvrant une ravissante étole bleue.

« Le printemps devrait vous paraître plus supportable, bien qu'encore frais, lui dit-elle. Elle est enchantée pour te donner chaud lorsque tu auras froid… et pour te rafraîchir, le cas inverse.

- Merci, Fixe, elle est parfaite », lui dit-il en l'embrassant pour la remercier.

A son tour, il donna un cadeau à Harry. Ce dernier découvrit, sans surpris, un manuel d'us et coutume des sangs purs.

« Tu en auras besoin », lui dit-il, Harry lui tirant la langue en réponse.

L'échange des cadeaux dura longtemps, car ils en avaient également reçu de Lucius et Narcissa, mais également de Dumbledore. Pour une raison que Harry ne comprenait pas, tous s'entêtaient à lui offrir des cadeaux relatifs à l'éducation d'un sang pur. Il crut un instant que Draco en était le responsable, jusqu'à ce que Fixe lui tende son présent. Il s'agissait d'une simple enveloppe d'où il tira un long parchemin signé et cacheté par l'équivalent arabe du premier ministre sorcier anglais. Harry fronça les sourcils avant de lire les mots inscris. Il écarquilla les yeux, stupéfait.

« Mais… Fixe… C'est…

- Ton certificat d'adoption, lui répondit-elle. Albus m'a prévenu que le ministère anglais commençait à enquêter à votre sujet. Ils trouvent ça étrange que deux étrangers surgissent de nulle part pour arrêter Voldemort et ils craignent votre puissance. Donc, ils enquêtent… Et bien entendu, ils ne trouveront rien, vu que vous ne devriez pas être ici. Albus et moi avons donc trouvé une solution pour vous. Pour toi, en particulier, Harry. »

Le concerné regarda Draco avec angoisse et celui-ci lui sourit.

« Ne t'inquiète pas pour moi, lui dit-il. C'est déjà réglé. Si le ministère venait à m'embêter, Lucius a décidé de me faire passer pour son bâtard de demi-frère. Ce ne sera pas très prestigieux pour moi d'être un bâtard, mais ça expliquera pourquoi mon grand-père… enfin, mon père dans cette époque, ne m'a pas reconnu officiellement. Le cas échéant, je serais reconnu comme un Malfoy, ce qui me va tout à fait… Manfred n'est pas un nom que je trouve très saillant… »

Harry rit en l'entendant.

« Pour toi, les choses étaient plus compliquées, lui dit Fixe. Les Potter ne sont pas informés de ton identité et Eugène Potter préférait être pendu plutôt que de couvrir la mémoire de sa femme de honte en déclarant l'avoir trompée. Donc, j'ai décidé de t'adopter officiellement. Pour la petite histoire, tu es née dans une famille moldue qui est décédée. On t'a confié à ta tante et ton oncle qui t'ont profondément détesté, parce que tu avais des pouvoirs magiques. A l'âge de 11 ans, tu as été envoyé à l'école de sorcellerie d'Agrabah… Tu y es enregistré en tant que Ash Promise, grâce à un petit arrangement pourvu avec le directeur par mes soins. Mais tu n'y as jamais mis les pieds, car Abraxas Malfoy a demandé à t'avoir sous son aile. La raison ? Il voulait un compagnon de jeu pour son fils illégitime et caché : Drake. Vous avez donc passé les sept premières années de votre vie au manoir Malfoy où vous avez reçu l'enseignement en magie d'Abraxas lui-même. Peu de temps avant sa mort, il y a six ans, Abraxas m'a contacté pour que je vous prenne chez moi, afin que je vous forme pour un avenir respectable. C'est là que j'ai décidé d'adopter officiellement Ash, qui n'avait aucune famille ne voulant de lui. Pourquoi ? Et bien, parce que je suis la dernière représentante de ma famille et que je n'avais aucune envie que mes biens soient donnés au ministère. Voilà en gros ce que le ministère trouvera lorsqu'il mettra son nez dans vos affaires… D'accord ? »

Harry hocha de la tête, encore perturbé de toutes ses informations. Quand il baissa la tête sur le certificat d'adoption, il sursauta en regardant le nom.

« Sadrah ? dit-il.

- C'est mon nom de famille, dit Fixe, en soupirant. Et crois bien que je ne te rends pas service en te le donnant… Tu vas vivre un enfer, lorsqu'ils sauront que je t'ai adopté… Je te présente mes excuses d'avance… »

Harry fronça les sourcils, sceptique. Sadrah… Il avait la vague impression d'en avoir entendu parlé il y a peu, mais…

« Je t'ai parlé de la famille Sadrah pendant mes cours sur les sangs purs, le renseigna Draco, amusé. L'une des plus vieilles et des plus riches familles de sangs purs qui soit.

- Ah… », dit Harry, ne comprenant pas.

Fixe eut un sourire indulgent et lui désigna les livres offerts par les Malfoy et Albus.

« Ces livres vont t'aider à faire face au monde sorcier lorsqu'il apprendra que tu es le dernier Sadrah vivant. Il faut savoir que j'ai été constamment courtisée par le monde, de part mon nom et mon rang, expliqua-t-elle. C'est la raison pour laquelle je me suis réfugiée dans cette demeure familiale, afin d'avoir la paix… Nous allons garder ton adoption secrète jusqu'à ce que le ministère débouche sur la vérité… mais à ce moment là, Ash, tu vas être très demandé. Une foule d'invitations va s'abattre sur toi, pour t'avoir à des cérémonies, des bals donnés par les hautes sphères de la magie et pas seulement en Angleterre… Du fait que tu parles anglais, tu es celui qui exigera que l'interlocuteur soit à ta hauteur et non l'inverse, mais… il va te falloir posséder un certain rang, ce qui explique les livres ici présents…

- Lucius sait-il que… ?

- Non, je lui ai juste dis que je devais faire ton éducation, répondit Draco. Je préfère qu'il l'ignore aussi, car… même s'il est de notre camp, il est un opportuniste féroce ! Mieux vaut qu'il l'ignore pour l'instant. Il sait juste que tu as été élevé au manoir en ma compagnie. Ce qui t'arrive après tes 17 ans, il l'ignore. »

Harry approuva pensivement.

« J'ignore si je dois te remercier ou te maudire, dit-il en regardant Fixe. Je suis content d'avoir cet honneur, mais je me passerai bien des fayots…

- Je suis sûre que tu sauras y faire face, lui dit Fixe, un sourire aux lèvres. Tu es extrêmement fort et déterminé. En outre, crois-moi lorsque je te dis qu'avoir une bonne position dans la société devrait t'aider, pour l'avenir. Quel qu'il soit… »

Harry soupira mais approuva. Fixe prit une longue inspiration avant de déclarer :

« En tant que mon fils adoptif, je dois te prévenir que tu as maintenant accès à l'entièreté de ma fortune et crois-moi lorsque je te dis qu'elle est… élevée.

- La famille sorcière la plus riche du monde, cita Draco. Sans oublier les nombreux manoirs que tu possèdes dans chaque pays… »

Harry déglutit en l'entendant.

« Bordel, dit-il, se pinçant le nez avec angoisse. Je vais devoir gérer tout ça ?

- Je t'expliquerai, lui dit Draco. Et puis, techniquement, Fixe gère ça… Tu n'auras pas à t'en préoccuper tant qu'elle sera de ce monde et je me fais fort de tout t'expliquer dans les semaines à venir. Le nouvel an chez mes parents va déjà te donner une bonne leçon sur la conduite à tenir en société…

- C'est pour ça que tu me bassines avec mon maintien, les manières à tables et les bonnes manières depuis trois semaines, n'est-ce pas ?

- Tout juste, répondit Draco, amusé. Tu te dois d'être irréprochable, car quand ton identité va tomber, tu vas être observé par les gens de la haute société. S'ils te reconnaissent et t'approuvent, tu auras l'Angleterre dans ta main !

- Mais je n'en veux pas, de l'Angleterre ! répliqua Harry.

- Pense à l'avantage pour cette guerre, répliqua Draco. Tous les appuis que Voldemort va perdre parce que le représentant de la famille Sadrah va se dresser face à lui ! Pour l'instant, tu es juste Ash Promise, puissant sorcier respecté pour ses prouesses magiques… Quand tu seras Ash Promise Sadrah, tu seras l'homme le plus riche et le plus puissant… Autant dire que même le ministre va te demander ton opinion pour les choses les plus stupides qui soient ! Tu vas pouvoir établir une guerre ouverte et puissante contre Voldemort… Et crois-moi, il risque de vite perdre ses appuis sangs-purs !

- Tais-toi, je vais vomir ! » s'exclama Harry en se levant pour s'éloigner d'un pas vacillant.

Ça ne le dérangeait pas tant d'appartenir à une famille de sang pur… Non, le problème était les responsabilités qui allaient en découler. La célébrité… Son nom dans chaque foutue édition de la Gazette…

« Est-ce que ça va aller, Ash ?, demanda Fixe, soucieuse.

- Oui, ça ira, répondit-il en regardant par la fenêtre. C'est juste… Je n'aime pas la popularité. Je n'ai jamais aimé ça et ça ne va pas s'arranger avec le temps… Si je dois être une personne de pouvoir, ne comptez pas sur moi pour me plier au protocole. Je serai poli, courtois… mais certainement pas hypocrite. Tenez-vous le pour dit ! »

Draco grimaça en l'entendant. Forcément. Tout Harry Potter qu'il était, il avait toujours rué dans les brancards sans s'inquiéter des convenances… Mais il savait par avance que le monde s'y ferait. Et même s'il ne s'y habituait pas… ses prouesses face à Voldemort ne pourraient que lui apporter le respect. Restait à s'assurer qu'il resterait poli et courtois, comme il l'avait promis.

Quelques jours plus tard, au nouvel an, Harry lui démontra ce qu'il entendait par poli, courtois et honnête. Il ne dévia pas un instant des convenances, faisant preuve d'un maintien et d'un savoir-vivre presque modèle. Mais il fut surtout des plus vifs. Aucun commentaire sur les moldus ou nés de moldus n'était toléré. Il remit vertement une dame de sang-pur qui s'était moqué de son jardinier cracmol, regarda Bellatrix Black comme le cafard qu'elle était… En gros, il fut tout bonnement un aristocrate en puissance, par sa manie de regarder les personnes de haut et sa froideur.

« Ils te détestent tous, lui dit Draco, lorsqu'ils sortirent du manoir Malfoy. Mais maintenant, ils savent à quoi s'en tenir. Et quand ils apprendront qui tu es… ils te craindront assez que pour ne pas se mettre sur ton chemin. »

Harry approuva simplement, incapable de parler. Il détestait ce monde et n'avait pas l'intention de s'y pavaner à outrance. Sadrah ou pas, il avait bien l'intention de vivre sa petite vie tranquillement… Enfin, aussi tranquillement que possible !

Le retour à la routine scolaire lui fit plaisir. Surtout parce qu'il eut le plaisir de voir sa mère enfin sortir avec son père. James s'était présenté au rendez-vous du vendredi avec un sourire éblouissant.

« Enfin ! avait-il dit. Enfin, elle a dit oui ! Je crois que ça a été le plus beau jour de ma vie ! On est ensemble ! Tu te rends compte ? »

Harry en avait été profondément heureux. Le sourire de son père était si joyeux… si loin de sa morgue et de sa peine des jours précédents… Malheureusement, le lendemain, il déchanta… Severus affichait un air sombre et haineux, lorsqu'il se présenta au cours de duel. Draco avait, depuis quelques semaines, décidé d'imposer des petits sprints extérieurs à Regulus – « ça lui fera du bien de suer un peu, à ce petit gamin prétentieux » – et ils étaient donc seuls lorsque la leçon commença. Très vite, il comprit qu'il n'allait pas pouvoir se battre longtemps dans l'état de fureur où se trouvait Severus.

Quand son élève particulier fit exploser plusieurs bancs et chaises, il le stoppa d'un mouvement de la main.

« Il suffit, Severus, dit-il, sourcils froncés. Je ne sais pas ce qui vous a mis dans un tel état de rage, mais détruire mon mobilier ne vous aidera pas…

- Qu'est-ce que vous en savez ? siffla le jeune Serpentard, le visage traversé par une rage destructrice. Qu'est-ce que vous en savez, bordel ? »

Sans attendre, il leva sa baguette pour lancer d'autres sortilèges aux meubles restants, les détruisant presque aussitôt. Choqué par tant de rage chez l'adolescent toujours si calme en sa présence, Harry ne réagit pas. Severus haletait alors qu'il regardait les derniers meubles se consumer.

« Vous sentez-vous mieux ? demanda Harry, faisant sursauter le garçon qui contemplait la fumée avec une sorte de stupeur.

- Non, répondit Severus, baissant ses bras tendus. Non, pas vraiment. »

Harry approuva et le regarda longuement.

« Vous voulez toujours détruire des choses ? »

Severus hocha positivement de la tête. Harry eut un soupir et fit apparaître un sac de sable suspendu au plafond. Severus le regarda avec étonnement.

« Vous voulez que je frappe là-dedans ? dit-il, méprisant.

- Je pourrais l'enchanter pour qu'il résiste à vos sorts et ainsi vous permettre d'en lancer autant que vous le désirez sur lui… Mais ça ne sera jamais aussi bon que d'agir physiquement. Alors oui, Severus… Frappez dedans. »

Le garçon le regardait toujours, méprisant. Pourtant, au bout d'un moment, il leva sa baguette pour lancer un sort. Harry sourit. Il avait prévu le coup, bien entendu. C'était mal le connaître que de croire qu'il n'avait pas protégé le sac quand même. Pendant près d'un quart d'heure, Severus s'énerva sur le sac à long coup de sort dangereux, parfois même de magie noire. Rien n'y fit. Harry finit par invoquer un fauteuil dans lequel il s'installa, regardant le jeune homme se déchaîner. Après un moment, sa rage étant trop grande, Severus laissa tomber sa baguette pour y aller à grands coups de poing.

Pour une fois, Harry fut content que Draco et Regulus ne soient pas là. Il n'aurait rien pu faire avec eux. Mais à présent… il pouvait se permettre d'intervenir vraiment dans la vie de Severus. Depuis son arrivée dans le passé, Harry avait dû prendre sur lui énormément, pour Snape. Après tout, ce bâtard lui avait fait vivre un enfer, à l'école. Puis il avait tué Dumbledore… Apprendre que c'était la demande du vieil homme ne l'avait pas aidé à digérer l'acte innommable du professeur de potion. Harry ressentait toujours autant de haine envers lui. Pour la manière dont il avait poussé Sirius dans ses retranchements. Pour son comportement envers lui, durant sa scolarité. Pour ce souvenir dans la pensine et la manière dont il l'avait accusé, ensuite…

Non, Harry n'avait pas envie d'aider cet enfoiré à vivre une meilleure vie, peu importe qu'il les ait aidé, en leur permettant de remonter le temps. Il avait de toute façon été trop lâche pour venir avec eux et agir en personne. Il avait préféré se débarrasser de la dernière mission de Dumbledore, parce qu'il voulait se donner une chance de vivre libre. Même si Harry comprenait ses raisons, il ne pouvait pas s'empêcher de lui en vouloir.

Mais tout avait changé, lorsqu'il avait rencontré Severus la première fois. Draco semblait le respecter et le sauver était aussi important que la vie de son père, à ses yeux. Il ne comprenait pas pourquoi avant de voir réellement qui était Severus Snape. Il avait eu du mal à distinguer l'adolescent du professeur sadique, lorsqu'il l'avait croisé dans les couloirs de l'école ou aperçu au repas. Mais lorsqu'il lui donna un premier cours de duel… Lorsqu'il parla pour la première fois avec lui… il s'aperçut de combien Severus avait besoin d'être sauvé.

Non pas de Voldemort, mais de lui-même. Severus était encore innocent, malgré ses connaissances inquiétantes sur la magie noire. Il était encore curieux comme seul les adolescents pouvaient l'être. Bien qu'il se soit enfermé dans une épaisse carapace de protection, il n'était pas encore totalement inatteignable, contrairement à sa version adulte. Il y avait encore de l'espoir. L'espoir que les choses s'améliorent pour lui, que quelque chose de bien lui arrive. Et peu importe combien la haine que Harry nourrissait pour son professeur était grande, il ne pouvait pas se résigner à enlever cet espoir à cet adolescent.

Après une telle compréhension, Harry avait rapidement compris ce qui avait motivé Severus à rejoindre Voldemort. Ce dernier avait dû lui montrer qu'il était quelqu'un de bien. Quelqu'un d'important. Ce que personne ne lui faisait ressentir. Harry ignorait presque totalement la situation familiale de son élève particulier. Il savait que son père était moldu et de part une vision en occlumencie et les sous-entendus de Draco qui savait, il était maltraité par ce dernier. Sans compter les maraudeurs qui s'amusaient à le torturer – bien que Severus se défendait de toutes ses forces. Non, Voldemort n'avait eu aucune difficulté à attirer Severus auprès de lui, par de vague promesse de pouvoir, de respect… Ce qu'il n'avait jamais eu de personne.

C'est pourquoi Harry s'entêtait à lui en donner un maximum. Il s'était d'abord forcé à le respecter, avant de le faire réellement. Le mince espoir de Severus le poussait à avancer, à croire que des bonnes choses allaient lui arriver. Et à force de le fréquenter, chaque samedi… à force d'entendre Draco en parler, encore et encore, Harry se surprit à vouloir lui donner cet espoir. Lui donner ces bonnes choses. C'est pourquoi il s'était renseigné sur les maîtrises de potion. Une fois encore, Harry avait compris comment son professeur s'était retrouvé lié aux Malfoy. Il fallait beaucoup d'argent pour réaliser une maîtrise en Potion… Et la recommandation de sorciers importants pour devenir l'élève d'un maître. Lucius avait dû lui donner tout cela, en échange de son allégeance au seigneur sombre…

Mais pas cette fois. Harry était déterminé à être celui qui le recommanderait, celui qui payerait ses études. Fixe lui avait donné l'importance politique, bien qu'elle ne soit pas officielle. Il s'en servirait pour Severus. Pour le tirer de là.

Toutefois, alors qu'il le regardait évacuer cette rage destructrice, Harry comprit que quelqu'un lui avait enlevé un peu d'innocence. Quelqu'un venait de briser le cœur de Severus, il ne savait pas comment ni pourquoi. Harry n'avait jamais entendu parler d'amour pour l'homme, bien que Draco ait sous-entendu quelque chose… Mais quoi, il l'ignorait réellement.

Après un moment, lassé de le voir frapper de moins en moins fort dans un sac, Harry se leva. Toucher Severus n'était pas une bonne idée, le garçon n'était pas adepte des démonstrations physiques. Sans doute à cause de son père, du reste… Mais il devait l'aider. Alors il tendit la main pour simplement arrêter ses poings, les récoltants aussitôt dans ses paumes. Le jeune homme sembla surpris d'être arrêté. Il s'était mis à pleurer sans s'en apercevoir. Harry était un peu déstabilisé, par ça. Depuis qu'il était psychologue, il avait vu des élèves pleurer, bien sûr… Mais Severus Snape ! Il ne pensait pas assister à ça, un jour.

« Severus, murmura-t-il. Je pense que vous pouvez vous arrêter là… Vous n'avez plus assez de rage pour frapper…

- Non, dit-il. J'en ai encore beaucoup. Des litres de rage ! Je ne suis même pas sûr que ce mot soit assez fort que pour dire combien je suis en colère contre cette petite idiote ! »

Harry fronça les sourcils. C'était donc une jeune fille, la responsable de cette rage.

« Comment a-t-elle pu faire ça ? Dites-moi, exactement, comment quelqu'un d'aussi intelligent a pu tomber dans les bras de ce con ! »

Harry resta silencieux. Un léger doute s'était installé en lui, dû aux nombreuses insinuations de Draco, mais aussi au commentaire de Sirius, bien des jours plus tôt…

« Bon, il y a peut-être le fait qu'il était à Serpentard et que je détestais cette maison… James aussi. Et le fait qu'il s'entendait si bien avec Lily Evans n'a sans doute pas aidé, non plus… »

« Êtes-vous en train de parler… de Lily Evans ? » demanda-t-il.

Severus sembla hésiter, alors qu'il continuait de pleurer de colère. Harry tenait toujours ses poings dans ses mains et il les sentit se serrer convulsivement.

« Oui, je parle de cette idiote ! dit-il. Elle est magnifique et intelligente alors comment peut-elle sortir avec… avec l'autre prétentieux ? »

Harry resta un long moment silencieux. D'abord, parce qu'il était choqué. Severus Snape, son professeur de potion détesté… avait été amoureux de sa mère… Et une nouvelle et terrifiante facette de son professeur apparut. Comment ne pas comprendre sa haine pour lui ? Comment ne pas comprendre la souffrance qu'il avait dû ressentir en le voyant, lui, petit premier année qui ressemblait tant à son père… et qui avait les yeux d'une femme qu'il avait aimée et qui s'était mariée avec son pire ennemi ? Une vague de pitié le traversa. Non pas pour l'adolescent devant lui, mais pour cet homme sombre si enfermé, si amer… C'était la différence entre l'homme haineux et l'adolescent : le premier était rempli d'amertume et de déception. Il ne croyait plus en rien, ni personne. Le second… Le second était en train d'être détruit sous ses yeux !

« Pas si je peux l'en empêcher ! »

Et même si Severus n'aimait pas les contacts physiques, il tira vivement sur ses poings pour le coller contre lui et le serra de toutes ses forces. L'adolescent tenta bien de se libérer, lui ordonnant de le lâcher, de le laisser tranquille, mais Harry le garda fermement, horrifié de tout ce qu'il était en train de comprendre sur l'homme qu'il croyait responsable des pires moments de sa vie. Bien sûr, Snape avait mal agi envers lui… Mais comment ne pas le comprendre ? Comment aurait-il réagi à sa place ? Il était incapable de promettre qu'il serait aimable et souriant avec le fils de la fille qu'il aimait et du garçon qui l'avait torturé pendant toute son adolescence.

« Vous l'aimiez, n'est-ce pas ? demanda Harry, interrompant les cris de protestation de l'élève. Lily Evans… vous êtes amoureux d'elle ? »

Severus cessa de se débattre et renifla. Il était tendu comme une corde, mais il répondit d'une voix douloureuse :

« De tout mon cœur… Depuis notre toute première rencontre, lorsque nous étions enfants… Je l'ai toujours aimé… »

Harry sentit ses propres yeux piquer désagréablement. Il n'était pas celui qui devait aider Severus. Draco serait plus doué que lui, il était moins impliqué…. Mais où était donc allé cet imbécile ?

« Mais elle ne m'aime pas, chuchota Severus, s'accrochant brutalement au devant de sa robe. Elle préfère Potter… Le beau, vaniteux et riche James Potter…

- Je ne pense pas que cela soit réellement ce qui l'a poussée à être avec lui, Severus…, murmura Harry, agacé malgré lui de l'entendre critiquer son père.

- Je sais, chuchota Severus. Avant, Lily et moi étions de bons amis… Mais quand on est arrivé à Poudlard… Elle a été envoyée à Gryffondor… Et moi à Serpentard. J'étais un Sang-mêlé alors les Serpentard n'ont pas été très… aimables, avec moi. Alors j'ai tout tenté pour essayer de m'intégrer. Pas que je les préférais à Lily, mais… et bien, je vivais plus avec eux qu'avec elle et si je n'étais pas entré dans leur faveur, j'aurai vécu un enfer plus grand encore que Regulus Black. Alors je me suis un peu éloignée d'elle. Et puis, Potter et sa bande ne cessaient de m'attaquer… Je me défendais, mais Lily n'approuvait pas. Mais j'étais censé faire quoi, hein ? Me laisser faire ? Je ne pouvais pas ! »

Harry approuva. Il frottait inconsciemment le dos de Severus, ainsi que ses cheveux. Ils n'étaient pas gras, à sa grande surprise. Très lisses, mal coiffés… mais pas gras.

« Les années ont passé… Potter n'arrêtait pas de courir après Lily et je… ça m'énervait, parce que… et bien, je crois que j'ai été jaloux. Il la voyait sans arrêt. En classe, dans la salle commune… Il pouvait se rapprocher d'elle sans arrêt alors que moi, je devais espérer la croiser dans un couloir désert pour être gentil avec elle. En public, je devais l'ignorer, sinon, je me faisais railler par les autres Serpentard. Et puis, il y a eu les BUSES… »

Harry ferma les yeux. Il se souvenait de l'insulte de Severus envers Lily… Et quand le garçon lui raconta ce mauvais souvenir… Combien il s'était senti humilié d'être suspendu par les pieds, combien il avait eu envie de disparaître, pour ne pas être en sous-vêtements au beau milieu du parc de Poudlard, devant la fille qu'il aimait…

Et puis la terrible insulte. Il n'avait pas voulu la traiter de sang-de-bourbe, mais il était si humilié…

« A partir de là, elle n'a plus jamais cherché à me parler… J'ai eu beau m'excuser, elle m'a juste totalement rejeté… et ça m'a réellement énervé parce que… Merde, ne pouvait-elle pas comprendre, juste un peu, ma situation ?

- Probablement pas, répondit Harry. Elle n'a sans doute dû voir que votre rejet étrange, pendant les années précédentes. Car elle a dû percevoir votre comportement comme un rejet, plutôt qu'une tentative de protection pour vous-même… je ne crois pas que miss Evans ait la moindre idée de la manière dont les choses se sont passées pour vous, dans la maison des Serpentard. Tout comme Sirius Black ignore qu'à cause de lui, son frère a été exilé de sa propre maison et enfermé dans un monde de silence et de représailles douloureux…

- Elle sort avec Potter, murmura Severus. Je les ai vu s'embrasser des dizaines et des dizaines de fois, comme si le monde n'existait plus en dehors d'eux… Et ça m'a fait tellement mal… parce que je l'aime, bon dieu. Je l'aime et elle ne l'a jamais vu ! »

Harry souffla douloureusement, continuant de caresser le dos de son élève particulier. Il ne pouvait rien faire pour l'aider. Autant il avait aimé Ginny, autant la jeune fille ne l'avait jamais rejeté, elle-même très amoureuse. Il n'avait jamais connu cette douleur et ne savait pas comment réparer la blessure faite à Severus. Draco aurait sans doute su… Mais lui l'ignorait totalement. Il se contenta de rester planté là, étreignant le jeune homme dont il caressa le dos pendant de longues minutes. Il commençait à avoir mal aux jambes lorsque Severus, le visage enfouit dans sa robe, reprit la parole.

« Elle n'a sans doute même pas imaginé sortir avec quelqu'un comme moi… »

Harry fronça les sourcils.

« Quelqu'un comme vous, Severus ? »

Le garçon renifla simplement un instant puis murmura :

« Quelqu'un… qui n'est pas… beau. Je sais… je sais ce qu'on dit sur moi. Les filles se moquent de moi, sans arrêt. De mon nez… mes cheveux… mon teint un peu trop pâle… Mais merde, je… c'est injuste de s'arrêter à ça !

- Je ne crois pas que votre physique soit responsable, Severus, lui dit Harry. Comme vous l'avez dit, beaucoup de choses vous séparaient. Vos maisons, les élèves… et votre insulte, en cinquième année, son obstination à ne pas vouloir vous pardonner… Le physique, s'il entre en ligne de compte, n'est qu'une toute petite pierre dans la mêlée… »

Severus marmonna quelque chose et Harry soupira. Il tenta de s'écarter, mais finit par comprendre que ce ne serait pas possible, vu l'acharnement de Severus à rester solidement accroché. Alors à la place, il fit venir le fauteuil précédemment invoqué, l'agrandit et s'assit avec Severus. Le garçon accepta de s'installer, mais garda le visage enfoncé dans sa robe trempée. Harry passa encore un bras autour de sa taille alors que le second se levait pour lui permettre de caresser ses cheveux.

« Le pire, poursuivit Severus, c'est que… même si j'espérais qu'elle le quitte… Je sais… Je sais bien qu'elle est amoureuse de lui. Je l'ai vu… je l'ai vu dans la façon dont elle le regarde sans arrêt, depuis le début de l'année. La façon… dont elle l'a embrassé, ces derniers temps… et c'est ça, justement, qui… qui m'énerve et me rend tellement… tellement… déçu et… »

Manifestement, dire « triste » ou encore « détruit » était encore trop difficile pour lui. A la place, il le laissa continuer de pleurer. Appuyant sa tête contre le fauteuil, Harry regarda le plafond en priant les dieux de l'inspirer. Que dire pour l'aider ? Pour le soigner, ne serait-ce qu'un petit peu ?

« Je suis content que vous ayez conscience qu'attendre ou espérer serait vain, lui dit Harry. Pour avoir parlé longtemps, chaque vendredi, avec James Potter, je peux vous assurer que ce dernier est très amoureux de miss Evans. Et si celle-ci ressent autant de sentiment pour lui, je ne doute pas un instant que ce couple se mariera dans quelques années et aura sans doute un, voir deux enfants… »

Severus se crispa contre lui et Harry se maudit.

« C'est un fait qu'il vous faut envisager, aussi douloureux que cela puisse être. Vous allez souffrir encore longtemps. Vous allez les haïr tous les deux, pendant de longs moments… mais cela ne changera rien. Votre douleur… elle va sans doute s'accentuer. Vous torturer, chaque fois que vous les verrez ensembles, chaque fois qu'ils franchiront une étape et que vous en entendrez parler… Mais l'acceptez vous aidera à passer au travers…

- Passer ? murmura Severus.

- Vous avez 17 ans, Severus. Aussi fort que soit votre amour pour miss Evans, votre vie va continuer. Vous rencontrerez quelqu'un d'autre, dans quelques années. Vous ne l'aimerez peut-être pas aussi fort… et sans doute ne voudrez-vous pas de cette personne, dans l'immédiat… Mais le temps aidant… vous commencerez à désirer cette autre personne et peu à peu, Lily Evans sortira de votre cœur…

- Mais je ne veux pas !

- Maintenant, non…. Mais la vie continue, Severus. Vous ne devez pas vous laisser envahir par la haine et espérer quelque chose qui n'arrivera peut-être pas. Car cela vous torturerait sans doute toute votre vie… et vous la passeriez seul, à guetter une chimère. Personne ne mérite une telle souffrance, croyez moi… Vous méritez d'être heureux, comme tout le monde. Et votre part viendra, j'en suis certain. »

Cette fois, Severus s'était écarté de lui. Il avait des yeux rouges d'avoir trop pleuré et son visage semblait un peu chiffonné, mais il était surpris.

« Ma part, murmura-t-il. Vous croyez ? J'ai parfois l'impression… que je n'ai droit qu'aux pires choses… »

Harry sourit. Oui, il connaissait ça…

« Je sais, dit-il. Je connais ce sentiment. Il y a six ans d'ici, j'étais déterminé à mourir. En combattant Voldemort, certes, mais j'étais déterminé à me tuer dans ce combat. Bien sûr, je suis toujours prêt à donner ma vie pour l'arrêter, mais… à cette époque, ma mort me semblait indispensable. A présent, si je pouvais l'éviter, ça m'arrangerait bien. J'étais blessé et en colère. Et si détruit par les nombreuses choses qui m'étaient tombées dessus, sans crier gare. Et puis, il y a eu Drake. Il m'a donné un espoir. Il m'a dit : « Essayons, vainquons-le, changeons les choses ! ». Et je n'ai pas cru que c'était vraiment possible, mais… avec une bonne amie, il a saisit cette horrible chose noire qui rodait en moi et me l'a arraché. Ça a été très douloureux… mais au moment où ce truc quittait mon corps, j'ai eu de l'espoir. Ma mort n'était plus inévitable. Je pouvais vivre. Combattre, bien entendu, car Voldemort doit être arrêté, mais… mais je peux maintenant espérer vivre ensuite. »

Il sourit doucement alors qu'il savourait cet effet.

« Cela n'empêche pas que le début de ma vie a été assez bien pourri, dit-il. Mais je sais que les choses peuvent s'arranger, maintenant. J'ai un frère d'arme. Et je commence à me faire de bons amis. Ils ne remplaceront pas ceux qui sont morts… Jamais, même. Mais ils me donnent de la force pour avancer. A votre tour, vous trouverez cela. Ça ne changera rien à votre douleur de ne pas être aimé par miss Evans… mais ça l'atténuera. Et puis un jour, sans que vous ne compreniez pourquoi… tout vous semblera aller mieux. Enfin, en supposant que vous laissiez des personnes percer votre carapace… Et merlin sait qu'elle est solide. »

Severus haussa les épaules.

« Qui donc ? dit-il, s'affalant inconsciemment contre lui.

- Drake et moi, murmura Harry, reprenant sa caresse dans ses cheveux. Laissez-nous vous aider. Confiez-vous à nous. Je vous jure… je vous jure sur tout ce que j'aime que nous n'utiliserons jamais vos confidences contre vous. Nous vous aiderons. Nous vous emmènerons là où vous désirez aller. Parfois, nous nous montrerons peut-être un peu méchant. Nous vous dirons toujours la vérité. Nous vous dirons toujours lorsque vous vous comportez mal et nous ne nous dérangerons pas pour vous réprimander… mais nous ne vous laisserons jamais tomber, Severus. Je peux vous le promettre.

- Mhmm », répondit simplement le jeune homme.

Il ne donna aucune confirmation d'acceptation. C'était trop tôt et Harry le savait. Il savait que dans les jours à venir, Severus allait sans doute tester ce lien qu'il lui proposait. Il allait tenter de voir si vraiment, il pouvait leur faire confiance… Et manifestement, il le faisait déjà, inconsciemment. Lorsque Draco et Regulus revinrent, le premier souriant avec moquerie, le second couvert de sueur et haletant douloureusement, Severus s'était couché sur le petit canapé que Harry avait invoqué. Il avait la tête posée sur les genoux de Harry, le visage enfoui dans son ventre pour se cacher. Mais il dormait profondément.

Draco sembla réellement stupéfait. Regulus, lui, avait regardé la salle de classe avec les meubles en miette.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? chuchota-t-il.

- Un entraînement un peu plus poussé, lui répondit Harry en souriant. Et le vôtre ?

- Votre collègue est un psychopathe et il essaye de me tuer ! »

Harry sourit plus largement encore, regardant Draco qui le fixait d'un air à la fois soucieux et interrogateur. L'ancien Gryffondor haussa les épaules avec indifférence, sa main toujours perdue dans les cheveux de Severus.

« Vous devriez aller prendre une douche, Regulus, lui dit Harry. Vous sentez… fort ! »

Le garçon eut une moue. La demande implicite était claire. Pourtant, il ne rechigna pas et les quitta après un au revoir un peu sec.

« Que s'est-il passé ? demanda Draco, lorsqu'il fut sûr que Regulus était bien parti.

- Severus a craqué, répondit Harry. La jeune fille dont il est amoureux est avec le garçon qu'il déteste le plus au monde et il a explosé de rage… J'ai fait de mon mieux… Je lui ai proposé d'être son repaire… que nous soyons son repaire. »

Draco hocha pensivement de la tête.

« Il faudra que tu me racontes ça en détail, dit-il. Il va nous falloir être à la hauteur, dans les semaines à venir. »

Harry approuva. Oui, Severus allait les tester. Restait à franchir chaque contrôle avec brio et alors, peut-être le garçon serait-il enfin sauvé de son funeste futur.

A suivre…

A dans un mois mes petits tétards ! Ah ! Pour les RAR, elles viendront demain. Là, tout de suite, je vous avoue que j'ai un dvd à regarder et que j'en crève d'envie ! loll